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 Riquet à la Houppe. [PV]

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Plume Brisée

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MessageSujet: Riquet à la Houppe. [PV]   Sam 24 Nov 2018 - 22:48

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Riquet à la Houppe
Les terres d'Horse-Wild avaient toujours porté des noms dont on pouvait louer le simple mystère. De toutes celles de l'île, les terres trompeuses étaient, qui plus est, encore celles qui savaient le mieux marier le preux et la vierge, l'aventure et la chaste banalité du nom que l'on lui donne. Ainsi, le golfe d'émeraude possédait un nom évocateur, qui reflétait tout aussi bien dans la bouche que dans les yeux la lueur de l'eau dansante et la teinte que prenait l'herbe qui aurait pourtant dû être salée par les embruns, brunie par l'automne qui disputait à la brise marine le droit de répandre le froid.

L'endroit possédait donc un quelque chose d'idyllique. Les cachettes, que l'on ne pouvait pas manquer de trouver en se faufilant dans les anfractuosités rocheuses tant que la mer ne s'y retirait pas, devaient elles aussi être tout à fait charmantes et propices à l'accueil des murmures de sirènes lassées de chanter à l'intention de marins qui évitent sans nul doute ces côtes trompeuses, pointues, redoutables comme l'eau peu profonde transpercée, de temps à autre, par l'aileron d'un requin.

Trompeuses. Oui, c'était un nom simple, mais tout à fait adéquat. Et si nulle véritable émeraude ne se cachait dans le butin d'un pirate qu'on aurait enfoui sous le sable, le vrai joyau pouvait être vu par tous, même s'il ne manquait pas d'être jalousement surveillé par son gardien.

Plume Brisée n'était pas créature que l'on confine ; apatride et gorgé de différentes cultures, il n'avait que faire des frontières imposées au monde par les langues et les coutumes qu'il pouvait comprendre - ce que tous auraient aussi pu faire, l'effort étant l'ingrédient manquant de cette recette salée d'un trop plein de patriotisme. Cependant, si un dominant surgissait et lui demandait de prendre la fuite, il le ferait. Même à vive allure, on peut découvrir un endroit.

Mais sans patience on ne découvrait pas Isis.

Ses yeux furent rongés par la ligne d'horizon, sous laquelle le soleil se baignait. Rougeoyant un peu, mais dardant dans son bain des rayons tellement dorés que s'ils avaient touché Isis, ils l'auraient enflammée, la rendant en tout point semblable aux statues de la déesse dont elle portait le nom.

Isis était déjà une statue dans son esprit, patiemment façonnée par la mémoire et l'imagination.

Peut-être ne vivait-elle plus ici. Peut-être fallait-il retourner dans ces contrées où chuchote le sable et glisse le crocodile, où se faufile un si long fleuve qu'il faudrait deux vies pour apprendre à connaître ses rives, où une vieille civilisation s'assied sur sa gloire au sommet d'une pyramide...

Il aurait pu se perdre dans cette idée, mais refusa de s'arracher à la réalité pour elle. Les yeux clos, il se laissa bercer un temps par la litanie des goélands. Leur voix ne possédait aucun charme ; piaillarde et plaintive. Mais il était fort possible qu'elles aient raconté certaines des choses les plus intéressantes...

Abandonnant son immobilité au profit d'un pas souple, il rouvrit les yeux et longea le vide. La plage était en bas. L'Egypte s'éclipsait au profil d'un paysage dont la beauté aurait pu rivaliser avec celle du golfe. Certaines forêts françaises n'étaient-elles pas, sinon d'émeraude, d'idocrase flamboyant ? Et ne trouvait-on pas en ces forêts l'un des actes d'une fort intéressante histoire ?

Plume Brisée allongea le pas, ravi de tenir ce récit. Il trouverait bien quelqu'un qui serait tout aussi alléché à l'idée de l'entendre ; cet endroit devait forcément attirer les convoitises de tous ceux qui aiment les joyaux, et il existait peu de joyaux aussi rares et surprenants que l'homme que l'on appelait Riquet à la Houppe.
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Nazz'ariah

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MessageSujet: Re: Riquet à la Houppe. [PV]   Sam 1 Déc 2018 - 1:15

We all go through changes, run to different places
That doesn't mean that we have to part

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Tu es la future reine de Perse ma chère, tu devrais avoir un meilleure comportement. Tu devrais moins être aguicheuse, moins tiraillée par tes émotions. Tu devrais être plus libre d’être toi-même. Mais non, à cause de tes bêtises, il s’est avéré que tu es devenue l’ombre de toi-même. Tu pensais réellement que tout cela te rendrait heureuse ? Que tu serais quelqu’un qui accomplirait sa mission ? Si tu savais. Mais effectivement, tes bêtises te rendaient différente. Tu étais devenue quelqu’un d’incompris. Quelqu’un qui ne cessait de ressasser le passé. Mais aujourd’hui, tu avais accepté tout cela. Aujourd’hui, tu devais partir. Tu devais t’en aller de ces terres une bonne fois pour toute et le pire, c’est que tu le savais. Tu le savais mais tu restais là. Pourquoi rester ? Tu n’as plus rien à faire là. Ta fille te déteste, ton amant te hait et le gosse que tu viens de mettre au monde ne te connaît même pas puisque tu l’as abandonné. Tu es partie comme une voleuse. Tu l’as déposé au sol et tu t’es cassée. Pourquoi as-tu fait cela ? Tu aurais pu tout de même lui dire qui était son père. Mais Cyrius l’avait, effectivement, fait plus facilement. Ton amant était un drogué et toi une traînée … C’était parfait pour élever un gosse, non ?

