Jeu de rôle équin
 
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 Secret de polichinelle

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Commedia Dell'Arte

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Commedia Dell'Arte

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MessageSujet: Secret de polichinelle   Secret de polichinelle EmptySam 15 Déc 2018 - 10:35

Secret de polichinelle
le rideau tombe
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Le Choeur : Elle a une fois de plus fui l’île. La gestation a fini par se montrer et Commedia Dell’Arte s’est éclipsée. Il est facile de se réfugier derrière le rideau le temps d’effacer toute trace de ses méfaits. Mais elle n’a pas encore affronté celui dont les souvenirs, même fragmentés, sont précieusement conservés. Elle regrette ce qu’elle s’apprête à faire car la comédienne sait qu’elle ne sera pas pardonnée. Elle souhaitait le contempler, le fréquenter mais n’a pas su se contenter d’un rôle de spectatrice. La jument dorée est avant tout une actrice et elle soupire en traînant son corps lourd aux abords de la Rivière de la Vie. Ce n’est pas la première fois qu’elle s’y rend mais ce jour là, c’est une scène dressée pour elle. Elle ne veut pas être dérangée.

Commedia : Au…

Le Choeur : Elle se tait. Il ne faut pas l’appeler. Mais peut-être que si elle lui remet son fardeau, il saura s’en occuper. Il ne lui en voudra pas. Elle n’a pas d’intérêt pour ce poulain là non plus. Les herbes qu’on lui a conseillées n’ont pas fait effet et elle ne parvient pas à le regretter, pas tout à fait. Elle ne leur souhaite aucun mal. Elle ne veut pas d’eux mais cela ne signifie pas qu’elle a décidé de les condamner. Cyrius s’est bien occupé du premier, comme il l’a éduquée elle, mais Final Act sera le dernier de ses rejetons à contrarier le dominant des Terres Trompeuses. Cela implique trop de complications. Quant à Crystae, mieux vaut que celui qui l’a engendrée n’ait pas vent de son existence. Et Valentine, elle l’a laissée entre de bonnes mains, il vivra bien. Mais celle-là, car il lui semble qu’il s’agit d’une pouliche, qui pourra s’en occuper ?

Commedia : Au-au…

Le Choeur : Elle n’y parvient pas. Elle n’ose pas, car finalement c’est souvent à elle qu’on en veut. Elle n’a pourtant rencontré qu’un seul étalon prêt à éduquer leur rejeton. Il ne l’a pas cherchée pour le lui prouver cependant. Elle aimerait croire qu’Aurore Opéra, lui, sera différent. Elle sait qu’il est là, on lui a confié qu’il rôdait aux alentours du cours d’eau. Mais elle craint d’être déçue, car on lui reprochera encore et toujours de ne pas trouver en elle l’amour maternel qu’elle n’a pas connu. Même si l’étalon ensoleillé se préoccupait du fruit de leur brève représentation, on lui donnerait, à elle, tous les torts. Elle s’effondre sur la berge et tourne le d’eau à la Rivière de la Vie pour se mettre au travail. Seule, encore une fois.

Commedia : Au-au… Au…

Le Choeur : Elle en est incapable. Prostrée, la jument dorée tente tant bien que mal de mettre-bas. Elle est las et fatiguée, n’ose plus espérer qu’on viendra la trouver et l’aider. Elle se promet… elle se tait, car elle ne tiendra pas cet engagement. Son corps la trahit et la pouliche tombe sur la terre ferme, glacée par le givre qui recouvre le sol craquelé par l’hiver. Commedia Dell’Arte soupire et effectue, machinalement, les gestes qui permettent à la pouliche de respirer. Elle s’autorise même à la réchauffer, souffle délicatement sur son chanfrein alezan, descend sur sa liste immaculée et lèche son corps de feu et de glace pour la nettoyer. Enfin, elle finit par la nommer, comme si cela pouvait attirer celui qui pourrait s’occuper d’elle et la protéger.

Commedia : Polichinelle.

Le Choeur : Soudain, elle tourne la tête. Un étalon se présente à elle mais Commedia Dell'Arte n'est pas rassurée. Elle ne sait pas comment se justifier et craint la réaction d'Aurore Opéra. Mais la robe qui se dessine devant elle n'est pas celle ensoleillée du mâle qu'elle a rencontré. Celui-là est doré et elle, tétanisée en reconnaissant Ezekiel. Dans un réflexe désespéré car elle est affaiblie et qu'elle ne veut pas être importunée, la jeune mère pousse devant elle la pouliche qui vient de se lever. Polichinelle titube vers Ezekiel et la comédienne prend la poudre d'escampette sur une recommandation solennelle.

Commedia : Prend soin d'elle !

(Tombée de rideau.)

