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Les chaleurs ont lieu du 1er au 15 du mois.

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 Bouche du Diable | Sorrow

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Nazz'ariah

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MessageSujet: Bouche du Diable | Sorrow   Lun 8 Oct 2018 - 2:13



Bouche du Diable


Par Winterflows

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Délicatement, une queue noire flottait dans le vent, tandis que deux oreilles brunes étaient dressées vers l’horizon.
Six ans. Elle avait six ans aujourd’hui la sublime Précieuse. En deux ans, plein de choses avaient changé dans sa vie. Elle se souvenait de sa vie d’avant, elle ne l’oublierait jamais en réalité. Elle se revoyait encore dans son pays natal, son désert comme elle aimait le dire. Un désert où elle avait grandit, où elle avait découvert la vraie dureté de la vie. Oh bien entendu, au début, elle avait apprécié ce désert. Elle avait aimé découvrir des oasis, découvrir des mirages que seuls les membres de son pays connaissent. Mais évidemment, son père et son frère avaient tout gâché, ils avaient brisé sa vie sans même se poser une seule question. Ils avaient osé la souiller sans lui demander la permission, ils lui avaient brisé les ailes sans essuyer une seule larme. Mais avaient-ils pensé au poulain qu’ils avaient conçu ? Avaient-ils une seule fois penser à sa gestation ? Jamais, c’était certain. Saltan … Un sublime nom, un nom court, mais un nom qui n’existerait que dans sa mémoire. Elle se demandait parfois ce qu’il serait devenu s’il avait réellement vécu.
Un claquement de queue sur ses cuisses tandis qu’elle fermait les yeux en imaginant une vie qu’elle n’aurait touché que du bout des sabots.
Oh bien sûr, elle avait un amant maintenant, elle avait un étalon roux qui ne cessait de la soutenir. Mais depuis qu’il était parti sans se retourner, sans demander son reste, elle avait comprit. Il n’était sans doute pas satisfait de la jument qu’il avait, ni même de sa fille, ni même de sa vie. Alors dorénavant, il était temps pour elle de voir autre chose, de voir du pays mais surtout de réfléchir si elle n’avait pas une porte de sortie. En même temps … Qui sait ce que l’avenir lui réserve ? Peut-être que Cyrius lui dira de partir après sa discussion avec Sorrow, car elle se doutait que c’était avec lui qu’il avait parlé. Mais maintenant, elle n’avait plus grand-chose à perdre : sa fille était grande et l’évitait, son étalon ne lui parlait plus, les membres de son peuple faisait comme si son existence n’était pas possible. Elle avait tout gâché, alors autant aller jusqu’au bout, non ? Etait-elle auto-destructrice ? Sans aucun doute. Elle en avait conscience dorénavant. Un soupir passa ses lèvres tandis qu’elle rouvrait les yeux et observait ses terres. Enfin, elles n’étaient pas totalement siennes, elle s’en rendait compte maintenant.
Un pas en avant et elle descendit le golfe d’Emeraude. Elle prit rapidement le trot pour s’éclipser de ces terres.
La sublime précieuse pinça des naseaux en sentant ses chaleurs et finalement prit rapidement le galop. Il fallait qu’elle voit autre chose, il fallait qu’elle voit du pays mais surtout qu’elle évacue toute cette tension accumulée en elle. Bien sûr, elle savait qu’elle ne pouvait s’en prendre qu’à elle-même. Elle savait qu’elle était la seule fautive là dedans, mais elle ne voulait arrêter, elle ne pouvait arrêter. Elle avait l’impression d’avoir ce besoin constant d’être aimée, d’être draguée, mais surtout regardée et appréciée. Son regard se porta sur un petit coin de paradis et un sourire naquit sur ses lèvres. Elle serait bien ici, parfaitement bien. Soudain, une odeur se fit sentir. Une odeur qu’elle connaissait, alors ne quittant pas son sourire, elle se tourna vers la silhouette qui venait vers elle. Inconsciemment, sa queue se plaqua sur sur sa croupe, laissant de douces effluves passer son corps. Inconsciemment ? Je n’en suis pas certaine.
« Bonjour ... » dit-elle, calmement.


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Sorrow
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MessageSujet: Re: Bouche du Diable | Sorrow   Lun 8 Oct 2018 - 18:51



Je suis allé aux Enfers et je n'y ai pas trouvé Perséphone. Pas même traces des pépins de grenade avec lesquels elle s'est condamnée à rester dans le royaume des morts pendant les mois où sa mère, Cérès, se lamente. Ou Hadès confine celle qu'il aime dans un recoin plus reluisant que celui dans lequel on m'a coincé, ou l'automne n'avait pas encore vraiment englouti le monde au moment où je faisais mon premier pas dans ses entrailles.

Les feuilles tombent cependant, maintenant, comme si elles étaient pressées de valser sur un tapis encore reluisant d'été pour mieux le recouvrir, l'étouffer, lui donner ses nuances affadies. Je n'ai moi-même pas particulièrement envie de voir l'automne s'installer, aussi je me déplace d'un pas vif, un inspecteur aux bras fermement plantés dans le dos qui enjambe le globe le nez retroussé sur toutes les choses qui lui déplaisent. Depuis le temps que vous me lisez, vous savez que j'aime m'épancher sur mes nombreuses émotions, aussi ne sera-t-il pas incongru de me voir dilapider mes sentiments dans les prochaines lignes. Ce retour à la première personne inattendu ramènera qui plus est les plus attentifs et anciens d'entre vous à une période antérieure, qui vous évoquera nostalgie ou horreur ; chez moi, elle est synonyme de Geisha.

J'ai rencontré Geisha ici, dans l'aquarelle d'un printemps perdu. Je ne cherchais pas l'amour et je ne cherchais pas la haine. La plaine s'était répandue en pissenlits qui se complimentaient les uns les autres et dilapidaient leurs akènes comme une femme volage distribue ses atouts, perd ses perles, troue son collant. Geisha et moi nous perdîmes dans un rêve éveillé dont je garderai encore longtemps le souvenir ouateux et flou. Il a encore une saveur particulière dans mon esprit, nostalgique et pourtant amer, comme le sont beaucoup des choses que l'on a un jour aimé et dont on ne sait pas, aujourd'hui, si elles avaient vraiment la valeur qu'ont leur accordait auparavant. Mais soit ; je voletais moi-même comme ces akènes dans un monde parallèle, comme j'en avais pris l'habitude depuis quelques temps. Ma séparation de Querouane m'avait rendu grandiloquent et, loin d'éveiller en moi un pragmatisme que je ne connaîtrai sûrement véritablement jamais, m'avait forcé à chercher un sens, qu'il soit contraire ou susceptible de provoquer mon ultime eurêka.

