Jeu de rôle équin
 
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Les chaleurs ont lieu du 1er au 15 du mois.

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 Ivresse Publique - Libre

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Malagraph'

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MessageSujet: Ivresse Publique - Libre    Ven 3 Aoû 2018 - 0:06

Ivresse Publique - Libre

  • Malagraph'

Dérangée par la chaleur excessive des derniers jours et par ses propres chaleurs, Malag' avait besoin de se rafraîchir. Plein cul sur la plage, elle était tout de même de bonne humeur ce matin. Elle venait fouler un sol qu'elle n'avait jamais vu, un territoire inconnu même. Elle qui était une grande coutumière de son territoire, elle avait décidée de l'éviter quelques temps. Elle devait chercher les problèmes, comme toujours. Elle envoyait le sable valser, cette plage était très mal entretenue à son goût. Des débris dans tous les sens. Des objets dont elle ne connaissait le nom. D'autres qu'elle avait déjà aperçu au détour d'anciennes habitations.

Slalomant entre les obstacles qui s’offraient à elle, bouteilles, bois flottés, arbres, planches, filet et j'en passe, sautant certains. Au loin se dessiner comme l'épave d'une petite embarcation. La grise poussa pour prendre de l'ampleur, se sentant l'âme d'un cheval de saut d'obstacle.

Encore dix mètres, cinq, trois, deux et elle s'envole telle la mouette.

Et s'écrase telle l'autruche, la tête la première dans un tonneau de rhum qui était masqué par la ruine nautique. Comme les choses ne serait pas drôle sinon, la barrique était pleine de sa liqueur et Malag' y aura involontairement bu la tasse, avant d'exploser le reste du tonneau sur son pelage dans sa chute, roulant sur elle même avant de se relever.

Elle éclata de rire avant d'observer longuement les restes du tonnelet. Prise entre l'envie de vomir et de replonger la tête dans les restes. Mais déjà le sable absorbait le liquide. Tel un voleur s'enfuyant à toute pompes avec son larcin. Elle l'observa dépitée, elle en aurait bien reprit juste un tout petit peu pour goûter. Elle releva la tête à la recherche d'un second baril.
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Sorrow
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MessageSujet: Re: Ivresse Publique - Libre    Sam 4 Aoû 2018 - 22:08

Il ne savait pas exactement ce qui le ramenait à l'endroit où il avait eu ce qu'il désirait, alors qu'il venait de s'en débarrasser. La boîte à musique était sagement déposée au fond de son écrin liquide et il n'avait plus qu'à trouver le chemin du retour, sans savoir où il retournait, ni même s'il allait vraiment quelque part.

Il était certain qu'il avait quitté quelque chose. Son ancien domaine. Ses dernières illusions. Quelques rencontres, plus ou moins désagréables. Les fruits du verger, leur sucre. Les trébuchements du ruisseau, son humeur changeante. Les ombres fuyantes de la maison hantée, ses fauteuils rembourrés aux ressorts rancuniers. Et la pluie des pluies perpétuelles.

... Il n'y avait rien à regretter des pluies perpétuelles.

Il n'y avait rien non plus à véritablement apprécier dans cet endroit, qui se distinguait par sa capacité à ressembler à la chambre de plus en plus désordonnée d'un adolescent macabre. De nouvelles carcasses, certaines pourrissantes, d'autres déjà rongées jusqu'à l'os par la mer gourmande, jonchaient la plage. Il évita le goulot d'une bouteille de rhum qui aurait pu le faire trébucher et s'arrêta. Il fallait admettre que les embruns rafraîchissaient. La chaleur était étouffante ailleurs et il aurait mal supporté le climat des Terres Trompeuses, qui n'étaient de toute façon plus libres d'accès.

Il lui faudrait pourtant les rejoindre tôt ou tard afin d'y chercher Hyuna'. Ses pérégrinations sur les Terres Orphelines et la nouvelle de la dominance de Cyrius l'avaient laissé avec plus de questions que de réponses quant à ce qui était advenu d'elle. Il ne l'avait décidément pas surveillée d'assez près. Il s'était illusionné en pensant qu'elle pourrait se débrouiller seule. Lorsqu'il la retrouverait, il deviendrait momentanément son ombre. Il avait qui plus est soif d'être en meilleure compagnie.

Les nouveaux occupants des Terres Orphelines étaient tous plus grotesques les uns que les autres.

Il ne pouvait pas offrir de compliments plus avenants aux habitants des Terres Secrètes. Les dernières rencontres qu'il y avait fait rivalisaient de ridicule, qu'il ait s'agit du turbulent Collapsing ou de la sanguinaire Ecalipse. Et l'on ne pouvait bien sûr pas omettre de mentionner sa délicieuse anicroche avec Cyrius, qui avait failli réduire la boîte à musique en miettes...

Il avait oublié qu'il était mort. Grâce à cette jument blanche, qui n'avait plus de nom. Mal' ? Graph' ? Avait-elle tout inventé, ou saupoudré le mensonge de vérité ?

Elle avait en tout cas créé de toute pièce sa mort, et il brûlait d'envie de rendre réelle la sienne, bien que ses instincts sanguinaires aient souvent été confinés à sa tête. Il se demanda, en évitant un autre débris, quels détails elle aurait bien pu fournir si on l'avait pressée de questions : était-il mort noyé ? Assassiné ? Malade ? Une ingestion fatale de plantes toxiques ? Il se serait bien représenté en héros romantique, le teint verdâtre, mort en poète sous la charpente de la maison hantée, préservé dans la cire et la toile d'araignée, mais il doutait que la menteuse ait été capable d'invoquer de telles images.

En parlant d'invocation d'images...

Sorrow plissa les yeux. Quelque chose gesticulait non loin de là...

Quelque chose de ... Familier. Si la plage dévastée lui offrait de nouvelles retrouvailles...

Le frison pressa le pas, la salive lui pendant presque à la bouche. Il ne fallait pas que cette illusion là s'échappe. Ça ressemblait...

Il trotta le reste du chemin, envoya une volée de sable alors qu'il s'arrêtait aux côtés d'un tonneau éventré qui déversait les restes de son contenu dans le sable. Il dégageait une forte odeur d'alcool.

Sorrow redressa les yeux. Un sourire carnassier retroussa ses babines. Il allait s'écrier dans les règles de l'art, comme on le fait dans un duel, en interpellant son adversaire, mais il réalisa bien vite qu'il ne connaissait même pas son vrai nom.

" TOI ! " hurla-t-il à la place, faisant un nouveau pas en avant pour se planter devant son nez.

Elle empestait la vinasse.
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MessageSujet: Re: Ivresse Publique - Libre    Dim 5 Aoû 2018 - 0:23

Malagraph'

Le soleil frappait en traitre, fort, vite et violemment. Malag' elle cuvait son rhum avec toujours sur la langue ce goût de reviens-y. Le même qu'avec les framboises du verger. Ou qu'avec l'eau d'une oasis. Celui de la soif qui s'étanche. Celui qui fait revenir l'enfant au sein de sa mère. La grise passa sa langue sur ses lèvres, se délectant de cette saveur mi-épicé, mi-sucré. Savourant cet instant de pure bonheur sous l'astre lumineux.  

Le sable crispa à ses oreilles à peu près au moment où ce même sable alla se coller sur son poil imbibé. La jument redressa le nez de sa sainte recherche ce demandant bien quel pouvait bien être l'impotun à qui elle devait cet affront. Tombant nez à nez avec un grand noir l'accablant d'un TOI ! Toi toi toi mon toit. Il avait tellement hurlé qu'elle avait faillit en faire tomber ses oreilles dans son sursaut.

Il lui fallut le temps que ses neurones se reconnectent pour reconnaitre l'étalon qui venait de lui percer les tympans. Elle ne savait pas vraiment lequel des deux elle devait fixer. Elle opta pour celui de droite. Depuis quand l'ex dominant à la salopette avait-il un jumeau ? Ce seraient-ils moquaient d'elle depuis le début. Des jumeaux farceur ? Ou alors ce jus avait de drôle de vertus. Elle qui avait jusque là était plus d'humeur à éviter cette famille de fou, se sentait plutôt bien pour affronter les foudres du poisson frit.

Car elle n'était pas folle, foudre il y aurait. Surtout à voir ce splendide accueille. Et aussi la tête qu'il tire. En forme pour un revenant. Sa fille en serait ravi. Malag' arrêta de réfléchir. Aujourd'hui elle ferait comme bon lui semble. Comme les autres jours en somme. Ils étaient proches d'elle, mais elle n'arrivait pas à les compter. Une fois seul et une fois deux.

- TOI ! Hurla t'elle à son tour.

La lèvre tremblante à ça de l'hilarité. Trente minutes avant elle aurait surement déguerpit comme un lapin devant l'étalon. Mais là, elle avait tout du papillon qui continu de voler de fleur en fleur devant le chat.

- On m'avait pourtant conté ta mort fit elle en prenant un air pensif.

Peut-être croirait-il qu'elle n'avait fait que propager une rumeur, quel mal y avait il a ça ? Et elle était très bonne pour les rumeurs, l'élite du commérage. Bon elle n'entrerait pas plus dans le sujet, à réfléchir son cerveau s'emmêlé et elle risquait plus de tomber qu'autre chose à broder avec les mots.

Puis elle l'observa de fond en comble, ne manquant pas de s'arrêter sur sa croupe rebondit. Il avait vieilli, mais était toujours bien bâti. Elle retourna sur son visage.

- Et pour un mort tu as une croupe d'enfer ! Fit elle avant d'exploser de rire. MORT ! ENFER ! T'as compris ?! Un mort, l'enfer ! Bah rigooooole ! Raah vous êtes pas des drôles dans la famille hein.  

