Jeu de rôle équin
 
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 Riquet à la Houppe. [PV]

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Plume Brisée

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MessageSujet: Riquet à la Houppe. [PV]   Sam 24 Nov 2018 - 22:48

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Riquet à la Houppe
Les terres d'Horse-Wild avaient toujours porté des noms dont on pouvait louer le simple mystère. De toutes celles de l'île, les terres trompeuses étaient, qui plus est, encore celles qui savaient le mieux marier le preux et la vierge, l'aventure et la chaste banalité du nom que l'on lui donne. Ainsi, le golfe d'émeraude possédait un nom évocateur, qui reflétait tout aussi bien dans la bouche que dans les yeux la lueur de l'eau dansante et la teinte que prenait l'herbe qui aurait pourtant dû être salée par les embruns, brunie par l'automne qui disputait à la brise marine le droit de répandre le froid.

L'endroit possédait donc un quelque chose d'idyllique. Les cachettes, que l'on ne pouvait pas manquer de trouver en se faufilant dans les anfractuosités rocheuses tant que la mer ne s'y retirait pas, devaient elles aussi être tout à fait charmantes et propices à l'accueil des murmures de sirènes lassées de chanter à l'intention de marins qui évitent sans nul doute ces côtes trompeuses, pointues, redoutables comme l'eau peu profonde transpercée, de temps à autre, par l'aileron d'un requin.

Trompeuses. Oui, c'était un nom simple, mais tout à fait adéquat. Et si nulle véritable émeraude ne se cachait dans le butin d'un pirate qu'on aurait enfoui sous le sable, le vrai joyau pouvait être vu par tous, même s'il ne manquait pas d'être jalousement surveillé par son gardien.

Plume Brisée n'était pas créature que l'on confine ; apatride et gorgé de différentes cultures, il n'avait que faire des frontières imposées au monde par les langues et les coutumes qu'il pouvait comprendre - ce que tous auraient aussi pu faire, l'effort étant l'ingrédient manquant de cette recette salée d'un trop plein de patriotisme. Cependant, si un dominant surgissait et lui demandait de prendre la fuite, il le ferait. Même à vive allure, on peut découvrir un endroit.

Mais sans patience on ne découvrait pas Isis.

Ses yeux furent rongés par la ligne d'horizon, sous laquelle le soleil se baignait. Rougeoyant un peu, mais dardant dans son bain des rayons tellement dorés que s'ils avaient touché Isis, ils l'auraient enflammée, la rendant en tout point semblable aux statues de la déesse dont elle portait le nom.

Isis était déjà une statue dans son esprit, patiemment façonnée par la mémoire et l'imagination.

Peut-être ne vivait-elle plus ici. Peut-être fallait-il retourner dans ces contrées où chuchote le sable et glisse le crocodile, où se faufile un si long fleuve qu'il faudrait deux vies pour apprendre à connaître ses rives, où une vieille civilisation s'assied sur sa gloire au sommet d'une pyramide...

Il aurait pu se perdre dans cette idée, mais refusa de s'arracher à la réalité pour elle. Les yeux clos, il se laissa bercer un temps par la litanie des goélands. Leur voix ne possédait aucun charme ; piaillarde et plaintive. Mais il était fort possible qu'elles aient raconté certaines des choses les plus intéressantes...

Abandonnant son immobilité au profit d'un pas souple, il rouvrit les yeux et longea le vide. La plage était en bas. L'Egypte s'éclipsait au profil d'un paysage dont la beauté aurait pu rivaliser avec celle du golfe. Certaines forêts françaises n'étaient-elles pas, sinon d'émeraude, d'idocrase flamboyant ? Et ne trouvait-on pas en ces forêts l'un des actes d'une fort intéressante histoire ?