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Ezekiel

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MessageSujet: Re: Secret de polichinelle   Secret de polichinelle EmptyMer 19 Déc 2018 - 1:47

Wonder if you'll even notice in the morning
Sometimes, I wouldn't mind if I was less important

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Tu me manques Ezekiel. Réellement. Au départ, je t’ai écouté tranquillement, j’ai essayé de comprendre pourquoi tu avais choisi de partir. Puis, j’ai finalement comprit. C’était une autre, n’est-ce pas ? Tu avais dit que tu m’aimais, que tu étais heureux avec moi, mais surtout que tu étais fier du fils que je t’avais offert. Mais au fil des années, j’ai fini par voir à quel point ton regard est triste. A quel point, tu peux être malheureux. M’aimais-tu réellement ? Ou m’avais-tu inventé une comptine pour que je reste tranquille ? Je ne saurais le dire. Mais ce que je ne comprend pas, c’est pourquoi tu ne m’as pas laissé la chance de pénétrer ton coeur. Qu’a-t-elle de plus que moi ? Que possède-t-elle de plus que la mère de ton fils ? Pourtant, toutes les nuits je sentais des larmes rouler sur tes ganaches et s’écraser sur mes épaules. Tu l’aimes mais elle te fait souffrir. C’est elle que tu es parti rejoindre n’est-ce pas ? Mais tu crois réellement qu’on t’attendra patiemment, avec ton fils, à ton retour ? Je pense que tu te fourvoies royalement. Nous t’aimons, mais nous t’en voulons. Ton fils a cinq ans, maintenant. L’âge où il devrait avoir un père qui l’aime, mais surtout un père qui lui apprend à devenir un étalon digne de ce nom. Je ne peux pas le faire moi, ma mère non plus. Alors occupe toi-en. Tu es son père nom de Dieu Ezekiel. Tu dois t’en occuper comme tel.

Cela faisait bien des mois que le Blond vagabondait sans véritable but ultime. Il va bientôt prendre neuf ans. Neuf ans et pourtant il avait toujours autant de haine, autant d’animosité. Il avait fait en sorte de le cacher pourtant … Il avait tenté de le planquer au regard d’Iris et de son fils. Mais il était certain qu’ils avaient fini par s’en rendre compte. Mais il finirait par s’excuser. Il finirait par lui dire toute la vérité sur cette jument qui ne cessait de l’obséder. Il finirait par lui dire qu’effectivement il est amoureux d’elle, qu’il aimait autant son fils et qu’il ne voudrait jamais les perdre tous les deux. Malheureusement, cette jument ne cessait de le hanter. Elle ne cessait de venir dans ses rêves, ses cauchemars, ses pensées, ses sentiments, mais surtout à longueur de temps. Il n’avait de cesse d’avoir l’impression de la voir partout. Et pourtant, il l’avait croisé une fois. Dans la grotte et elle ne l’avait même pas reconnu cette garce. Ou alors elle avait joué la comédie. Cette seconde option serait sans doute la plus judicieuse puisqu’elle avait l’habitude de jouer la comédie. Elle n’était qu’une actrice. Une actrice qui rend les baisers de ses fans avec son corps. Une actrice qui montre ses attributs pour être aimée. Une actrice qui jouit d’un bonheur surfait. Ouais, elle était aussi inutile que désirable. Bien entendu, il ne la touchera jamais. Il ne la touchera plus jamais, même dans ses plus beaux rêves. Elle n’est plus qu’une nymphe au visage de gargouille. Une Déesse au corps de Méduse. Le diable dans son plus bel habit de Prada. Son regard était devenu terne, autant que son âme sans doute.

Une sensation de liquide au niveau de son paturon lui fit baisser le regard. Il venait de marcher dans une flaque présente dans le coin des tourterelles. Il ne savait même pas pourquoi il marchait dans un tel endroit en réalité. Il ne savait même pas pourquoi il restait sur une telle île. Peut-être en gardant une once d’espoir. Ouais, en fait il ne cherche même pas à trouver une quelconque raison. L’étalon irish finit par s’arrêter et observer autour de lui. Ce coin, pourtant si sublime pour les amoureux, semblait soudainement tellement monotone. Comme si cette île avait perdu toute once de beauté depuis qu’il avait revu l’actrice. En fait, elle l’avait littéralement dégoûté de la gente féminine. Il avait plu. Cet endroit était emplit de flaque boueuses, herbeuses, autant que son coeur en lui-même. Elle l’avait tué littéralement. Il était temps qu’il s’en aille, qu’il retrouve sa véritable famille. Finalement, il poussa un profond soupir et reprit sa marche. Sa queue était plaquée à sa croupe, son encolure était basse, ses oreilles sur le côté et les yeux ternes : il était blasé. Ouais, c’était tout à fait le mot qui lui convenait : blasé. Les minutes devinrent les heures, et il continua de marcher sans faire attention au paysage qui pouvait l’entourer. Un paysage exécrable, autant que cette île. Il détestait tout, exactement tout. Il s’arrêta soudainement en observant l’endroit où il était. La rivière de la vie, celle des naissances. Mais qu’est-ce qu’il foutait là sérieusement ? Il ne comprenait pas ce que ses jambes voulaient. Il regarda autour de lui et soupira. Tant pis, il resterait là et se reposerait.