La Perse tapa du sabot sur le sol. Encore une fois, les voix étaient revenues. Elles étaient venues envahir son esprit sans même poser une question. Mais pourquoi venaient-elles l’envahir à ce point-là ? Pourquoi tout cela ? Elle ne comprenait pas. Etait-elle réellement devenue folle ? Etait-elle devenue celle qu’on imaginait tous qu’elle était ? Peut-être, elle ne savait pas. Tout ce qu’elle savait c’est qu’elle n’aurait jamais du faire tout cela. Elle n’aurait jamais du laisser ses désirs dicter ses actes, elle n’aurait jamais du devenir cette vicieuse qu’elle voudrait éviter. Mais, ayant grandi, elle comprenait. Elle devait accepter la vérité et ne plus ressasser le passé. Elle ne devait pas revoir toutes ces images. Mais elle revoyait tout … Elle revoyait Gavroche. Elle revoyait cet étalon appaloosa qui la cherche, qui la manipule comme il le voulait. Elle le pensait sauvage, violent, mais il était bien pire que cela. Il était mauvais, réellement. Il était Satan dans un corps équin. Il était l’antéchrist. Et celui-ci s’était abattu sur elle sans même éprouver un simple remord. Oh non, il avait même adoré cela. Il avait aimé la souiller, lui briser les ailes ainsi que la nuque. Et il lui avait offert un cadeau empoisonné, un poulain qui n’avait rien à faire dans son ventre. La haine avait envahit l’esprit de la petite jument. Au point qu’elle fasse du mal au fruit de ce viol, alors qu’il n’y était pour rien. Elle était folle au début, maintenant elle est devenue complètement tarée. Plus rien ne peut arrêter la folie qui guette son esprit. Rien ni personne.

Puis, elle se rappelait de Sorrow. Ce magnifique étalon noir. Ce puissant étalon frison qui n’avait rien demandé au monde. Qui ne demandait que la tranquillité, que la solitude et finalement, elle s’était immiscé délicatement dans son champ de vision. Elle l’avait charmé, elle avait voulu qu’il la monte. Au départ, ça aurait pu être beau, magnifique, mais c’était différent. Ce n’était que de la luxure, qu’un trésor souillé. Ils n’avaient fait que s’attendrir un instant, que profiter de la belle vue pour finalement se séparer rapidement. Ils n’étaient ni amis, ni amants, non ils n’étaient que des inconnus qui veulent profiter d’un moment de jouissance. Et finalement, ils ne s’étaient plus revus. De toute façon, ils ne devraient pas se revoir, ce ne serait qu’assouvir un désir qu’ils ne devraient connaître. Elle devait partir. Elle devait disparaître, repartir dans son pays natal. Elle devait rejoindre sa famille. Oh bien entendu, elle savait ce qu’elle risquait. Elle savait parfaitement qu’elle serait anéanti, brisé, mais elle ne méritait que cela. Elle le savait maintenant. Un profond soupir passa ses lèvres brunes tandis qu’elle laissait son regard divaguer sur l’horizon. Le Golfe d’Emeraude. Il serait son tombeau ou alors son dernier escale. Elle en ferait le tour pour finalement partir. Elle voulait sentir la mer une dernière fois dans sa vie, une dernière fois avant de retrouver son désert natal.

Soudain, une odeur lui vint aux naseaux. Un mâle. Un autre mâle était présent sur ses terres. Mais aujourd’hui c’était différent. Aujourd’hui, elle ne voulait voir personne. Elle voulait simplement profiter du paysage, elle voulait simplement voir un horizon différent avant de voir l’horizon de son désert. Elle voulait profiter une dernière fois de sa liberté avant de retourner à sa cage natale. Elle voulait simplement laisser ses ailes se déployer une dernière fois avant de les briser. Les briser pour la dernière fois de sa vie. Délicatement, elle porta son regard vers le bas du Golfe et elle remarqua un étalon qui marchait rapidement. Il n’avait rien d’un étalon arabe. Il n’avait rien d’un cheval trompeur. Elle commençait à les connaître par coeur dorénavant. Elle les avait vu, pas tous, mais la plupart. Elle resta là, à l’observer. Elle hésitait. Elle ne savait pas si elle devait aller le voir, si elle devait le laisser seule, ou si tout simplement elle devait faire demi-tour pour disparaître. Finalement, sans qu’elle ne comprenne réellement la raison, ses pas la menèrent vers le mâle. Elle avait marché vers lui sans réellement s’en rendre compte, comme si elle était spectatrice de sa propre vie.

« Qui êtes-vous ? » demanda-t-elle à l’étalon qui marchait. « Et d’où venez-vous ? » continua-t-elle en haussant la voix, pour couvrir le bruit des goélands.

La petite baie ne savait même pas pourquoi elle lui adressait la parole, ni même pourquoi elle tentait de faire sa connaissance, sachant qu’elle partirait bientôt. Mais peut-être que parler une dernière lui permettrait de disparaître sans remord. Finalement, elle resta statique, en attendant la réponse du mâle. Si il partait ? Tant pis. Si il restait ? Tant mieux, peut-être que ça lui donnerait une raison de rester. Même si elle était convaincue que partir était la meilleure solution pour elle. Oui, elle fuyait les conflits mais elle en assumait parfaitement les conséquences.
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MessageSujet: Re: Riquet à la Houppe. [PV]   Sam 1 Déc 2018 - 23:46

La réalité perdue avec lui, édulcorée, au goût distant d'un excellent repas prit lors d'un lointain réveillon à moitié noyé par l'ivresse, la réalité dans ce qu'elle a de plus délicieux, soit lorsqu'elle s'efface et laisse trembler les contours du rêve sous les yeux de celui qui ne dort pas encore debout. Il sentait le vide à ses côtés, s'étirant comme un muscle fatigué par l'effort, mais lui-même poursuivait le sien et construisait mentalement son monde, sa scène, tous ces instruments qu'il brandirait bientôt à la manière d'un marionnettiste, marionnettiste qu'il aurait pu être dans une autre vie, avec des mains pour animer ses créatures et de l'or au fond de ses poches pour embarquer dans des aventures le menant de pays en pays, de cité en cité, de trésor en trésor. Il avait peut-être plus l'âme d'un homme que d'un cheval mais cela, il ne s'en désolait pas. La mort était certes définitive, mais elle pouvait réserver des surprises aux âmes les plus tenaces. Et il lui semblait que sa propre âme était accrochée fermement à sa coquille ce depuis son enfance, revigorée par le fait que la mort se soit éloignée alors qu'il n'était encore qu'un enfant pour laisser sa chance à ce corps, laisser sa chance à cet esprit.

Il profitait de la vie comme il savait le faire, en la délaissant un peu au profit des mondes parallèles que l'on découvre en longeant le vide.

Plume Brisée fut cependant tiré de la campagne française par une voix moins nasillarde que celle des goélands - qui hurlaient toujours leurs inlassables nouvelles du monde. Il s'arrêta et tendit l'oreille, avant de se retourner et de jeter un regard calme et dénué d'indiscrétion à la jument qui se tenait là. Il lui adressa un signe de tête courtois.