C'est marrant à l'instant temps elle eût comme l'impression d'avoir fait un boulette.
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MessageSujet: Re: Ivresse Publique - Libre    Dim 5 Aoû 2018 - 0:48

Ça y est. Le moment était venu. Il allait pouvoir la réduire en charpie. Plus personne ne reconnaîtrait son visage et son corps. Il la laisserait épinglée là comme un papillon que l'on a assassiné dans le formol et punaisé à son tableau de chasse. Il en salivait d'avance. Tout le poids de son corps se tendait vers elle. Il aurait trébuché si un souffle de vent avait décidé de donner à la gravité un petit coup de pouce.

Ses vocalises étaient fort impressionnantes en temps ordinaire - on attrapait ce genre de poumons à force de gueuler contre les solitaires récalcitrants - mais celle-ci avait rivalisé avec certains de ses plus beaux hurlements, et même la mer semblait s'être momentanément recroquevillée, hésitant presque à grignoter un peu plus de ce sable qu'elle imbibait pourtant goulûment.

Aussi crut-il à un écho mesquin lorsque son propre mot lui fut renvoyé dans la face avec la même violence et une autre odeur : si la peau de la jument puait l'alcool, ce n'était rien comparé à l'exhalation de sa grande gueule. Sorrow recula d'un pas malgré lui, retroussant ses naseaux sur un certain dégoût. Elle était ivre !

Ronde comme une barrique !

Et elle avait la lèvre inférieure qui tremblotait étrangement. Etait-elle au bord des larmes ? Allait-elle se jeter à ses pieds pour implorer son pardon ? Serait-il magnanime, en ancien monarque ?

Autant de belles réflexions qui furent anéanties par ses prochains mots.

Sorrow se redressa. Il sentit ses dents grincer les unes avec les autres. Existait-il un stade où l'on dépassait la colère et rentrait dans un royaume incertain, où errent les émotions les plus sombres et où elles s'entrechoquent, menaçant de véritablement mettre le feu aux poudres ?

Il s'incita au calme. Inspira un peu de cet air marin dont la fraîcheur lui avait encore si récemment ravivé l'esprit. Et se mit à lui tourner autour, vautour dénaturé inspectant la carcasse avant qu'elle ne soit froide, tentant de trouver sur son corps quelque chose dont il ne se souvienne pas. C'était bien elle. Il n'y avait pas de doute.

Ses dents se rapprochèrent d'une de ses oreilles.

" Comme c'est amusant, " susurra-t-il, " Je pourrais sûrement bientôt conter la tienne. "

Malheureusement, les gens en état d'ébriété sont rarement capables de prendre les menaces au sérieux. Sorrow s'arrêta. Il sentit un regard - lubrique ? - vaquer sur son corps et se demanda bien ce qu'elle tentait de faire. Vérifier qu'il n'était pas en état de décomposition ?

Le frison jeta un regard empli de regret au tonneau qu'elle avait apparemment percuté de plein fouet. Il gisait dans le sable, un vrai cadavre celui-là, qui offrait son corps vide et émietté aux rayons insistants du soleil. Le sol avait aspiré ce qu'il restait de son contenu.

L'étalon la dévisagea alors qu'elle s'égosillait.

Il était possible qu'elle ne soit pas saoule, mais complètement, absolument inconsciente. Cela aurait correspondu à la jument qu'il avait brièvement fréquenté. Une horripilante créature insolente, qui ne craignait rien ni personne, l'avait insulté avec la même verve que l'aurait fait un Cyrius...

" Tu sais, c'est très désagréable d'apprendre sa mort de la bouche de son meilleur ennemi. Si seulement tu étais venue me voir moi en premier, pour m'annoncer la nouvelle... " et ses dents se rapprochèrent à nouveau, se resserrèrent autour d'un crin qu'il tira d'un coup sec, sans que cela n'ait été plus qu'une menace, " ... Nous aurions pu régler ce problème bien plus tôt. Je t'aurais offert ma place au cimetière, et on en reparlerait déjà plus... "

Il mourrait d'envie de lui demander son nom. Sans nom, il ne pouvait pas l'interpeller. Mais elle mentirait, encore, et il devrait se débarrasser d'un autre mensonge, alors qu'il pouvait dès lors enterrer la seule vérité dont il avait besoin : elle avait calomnié en prenant son nom à lui.


Dernière édition par Sorrow le Mar 14 Aoû 2018 - 8:57, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: Ivresse Publique - Libre    Dim 5 Aoû 2018 - 21:19


  • Malagraph'

Il existait une chose nommée l'instinct, c'est un art magique. C'est une sensation qui vous attrape les tripes, les vides, puis fait un noeud avec. C'est généralement violent, mais tout aussi généralement, c'est un procédé de survit plutôt bien orchestré. Ardente intuition. Oui sauf que voilà, notre chère Malag' possède un instinct de survit, qui en temps normal trône à environ de deux sur dix. Et aujourd'hui n'étant point un jour normal, il a atteint un niveau nommé le néant.

La grise a épousée ses bulles et elle les souffle empreinte d'une inconscience à la face du monde. Et le monde se présente aujourd'hui noir et poilu, frison et coléreux. Proche et puissant. Beau là où elle devrait le trouver effrayant. Même si quelque chose lui soufflait de ne pas jouer avec le feu, peu importe sa couleur. Peut-être que cette chose qui tentait elle-aussi de communiquer avec la jument était justement cet instinct. Ce sentiment qu'elle n'a jamais su écouter.

Elle avait le regard accroché à celui de l'étalon, du mieux qu'elle le pouvait. Car l'étalon tanguait, puis de tanguement, il passa avec une souplesse à défier la gravité à une mise en mouvement circulaire ayant pour centre elle-même. Lui narrant des mots tendres tellement proche que le vent sortant de sa bouche lui chatouilla les poils d'oreilles.

- Je plaide coupable avoua t-elle en suivant le regard de Sorrow sur le baril, laissant passer quelques secondes. MAISSS pour ma défense, c'est lui qui a commencé !

Il parla de mort et d'ennemi, elle tenta d'accrocher un sens aux mots. Cette rumeur sur la mort du roi. Il devrait être fier. L'importance d'un roi ne se mesure t-elle pas à l'ampleur des bruits courants derrières lui ? Et elle avait fait en sorte qu'il soit un grand monarque, du moins qu'il finisse en beauté. Dans un éclat de splendeur, que son nom ne soit jamais oublié.

Pas comme elle, qui si elle ne finissait pas par murmurer le sien, l'oublierait. Elle serait la jument sans nom. Où bien la jument au mile nom.

- Les ragots ont toujours entouré les illustres r.. AïiEUH ... TYRAN ! LES ILLUSTRES TYRANS !

Despote ! Ne préférait-il pas que le bruit court qu'il soit mort plutôt que déchu ?Franchement c'était à rien y comprendre et elle qui pensait avoir fait ça pour lui. Enfin, elle pratiquée plutôt une belle entourloupe d'hypocrisie pleine d'ivresse et ce même envers elle-même.

Son regard quitta l'étalon, sa compagnie était des plus agréables, mais la soif n'allait pas s'étancher seule.  Parcourant le sol de la plage, elle tenta un pas scabreux, tel le marin chassé du bar, ivre, cherchant ravitaillement au débit de boisson.

- A boire ou je tue le chien !


Le sable se dérobait sous elle, tel un matelas gonflable. Elle ne tarda pas à s'arrêter. Le noir ne donnait pas l'impression d'en suer autant sur la plage.

- Dit moi, quel est l'ennemi à qui j'ai conté ta mort ? Demanda t-elle, fière de sa mission accomplie. Mission qu'elle venait de s'attribuer il n'y a pas deux minutes. Car lorsque l'on prononce Sorrow, les oreilles se tendent et les réactions varient des larmes aux rires.

Réellement elle ne l'avait pas tant conté, mais effectivement le résultat avait était à l'opposé sur les deux sujets de son commérage. La jument avait pleurée, l'étalon en aurait rit. Un bon mensonge devait avoir une part de vérité, mais l'ivresse était comme un élixir de sincérité se répandant en elle peu à peu.

Le pire dans tout cela étant que la colère de l'étalon arrivait à glisser sur elle comme si elle y était imperméable. Malag' n'écoutant aucun de ses avertissements et préférait mettre de l'huile sur le feu.
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MessageSujet: Re: Ivresse Publique - Libre    Dim 5 Aoû 2018 - 21:47

Il avait retourné cette confrontation indéfiniment dans son esprit : tous les scénarios s'y étaient entremêlés jusqu'à former un imbroglio de possibilités. Elle pleurerait, s'agenouillerait, implorerait son pardon et réclamerait le droit de vivre. Elle se montrerait aussi grossière, désinvolte, (charmante), qu'à l'ordinaire et l'enverrait valser dans les orties, une seconde mort qui celle-là finirait d'achever son ego mis à mal par les derniers événements. Elle ne lui apparaîtrait qu'en songe, et il découvrirait qu'il n'avait fait que fantasmer cette créature étrange, indéfinissable, qu'il avait croisé il y a si longtemps au détour d'un plant de framboisier. Qu'avait-elle dit, alors ? Qu'elle souhaitait prendre son pouvoir. Si telle était sa véritable ambition, pourquoi son nom n'avait-il pas couru avec le vent sur HW, pour résonner parmi ceux des candidats aux Terres Orphelines ?

Elle n'avait pas de nom. La théorie de l'invention avait été la plus réaliste.

Et ne l'avait pourtant pas préparé à cette réalité là, qui hachait ses mots plus qu'elle ne les éructait et qui menaçait à tout moment de finir naseaux les premiers dans le sable.

" Lui ? " demanda-t-il, confus, les yeux posés sur le baril. Ces derniers se fermèrent peu après, alors qu'il comptait jusqu'à dix pour tenter de trouver un peu de calme. Aucun sens. Elle n'avait aucun sens. Et pourtant, elle était réelle, si facilement punissable. Maintenant qu'elle avait plaidé coupable, il lui aurait suffit de la précipiter dans les tréfonds, ou d'exiger, magnanime, des excuses.