Soudain, une odeur se fit sentir et il pinça les naseaux. Il connaissait cette odeur. Il la connaissait par coeur depuis sa plus tendre enfance : l’actrice était là. Elle venait d’entrer en scène. Il l’observa de loin et un ronflement de naseaux le surprit quand il remarqua son ventre rond, presque à exploser. Elle était pleine, encore une fois. Une vraie poule pondeuse celle-ci, c’est hallucinant. A croire qu’elle adore faire don de son corps plutôt que son intelligence. C’est bien malheureux pour elle … Il l’observa, la suivit du regard sans pour autant bouger d’un pouce. Elle s’allongeait. Elle poussait. Elle ronflait, on pouvait l’entendre grâce à l’echo de cette plaine. Elle mettait bas tout simplement. Si les chevaux pouvaient vomir ? Il l’aurait sans doute fait à ce moment précis. Finalement, quand il la vit se relever, il fit en pas en avant. Assez subtilement pour que le givre ne craque pas assez bruyamment sous ses sabots. Il continua de s’approcher tout en l’observant, ne faisant même pas attention à la chose pie qui venait de naître. La jument le remarqua et elle balança la pouliche vers lui. L’étalon se stoppa immédiatement, les oreilles plaquées dans sa crinière blonde et observant la chose approchant vers lui. Lui qui avait été père, il connaît les enfants. Mais celui-là venait de l’actrice. Il avait les traits du diable … Et la phrase de l’actrice acheva la vie du petit à ses yeux.

« Comme tu as prit soin de mon âme, ingrate ? » hurla-t-il tout en se retournant brutalement et balançant sa croupe en arrière.

Un craquement sinistre se fit entendre, suivit d’un couinement et d’un bruit sourd. L’étalon se retourna. Il venait de tuer la petite pie d’un coup de sabot dans le chanfrein. Il ne la visait pas de base, mais comme on dit, elle était au mauvais endroit, mauvais moment. Il s’approcha délicatement, renifla la petite et elle était morte sur le coup, le crâne enfoncé. Un soupir traversa ses lèvres tandis qu’il fit demi-tour et s’apprêta à partir. Malheureusement une odeur se fit brutalement sentir : masculine cette fois-ci. Il remarqua au loin une boule de nerf venir vers lui à fond. Et merde, il venait de se mettre dans la cata. Un dernier soupir passa ses lèvres tandis qu’il se stoppa et attendit l’étalon. Il l’accueillerait les sabots ouverts. Il n’avait pas peur. Il n’avait plus rien à perdre.
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Aurore Opéra

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MessageSujet: Re: Secret de polichinelle   Secret de polichinelle EmptyJeu 20 Déc 2018 - 11:36


Depuis combien de temps traînait-il dans le coin ? Les regards étaient passés de gênés à hostiles et l’on n’hésitait plus à lui montrer les dents. Les juments étaient inquiètes, toutes si rondes, pleines de douleur. Elles hurlaient dans ses cauchemars. Il se réveillait en pleine nuit et reprenait ses recherches, persuadé qu’un jour ou l’autre, Commedia se montrerait. Cependant, il ne la trouvait pas et le désespoir prenait possession de lui. Quelque chose était peut-être arrivé ? Un drame, un accident terrible. Il ne voulait pas l’imaginer. Même s’il se sentait trahi, utilisé à des fins qu’il ne comprenait pas, il restait au fond de lui une pointe de cet amour qui l’avait brûlé. Il était prêt à tout pardonner dans l’instant, juste en la voyant, et à embrasser une vie qu’il n’avait pas prévue et dont les conséquences étaient encore floues.

Soudain, Aurore Opéra se stoppa. Il avait mal dans tout le corps à force de marcher. Il lui semblait avoir exploré la Rivière de la vie en long en large et en connaître tous les secrets. Ce secret-là s’était pourtant caché à lui jusqu’à maintenant. Plus loin, il la vit, allongée au sol, belle et ronde. À ses côtés, une si petite chose remuait. Si petite qu’il dut plisser les yeux pour l’observer, voir apparaître ses longues jambes et ses taches pie. Assurément la plus belle chose qu’il eut jamais vue de sa vie, recroquevillée dans sa fragilité de nouvelle-née. L’étalon fit un premier pas, attiré par cette vie qui bouillait au fond de ce petit corps. Il se sentait lié à elle par un lien indestructible, indescriptible. Il voulait partager les premières années de sa vie, la voir gonfler, grandir, jouer et rire. Il voulait être son père et pouvoir se retourner pour lui dire : « Viens, ma fille. »

Le rouquin s’immobilisa, tétanisé par la peur et la haine mélangée. Devant lui, la scène n’avait plus rien du rêve qu’il en avait eu. Son beau soleil perdait de son éclat dans un geste désespéré qui lui brisa le cœur. Que faisait-elle, Commedia ? Il la vit comme il voyait le ciel bleu et l’herbe verte, pousser la pouliche vers un inconnu. Un inconnu pour lui qui n’était peut-être pas un inconnu pour elle. Et si c’était le véritable père ? Aurore ronfla des naseaux, persuadé d’être le bon. La probabilité que deux palominos engendrent une pouliche pie alezan lui paraissait si faible… Ou peut-être essayait-il de s’en persuader lui-même, sans en être parfaitement convaincu.