C'est à peu près dans le même état d'esprit que j'avais pu concevoir Hyuna' auparavant. Des élans dramatiques et presque romantiques d'un héros qui ne les mérite pas et les conçoit pourtant.

Aujourd'hui Geisha m'a échappé dans le tourbillon de sang qui lui arraché son fils unique et je suis seul comme un veuf qui se recroqueville sur un souvenir. Si j'aime combattre la nostalgie qui pourrait frapper monnaie avec les souvenirs de ma brève vie familiale - et il n'y a après tout rien de nostalgique dans l'existence de Kuro -, il arrive que je me laisse aller à des états d'âme. Je suis un être contradictoire, déplaisant, et profondément attaché à l'idée que quelqu'un m'aime ou me désire malgré mes défauts. Geisha m'aime. Geisha n'est pas là.

Geisha s'est dilapidée dans le vent et je la cherche comme on tâtonne sur un drap le matin venu, inspirant profondément les gouttes de parfum de l'absente qui a répandu sa rosée.

De temps à autre mon esprit divague - Hyuna', Shiro que je dois revoir, mes petits fils que je ne souhaite pas voir, Cyrius et sa volée de merde. Les Enfers et leur chaleur étouffante.

Perdu dans une de ces considérations là, je ne réalise que tardivement que je me dirige vers une jument que j'ai déjà rencontré. Son parfum monte dans les airs. Un sourire grimpe rapidement sur ma figure, parfaitement satisfait : voilà la créature dont j'ai souillé la réputation avec tant de plaisir. Elle me salue et ne semble pas s'en plaindre. Nazz'ariah, Nazz'ariah... Je peux encore sentir bouillonner l'agacement qui a caractérisé la fin de cette rencontre. Mais soit, Nazz'ariah. Peut-être oublies-tu vite. Ou peut-être veux tu quelque chose. Qui es-tu vraiment, après tout ? Et cela doit-il vraiment m'intéresser ? Je t'ai traînée dans la boue comme l'on sort une femme adultère du lit, empoignant la chevelure et jetant dans la rue le corps encore secoué par les spasmes. Tu n'es pas Geisha.

Où trouverais-je Geisha ?

" Nouveau parfum ? "

Le sourire se fait goguenard. Que fait-elle là, au juste ? A-t-elle fini par tromper Cyrius ouvertement ?
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MessageSujet: Re: Bouche du Diable | Sorrow   Lun 22 Oct 2018 - 17:13

You can have it your way, how do you want it
I'll break it down for you now, baby it's simple

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• Nouveau parfum ?

L'étalon venait d'apparaître dans son champ de vision tandis que la petite Perle restait là où elle était. Elle aurait pu lui en vouloir de leur dernière rencontre, c'est sûr, mais elle préférait oublier. A chaque jour sa peine, ne dit-on pas ? En fait, elle était comme ça la baie. Elle vivait au jour le jour, elle se laisser complètement happer par la Nature, par le temps mais surtout les années qui défilaient. Elle avait bien changé depuis son arrivée sur cette île, elle s'en rendait compte maintenant. Où était passé la jument vulnérable ? La jument qui pleurait à chaque instant de sa vie ? La jument qui réclamait la présence de son jeune poulain mort né ? Mais surtout, la jument qui tremblait comme une feuille à la présence d'un étalon ? Elle avait disparu tout simplement. Mais avait-elle, une fois dans sa vie, existé réellement ? N'était-ce pas un jeu au final ? Ne se jouait-elle pas du monde qui l'entourait ? Elle ne savait pas. Même elle, ne comprenait pas vraiment ce changement qui s'opérait en elle. En réalité, elle avait l'impression de se re-découvrir, de devenir celle qu'elle avait toujours été. 

En fait, peut-être que les gens avaient raison sur son compte finalement. Peut-être était-elle manipulatrice. Peut-être jouait-elle un double jeu. Elle ne savait pas, tout ce qu'elle pouvait dire c'est qu'elle appréciait réellement son nouveau masque. Elle aimait ce nouveau jeu qui apparaissait au fil du temps. Elle se complaisait dans ce nouveau rôle. On pouvait la penser abrutie, mais ce n'était pas le cas. On pouvait croire qu'elle jouait à un jeu dangereux ... Sans doute, mais elle appréciait tout cela. En fait, elle avait toujours voulu être actrice. Actrice de sa vie, des évènements qui la rythmaient mais surtout actrice des scènes qu'elle voyait. Et voilà que son rêve devenait réalité. Elle jouait la comédie avec tous ceux qui pouvaient la connaître, elle jouait des scènes dont seule elle avait le secret mais surtout elle s'amusait avec le rideau de la vie. On pouvait la comparer à une garce, on pouvait la détester, mais elle s'en moquait. Réellement. Maintenant, elle était heureuse de la vie qu'elle menait, elle jouissait d'un bonheur dont seule elle avait la clé.
- Il vous plaît ? J'ai pensé à vous en l'arborant. dit-elle tout en faisant un pas vers le noir.

Ce qui était totalement faux, mais elle s'en moquait. Elle voulait de nouveau jouer, elle voulait contrôler la scène. Délicatement, elle fit le tour de l'étalon tout en laissant sa queue venir glisser subtilement sur les naseaux de celui-ci. Elle savait parfaitement ce qu'elle faisait. Elle en était parfaitement consciente et elle l'assumait pleinement. Tromper Cyrius ? Aller voir ailleurs ? Souiller la réputation du dominant ? Lui pourrir la vie ? Anéantir celle de sa fille ? Tout cela n'était qu'accessoire, maintenant. Elle voulait juste laisser son corps parler, laisser ses pulsions la menait là où elle n'avait jamais osé aller. Elle savait parfaitement qu'en faisant cela, elle allait souiller non seulement la réputation de son amant, mais aussi la sienne. Qu'importe, la sienne était morte depuis son arrivée sur l'île. Personne n'avait cru à son histoire, alors pourquoi continuer à être une poupée de cire ? Ce rôle ne lui allait tellement pas. Elle était mauvaise, à cause de sa famille, elle le comprenait maintenant. Finalement, elle s'écarta du mâle et repassa en face de lui, un petit sourire en coin.
- Nous avons quelque chose à terminer, me semble-t-il. murmura-t-elle.
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MessageSujet: Re: Bouche du Diable | Sorrow   Mer 31 Oct 2018 - 23:12



