Jeu de rôle équin
 
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 Maternal instinct

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Nazz'ariah

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MessageSujet: Maternal instinct   Jeu 31 Mai 2018 - 1:05

ft Sorrow
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Délicatement le Soleil se lève sur la forêt tandis que les animaux se réveillent timidement. Certains sortent de leur terriers pour pouvoir découvrir la Nature qui se découvre à leur regard, tandis que d’autres baillent pour ensuite se faire une toilette furtive. On pouvait distinguer un renard qui se gratte l’oreille droite tandis qu’il regarde derrière lui et que des renardeaux sortent en piaillant de la tanière. On peut aussi voir une famille de lapins sortir de son terriers pour venir manger les plantes qui se disséminent ici et là. Mais le plus beau est encore cette biche sortant d’une clairière, avec son faon derrière elle, et venant boire dans une flaque avec quiétude. La matinée est souvent un moment subtil, délicat, dans la journée. Les animaux se réveillent, ils ne pensent qu’à découvrir la nature qui les entoure, et oublie la chaîne alimentaire. Ils vivent tous ensemble, regardant dans la même direction à chaque fois, observant le Soleil qui vient gentiment leur dire bonjour en caressant leur joue avec tendresse.
Ce Soleil vint tendrement caresser la robe de satin d’une jument qui dormait encore debout, le postérieur légèrement levé sur le sol et la tête baissée vers le sol. Un baillement se fit entendre tandis qu’une pouliche isabelle ouvrait elle aussi les yeux sur le Monde. La jument baie ouvrit les yeux, étira son encolure en arquant la tête vers le poitrail et posa un regard empli de tendresse vers sa fille. Cette dernière tourna, elle aussi, la tête vers sa mère et se leva sur ses jambes, encore trop longues pour elle, pour venir vers sa Maman. La jument arabe écarta son postérieur pour que sa petite vint prendre sa première goulée de lait de la journée. Elle adorait cette sensation. Elle aimait cette tendresse qu’elles partageaient ensemble, mais surtout ce lien qui se formait petit à petit. Certes, elles ne se connaissaient pas depuis bien longtemps : quelques semaines, mais la princesse baie avait l’impression d’être née pour cela. Elle avait l’impression que les Dieux l’avaient laissé en vie simplement pour qu’elle puisse vivre un tel moment.
Les heures passèrent tandis que la jument baie lézardait au Soleil, laissant sa fille profiter de son lait maternel mais aussi de l’herbe fraîche. Finalement, la princesse donna un petit coup de naseau sur le dos de sa fille qui dormait, lui faisant comprendre qu’il était temps de rejoindre son père. La petite comprit très vite, se mit sur ses jambes longilignes et fit un premier pas. Lorsque Nazzou fut convaincue de la démarche de son petit ange, elle se mit en route. Elle adorait le cadeau que lui avait offert Cyrius, elle ne le remercierait jamais assez en fait. Il lui avait offert une fille, un royaume et un amour. Que demander de plus au peuple ? Elle ne pouvait rêver mieux. De la princesse souillée, elle était passée à une véritable reine. Bien sûr, il n’était pas encore dominant des Trompeuses, mais elle était convaincue qu’il le deviendrait bientôt. Il était fait pour ça. Il était un Prince, un Roi, c’était une évidence.
Plusieurs heures étaient passées depuis que le duo de Princesses marchaient pour retrouver leurs terres. Mais surtout, elles étaient passées par les Terres Orphelines. Elles avaient fait un détour considérable, mais pourquoi ? Tout simplement car Nazzou voulait découvrir les terres de Fifa, elle voulait voir à quoi elles ressemblaient. Cependant, en remarquant un ruisseau, elle sentit la soif venir délicatement prendre possession de son corps. Alors, sans hésiter une seule seconde, elle trotta vers ce dernier et en but plusieurs gorgées. Soudain, un bruit se fit entendre : sa fille venait de mettre ses antérieurs dans l’eau. Elle se précipita vers elle, la poussant d’instinct, lui faisant comprendre que l’eau était dangereuse pour elle à son âge. La petite isabelle souffla, bouda quelques instants pour ensuite galoper derrière un papillon qui venait de la frôler. Sa mère soupira de lassitude mais la laissa faire, continuant de boire, tout en gardant les oreilles tournées vers sa fille. Elle pouvait sentir tous ses muscles se tendre, au cas où il faille réagir. Soudain, un bruit sourd. Sa fille venait de tomber, elle se retourna brutalement, campée sur ses quatre membres et en remarquant un étalon imposant et noir face à Hallelujah, elle n’hésita pas. Là, elle galopa directement vers elle, se mettant derrière elle, les oreilles en arrière, au cas où l’étalon veuille du mal à sa fille.
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Sorrow
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MessageSujet: Re: Maternal instinct   Jeu 31 Mai 2018 - 2:01

Le goût de la victoire colle-t-il aux lèvres comme du sucre ou s'ancre-t-il dans le fond de la gorge, pâteux et amer, pour remonter jusqu'à la langue et l'envahir ?

Il a connu des victoires. Il a aussi connu quelques défaites. Le sang de Black Night, sirupeux, collé aux dents, et le sel de larmes honteuses brûlant le palet. La victoire, c'était la boîte à musique, avec laquelle il marchait comme un saltimbanque se rendant à la prochaine foire. Mais son pas manquait de légèreté, son regard d'éclat. Il s'était arrêté en discernant les contours retors du ruisseau sans fond, préférant se perdre dans sa contemplation avant de vraiment l'aborder. L'eau ne pouvait se jeter à son visage, mais les souvenirs, eux, le pouvaient, et le feraient sans crier gare, froids et mordants comme cette onde.

Ses yeux avaient embrassé la plaine, y cherchant une tâche blanche. Il ne discernait que l'herbe qui se pliait aux commandes du vent, que l'eau qui tonnait, que le destin qui s'était mis en marche avant lui et bravait les éléments en sifflotant, toujours plus certain que lui. Kuro n'était pas là. Il ne savait pas si sa petite déception était naturellement masochiste, ou si s'était sa rencontre avec Fifa qui avait creusé son estomac pour y lover l'appétit d'une confrontation. Le souvenir de la jument blanche l'avait hanté, aigre-doux. Son après-midi avait été viciée. Les fruits du verger étaient devenus acides, et s'il s'était perdu dans le plaisir de savoir qu'il touchait au but, c'était en sachant qu'elle se doutait de quelque chose, qu'elle trouverait peut-être la crypte, que plus rien des terres Orphelines ne lui appartiendrait.

Qui t'aimera mieux que moi, terre maudite ? Je t'ai ramené ta musique, afin que tu gardes le silence sur mes anciens écarts.

Il avait voulu, noblement, s'acquitter de sa tâche et disparaître aussitôt, comme un amant passe une dernière fois dans un lit aux draps souillés. Mais, encore une fois, Fifa l'avait fait saliver. Il voulait commettre un affront ; que ce soit contre son fils ou contre Hadès, qui aurait très bien pu apparaître pour lui demander de déguerpir. Avait-il encore le droit d'être ici ? Rien n'était jamais sûr. Aléas prononçait les énigmes, mais les dieux en étaient eux-mêmes. Il était convaincu que le noiraud se plairait à sentir du conflit. Cela l'avait mis en joie, lorsqu'il l'avait rencontré pour la première fois ; de reconnaître l'insolence, la tourmente.

Sorrow descendit dans la vallée, caressé par quelques trèfles et par un soleil curieusement clément. Il n'était jamais particulièrement tendre, sur les terres Orphelines, trop agressif ou trop dédaigneux, et complètement inexistant aux pluies perpétuelles. Qu'il ne traverserait pas. Pas la peine de s'imposer ce paysage là, pour lequel il n'avait aucune affection. Il ne lui rappellerait que les longues patrouilles pour dénicher les solitaires qui venaient errer inexplicablement sous l'averse.

Comme au verger, l'endroit était plus vivant qu'autrefois. Des traces de pas sur les berges, des brindilles cassées, quelques branches d'arbres privées de leur feuilles. Sorrow observa tout cela d'un regard critique. On pouvait toujours prétendre que les terres Orphelines seraient un jour un havre de paix ; c'était se bercer d'illusions. Elles tuaient les colons qui voulaient faire vivre son sol.

Les visiteurs ne tiraient pas les bonnes leçons de la maison hantée.

L'étalon déposa sa boîte à musique par terre, la couvant du regard. Le courant gloussait et il attendait, s'enfonçant dans une sorte de torpeur. Lorsqu'il l'ouvrirait, la crypte se révélerait à lui. Ou pas. Si cela ne survenait pas, il n'aurait pas gagné. Le goût de la victoire n'envahirait pas sa bouche. Il n'aurait pour tout souvenir que l'acidité des fruits, collée aux lèvres et ancrée au fond de la gorge.

Il aurait perdu la guerre muette qu'il livrait à un adversaire absent.

Un corbeau se déposa sur la branche d'un petit arbre biscornu qui tentait de détourner son tronc de l'onde, comme repoussé par l'idée qu'il plongeait ses racines dans une eau ayant le goût de l'os.

On pouvait les voir, si on y prêtait assez attention. Les côtes tranchantes et les mâchoires fracassées, parfois recouvertes par quelques galets blancs. Poulains, juments, étalons... Imprudents.

Raven. Un autre corbeau, celui-là aquatique. Un mort parmi les autres, mais qui lui avait coûté plus cher qu'eux.

Il était mort à cause de cette boîte à musique. Et pourtant, il ne l'avait jamais considérée comme un objet de malheur, mais comme quelque chose de désirable. Difficile, de résister à la beauté. Ce n'était pas lui qui aurait pu prétendre le contraire.

Un rictus éclot sur ses lèvres. Il remarqua un mouvement du coin de l'oeil et tourna la tête pour suivre le batifolage erratique d'un papillon ; fut surpris de sentir un poids contre son poitrail, ne parvenant pas à comprendre quel rapport il y avait entre cet objet aérien et cette soudaine lourdeur.

Sorrow baissa les yeux, tombant sur une pouliche isabelle. Il grimaça, automatiquement, comme pour mieux la convaincre qu'elle avait fait une erreur.

Ou l'âge le rendait plus distrait, ou les intrus des terres Orphelines étaient devenus plus sournois.