Peut-être qu’il n’était pas le bienvenu. Commedia n’avait pas cherché à le revoir, malgré ses promesses. Elle ne voulait pas de lui. Elle avait voulu de ce qu’ils avaient fait, des conséquences insoupçonnées (pour le mâle) de leur rencontre. Mais elle n’avait jamais voulu de lui à ses côtés, ni de cette fille qu’elle rejetait. Aurore en fut choqué. Jusqu’au plus profond de son âme. Il aurait pu pardonner tant de choses à la belle jument ! Mais le mensonge, l’abandon… il ne les avalait pas. Tant pis ! Il s’occuperait de sa fille lui-même. Peu importait qu’elle l’ait confiée à un autre.

Opéra s’était remis en marche, décidé à reprendre sa progéniture aux griffes d’un autre. Sauf que cet autre tourna les talons. Son corps se gonfla, ses couleurs s’assombrirent. Sa peau prit les allures de la mort et sa voix l’accent des graviers et des flammes qui crépitent. L’incarnation du mal suprême prit vie sous ses yeux noirs et l’étalon resta choqué, incapable d’agir. Cette incapacité le bouffa de l’intérieur. Il sentit le danger, le renifla à grande goulée d’air et l’expira dans un souffle long qui le vida de son énergie. La bête infâme bondit sur l’ange bancal sur ses grandes jambes de princesse. Il referma ses griffes sur son cou de fée, planta ses crocs sur sa tête de divinité androgyne. Dans un dernier sursaut, la lumière intense de l’étoile fut absorbée par l’obscurité du démon et le corps retomba à terre, vide de vie, inerte. Le cœur d’Aurore explosa.

Son cri se coinça dans sa gorge, bloqué par la boule de haine qui glissa dans sa bouche, investit son cœur et son corps tout entier. Il se sentit puissant, détruit, violent et vide ; plein de contradictions qui le gardèrent coincé dans sa tétanie. Impuissant. Puis la bête infernale sentit sa fille, son corps de poupée désarticulée. SA fille. Aurore Opéra bondit. L’impression de s’être transformé, de ne plus être qu’un concentré de haine, de violence et de vengeance. Le goût du sang prenait déjà possession de sa bouche, assombrit sa vision et tambourina à l’intérieur de son crâne, criant au meurtre.

Le roux s’écrasa de tout son poids contre le poitrail du palomino. Sa chaleur le submergea, il eut soudain l’envie de le sentir froid. Il tendit les dents, visa la nuque offerte, ouvrit la bouche… et s’immobilisa. Le visage déformé de sa fille le fixait. Il lut dans ses yeux qu’il ne devait pas faire ça, qu’il ne pouvait pas finir comme ça. Pour elle, pour le souvenir qu’il garderait d’elle, l’étalon se recula. Il prit ses distances, les muscles bandés, les oreilles plaquées sur la nuque et fixa ses yeux sur le diable. Pourquoi ? Il ne demanda pas. Il ne pouvait exister aucune raison pour justifier cela. Aucune. Il fouetta l’air avec sa queue, montra les dents et frappa si fort le sol qu’il sentit la douleur remonter son antérieur.

Si tu dégages pas dans la minute, menaça-t-il d’une voix sifflante. Je te tue.
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MessageSujet: Re: Secret de polichinelle   Secret de polichinelle EmptyVen 28 Déc 2018 - 20:40


Pour connaître la douceur, faut des hématomes
ft. Ezekiel, Aurore Opera, RIP Polichinelle


Cela fait quelques temps qu'une pensée hante son esprit. Après avoir retrouvé son frère, avoir retrouvé son aimé, et avoir recouvert la mémoire, Ezaël voulait maintenant retrouver sa princesse des flammes. Commedia Dell'Arte, la pouliche qu'il avait tellement apprécié. Sa meilleure amie. Il avait entendu maintes et maintes rumeurs sur l'actrice, et il n'avait jamais voulu y croire. Il voulait lui parler à elle, ignorer les on dit, retrouver sa meilleure amie. Celle qu'il portait toujours encore dans son coeur comme la jument la plus importante de sa vie à ce stade là. Alors il avait suivit sa trace un moment, il avait eu du mal à la retrouver. La belle blonde avait disparu quelques temps de l'île. Et voilà qu'il repère sa trace, qu'il la suit depuis quelques jours. Il l'aperçoit parfois de loin, il la trouve toujours aussi belle, la princesse des flammes. Il espère au fond de lui que tout va bien. Mais ses flancs sont gonflés, et il ne sait pas qu'elle est pleine. Il ne sait pas ce que c'est, une jument pleine. Il n'en n'a jamais côtoyé, juste aperçus ça et là, du coin de l'oeil.

Soudain elle s'arrête, il la voit de loin, lui, de l'autre côté de la berge de la rivière de la vie. Elle semble souffrir et il esquisse quelques pas vers elle. Sa meilleure amie... Comment se présenter à elle maintenant? Que lui dire? Comment l'aider? Elle est allongée et gémit, pousse, et puis soudain, une pouliche. Une petite pie. Ezaël comprend enfin, et son coeur se gonfle de joie. Sa meilleure amie, sa Commedia, avait eu un poulain. Elle était maman. Il voulu s'élancer et la féliciter. Mais à peine un pas dans la rivière qu'un étalon qu'il connait de vue et dont il a entendu parlé parfois apparaît. Ezekiel. Même carrure que lui, plus vieux. Plus vieux, et moins amical envers la jeune mère. Commedia disparait, laisse la petite vers le palomino et... Un coup plus tard, la petite est morte.