Les mâles qui prétendent ignorer la tentation n'ont jamais véritablement connu cette dernière. Mais ce n'est pas la tentation qui me chatouille alors que je l'observe. C'est cette maudite curiosité, qui est bien pire et bien plus venimeuse encore. C'est la curiosité dans l'âme qu'on s'amourache de tout. Vouloir comprendre, c'est souvent vouloir aimer. Ou haïr. Je ne suis pas sûr de comprendre Nazz'ariah. L'exaspération de notre dernière entrevue vit toujours tapie quelque part en moi. J'ai la rancune salissante et vampirique. D'un autre côté, la satisfaction d'avoir vu se décomposer la figure de Cyrius pompe dans mes veines et atténue mon désir de la voir valser dans les derniers akènes de l'été. Son langage corporel est ouvert, mais pas vulnérable. L'opposition à Geisha est tranchante comme la sonnerie du réveil d'un homme persuadé de s'être endormi dans le bon lit. Un peu plus et je ressentirais de la lassitude, me détournerait pour aller chercher celle que je cherche vraiment - mais la vision de la baie me retient là presque malgré moi. Est-elle vulnérable ? Non. Est-ce que j'aime la vulnérabilité ? Est-ce que je la recherche ? Parfois. Au point où je serais prêt à lui en prêter une, imaginaire. Peut-être y a-t-il bien quelque chose qui puisse m'inciter à prendre la compagne de Cyrius en pitié. Peut-être ai-je envie de comprendre pourquoi elle semble avoir tellement envie de se foutre une balle dans le pied.

A-t-elle tout ce qu'elle désire ? Est-elle avide de pouvoir ? Je ne peux lui en donner, plus maintenant. Rester fidèle à Cyrius lui assurerait d'en avoir, si c'est bien cela qu'elle convoite. Mais elle part dans la direction opposée. Peut-être s'agit-il tout simplement d'un masochisme enseveli. Peut-être a-t-elle peur d'être heureuse et cherche-t-elle à saboter ce qui lui permet d'atteindre le bonheur.

Je me sens bien plus vieux qu'elle a l'instant, malgré ma capacité à être tout autant immature. J'ai déjà massacré mes propres relations.

Elle me lance une banalité qui me pousse quand même à humer les airs, en quête des notes de cette belle et fausse intention. Sucre et luxure. Un parfum que l'on peut porter chaque saison. Pas besoin de soleil. Pas besoin de pluie. Pas besoin de moi pour sentir ça. J'aime lorsque on se moule à ma main comme un gant de dentelle ou de cuir ; elle n'a pas franchement l'air de vouloir s'attacher à moi et j'en connais une qui l'est déjà - ou l'était la dernière fois que je l'ai vue. Mais je reste. L'ego se plaît dans la certitude d'être désiré. Même si c'est par une telle créature.

Elle est belle. Mais elle ne me plaît pas. Il faut avoir compris quelque chose pour qu'il vous plaise.

Ou il faut s'aveugler, se persuader, s'engouffrer dans l'illusion de connaître quelqu'un, s'en faire une image artificielle comme son parfum. Pauvre Cyrius. C'est ce qu'il a fait et fait peut-être encore.

Elle me tourne autour. Encore. Pas très subtil. Si peu que je souris, sardonique, suis son manège du bout de mes yeux qui trempent aussi un peu dans l'herbe.

Je me souviens de l'attitude de Cyrius. De la merde volante. De l'humiliation, plus ancienne mais pas plus oubliée. Je me demande si je souhaite lui faire du mal et me souiller par la même occasion. Je songe ensuite à Kuro, l'électron libre qui peut entrer dans chaque situation. Je n'ai pas vraiment envie d'alimenter un feu qui s'embrase sans allumettes et me faire un ennemi mortel de plus. La rationalité n'est, néanmoins, pas mon fort.

J'ai besoin de vacances loin d'ici. J'ai besoin de Geisha.

L'odeur de Nazz'ariah monte. Sa queue, noire, douce comme la soie et douce comme le supplice d'un martyr, effleure mes naseaux. Je ferme les yeux et penche la tête sur le côté. J'ai l'impression d'être prêt à faire ce que mon père aurait fait dans la même situation.

J'avais voulu être comme lui, fut un temps. Identique.

" Qu'avons nous commencé, Nazz'ariah ? " mon ton est presque dur alors que je rouvre les yeux et la fixe. Elle ne m'a jamais convaincu lorsque je lui ai donné des épreuves. Déception sur déception. C'est aussi peut-être pour cela que je reste. J'aimerais qu'elle réussisse, pour une fois, à me donner ce que je veux.

Je ne sais pas ce que je veux, ce qui ne facilite pas sa tâche.

" Cyrius sait, " j'ajoute, circonspect. S'en moque-t-elle ? Pourquoi son attitude est-elle devenue tellement explicite ?

Si j'ai bien compris, je suis censé consommer quelque chose de potentiellement amer. Les parfums n'ont pas souvent bon goût. Et dieu sait que je n'ai pas non plus envie de planter une erreur passagère dans ce corps. Je l'ai vu dégonflé par l'accouchement. J'ai vu ce qu'il a pu produire. La chiard trop curieuse. Sait-elle, la gamine ? Quel poison sa mère a-t-elle insinué dans son cerveau, elle qui l'avait pourtant défendue avec ses crocs invisibles ?

Ce n'est pas comme si j'allais m'en préoccuper.

Les risques. Voilà que je m'interroge sur les risques de l'inavouable. Ça ressemble à des regrets prématurés. Je les préféreraient avortés.

On regrette parfois d'avoir arracher une fleur juste pour son parfum.
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MessageSujet: Re: Bouche du Diable | Sorrow   Mar 6 Nov 2018 - 23:25

Or love's gonna get you down.
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Masochisme involontaire ? Sans doute. En réalité, elle était une éternelle insatisfaite. Ou alors, elle n’acceptait pas l’engagement. Ou, elle avait peur du bonheur. Le bonheur c’était pour les gens biens, c’était pour les gens qui le méritaient. Mais, elle, le méritait-elle vraiment ? Elle n’en savait réellement rien. C’est sans doute pour cette raison qu’elle faisait tout cela. Cyrius lui offrait pourtant tout ce dont elle avait besoin. Il lui offrait de l’amour, une progéniture, mais surtout un trône et du pouvoir. Mais j’ai bien l’impression que cela ne lui suffisait pas. Au départ, elle avait adoré. Au départ, elle avait réellement été heureuse. Heureuse d’avoir une fille à aimer, un amant à chérir et un peuple à protéger. Mais au bout du compte, elle avait eu peur. Elle avait eu peur de tout, réellement tout. Peur des responsabilités que tout cela lui conféraient, peur de la vie qu’on lui offrait, peur du bonheur qu’on lui donnait dans un plateau d’argent. En fait, peut-être se rendait-elle compte qu’elle était bien trop jeune pour tout cela. Quatre ans c’est jeune pour un trône, non ? Quatre ans c’est trop jeune pour pouvoir vivre correctement tout cela, non ? Elle ne savait pas. Elle ne savait plus. Elle ne savait même pas ce qui était réel ou non.