La jument baie qui approcha n'avait rien de sournois, bien que sa posture indiqua qu'elle n'était pas particulièrement enchantée de faire sa connaissance. Les lèvres de Sorrow se retroussèrent à nouveau et il pencha la tête sur le côté, la détaillant. Flancs encore un peu creusés par l'accouchement, tête fine... Elle n'était pas trop grande. Différente de Fifa, certes. Il se demanda si elle était aussi une compagne de Kuro et manqua de pouffer, éliminant l'idée ridicule.

Il baissa les yeux sur sa boîte à musique, s'assurant qu'elle n'avait reçu aucun choc.

" Je suis moins dangereux que la rivière, " dit-il finalement, contemplant la pouliche.

Il n'avait jamais vraiment apprécié la compagnie des enfants.

" Du moins, pour le moment. "
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MessageSujet: Re: Maternal instinct   Ven 1 Juin 2018 - 15:25

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La guerre ? Elle ne l’avait jamais connu, en réalité. Bien sûr, elle en avait entendu parlé, mais ne l’avait encore jamais vu de ses propres yeux. Dans son pays natal, son père – malgré son comportement exécrable avec elle – avait fait en sorte de mettre sa famille à l’abri. Il avait fait en sorte d’éviter toute confrontation avec l’ennemi et de cacher son patrimoine dans un endroit que personne ne connaissait. Au départ, elle n’avait pas réellement fait attention au fait qu’ils soient reclus mais avec le recul, le temps, elle s’était posée quelques questions. Pourquoi étaient-ils seuls sans arrêt ? Pourquoi ne rencontraient-ils jamais de nouveaux chevaux ? Pourquoi son père bannissait chaque solitaire de son territoire ? Pourquoi sa mère la disputait à chaque fois qu’elle voulait découvrir d’autres mondes ? Maintenant, à son âge, elle comprenait : la Guerre brûlait tout sur son passage, elle tuait des innocents, mais surtout elle anéantissait des familles entières. Son père était un monstre, c’était évident, mais il avait tout de même bien fait son job de chef. Il avait bien protégé sa famille de tous les tourments de la vie.
Mais dorénavant, elle avait quatre ans. Et à quatre ans, elle avait vu des choses, surtout durant les voyages qu’elle avait pu faire avant d’atterrir sur cette île. Elle avait connu un monstre de père qui l’avait anéanti alors qu’il l’avait créé, une mère qui l’avait pourrit sans aucune raison. Mais surtout, une mère qui avait laissé faire son père sans vraiment chercher à comprendre la raison de tout cela. Elle avait eu un frère qui l’avait brisé sans même avoir une once de réflexion ou de compassion. Elle n’avait pas comprit au début, puis finalement, elle avait prit du recul et s’était rendu compte que tout cela était arrivé car la Nature est affreuse. Elle crée des êtres pour les faire vivre, mais elle les crée aussi pour qu’ils surmontent de sacrés obstacles. Puis durant ses voyages, elle avait aussi vu des choses terribles. Elle avait vu une maman ours tuant sans vergogne, un étalon tuant un poulain handicapé mais aussi des humains anéantissant tout sur leur passage. La guerre, pas encore certes, mais elle avait connu bien pire selon elle.
Mais selon elle, la Nature l’avait tué dés le jour où Saltan était apparu sur Terre. Dés le moment où elle avait découvert son petit corps sombre tombant sur la terre, sans même ouvrir les yeux. Le Destin l’avait brisé, détruit pour finalement lui offrir une seconde chance grâce à Cyrius. Il avait accepté qu’elle devienne mère. Mais pour combien de temps ? Le serait-elle toute sa vie ou lui arracherait-on de nouveau sa fille ? Aurait-elle réellement sa chance ou lui briserait-on les ailes de nouveau ? C’est sans doute pour cette raison qu’elle était si possessive, si mauvaise envers les inconnus. D’habitude, elle était assez joviale, assez gentille envers les inconnus, mais maintenant qu’elle était mère, elle n’acceptait plus rien. Sa fille était la prunelle de ses yeux, elle était une partie d’elle qu’elle avait oublié, mais surtout elle était une seconde chance qu’on lui offrait : alors il était hors de question qu’elle laisse quelqu’un y toucher. Elle écouta brièvement l’étalon, qui lui expliqua qu’il n’était pas dangereux. Mais, elle secoua la tête, toujours les oreilles en arrière. Elle n’avait pas confiance. Il ne suffirait que d’un coup de sabot, que d’une morsure pour que la petite disparaisse à jamais. Alors, d’un coup de naseau, elle ordonna à sa fille de revenir derrière elle, ce que la petite isabelle fit rapidement – bien trop impressionnée par le noir.
« Je vois. Mais comprenez que je me méfie, on ne sait jamais de nos jours. » dit-elle avec froideur.
Lorsque deux lèvres vinrent prendre possession du pie maternel, la petite jument baie se calma instantanément, en fermant les yeux. Sa fille avait le don pour la calmer sans qu’elle ne comprenne pourquoi. Elle la laissa faire, restant à sa place et écartant légèrement le postérieur droit. Elle se sentait tellement bien, maintenant, alors que sa fille s’abreuvait du liquide vital. Au bout de quelques instants, elle ne sentit plus rien, alors elle rouvrit les yeux et chercha sa fille. Cette dernière était de nouveau face à l’étalon, mais cette fois-ci, elle reniflait une étrange boîte. La jument baie pencha la tête sur le côté, plissant des paupières en tentant de comprendre.
« Qu’est-ce ? » demanda-t-elle plus pour elle que pour l’étalon.
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Sorrow
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MessageSujet: Re: Maternal instinct   Ven 1 Juin 2018 - 19:49

Il n'avait jamais vraiment pu croire en cet instinct maternel que l'on vante tant et que l'on brandit comme s'il était une faculté supérieure, un aspect divin glissé dans l'animal. Mensonges. Les dieux n'étaient pas de bons parents, eux-aussi.

Héra avait jeté Héphaïstos du haut de l'Olympe. Sloth ne l'avait jamais repoussé ; mais il s'était lui-même éjecté du giron maternel, inexplicablement indépendant, inexplicablement méprisant. Où était l'adoration qui aurait du lui venir naturellement ?

Il avait connu des mères, depuis. Des ventres ronds. Il n'avait pas assisté à la grossesse de Symphonie, mais il avait pu la voir rendre son dernier soupir pour permettre à Mélodie de respirer. Il avait suivi Querouane comme une ombre fidèle et anxieuse, seulement pour être trahi par ce qui était sorti de son ventre. Il avait retrouvé Hypocamp' au terme. Mais elle n'avait pu être une mère pour sa fille, tout comme il n'avait jamais vraiment pu être le père de qui que ce soit.

Cette jument là semblait posséder tout l'instinct maternel qu'il avait raté chez les autres. Elle se tenait campée, froide et attentive, comme s'il avait un quelconque intérêt à attenter aux jours de son moucheron.

Sorrow baissa les yeux. Pur-sang arabe. Isabelle. Femelle ? Femelle. Petit, fragile, pas très loquace. Il les aimait un peu plus vieilles et un peu plus débrouillardes.

Mais il y avait manifestement un bouton magique sur le corps de la jument baie. Sorrow la contempla avec les prémisses d'une grimace de dégoût un peu juvénile. Il y avait quelque chose de peu ragoûtant dans le spectacle de la pouliche tirant sur le sein maternel avec toute l'énergie dont sont capables les morveux affamés.

Il préféra regarder le ruisseau qui continuait son périple, faisant un pas sur le côté comme pour le dissuader de l'emmener dans ses tréfonds.

Sorrow fut arraché à sa contemplation par des bruits de pas étouffés. Il fixa la pouliche qui reniflait la boîte à musique. Sa grimace devint laide.

Il baissa la tête pour mieux dévisager la petite chose et la dissuader d'avancer plus.

" Quelque chose dont elle devrait se méfier, " répondit-il en montrant un peu les dents.

Il n'avait pas particulièrement envie de provoquer maman ourse - la boîte à musique avait déjà été menacée par un autre arabe récemment - aussi se retint-il de pousser le puceron, se contentant de lui faire sentir tout le poids de sa présence.

Raven était mort parce qu'il s'était trop intéressé à la boîte à musique. Peut-être était-elle maudite, après tout. Mais le nombre de choses maudites existant sur Horse-Wild était trop grand pour qu'il s'en soucie vraiment. Les malédictions n'étaient que des mots. Elles prenaient vie lorsqu'on était trop crédule...

Le corbeau qui s'était perché sur l'arbre s'envola dans un froissement d'ailes. Il se demanda où se rendait ce triste sire, et s'il avait un quelconque royaume à rejoindre ou à reconquérir.

Mais il n'était ni conquérant, ni explorateur. Tout au plus un usurier trop diligent.

" Je ne comprendrais jamais ceux qui osent ramener des enfants ici, " grommela-t-il, plus pour lui-même que pour la baie.


Dernière édition par Sorrow le Mar 5 Juin 2018 - 19:59, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: Maternal instinct   Mar 5 Juin 2018 - 18:13