Plume Brisée allongea le pas, ravi de tenir ce récit. Il trouverait bien quelqu'un qui serait tout aussi alléché à l'idée de l'entendre ; cet endroit devait forcément attirer les convoitises de tous ceux qui aiment les joyaux, et il existait peu de joyaux aussi rares et surprenants que l'homme que l'on appelait Riquet à la Houppe.
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Nazz'ariah

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MessageSujet: Re: Riquet à la Houppe. [PV]   Sam 1 Déc 2018 - 1:15

We all go through changes, run to different places
That doesn't mean that we have to part

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Tu es la future reine de Perse ma chère, tu devrais avoir un meilleure comportement. Tu devrais moins être aguicheuse, moins tiraillée par tes émotions. Tu devrais être plus libre d’être toi-même. Mais non, à cause de tes bêtises, il s’est avéré que tu es devenue l’ombre de toi-même. Tu pensais réellement que tout cela te rendrait heureuse ? Que tu serais quelqu’un qui accomplirait sa mission ? Si tu savais. Mais effectivement, tes bêtises te rendaient différente. Tu étais devenue quelqu’un d’incompris. Quelqu’un qui ne cessait de ressasser le passé. Mais aujourd’hui, tu avais accepté tout cela. Aujourd’hui, tu devais partir. Tu devais t’en aller de ces terres une bonne fois pour toute et le pire, c’est que tu le savais. Tu le savais mais tu restais là. Pourquoi rester ? Tu n’as plus rien à faire là. Ta fille te déteste, ton amant te hait et le gosse que tu viens de mettre au monde ne te connaît même pas puisque tu l’as abandonné. Tu es partie comme une voleuse. Tu l’as déposé au sol et tu t’es cassée. Pourquoi as-tu fait cela ? Tu aurais pu tout de même lui dire qui était son père. Mais Cyrius l’avait, effectivement, fait plus facilement. Ton amant était un drogué et toi une traînée … C’était parfait pour élever un gosse, non ?

La Perse tapa du sabot sur le sol. Encore une fois, les voix étaient revenues. Elles étaient venues envahir son esprit sans même poser une question. Mais pourquoi venaient-elles l’envahir à ce point-là ? Pourquoi tout cela ? Elle ne comprenait pas. Etait-elle réellement devenue folle ? Etait-elle devenue celle qu’on imaginait tous qu’elle était ? Peut-être, elle ne savait pas. Tout ce qu’elle savait c’est qu’elle n’aurait jamais du faire tout cela. Elle n’aurait jamais du laisser ses désirs dicter ses actes, elle n’aurait jamais du devenir cette vicieuse qu’elle voudrait éviter. Mais, ayant grandi, elle comprenait. Elle devait accepter la vérité et ne plus ressasser le passé. Elle ne devait pas revoir toutes ces images. Mais elle revoyait tout … Elle revoyait Gavroche. Elle revoyait cet étalon appaloosa qui la cherche, qui la manipule comme il le voulait. Elle le pensait sauvage, violent, mais il était bien pire que cela. Il était mauvais, réellement. Il était Satan dans un corps équin. Il était l’antéchrist. Et celui-ci s’était abattu sur elle sans même éprouver un simple remord. Oh non, il avait même adoré cela. Il avait aimé la souiller, lui briser les ailes ainsi que la nuque. Et il lui avait offert un cadeau empoisonné, un poulain qui n’avait rien à faire dans son ventre. La haine avait envahit l’esprit de la petite jument. Au point qu’elle fasse du mal au fruit de ce viol, alors qu’il n’y était pour rien. Elle était folle au début, maintenant elle est devenue complètement tarée. Plus rien ne peut arrêter la folie qui guette son esprit. Rien ni personne.