Alors pourquoi faisait-elle tout cela ? Pourquoi briser cela très rapidement ? Pourquoi vouloir briser sa vie ainsi ? Pourquoi vouloir briser la vie de sa fille, de Cyrius ? Ils n’y étaient pour rien pourtant. Sa fille était une peste, certes. Mais elle avait l’impression que tout cela était à cause d’elle. Elle avait le sentiment que sa fille était devenue ainsi à cause de son comportement. Sans doute, c’était même sûr dorénavant. Mais pourquoi devenir ainsi ? Elle avait pourtant la vie que tout le monde rêvait d’avoir. Elle avait pourtant tout ce dont rêvait la plupart des chevaux sur cette île. Elle devrait arrêter, elle était sûre de cela, mais elle semblait comme complètement accroc. Elle avait l’impression d’aimer tout cela et en même temps, la baie en pleurer tous les soirs. En réalité, elle se détestait littéralement. Quand elle se voyait dans une flaque, elle avait envie de frapper cette flaque avec son sabot. Elle avait envie de se briser, puis le désir que les étalons pouvaient ressentir vis-à-vis d’elle la faisait revivre. Réellement, la petite poupée avait l’impression de renaître dans le regard des mâles. Bien sûr, elle savait parfaitement qu’ils ne la regardaient que par désir, que par luxure ou seulement par souillure, mais elle aimait tout de même cela. Elle se sentait aimée. Même pour quelques secondes, quelques minutes. Pourtant, elle vivait cela avec Cyrius, non ? Il avait été si absent, réellement. Beaucoup trop absent.

Et ce regard, elle le ressentait chez Sorrow. Elle voyait parfaitement qu’elle le dégoûtait autant qu’elle l’attirait, mais elle aimait cela. Elle aimait réellement agir avec son corps pour faire subir, pour se faire aimée. On pouvait l’appeler de tous les noms d’oiseau possibles, c’est sûr, mais elle était ce qu’elle était. Elle acceptait parfaitement sa situation, en réalité. Au départ, elle se dégoûtait constamment, mais aujourd’hui c’était différent. Aujourd’hui, elle voulait qu’on souille son âme, qu’elle devienne réellement ce qu’elle était actuellement. Elle voulait assumer les conséquences, elle voulait vivre tout simplement. Alors, oui, elle continuait son petit manège, refusant d’écouter sa conscience. Sa queue frôlait délicatement les naseaux de l’étalon, tandis qu’elle arborait toujours le même sourire. A sa question, elle eut un petit rire pour finalement secouer la tête.

« Ce que des adultes font, ne pensez-vous pas ? » dit-elle tout simplement.

Bien entendu, elle se rappelait parfaitement de leur première rencontre. Elle se souvenait du goût amer qui était resté, mais surtout de la déception. Mais, elle savait aussi parfaitement cerner les mâles. Ils étaient si facilement malléables, surtout quand ce doux parfum était présent. Ils se laissaient très, trop, facilement avoir et surtout guider. Puis le sombre parla, il prononça un mot. Il pensait l’atteindre en parlant de son amant ? Si il savait. A une époque, tout cela aurait pu stopper son action, mais aujourd’hui c’était différent. Surtout qu’elle savait parfaitement que Cyrius était au courant. Et elle s’en moquait parfaitement. Il n’avait qu’à être là. Il n’avait qu’à pas partir, tout simplement. En fait, elle avait l’impression que son comportement était réellement comme une vengeance de sa part.

« Je sais. » dit-elle tout simplement, faisant comprendre qu’elle s’en moquait ouvertement.

Finalement, elle s’approcha davantage de l’étalon, toujours un sourire mielleux sur les lèvres et sa queue collée à sa croupe. Elle voulait le faire. Réellement. Après, peut-être le regretterait-elle ? Mais actuellement, elle s’en foutait. Elle voulait juste profiter de sa jeunesse, ainsi que sa beauté. Alors, sans prévenir, elle passa au pas près de l’étalon et lança les fesses vers lui, de gaieté mais surtout pour davantage diffuser ses effluves. Ceci fait, elle parti brutalement au galop, la queue en panache et un petit rire sortant de ses lèvres, comme une enfant. Espèrant qu’on la rattrape et qu’on joue avec elle. Elle voulait jouer et qu’on la malmène quelque peu.
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MessageSujet: Re: Bouche du Diable | Sorrow   Mer 7 Nov 2018 - 1:11



Que font les adultes en ce monde, Nazz'ariah ? Je suis plus âgé que toi et je l'ignore. Les adultes nagent dans leurs costumes amples, élimés, se perdent derrière leurs façades bétonnées par le désabusement. Je n'aime pas les enfants pour autant, et jamais je ne jalouserais leur insouciance, leur cruauté inconsciente, leurs élans titubants vers le bien et le mal. Mais je sais que j'ai rencontré Querouane lorsque j'étais moi-même poulain. Je me souviens que nous avions jouer à courir et que, déjà, la gangrène m'avait rongé jusqu'à l'os. J'avais galopé en refusant de perdre et je m'étais affalé par terre, à moitié mort d'épuisement, alors qu'elle me laissait gracieusement accomplir un exploit qu'elle pouvait aisément surpasser.

Querouane avait toujours été plus rapide que moi à la course. J'ignore si ce genre de rancœur enfantine suppure dans l'âge adulte. Il est fort probable que cela soit le cas. La jalousie est incohérente, surtout lorsqu'elle est forcée de côtoyer, jour après jour, le rival au réveil, encore assoupi.

Querouane aurait été plus heureuse sans moi, mais je ne trouverais certainement pas la force de puiser en moi les excuses que je lui dois. C'est après tout elle qui éduqué celui qui est devenu mon ennemi, elle qui n'a su le détourner de ce dessein. Je la soupçonnerais presque de l'avoir inconsciemment encouragé. C'est ce que j'aurais fait à sa place.

Je songe à cet enfant blanc alors que Nazz'ariah m'effleure à nouveau. Oui. Les adultes. Elle aussi n'est qu'une enfant. Une mère, certes, d'une gamine dont je n'ai même pas retenu le nom (si elle me l'a seulement donné), mais une enfant quand même quelque part. Il y a quelque chose de très enfantin dans le désir de se faire remarquer autant par quelqu'un d'autre. Si je m'appelais Sigmund, je lui poserais sûrement quelques questions sur ses relations avec son père.

Un sourcil imaginaire chapeaute mon front alors qu'elle remballe mon affirmation sans l'ombre d'un regret.