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En fait, pour que je vous dise la vérité sur cette douce jument baie, depuis sa plus tendre enfance, elle a toujours voulu être mère. Elle a toujours voulu porter un poulain, ressentir l’amour qu’un petit être pouvait porter à sa génitrice. Pourquoi ? Elle ne savait même pas en réalité. Tout ce qu’elle savait, c’est qu’avant Saltan, elle avait le sentiment que les Dieux lui ordonnaient une mission, qu’ils voulaient qu’elle ait un rôle bien particulier. Mais depuis sa mort, elle a le sentiment que quelque chose lui manque, qu’un grand vide est né en elle. La jolie baie est jalouse. Elle est devenue jalouse des autres mères, à un point qu’elle aurait presque kidnappé un poulain si elle en avait été capable. Alors oui, depuis que Cyrius a accepté de lui offrir ce cadeau, elle avait complètement changé. Elle était devenue mauvaise, possessive et surtout méchante. On ne touchera jamais à sa fille, ô grand jamais. Elle serait même prête à mourir pour elle. De se battre avec un étalon pour Hallelujah ? Sans aucun soucis, même si elle sait qu’elle perdra, mais elle voulait le faire. Elle voulait montrer qu’une jument fébrile pouvait anéantir tout ennemi de sa progéniture.
En réalité, je pense qu’elle est devenue ainsi avec sa fille car sa mère ne l’a jamais été malheureusement. Elle n’a jamais connu l’instinct maternel. Son père, toujours absent, ne l’a pas réellement élevé. Sa mère, quant à elle, était une véritable mère pondeuse. Tous les ans, voire tous les deux ans, elle avait un poulain alors elle ne prenait réellement pas le temps de s’occuper de ses enfants. Elle les allaitait, les protégeait des prédateurs, certes, mais l’amour n’était pas présent. On aurait plus cru qu’elle les élevait comme un robot qu’une véritable maman. Alors, heureusement pour elle, la petite Nazzou a connu l’amour avec quelques juments du troupeau, mais surtout avec les poulains qui étaient ses amis. Puis, son frère avait grandi, ses envies aussi, et elle aussi. Les chaleurs étaient apparues, elle était devenue adulte et son frère aîné avait commit l’irréparable. Douleur, malheur et malédiction étaient arrivés. Puis elle était partie de tout cela, elle avait tout abandonné, elle avait connu Cyrius et la douceur était de nouveau réapparue.
Cet étalon était différent de Cyrius, elle l’avait remarqué dés le début. Il était plus imposant, plus sombre, mais surtout plus vieux. Il lui faisait réellement pensé à des étalons qu’elle avait rencontré durant son périple. Mais si, vous savez, ces étalons qui saillissent sans se poser de questions, qui ont des poulains sans réellement y faire attention et qui, enfin, deviennent aigris. Elle n’avait pas confiance. Depuis le début de sa vie, elle n’avait réellement jamais eu confiance envers les mâles, mais alors celui-ci … C’était pire que tout. Il lui inspirait méchanceté et agressivité, sans vraiment savoir pourquoi.
« Ayez encore une once d’agressivité envers ma fille et je vous jure que je vous arrache les yeux. » dit-elle en sifflant.
Certes, il n’avait pas spécialement été agressif, ni mordu la gamine, mais rien que le fait de montrer les dents à sa fille signifiait agression. On n’était pas méchant avec elle, c’était hors de question. Elle avait réellement envie de foncer sur ce mâle, le mordre pour le remettre à sa place sans qu’elle ne comprenne pourquoi, mais elle retint tout cela. Elle avait, comme l’impression, que son instinct était plus fort que sa raison, qu’il détruisait tout autour de lui, mais surtout qu’il effaçait toute once de conscience en elle. En réalité, elle avait le sentiment que sa fille la changeait. Qu’elle la faisait devenir une vraie machine de guerre, un être capable de tout surmonter, tout manger sans se poser de question. Finalement, la baie déposa une lèche sur sa fille qui s’était blottit contre elle, face à l’agressivité de l’étalon et resta face à lui, sans vraiment bouger.
« Peut-être car c’est le seul endroit calme ? Ou peut-être car ici aucun étalon ne nous embête … ? » répondit-elle pour finalement souffler en le fixant. « Quoique, je me suis trompée apparemment. »
Finalement, la petite jument poussa des naseaux sa pouliche et tourna les talons, ignorant complètement le mâle. Mais ce qu’elle ne sut pas, c’est que la curiosité de sa fille était bien plus puissante que l’amour qu’elle lui portait. Alors, elle vit, sans pouvoir réagir, Hallelujah s’approchait de nouveau de la boîte. Elle tourna autour de cette dernière au petit trot, tout en la reniflant. Mais encore maladroite sur ses jambes, elle tomba brutalement, la tête en premier sur la boîte et les fesses vers l’étalon. La future reine baie galopa brutalement vers elle, se mettant entre sa fille et le mâle, au cas où. On ne sait jamais.
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Sorrow
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MessageSujet: Re: Maternal instinct   Mar 5 Juin 2018 - 18:51

Hell hath no fury like a woman scorned, et autres petites évidences que l'on sème et qui prennent vie dans le quotidien, brutalement, lors d'une après midi d'été durant laquelle un rayon de soleil glisse sur le vichy d'une nappe et embrase le regard d'un membre du beau sexe, révélant la vipère qui se cache lovée dans la pupille. Ou quelque chose comme ça. A-t-il perdu son charme ? Rares sont celles qui le rejettent d'emblée ; certes, certaines ont peur, certaines sont des mères comme celle-là. Mais il n'a jamais eu de mal à embobiner une jument, jamais eu de mal à tremper le fer de sa lance dans un coeur ou dans autre chose, et si l'on accuse encore une fois son âge en lui affirmant qu'il est devenu trop vieux pour ce genre de choses, il finira par mordre avec un dentier en or.

Il a Geisha et cela lui suffit amplement. Cela ne l'empêche pas de regarder et d'apprécier, bien que l'inconnue soit encore lourde de grossesse et décharnée à la fois, cette caractéristique de la jument arabe qui fait qu'elle est un peu plus grossière que le mâle, bien vite empâtée par les raclures des sabots de son engeance contre l'estomac distendu. Non pas qu'il ait été un aficionado des éphèbes arabiques ; Cyrius était aussi charmant qu'un poulet déplumé et il sentait les premières contractions révulsées de l'horreur dès lors que ses yeux tombaient sur les deux montgolfières qui pendaient entre ses jambes, condamnées à ballotter et à oublier toute aventure céleste.

Il pensait un peu trop à Cyrius ces derniers temps. La faute de cet insupportable rouquin, qui l'avait à moitié humilié, à moitié amusé. Ce qui, somme toute, n'était pas très différent de d'habitude.

" Les yeux seulement ? " demanda-t-il avec un large sourire en dents de scie, son regard émerillonné rivé sur elle et empli de la malice du diablotin.

Oh, oui, il n'avait plus besoin de plaire à quiconque, mais les émois de l'adolescence ne quittent jamais vraiment un mâle et le poussent à tirer la queue comme l'on tire la chevillette, espérant à moitié que la bobinette cherra.

Une moue glissa sur ses lèvres et se mêla au sourire, créant une hilarité douteuse et sceptique. Il la reluqua des pieds à la tête.

" Calme ? Vous vous illusionnez si vous pensez que cet endroit est calme. Et si vous étiez venue, vous et votre crapoussine, il y a quelques mois de cela, j'aurais eu des raisons plus légitimes encore de vous embêter et qui sait, de vous forcer à déguerpir le cordon ombilical entre les jambes. "

La baie, d'une maturité qui rivalisait avec celle d'une princesse qui ne parvient pas à enfiler un chausson de verre, se retourna et lui laissa voir son globe, qu'il ne considéra pas bien longtemps, puisque tout intérêt n'était que feint pour mieux semer et la discorde et le trouble. Sorrow souriait et riait toujours à moitié. Entre cette guenon et Fifa, il ne tombait décidément pas, ces derniers temps, sur les représentantes les plus charmantes de ce que pouvait offrir la gente féminine. Il avait quitté Geisha trop tôt.

Bien sûr, les enfants n'ont que faire de l'orgueil de leurs parents et la libellule qui servait de progéniture à la boudeuse vint tournicoter à nouveau, comme attirée par la promesse de pouvoir avaler un gros moustique. Sorrow baissa les yeux mais n'eut pas le temps de faire quoi que ce soit, la furie brune s'interposant entre lui et la boîte à musique qui venait de recevoir tout le poids des naseaux encore morveux de la pouliche.

Le frison la toisa, la tête penchée sur le côté pour mieux la voir.

" Vous vous méprenez si vous pensez que je veux tuer la mère devant la fille, ce sont des manières que je laisse à d'autres connaissances. Mais elle doit apprendre à laisser les choses qui ne lui appartiennent pas tranquilles. "
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MessageSujet: Re: Maternal instinct   Sam 23 Juin 2018 - 19:50

Maternal instinct.S O R R O WDepuis sa plus tendre enfance, la petite jument baie n’avait réellement trouvé d’intérêt à regarder les chevaux du sexe opposé. Bien sûr, elle avait accepté de dire qu’ils avaient une certaine beauté. Elle avait rencontré des chevaux arabes magnifiques avec leur chanfrein concave, les longues jambes infinies et surtout leur silhouette longiligne. Mais elle avait aussi rencontré des chevaux plus baroques, durant son périple, qui accentuait davantage son envie de fuir les mâles. Pour elle, il ne revêtait une beauté que pour attirer davantage le regard, tromper les femmes et surtout leur briser le coeur. Son père avait toujours été le plus beau durant sa jeunesse, suivi ensuite de son frère. Mais ce dernier n’a-t-il pas trahi cette illusion en la salissant ? N’est-il pas devenu la plus grosse laideur du monde en soulevant son âme au rang des plus belles courtisanes ? Elle l’avait détesté. Mais en prenant du recul, elle se rendait compte qu’elle détestait beaucoup plus son âme, son physique que la personne en elle-même. Il n’était qu’un mâle parmi tant d’autres, un mâle qui acceptait de céder à la tentation et de laisser ses pulsions diriger ses propres ambitions. Il l’avait brisé mais au jour d’aujourd’hui elle s’était relevée.
Alors oui, elle était quelqu’un d’autre. De Princesse, elle était devenue Reine. En mélangeant son sang au sien, Cyrius l’avait hissé à un rang qu’elle n’espérait plus. Il lui avait offert le trône dont elle avait toujours rêvé, mais qu’elle avait fini par abandonner car elle ne se trouvait plus digne. Alors, en ayant quitté son ancien peuple, ces viles personnes, ce pays de débauche, elle était devenue une toute autre personne. Une jument qui acceptait certaines concessions, qui avait un autre rôle. De la jument insignifiante, elle était passée à une mère importante, une mère qui se devait de défendre une princesse au destin tout tracée. Mais si cette petite ne devenait pas Reine, serait-elle déçue ? Bien sûr que non, car elle savait à ce moment précis que Cyrius accepterait de mélanger de nouveau son sang au sien. Ils étaient liés à tout jamais dorénavant. Elle n’accepterait aucun écart de sa part, pas même une seule faute. S’il la trompait ? Elle partirait, mais elle détruirait le royaume qu’il avait construit bien avant. Elle détruirait tout ce à quoi il tient, tout comme l’étalon l’aurait détruit. Mais elle savait parfaitement qu’il n’en fera rien, car l’Amour était présent.
« Seulement car les yeux sont les organes les plus importants chez quelqu’un. » dit-elle en souriant sadiquement.
Elle sentait parfaitement le regard de l’étalon sur sa croupe tandis qu’elle lui tournait le dos, mais elle ne réagit pas. Ca lui prouvait encore une fois cette naissance l’avait complètement changé. En effet, elle se souvient parfaitement qu’à une époque elle aurait fuit, ou elle se serait cachée comme une biche qu’on a débusquée de son buisson. Mais aujourd’hui, elle était bien plus forte, bien plus courageuse, tout simplement car elle avait quelqu’un d’autre à protéger. Sa fille était bien trop jeune pour qu’elle puisse se permettre d’être faible. Finalement, elle fit volte face et planta son regard dans celui du frison.
« Faîtes attention, on pourrait presque croire que vos menaces sont réelles et penser que vous n’êtes qu’un vil personnage. »
Soudain, l’étalon pencha la tête sur le côté à sa présence et celle de la petite près de la boîte à musique. La jument la souleva et lui ordonna de partir plus loin. Une discussion d’adulte allait s’organiser. Finalement, elle hocha la tête.
« Je suis bien d’accord avec vous. Mais peut-être que la douceur est plus de profit qu’une menace, non ? » dit-elle en s’éloignant légèrement de l’étalon.
La petite baie resta tout de même entre sa fille et le mâle, mais elle paraissait un peu moins agressive. S’il avait voulu attaquer, il l’aurait fait depuis bien plus longtemps, alors autant se calmer. Finalement, comme prise d’une curiosité enfantine, elle tira son encolure vers la boîte, en posant elle aussi ses naseaux sur la boiserie.
« Et à moi, ne voulez-vous pas me dire ce que c’est ? » demanda-t-elle avec malice.
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MessageSujet: Re: Maternal instinct   Lun 25 Juin 2018 - 15:52