Puis, elle se rappelait de Sorrow. Ce magnifique étalon noir. Ce puissant étalon frison qui n’avait rien demandé au monde. Qui ne demandait que la tranquillité, que la solitude et finalement, elle s’était immiscé délicatement dans son champ de vision. Elle l’avait charmé, elle avait voulu qu’il la monte. Au départ, ça aurait pu être beau, magnifique, mais c’était différent. Ce n’était que de la luxure, qu’un trésor souillé. Ils n’avaient fait que s’attendrir un instant, que profiter de la belle vue pour finalement se séparer rapidement. Ils n’étaient ni amis, ni amants, non ils n’étaient que des inconnus qui veulent profiter d’un moment de jouissance. Et finalement, ils ne s’étaient plus revus. De toute façon, ils ne devraient pas se revoir, ce ne serait qu’assouvir un désir qu’ils ne devraient connaître. Elle devait partir. Elle devait disparaître, repartir dans son pays natal. Elle devait rejoindre sa famille. Oh bien entendu, elle savait ce qu’elle risquait. Elle savait parfaitement qu’elle serait anéanti, brisé, mais elle ne méritait que cela. Elle le savait maintenant. Un profond soupir passa ses lèvres brunes tandis qu’elle laissait son regard divaguer sur l’horizon. Le Golfe d’Emeraude. Il serait son tombeau ou alors son dernier escale. Elle en ferait le tour pour finalement partir. Elle voulait sentir la mer une dernière fois dans sa vie, une dernière fois avant de retrouver son désert natal.

Soudain, une odeur lui vint aux naseaux. Un mâle. Un autre mâle était présent sur ses terres. Mais aujourd’hui c’était différent. Aujourd’hui, elle ne voulait voir personne. Elle voulait simplement profiter du paysage, elle voulait simplement voir un horizon différent avant de voir l’horizon de son désert. Elle voulait profiter une dernière fois de sa liberté avant de retourner à sa cage natale. Elle voulait simplement laisser ses ailes se déployer une dernière fois avant de les briser. Les briser pour la dernière fois de sa vie. Délicatement, elle porta son regard vers le bas du Golfe et elle remarqua un étalon qui marchait rapidement. Il n’avait rien d’un étalon arabe. Il n’avait rien d’un cheval trompeur. Elle commençait à les connaître par coeur dorénavant. Elle les avait vu, pas tous, mais la plupart. Elle resta là, à l’observer. Elle hésitait. Elle ne savait pas si elle devait aller le voir, si elle devait le laisser seule, ou si tout simplement elle devait faire demi-tour pour disparaître. Finalement, sans qu’elle ne comprenne réellement la raison, ses pas la menèrent vers le mâle. Elle avait marché vers lui sans réellement s’en rendre compte, comme si elle était spectatrice de sa propre vie.

« Qui êtes-vous ? » demanda-t-elle à l’étalon qui marchait. « Et d’où venez-vous ? » continua-t-elle en haussant la voix, pour couvrir le bruit des goélands.

La petite baie ne savait même pas pourquoi elle lui adressait la parole, ni même pourquoi elle tentait de faire sa connaissance, sachant qu’elle partirait bientôt. Mais peut-être que parler une dernière lui permettrait de disparaître sans remord. Finalement, elle resta statique, en attendant la réponse du mâle. Si il partait ? Tant pis. Si il restait ? Tant mieux, peut-être que ça lui donnerait une raison de rester. Même si elle était convaincue que partir était la meilleure solution pour elle. Oui, elle fuyait les conflits mais elle en assumait parfaitement les conséquences.
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MessageSujet: Re: Riquet à la Houppe. [PV]   Sam 1 Déc 2018 - 23:46

La réalité perdue avec lui, édulcorée, au goût distant d'un excellent repas prit lors d'un lointain réveillon à moitié noyé par l'ivresse, la réalité dans ce qu'elle a de plus délicieux, soit lorsqu'elle s'efface et laisse trembler les contours du rêve sous les yeux de celui qui ne dort pas encore debout. Il sentait le vide à ses côtés, s'étirant comme un muscle fatigué par l'effort, mais lui-même poursuivait le sien et construisait mentalement son monde, sa scène, tous ces instruments qu'il brandirait bientôt à la manière d'un marionnettiste, marionnettiste qu'il aurait pu être dans une autre vie, avec des mains pour animer ses créatures et de l'or au fond de ses poches pour embarquer dans des aventures le menant de pays en pays, de cité en cité, de trésor en trésor. Il avait peut-être plus l'âme d'un homme que d'un cheval mais cela, il ne s'en désolait pas. La mort était certes définitive, mais elle pouvait réserver des surprises aux âmes les plus tenaces. Et il lui semblait que sa propre âme était accrochée fermement à sa coquille ce depuis son enfance, revigorée par le fait que la mort se soit éloignée alors qu'il n'était encore qu'un enfant pour laisser sa chance à ce corps, laisser sa chance à cet esprit.