Il s'agissait d'une jument pur sang arabe baie qui lui rappelait certaines contrées qu'il avait eu le plaisir de fouler il y a des années de cela, sur la piste d'une histoire dans laquelle l'on pouvait convaincre la pierre de s'entrouvrir comme une huître en lui chuchotant un mot magique, et dans laquelle se cachait aussi quelques voleurs et un magnifique trésor - cette histoire là il la connaissait à présent par coeur, mais elle n'était pas celle à laquelle il se destinait aujourd'hui.

L'inconnue était fort belle. Ses propos étaient cependant inquisiteurs, tellement qu'il se demanda si elle n'avait pas un quelconque droit sur les lieux et tentait de déterminer s'il avait le droit de les fouler. L'inquiétude ne le prit pas. Il en fallait plus pour que cela soit le cas.

" Je suis un conteur, " répondit-il d'un ton mesuré. " Je viens de nul part et d'ailleurs, comme il se doit pour un être de ma condition. "

Ses lèvres se retroussèrent sur de la politesse.  

" Mais si les noms vous rassurent, je puis vous donner celui de Plume Brisée. "

Ses yeux glissèrent ensuite dans le vide, avant de se raccrocher aux filaments d'imagination qui y pendaient. La mer murmurait non loin de là, grondait presque, comme elle avait l'habitude de le faire. Ses propos étaient tour à tour rassurants et menaçants, une mère qui ne sait pas si elle veut caresser ou frapper la joue tendue.

" J'ai une histoire pour vous, " dit-il lentement, " Si vous voulez l'entendre. "
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MessageSujet: Re: Riquet à la Houppe. [PV]   Lun 3 Déc 2018 - 22:43

I been going through paranoia
They tell me I'ma be a legend, I don't want that title now

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Tu es là petite Perse à regarder cette terre qui ne serait bientôt plus la tienne. Cette terre que tu dois fuir. Tu dois nous rejoindre. Tu dois retourner dans ton Désert et nous offrir ce sourire que tu arborais tellement de fois depuis quelques temps. Mais tu l’as perdu ce sourire. Il a disparu au gré du vent, au gré des choses que tu as pu voir. Mais cette île t’as tellement subjuguée pourtant à une époque, nous ne comprenons plus pourquoi tu as tout détruit. Pourquoi as-tu brisé ton amant ? Lui en veux-tu réellement pour son absence ou ne l’as-tu jamais aimé ? Tu es pourtant une princesse de naissance, tu sais ce qu’est la royauté, la loyauté et la défense de soi. Mais tu as tout brisé. Tu as rompu cette tradition, tu as souillé ta couronne. Pourquoi as-tu fait ça ? Nous sommes là depuis ta naissance et pourtant nous ne comprenons pas. Nous t’avons suivi de ton désert jusque cette île et pourtant nous n’acceptons pas. Alors maintenant, c’est terminé. Maintenant tu dois tout quitté. Tu dois disparaître de la vue de ta fille, du champ de mire de ton amant. On doit t’oublier. On doit anéantir ce que tu as pu être pour que tu renaisses d’une meilleure manière. Suis-nous petite chose et tu seras heureuse, réellement.

Ses yeux se posèrent sur l’étalon près d’elle et elle l’observa sur toutes les coutures. Il ne ressemblait en rien aux autres étalons qu’elle avait pu voir ou connaître. Oh bien entendu, elle n’en avait pas connu tellement durant son périple. Puisqu’elle ne s’était arrêtée que peu de fois. Mais sur cette île, elle avait pu remarqué que la population était plutôt hétéroclite. En effet, elle avait rencontré Cyrius qui était un Pur Sang Arabe : mais pas un arabe comme elle en avait vu dans son désert natal. Il devait sans doute avoir des ancêtres occidentaux puisque son ossature était plus massive, il était aussi d’une taille plus grande et son chanfrein était moins concave que le sien. Son origine n’était sans doute pas pure mais elle n’y avait pas spécialement fait attention durant leur union. Son père la battrait pour cet affront à leur lignée, c’est évident. Il y avait aussi eu Sorrow, étalon frison pure souche. Il avait une taille de cheval de trait, des yeux de jais et une crinière abondante. Typique de sa race. Elle avait aussi rencontré Ace, un étalon dont elle ne saurait sans doute jamais la race, puisqu’elle ne la connaissait pas. Fifa aussi … Crème est-elle une race ? Etrange race que voilà en réalité. Cheval trapu qu’on aurait pu penser sorti tout droit de l’antiquité. Et il y avait finalement Gavroche … Elle n’oserait jamais le mettre dans une race, à part peut-être celle du viol. Sa robe était aussi hideuse que le personnage en lui-même en vérité.

Délicatement, elle détourna son regard de l’étalon pour le laisser divaguer à l’horizon. Un horizon qu’elle ne distinguerait bientôt plus. Un horizon qu’elle devrait oublier au fil des jours, des nuits et même des heures qui passaient. C’était malheureux … Elle s’était tout de même perdu dans ces endroits, elle s’y était attachée mais elle devait partir maintenant. Elle devait retrouver sa terre natale. Elle devait pouvoir vivre une autre vie. Oh bien entendu, elle savait parfaitement qu’elle n’y serait jamais heureuse, mais ce serait sa punition. Elle se remettrait à son destin. Elle accepterait les réprimandes, les frappes de sa famille, la souillure de son frère mais surtout la haine de son père. Elle n’était bonne qu’à cela finalement, non ? Alors, oui, elle acceptait parfaitement sa vie, sa condition et la situation. Ses yeux s’embuèrent, mais rapidement elle secoua la tête pour évacuer tout cela. Elle n’avait pas le droit de pleurer, pas le droit de s’en vouloir ni même d’être triste. Tout cela, elle l’avait voulu alors il était hors de question qu’elle ressente le moindre remord. A la première phrase de l’étalon, elle eut un tendre sourire. Elle adorait les contes. N’était-elle pas née grâce à un conte elle-même ? N’était-elle pas la princesse des contes ? Celle qui avait eu une vie difficile, puis heureuse et finalement dont on ne savait plus rien par la suite ? Puis l’étalon lui dit son nom. Plume Brisée ? Un nom qui était adéquate pour un conteur, mais cela ressemblait-il réellement à son âme ? Etait-il quelqu’un de brisé ? Demeurait-il enfermé quelque part sans pouvoir en sortir ? Elle secoua la tête. Puis finalement à sa question, elle s’approcha calmement de lui et lui adressa un faible sourire.