L'importance de l'oeil n'est jamais plus évidente qu'au marché aux poissons ; lorsque le promeneur se penche pour inspecter la prunelle visqueuse d'un goujon étalé sur son lit de glace, la bouche grande ouverte sur la trahison de l'hameçon qui a transpercé sa bouche. Cet oeil là tente de fixer le ciel mais se heurte à la considération intelligente de l'homme, à sa faim, à la promesse de disparaître au fin fond d'une poubelle, un reste indigeste et infect que même les chats du port ne tentent pas de voler, leurs propres yeux des billes fluorescentes dans une nuit violette.

Il n'avait jamais été pêcheur, mais il avait été pécheur.

La nuance était de taille mais pas de poids. Sorrow ferma les yeux.

" Peut-être, " répondit-il, laconique, offrant une approbation aigre douce, indulgente, teintée de scepticisme.

Elle ne lui faisait pas peur et elle ne l'effraierait jamais. Il n'avait jamais vraiment craint les juments. Peut-être était-ce une erreur, une faiblesse, une mauvaise leçon récitée inconsciemment par son père dans ses gênes. La femelle n'était là que pour être aimée et fécondée, pas pour être haïe. Et lorsque l'on ne voulait pas l'aimer, ou la féconder...

Alors elle disparaissait loin des yeux et du coeur, comme la carcasse du poisson.

Non pas qu'il aurait sous-estimé une jument si elle avait tenté de l'assassiner. Toutes les tentatives d'assassinat se valent, parce qu'elles ne sont toutes que des tentatives. On place bien sûr au-dessus de tout cela le Brutus qui a réussi son crime.

Mélodie avait voulu le tuer. Ou l'avait-elle voulu ? Il l'ignorait. Elle avait voulu se venger. Et où était Mélodie, maintenant ? Dans sa mémoire, mais nul part ailleurs. Son poulain était mort, son compagnon disparu, et elle-même n'était qu'un fantôme de plus qui erre dans l'esprit et apparaît, de temps à autre, dans un rêve et un souvenir, avec un visage de plus en plus imaginé à chaque fois.

Kuro était son fantôme le plus palpable, un drap blanc qu'il devait se garder d'accidentellement salir du revers de sa chaussure cirée mais pleine de boue. Noir contre blanc. C'était presque risible, quand on y pensait ; la dichotomie la plus évidente qui soit, sans nuance de gris pour lui apporter le piquant de la complexité.

Ses paupières se soulevèrent. Il la regarda.

" Je suis un vil personnage, " répondit-il d'un ton docte et doucereux. Il était trop vieux pour revêtir une peau d'agneau devant la bergère.

La gamine disparut dans les hautes herbes, avalée par la nature. L'eau tendait encore son murmure vers elle, des bras ondulant et soupirant, l'embrassade d'un Orphée liquide. Se jetterait-il à l'eau si elle y tombait ? Ou contemplerait-il alors que la mère tentait de sauver la fille, spectateur impavide comme le destin ?

Elle lui posa une question. Il la contempla, longuement, considérant ses mots.

" Vous m'avez menacé en premier, " lui rappela-t-il finalement, un sourcil imaginaire haussé sur son incrédulité désabusée.

L'humeur de la baie semblait changeante.

Malheureusement, il devenait évident que la fille tenait ses manières de la mère. Sorrow avait passé les dernières minutes à tenter d'empêcher que l'on touche son bien ; et voilà que de gros naseaux venaient fureter de nouveau sur sa boîte à musique.

" Vous devriez apprendre à toucher seulement avec ces yeux auxquels vous accordez tant d'importance. "

Et il soutira la boîte à musique de sous son nez, l'expression désapprobatrice d'un patriarche sur la figure.

Un rictus tortueux se fraya un chemin sur sa bouche.

" Vous ne le demandez pas assez gentiment, chère... Chère... "

Si elle ne lui donnait pas de nom, il lui en trouverait bien un. Il avait après tout décidé que Collapsing se dénommait Pierre. Elle aurait pu être Caillou...
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MessageSujet: Re: Maternal instinct   Lun 23 Juil 2018 - 11:47

Maternal instinct.S O R R O WLa précieuse sentit le scepticisme dans la voix du grand mâle. Alors il ne croyait pas que les yeux étaient des choses importantes ? Qu’ils représentaient tout ce qu’il y avait de plus cher dans le corps des mammifères ? Il ne pensait pas qu’ils demeuraient les choses les plus indispensables à la vie ? Elle ne comprenait pas. Pour elle, c’était complètement différent. Pour elle, les orbes oculaires étaient vraiment représentatives de la vie. Elles étaient indispensables à la survie d’un être vivant. Oh bien sûr, on pouvait parfaitement vivre en étant aveugle, mais ce n’était pas une vie des plus adéquate. On ne pouvait plus juger de la personnalité d’un être, on ne pouvait plus admirer le paysage … Mais le pire, on ne pouvait même plus apprécier la vision d’un enfant qui naissait, ou tout simplement la vue d’un amour qui venait. Tous les autres sens se décuplaient, c’était évident, mais elle le savait : elle ne pourrait jamais réellement vivre heureuse en étant aveugle. Ses yeux étaient bien trop importants pour elle.
« Ils sont le reflet de notre âme. » dit-elle tout simplement.
Elle se croyait encore dans un conte de fée la pauvre chérie. Elle croyait encore au grand amour, au prince charmant mais surtout au fait que les gens étaient tous sincères. Elle ne savait pas, ou n’imaginait pas, encore qu’il y avait des hypocrites, des êtres qui sourit devant pour ensuite vous planter un couteau, subtilement, dans le dos. Elle pensait réellement qu’on pouvait lire les sentiments dans le regard, qu’on pouvait deviner si une âme est bonne ou mauvaise simplement en fixant son hôte dans les yeux. Elle ne se rendait pas compte à quel point elle avait tord. Ni même à quel point les chevaux mettaient un masque pour pouvoir se parler. Cyrius par exemple … Elle avait le sentiment qu’il était identique à l’étalon idéal qu’elle se faisait. Mais que dirait-elle si elle savait qu’il parlait à beaucoup de jument et qu’il jouait sur les mots ? Elle en succomberait, je pense.
Cinq mots. Cinq petits mots qui vinrent percuter sa conscience de gamine, de petite princesse fragile. Elle recula légèrement, les oreilles battantes. Alors les vils personnages existaient réellement ? Et elle en avait un en face d’elle ? Elle semblait hésiter.
« Mais si vous en êtes un, pourquoi vous montrer au grand jour ? Vous n’avez pas peur qu’un jour le Bien vous détruise ? Les vils personnages meurent tous un jour grâce à un chevalier. » dit-elle, toujours rêveuse.
Elle ne comprenait pas. Comment un Loup pouvait-il se permettre de se promener dans une bergerie sans avoir peur de rencontrer le Patou ? Sans avoir peur de rencontrer un chien qui l’égorgera sans équivoque ? Elle ne comprendrait sans doute jamais, je pense. Elle posa un dernier regard sur l’étalon, essayant de sonder son âme, mais ses yeux étaient impénétrables : ils étaient aussi noirs que sa robe. Elle tentait de cacher sa nervosité, mais il fallait l’avouer que la prestance ainsi que la présence de l’étalon la rendait apeurée. Un dernier regard sur sa petite la rassura : elle était tranquillement en train de dormir.
Une phrase et elle comprit. Cette boîte était importante pour l’étalon, bien trop pour qu’il puisse permettre que quelqu’un y touche impunément. Mais qui y avait-il dans cette dernière ? Elle aimerait tellement le savoir. Elle aimerait tellement. Pourquoi ? Elle ne savait même pas dans le fond, mais elle avait l’impression que si elle le savait sa vie changerait réellement. Finalement, poliment, elle recula en secouant la tête.
« Nazz’ariah. Et vous, méchant Loup ? Comment vous appelez-vous ? » demanda-t-elle délicatement.
Elle avait le sentiment que cet étalon allait lui apprendre quelque chose qu’elle n’aimerait pas. Et dont elle se souviendrait toute sa vie.
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MessageSujet: Re: Maternal instinct   Dim 29 Juil 2018 - 2:13

" S'il y en a une, " rétorqua-t-il avec malice, comme heureux de pouvoir frotter les silex et créer l'étincelle du doute, et cherchant dans le regard de ce qui était encore une inconnue les prémisses de ce dernier, la première braise d'un incendie.

Las. L'existence de l'âme n'était pas prouvée. Il n'avait jamais connu la sienne, n'avait jamais senti quelque chose peser sur ses os et sur son coeur, n'avait jamais aperçu du coin de l'oeil une autre ombre furtive, n'avait pas senti une démangeaison, un rappel, le chuchotement de Jiminy Cricket. Une part de lui, peut-être engourdie par le romantisme et par le fatalisme, se plaisait cependant à imaginer que cette âme existait quelque part, errant peut-être déjà dans les limbes en attendant d'être réunie avec le corps qui l'avait entachée et déchirée, réduite en un torchon, une luciole grésillante comme une ampoule prête à exploser au creux des mains.

C'était amusant, de la voir réagir avec la même spontanéité qu'un enfant. Les mots la faisaient gigoter, remuer, comme si leur présence la chatouillaient, comme s'il fallait se tortiller pour leur échapper, comme le font les gamins récalcitrants qui prétendent ne pas avoir entendu la remontrance et continuent à tendre le doigt vers le fil électrique.