Il profitait de la vie comme il savait le faire, en la délaissant un peu au profit des mondes parallèles que l'on découvre en longeant le vide.

Plume Brisée fut cependant tiré de la campagne française par une voix moins nasillarde que celle des goélands - qui hurlaient toujours leurs inlassables nouvelles du monde. Il s'arrêta et tendit l'oreille, avant de se retourner et de jeter un regard calme et dénué d'indiscrétion à la jument qui se tenait là. Il lui adressa un signe de tête courtois.

Il s'agissait d'une jument pur sang arabe baie qui lui rappelait certaines contrées qu'il avait eu le plaisir de fouler il y a des années de cela, sur la piste d'une histoire dans laquelle l'on pouvait convaincre la pierre de s'entrouvrir comme une huître en lui chuchotant un mot magique, et dans laquelle se cachait aussi quelques voleurs et un magnifique trésor - cette histoire là il la connaissait à présent par coeur, mais elle n'était pas celle à laquelle il se destinait aujourd'hui.

L'inconnue était fort belle. Ses propos étaient cependant inquisiteurs, tellement qu'il se demanda si elle n'avait pas un quelconque droit sur les lieux et tentait de déterminer s'il avait le droit de les fouler. L'inquiétude ne le prit pas. Il en fallait plus pour que cela soit le cas.

" Je suis un conteur, " répondit-il d'un ton mesuré. " Je viens de nul part et d'ailleurs, comme il se doit pour un être de ma condition. "

Ses lèvres se retroussèrent sur de la politesse.  

" Mais si les noms vous rassurent, je puis vous donner celui de Plume Brisée. "

Ses yeux glissèrent ensuite dans le vide, avant de se raccrocher aux filaments d'imagination qui y pendaient. La mer murmurait non loin de là, grondait presque, comme elle avait l'habitude de le faire. Ses propos étaient tour à tour rassurants et menaçants, une mère qui ne sait pas si elle veut caresser ou frapper la joue tendue.

" J'ai une histoire pour vous, " dit-il lentement, " Si vous voulez l'entendre. "
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MessageSujet: Re: Riquet à la Houppe. [PV]   Lun 3 Déc 2018 - 22:43

I been going through paranoia
They tell me I'ma be a legend, I don't want that title now

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Tu es là petite Perse à regarder cette terre qui ne serait bientôt plus la tienne. Cette terre que tu dois fuir. Tu dois nous rejoindre. Tu dois retourner dans ton Désert et nous offrir ce sourire que tu arborais tellement de fois depuis quelques temps. Mais tu l’as perdu ce sourire. Il a disparu au gré du vent, au gré des choses que tu as pu voir. Mais cette île t’as tellement subjuguée pourtant à une époque, nous ne comprenons plus pourquoi tu as tout détruit. Pourquoi as-tu brisé ton amant ? Lui en veux-tu réellement pour son absence ou ne l’as-tu jamais aimé ? Tu es pourtant une princesse de naissance, tu sais ce qu’est la royauté, la loyauté et la défense de soi. Mais tu as tout brisé. Tu as rompu cette tradition, tu as souillé ta couronne. Pourquoi as-tu fait ça ? Nous sommes là depuis ta naissance et pourtant nous ne comprenons pas. Nous t’avons suivi de ton désert jusque cette île et pourtant nous n’acceptons pas. Alors maintenant, c’est terminé. Maintenant tu dois tout quitté. Tu dois disparaître de la vue de ta fille, du champ de mire de ton amant. On doit t’oublier. On doit anéantir ce que tu as pu être pour que tu renaisses d’une meilleure manière. Suis-nous petite chose et tu seras heureuse, réellement.