« Si vous pouviez me conter mon avenir ça m’arrangerait. » dit-elle tristement. « Mais sinon, je vous prie. Les contes m’ont toujours plu. » répondit-elle ensuite avec toute la franchise dont elle était capable.

En réalité, les contes étaient la seule manière pour elle de demeurer proche de sa mère à l’époque. Cette dernière appréciait raconter des histoires, qu’elles soient belles ou non, à ses enfants. Elle aimait les faire voyager au gré de ses dires. Elle aimait les voir rêver, mais aussi se questionner sur le réel sens de la fable dont elle avait cité le nom. Finalement, la petite Perse replongea son regard dans l’horizon face à elle, laissant son coeur se serrer à chaque oiseau qu’elle voyait s’envoler. Elle savait qu’elle devait partir. Alors elle ne s’attacherait à plus rien d’ici, ni personne. Elle se l’interdisait dorénavant.
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MessageSujet: Re: Riquet à la Houppe. [PV]   Jeu 6 Déc 2018 - 11:41

Laideur et tristesse étaient communément associés dans certains esprits, là où d'autres préféraient voir dans la mélancolie voilant des traits de sa brume une certaine beauté. Ces deux points de vue ne se cantonnaient pas aux âmes bonnes et aux âmes sanguinaires qui se seraient délectées du spectacle de la misère, mais se mêlaient au hasard et au gré des vents spirituels chez différentes créatures. Souvent même l'on se perdait en réalité entre les deux, trouvant tantôt la tristesse de l'un répugnante, tandis que celle de l'autre devenait un spectacle sublime, digne d'être immortalisé sous le pinceau d'un des plus grands peintres, comme la lamentation d'Orphée.

L'inconnue ne se lamentait pas, mais la tristesse exsudait de ses mots et de son corps comme le fait la larme laborieuse, presque rageuse, qui finit par suinter d'un oeil qui a normalement trop d'orgueil pour vendre ses perles.

L'ange déchu de Cabanel.

L'avenir, cependant, de la mélancolie, d'Orphée, de l'ange et de sa déchéance, l'avenir enfin, il ne le tenait pas devant ses prunelles comme l'aurait fait la Pythie juchée sur sa faille et, s'il pouvait supputer, jamais il ne pouvait prétendre dire la vérité : le conte lui-même souvent contenait des mensonges, et c'était dans le mensonge, dans le déni de la réalité, que l'on tenait un filament du bonheur.

Plume Brisée avança de quelques pas avant de s'éloigner du vide, retrouvant la terre ferme et la promesse d'y vivre.

Il lui fallait guider cette âme vers un endroit qui lui ferait oublier ses réflexions tristes. Les mots avaient parfois ce pouvoir ; mais l'âme s'attache tout autant à sa tragédie, comme ravie d'être élevée au pinacle de l'émotion, quand bien même cette dernière fasse souffrir.

Pensée. En Europe, dans un château que l'on voulait renaissant mais qui, peut-être, rappelait une période encore antérieure, une femme poussait, tandis qu'une jeune servante se tenait au pied de son lit, pâle comme le linge tendu entre ses doigts. Une femme plus âgée se tenait entre les jambes de celle qui souffrait, et exhortait l'enfant à entrer dans le monde.

Peut-être avait-il déjà conscience qu'il n'y serait pas bien reçu.

Voix.

" Il était une fois une Reine qui accoucha d’un fils, si laid et si mal fait, qu’on douta longtemps qu’il avait forme humaine. "

Effet.

" Il était cependant coutumier à l'époque que les fées se penchassent sur les berceaux des nouveaux-nés. Saisissant la grande affliction de la reine, qui était fort déçue d'avoir donné naissance à un enfant si repoussant, la fée assura à cette dernière que l'enfant aurait autant d'esprit qu'il serait laid et que, de plus, il pourrait donner autant d'esprit à la personne qu'il aimerait que lui en avait. Cela rassura la reine, qui put bien vite constater que la fée avait dit vrai : l'enfant, aussitôt qu'il put parler, se mit à dire mille choses merveilleuses, et, dans ses actions, l'on ressentit un je ne sais quoi de si spirituel, que l'on en fut charmé. J’oubliais de dire qu’il vint au monde avec une petite houppe de cheveux sur la tête, ce qui fit qu’on le nomma Riquet à la houppe, car Riquet était le nom de la famille. "

Le vent se souleva pour mieux porter ses mots.

" Au bout de sept ou huit ans, la reine d’un royaume voisin accoucha de deux filles. La première qui vint au monde était plus belle que le jour : la reine en conçut une joie si immense, qu’on craignit que sa trop grande gaieté ne la fasse tomber dans les pommes. La même fée qui avait assisté à la naissance du petit Riquet à la houppe était présente, et, pour modérer la joie de la reine, elle lui déclara que cette petite princesse n’aurait aucun esprit, et qu’elle serait aussi stupide qu’elle était belle. Cela mortifia la reine ; mais elle eut quelques moments après un bien plus grand chagrin, car la seconde fille dont elle accoucha était extrêmement laide. "
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MessageSujet: Re: Riquet à la Houppe. [PV]   Mar 18 Déc 2018 - 18:01

Hey little sister who is it you're with ?
Hey little sister what's your vice and wish ?

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En fait, depuis ta plus tendre enfance, tu n’as cessé de te complaire dans un conte que tu avais toi-même inventé. Un conte où tu te pensais reine des Epices, reine des Déserts perses. Malheureusement, ce conte a eu un petit contretemps. Il s’est avéré que la méchante fée a mit sur ton chemin ton frère. Ton propre sang. Tu n’aurais sans doute jamais imaginé une telle chose possible. Pourquoi devais-tu subir cela ? Que te reprochais ton père ? Tu ne comprendrais pas. Tu n’es pas la fille qu’il aurait imaginé. Il te pensais pourtant si forte, si intelligente, mais tu n’étais rien de tout de cela. Tu n’étais qu’une poupée de cire, agrémentée de diamants de-ci et de-là, malheureusement la stratégie et l’intelligence ne font pas parties de tes attributs. Oh je n’irai pas jusqu’à dire que tu es la jument la plus bête du monde, ce n’est pas le cas, mais tu n’es pas non plus l’intelligence du siècle. C’est sans doute pour cette raison que tu as osé te mettre avec Cyrius. Il n’était pas aussi beau que toi, certes, mais il avait l’intelligence qui te faisait défaut. Et grâce à lui, tu brillais sans réellement le savoir. Mais alors pourquoi l’avoir souillé à ce point-là ? Pourquoi l’avoir brisé ? N’est-il pas le prince charmant que tu t’étais décris dans ton propre conte ? Peut-être est-ce toi la méchante fée au final ? A toi de voir. A toi de savoir qui tu es réellement.