Sorrow demeura immobile. Un couple d'oiseaux volait au loin, deux lignes d'encre de chine, qui semblaient se mélanger de temps à autre, valser dans les airs, se battre ou s'aimer, le temps d'un alizé complice.

Il souriait souvent, mais il riait plutôt rarement. Aussi aboya-t-il plus qu'il ne s'esclaffa, un jet bref qui manqua vite d'air.

" Les gens bons meurent bien plus souvent que les gens mauvais. "

Il l'imagina, son chevalier, engoncé dans une armure trop large pour lui, dans laquelle pousse l'herbe folle, le chardon et le trèfle, brandissant une épée de justice rouillée, retenu par la tentation d'une dame Guenièvre aux yeux de fée Morgane.

" Le bien ne peut pas se permettre d’éliminer tout le mal. Si ce dernier disparaissait complètement, on ne saurait plus le définir. On devrait l’inventer de nouveau, en créant une morale plus sévère encore. "

La pouliche s'était endormie dans les hautes herbes. Elle n'avait que faire de la philosophie. Elle n'avait sûrement pas encore vraiment rencontré le mal, ou le bien. Les enfants vivent dans cet entre-deux, poussés à la fois par la bonté et par la cruauté qu'imprime en eux la nature, qui les enjoint à recueillir le papillon et à lui arracher les ailes dans la même foulée.

Les adultes ne dépassent pas toujours cet état des choses. Mais ils savent le cacher avec de plus beaux artifices.

Elle recula. Secoua la tête. Encore ce langage d'enfant buté. Sorrow n'aimait pas les enfants. Il l'étudia, avec sévérité. Il aurait voulu qu'elle soit adulte et hardie. Mais pas trop. Il lui fallait un autre entre-deux, celui de femme enfant qu'adorent les hommes, cette illusion, ce dégoûtant instinct qui fait désirer un mélange de proie et de prédateur, de morsure et de chair palpitante.

Son nom. Voilà quelque chose qu'il pouvait offrir.

" Sorrow. "

Ses yeux retombèrent sur la pouliche. Il demanda, désinvolte :

" Et à qui d'autre appartient le marmot ? "

On avait oublié la boîte à musique, ce qui était son but.
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MessageSujet: Re: Maternal instinct   Mer 1 Aoû 2018 - 23:11

Maternal instinct.S O R R O WLa précieuse avait toujours eu une âme. Elle l’avait su dés sa naissance, dés le moment où elle avait posé ses sabots sur cette magnifique terre. Elle l’avait deviné en posant son regard dans celui de sa mère, dans celui de cette jument qui l’avait mise au monde. En se laissant aller, en laissant son regard plonger dans le sien, elle avait deviné. Elle avait deviné que son âme était emprunte d’un quelque chose, que son âme appartenait à quelqu’un d’autre depuis la nuit des temps. C’est sans doute pour cette raison qu’elle n’avait même pas sentit son âme se briser lorsque son frère avait abusé d’elle. Tout simplement car elle savait que cette âme appartenait à quelqu’un d’autre, comme si son corps n’était qu’un hôte indécis. Comme si son corps n’était qu’un lieu éphémère. Bon certes, elle avait été malheureuse, certes, elle a été détruite mais son âme était toujours là. Son âme était née pour quelqu’un d’autre, elle était convaincue. Sans doute pour cette raison qu’elle avait eu cette impression de renaître en la présence de Cyrius, cette impression de redécouvrir la vie et de rire au monde. Son âme était pour Cyrius, elle en était convaincue dorénavant. Alors oui, elle croyait littéralement en l’âme. Elle croyait sincèrement que tout être en avait une, même les plus viles. Même les plus hypocrites.
Oui, elle était une enfant. Oui, elle réagissait encore comme un bébé, mais il ne la connaissait pas encore pour pouvoir en juger ainsi. Elle avait aussi des réactions matures, vivantes mais tout aussi adultes. Je pense d’ailleurs que lorsqu’elle était avec sa fille, elle était beaucoup plus mature que la moyenne des juments. On touche à sa fille ? Elle tue. On malmène sa fille ? Elle massacre. On manipule sa fille ? Elle tue, encore une fois. Mais je pense qu’elle est adulte lorsqu’elle dispute sa fille ou qu’elle discute avec elle. Elle veut lui apprendre à quel point la vie est précieuse, à quel point il faut respecter les autres, mais aussi à quel point la famille est importante. Car soyons honnêtes, sa fille est encore jeune certes, mais elle a le sentiment que la gamine devient de plus en plus réfléchie. Elle ne connaît que la mamelle maternelle, mais elle ne cesse de parler de sa demi-sœur et du trône. Comment peut-elle en parler à un si jeune âge ? Elle ne comprend réellement pas, mais tout cela lui faisait réellement peur.
« C’est vrai. Mais après le Mal fait en sorte que des gens meurent, que des guerres inutiles se font. Sincèrement, pour moi le Mal ne devrait pas disparaître certes, mais il devrait s’amenuiser pour pouvoir laisser la place au Bien. » dit-elle, convaincue.
Sorrow ? Alors il s’appelait Sorrow ? Savait-il que son nom signifiait la peine ? Savait-il qu’on pouvait être triste à peine en prononçant son prénom ? Etait-il quelqu’un de malheureux d’ailleurs ? Quelqu’un de sensiblement triste ? Bonne question. Elle ne savait réellement, mais elle ne voulait pas le savoir en réalité. Soudain, une question. Une unique question qui la fit tilter. Elle hésita quelques instants, pas longtemps.
« Cyrius, le dominant des Trompeuses. Et vous ? Avez-vous des enfants ? » questionna-t-elle.
Délicatement, elle posa un regard sur sa fille pour ensuite reposer son regard sur l’étalon. Connaissait-il Cyrius ? Sans doute, vu l’âge de son amant et celui du Noir, enfin elle supposait son âge, elle supposait qu’ils se connaissent. Cyrius était bien né ici, n’est-ce pas ? Alors pourquoi pas ?
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MessageSujet: Re: Maternal instinct   Mer 1 Aoû 2018 - 23:51

Nazz'ariah - puisque c'était son nom - lui offrit une tirade pleine de bons sentiments qu'il reçut avec un visage fermé. Ce n'était pas qu'il se soit perdu dans l'idée que le Mal valait mieux que le Bien, mais plutôt qu'à son âge les frontières qui cantonnaient les deux adversaires dans leurs camps devenaient fines, des traces de cendre ou de sang qu'il était facile d'enjamber pour courir dans le no man's land, soldat suicidaire en quête d'un asile dans lequel l'on ne se pose plus de question sur l'intention derrière l'acte.

Il avait parfois tenté de bien faire. Avait eut conscience de faire mal. Il partageait cet état de faits avec bon nombre de créatures.

Sorrow ferma les yeux, s'étira et poussa un long grognement, avant d'adresser un regard lourd à la baie - sans savoir exactement ce qu'il mettait dedans, un bouillon d'émotions à moitié digérées, et de se détourner pour approcher prudemment de la berge. L'eau s'emportait toujours, semblait parfois vouloir faire demi-tour, et il ne voyait qu'une version fracturée de son visage, des os qui pointaient plus qu'ils n'en avaient l'habitude, des prunelles doubles qui coulaient jusqu'au fond.

Les oboles auxquelles il avait pensé avant de rencontrer Cyrius. Après tout, on les utilisait pour recouvrir les paupières des défunts. Les empêcher de contempler éternellement le tombeau.

Un vieux souvenir tentait de remonter à la surface pour l'éclabousser. Il le laissa surgir et prendre la forme de Querouane jeune et belle, Sorrow jeune et idiot. Il avait failli être éborgné par un corvidé mal luné, en voulant jouer les fanfarons. La cicatrice l'avait marqué quelques temps, puis elle avait disparu, tout comme l'incident qu'il avait rangé dans son esprit quelque part parmi ses erreurs de jeunesse. Tous les poulains veulent ressembler à des pirates, mais il n'avait jamais été passionné par les voyages sur l'eau.

Ses lèvres caressèrent l'onde avant de s'ouvrir vraiment et il but lentement, presque religieusement, une eau qui n'avait jamais en soit été mauvaise, malgré les cadavres qui pourrissaient au fond, malgré les larmes qu'on avaient pu verser dedans. Sorrow ferma les yeux à nouveau et imagina la mélodie de la boîte à musique. Elle révélerait la crypte et il aurait rempli sa mission. L'idée l'emplissait d'une satisfaction qui l'engourdit à moitié, au point où il manqua presque les prochains mots de Nazz'ariah.

Il manqua de s'étouffer et releva la tête à temps pour cracher par terre et tousser. Le frison tourna des yeux submergés par les larmes salées de la stupéfaction et des poumons agressés vers elle, tenta de la fusiller malgré la poudre mouillée de ses deux canons.

" LE CHAMEAU AUX BOSSES TOMBANTES ? " s'entendit-il hurler alors qu'il perdait son souffle, préférant finalement recracher un bon coup la flotte et s'ébrouer pour reprendre ses esprits.

Ces derniers en sa possession, il considéra la jument baie.

Puis la pouliche qui dormait, dans l'herbe, non loin de là.

L'humiliation de ce jour-là remonta comme la bile dans la gorge, le sang jaillissant d'une plaie pour mieux la faire éclore. Oh, s'aurait été facile. Nazz'ariah avait bien prétendu qu'elle était forte, elle ne ferait jamais le poids. Et la pouliche n'aurait jamais couru assez vite...

Ces idées moururent lorsque la seconde partie de la phrase atteignit enfin le cerveau.

Le choc ne fut pas aussi intense qu'on aurait pu l'espérer. Une sorte de froide déception s'empara de lui alors qu'il songeait en premier à sa fille, dans laquelle il avait placé un espoir qu'il était temps d'enterrer. Cyrius avait touché au but. Sorrow était un dominant déchu, et le futur eunuque (il imaginait toujours des manières de plus en plus réjouissantes de l'émasculer) avait accédé au pouvoir sans avoir rencontré de véritable obstacle.

Il s'était demandé quel goût avait la victoire. Il connaissait celui de la défaite.

" J'ignorais que j'étais en présence d'une dominante, " grinça-t-il avec une sorte de rictus, " Mes hommages, Nazz'ariah, à vous et à votre eunu... Compagnon bien aimé. J'ai eu le plaisir de profiter récemment de sa compagnie. "

Ce plaisir était tellement évident sur sa figure qu'il aurait fallu l'en déloger à coups de scalpel.