" Que t'a-t-il fait ? " je lâche, presque curieux, surtout songeur. Elle l'aurait défendu bec et ongles il y a des mois de cela. Est-elle tellement désintéressée par leur relation ? Comment peut-on être aussi inconstante ?

L'inconstance. Geisha n'est pas inconstante. Elle est constamment préoccupée par son fils noyé.

Je noie mes propres brumes spirituelles dans un moment interdit, alors que l'arabe me présente, sans grande subtilité il faut l'admettre, ce que je pourrais m'offrir, m'aspergeant copieusement de cette senteur poisseuse et pourtant entêtante. Je cille et la regarde batifoler comme un feu follet ivre. Je lui laisse de l'avance. Me pose quelques questions sur elle.

Je ne veux pas d'enfant, je m'en souviens.

" Tu as songé à ce que deux adultes peuvent produire ? " je demande d'une voix forte, avant de presser le pas. " Je n'ai de véritable amour que pour un seul de mes enfants, et il en sera toujours ainsi. "

J'ai passé l'âge de courir après les filles.

Je la rattrape - elle n'a pas vraiment envie de fuir, ce qui facilite la chose, - la contemple, la retourne, la repose. Petit bibelot de jade. La fragilité m'attire, certes. Mais la vulnérabilité offerte des créatures fortes, comme Hypocamp' et Querouane...

Je l'enjoins à plus de calme machinalement, comme je le fais toujours avec pouliches et juments : je glisse un crin noir entre mes dents et je ne tire pas assez pour que ça fasse mal, assez pour que ça chatouille. Mon esprit s'engonce dans les souvenirs d'anciennes conquêtes et évite soigneusement celui, plus enveloppé de smog encore que les autres, de Symphonie.
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MessageSujet: Re: Bouche du Diable | Sorrow   Mer 14 Nov 2018 - 22:46

Pour un petit tour, un petit jour entre tes bras
Pour un petit tour, au petit jour entre tes draps

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La petite arabe baie avait toujours été une gamine en réalité. Elle n’avait jamais véritablement grandit. Toujours enfermée dans un carcan d’enfance qu’elle n’avait osé espérer. Une enfance qui s’était volatilisée petit à petit au gré des brimades de son père, au gré des désirs de son frère. Sa mère aurait pu l’aider, elle aurait pu la protéger, mais c’était comme si elle s’en moquait, comme si elle vivait pour autre chose que l’amour d’une fille. Comment une mère peut-elle laisser ainsi sa fille ? Comment une mère peut-elle laisser sa fille disparaître de son enfance ? Elle n’avait jamais comprit. Pourtant Nazz avait tout fait pour être aimée. Elle avait fait en sorte d’être la petite princesse parfaite, la meilleure fille possible. Mais non, sa mère l’avait véritablement ignoré. Elle l’avait détesté dés sa naissance, sans doute. Ca, ça avait réellement détruit la vie de la petite. Détruit sa confiance en elle aussi. Confiance qui n’existait réellement plus. Peut-être n’avait-elle jamais eu peur des étalons en réalité. Peut-être avait-elle simplement peur d’elle-même, peur de la jument qu’elle était devenue au fil des années. Une jument qui faisait encore tout pour qu’on l’aime, pour qu’on la remarque et la désire.

Elle n’avait jamais été aimée en vérité. Dés sa naissance, son frère l’avait jalousé, il l’avait haït. Elle n’avait pas comprit sur le coup. Mais maintenant qu’elle s’observait dans une flaque, elle comprit : elle était beaucoup plus belle que lui, beaucoup plus racée. Lui ressemblait plus à un poney, un cheval sorti d’un placard qu’on avait fermé trop longtemps. Il lui enviait son physique, c’était évident maintenant. Pourtant, elle avait trouvé son frère si beau à l’époque, si imposant. Sa robe de fer l’avait toujours intrigué. Comment un cheval pouvait-il porter la robe d’un métal ? Comment pouvait-il avoir ces reflets argenté ? Puis au fil du temps, elle l’avait trouvé banal. Et après ce qu’il lui avait fait, il était devenu hideux. Il était devenu le cheval le plus monstrueux qu’elle ait pu connaître. Autant que son père sans doute. C’est dommage car son père était magnifique. Il était un superbe étalon arabe à la robe alezane sabino, très rare mais magnifiquement bien portée. Il avait les yeux de jais et quatre grandes balzanes. Vraiment sublime. Mais bien évidemment, après ce qu’il avait fait, il n’était devenu qu’un masque de beauté sur un corps difforme.

Alors non, avec ce qu’elle avait vécu, elle ne pouvait être une jument adulte. La maturité n’existait pas et n’existerait sans doute jamais chez elle. En réalité, elle ne désirait même pas quitter son enfance, se sentant très bien dans ce monde qu’elle s’était créé. Elle se sentait tellement bien. Comme si il demeurait son unique rempart contre le monde extérieur, un bouclier contre les sentiments qui pourraient la tourmenter. Personne ne pourrait la perturber, rien ni personne. Bien sûr, elle aurait pu changer à la présence de Cyrius, elle avait essayé, puis finalement, elle se rendait compte qu’elle n’en avait véritablement pas envie. Peut-être passait-elle pour l’infidélité du quartier, mais elle s’en moquait. Elle voulait vivre la vie qu’elle n’avait jamais eu à cause de ses parents, elle voulait profiter autant qu’elle le pouvait, car elle ne sait pas de quoi demain est fait. Elle savait que Cyrius partirait, qu’il l’abandonnerait, mais bizarrement, aujourd’hui elle s’en moquait. A la question de l’étalon, elle secoua la tête. C’est vrai ça qu’a-t-il fait pour avoir une telle ignorance ? Le méritait-il réellement ? Etait-elle juste ? Sans doute pas. Mais il aurait du mieux la surveiller, ne pas partir, c’était de sa faute.

« Il a juste abandonné ses responsabilités, comme vous le faîtes tous. » dit-elle, les dents serrées.

La jument galopait gaiement en pensant à rien. Elle ne voulait penser à rien. Elle voulait simplement profiter du moment présent, elle voulait vivre ce que les adultes vivent. Elle voulait grandir l’espace d’un instant dans les bras d’un étalon digne de ce nom. Cyrius en est un. Mais il de ces étalons qu’on ne rencontre qu’une fois. Que Sorrow est différent. Il est de ceux qu’on recroisera plusieurs fois en les draguant, sans pour autant craquer. Mais là, elle voulait craquer. Elle ne s’en voudrait même pas. Les remords sont pour ceux qui ont peur du risque. Hors, elle n’avait plus cette peur-là. Plus depuis qu’elle avait mise au monde Hallelujah. En sentant les dents sur ses crins, elle s’arrêta délicatement en posant son regard de biche dans celui de son partenaire. Avec un léger sourire, elle hocha la tête.