Délicatement, la petite perse dressa les oreilles et se laissa complètement happée par le conte que le sombre lui offrait. Elle osa même fermer les yeux, se laissant complètement aller. Elle aimait laisser faire son imagination, la laisser créer un monde qu’elle ne connaîtrait que dans sa tête. Doucement, les personnages se dressèrent dans sa tête. Elle vit la jeune femme en train de pousser et mettant au monde un bébé aussi laid que le monde dans lequel il est. Elle voyait la déconvenue sur le visage de sa mère. Elle voyait la déception dans le regard de la servante. Puis, elle vit rapidement apparaître une bonne fée, qui tenait une baguette et arborait un sourire aussi tendre que la scène à laquelle elle assiste. La laideur ne fait pas tout. Voilà ce qu’elle tentait de faire comprendre à la reine. La Perse secoua la tête. Elle n’était pas tout à fait d’accord. Ne dit-on pas que les mariages sont meilleurs lorsque le physique est présent ? Que ce soit dans la Renaissance ou le monde actuel. Ne dit-on pas qu’à nos jours les gens font plus souvent référence au physique qu’à l’intellectuel ? Finalement, elle replongea dans le conte. Le temps avait fait en sorte que le petit grandisse et que ses paroles soient bien plus belles que son physique. La petite baie se surprit même à s’attacher à ce personnage. Oubliant complètement son physique. Il avait effectivement réussi. Il était devenu bien plus intéressant intellectuellement que physiquement. Un petit sourire naquit sur ses lèvres quand elle remarqua sa houppe. Ca le rendrait presque mignon. Presque, je dis bien.

Soudain, son esprit l’emmena dans un royaume voisin, entouré de forêts sombres mais de prairies toutes aussi vertes les unes que les autres. Délicatement, elle entra dans un château où une autre reine mit au monde deux filles. L’une superbe, mais idiote. L’autre laide. La Perse se laissa voyager dans le château de cette reine. Il ressemblait tellement à son royaume actuel. Oh bien évidemment, elle ne vivait pas dans un château, ne possédait pas de valets de chambre, mais son histoire était commune à ce conte. Bien sûr Cyrius n’est pas laid, loin de là, cependant elle est bien plus belle que lui, elle en a conscience. Mais il est aimé des autres car il sait manier les mots, il sait se faire apprécier et surtout il a une certaine intelligence. Elle, elle serait plus cette princesse belle mais idiote. Elle ne sait pas manier les mots, elle ne sait se faire aimer, mais surtout elle fait des actes qui font qu’on la déteste. En réalité, elle n’est que belle. Son intelligence n’a rien de commun avec son physique. La Nature l’a gâté, mais elle a évité de tout lui donner, ce ne serait pas drôle sinon. La Perse finit par ouvrir les yeux, plaquer les oreilles dans sa crinière de tristesse et secoua la tête avec vigueur. Finalement, elle marcha vers l’étalon et posa son regard dans le sien.

« Laissez-moi deviner, la princesse laide finit avec un beau gosse et la laide avec Riquet ? » demanda-t-elle, presque blasée.
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MessageSujet: Re: Riquet à la Houppe. [PV]   Ven 21 Déc 2018 - 16:57

Un auditoire attentif est comme une main qui se tend pour guider l'âme dans un dédale. Plume Brisée avait raconté ses histoires à toutes celles et ceux qui souhaitaient les entendre ; il l'avait fait pour les étalons couturés de cicatrices qui, le soir venu, fixent la pénombre sans pouvoir la rejoindre, et cherchent le sommeil dans le souvenir des contes que leur racontaient leurs mères enfant. Il l'avait fait pour les demoiselles frivoles qui virevoltent en même temps que les coquelicots, mille corolles palpitantes sous le vent comme un coeur qui se serre et se relâche au fur et à mesure que l'aventure, rocambolesque, connaît ses rebondissements. Il l'avait fait, justement, pour ceux qui bondissent : ces enfants insatiables qui sautent de rocher en rocher, descendant le long de la cascade, et qui se retournent, de temps à autre, le regard plein d'une subite maturité, pour poser une question sur un certain aspect de l'histoire. Il l'avait pour les princesses et pour les pauvres ; pour les méchants comme pour les bons ; pour les gens beaux et les gens laids.

Cette inconnue là s'engouffrait avec lui dans son histoire et il la menait délicatement, de lieu en lieu, ouvrant des portes ou se penchant pour épier aux serrures, alors que deux femmes mettaient au monde des protagonistes qu'ils suivraient jusqu'à la fin.

Fort heureusement, même si elle était attentive, elle ne pouvait deviner la chute. Plume Brisée eut un sourire énigmatique lorsqu'elle posa une question, et accepta de lui rendre ce regard presque impérieux qu'elle dardait sur lui. Sa tête se pencha sur le côté et il reprit la parole, la quittant des yeux pour les reposer sur son conte.

" Comprenant une fois de plus que doter la reine d'une fille belle et stupide et d'une autre, hideuse, lui ferait grand peine, la fée se pencha sur le berceau et, s'emparant de la fillette dont la laideur était repoussante, elle affirma que celle-ci serait d'une si grande intelligence que l'on oublierait bien vite ses traits disgracieux. Cela rassura quelque peu l'accouchée, qui demanda cependant si rien ne pouvait être fait pour sa cadette, qui était si belle mais serait si sotte. La fée, qui aimait bien cette reine qu'elle savait bonne, lui indiqua qu'elle ne pouvait rien pour sa fille aînée en ce qui concernait l'esprit ; mais qu'elle aurait le don de rendre aussi beau qu'elle était belle la personne dont elle tomberait amoureuse. "

Plume Brisée ménagea une pause, qui permit aux petites princesses de se défaire de leurs langes et de grandir chacune.