Sorrow offrit un ultime regard à Nazz'ariah, aux traces de la grossesse et aux courbes arabiques - il se souvint avoir eu une dominante, lui-aussi, mais elle n'avait pas ressemblé à cela, et il n'arrivait curieusement pas à couronner cette infante, comme s'il eut fallu qu'elle saigne bleu pour qu'il soit convaincu qu'elle appartenait véritablement à ce qui deviendrait sans doute une noble lignée.

Une noble lignée de morveux trop curieux.

" Quatre, " répondit-il finalement avec négligence, crachant le nombre pour signifier qu'il y en avait bien assez. Seule la dernière avait de l'importance, et il venait d'avoir vent de son échec.  
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MessageSujet: Re: Maternal instinct   Ven 3 Aoû 2018 - 23:20

Maternal instinct.S O R R O WEn fait, depuis sa plus tendre enfance la jolie précieuse avait toujours apprécié le Bien. Elle avait toujours imaginé qu’un jour, il rencontrerait le Mal et le tuerait pour de bon. Que pour une fois, il vivrait réellement. Que pour une fois, il serait vainqueur. Car malgré ce que l’on peut en dire, le Bien et le Mal sont partout. Ils vivent partout. N’importe où, même dans les plus petites choses. Imaginons deux poulains jouant ensemble, sans véritables pensées derrière la tête. Imaginons deux poulains jouant sans but, jouant au chat. Et soudain, une chute, un rire et des pleurs. La moquerie est présente, ainsi que la tristesse. Le Mal est petit, certes, mais il est là tout de même. On a fait du mal à un poulain sans défense. Ce Mal et ce Bien existent aussi dans la vie commune, la vie banale. Imaginons maintenant deux chevaux discutant tranquillement, sans but. Et soudain, une parole de trop, une parole montant trop haut et un jugement. Le jugement est quelque chose de mauvais car il fait souffrir, donc oui, il fait parti du Mal. Alors oui, soyons honnêtes, le Bien et le Mal sont réellement partout.
La jolie jument baie n’a jamais réellement fait partie des chevaux super-héros, ni même de ceux qui veulent rendre la justice. Elle se considère simplement comme foncièrement gentille. Elle a fait souffrir, elle a fait pleurer, mais jamais volontairement. Elle veut toujours être gentille, douce et délicate auprès des autres, tout simplement car elle savait qu’elle n’aurait aucun soucis en étant ainsi. Ou tout du moins c’est ce qu’elle imaginait jusque ses deux ans, jusque la naissance de Saltan. En réalité, elle n’avait jamais vraiment comprit pourquoi son frère lui avait fait cela, pourquoi il avait sailli ainsi. Elle n’avait rien fait de mal pourtant, ne l’avait jamais provoqué. Tout ce qu’il lui avait dit c’est qu’il fallait une lignée pure. Une consanguinité provoquait cela ? Elle espérait que non. Mais maintenant c’était oublié, maintenant elle vivait une vraie vie merveilleuse, alors elle redeviendrait celle qu’elle a toujours été, elle se le promettait. Elle redeviendrait la jument gentille, douce et délicate qu’elle a toujours été. Un amour, voilà ce qu’elle voulait redevenir.
Un regard sur l’étalon et elle l’observa boire. Elle ne connaissait pas l’histoire de ce ruisseau, mais elle avait bien remarqué quelques endroits plus sombres. Elle n’était pas bête, elle devinait parfaitement que si un ruisseau était plus sombre à certains endroits c’est qu’il était soit plus profond, soit tout simplement envahi de cadavres. Pourquoi ? Tout simplement car elle avait déjà connu de tels ruisseaux. Dans son pays natal, même s’il était un désert, certains oasis étaient envahis de cadavres. Pourquoi ? Tout simplement car des rongeurs ou des petits renardeaux se noyaient, fatigués de leur voyage. Et pourtant, elle s’était repu dans ce dernier. S’en moquant parfaitement, tellement elle était assoiffée. Alors sans même se poser de questions, elle se dirigea elle aussi vers le ruisseau. Là, elle posa ses délicats naseaux dans ce dernier et s’abreuva. Soudain, un crachat, de l’eau qui vole et une exclamation. Ses oreilles se plaquèrent dans sa crinière. Comment osait-il l’appeler ainsi ? Comment osait-il se moquer ainsi sans pour autant s’excuser ?
Heureusement, les excuses apparurent. Il s’excusait de ne pas s’être rendu compte d’être en présence d’une reine. Elle hocha la tête. C’est bien, c’était un brave garçon cet étalon noir. Elle s’écarta de l’eau, secoua sa crinière et s’ébroua tout en soupirant. Un dernier regard vers sa pouliche et elle tourna la tête enfin vers l’étalon. Elle pouvait parfaitement remarquer son désagrément.
« Une chose : évitez de critiquer Cyrius face à moi. Je peux peut-être paraître fragile, mais comme on dit si bien : il faut se méfier des plus petits que soi. » dit-elle, un sourire mi-figue mi-raisin aux lèvres.
Elle détestait qu’on se moque ou parle mal de ses proches alors qu’elle n’était pas loin. Elle pouvait vite devenir une lionne, réellement. Quatre ? Il avait quatre enfants alors ? Il n’avait, pourtant, pas l’air de les aimer ou de vouloir en parler comme elle le fait. Ses oreilles se remirent en avant et elle mit sa tête sur le côté.
« Vous n’aimez pas vos enfants ? Car vous avez l’air de vouloir les oublier en étant si froid. » dit-elle en ronflant des naseaux.
Comment faisait-il pour ne pas aimer ses enfants ou ne pas s’en vanter ? Elle ne comprenait pas. Pourtant les enfants étaient tout de même la plus belles choses qu’on pouvait se permettre d’avoir.
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MessageSujet: Re: Maternal instinct   Sam 4 Aoû 2018 - 0:07

Sorrow passa sa langue sur ses lèvres, y récolta plusieurs gouttes d'eau tombantes qu'il avala. Cela eut le mérite de rafraîchir sa gorge qu'il avait irrité en s'égosillant. Cyrius trottinait encore dans son esprit, lui et ses poires blettes, lui et son regard insolent, lui et le secret qu'il lui avait promis de garder. Ce qu'il avait fait, puisque après tout Nazz'ariah ne savait rien.

Ses prunelles rampèrent jusqu'à la boîte à musique, sage et silencieuse, une fillette au comportement exemplaire depuis qu'on l'avait ramené à la maison après sa fugue. Elle avait failli finir en miettes. Cyrius s'était comporté comme un dieu ; un de ces petits dieux mesquins qui pullulent dans les mythologies mortes, qui se promènent dans des forêts épaisses et noires, insufflant dans leur flûte de pan toute la lubricité qui pend entre leurs jambes. Un dieu mortel. Une créature mythique.

Le satyre.

Il manqua de pouffer, séduit par sa propre idée. Cyrius faisait un satyre parfait ; l'état d'ivresse induit par les prises de thé, la moquerie sous-jacente dans la plupart des mots, les attributs sexuels... Évidents, sinon encombrants.

Curieusement, le satyre avait réussi à plier à ses désirs une nymphe. Ces dernières les fuyaient pourtant par habitude. Il complimentait peut-être trop Nazz'ariah, afin de la superposer au portrait grossier qu'il venait de faire du nouveau monarque.

Il n'aurait eu qu'à faire de lui son Marsyas. Il n'avait jamais vu Cyrius souffrir...

S'il aurait pu présumer que la baie s'était offerte à l'autre arabe sans se lier plus à lui, l'illusion n'aurait été que plus rapidement balayée par les mots qu'elle lui adressa.

Sorrow lui rendit un regard ouvertement moqueur. Ses lèvres s'étirèrent sur un sourire dont suintait l'insolence.

" Loin de moi l'idée d'être le lion qui sous-estime la souris ; mais prenez garde et ne devenez pas la souris qui finit dans l'estomac de cet autre lion que vous fréquentez, semble-t-il, sans aucune méfiance. "

Et il referma les lèvres sur sa certitude. Que pouvait-elle bien connaître de Cyrius ? Imaginait-elle qu'il était le chevalier du Bien dont elle chantait les louanges ? Lui ? Oh, Cyrius n'était pas un être ignoble ; mais il n'était pas non plus un parangon de vertu.

Du moins, c'est ce qu'il en avait perçu.

Les enfants retombèrent sur le tapis et il les regarda avec désintérêt, préférant reprendre une gorgée d'eau puis s'éloigner de la rivière, qu'il avait assez titillé pour aujourd'hui. Il regarda la gamine dormir. Déjà héritière. Quoique. On héritait pas toujours si facilement.

" L'un d'entre eux veut ma mort, ce qui complique grandement nos relations, " déclara-t-il finalement, " Mais je peux vous assurer que j'adore la dernière. Une délicieuse enfant, promise à un avenir flamboyant. Quel dommage, que votre bon ami le lui ai volé... "

Et il eut un autre de ses sourires, celui-là empli de plus d'indulgence. Il n'y avait pas de menace dans ses mots, mais un certain regret.

Poussé par de vieux instincts ancrés en lui par des années à donner des ordres aux autres, il se tourna finalement vers la baie et lâcha, avec un aplomb remarquable :

" Je suis sans patrie, vous savez. Pourquoi ne tenteriez vous pas de me convaincre de vous rejoindre ? "

Une pause. Du sarcasme à son encontre.