« Bien évidemment que je le sais. » dit-elle en se reculant délicatement. « Je ne te demande pas d’enfant, ni même une promesse que tu ne peux tenir. Je veux juste un moment délicat que l’on appréciera qu’une fois. » prononça-t-elle en frôlant ses naseaux de ses dents.
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MessageSujet: Re: Bouche du Diable | Sorrow   Sam 17 Nov 2018 - 0:55



Un moment délicat. Les choses délicates se déchiraient avec la facilité déconcertante des femmes frivoles en train de s'esclaffer, avec la nonchalance des femmes frivoles laissant derrière elles le parfum brumeux de leurs souvenirs, avec la négligence des multiples trous venant former des cratères de chair lunaire sur des jambes de femmes frivoles étalées sur le bitume, à la fin de la nuit lorsque les lampadaires déversent leur vomi lumineux dans des rues qui guettent l'aube. Les choses délicates n'avaient aucun goût sinon celui de la perte, de l'absence, de la furtive chose que l'on a dévoré plus que l'on ne l'a savourée, glouton épris de mignardises.

Sorrow n'avait de toute façon pas de temps à accorder à la connaissance de Nazz'ariah qu'il consommerait peut-être dans les prochaines minutes avant d'abandonner sa graine parmi les derniers pistils de l'été, amant traînant derrière lui la laborieuse tâche de confier à l'embrassade une totale inconséquence. Que produirait-une brève union avec ce corps élastique ? Rien d'autre que la conscience d'avoir trompé un amour absent et d'avoir accompli la prophétie qu'il avait lui même coulé au creux de l'oreille et lové au fond du coeur de Cyrius, cet insupportable mâle dont le malheur ne pouvait que le faire sourire. Sorrow n'avait plus l'âge des pires ennemis que l'on veut battre autant à la course qu'au combat et sur le plan social ; mais il repoussait de toute façon toujours plus loin sa vieillesse, maître des pendules de la Maison Hantée battant au rythme de son pouls, et il pouvait s'accorder cette immaturité sans conséquence de plus.

Sans conséquence ?

Nazz'ariah ne lui faisait aucune promesse. Elle aurait très bien pu accidentellement porter le fruit de leur brève union, ce qu'il ne souhaitait pas. Il fallait parier sur le contraire... Ou partir du principe que ce lutin batifolant trouverait bien une autre graine pour l'ensemencer, qui crèverait la moindre idée de progéniture.

Il lui semblait aussi impossible qu'à eux deux ils aient pu produire quoi que ce soit. Ébats stériles de deux êtres qui ne se destinaient pas à faire plus que saisir l'occasion éphémère.

Sorrow jeta un regard alentour. La plaine était curieusement vide. Il trouva qu'elle manquait d'un certain charme, maintenant qu'il savait ce qu'il y ferait.

Jetant un regard à la jument baie, il fit quelques pas jusqu'à un carré de trèfles dans lequel noyer pique niques et fleurettes amoureuses. Il l'y attendit et la regarda venir, s'autorisant enfin une lueur admiratrice, dédiée à toute la mécanique de ce beau corps qui se déliait à présent, pour un bref instant, essentiellement pour son bon plaisir. Commettre une erreur, mais avec quelque chose de beau : voilà qui devait sûrement asphyxier un peu le remord.
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MessageSujet: Re: Bouche du Diable | Sorrow   Mar 20 Nov 2018 - 2:18

Anyway the wind blows, doesn't really matter to me
Caught in a landslide, no escape from reality

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Une jument frivole ? Elle ne s’était encore jamais catégorisée ainsi. Mais maintenant, elle commençait à comprendre ce qu’elle était réellement. Elle était belle, elle était douce, délicate mais surtout elle était une jument qui aimait le contact. Elle avait toujours aimé cela en réalité. Même toute petite … Elle se rappelait totalement de son désert natal. Elle se souvenait parfaitement de ses premiers mois : ces premiers mois où elle avait apprit à apprécier les autres chevaux près d’elle, à apprécier les poulains qui voulaient avec elle, mais surtout les chevaux qui lui donnaient des conseils. Elle n’aurait sans doute jamais imaginé que tout cela tournerait ainsi au drame. Un drame si affreux qu’elle s’en souviendrait toute sa vie. Comment son frère avait-il pu tourner ainsi ? Comment son frère avait-il pu la désirer ainsi ? Comment avait-il pu lui monter dessus autrement qu’en jeu ? Elle ne comprendrait sans doute jamais. Mais maintenant, elle savait. Son comportement attirait, son comportement incitait à tout cela. Mais dorénavant c’était différent : maintenant, elle voulait diriger tout cela. Elle voulait que les mâles tombent sous son charme parce qu’elle le veut, elle voulait que les mâles fassent leurs affaires car elle le désirait. Elle voulait les contrôler tout simplement.

La petite perle de Charbon avait prit une décision dorénavant. Elle voulait profiter de sa jeunesse, de sa place et du pouvoir que lui avait offert Cyrius sans même s’en rendre compte. Elle voulait s’amuser avec les mâles, sans pour autant faire attention aux conséquences, ni même aux promesses qu’elle briserait. Elle savait parfaitement ce à quoi elle ressemblerait et ce à quoi on la considérerait mais elle s’en moquait parfaitement. Tous les mâles ont le droit de le faire, alors pourquoi pas elle ? Pourquoi ne pourrait-elle pas profiter de son corps autant qu’elle pourrait le faire ? De quatre à quinze ans, son corps serait en pleine forme, dans la pleine force de l’âge alors elle en jouirait. Ce n’est pas à seize ans qu’elle pourrait le faire. Elle savait parfaitement que son corps ne pourrait ni porter un poulain, ni même un mâle à cet âge-là. Au risque de provoquer de l’arthrose, de provoquer des tours de rein ou autre, alors non elle ne cesserait pas. Bien sûr, elle savait parfaitement les conséquences de ses actes. Elle savait parfaitement que Cyrius pourrait la destituer à tout moment, qu’il pourrait lui enlever son règne mais surtout sa fille. Alors elle jouerait. Elle ferait en sorte de parler de son viol, de faire sa petite jument toute fragile pour que Cyrius la garde. Pour qu’il la défende autant qu’il peut. L’amour ne serait plus présent, elle le savait mais s’en moquait éperdument.