" Les défauts des petites princesses crûrent avec elles lorsqu'elles grandirent : l'aînée devint si ravissante que sa beauté était connue de tous les royaumes voisins, et la cadette si laide qu'on osait parfois à peine la regarder. Mais l'aînée était aussi terriblement sotte, si bien qu'elle arrivait rarement à tenir une conversation. Elle était en plus d'une maladresse horripilante, et était à peine capable de soulever un verre d'eau sans en renverser la moitié sur sa robe. Pour cette raison, dès lors qu'elles étaient entourées d'autres personnes, on venait d'abord admirer l'aînée. Mais on se lassait bien vite de sa beauté, puisqu'elle ne pouvait tenir une conversation, et l'on se tournait dès lors vers la cadette, qui tenait des propos rayonnant d'une telle intelligence qu'on en oubliait sa laideur, demeurant captivé des heures par les mots sortant de sa bouche. "

Ces derniers s'étirèrent inlassablement non loin de l'âtre près de laquelle elle s'était assise, entourée d'une foule d'admirateurs qui l'écoutaient discourir et plaçaient, de temps à autre, une réflexion lui permettant de rebondir.

" L'aînée était peut-être sotte, mais elle avait assez d'intelligence pour réaliser qu'elle l'était, ce qui n'est pas le cas de nombres d'idiots. Elle souffrait donc grandement de son manque d'esprit, que lui reprochait parfois sa mère, ce qui ne servait qu'à plus la peiner. Un jour qu'elle s'était retirée dans un petit bois attenant au château pour se plaindre de son sort, elle vit cependant apparaître un petit homme d'une immense laideur, mais qui était fort bien vêtu. Il s'agissait du jeune Riquet à la Houppe qui, ayant entendu parler de la légendaire beauté de la princesse du royaume voisin, venait contempler cette dernière. Riquet à la Houppe approcha la princesse et lui fit alors mille compliments tous plus savants les uns que les autres. Mais la princesse resta de marbre. Il lui dit alors :

— Je ne comprends point, Madame, comment une personne aussi belle que vous peut être aussi triste. Car je puis vous assurer que jamais je n'ai posé les yeux sur figure aussi charmante.
— Cela vous plaît à dire, Monsieur, lui répondit la Princesse.
— La beauté, reprit Riquet à la houppe, est un si grand avantage qu'il comble parfois tous les autres défauts. Et lorsqu'on la possède, je ne vois pas ce qui pourrait bien nous affliger.
— J’aimerais mieux, dit la Princesse, être autant laide que vous et avoir de l’esprit, que d’avoir de la beauté comme j’en ai, et être bête aussi que je le suis.
— Il n’y a rien, Madame, qui marque davantage qu’on a de l’esprit que de croire que l'on en possède pas et, plus on en a, plus on croit en manquer.
— Je ne sais pas cela, dit la Princesse, mais je sais bien que je suis fort bête, et c’est de là que vient le chagrin qui me tue.
— Si ce n’est que cela, Madame, qui vous afflige, je puis aisément mettre fin à votre douleur.
— Et comment ferez-vous ? dit la Princesse.
— J’ai le pouvoir, Madame, dit Riquet à la Houppe, de donner autant d'esprit que j'en ai à la personne que j'aime. Si vous vouliez bien m'épouser, je pourrais donc faire de vous une personne d'une grande intelligence...
"
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MessageSujet: Re: Riquet à la Houppe. [PV]   Sam 19 Jan 2019 - 23:18

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Ingenium pulchritudinem se diversa entia. Namque aliis aliud adfert oculis aliorum propinquitas reddit mollia. Tamen, una sine alia non accedit. Intelligenti aliquis facit formosa deformem. Pulchritudo aliquis facit quod bestia aliis interesting.

Délicatement, les murs se dressèrent devant les yeux ébahis de la petite jument baie. Elle voyait se dresser devant elle les tours immenses d'un château de la Renaissance. Elle pouvait aussi distinguer des vitraux apparaissant aux fenêtres d'un donjon, des douves se remplissant petit à petit d'eau. Mais ce qui l'impressionnait le plus était sans doute la salle de bal ainsi que celle du trône. Du carrelage brun était présent, recouvert d'un superbe tapis rouge pourpre menant à un trône tout de bois revêtu. Ses poignets étaient serties de de deux têtes de cerf chacune, et du velours revêtait le siège. Ce trône était réellement superbe. Comme si il était sorti tout droit de terre pour accueillir les fesses d'une reine trop imbue d'elle-même. On aurait presque pu croire que les Dieux l'avaient posé là, avec modestie, pour permettre à une humaine d'avoir leurs pouvoirs pendant un lapse de temps éphémère. Tout était beau, tout était grand, mais surtout tout était impressionnant. Elle pouvait entendre ses sabots faire un bruit de verre sur le carrelage, tandis que ses oreilles bougeaient au gré des bruits qu'elle entendait. Au delà des portes, elle pouvait distinguer le bruit d'un peuple aimant. Mais dans le château, son ouïe lui faisait apparaître des sons ressemblant à des murmures, des messe-basses. Comme si le monde entier de la Royauté parlait derrière son dos. Comme si elle ne faisait qu'entendre une hypocrisie certaine.
Subtilement, son corps fut transporté dans le salon d'un autre château et deux femmes étaient présentes devant elle. La jolie perle brune pouvait voir une fée, une reine ainsi que sa fille. Une fille sotte mais tellement belle. Une autre intelligente mais tellement laide. Elles étaient soeurs et pourtant, bizarrement, elles se ressemblaient. Non pas par le visage, mais par le coeur et le sang qui voyageait dans leurs veines. La jolie princesse Perse n'avait encore jamais connu cela dans sa famille. Cette dernière n'avait que des énergumènes assez explicites. Il y avait des arabes gris avec un chanfrein extrêmement concave. Il y avait aussi des arabes noirs sans balzanes, avec des yeux de biches. Mais elle se souviendra sans doute de la meilleure amie de sa mère : une superbe arabe à la robe alezane sabino. Elle avait une énorme tache blanche sur son ventre, quatre magnifiques balzanes hautes chaussées et enfin deux yeux vairons. En réalité, elle était unique en son genre, et bizarrement, elle n'avait jamais plu à son père. Sans doute sa robe alezane trop différente des autres. C'était même une évidence. Nazzou aurait tellement apprécié d'avoir une famille si semblable que celle de ces deux princesses, peut-être se serait-elle enfin senti à sa place. Elle aurait tellement aimé ressentir cette sensation.
Soudain, elle se sentit pousser des ailes et se retrouva brutalement dans un bois. Là, elle distingua la princesse sotte ainsi que Riquet la Houppe. Elle se cacha derrière un arbre pour essayer d'entendre la conversation. En réalité, grâce à ce conte, elle avait l'impression de voyager auprès de mondes qu'elle ne connaissait pas. Elle avait le sentiment de découvrir des choses qui apparaissaient petit à petit devant ses yeux. Elle aimait ce conte et pourtant, sans qu'elle ne comprenne pourquoi, elle avait l'impression de voir sa vie se reflétait dans la vie de ces deux princesses. La sotte ressemblait à cette princesse qu'elle avait été toute sa vie, et qu'elle serait sans doute encore, et qui avait l'impression qu'on l'aimait sans doute uniquement pour cela. Elle se poserait presque des questions. Etait-elle intelligente ? Etait-elle intéressante ? Mais surtout, l'aimait-on seulement pour sa beauté, mais aussi pour ce qu'elle était ? Etait-elle cette princesse intelligente qu'on écoutait sans perdre haleine, qui manipulait tout le monde ? Sans nulle doute quelques fois. Mais elle était particulièrement la princesse sotte, elle en avait conscience maintenant. Un profond soupir passa entre ses lèvres, elle ferma les yeux et les rouvrit délicatement. Le monde royal s'évapora devant ses yeux et le mâle bai brun réapparut à la place.