Elle poussa encore un hurlement qui rivalisait de puissance avec les siens. Le frison considéra ses mots. N'avait-il pas vécu entouré de ragots ? On avait souvent murmuré son nom, tout comme on avait chuchoté celui de ses collègues. Les dominants étaient des figures publiques, dont les revers, les faits et gestes, passaient rarement inaperçus.

Tyran. Un mot qu'il avait toujours eu en affection. Il préférait les despotes aux présidents mièvres, qui nécessitent l'approbation du peuple pour régner. Il n'avait fait qu'omettre l'adoration qu'il aurait du invoquer dans sa propre populace. Un tyran aimé était un tyran efficace.

C'était son côté old school. Il était sans dire que les nouveaux dominants ne partageraient sûrement pas son point de vue.

" Et quand t'ai je octroyé la mission de colporter des foutaises ? Te connaissant, j'étais sûrement mort d'une manière humiliante... Ivre, peut-être ? "

Et il adressa un coup aux restes du tonneau, qui lâcha un de ces gémissements typiques du bois mouillé.

La blanche ne commandait manifestement plus vraiment tous ses membres. Sorrow laissa courir son regard sur son corps. Il l'avait rencontrée après avoir quitté Querouane et elle lui avait permis de découvrir qu'il était capable d'attraction pour d'autres anatomies que celle de son ancienne dominante. Aujourd'hui il rêvait de la voir écartelée, mais il l'observait quand même avec un relent de convoitise : elle était le dernier fruit de son verger, égaré loin de l'endroit qui l'avait vu pousser, comme lui.

Le frison s'ébroua pour se raisonner et fit un prudent pas en avant. Aussi appétissante qu'elle ait pu être, il n'aurait pas vraiment apprécié qu'elle s'écroule sur lui.

" C'est donc comme ça qu'a fini ma Mata Hari ? " ironisa-t-il, ressortant son vieux surnom, " Alcoolique et incohérente ? "

Fort heureusement, la blanche ne put aller très loin. Il se posta à ses côtés comme une sentinelle qui hésite à égorger le prisonnier qu'elle reconduit au cachot et sentit ses oreilles batifoler dans tous les sens, tantôt attentives, tantôt effarées, tantôt colériques.

" Cyrius, " cracha-t-il enfin avec hargne, " Il est dominant des Terres Trompeuses, maintenant. Tu vas lui concocter une rumeur de ton invention, à lui aussi ? "

L'idée n'était pas déplaisante, et aurait mérité qu'il considère l'option de la laisser vivre un peu plus.

Le pluriel qu'elle avait employé indiquait qu'il n'était pas le seul à avoir eu vent de cette tragique - et fausse - nouvelle. Sorrow se creusa l'esprit, soupçonneux. Il n'était pas particulièrement enclin à lui poser plus de questions, mais il lâcha finalement, de nouveau dans sa position de proue de navire, comme s'il allait se jeter sur elle ou tomber par terre :

" ... Qui as-tu fait pleurer ? "


Dernière édition par Sorrow le Mar 14 Aoû 2018 - 8:59, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: Ivresse Publique - Libre    Lun 6 Aoû 2018 - 17:10

  • - Malagraph'


Malag' observait plutôt fixement l'étalon, aussi fixement que le permettait le roulis de la mer sous le bateau dans lequel ils n'étaient pas. Elle n'avait pour le moment qu'une envie, qu'il arrête de bouger dans tous les sens. Elle en aurait eu la capacité, elle aurait rendue le contenu de son estomac sur les souliers du capitaine.

L'ex dominant cherchait à sa mort, une façon. Et il faut dire qu'elle en avait imaginé plusieurs. Crise cardiaque. Tué par Hadès. En solitaire oublié, pourrissant. Noyé. Pendu en place publique. Overdose. Tué par erreur. La Jument ne put s’empêcher, de toute façon elle ne pensa même pas à le faire, de sourire.

- Etouffééééééé paaaaar une framboiiiiiiiiiiiise !!!! Sur quoi elle manqua de peu de s'écrouler sur le sable. Ce rattrapant à la crinière de l'étalon. Ce qui soit disant passant n'est que justice.

Mais qu'est-ce qu'elle avait ri le jour où elle l'avait songé, mourant, étouffé par le fruit rouge. Mais quel con meurt étouffé par une framboise ?! Lui. Le pire est que plus c'est gros, moins les gens posent de questions. Qui ira remettre en doute une mort aussi incrédule ?

Sa Mata Hari. C'est marrant, elle qui aime tant les mots fut touché par cette toute petite préposition. Elle n'était plus rien pour personnes depuis tellement de temps. Et c'était mieux ainsi. Pas d'attache. Même si en suivant cette voie, elle tomberait dans l'oublie, du moins elle serait la jument aux ragots. Puis elle serait omise de tous.

- Je ne suIIIs pas AlcolIIque, il m'a attaqué par derrière !
Se défendit-elle en accusant encore le tonneau. Et je suis reine de la cohérention ! La Cohérention est mon pays !

Malag' avait déjà un mal fou à retenir son nom, alors celui des autres. Mais le nom Cyrius eut résonance en elle. Une histoire de bouse.

- La ruminante est dominante ! Les dieux on mit une vache au pouvoir. Mon cher mort-vivant, tu n'as rien à envier à cette vache scandaleuse. Elle bouse où qu'elle ne passe. Sa devise doit être : BOUSSE OU TREPASSE !

Pas besoin de rumeur pour lui, il est la rumeur à lui tout seul. Et il fallait avoir de l'importance pour avoir son ragot personnel. Et cette vache au grosses mamelles ne méritait pas d'avoir de bruit pour lui courir après, du moins pas venant de Malag'. Si ce n'est celui de son fion. Si l'ex dictateur à salopette voulait prendre ce plaisir qu'il ne se gêne pas.

Tiens c'est marrant le fait de faire pleurer les foules avait l'air de l'intriguer. Quel genre de père était cet imposant étalon frit. La grise l'observa et prit touuuuut le temps qu'il lui était nécessaire pour répondre. Elle n'avait de toute façon, rappelons-le aucune mémoire des noms. Alors si intense que fut ce jour-là cette rencontre, il allait falloir qu'elle creuser profond.

- Uirav ... Non

C'était un nom tordu. La jument l'était aussi, c'était tordu de jeter à la face du monde le nom de ses parents. Elle lui avait tendu une perche grosse comme une montagne ce jour-là. Lui crachant à la face qu'elle pouvait faire ce qu'elle voulait, qu'elle était la fille de Sorrow. Bah elle avait bien vite déchanté, lorsque la grise lui avait apporté ses condoléances.

- Touirna ... Hirva ... Grande noire ... HIOUNY ... Haaaa ! Nan !  Mais c'est tortueux aussi d'appeler ses gosses comme ça !

Elle regardait toujours Sorrow et c'est marrant mais son instinct devait lui crier de partir loin. Mais Malag' n'écoute personne. Ainsi va sa vie. L'ivresse avait dû tuer plus d'un inconscient. Elle quitta le visage du mâle pour regarder la mer. Pourvu qu'il n'aime pas sa fille.

- Bah !! Elle s'appelle comment ta fille déjà ?  D'ailleurs toutes mes félicitations.
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Sorrow
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MessageSujet: Re: Ivresse Publique - Libre    Lun 6 Aoû 2018 - 18:07

Sorrow poussa un hennissement douloureux et dégagea sa crinière des dents trop pointues de la jument blanche. Il ne s'agissait pourtant pas de ce qu'elle avait de plus dangereux dans la bouche : sa longue langue bien pendue, qui remuait trop vite et trop souvent, aurait bien mérité d'être arrachée en même temps que les incisives.

Il broya du noir quelques instants. Il l'imaginait parfaitement en train de se gausser jusqu'à avoir la gorge sèche alors qu'elle créait son mensonge, lui accordait quelques petits détails, le transformait en une version guignolesque de lui-même. Il était rageant de pouvoir lui-même se représenter, la face bouffie et violacée, alors qu'il étouffait sur son péché mignon et l'entendait rire aux éclats en arrière fond, une spectatrice particulièrement impliquée dans l'action.

Pas la peine de s'illusionner. Si elle avait échafaudé sa mort avec tant de plaisir, c'est qu'elle ne serait pas intervenue pour le sauver aux portes du trépas. Trépas qu'il n'était pas encore prêt à rejoindre, quoi qu'elle et les autres aient pu dire. Il avait des choses à faire ; on abattrait pas le loup si facilement.

Il préféra s'écarter alors qu'elle se perdait dans des élucubrations insensées, ne serait-ce que pour éviter son haleine, qui la rendait encore plus antipathique. Il se demanda de quel pays elle pouvait bien venir, et où exactement on apprenait à devenir reine du commérage, mais il n'hésiterait pas à la renvoyer d'où elle venait avec un bon coup de pied dans le derrière, s'il ne se débarrassait pas d'elle sur le champ.

Il s'accorda un instant pour l'imaginer restant dans le troupeau des Terres Orphelines, se demanda si elle serait un atout ou un désavantage. Une arme ou un poison. Avait-il su l'utiliser correctement ? Pouvait-on seulement maîtriser cette langue de serpent ?

Ses pensées le ramenèrent à Fifa, qui était plus facilement imaginable que Kuro. Pourraient-elles s'entendre... ?

Un autre dominant fut victime de la langue avinée de 'Graph (puisque cela avait longtemps été son nom pour lui). Sorrow se tint coi. Ce n'était pas lui qui irait contredire toutes les médisances que l'on pouvait faire sur le compte de Cyrius. Ses pensées l'emmenèrent vers Nazz'ariah qui l'avait menacé à chaque fois qu'il avait placé un mot de travers sur le nouveau dominant.

Un petit sourire tordu vint brièvement trôner sur sa figure. Malagraph' aurait déjà été plus égratignée que maintenant si elle avait eu affaire à la dominante.

" Et toi tu répands du venin partout où tu vas. Quelle différence ? " demanda-t-il finalement, presque songeur.

Il se rapprocha d'elle à nouveau.