Un déclic se fait dans l'esprit du pie. Collapsing. Un coup dans le chanfrein. Un poulain qui tombe. Il avait eu de la chance de s'en sortir vivant. Tellement de chance... Son coeur s'emballe et il prend de l'élan, rassemblant son poids sur ses postérieurs. Il pousse sur ses jambes et s'élance au galop vers lui. Au même moment qu'un autre étalon qu'il ne connait pas. Qui percute le meurtrier de plein fouet. Ezaël, déshinibé par la rage et la colère, est tout de même heureux de se savoir un allier dans la bataille qu'il désire ardemment lancer. Venger sa princesse des flammes. Venger cette pouliche morte si tôt, qui n'a rien demandé. Et venger ce regard qu'il avait perçu ce jour là, alors que le doré aidait son Ace. Un regard plein de dégout qu'il avait vu, posé sur les deux mâles qui s'aimaient.

Son galop est lourd et plein de colère alors qu'il avance vers les deux mâles. Il s'arrête de justesse avant de percuter celui de son gabarit, et le fixe droit dans les yeux. La haine se lit dans son regard, il porte la tête haute, et se découvre des sentiments neufs. Ceux d'un étalon dans la fleur de l'âge qui veut défendre ceux qu'il aime.

Ezekiel, n'est-ce pas? son souffle est court tant son sang bouillonne. Tu vas payer la note de tes actes exécrables!

Ses dents claquent à quelques centimètres du visage du blond. Il est prêt à se battre, remonté. Commedia ne méritait pas ça. Sa fille ne méritait pas ça. Il allait lui faire payer. Il pousse sur ses antérieurs et se cabre légèrement, pour montrer qu'il ne blague pas. En retombant, le tobiano mord ce qui lui vient en premier. Les deux étalons font une taille similaire, et cabré, la première chose que le plus jeune attrape, c'est l'oreille du doré. Les dents claquent, laissent une trace sur l'oreille mais ne sectionnent pas. La cicatrice sera visible, la peau est fine. Alors qu'il retombe, aussi surpris de la réussite de l'entreprise que ravi de sa touche, Ezaël découvre le goût du sang pour la première fois. Campé sur ses appuis, il attend le premier choc, prêt à encaisser pour mieux renvoyer. Ace lui a apprit, bien malgré lui. Et il avait confiance en son corps aujourd'hui. Il était prêt.

Qu'il vienne.
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MessageSujet: Re: Secret de polichinelle   Secret de polichinelle EmptyJeu 17 Jan 2019 - 23:19

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Et iniustitia et non aliquid quod facile fit in mente entis. Sed quandoque contingit tragici eventus, seu tempus ab initio crescit. Quæ est iniquitas aliqua in insidiis occurrit animo de fragilia sunt. Et cum diiudicare non sapit.

Comment avait-elle pu ? Comment osait-elle lui confier un poulain dont il n'était même pas le père ? Se rendait-elle réellement compte de l'affront qu'elle lui faisait ou s'en moquait-elle tout simplement ? Il ne comprenait pas. Il ne comprendrait sans doute jamais les juments en réalité. Elles étaient bien trop difficiles à cerner malheureusement. Elles manipulaient tellement facilement les mâles. Il suffisait qu'elles frétillent de la queue pour qu'ils soient tous à leurs pieds, selon lui. Il ne le ferait pas. Il ne le ferait jamais. Commedia ne mérite, ne mériterait jamais, pas ce privilège. Peut-être si elle avait été plus douce, meilleure, qu'Isis, peut-être aurait-il cédé à la tentation, mais maintenant c'était trop tard. Maintenant, elle représentait le Diable à ses yeux. Elle n'était que le Malin habillé dans un corps d'Ange. Elle n'était qu'un être doté d'une méchanceté et un vice sans limite. Peut-être ne s'en rendait-elle pas compte, mais il avait un doute, un gros doute. Elle semblait parfaitement contrôler la situation. Elle semblait jouer la comédie à la perfection, comme son nom l'indique. Avait-elle joué à la comédie avec lui dés le début ? L'avait-elle manipulé dés qu'ils étaient petits ? Il en venait presque au fait d'y croire. Elle était intelligente, et ce depuis sa naissance, alors peut-être avait-elle joué à un jeu dangereux depuis leur rencontre. Il n'osait pas y croire. Mais il n'avait pas le choix maintenant.
Un profond soupir passa ses lèvres tandis qu'il déposait un dernier regard sur le corps de la pauvre petite qu'il avait tué accidentellement. Elle n'avait rien demandé que vivre, malheureusement pour elle, elle était tombée sur une mère inconsciente et indigne. Il lui avait rendu un profond service en l'achevant sur place. Tout du moins, il en était convaincu dorénavant. Que serait-elle devenue si elle avait survécu ? Qui d'autre qu'un inconnu l'aurait éduqué ? Et surtout, comment aurait-elle fait pour se nourrir ? Mais ce qui l'inquiétait le plus était sans doute l'enfance qu'elle aurait pu avoir. Maintenant, elle avait rejoint les anges. Elle était sans doute bien mieux là haut. Soudain, un bruit se fit entendre. Son regard se darda sur un étalon gris qui venait d'arriver. Il n'eut le temps de réagir que ce dernier s'écrasa sur son poitrail, pour ensuite s'immobiliser. Le père. Il venait de rencontrer son père. Il n'avait même pas la moitié de son âge. Alors en plus d'abandonner sa gamine à un inconnu, elle se tapait des mômes ? Effectivement, la pouliche était réellement bien mieux avec les anges. Il n'imaginait même pas la vie qu'elle aurait eu sinon. L'étalon blond laissa son adversaire déverser son venin et surtout le menacer. Un profond soupir passa de nouveau ses lèvres tandis qu'il s'ébrouait comme si de rien était. S'il croyait lui faire peur.