" Ou suis-je trop vil pour vous ? "
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MessageSujet: Re: Maternal instinct   Sam 4 Aoû 2018 - 17:36

Maternal instinct.S O R R O WMais le Satyre n’est-il pas celui qui utilise sa flûte de Pan pour pouvoir aguicher ? Celui qui porte des cornes du Diable, mais qui n’en a pas le caractère ? Celui qui porte des sabots de chèvre mais qui n’en a pas les capacités ? Pourtant, quand on y regarde bien, physiquement parlant Cyrius ne ressemble en aucun cas au Satyre cité dans la mythologie. Après, c’est vrai que mentalement, peut-être en est-ce un réellement. Il joue, il aguiche, il danse mais il ne se laisse pas attraper pour autant. Il ne se laisse pas emprisonné, au risque de briser ses cornes. Mais un Satyre ne devrait pas posséder un territoire, il ne devrait pas être maître des lieux. Ce n’est pas écrit dans le livre mythologique. Ce n’est pas dit dans l’histoire. Et pourtant, aujourd’hui c’était le cas. Que diraient les véritables Dieux s’ils voyaient ça ? Que diraient les vrais grecs s’ils voyaient cette scène ? Je ne pense pas qu’ils accepteraient aussi facilement. Alors, un jour la roue tournera c’est évident. Un jour le Destin ferait en sorte que tout ceci redevienne ce que ça devrait être. Un jour, la vie fera en sorte que la mythologie reprenne ses droits et que le Satyre retourne dans sa cage, comme un gentil pion.
Mais un Satyre ne devrait pas être avec quelqu’un, logiquement, si ? Un Satyre ne devrait-il pas vivre seul à la base ? C’est évident. Cependant, la Précieuse était bien différente des autres. Si on devait la comparer à une créature surnaturelle ? Elle ne serait pas une nymphe, mais plutôt une fée. Car les fées sont beaucoup plus vicieuses que les nymphes. Elles savent ce qu’elles veulent, et surtout comment l’obtenir. Elles se savent belles, gentilles – ou tout du moins en apparence – et surtout attirantes. Tout le monde veut toucher la pureté des fées, tout le monde veut posséder leur poudre, même les Satyres. Alors, elles viennent délicatement virevolter autour des mortels, ou des autres créatures. Elles rient de leur envie de les attraper, les emprisonner. Elles jouent avec elles. Puis finalement, elles cachent leurs ailes sous leur apparence de mortelles et se posent sur Terre. Là, elles viennent dans le monde humain, elles se fient à leur culture et deviennent plus humaine que n’importe quel bipède. Oui, Nazz’ariah est une fée. Elle charme pour mieux obtenir, elle est gentille pour qu’on l’aime davantage, elle se fait fragile pour qu’on la protège un peu plus chaque jour. Mais quand elle se sentira prête, elle capturera l’âme de son hôte et gardera sa beauté d’antan à jamais, comme toute bonne fée. Manipulatrice ? Personne ne devrait le savoir, ni le découvrir. Encore moins son amant.
La jolie jument baie secoua la tête, une idée à l’esprit. Puis, elle adressa un regard convaincant à l’étalon.
« Tous les lions ont un point faible et les souris sont fines, petites. Alors, elles peuvent se faufiler dans n’importe quelle fissure, ne croyez-vous pas ? » dit-elle, avec une lueur étrange dans le regard.
Un petit sourire était présent sur ses lèvres sans qu’elle ne comprenne réellement pourquoi. Elle avait le sentiment d’être une toute autre jument en la présence de ce mâle, comme si son aura l’emprisonnait et faisait apparaître un autre visage. Comme si la douce princesse était devenu une véritable reine au masque de fer. Comme la Précieuse vulnérable était devenu un sorcière manipulatrice. Et le pire dans tout ça, c’est qu’elle aimait ce rôle. Elle commençait à aimer ce jeu qui naissait en elle. Si elle connaissait Cyrius ? Non. Mais elle connaissait les mâles. Ils étaient faibles dés qu’une jument était présente. Ils étaient jaloux quand on la touchait. Et surtout, ils étaient aux pieds des juments quand elles s’accroupissaient. La décence n’était plus de ce monde, malheureusement. Mais elle s’en moquait, réellement.
Alors, il avait quatre enfants ? Il avait bien produit le Mr. Puis à l’énonciation de son amant, la jument secoua la tête avec une oreille en arrière. Puis finalement, elle fixa le mâle.
« Peut-être n’était-elle pas assez mûre pour régner ? Ou peut-être votre lignée n’y avait-elle pas sa place, vous ne croyez pas ? » dit-elle, un sourire mi-figue, mi-raisin aux lèvres.
Puis une question arriva. Une question claire et net, mais une question qui tilta dans sa tête. Alors, c’était un solitaire ? Cet étalon imposant était seul comme un chevalier sans son destrier ? Elle ne comprenait pas. Il voulait entrer dans son clan ? Alors, sans hésiter, pour la première fois dans la rencontre, elle plongea son regard de jais dans celui de l’étalon, ses oreilles en avant et son corps s’approchant délicatement du sien : comme une sirène s’approchant de la barque du pêcheur. Comme une nymphe s’approchant d’un mortel.
« Vil ? Je n’irais pas jusqu’à dire cela. Mais indigne de nous peut-être. Ne pensez-vous pas devoir faire vos preuves avant d’entrer dans notre clan ? » elle se rapprocha un peu plus, ses lèvres près de celles de l’étalon. «  De mon clan ? » Elle avait insisté sur le « mon » en chuchotant.
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MessageSujet: Re: Maternal instinct   Sam 4 Aoû 2018 - 18:15

Quelle étrange, étrange créature. Elle avait revêtu face à lui une multitude de robes et de masques qu'elle avait laissé s'abattre par terre tour à tour, étrange Peau d'Âne qui enfile sa robe couleur de ciel, de Lune, de soleil avant de s'enfuir pour échapper aux avances d'un père lubrique. Où était la mère farouche du début ? Elle avait disparu depuis quelques minutes déjà, depuis que l'enfant s'était endormi, et elle avait brièvement laissé place à une étrange ingénue, qui se métamorphosait à nouveau sous ses yeux et sortait de sa chrysalide, insaisissable.

Il pencha la tête et tenta de la cerner. Elle ne devint pas plus compréhensible, mais assez charmante, bien qu'il ait déjà fait état des traces de grossesse sur son corps. La grossesse provoquée par Cyrius.

Une grimace, fine et rapidement effacée, retroussa sa bouche sur ses dents. Encore lui. Il n'aurait de cesse d'entendre son nom, maintenant qu'il était dominant. Et le sien tomberait dans l'oubli. La ruine.

Serait-ce vraiment le cas ?

Si Kuro devenait dominant, il serait toujours le fils de Sorrow. Oh, maigre vengeance, aux pattes graciles et aux côtes pointues, qui encombre quand même l'esprit pour le satisfaire de son idée.

Il imagina cette souris frêle se faufiler entre les dents du lion qui l'avait gobé et se demanda si une telle chose était bel et bien possible. N'aimait-elle pas Cyrius ? S'il l'avait avalée, ne serait-elle pas restée dans son ventre, paisiblement digérée, à l'abri de tout ? Il l'avait mise en garde, mais il s'était attendu à ce qu'elle pouffe, prétende que son prince charmant était trop noble pour un jour la faire souffrir.

Quelque chose brillait dans ce regard. Il le confronta, les lèvres pincées, mais n'y trouva rien. Le cœur d'une autre personne est une forêt sombre, toujours, peu importe à quel point il a été proche du votre. (Willa Carter) Et il ne connaissait pas les profondeurs retorses de ce coeur là. Les racines et les arbres centenaires qui poussent dans le ventricule.

" J'ai beaucoup de fissures, " répondit-il enfin, " Ne venez pas me grignoter de l'intérieur. "

Il baissa les yeux sur la boîte à musique. Réflexe. Elle était toujours là. Elle serait toujours là. Sa présence dépendait de la sienne.

Sorrow songea à Geisha, à sa surface de porcelaine sur laquelle couraient mille cicatrices entrouvertes qu'il ne pouvait combler de tous ses baisers. A son enfant noyé dans la rivière. A l'eau qu'il avait bu, tout à l'heure, l'eau d'une tombe, qui prit soudain un arrière goût métallique de sang vicié.

Sa lignée était-elle faite pour régner sur les Terres Trompeuses ? Est-on fait pour quelque chose ? Ou se modèle-t-on afin de devenir ce dernier ? Ces considérations étaient épineuses et le laissèrent un temps songeur. Qu'est-ce qui aurait empêché Hyuna' d'accéder aux Terres qu'elle convoitait ? Un hasard capricieux ? Un destin tout tracé ? Ou un dieu perfide ?

Aurait-elle fait une bonne dominante ? Elle ne manquait pas de connaissances. Cela, il s'en était assuré. Elle ne manquait pas de gouaille non plus, ce qui est toujours un atout pour asseoir son autorité. En quoi Cyrius, cet indécrottable emmerdeur, avait-il plus de mérite ? Non, Zeus avait choisi parce que sa fille avait laissé faire. Il ignorait encore pourquoi.

Il accorderait à sa cadette cette inébranlable certitude, avec l'indulgence qui caractérise les pères attendris par leur mouflette.  

" Si Fifa peut devenir dominante des Terres Orphelines, mon fils avec elle, " commença-t-il en regrettant de prêter du réalisme à cette possibilité, " Alors qu'elle est l'héritière des Trompeurs, alors pourquoi pas la mienne ? Les dieux manquent de rigueur, voilà tout. "

Elle lui avait bien demandé de ne pas remettre en doute Cyrius face à elle, mais ce n'était pas une habitude qu'on lui arracherait de sitôt. Et il écoutait rarement les ordres.

Nazz'ariah se tendit soudain. Son regard plongea dans le sien et il la fixa, étrangement prudent, comme redoutant qu'elle ne mette à exécution la menace de lui arracher l'oeil. L'attitude avait quelque chose d'hardi et de tentant.

Elle retourna son ordre pour le lui renvoyer dans des dents qu'il découvrit en souriant, s'esclaffant finalement et rompant le lien qui croisait leurs regards. Quel culot !

Elle approcha plus encore. Il se demanda s'il avait imaginé cet effleurement bref et inattendu. Sorrow se tut, la considéra. Parlait-elle toujours des Terres Trompeuses ?