Il comptait Cyrius parmi ses ennemis. Il n'était pas difficile d'associer les deux énergumènes : tous deux caractérisés par leur horripilante insolence et par le fait qu'ils ne pouvaient presque jamais tenir leur langue. Si Cyrius s'était reconverti en commère, il aurait probablement fait trembler Horse-Wild.

Une salve de syllabes tomba dans le sable. Sorrow s'immobilisa et contempla ce dernier fixement, attendant que le bon nom soit craché par terre pour fumer, embraser, réduire tous ces détritus en cendre.

Ses vertèbres poussèrent un geignement plaintif lorsqu'il tourna la tête pour la dévisager. La colère l'habitait déjà ; mais elle l'envahissait à présent, une armée victorieuse qui attendait qu'il retourne l'arme vers l'ennemie. Peu importait qu'elle soit à peine consciente.

Elle venait d'atteindre ce point de non retour dont les âmes suicidaires rêvent tant.

L'inconnue regardait la mer. Son visage était pâle. Blanc. De si près, il pouvait retrouver tous les traits qu'il avait observé il y a si longtemps de cela, morcelés par les feuilles et les ombres du verger. Tentateur, le verger.

La tentation n'était, avec elle, jamais bien loin.

Il tourna la tête, lentement cette fois. Un calme plat tomba pendant quelques instants bénis. Les vagues s'écrasèrent, grises, déposant de nouvelles offrandes sur le sable avant de se retirer.

Sa fille. L'enfant qu'il devait protéger. L'enfant dont la mère était morte. L'enfant que l'inconnue - Graph' - avait rendue orpheline. Seule au monde.

Elle ne pouvait jamais être seule au monde. Il l'avait juré.

" Ma fille s'appelle Hyuna'. "

Et, se dressant comme un crotale qui découvre qu'il a lui aussi du venin, il se saisit de son encolure et la secoua comme le ferait un chien un jouet qu'il va bientôt détruire, sentant bientôt perler sous sa dent un sang rubicond.

Voilà bien longtemps qu'il n'avait pas senti ce liquide épais couler en son nom.
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MessageSujet: Re: Ivresse Publique - Libre    Lun 6 Aoû 2018 - 23:00

Malagraph'

Du venin, elle n'avait jamais vu ça ainsi. C'était plus comme un doux parfum collant à la peau. Elle ne souhaitait pas la mort de l'étalon, mais en discuter avait quelque chose de jouissif. Les réactions des gens l'étaient encore plus. Et jusque là elle avait eu de la chance. Mais le vent tourne. Et à voir la tête de l'étalon, cela ressemblait au calme juste avant une tempête.D'ailleurs, il y avait eu une tempête le soir même où elle l'avait annoncé à sa fille. C'est marrant.

Il avait une mine qui aurait dû paraître inquiétante pour la jument. Qui aurait dû mettre tous les voyant au rouge. Lancer les alertes. Tendre les muscles. Déguerpir. Elle et tous ces autres elles, qui qu'elle ne soient. Malag', Graph', Mal', Agra', Aph', Lagra' Mata Hari. Tous sans exception. Que nenni. Le papillon ne prêtait guère d'attention au gros chat. Encore moins au tigre. Batifolant. Malag' avait largement usé et butiné les mots, le temps et l'humeur des autres. Et il semblerait que le temps était venu qu'elle se prenne un revers de médaille.

Elle ne l'avait pas vu venir. De toute façon, elle l'avait cherché et était loin d'être sur ses gardes. Mata Hari est saoule. Pleine comme une pute aux heures de pointes. Et lui ce bougre il n'avait pas peur, pas peur de faire la queue et d'attendre son tour, pas honte de s'en prendre à une pauvre petite jument ivre et sans défense.

Elle se demandait s'il aimait beaucoup sa fille et à voir l'ampleur de la réaction, c'est un oui. Mais le genre de oui que fait une mariée très amoureuse. Oui c'était cela, cette Hyuna' avait un père protecteur. Enfin on dirait bien. Un nom tordu et un papa sur les nerfs.

La tête de la grise s'était mise à balancer violemment, mais elle ne s'y était pas mise seule. Le noir l'alpagué comme on amarre un navire. Un cri d'indignation digne d'une jument ivre sorti de sa bouche. L'alcool l'avait un peu anesthésié et si demain vient, elle sentirait beaucoup plus la morsure de l'étalon, mais pour le moment, son plus gros désagrément était d'avoir la tête ballottée, ce qui lui donnait le mal de mer.

- Je vois vraiment pas ce qui te chagrine. Fit elle au rythme des balancements. Ta fille n'en est pas morte. Prend pas la mouche.

Elle remarque une tâche rouge sur le sable et ce découvrit une phobie. Sa dernière goutte de sang remontait à longtemps et elle ne préférait pas s'en souvenir. La goutte fut rejointe  par d'autres, absorbées par le sable comme le rhum, mais laissant une marque. La grise, à défaut de ne pouvoir vomir, tourna de l’œil poussant un petit cri à faire peur.Et s'il ne lâche pas, l'étalon serait emporté dans la chute de la jument.
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MessageSujet: Re: Ivresse Publique - Libre    Lun 6 Aoû 2018 - 23:27

Il était regrettable qu'on ne puisse pas se saisir de la bouche de quelqu'un. Suturer. Fermer à tout jamais. Empêcher la puanteur des mots de sortir et la remplacer par du pus, de la rouille, de l'infection. Il aurait fallu l'infecter jusqu'à ce qu'elle ne puisse plus que vomir la pourriture qui habitait son esprit, sans la déguiser avec ses mots voyageurs.

"Voir rouge". C'était une exagération. Jamais sa vision n'avait été envahie par le foulard que l'on agite à la corrida. S'il avait toujours été sanguin, dès sa plus tendre enfance, il avait progressivement perdu cet instinct qui le forçait à vouloir terrasser jusqu'à ce qu'il ne reste plus que des miettes, des restes, un peu de cendre. Cet instinct rattrapait les années perdues et revenait au galop en brandissant son étendard écarlate.

Les gouttes tombaient, lourdes, épaisses. Il n'avait jamais vu de rubis dans le sable. Il était un pirate qui se découvrait de nouveaux trésors.

La jument tanguait comme un navire prit dans la tempête. Il aurait été facile de descendre un peu plus bas et de planter ses dents dans une autre veine. Il n'était cependant pas un vampire assoiffé et il appréciait ce mouvement de balance, cette sensation qu'il créait un tremblement de terre. Mais il ne l'achèverait pas comme ça.

Il fallait trouver la jugulaire pour cela.

Sa voix parvint à ses oreilles trop clairement. Il regretta qu'elle puisse encore babiller et resserra sa prise brièvement, mais sentit qu'elle mollissait entre ses mâchoires. Elle s'écroulerait bientôt.

S'aurait été le moment idéal pour aller trouver cette grosse artère et la percer. S'aurait été facile. Elle n'aurait même pas protesté. Elle était ivre et se déplaçait comme une poupée de chiffon, qui tombe par terre au moindre tremblement et s'emmêle les membres, son petit sourire béat perpétuellement cousu sur la figure.

Hypocamp' était morte comme cela. Une vie qui ne tenait qu'à un fil rouge. Et lorsque ce fil est coupé, il ne fait pas que se rompre et pendre. Non. Il s'effiloche, lentement, jusqu'à ne laisser qu'une mare rouge au sol.

Une mer. Un océan.

Une mer murmurait non loin de là. Elle soupirait presque, cette vieille souffreteuse, et pourtant elle n'était pas du genre à avoir peur du sang. Elle recrachait constamment des cadavres sur ses flancs. Et qui pourrait différencier ce corps-là de celui d'un marin défiguré par les pieuvres gourmandes ?

Tu as dit à ta fille qu'elle ne tuerait pas et pourtant, toi...

Il la lâcha. Elle s'écroula, manifestement affaiblie par il ne savait trop quoi. Peut-être ses dents.

Il entrouvrit la bouche et réalisa avec dégoût qu'elle était pleine de sang.

Sorrow lui rendit son hémoglobine en la lui crachant dessus. Un ornement des plus charmants, sur un corps immaculé.

" Bien sûr, que tu ne peux pas comprendre. Tu ne sais pas comprendre la vérité."

Il baissa la tête. Sa crinière la recouvrit, enveloppa son visage comme le ferait un voile. Ses lèvres effleurèrent la ganache.

" Je suis tout ce que ma fille a au monde. Et toi, tu n'as rien du tout. "
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MessageSujet: Re: Ivresse Publique - Libre    Mar 7 Aoû 2018 - 14:16

Malagraph'

Elle avait tourné de l'oeil, mais la mauvaise graine ne perdait pas connaissance aussi facilement. Enfin quoiqu'elle avait encore une fois choisi la facilité, de toute façon elle n'est pas taillée pour le combat, encore moins ivre. Elle s'était simplement écroulé, le plus simplement du monde. Elle avait voulu de l'attention. Elle en avait eu. Comme qui dirait, elle avait poussé le bouchon trop loin. Elle avait poussé le jardinier dans les orties. La bouteille de rouge avait débordé. Elle avait attaqué la chair de la chair d'un autre. Comment aurait-elle réagit ? Valait mieux ne pas y penser. Ne jamais y penser. Oublier, c'était son but depuis le début.

L'ivresse, c'est cet état dont on peut sortir en cas de crise, lorsque votre mère rentre plus tôt du travail, que votre mari vient vous chercher au bar, que la police vous arrête, on dessaoule en l'espace de dix secondes. Rien d'étonnant à ce qu'elle n'ai pas su se servir de cette option. Enfin pas à temps, maintenant elle commençait à sortir de cette brume protectrice.

Elle décuvait violemment. Elle aurait la gueule de bois après avoir dormit ou avant, allez savoir. Peut-être qu'elle aurait même oublié avoir rencontré l'étalon. Ce demandant ce qui avait pu lui arriver. Les sensations vinrent comme la patte du chat s'abattant sur le papillon, en silence, rapidement et brutalement. Elle poussa une plainte en épousant le sol.