Un regard sur la plaine et elle eut un doux sourire qui naquit sur ses lèvres. Ils étaient seuls. Tant mieux, c’était parfait. Personne pour venir juger une seule fois de cette union brève mais importante dans sa vie. Personne pour venir cracher sur elle, malgré qu’elle le fasse déjà elle-même. Personne pour lui tirer une balle dans le sabot, alors qu’elle le fais déjà bien assez. Le chargeur entier se vide sur ses antérieurs. Finalement, quand elle vit l’étalon frison s’approcher d’un petit carré de trèfle, elle le regarda avec un sourire plein de luxure. Il acceptait sa mission. Heureusement, car elle n’aurait pas supporté un second refus. Mais ce qu’il ne comprenait pas, c’est qu’il faisait parti de son plan. Il faisait parti entièrement de ce qu’elle imaginait dans sa tête. Là, elle se mit en marche, faisant en sorte de mettre en avant son corps de jolie arabe brune. Délicatement, elle se plaça à côté de l’étalon, lui tournant autour avec subtilité. Un doux jeu de séduction s’offrait à eux. Un jeu qui allait se terminer comme elle le voudrait. Un jeu qui mourrait rapidement après cet ébat. Un jeu qui faisait parti d’un plan beaucoup plus grand qu’il ne l’imaginait. Finalement, la petite Perse vint frôler sa croupe au poitrail du mâle pour ensuite avancer d’un pas, mettre sa queue – moins subtilement – sur sa croupe et tourner son chanfrein face au mâle.

« N’attendons plus, n’est-ce pas ? » dit-elle en chuchotant.
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MessageSujet: Re: Bouche du Diable | Sorrow   Sam 24 Nov 2018 - 0:16



Ne plus attendre.

Ce n'était pas à cet enfant belliqueux précocement, à ce père encore presque adolescent, à ce jeune dominant, qu'il fallait faire ce genre de recommandations. Il avait rarement attendu dans sa vie et n'avait, en réalité, jamais vraiment eu à attendre, les opportunités s'étant présentées à lui pleines d'une expectative complaisance, comme une femme qui est sûre de trouver dans l'étreinte le plaisir, et à la fin de cette dernière le compliment dont elle a tant besoin pour survivre.

Comme Nazz'ariah. Qui se flatterait un bref instant au creux de bras qu'il n'avait pas.

Flattait-il son propre ego ? Faisait-il un énième pied de nez à Cyrius ? Quelles motivations l'avaient guidé jusqu'à cet instant dont il ne goûtait pas encore le plaisir et la gravité ? Les raisons demeuraient après tout souvent calfeutrées au fin fond de l'inconscient et n'apparaissaient clairement que tard le soir, des années plus tard, pensées errantes et presque fuyantes, glissant en direction des coulisses les valises pleines des divers costumes enfilés pour justifier une action coupable et aussi seyante qu'un gant.

Un gant blanc recouvrant la main ferme qui donne le tempo d'une danse dont il avait connu déjà jeune le rythme. Il hésita presque à informer Nazz'ariah que deux de ses amantes éphémères étaient mortes après qu'il les ait couvertes du poids de son affection, mais cela aurait jeté une ombre d'autant plus pesante sur l'instant, ombre dont la baie n'aurait peut-être même pas pu sentir le poids. Elle était déterminée, presque dépourvue, elle aussi, de tout raisonnement logique et sûrement débarrassée de toute motivation profonde. Nazz'ariah aimait plaire, plus encore lorsqu'elle était impressionnée par la créature qu'elle voulait désespérément envoûter. Il l'avait enfin comprise. Et il n'était pas tombé amoureux de cette compréhension.

Quelle vie misérable pouvait être entrevue au détour de l'avenue de cette existence, là où les voitures étaient secouées encore par les derniers soubresauts d'une collision brève et dont la violence surpassait jusqu'à celle du baiser arraché à la jeune femme par un inconnu au détour de la même mer de béton, sur des lèvres rouges comme la carrosserie, des lèvres ouvertes sur un soupir frustré, une voiture ouverte sur la même exhalation fumeuse et noirâtre...

Il tomba sur elle comme une ombre, c'est à dire sans aucun poids. Il se surprit en la trouvant brune : il n'avait étreint, jusque là, que ce qui tombait dans les deux nuances les plus importantes de sa vie. Le blanc et le noir. Ses crins glissèrent entre ses dents, rassurants et noirs, eux. Il tira une dernière fois avant de retourner sur terre, dans le tapis de trèfles.

Un pissenlit solitaire se cachait entre eux.

Elle avait eu raison. Ça avait été agréable. Jeune, il aurait été exalté, fébrile, mais c'était le calme content qui s'installait dans sa chair, maintenant, berçant cette dernière d'un plaisir retardataire.
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MessageSujet: Re: Bouche du Diable | Sorrow   Sam 1 Déc 2018 - 0:27

I have that desperate feeling
In trouble is where I'm going to be

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Mais qu’as-tu fait pauvre idiote ? Qu’es-tu sur le point de réaliser ? Tu avais tout à portée de sabot, on t’offrait la vie dont tu rêvais depuis un bon petit moment et voilà que tu gâchais tout. Pourquoi fais-tu cela ? Qu’a fait Cyrius pour mériter tout cela ? Crois-tu réellement que tu es faite pour cela ? Crois-tu réellement que tout cela devrait se réaliser ? Tu as pourtant une fille. Une fille qui va avoir trois ans, une fille que tu as toujours rêvé d’avoir et tu gâches tout. Tu nous déçois Nazz’ariah. Tu es une future reine, une princesse de perse qui aurait pourtant mérité un trône. Mais non, il a fallu que tu deviennes comme ta mère. Il a fallu que le comportement de ta mère transparaisse dans ton esprit, que tu sois exactement comme elle. Je sais que tu ne sais pas vraiment grand chose sur elle, mais cette fois-ci je vais te le dire, je vais vous le dire. Ta mère n’était qu’une traînée. Une traînée dont ton père est tombé amoureux, mais dont il connaît tout. Il l’a gardé, ils ont fait des gosses, dont toi mais c’était différent. Lui, il la gardait car elle était pure. Elle demeurerait une jument au sang noble. Mais toi non. Toi tu avais absolument tout gâché.

Brutalement, la jument secoua la tête. Elle ne comprenait pas : depuis quelques temps, des voix ne cessaient de venir perturber son esprit. Pas souvent, mais assez pour venir la rendre folle. Elle ne savait pas qui elles étaient, d’où elles venaient, mais des fois elle se posait des questions. N’était-elle pas réellement folle ? N’a-t-elle pas totalement imaginé ces voix ? Est-ce sa culpabilité qui vient doucement s’immiscer dans son esprit ? Est-ce la haine de soi qui se transforme en conscience ? Elle ne comprenait pas. Et pourtant, elle voulait tellement les évacuer, les faire partir. Mais elle ne cessait de l’envahir. Elle dormait, elles étaient là. Elle fermait les yeux, elles étaient de nouveau là. Elle tentait de se calmer, se détendre, c’était exactement la même chose. Elle avait envie de hurler, elle avait envie de se frapper le crâne, mais elle paraîtrait beaucoup plus folle qu’elle ne l’est déjà malheureusement. Alors, elle ne dirait rien. Elle fermera les yeux, ferait semblant de ne pas les entendre et peut-être qu’elles disparaîtront. Sans aucun doute. Finalement, comme elle se l’était promit, elle ferma effectivement les yeux et tenta de ne pas les entendre. Elle ne devait pas les entendre, pas aujourd’hui. Pas maintenant.