" Si ça peut te faire plaisir, écoutes. " dit-il tout simplement pour finalement passer aux côtés de l'étalon et continuer sa route. " Je ne comptais pas m'éterniser ici de toute façon. "

Au moment où il voulut réellement partir, un autre étalon arriva brutalement. Putain, c'est pas vrai ! Ils s'étaient tous donné le mot ces mâles ! Apparemment, cette gamine n'avait pas qu'un seul père. Ca n'étonnait même plus le blond en réalité. Soudain, le mâle pie qui avait sa corpulence le bouscula. Le blond eut un mouvement de recul, les oreilles en arrière et les naseaux pincés. Comment connaissait-il son nom ? Personne ne le connaissait sur ces terres mis à part Cyrius et Commedia. Il n'eut le temps de répondre que le pie se dressa sur ses postérieurs et lui mordit l'oreilles. Le plus vieux sentit du sang rouler sur sa tempe tandis qu'il se reculait de nouveau. Ses oreilles se replaquèrent dans sa crinière, tandis qu'il fit une grimace sous la douleur. Devait-il continuer sa route et réclamer sa dignité ? Il ne savait que faire. Puis le visage d'Isis apparut dans sa mémoire : elle ne voudrait qu'il revienne cabossé. Alors sans hésiter, il secoua la tête pour tenter d'oublier la douleur et reprit sa marche, bousculant le pie.

" Vous êtes réellement désespérants sur cette île. " dit-il en balançant un violent coup de cul en direction du mâle.

Sans chercher à comprendre plus loin, il prit le galop et tenta de partir réellement de cette rivière. Il voulait quitter cette île. Il voulait revoir Isis et revoir son fils. Il n'avait rien à faire, plus rien en tout cas, sur cette île.
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MessageSujet: Re: Secret de polichinelle   Secret de polichinelle EmptySam 26 Jan 2019 - 12:09


Le diable fumait. Le feu crépitait sur sa croupe. Odeur de chair brûlée, de poils carbonisés. Le parfum piquait le nez du roux qui pinça les naseaux. Il inspira la fragrance, goûta le mal, le fit glisser dans sa gorge et emplir ses poumons. Opéra retint une quinte de toux. Il ne pouvait pas s’imprégner de ce mal-là. Un mal qu’il ne comprendrait jamais, qu’il n’oserait même pas côtoyer. Il recula d’un nouveau pas, frappé par la profonde bêtise d’un mal comme celui-ci.

Le démon s’en fichait. Il ne voulait pas comprendre ce qu’il avait fait. Peut-être même croyait-il avoir rendu service… La bêtise l’exemptait de culpabilité. Comment aurait-il pu vivre sinon ? Rongé par le crime d’une innocente. Personne ne pouvait y résister. Aurore en était persuadé. Le mal ne tuait pas sur le coup, mais à petits feux, vicieusement, pour rendre justice à une âme qui n’avait rien demandé. Le mal revint brûler la gorge du rouquin. Il plaqua les oreilles et souhaita, pria de toute la force de son cœur brisé, que le malheur s’abatte sur le palomino. Si sa fille n’avait pas eu le droit de vivre, pourquoi son meurtrier aurait-il le droit de mener une existence paisible ? Il ne voulait pas croire à une telle injustice.

Aurore Opéra fit un pas de côté. La proximité du mâle ne lui plaisait pas. Il le laissa passer, frémit à son passage et renâcla pour ravaler la violence qui montait en lui. Il voulait le rouer de coups, lui déchiqueter la gorge, lui écraser la boîte crânienne, lui briser les jambes. Il n’en fit rien. Il ne pouvait pas s’y résoudre. Au sol, sa fille fixait sur lui ses grands yeux vides. Elle ne voudrait pas ça. Elle ne voudrait pas que son père se blesse, risque sa vie pour un étalon qui n’en valait pas la peine. Du moins Aurore essaya-t-il de s’en persuader pour ne pas céder aux tentations qui bouillait au fond de lui.

Soudain, une autre boule de haine s’écrasa à leurs côtés. Celui-ci se retint de frapper le palomino. Il s’arrêta juste devant lui et Aurore admira sa force d’esprit, la puissance de ses muscles. Une question, néanmoins, brisa le beau tableau. Un étalon pie venait défendre la pouliche pie. Opéra sentit les larmes lui monter aux yeux. Était-ce lui, le père de la petite ? Était-ce l’autre ? Il ne savait plus. Sa propre robe le fit douter. Il essaya de se convaincre que c’était bien lui et lui seul, mais que faire si le pie réclamait la paternité ?