Sa robe blanche déjà tachée le fut encore plus par les postillons sanglant du noir. Ils s'entendaient bien avant tout les deux. Mais Malag' ne savait pas entretenir des relations cordiales. Pour sûr.

Il était tellement proche d'elle à ce moment-là qu'elle réussit à entrevoir ce que pouvait être la peur. Sa peur à elle. Ses crins noirs l'effleurant autant que son souffle. Il aurait pu l'achever là, maintenant. Mais ne lui aurait-il pas rendu service ? Car ce qui est sûr, c'est qu'elle recommencerait. Elle aurait des ennuis, puis d'autre. Elle ne pouvait avoir une vie simple.

Nan il préféra les mots et toucha en plein cœur. Dans le mile. Elle avait eu beau mettre la plus grosse des coquilles autour d'elle, il l'avait percé comme une bulle de savon. Elle n'a rien, rien que ses mots. Même son nom tombait dans l'oublie depuis des années.

Elle ouvrit la bouche. Elle chercha, une excuse, une insulte, une pirouette. Mais il l'avait soufflé. Son plus gros problème serait qu'il l'avait mise à jour. Elle n'aimait pas sa propre faiblesse. Elle ferma les yeux, les rouvrit. Cela aurait été tellement plus simple si elle s'était évanouie pour de bon.

-Pars. Vas-t'en ! supplia t-elle. Son mur était tombé comme neige au soleil. Et la jument ne souhaitait pas voir son reflet dans l'oeil de Sorrow indéfiniment. Laisse moi cuver ...  oublier t'avoir rencontré aujourd'hui
 
Oublier cette fâcheuse matinée, toujours dans l'esprit de cette même facilité. Maintenant il ne lui restait plus qu'à espérer qu'il ne tienne pas à la vengeance au point de rester avec elle à lui souffler des mots doux jusqu'au crépuscule.
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MessageSujet: Re: Ivresse Publique - Libre    Mer 8 Aoû 2018 - 16:38

Il était courant que les mots fusent, sur Horse-Wild, particulièrement lorsqu'il était concerné. Mais il était plus rare que l'adversaire admette qu'il avait été touché par l'attaque : souvent, les mots acerbes étaient échangés sans qu'aucun des deux jouteurs ne veuille bien reconnaître que le sang avait été tiré. Aussi les duels s'éternisaient-ils et tournaient en rond, sauf lorsque l'on avait droit à un adversaire de choix, comme Cyrius et Graph'.

Malheureusement, l'éloquence de cette dernière s'était enfuie dans son corps et s'y terrait, cuvant le vin avec le même hébétement qu'elle.

Sorrow aurait bien aimé crier victoire, mais c'était une victoire sur un bateau ivre. C'était comme s'emparer du bien d'un porte-drapeau assoupi. Jouissif, comme tout larcin, mais rapidement décevant.

La bouche de Graph' était ouverte sur du vide. Les mots lui manquaient, enfin, et c'est cette victoire qu'il emporterait avec lui, plus que celle de ses dents sur sa chair blanche. Le goût acre de son sang stagnait encore dans sa bouche. Il se détourna, loin d'elle cette fois, pour cracher quelques gouttes rouges, pris d'une sorte de lassitude désenchantée. Il se souvenait qu'il l'avait appréciée, fut un temps. Elle avait toujours été exécrable, mais il ne l'avait pas cru mesquine.

Il avait eu tort.

Qu'était-il advenu de Hyuna' ? Cette fille intrépide, mais imprudente. Plus fragile qu'elle ne le laissait croire. Une enfant cachée dans un corps d'adulte, si prompte à être déraisonnable.

Une part de lui, mesquine comme 'Graph, comme Mata Hari, se serait sûrement réjouie de voir son visage défait alors qu'elle apprenait sa mort. Il se serait repu de ses larmes, ravi d'être chéri par cet être qu'il avait conçu.  Il aurait eu le plaisir de voir le deuil de sa mort avant même d'avoir rejoint le tombeau.

Mais ses bas instincts restaient courageusement bas, enfouis dans ses profondeurs.

" Personne n'est jamais mort de ce genre de blessure, " rétorqua-t-il d'un ton critique, " Et mes dents ne sont pas enduites de poison. Tu vivras. "

Une touche d'humour malencontreuse :

" A moins de te rouler frénétiquement dans du crottin pour tout infecter. "

Il se demanda si elle en était capable, mais il ne l'avait jamais vraiment cru suicidaire. Etait-elle triste ? Etait-ce de la tristesse qui la poussait à agir ainsi ?

Il fallait museler ce genre de pensées. C'est en cherchant les motivations d'un être qu'on apprend à l'aimer.

Sorrow se redressa, laissant au corps blanc un peu de répit. Elle ne s'en sortirait pas si facilement.

" Excuse toi, " demanda-t-il d'abord, impérieux, avant de rajouter après un instant de silence : " Et donne moi ton nom. "

Elle mentirait sûrement. Et que ferait-il de son mensonge, sinon des petits bateaux de papier à offrir aux tempêtes à venir ? Mais il voulait tenter, une dernière fois, d'extraire la vérité de son corps.

Il n'avait pourtant jamais été un optimiste.

" Je pourrais même te promettre de ne jamais le répéter à quiconque. "
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MessageSujet: Re: Ivresse Publique - Libre    Mer 8 Aoû 2018 - 23:18

Malagraph'

Bon elle pouvait toujours espérer, il n'allait pas partir.  Bien sûr qu'elle n'allait pas mourir de ça. Et puis, qu'est-ce qu'il en savait d'abord ?! Suffit d'un grain de sable pourrit, d'une algue douteuse, que la mer remonte et ne l'emporte. Et puis peut être qu'elle allait se vider de son sang ! Que Cyrius viendrait lui chier dessus. Avoir de l'imagination n'a pas que des avantages. Un requin pourrait l'attraper. Un essaim d'abeille la prendre pour ruche.

Bon oui elle extrapole, mais pas de beaucoup. Il y avait les loups, les chacals, les crotales, les chevals ... Et encore.  Ou encore pire, les fourmis, rouges, noires, jaunes, vertes et pire encore, la poussière. On ne se méfie jamais assez de la poussière.

Elle trouva le moyen de soupirer, elle lui aurait bien rétorquée que lui était mort étouffé par une framboise.  

Enfin pour une fois elle tenue sa langue, elle n'irait pas lui donner la lame pour l'achever. Déjà que la situation était critique, elle allait mourir mangée par des fourmis de mer.

Il recula, elle put enfin respirer sans avoir l'odeur de Sorrow lui pénétrant dans les naseaux. Elle releva l'encolure. Elle n'allait certes pas pousser son dernier souffle ici, ce n'est pas pour autant que c'était indolore. Et vu qu'elle décuvait aussi vite qu'elle était devenue saoule. Du moins c'est l'impression qu'elle avait à cet instant. Elle reposa sa tête au sol.

Elle pouvait être raisonnable, elle devrait être raisonnable. De toute façon elle allait trépasser ensevelit par le sable. Noyée. Écrasée par un navire échoué. Pire par un baril de rhum. Et il voulait des excuses. Raisonnable Malag'. Elle inspira, il avait piqué en plein coeur, mais maintenant. Maintenant, il en demandait trop. Il imaginé avoir des excuses ? Du moins, quelque chose d'honnête ?

Et maintenant il voulait son nom en prime. L'ancien seigneur n'avait pas perdu son ambition. Ni de sa fougue d'ailleurs.

- Tu es déraisonnable
, Sorrow. Fit la grise s'empêchant de peu de le surnommer. Qu'importe comment.

Elle ne pu par contre empêcher un à peine perceptible sourire. Lequel des deux était le moins raisonnable ?

Il voulait son nom, elle n'était pas encline à lui donner, qu'en ferait-il ? Et était elle d'humeur à lui mentir ? En inventer un. Un de plus. Pas vraiment. Et pour les excuses, il pouvait toujours courir. Il n'avait aucune nécessité à avoir ses regrets. Et elle n'avait que faire de son pardon, car l'un ne peut aller sans l'autre.

Et elle n'avait confiance en personne. Même pas en elle-même. Alors en lui, quelqu'un à qui elle avait fait un coup tordu. Elle aurait voulu, mais elle ne l'avait pas prononcé depuis tellement de temps que même si elle avait ouvert la bouche, tout ce qui en serait sorti serait surement de la poussière.

Elle passa de la position avachie telle une vache, qu'elle n'est pas, à celle de couchée sur ses membres, tête relevée. Se rendant ainsi compte qu'elle n'avait pas tout à fait éliminé le rhum. Elle ne se sentait pas de se remettre debout et à vrai dire elle avait un peu peur que l'ex tyran ne la recouche d'amblait.

Elle se mordit la langue pour retenir ses paroles. Quelques secondes, peut-être. Mais les mauvaises habitudes ont la peau dure.

- Je n'ai aucun remords. Mes seules excuses seront hypocrites mon ami.


Elle le regardait, appréhendant un peu sa réaction, elle ne tiendrait jamais parfaitement sa langue. Qu'importe à quel point elle essaye. Langue fourbe et fourchue. Il n'est pas son ami, il l'a blésé dans tous les sens du terme. Lui balançant sa solitude en pleine poire.

Elle aurait voulu se lever et partir, jetant un oeil sur la plage, mais elle doutée de ses capacités à le faire et encore plus de celles de Sorrow à la laisser faire.  
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MessageSujet: Re: Ivresse Publique - Libre    Jeu 9 Aoû 2018 - 0:23

Déraisonnable. Oui. Il l'était. Il l'avait toujours été. Le succès n'appartient qu'aux gens qui sont bourrés de déraison.

Elle aussi l'était. Déraisonnable. Et elle avait du succès dans ses entreprises, malgré la nature désagréable de ces dernières. Elle était une menteuse parfaite. Une Arachnée qui finirait sûrement par un jour provoquer la colère d'Athéna.