Ses yeux se posèrent sur l’étalon près d’elle et elle l’observa sur toutes les coutures. Il ne ressemblait en rien aux autres étalons qu’elle avait pu voir ou connaître. Oh bien entendu, elle n’en avait pas connu tellement durant son périple. Puisqu’elle ne s’était arrêtée que peu de fois. Mais sur cette île, elle avait pu remarqué que la population était plutôt hétéroclite. En effet, elle avait rencontré Cyrius qui était un Pur Sang Arabe : mais pas un arabe comme elle en avait vu dans son désert natal. Il devait sans doute avoir des ancêtres occidentaux puisque son ossature était plus massive, il était aussi d’une taille plus grande et son chanfrein était moins concave que le sien. Son origine n’était sans doute pas pure mais elle n’y avait pas spécialement fait attention durant leur union. Son père la battrait pour cet affront à leur lignée, c’est évident. Il y avait aussi eu Sorrow, étalon frison pure souche. Il avait une taille de cheval de trait, des yeux de jais et une crinière abondante. Typique de sa race. Elle avait aussi rencontré Ace, un étalon dont elle ne saurait sans doute jamais la race, puisqu’elle ne la connaissait pas. Fifa aussi … Crème est-elle une race ? Etrange race que voilà en réalité. Cheval trapu qu’on aurait pu penser sorti tout droit de l’antiquité. Et il y avait finalement Gavroche … Elle n’oserait jamais le mettre dans une race, à part peut-être celle du viol. Sa robe était aussi hideuse que le personnage en lui-même en vérité.

Délicatement, elle détourna son regard de l’étalon pour le laisser divaguer à l’horizon. Un horizon qu’elle ne distinguerait bientôt plus. Un horizon qu’elle devrait oublier au fil des jours, des nuits et même des heures qui passaient. C’était malheureux … Elle s’était tout de même perdu dans ces endroits, elle s’y était attachée mais elle devait partir maintenant. Elle devait retrouver sa terre natale. Elle devait pouvoir vivre une autre vie. Oh bien entendu, elle savait parfaitement qu’elle n’y serait jamais heureuse, mais ce serait sa punition. Elle se remettrait à son destin. Elle accepterait les réprimandes, les frappes de sa famille, la souillure de son frère mais surtout la haine de son père. Elle n’était bonne qu’à cela finalement, non ? Alors, oui, elle acceptait parfaitement sa vie, sa condition et la situation. Ses yeux s’embuèrent, mais rapidement elle secoua la tête pour évacuer tout cela. Elle n’avait pas le droit de pleurer, pas le droit de s’en vouloir ni même d’être triste. Tout cela, elle l’avait voulu alors il était hors de question qu’elle ressente le moindre remord. A la première phrase de l’étalon, elle eut un tendre sourire. Elle adorait les contes. N’était-elle pas née grâce à un conte elle-même ? N’était-elle pas la princesse des contes ? Celle qui avait eu une vie difficile, puis heureuse et finalement dont on ne savait plus rien par la suite ? Puis l’étalon lui dit son nom. Plume Brisée ? Un nom qui était adéquate pour un conteur, mais cela ressemblait-il réellement à son âme ? Etait-il quelqu’un de brisé ? Demeurait-il enfermé quelque part sans pouvoir en sortir ? Elle secoua la tête. Puis finalement à sa question, elle s’approcha calmement de lui et lui adressa un faible sourire.

« Si vous pouviez me conter mon avenir ça m’arrangerait. » dit-elle tristement. « Mais sinon, je vous prie. Les contes m’ont toujours plu. » répondit-elle ensuite avec toute la franchise dont elle était capable.

En réalité, les contes étaient la seule manière pour elle de demeurer proche de sa mère à l’époque. Cette dernière appréciait raconter des histoires, qu’elles soient belles ou non, à ses enfants. Elle aimait les faire voyager au gré de ses dires. Elle aimait les voir rêver, mais aussi se questionner sur le réel sens de la fable dont elle avait cité le nom. Finalement, la petite Perse replongea son regard dans l’horizon face à elle, laissant son coeur se serrer à chaque oiseau qu’elle voyait s’envoler. Elle savait qu’elle devait partir. Alors elle ne s’attacherait à plus rien d’ici, ni personne. Elle se l’interdisait dorénavant.
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MessageSujet: Re: Riquet à la Houppe. [PV]   Jeu 6 Déc 2018 - 11:41