En réalité, elle ne savait rien de son passé. Elle ne connaissait rien de sa famille, que ce soit son père ou sa mère. Elle savait seulement ce qu’ils avaient accepté de lui dire. Elle savait que son père était un ancien cheval de course en Arabie. Un grand étalon qui avait échappé aux humains, qui était parti de leur hutte pour finalement disparaître dans le Désert. Il était né sauvage, il resterait sauvage. Sa mère, quant à elle, était une simple jument sauvage. Elle n’était ni intelligente, ni bête, mais heureusement pour elle, elle était belle. Une magnifique petite jument baie avec une grande belle-face et quatre balzanes haut chaussées. Une sublime jument. Elle aurait pu parfaitement faire tourner des têtes, ce qu’elle avait sans doute déjà fait, mais elle avait choisi son père. Délicatement, ils avaient fait connaissance. Ils avaient apprit n’importe quoi sur chacun, et lors des chaleurs, il la saillie. Il fondit sur elle avec force et le frère de Nazz’ariah apparut. Ils avaient passé un pacte. Sa mère pourrait faire ce qu’elle voudrait tant qu’elle ne quittait pas les terres. Un jour, elle avait essayé. Un seul jour et elle avait comprit. Son amant lui était tombé dessus, il l’avait battu au point qu’elle reste au sol. Donc quand sa mère lui avait dit cela, la perse l’avait entendu mais avait paniqué puisque gamine. Au jour d’aujourd’hui, elle comprenait mieux le comportement de son frère. Il avait celui de son père et elle de sa mère. En fait, ils étaient fous, tous. Ils étaient des monstres de luxure et maintenant elle s’en rendait entièrement compte.

Un corps noir et lourd sombra sur le sien, avec une délicatesse dont elle n’aurait jamais cru l’étalon capable. Elle sentit ses coups, sa respiration s’accélérer ainsi qu’elle entendait certains râles. Elle aurait pu s’en vouloir, mais elle aimait tellement cela. Elle aimait exactement ce qu’il se passait actuellement. Mais elle savait parfaitement que ce serait sans doute le dernier étalon qui la toucherait, après que Cyrius soit au courant. Après cela, elle disparaîtrait. Elle partirait de ces terres car elle savait parfaitement qu’elle n’avait plus sa place dans un tel lieu. Elle avait souillé sa relation avec le roux. Elle avait déshonoré sa famille. Elle avait anéanti sa fille. Alors, oui, elle partirait. Tout simplement car elle n’avait pas le choix et car elle devait rejoindre sa famille. Elle savait ce qu’elle risquait, elle savait ce qu’elle vivrait, mais elle acceptait actuellement la vérité. Elle acceptait la situation. Finalement, quand le corps noir descendit du sien, elle ferma délicatement les yeux et le laissa faire. Là, elle replaça sa queue et observa autour d’elle. Il n’y avait toujours personne. Heureusement … Que se passerait-il si son peuple était au courant ? Que se passerait-il si on la surprenait ? De toute façon, elle était certaine que sa fille en avait déjà parlé.

« Et voilà c’est fait. » murmura-t-elle, comme presque déçue. « Tu as anéanti l’amour propre de ton ennemi et moi ma relation. Je pense qu’on est quitte, non ? » demanda-t-elle avec un sourire jaune.

Ils l’avaient faits. Ils venaient de briser tout en un quart de secondes. Mais pourquoi avaient-ils fait cela ? Oh bien entendu, Sorrow n’a rien à se reprocher actuellement puisqu’il était seul, enfin presque. Elle, elle avait tout à perdre. Elle avait brisé son amant, elle allait briser sa fille, son peuple entier. Elle n’était qu’une sorcière en réalité. Une sorcière qui jetait des sorts pour charmer et finalement qui vous tue dans votre sommeil. Finalement, elle s’approcha de l’étalon et eut un petit sourire. Puis sans redemander son reste, elle partit au grand galop. Il n’y avait pas de mot, il n’y en aurait plus jamais. Elle galopa loin de cette clairière, de ce carré de trèfles et de cet étalon noir. Elle avait fait la pire connerie de sa vie, mais elle s’en foutait royalement. Le vent dans ses crins lui permettait d’oublier tout cela, de sourire. Enfin, elle souriait. Elle ne savait pas pourquoi exactement. Peut-être était-elle heureuse de sa bêtise, qui sait.
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MessageSujet: Re: Bouche du Diable | Sorrow   Sam 1 Déc 2018 - 11:21


" Oh, Nazz'ariah, " dit-il, les yeux fixés sur son ventre, " à ce jeu là, on est jamais quitte. "

Elle s'enfuit alors comme un tourbillon de vent en été, une force fouettant de sa chaleur les sens qui s'évanouit peu à peu dans le premier creux qu'elle rencontre, sous la réprimande du soleil pour lequel la vie l'après midi se doit d'être fixe, lente, le ronronnement lymphatique d'un vieux matador dormant dans l'ombre de sa gloire.

Sorrow fixa cette fois la sienne d'un œil interrogateur, laissé à ses quelques réflexions. La plaine s'étendait encore sous ses pas, plus belle maintenant que le crime avait prit la poudre d'escampette, et il se perdit même plaisamment dans le souvenir de sa rencontre avec Geisha.

La culpabilité ne l'atteindrait pas de sitôt, et, si elle le faisait à l'instant, c'était sous la forme de la chaleur qui habitait encore son corps et lui rappelait l'étouffante atmosphère des Enfers, qu'il avait eu le plaisir de quitter récemment. Le frison s'ébroua comme pour se débarrasser d'un morceau de charbon tombé entre ses crins et prit le pas, avançant presque cavalièrement dans les restes d'été de l'endroit. Il arracha un trèfle sans compter ses feuilles et le mâchonna, les yeux vides.

Yeux qui se levèrent lentement vers le Nord, là où la bise rivalisait de cruauté avec l'Enfer dont il avait quitté le sein seulement pour tomber sur celui d'une autre.

Sa décision prise, il pressa le pas : il lui fallait retrouver le Glacier Nordique avant de contempler de nouveaux horizons.

[FIN]
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