Le diable ne s’intéressa pas plus au nouvel arrivant. Ce dernier lui mordit l’oreille, mais cela non plus, ne lui fit rien du tout. Il se mura dans ses convictions et s’enfuit. Aurore n’était pas dupe. Le mâle fuirait toute sa vie, d’une façon ou d’une autre. Il n’essaya donc pas de le rattraper. Néanmoins, ultime affront d’un esprit détraqué, le démon leva le cul. D’instinct, Opéra bondit contre l’épaule de l’étalon pie. Le coup du palomino le frappa au poitrail. Une légère estafilade lui racla l’encolure, mais le roux ne broncha pas. Le désespoir et la haine annihilèrent la douleur. Il aurait tout le temps de se sentir mal quand l’adrénaline redescendrait.

Aurore lança un regard à l’inconnu tobiano. Il se demanda pourquoi il avait fait cela. Quel intérêt d’intercepter un mal qui ne lui était pas destiné ? Pourquoi avait-il été incapable de sauver sa propre fille, mais essayait-il désespérément de protéger l’étalon ? La réponse le frappa de plein fouet. Peut-être était-ce lui, le père de la petite pouliche et, à ce titre, le roux n’avait pas voulu le voir blessé. Opéra haleta, à court d’oxygène. Depuis quand retenait-il sa respiration ? Il souffla un bon coup et se détourna du pie.

La tristesse l’envahit tandis que ses yeux noirs se posaient à nouveau sur la pouliche. Il tenta de puiser dans ses rêves éveillés, son imagination, la force de gonfler son crâne, d’évincer du tableau la blessure de sa fille. En vain. Le bel ange ne respirerait plus jamais, condamné à reposer sur le sol givré de la Rivière de la vie. Pouvait-on mourir dans une vallée créée pour les naissances ? Il ne voulait pas y croire. Où était son dieu ? Pourquoi ne venait-il pas sauver la progéniture de son troupeau ? Aurore eut envie de hurler. Il se mit à pleurer.

La fatigue retomba sur le rouquin avec la force d’un troupeau d’éléphants. Il s’écrasa au sol, incapable de soutenir son poids plus longtemps. Du bout du nez, il toucha la petite demoiselle, effleura son encolure, souffla sur sa joue. Le corps était déjà froid, abandonné par la vie. Les larmes redoublèrent. Que devait-il faire maintenant ? Il ne connaissait même pas le nom de sa fille. Ce n’était peut-être même pas sa fille… Il ne savait pas. Il essaya de se persuader que si, que le lien qu’il sentait entre elle et lui ne pouvait venir que de là, que les grands yeux noirs qui fixaient le vide étaient les mêmes que les siens, ces yeux-là qu’il avait lui-même hérités de son père. Aurore Opéra préféra fuir la réalité et posa sa tête sur l’épaule de la pouliche. Il n’avait pas su la protéger des méchants, mais peut-être pourrait-il garder sa dépouille de la vilenie du monde vivant.
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MessageSujet: Re: Secret de polichinelle   Secret de polichinelle EmptySam 26 Jan 2019 - 14:31


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La suite se passa, simplement. Ezaël était déconnecté par la haine, par la rage. Déconnecté par l'incompréhension. Sa meilleure amie mère, laissant sa fille à un étalon qu'il avait connu de nom, vu une fois... Des images lui revenaient, abruptes, oubliées depuis longtemps. Une grande jument noire, une grande jument pie. Toutes deux l'avaient prit sous leur aile, et avaient disparu depuis. Qu'étaient-elles devenues? D'autres figures maternelles qui l'avaient abandonné. Trois mères, trois abandons. Le coeur de l'isabelle fit un bond sinistre avant de se serrer avec force. Peut être était-ce tout ce pour quoi il était fait. Abandonner et être abandonné. Toutes ses convictions s'évaporèrent, blessées, fuyantes.

Il n'eut pas le temps de comprendre que l'autre irish cob essayait de ruer contre lui, que le corps du plus fin vint se plaquer au sien. L'incompréhension habilla le regard noisette d'Ezaël qui déposait les yeux sur la blessure nouvelle. Le blond disparu. Un fantôme meurtrier. Encore un. Le corps et l'esprit d'Ezaël se remirent en marche subitement lorsque le mâle dont il ne connaissait pas le nom s'effondra, tout près de la petite morte. Il avança un pas après l'autre, trainant des sabots. Son coeur était lourd de voir la détresse de celui qu'il pensait être le père. Et lourd d'incompréhension par rapport à sa meilleure amie. Quand l'avait-il perdue de vue à ce point? Quand leurs chemins avaient tant divergé? Son coeur resta confiné dans une étreinte douloureuse. Il avait certainement été un mauvais ami.

Il l'avait toujours été.

Ses antérieurs plièrent un instant mais il se rattrapa, restant debout près du roux, le regard vide posé dans celui de la pouliche. Elle aurait été belle. Elle aurait mérité de vivre. Il ne savait que dire, que faire. Il se sentait de trop mais ne pouvait laisser l'autre mâle ainsi, il ne pouvait pas fuir lui aussi. Pas une fois de plus.