'Graph aurait été une excellente servante pour les dieux d'Horse-Wild, qui se repaissaient sûrement avec volupté des derniers ragots. Rien de plus ennuyeux qu'une vie tranquille sur l'Olympe, alors que les petits êtres s'agitent, s'implorent, se mêlent et se démêlent, se tuent et s'aiment dans le même élan.

Peut-être avait elle quelque chose de divin. D'insaisissable.

Et peut-être avait-il lui aussi été intoxiqué par un peu de sa vinasse.

" Je sais, " chuchota-t-il.

Le soleil laissait une longue traînée orangée dans le ciel et baignait le sable d'une lueur mordorée inhabituelle. Deux goélands s'étaient mis à voler au-dessus d'eux en rond. Peut-être croyaient-ils qu'elle était morte. Il n'avait jamais vu des oiseaux dévorer un cheval encore vivant.

Vivante, elle l'était. Quoiqu'elle ait pu en dire.

Malgré sa défaite, il était certain que les mauvais mots tournaient encore dans cet esprit. Il ne pourrait pas changer 'Graph. Il ne pourrait la modifier, la rendre meilleure pour lui. Et il ne pouvait non plus se permettre de la comprendre, de lui offrir des excuses qu'elle lui refuserait de toute façon.

Ils se tenaient dans une impasse devant une mer déployée à l'infini.

Ses yeux se plissèrent. Le vent marin les attaquaient.

Il ne pourrait pas affirmer qu'il l'avait faite plier jusqu'à la tordre.

" Le suis je vraiment ? Ton ami ? "

Ses yeux retombèrent sur elle.

" Je n'ai jamais tué un des miens, Mata Hari. "

Voilà ce qu'elle resterait pour lui. L'espionne, la bonimenteuse, la menteuse sans le bon précédant le mot d'avant. Ils se laisseraient comme ça.

Il fit un pas sur le côté. Les carcasses des navires lui donnaient envie, tout à coup. Elles ne pouvaient rien cacher. Squelettes mis à nu, dont les seuls secrets étaient leur provenance, leur périple, ce qui les avaient amenés jusqu'à la déchéance.

Ils avaient aussi un peu de ce divin en eux.
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MessageSujet: Re: Ivresse Publique - Libre    Jeu 9 Aoû 2018 - 18:20

Malagraph'

Le vent souffla une bourrasque. Levant le sable. Tournoyant au sol. Il recouvrirait les débris, en découvrant d'autres. Malag' ne ferait pas parti de ces débris. La mer léchait le sable comme le chat lèche sa patte. Comme le chien lèche sa plaie. Celle de la grise serait pansée sans problème.
Les humeurs semblaient calmées. Les mots acerbes moins piquants.

Était-il son ami. Cela dépend de chacun, mais surtout de lui. Quel genre d'amis auraient ce genre d'altercation ? Les amis se battaient-ils ? Se provoquaient-ils ? Boule mordait il Bill ? Voulait elle avoir un ami ? Voulait il d'elle quelque part dans la sienne ? Et malgré tout, ne l'était il pas malgré eux.

- A t'on une relation qu'aurait des amis ?

Peut-être que lui le savait, mais elle n'en avait aucune idée, ici il était possible que les liens soit défini autrement. Mais qui voudrait de ce genre d'attache. Le genre qui pouvait te cracher dans le dos ou bien te mordre. Te poignarder par derrière ?

Les mots elle en était reine, elle maîtrisait leurs langages, mais il y a ceux qu'on ne s'attend pas à entendre. L'un des siens. Elle n'était le sienne de personne du moins de s'était jamais considérée ainsi. Elle fut touchée que lui puisse le faire, qu'il puisse penser qu'elle des siens.

Sans doute qu'elle pourrait lui dire. Elle plongea son regard dans celui de celui qu'elle avait un jour appelé poisson frit. Le pouvait-elle ? Elle poussa sur ses antérieurs, se relevant bancalement. Elle ne se faisait pas confiance à elle, alors aux autres.

-Si tu ne connaissais pas le pouvoir d'un nom, c'est maintenant le cas. Que fera tu du mien si je te le donne ?

Elle ne pardonnerait pas facilement, si elle donnait son nom, elle donnait sa vie. Mais elle ne voulait plus être la seule à le connaitre. L'idée de le partager avait germé et il était le seul à qui elle pouvait se permettre.

- Iras-tu le crier du haut d'une falaise ou le gardera tu pour toi ? Fit-elle, le fixant le plus sérieusement du monde. L'heure est grave. L'identité d'une menteuse n'est pas à prendre à la légère.

Elle était prête à sortir de l’anonymat, pourtant il était tellement plus rassurant. Mais ce ne serait que pour un jour et s'il lui promettait de le garder.
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MessageSujet: Re: Ivresse Publique - Libre    Ven 10 Aoû 2018 - 15:49

Il n'était pas complètement absurde que 'Graph choisisse de faire demi-tour et de se contredire. Elle n'était de toute façon qu'une contradiction vivante, une gigantesque plaie qui refusait de guérir et qui devait toujours suinter plus de pus tout en maintenant l'illusion que la peau serait neuve un jour, dans longtemps, lorsque l'on aurait complètement oublié ce qui avait causé le préjudice.

Sorrow regarda à côté de lui. Le rhum n'était plus qu'un souvenir, englouti par le sable sans même laisser de tâche. La bavure passerait inaperçue. Si on en croyait les yeux un peu plus clairs de la jument, l'adrénaline avait enfin chassé des veines les quelques gouttes d'alcool, bien qu'elle exhala encore le parfum fort et presque envahissant de sa mésaventure.

Si les rôles avaient été inversés, que ce serait-il passé ? Il perdait rarement ses moyens, bien que la colère le poussa encore, à son âge, dans des retranchements que de jeunes adultes ne connaissaient parfois même pas. D'aucun aurait qualifié de miraculeuse l'absence de crimes trop sévères sur son tableau de chasse, et lui-même se surprenait parfois à chercher à tordre et retordre des actions passées, afin de déterminer ce qu'il avait été vraiment, un être ignoble ou un être dans le vignoble des Terres Orphelines.

Si elle l'avait trouvé ivre, elle se serait moqué de lui. Elle aurait tellement rit qu'elle aurait fini par ne plus jamais savoir rire, ayant perdu une sensation qui s'est essoufflée en dehors du corps et a décidé de le quitter pour toujours, caracolant dans le souvenir d'une gaieté trop puissante. Il aurait babillé comme un nouveau-né, rugit des imprécations - entre le fauve qui a une épine plantée dans le flanc et le nourrisson maladroit qui ne sait pas encore vraiment ce que sont ses jambes. Le sang n'aurait pas coulé, mais l'encre aurait rendu la feuille tellement noire qu'elle serait devenue néant.

Qu'est-ce qu'un ami ? Il l'observa. Il se serait sectionné la langue avec les dents avant d'admettre qu'un défaut dans son caractère l'avait empêché d'être l'ami de qui que ce soit. Il s'était toujours rapproché des autres avec cette méfiance qu'avait imprégné en lui la nature, et s'il avait pu connaître l'amour, trop sanguin pour ignorer ces choses-là, il n'avait jamais cherché à vraiment se lier d'amitié. Il s'était lié avec ses ennemis si étroitement parfois que les frontières étaient devenues floues.

A son âge, certains de ses plus chers ennemis ont déjà disparu. D'autres sont là. A moitié ivres. Sans remords, comme un ennemi doit l'être toujours.

" Les amis ont-ils toujours les mêmes relations ? " rétorqua-t-il finalement, plutôt convaincu par sa réponse. Deux êtres atypiques ne pouvaient vraiment se complaire dans la normalité.

'Graph avait tellement décuvé qu'elle pouvait à présent chercher et trouver son regard. Sorrow se demanda ce qu'elle pouvait bien avoir envie de dire, maintenant qu'elle avait refusé tout. S'il y avait encore une injure à glisser dans la fente, la petite boîte aux lettres serait bien vite remplie.

Elle ne lui promettait pas des excuses.

Le frison se tourna afin de se tenir bien en face de son corps qu'elle venait de relever.

" Si j'allais le hululer sur tous les toits, " entama-t-il, critique, " Qui donc saurait que c'est le tien ? "

Il aurait pu le psalmodier à l'intention du vent comme un mantra que les oreilles baladeuses n'auraient pas compris. Les chevaux vivant sur Horse-Wild ne savaient pas se préoccuper des choses intéressantes. Lorsqu'ils apprenaient qu'ils avaient affaire à un ancien dominant, c'était la dérision qui leur venait aussitôt, et non pas la curiosité d'apprendre ce qui avait mené à la déchéance.

C'était aussi la raison pour laquelle nombre d'entre eux ne sauraient jamais régner.

" Soit. Je sais garder les secrets. Je pourrais même l'emporter dans la tombe, lorsqu'on creusera véritablement cette dernière. Et là dedans, il n'y aura que les vers pour le voler sur ma langue. "

Qu'est-ce que cela pouvait bien faire, d'être le seul à connaître son nom ? Était-ce une démangeaison constante, ou une plaisante certitude ?
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MessageSujet: Re: Ivresse Publique - Libre    Ven 10 Aoû 2018 - 22:48

Malagraph'

Qu'est-ce qu'elle pouvait bien en savoir ? Elle n'en avait pas et le seul qui avait pu occuper cette place ne l'avait peut être pas si bien mérité. Et peut-être même qu'il ne l'avait jamais été. La grise préférait ne pas y penser. Plus jamais.

Toujours les mêmes relations, les mêmes relations que qui ? Sur la base de quoi. Elle avait certes décuvée, mais n'arrivait pas à mettre un sens à ces mots là. Tant pis. Elle considérerait que leur relation était celle que pourrait avoir des amis. Qu'importes qui ils sont.

