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 I can mingle with the stars [PV]

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Blake
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MessageSujet: I can mingle with the stars [PV]   I can mingle with the stars [PV] EmptyDim 30 Déc 2018 - 3:33

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And throw a party on Mars

L'enfer. Il ne s'y voyait pas et y voyait encore moins ses proches. Il n'arrivait même pas à véritablement l'imaginer. Seuls les sens venaient au secours de son esprit, versant dans sa gorge une interminable tasse d'eau de mer, brûlante et au moins aussi salée que les larmes qu'elle provoquait. Pour sa mère, l'enfer n'était certainement pas la noyade qu'il avait du éviter pour arriver ici. Non, l'enfer de Hyuna' avait peut-être été sur terre, dans l'île de Sable. C'était cruel, de l'envoyer rejoindre celui d'Horse Wild alors qu'elle retrouvait enfin ce presque paradis qu'elle lui avait décrit dans sa prison. Cette injustice faisait battre en lui un sang plus chaud que d'ordinaire. Blake n'avait cependant pas l'âme d'un Don Quichotte qui tente d'abattre des moulins à vent ; il était impuissant face à Aléas. Cette mésaventure avait le mérite de lui apprendre ce que le dieu pouvait faire subir à ses proches et à lui-même. C'était pour les premiers qu'il s'inquiétait le plus. Des devinettes ? Contre lui ? Le diable faisait des propositions. Et elles étaient bien plus inquiétantes.

Il lui faudrait donc attendre et espérer que rien de grave n'arriverait à sa mère. Cette attente ne s'éterniserait pas, et il se condamnerait à lancer des recherches si aucun signe de vie ne lui parvenait bientôt.

La disparition inopportune de sa mère avait gâché une journée qui avait bien commencé et barbouillé son tableau des terres Secrètes d'un trait malvenu. Il leur avait pourtant trouvé un certain charme...

La découverte accidentelle de la fameuse dune l'avait cependant tiré de cette déception en lui permettant d'apprendre une multitudes de choses intéressantes et de s'amuser par la même occasion. C'était revigoré qu'il avait quitté ce terrain de jeu improvisé, et sans hésiter qu'il avait tracé son chemin jusqu'aux terres Orphelines, dont il connaissait dorénavant les deux dominants de nom et de visage - bien que celui de Kuro ait été quelque peu juvénile, il ne doutait pas qu'on puisse reconnaître facilement un frison blanc. Il savait aussi qu'il devait se garder du pendant féminin de ce duo de dominants, et se méfier de toute jument grise qu'il aurait pu croiser. C'était une créature correspondant à cette description qui avait mené sa mère en bateau, et même fait d'elle un bateau ivre.

Les jeux sur la dune avaient aussi mis en lumière un dernier mystère intéressant, qui portait le nom de Cyrius et Superbia : qu'était-il advenu de Nazz'ariah, la jument qu'Hallelujah, cette pouliche si princière, avait présenté comme sa mère ? L'isabelle n'était-elle pas, comme elle le prétendait, la légitime héritière des terres Trompeuses ? La situation avait-elle changé ?

Il avait fait ses premiers pas sur les terres Orphelines en compagnie de ces quelques réflexions, tantôt accueilli par une bruine qu'il ne sentit pas immédiatement mais qui devint de plus en plus présente, jusqu'à tomber sur ses pensées et les imbiber de leur insistance.

Il devint de plus en plus évident, alors qu'il traçait son chemin dans la plaine, qu'elle était plus poétique lorsque l'on songeait à elle et n'avait pas à la fréquenter. Sa pluie était implacable, drue, raide, bien éloignée de la mélancolie céleste que l'on fantasme derrière une vitre. Elle se répandait partout et montait dans les airs autant qu'elle tombait par terre, imprégnant l'atmosphère du parfum caractéristique d'herbe détrempée et de terre humide.

Cela ne l'empêchait pas d'avancer la tête haute, bienheureux d'avoir mis son panier de jouets à l'abri avant de se lancer dans sa traversée.  De temps à autre il s'arrêtait pour mieux voir où il allait et dans quelle direction il devait partir, confronté à la vision de quelques arbres efflanqués qui s'agglutinaient les uns les autres pour survivre à l'averse.

Il tentait pour se distraire d'imaginer sa famille, dont certains membres avaient vécu - et vivaient encore - ici. Il lui semblait parfois que l'ombre de son grand père aurait pu se détacher de la végétation famélique pour rôder comme le font les relents des règnes révolus, ceux que l'on croise parfois sur les grandes avenues où s'entrechoquent les voitures et les lames élimées des guillotines.

Son oncle aurait aussi pu surgir, fantôme se glissant dans l'obscurité avec l'élégance d'une main blanche dans un gant noir. La nuit tombait vite, ici comme sur l'île de Sable.

Blake l'attendit et fut presque heureux de la voir arriver.

Elle écartait en effet le jour de son chemin, et révélait par la même occasion qu'en ces lieux, elle était bien plus ravissante que lui.

La pluie s'espaçait. Sa mélodie n'était plus le rappel inlassable que la marche serait sans fin. Elle devenait le chuchotement rassurant de la vie qui ralentit, la promesse susurrée que, tôt ou tard, il faudrait s'arrêter, dormir, abandonner le froid pour se pelotonner dans des rêves moins humides. Les gouttelettes suspendues aux branches et recueillies par les brindilles rutilaient d'un éclat que seul pouvait leur prêter la Lune. Et les flaques immenses, qui n'avaient ressemblé le jour venu qu'à des bauges de cochon, devenaient les miroirs de l'astre qui donnait à la plaine toute la splendeur dont elle pouvait se revêtir.

La Lune était par ailleurs ronde et presque pesante - il la sentait qui pressait contre le voile de la nuit. Blake avait presque l'impression de pouvoir l'effleurer. Du moins pouvait-il toucher du regard son reflet dans la flaque qu'il avait sous les yeux, limpide, à peine perturbée par les assauts de quelques gouttes. Elle était accompagnée d'étoiles qui l'entouraient et achevaient de planter sur terre un peu de la magie des cieux.

Blake se dit que c'était là sûrement un spectacle à partager avec un être aimé.

Il n'en avait pas à ses côtés.

Le yearling jeta un regard alentour, avant qu'un sourire ne vienne retrousser ses lèvres. L'adrénaline s'était encore emparée de son corps, que la fatigue n'avait pu ralentir. Aussi choisit-il d'offenser quelque peu les astres tombés sur terre, parce qu'il fallait bien taquiner les jolies choses pour qu'elles vous prennent en affection. Il s'élança, prenant de l'élan, et glissa sur la surface de la flaque qu'il avait admiré, qui était par chance aussi peu profonde qu'il l'avait cru.

Les étoiles s'écartèrent de son chemin. Certaines d'entre elles, prisonnières des gouttes d'eau dont il aspergeait l'herbe, vinrent se réfugier au creux des dernières fleurs survivant à la mauvaise saison. La Lune, quant à elle, se fendit de quelques ridules dont on ne pouvait savoir si elles formaient un sourire ou une grimace. Elle reprit bien vite son air impassible et Blake se retourna, les jambes détrempées, pour fendre la flaque dans l'autre sens et la voir se décomposer à nouveau. Il y avait quelque chose de grisant dans le fait de pouvoir briser, ne serait-ce que momentanément, son beau masque d'indifférence.
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