Laideur et tristesse étaient communément associés dans certains esprits, là où d'autres préféraient voir dans la mélancolie voilant des traits de sa brume une certaine beauté. Ces deux points de vue ne se cantonnaient pas aux âmes bonnes et aux âmes sanguinaires qui se seraient délectées du spectacle de la misère, mais se mêlaient au hasard et au gré des vents spirituels chez différentes créatures. Souvent même l'on se perdait en réalité entre les deux, trouvant tantôt la tristesse de l'un répugnante, tandis que celle de l'autre devenait un spectacle sublime, digne d'être immortalisé sous le pinceau d'un des plus grands peintres, comme la lamentation d'Orphée.

L'inconnue ne se lamentait pas, mais la tristesse exsudait de ses mots et de son corps comme le fait la larme laborieuse, presque rageuse, qui finit par suinter d'un oeil qui a normalement trop d'orgueil pour vendre ses perles.

L'ange déchu de Cabanel.

L'avenir, cependant, de la mélancolie, d'Orphée, de l'ange et de sa déchéance, l'avenir enfin, il ne le tenait pas devant ses prunelles comme l'aurait fait la Pythie juchée sur sa faille et, s'il pouvait supputer, jamais il ne pouvait prétendre dire la vérité : le conte lui-même souvent contenait des mensonges, et c'était dans le mensonge, dans le déni de la réalité, que l'on tenait un filament du bonheur.

Plume Brisée avança de quelques pas avant de s'éloigner du vide, retrouvant la terre ferme et la promesse d'y vivre.

Il lui fallait guider cette âme vers un endroit qui lui ferait oublier ses réflexions tristes. Les mots avaient parfois ce pouvoir ; mais l'âme s'attache tout autant à sa tragédie, comme ravie d'être élevée au pinacle de l'émotion, quand bien même cette dernière fasse souffrir.

Pensée. En Europe, dans un château que l'on voulait renaissant mais qui, peut-être, rappelait une période encore antérieure, une femme poussait, tandis qu'une jeune servante se tenait au pied de son lit, pâle comme le linge tendu entre ses doigts. Une femme plus âgée se tenait entre les jambes de celle qui souffrait, et exhortait l'enfant à entrer dans le monde.

Peut-être avait-il déjà conscience qu'il n'y serait pas bien reçu.

Voix.

" Il était une fois une Reine qui accoucha d’un fils, si laid et si mal fait, qu’on douta longtemps qu’il avait forme humaine. "

Effet.

" Il était cependant coutumier à l'époque que les fées se penchassent sur les berceaux des nouveaux-nés. Saisissant la grande affliction de la reine, qui était fort déçue d'avoir donné naissance à un enfant si repoussant, la fée assura à cette dernière que l'enfant aurait autant d'esprit qu'il serait laid et que, de plus, il pourrait donner autant d'esprit à la personne qu'il aimerait que lui en avait. Cela rassura la reine, qui put bien vite constater que la fée avait dit vrai : l'enfant, aussitôt qu'il put parler, se mit à dire mille choses merveilleuses, et, dans ses actions, l'on ressentit un je ne sais quoi de si spirituel, que l'on en fut charmé. J’oubliais de dire qu’il vint au monde avec une petite houppe de cheveux sur la tête, ce qui fit qu’on le nomma Riquet à la houppe, car Riquet était le nom de la famille. "

Le vent se souleva pour mieux porter ses mots.

" Au bout de sept ou huit ans, la reine d’un royaume voisin accoucha de deux filles. La première qui vint au monde était plus belle que le jour : la reine en conçut une joie si immense, qu’on craignit que sa trop grande gaieté ne la fasse tomber dans les pommes. La même fée qui avait assisté à la naissance du petit Riquet à la houppe était présente, et, pour modérer la joie de la reine, elle lui déclara que cette petite princesse n’aurait aucun esprit, et qu’elle serait aussi stupide qu’elle était belle. Cela mortifia la reine ; mais elle eut quelques moments après un bien plus grand chagrin, car la seconde fille dont elle accoucha était extrêmement laide. "
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