Sorrow lui fit face avant de parler d'un futur proche où il menacerait de se prendre pour un hibou. Un hibou jouant avec son nom. Mais personne n'aurait ce droit-là. Et si d'aucun serait qu'il est sien, elle le serait, tout comme elle serait d'où vient la fuite, vu qu'elle ne pouvait être sienne.

- Moi. Moi je le saurais.


La mer montait, une vague s'écrasa sans bruit contre un navire échoué plus loin. Pendant que le noir appuyé son savoir faire en la matière de secret. Elle avait de toute façon déjà prit sa décision. Si elle devait trépasser, elle ne serait pas anonyme. Enfin pas toute à fait.

Qu'il l'emporte dans sa tombe, futur, lui allait au mieux. Et cette fois, elle ne lui en creuserait pas une par avance. La grise n'aimant pas la redondance. Elle réfléchit, comment s’appelait t'elle déjà ? Comment ses parents l'avaient nommé. Bien sûr qu'elle le savait, mais combien d'année ont passé sans qu'elle ne l'entende, qu'elle ne le pense. Que le vent le porte. Le dire était comme briser une sorte de sortilège, cela avait quelque chose de pas banal.

Elle inspira, il aurait fallu une cérémonie pour un tel acte de bravoure. Malagraph' délivra t-elle dans le vent.

Son regard était sur lui, elle venait de briser au moins sept ans de silence. Elle se sentait presque  plus légère et pourtant rompre une telle période d'anonymat était pour elle assez lourde de sens. Elle ne tenait pas à être trahi comme elle pouvait le faire. Elle avait de toute façon si usé son cota de traîtrise avec lui. Il avait promit, plus ou moins. Elle ne le menacerait donc pas.

- Eh bien. Ne l'use pas mon ami hibou. J'ai vos noms en otages. Ne put elle tout de même s'empêcher de dire.

Malag' ne tiendrait pas sa langue si facilement. Et par vos, elle parlait de Sorrow et de celui de sa fille, dont l'attachement était plutôt touchant. Bon l'idée n'était pas de se remettre l'ex dominant à dos. Juste de prévenir.
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MessageSujet: Re: Ivresse Publique - Libre    Lun 13 Aoû 2018 - 18:31

Trop absorbé, peut-être, par ses années passées scruté par les autres, et trop habitué à être devenu une rumeur, un écho, un nom, il n'avait pas songé à l'éventualité qu'elle puisse seule se reconnaître. Lui qui avait parfois été plus un nom qu'un être, il avait affaire à un corps sans identité. Une de ces tombes innombrables que l'on retrouve dans les flancs de la vallée du Nil et qui contiennent des restes désossés par les années passées à se gaver de sable, mais curieusement encore chevelus, des mèches rousses, noires, blanches d'une étrange individualité. C'était ce qu'elle resterait pour lui. Individuelle.

Pour les autres, elle serait une créature dont la tombe ne porte ni nom, ni épitaphe. Un mort anonyme, qui n'a pourtant pas trépassé pour sa patrie.

Il l'avait peut-être conservée au sein des terres Orphelines, mais elle lui paraissait apatride. Et s'il fallait vraiment lui accorder un droit d'asile, alors il ne pouvait que saluer son choix. L'anonymat n'est pas chose rare parmi les orphelins.

Elle devrait donc partager sa tombe. Ce serait lui qui graverait son nom, non pas sur sa pierre tombale mais dans son esprit, et qui le promènerait, l'étrennerait comme un enfant capricieux le fait un nouveau jouet qu'il a tant désiré et qu'il traite encore avec une sorte de révérence, incapable de croire que ses parents l'aiment assez pour lui avoir décroché l'étoile tant voulue.

Ils partageraient le sépulcre. Sorrow aurait presque pu trouver cela romantique, s'il n'avait pas la sensation de déjà enterrer avec lui une quantité de choses, de souvenirs, de personnes. Lorsque l'on mourrait, les âmes perdues durant la vie venaient-elles se lover aux côtés du défunt pour l'accompagner dans la putréfaction ? Et que dirait Hypocamp', lorsqu'il se trouverait en face d'elle ? Elle l'attendrait sûrement aux portes des Enfers, trépignante, mais il ignorait si elle lui reprocherait son manque d'enthousiasme pour la vengeance ou si au contraire elle louerait ce dernier, ce désir de protéger la fille chérie, conçue, attendue, désirée.

Une bourrasque de vent salé emmêla sa crinière, la rabattit contre son visage. Il s'imagina en marin buriné chiquant du tabac en compagnie d'une quelconque fille de joie mauresque, mais il ne possédait ni la casquette ni l'ancre et elle, elle était pâle, les syllabes offertes à la brise si éloignées de ces contrées exotiques.

Malagraph'. 'Graph. Elle lui avait donné une miette, lors de leur première rencontre. Un petit morceau à tremper dans le lait. La fin. L'arrière-pensée. La dernière syllabe emportée par le vent, plus lourde que les débutantes aux accents féminins.

Il la regarda.

" Je maintiens que ta mère voulait un mâle. "

Un sourire presque douloureux vint peinturlurer sa figure. Rappel à leur première rencontre. Avait-elle une bonne mémoire ? C'était sûrement recommandé, lorsqu'on mentait souvent.

La menace de 'Graph - non, Malagraph' -, retomba dans l'oreille d'un sourd. Il avait déjà en quelque sorte juré et était parfaitement conscient qu'elle pouvait frapper fort si tel était son désir.

" Malagraph'. "

Il la regarda. Se demanda si ça lui allait bien.

Sorrow ne trouva pas de réponse. Il devrait interroger la nappe céruléenne du ciel.

L'étalon fit un pas sur le côté. La découverte de la vérité - il ne doutait pas que cela ait été son vrai nom, curieusement - l'avait mis en appétit et avait quelque peu éteint sa soif de vengeance, bien qu'elle ait aussi réveillé la démangeaison qui portait le doux nom de Hyuna'.

" Resteras-tu dans les Terres Orphelines ? " demanda-t-il, presque soupçonneux, à moitié accusateur.
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MessageSujet: Re: Ivresse Publique - Libre    Mar 14 Aoû 2018 - 13:58


  • Malagraph'

Spoiler:
 
Il a beau avoir vieilli, sa mémoire n'est pas resté sur le banc de touche. Lui rappelant leur première rencontre. Ce jour où elle s'était inclinée devant lui. Elle ne connaissait pas la destiné de cette relation et encore aujourd'hui, elle ne sait toujours pas où cela mènerait d'engager cette amitié avec ce maître jardinier déchu de son potager. Qu'allait il advenir de lui d'ailleurs?

Sa mère, elle l'avait aimé, cajolé, puis une fois passé l'âge de l'enfance, une fois qu'elle fut devenue jument, elle l'avait conduite vers la sortie. Peut-être que ses parents avaient effectivement voulu un mâle, après tout.  Quand bien même, c'est elle qui était née et cela ne pourrait changer. Et elle assumée sa vie pleinement, même lorsqu'un étalon furieux venait réclamer représailles.

Elle eut un sourire, imaginant comment cela aurait pu tourner si elle avait été un étalon. Tout autrement, assurément. Mais quel genre d'étalon se comporterait comme elle?

- Ma mère était juste une jument folle à l'imagination infertile. Tout le contraire de moi. Si j'avais été un mâle … Peut-être que cette morsure, fit elle, désignant du regard son encolure, ne serait pas seule.

Enfin, cela aurait couru plus loin que cette journée, toute sa vie aurait été autre. Elle n'aurait peut-être jamais mis les sabots sur l'île. Tout aurait pu être identique jusqu'à ce jour, mais si elle avait été étalon, l'ancien tyran aurait peut être eut plus de fil à retordre, ou moins de scrupule. Enfin.

Question pertinente. Allait-elle rester? Réponse immédiate. Pourquoi partir. Elle lui avait prêté une sorte d'allégeance à lui, mais elle avait fini par trouver son confort là-bas, une certaine tranquillité y règne et tant que cela ne changerait pas, elle y resterait, telle l'ombre des terres qu'elle a toujours été.  

- J'avais dit que j'en serais la dictatrice, au moins une journée et avec la passation qui s’attend depuis tellement de temps maintenant … Je pense que ce souhait est exhaussé. Vas savoir, il même possible que ce dieu qu'ici on vénère, me proclame Calife.

Elle inspira l'air marin, air qui avait vraiment fini par absorber tout reste de ce si doux breuvage traître. Dans le sable et dans l’esprit. Son sang devait être le seul dans lequel on pourrait assurément en trouver des traces. Son encolure mériterait d'être lavée de ce sang, les pluies perpétuelles seraient sûrement salutaire ou le ruisseau sans fond pourrait aussi faire l'affaire. Non elle ne quitterait pas les terres Orphelines. C'était chez elle à présent.

Je resterai sur les terres qui m'ont accueillit, mais je ne pense pas pouvoir prêter allégeance à un autre dictateur. Enfin, elle sourit, avec un élan de nostalgie. Pas de révérence. Et pas d’honnêteté. … Il est bon d'avoir un confident. Et toi? Ne les reprendra tu pas?

Elle serait toujours libre, elle pourrait jurer fidélité mile fois que cela ne changerait rien. Elle est telle la promesse faite à un enfant pour le faire taire. La virulence de l'honnêteté, la persuasion de la vérité et la fourberie du père nöel qui jamais ne passera.

- C'est à toi que l'espionne boulimique a juré une virulente allégeance, tu sais quel genre de personne je suis. Et elle te reste, je pense, cette fidélité. Aussi douteuse soit elle.    
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MessageSujet: Re: Ivresse Publique - Libre    Mer 15 Aoû 2018 - 22:34

Une jument folle à l'imagination infertile. Voilà qui esquissait les contours d'un portrait de famille aux silhouettes hérissées par l'anormalité. Que pouvait-il bien critiquer, en réalité ? Sa propre peinture, trop grande, aurait représenté des personnages tentant de fuir le point de fuite, et on l'avait lui-même affublé d'un nom plutôt sinistre. S'était-il moulé contre les syllabes, ou avaient-elles été prémonitoires ? Qui donc accueillait un enfant avec ce genre de patronyme ?