Elle aurait eu vos yeux... Je suis désolé.

Les mots résonnèrent et prirent une tournure exécrable, gâchant l'instant. Il aurait mieux fait de se taire, incapable de soulager une douleur qui ne pourrait jamais être dissipée. Incapable, sans ressources, le pie resta simplement là. Il était certainement de trop. Il était souvent de trop. Mais il ne pu se résoudre à partir. Peut être serait-il chassé, et au fond de lui, il l'espérait.
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MessageSujet: Re: Secret de polichinelle   Secret de polichinelle EmptyDim 3 Fév 2019 - 9:29


Le diable avait disparu dans un nuage de fumée. Ne restait du drame que le corps déformé du petit ange. Ses grands yeux éternellement ouverts sur la beauté d’un monde que la pouliche ne connaîtrait jamais. Elle avait la beauté des fleurs d’hiver, celles qui poussent sous le neige, meurent étouffées sous le poids de la poudreuse. Existe-t-il de telles fleurs ? Il n’en était pas sûr. Celle-ci n’avait pas fleuri, les pétales sont tombés au sol. Ne restait que la tige, fragile, cassante, qui ploie sous la brise glaciale. Celle que l'on piétine impunément.

Aurore soupira. Le cœur au bord des lèvres, il eut envie de cracher son malheur, de vomir son désespoir. Mais il ne put se résoudre à se débarrasser de son mal, à le laisser s’échapper, glisser à terre et disparaître dans la rivière. Il le garda en lui, le goûta, l’apprécia. La douleur lui rappelait qu’elle était née, qu’il aurait pu tout changer, qu’il n’avait pas fait le nécessaire. Il avait été un mauvais père. Il ne voulait pas oublier ses yeux noirs, ses membres fins et ses taches alezanes. Il devait garder le souvenir de sa culpabilité, vivre avec son poids sur ses épaules et ployer l’échine le jour où il ne pourrait plus le supporter.

Des mots, une phrase. Opéra releva les yeux. Le ciel était si bleu. Pas la moindre trace d’un divin pouvoir, d’une punition méritée par le meurtrier. Son regard dériva sur la présence à ses côtés. Lui avait osé s’en prendre au mal suprême, mordre une vilenie qui aurait pu être contagieuse. À ce titre, il méritait son respect. Mais la vue de ses taches fit grimacer l’étalon roux.
Le tobiano, pourtant, anéantissait ses doutes de ces quelques mots. Aurore Opéra eut envie de lui crier qu’elle avait ses yeux, mais il n’en fit rien, le regard fixé sur la silhouette de l’autre étalon. Il ne le voyait plus tant derrière les larmes qui se tarissaient peu à peu dans ses yeux. Il se sentit soudain vide de tout et ne répondit rien. Sa détresse évinçait tout, même la compassion de l’autre mâle.

Aurore voulut tout de même puiser dans la présence d’un témoin la force de… de quoi ? Il ne savait pas. D’instinct, il bascula le poids de son corps, roula un peu sur le ventre et se stoppa quand son dos toucha l’antérieur de l’inconnu. Sa chaleur ne le réchauffa pas. Opéra se sentait frigorifié jusqu’aux os, jusqu’à l’âme. Rien ne pourrait jamais plus ramener en lui cette chaleur qui lui manquait. Mourrait-il de froid ? Il en doutait. Au fond de lui bouillait encore le brasier de sa fureur. Il attendait un peu de son souffle pour se raviver et brûler le monde.

Merci, souffla Aurore.

Ce fut le seul mot qu’il eut la force de prononcer. Puis il sombra dans un état second duquel il aurait bien du mal à se relever. Déjà le monde perdait de sa matière. Il ne resta bientôt plus que ces grands yeux noirs qui ne se fermeraient plus jamais.
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MessageSujet: Re: Secret de polichinelle   Secret de polichinelle EmptyVen 15 Mar 2019 - 8:29

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MessageSujet: Re: Secret de polichinelle   Secret de polichinelle EmptyDim 17 Mar 2019 - 15:12


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Tout lui semble vide, creux. Les oiseaux se sont tus, le vent s'est arrêté de faire bruisser les feuilles. Tout est mort avec la petite. Tout est mort, même son coeur à lui. Et Commedia? Sa meilleure amie? Et... Il ne veut plus trop penser. Rien, rien ne pourra jamais effacer ces souvenirs de sa mémoire, rien ne pourra jamais rien expliquer. Et rien ne sera moins douloureux, pour lui, ou pour le père de la pouliche, effondré à ses sabots. Il lui semble que l'étalon pouvait mourir maintenant de chagrin, et le pie ne pu se résigner. Impossible de partir.

Ses antérieurs plièrent et il se coucha près de l'autre mâle, hanté lui aussi par la vision du cadavre encore chaud là, juste devant son nez. Mais il ne pouvait partir. Pas tout de suite.

Pendant de longues minutes il resta là, soutien silencieux à la douleur d'un étalon dont il ne connaissait pas le nom. Il partirait à la nuit tombée, lorsque le regard vide de la petite ne pourrait plus le fixer alors qu'il lui tournerait le dos.

Jamais il n'oublierait.
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