" Cette princesse me ressemble tellement, c'est fou. " murmura-t-elle plus pour elle que pour l'étalon. " Etes-vous sûr de ne pas me connaître ? Et surtout, ne me racontez-vous pas cela pour me sermonner ? Me faire comprendre quelque chose subtilement ? " Elle commençait réellement à se poser des questions.
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MessageSujet: Re: Riquet à la Houppe. [PV]   Dim 20 Jan 2019 - 1:49

Il ne s'était jamais demandé si Isis avait eu des enfants.

C'était peut-être le souvenir de sa nièce encore pouliche qui tentait de le convaincre que jamais elle n'avait été embêtée par ces problèmes d'adulte.

Il avait très bonne mémoire. C'était grâce à sa mémoire qu'il pouvait collectionner et entretenir ses contes. L'image d'Isis, pouliche frêle mais déjà dorée comme le sable égyptien, avait été gravée dans son esprit avec une grande précision. La confusion de ce jour était elle aussi profondément ancrée en lui, la brève et vive sensation d'avoir été remarqué, puis choisi. Peut-être Isis avait-elle aimé, comme sa belle princesse aimerait à son tour. Il lui souhaitait d'avoir expérimenté l'amour, comme il lui souhaitait d'avoir expérimenté la peine.

Il lui semblait que le jour où Isis était née et l'avait désigné pour être son parrain était maintenant si ancien, si lointain, qu'il aurait pu le raconter en commençant par il était une fois.

La jument baie était transportée, à tel point qu'elle se construisit un pont entre l'imaginaire et le réel. Plume Brisée laissa son conte de côté pour l'observer alors qu'elle prenait la parole. Tout à l'heure, elle lui avait demandé s'il était capable de lui prédire son avenir. Maintenant, elle lui demandait s'il pouvait connaître son passé.

Un sourire discret éclot et fana sur ses lèvres à l'idée. Plume Brisée fit quelques pas, avisa une pente rocheuse qui menait jusqu'à la plage.

" Comment vous appelez-vous ? "

Le noir esquissa un pas en direction de cet escalier un peu abrupt, mais qui les mèneraient jusqu'en bas.

" Venez, vous avez besoin d'un peu d'air marin. "

Il entama la descente sur cette proposition laconique, sans vérifier qu'elle le suivait. Il partait du principe qu'elle le ferait, comme un pêcheur sait que le poisson mordant l'hameçon suivra la ligne.

" Je ne vous connais pas, " poursuivit-il - le vent semblait augmenter le son de sa voix, la rendant presque plus claire - " Et si vous étiez si semblable à cette princesse, comme vous le dites, je puis vous assurer que vous ne seriez pas si malheureuse. Mais qui sait, peut-être serez-vous un jour moins triste. Les histoires ont les sens qu'on veut leur donner. Parfois, elles n'ont pas le même sens pour celui qui parle et celui qui écoute. Celle-ci à un sens bien particulier, mais il faut attendre la fin pour le comprendre. "

Plume Brisée laissa sa compagne à ses pensées jusqu'à avoir posé le premier sabot sur le sable. La mer était vorace à cette heure de la journée et donnait la sensation de vouloir engloutir ces terres qu'elle avait déjà réussi à envahir. Elle se fracassait non loin de là contre quelques rochers butés.

Le noir fit quelques pas dans le sable avant de le laisser filer à nouveau dans le sablier de son récit. Dans la forêt, la princesse fixait Riquet à la Houppe, la bouche grande ouverte, l'air ahurie. L'ahurissement est rarement flatteur sur un visage, qu'il soit celui d'un ange ou d'un démon.

" Voici donc que Riquet à la Houppe demandait notre belle princesse en mariage. Cette dernière ne sut quoi répondre : elle n'arrivait pas à envisager toutes les possibilités que ce mariage impliquaient et n'arrivait pas même à véritablement comprendre ce que cela pouvait bien être, un mariage, surtout avec un homme hideux comme Riquet à la Houppe. Aussi se contenta-t-elle de dévisager son interlocuteur sans mot dire. Riquet à la Houppe, comprenant qu'elle était toute ébaubie et qu'elle hésitait parce qu'il était fort laid, lui affirma :

— Je vois que cette proposition vous fait de la peine, ce qui ne m'étonne pas. Je vous donne donc un an pour vous y résoudre.