Son père s'appelait Coeur Noir, ce qui complétait un puzzle si rapidement assemblé.

Malagraph' mâle ? Il avait eu peu d'amis - s'il en avait vraiment eu - et il ne comptait pas d'étalons parmi eux. Black Night avait été la muse de sa rage, le canalisateur de toute sa frustration juvénile, l'occasion d'haïr sans raison, mais jamais il ne l'aurait compté parmi ses camarades. Difficile de considérer l'idée, lorsque l'autre étalon avait tué son premier petit-fils. Requiem. Un autre de ces noms malencontreux.

Malagraph' lui avait aussi fait du tort. Mais il était plus difficile d'arborer une grande rancune contre sa personne, peut-être parce que le sexe faible le rendait faible lui aussi.

" Si tu étais un étalon, tu ne serais peut-être pas vivante à l'instant. "

Qu'est-ce que ça faisait, le meurtre ? Il ne le saurait jamais, bien qu'il parla peut-être trop vite. Que ferait-il, si Kuro se jetait sur lui toutes dents dehors ? Il n'avait aucune affection qui justifia un suicide, aussi faudrait-il mordre en retour et chercher à faire souffrir plus encore.

Ses yeux glissèrent sur le sang qui roulait encore sur l'encolure de la jument. Elle porterait une belle cicatrice.

Un sourire vint retrousser ses lèvres. Il pensait aux nombreuses histoires qu'elle pourrait inventer pour justifier cette trace qu'il aurait presque voulu indélébile. Révélerait-elle la vérité à un inconnu ? Il en doutait. Et s'il ne regrettait pas de s'être vengé de ses mots avec les dents, il ne souhaitait pas particulièrement s'attirer les foudres d'éventuels chevaliers empressés.

Avait-elle des princes charmants sur le dos ? Il paraissait improbable qu'elle puisse stabiliser une quelconque relation.

Son rictus s'étendit alors qu'elle s'imaginait encore sur le trône. Il ne laisserait pas vivre de grand espoir - les menteurs ne pouvaient régner bien longtemps - mais il lui accorderait sans grande réticence le titre qu'elle revendiquait pour quelques heures bénies, et qu'Hadès aille se brûler les fesses dans sa propre fournaise si cela lui déplaisait.

Elle resterait. Sorrow eut un mouvement de la tête, qui n'acquiesçait et ne niait pas, n'approuvait et ne condamnait pas non plus. Elle connaîtrait le règne de ses remplaçants et aurait sûrement le plaisir de croiser son remarquable fils. Il lui souhaitait bien du plaisir.

" A quoi bon ? Je suis vieux et l'un des prétendants au trône veut me tuer. Je vais me confiner dans une retraite paisible et apolitique... "

Son sourire et ses yeux indiquaient qu'il se moquait ouvertement de ses propres mots.

Il devint plus sincère alors qu'elle parlait à nouveau. Sorrow la détailla, cherchant le mensonge. Il choisit de ne pas retrousser toutes les couches de sa peau en quête de ses intentions et accueillit dans son coeur ce baume qui le réchauffa. C'était intéressant. Le fait qu'il arrêtait de sourire lorsqu'il était vraiment heureux.

" Nous sommes quitte. "

Sorrow fit un autre pas sur le côté. Il pouvait distinguer, de là, les contours de l'îlot qu'il avait exploré en compagnie de Cyrius et sur lequel il ne reposerait jamais les pieds.

" Tu pourras me tenir au courant de l'état des framboisiers. "
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MessageSujet: Re: Ivresse Publique - Libre    Ven 17 Aoû 2018 - 17:38

Malagraph'

Non elle n'aurait pas aimé être un étalon, encore moins face à un père mécontent. Être une jument avait quelques avantages, même si savoir que l'on est avantagé, favorisé si l'on peut dire, de part son sexe est plutôt dénigrant. Enfin, elle ne lui en tiendrait pas rigueur. Elle sourit à l’étalon, assez sarcastique. Bon enfant.

- J'ai de la chance alors.


Elle regarda l'endroit où le sable avait absorbé son sang, là où quelques gouttes tombaient encore de façon régulière. Non elle ne se viderait pas de son sang, elle ne pouvait voir la marque mais il était sûr qu'elle garderait une trace de cette rencontre. Dans le temps et encore plus pour les prochaines semaines. Il faudrait qu'elle s'en accommode et quelle excuse allait elle bien inventer ?

Elle qui ne quittait que rarement les terres qui l'avaient accueilli, il avait peu de chance qu'elle revienne ici. Le rhum et bon, mais les réflexes encore moindre qu'ils ne peuvent déjà l'être.  

Le noir eut un air rieur alors même qu'il parlait de sa tête que l'on souhaitait voir sur une pique. Retraite, pour un retraité il était en forme. La grise risquait donc d'être amenée à rencontrer un jour, un étalon qui souhaitait la mort de celui dont elle avait fait graver la tombe. Elle attendait ce jour avec une joie certaine, mais aussi une certaine méfiance. Ce jour là elle n'aurait pas l’inconscience d'un tonneau de rhum. Elle l'espère. Juste celle de Malag', ce qui est suffisant en soit. Largement.

Elle prit un air outré, jouant la corde de l'humour jusqu'au bout, ce qui était le plus simple au vu du déroulement de cette rencontre.

- Te tuer ! Nom de dieu, mais qui oserait ? Rien qu'y penser est un péché.

Elle n'ajouta pas qu'elle porterait le fruit de ce péché. Elle se mordit la lèvre, on ne la referait pas. Elle ne voulait pas en savoir plus en réalité, si elle devait rencontrer celui qui le menaçait, tiens d'ailleurs, ce pourrait être la vache. Non, vu qu’apparemment il a prit les trompeuses. Bref elle préférait avoir la surprise. Au risque de ne jamais savoir.

Quitte. La voilà exonérée de toute taxe, jusque là ça ne lui aurait fait ni chaud, ni froid, mais il disait ça avec un tel sérieux qu'elle sentait presque rassurée. Et puis tout compte fait, elle n'aspirer pas à ce que chaque rencontre finisse en sang. Elle approuva donc l'annonce plaisamment.

L'ex dictateur parla des framboisiers et cela sembla pour elle à un au revoir. Du moins elle avait pour l'instant en tête sa blessure a nettoyer. Son rhum a décuver, en soit dormir et rentrer, ou l'inverse. Elle avait bien envie de lui dire de passer le bonjour à sa progéniture, elle sourit, mais se retient.

- Quittons nous sur cet affranchissement et à l'occasion passe au verger, tu verras comme je prends soin des framboises. Elle ne put retenir un petit sourire malicieux. Promis, j'empêcherais quiconque de t'enterrer  là-bas.  
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MessageSujet: Re: Ivresse Publique - Libre    Dim 19 Aoû 2018 - 14:39

Une question glissait contre ses lèvres avec la souplesse du serpent qui tente de se faufiler dans la tanière, en quête de l'animal encore trop jeune pour se défendre. Lui n'avait pas la jeunesse et l'inexpérience de son côté, mais il avait le poids des années et la rancoeur de sa récente déchéance pour l'immobiliser, le forcer à attendre dans la pénombre qu'un prédateur crochu ne vienne paralyser son corps déjà las avec du venin. Dévorés vivant. C'était comme cela que finissaient les gens qui vivaient avec des remords.

Tu penses que je l'ai mérité ?

Qu'est-ce qu'elle en saurait, Malagraph' ? Ce n'était pas à elle qu'il aurait confié la justice. Elle ne faisait pas partie de ces Erynies qu'il avait rencontré sur les terres Orphelines. Elle ne le poursuivait pas pour ses actions passées. Ses actes n'étaient pas vindicatifs mais hasardeux et jamais il ne pourrait véritablement deviner ses intentions, si elle l'avait voulu mort ou si elle avait voulu s'assurer qu'il reste en vie, si elle lui était fidèle ou si elle recouvrait de pommade cette vieille blessure, cette sensation que rien ne lui resterait acquis.

Ses terres ne le seraient pas. Elles avaient toujours appartenu à Hadès. Là avait été son erreur. Se croire maître d'un lieu que l'on vous prête mais qui jamais ne vous reconnaîtra comme roi.

Il renâcla pour empêcher le rire de sortir. Il était difficile de regarder toutes ces années avec la réalisation qu'elles avaient été vaines et creuses. La dominance ne lui avait apporté que les ennuis qui le poursuivaient encore, mais elle ne lui avait même pas accordé de nouvelles rencontres, n'avait pas resserré ses liens avec la vie. Qu'était-il ? Un exilé qui vieillirait dans la fuite, qui en souffrirait après avoir eu le confort de la vie statique.

Peut-être aurait il été plus facile de s'éteindre comme elle l'avait voulu. Un accident cocasse au milieu d'un jardin d'Eden empoisonné. Son verger. Son beau verger. Tué par sa propre récolte.

" Tu es le pécheur originel, " rétorqua-t-il avec une certaine morgue, tentant de se calmer en regardant son visage. Il chercha sur ses traits quelque chose sur quoi se raccrocher, mais la fatigue le rattrapait encore et elle était bel et bien l'Eve dont se débarrasse si rapidement la Bible, bien qu'elle travailla souvent en concomitance avec le serpent.

Avait-il mérité qu'on le chasse ?

" Je ne sais pas si je pourrais revenir de si tôt, " répondit-il, amertume sur la langue.

Il s'empara d'un de ses crins blancs qu'il tira une dernière fois, le geste d'un gamin insolent qui veut s'attirer maladroitement les faveurs de la petite fille, avant d'inspirer profondément, se préparant à la course.

" Au revoir... Malagraph'. "

Et il emporta ce nom dans son esprit où il resterait caché comme la boîte à musique, prenant le galop avec un autre objectif.

Que lui avait-il dit ? Oui. Sa fille. Il pouvait crier ce nom là. Hyuna'.

Où es-tu ?
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