La princesse, qui s'imaginait que décembre ne viendrait jamais tant une année était longue pour son esprit poussif, accepta la proposition de Riquet à la Houppe. Aussitôt, elle se trouva une aisance à parler extraordinaire et tint une conversation d'une telle brillance, sur un tel nombre de sujets, que Riquet à la Houppe craignit presque de ne lui avoir donné plus d'intelligence qu'il n'en avait lui-même. Enfin, les deux jeunes gens se quittèrent : Riquet à la Houppe assura à la princesse qu'il la retrouverait dans un an jour pour jour, tandis qu'elle lui faisait ses adieux. Si elle était devenue très intelligente, elle ne put cependant s'empêcher d'être fort distraite, toute préoccupée qu'elle était par son nouvel esprit. Si bien que dès lors qu'elle s'en fut rentrée au château, elle oublia complètement comment elle était devenue si intelligente et elle s'empressa d'éblouir les gens de la cour avec son nouvel esprit. Nul ne sut comment réagir à un revirement si extraordinaire, surtout sa sœur cadette, qui ne pouvait à présent plus compenser son physique en brillant en société.
"
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MessageSujet: Re: Riquet à la Houppe. [PV]   Dim 10 Fév 2019 - 21:44

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Zgodbe prihajajo naravnost iz urbanih legend. Lahko pa se zgodi, da nam zagotovijo določeno dobro počutje ali slabo počutje, ker predstavljamo znake. Izgledajo kot mi, ne da bi bili zares želeni. So naše literarne duše, ne da bi se tega zavedali. Zato je včasih prisoten strah pri poslušanju takšnih zgodb.
Spoiler:
 

La petite perle brune se souvenait parfaitement de sa famille. Enfin, si famille elle était. En effet, le lien familial n'existait pas réellement dans son clan. Bien sûr, elle pouvait parler de mère, de père, de frère, de tante et d'oncle ... Mais est-ce qu'ils s'aimaient tous ? Est-ce qu'un lien était réellement là ? Maintenant, qu'elle avait prit du recul, elle se rendait compte que non. Son père tenait tout particulièrement au trône, au pouvoir et à tout ce qui pouvait avoir un rapport. S'il aimait sa compagne ? Elle se l'était souvent demandé lorsqu'elle vivait encore là-bas, mais dorénavant, elle se rendait bien compte que non. Comment pouvait-on aimer sa compagne quand on couchait avec toutes les juments présentes sur le territoire ? Comment pouvait-on déclarer aimer sa reine lorsque l'on avait des enfants partout sur son monde ? Ce n'était pas possible. Alors, maintenant, elle se rendait parfaitement compte qu'elle n'avait sans doute jamais aimé Cyrius. Comment pouvait-elle juger aimer alors qu'elle allait voir ailleurs ? Alors qu'elle ne demandait aucune nouvelle de son compagnon ? Ce n'était pas possible. Elle en était bien déçue, malheureuse, mais elle l'acceptait. Elle acceptait sa condition. Elle acceptait le départ qu'elle était prête à réaliser. Mais pourquoi vouloir revenir sur ses terres natales ? Sur des terres où elle se saurait martyrisée ? Tout simplement car elle n'avait pas le choix. C'était bien le seul endroit où elle était maîtresse de tout. Tout du moins, c'est ce qu'elle espérait.
Si il y avait eu des poulains depuis son départ ? Elle ne saurait le dire, mais elle en était convaincue. Son père était si fécond que chaque année, plus d'une dizaine de poulains naissaient dans le clan. Tous différents, mais avec une chose similaire pour les mâles : leur caractère. Ils étaient mauvais de nature. Ils aimaient tant le pouvoir qu'ils étaient capables de tuer leur concurrent lorsqu'ils en avaient l'occasion. Ils étaient si obsédés par le trône de leur père qu'ils en venaient à devenir fous. Les pouliches ? Elles n'existaient pas. Dés la naissance, elles disparaissaient. Où ? Au début, la petite perle Perse s'était demandée si elles ne partaient pas dans la forêt, mais maintenant, elle comprenait que son père les exécutait. Mais alors, pourquoi ne l'avait-il pas tué à la naissance ? Elle ne saurait le dire, mais elle était heureuse que cela ne soit pas arrivé. Enfin parfois, elle aurait préféré le contraire bien évidemment. Mais maintenant qu'elle avait Hallelujah, elle était réellement contente d'être en vie. Son frère avait-il eu des poulains ? Sans doute. Quoique ... En trois ans, il n'avait eu aucun poulain malgré toutes les saillies qu'il avait pu faire. Peut-être était-il stérile ? Elle espérait pour les poulains que ce soit le cas. Car avoir un père comme lui serait un véritable massacre. Ils seraient autant malheureux que martyrisés.
Délicatement, une voix masculine s'interposa dans le monde qu'elle venait tout juste de se construire. Ce monde où elle pouvait distinguer de magnifiques châteaux, des endroits tous plus beaux les uns que les autres. La voix venait de lui poser une question, tellement simple et pourtant elle semblait réfléchir. Elle connaissait parfaitement son prénom, elle savait d'où elle venait. Mais, bizarrement, depuis le début de ce conte, elle avait le sentiment de s'être posée dans le corps de la princesse humaine. Finalement, la petite perle brune rouvrit les yeux et déposa un regard sur l'étalon. Elle poussa un profond soupir, comme déçue de quitter ce paysage idyllique.

" Nazz'ariah. Mais vous pouvez m'appeler la Princesse Perse. " prononça-t-elle pour finalement suivre le mâle jusque la berge.


Il avait raison, elle avait besoin d'un bon bol d'air. Malgré qu'elle connaisse cet endroit par coeur, il semblait qu'il l'émerveille à chaque minute un peu plus. A un moment de sa vie, elle avait considéré cet endroit comme le tombeau de son espoir, mais aujourd'hui c'était différent. Aujourd'hui, en écoutant ce conte, elle avait le sentiment que ce Golfe était devenu sa rédemption, son sanctuaire d'une dernière chance. Finalement, elle reposa une dernière fois son regard de biche sur le mâle et l'écouta, attentivement, replongeant dans le paysage de ce conte. Elle se rendait, malgré elle, compte que cette princesse la représentait bien plus qu'elle ne l'aurait imaginé. Petite princesse venue d'un monde étrange dont la beauté faisait tourner les tête. Princesse qui avait rencontré bien plus intelligent, plus doux qu'elle et dont on venait de donner la chance de briller. Elle l'avait fait sans même se rappeler qui lui avait donné cette chance, sans même lui en être reconnaissant, mais surtout sans jamais s'excuser des erreurs qu'elle avait pu faire. Elle avait brisé des vies, elle s'en rendait compte dorénavant. Un profond soupir traversa ses lèvres tandis qu'elle marchait, inconsciemment, vers les vagues, en écoutant brièvement l'étalon. Son désir de disparaître était bien plus fort. Des larmes roulaient progressivement sur ses ganaches tandis qu'elle se laissait happée par le désespoir.
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