" Et que voudriez vous que je fasse, Nazz'ariah ? "

Comme si un ancien dominant avait à prouver quoi que ce soit, gronda une part de lui non négligeable, qui se serait bien jetée sur la petite souris.
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MessageSujet: Re: Maternal instinct   Dim 5 Aoû 2018 - 21:39

Maternal instinct.S O R R O WA peine eut-elle été fécondée qu’elle savait déjà que son enfant serait roi. Qu’il serait un enfant des Dieux et qu’il serait digne de régner sur ces terres. Bien sûr, plus les années passeraient plus son nom disparaîtrait au gré des générations, au gré de la vie, mais elle s’en moquait parfaitement. Tout simplement car elle se savait créatrice de tout cela. Car elle se savait génitrice d’une royauté, reine d’une dynastie, c’était une évidence selon elle. Bien sûr, Cyrius en était aussi le précurseur, mais elle ne voulait pas se l’avouer. Elle voulait être convaincue d’être la première. La première à avoir poser son sabot sur les rocheuses, la première à avoir intercepter les solitaires, la première à avoir défendu ses terres. Elle voulait surtout qu’on se souvienne d’elle comme une bonne reine, comme une stratège et une jument intelligente. Qu’on se souvienne de ses futurs combats ? Elle s’en moquait. Qu’on se souvienne d’elle comme manipulatrice ? Peu importait. Qu’on se souvienne d’elle comme une reine superbe ? Futile. Mais qu’on se souvienne d’elle comme une bonne mère et comme une compagne fidèle ? C’était très important. Oh bien sûr, si adultère produit, elle ferait en sorte que personne ne le sache. Surtout son compagnon et sa fille.
La souris est un animal connu pour être agile, malin mais surtout craintif. Elle est connue pour se faufiler où bon lui semble, pour cacher ses réserves et surtout se faire un nid que personne ne peut trouver. Mais elle est aussi connu pour être très productive, très fertile. Etait-ce le cas pour la Précieuse ? Ceci est une bonne question, seul l’avenir nous le dira. Mais, une chose était certaine, elle était aussi inaccessible que ce petit mammifère et surtout intelligente. Elle savait titiller le chat pour ensuite s’enfuir avec le butin en rigolant. Elle sait attraper le gruyère sur la tapette avant que cette dernière ne se referme sur son cou. Elle sait grimper pour attraper les friandises qu’on pensait bien cacher. Mais surtout, malgré sa taille fine, elle sait parfaitement défendre sa gamine. Elle serait parfaitement capable de se jeter dans la gueule du loup si possible, mais aussi parfaitement capable de sauter d’une falaise si c’était pour défendre sa pouliche. Personne ne pourrait mieux la défendre qu’elle, c’était évident.
« Les fissures sont faîtes pour être comblées ou aggravées selon moi. » dit-elle avec un petit sourire moqueur.
La douce, enfin ce qu’elle laissait paraître, baie suivit le regard de l’étalon et une idée lui vint en tête. Mais elle ne la dévoilerait pas immédiatement. Alors cette boîte à musique était quelque chose de très important pour lui ? Au point qu’il la fixe à chaque instant de la journée ? Intéressant. En fait, c’est sans doute cela qu’elle aimait dans son statu dorénavant. Pouvoir observer les faits et gestes des autres sans aucun risque, sans craindre que sa propre vie soit atteinte. Qui oserait réellement tuer ou blesser une dominante sans risque ? Personne, à part peut-être un véritable imbécile, sans doute.
Ses pensées allèrent brièvement à Cyrius. Que se penserait-il si elle discutait ainsi avec un étalon qui se moque ouvertement de lui ? Que penserait-il si il la voyait se comporter ainsi ? Que dirait-il s’il la voyait jouer à la courtisane sans regret ? Que penserait-il tout court d’elle ? Puis, ses pensées s’évacuèrent rapidement. Elle s’en moquait réellement en réalité. Maintenant qu’elle était reine, son pouvoir était incontesté et elle pouvait se permettre n’importe quel comportement, du moment qu’il n’entachait pas la réputation du roux. Oh je n’irais pas jusqu’à dire qu’elle ne ressentait absolument aucun sentiment pour lui, elle était très attachée c’était évident, mais elle se rendait compte petit à petit qu’elle était trop jeune pour ne connaître qu’un étalon dans sa vie.
Pour elle, la lignée CyriusxNazz’ariah était la seule digne de régner sur les Terres trompeuses. Personne ne devrait avoir plus le droit qu’eux. Cyrius était tout de même le petit fils du premier dominant, non ? Cyrius était un arabe et ce sont des chevaux de rois, comme elle en réalité. Aux dires de l’étalon, elle baissa brutalement les oreilles dans sa crinière et claqua une seconde fois ses dents près du chanfrein du mâle, un de ces incisives touchant presque la peau.
« Que vous ai-je dit ? Ne pas vous moquer de Cyrius devant moi. » dit-elle simplement, oubliant tous les mots du mâle.
Le mâle se méfiait d’elle, tant mieux. C’est exactement ce qu’elle voulait. Elle voulait qu’il ait du mal à la cerner, qu’il ne sache quel comportement avoir avec elle. Elle retendit ses oreilles en avant, s’éloigna d’un pas du frison et eut un sourire malicieux. Mais pas la malicieux des enfants, non, plutôt celle de la mante qui charme son mâle et qui attend le moment de pouvoir le dévorer.
« Deux choses. » murmura-t-elle. « La première : que vous me disiez ce que comporte cette boîte. » dit-elle en se rapprochant de lui. « Puis, que vous me montriez à quel point votre lignée est digne de nos terres. » dit-elle enfin en se mettant à tourner autour de lui, le regard toujours plongé dans le sien. La Mante se met au travail.
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Sorrow
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MessageSujet: Re: Maternal instinct   Dim 5 Aoû 2018 - 22:27

Comblées ou aggravées. Les siennes avaient déjà été comblées plusieurs fois, par plusieurs choses, par plusieurs êtres. Il avait cependant dépassé ce stade de pensée juvénile qui veut que l'on se complète avec un autre : les autres n'étaient là que pour accompagner, pas pour s'introduire. Et s'ils entraient et commettaient un larcin, il était aisé de récupérer le bien volé, la pensée enfuie, le battement de coeur dérobé. Il avait après tout déjà remué terre et ciel pour récupérer un objet qui lui appartenait.

Quant à aggraver un peu plus ses blessures... Il paraissait improbable qu'on puisse le toucher, pas lorsqu'il avait été toute sa vie intouchable et cruel avec les fortifications des autres.

Le visage de Nazz'ariah devint moins avenant lorsque ses oreilles se plaquèrent en arrière. Il entendit des dents claquer près de sa peau.

L'étalon la contempla.  

" Il est présomptueux de penser, " entama-t-il d'une voix lente, paresseuse comme celle d'un raminagrobis qui s'est endormi le ventre plein, " Que l'on peut donner des ordres à quelqu'un qui en a donné toute sa vie. "

Et, lâchant un sourire narquois, il se détacha d'un pas pour s'éloigner de la jument baie et s'abriter sous l'ombre du petit arbre. L'après-midi avait bien avancé, déjà, et le soleil tapait soudainement avec la ferveur d'un forgeron qui enverra le héros en guerre avec les armes qu'il lui façonne.

Le soleil des terres orphelines façonnait des guerriers étranges, et il aurait eu bien du mal à dire s'il y avait vraiment un combattant caractéristique des lieux. Les chevaux qui avaient été sous sa domination avaient-ils finis par lui ressembler un peu, ou étaient-ils restés les mêmes ? On peut choisir de répondre de deux façons à une influence : soit on s'en rapproche jusqu'à imiter, soit on s'en détourne, tordu par le dégoût, tentant d'arracher la racine qui lie à l'objet que l'on a appris à honnir.

Voilà qu'elle souriait comme Salomé recevant la tête de saint Jean-Baptiste. Sorrow était déjà mort - du moins, c'était ce que la rumeur avait affirmé - aussi ne s'inquiéta-t-il pas trop, préférant la laisser venir. L'eau gloussait particulièrement fort. Il se demanda si elle se rassasiait du spectacle, à défaut de puiser sa force dans leurs os.

Comme si la menace n'avait pas déjà pesé dans le regard, elle se mit à rôder autour de lui. L'étalon se demanda si sa ronde attirerait des fées, puis il eut un fin sourire alors qu'elle énumérait ses conditions. Son regard tomba sur la boîte à musique, la précieuse petite boîte, qu'il décida de rejoindre d'un pas, coupant le cercle de l'incantatrice et se plaçant au-dessus, loin de ses dents, de ses sabots, ou de toute part de son anatomie qui ait pu la heurter. Les actes de Cyrius l'avaient déjà prévenu contre ce genre d'imprudences.

" Je suis l'ancien dominant des Terres Orphelines, " dit-il simplement, en se souvenant du fait qu'il ne l'avait pas énoncé avec une telle clarté.

Elle ne devait pas être ancienne, puisqu'elle n'avait pas réagi en entendant son nom. Ce dernier lui aurait, si tel avait été le cas, évoqué bien des choses...

Il indiqua du bout du nez la boîte qu'il protégeait avec tant d'insistance :

" Cyrius ne vous l'a pas dit ? J'ignorais qu'il gardait si bien ses secrets... "

Son sourire, statique depuis quelques minutes déjà, s'étira un peu plus.

" Vous pourrez le lui demander, ma chère Nazz'ariah. "
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MessageSujet: Re: Maternal instinct   Mer 8 Aoû 2018 - 14:46

Maternal instinct.S O R R O WQue elle, depuis son enfance, elle a toujours cru à la complémentarité des âmes. Elle a toujours imaginé que deux personnes, même ne se connaissant pas, peuvent se compléter. On dit souvent que les opposés s’attirent, ou que deux caractères peuvent se compléter. Et elle, elle y croit. Elle l’a d’ailleurs vu avec ses parents. Sa mère étant quelqu’un de gentil, doux, sociable, serviable mais surtout honnête : était avec son père, qui lui était complètement différent. Il était froid, impulsif, bagarreur et manipulateur. On aurait très bien pu imaginer qu’ils ne finiraient jamais ensemble et pourtant … Cela faisait bien des années qu’ils régnaient en maîtres sur les terres désertiques. Mais comment faisaient-ils ? C’était pourtant simple. Lorsque son père devenait un peu trop impulsif, il suffisait d’une parole, un regard de la part de sa compagne pour qu’il se calme. Elle était, d’ailleurs, la seule personne pouvait calmer ses ardeurs. Ancien mercenaire, il avait su trouver en elle le rocher auquel s’accrocher. C’est sans doute pour cette raison qu’ils avaient réussi si facilement à former un harem, une famille comme ils disent. Malheureusement pour la maman, son fils avait hérité de ses gênes. Et personne ne pouvait le calmer, lui. Il n’avait encore jamais trouver la perle rare.
Quant à elle, la petite précieuse, elle avait eu du mal à la trouver : son âme sœur. Mais heureusement, Cyrius était apparu. Il était devenu l’étalon qui lui permettait d’être douce, calme et honnête comme l’était sa mère. Mais en rencontrant Sorrow, elle était devenu comme son père malheureusement : manipulatrice, impulsive et malhonnête. Etait-elle atteinte de la même maladie que son père ? De la même haine qui l’animait chaque jour ? Sans aucun doute, mais cela, elle avait encore du mal à se l’avouer. Des blessures à combler ? Elle en avait eu tellement, trop d’ailleurs. Au départ, elle n’avait trouvé aucun visage, aucune âme qui vive acceptant de les combler et le Roux était arrivé, comme un cheveu dans une soupe. Il avait déposer de l’argile sur ses blessures avec délicatesse, avec remis de la colle sur les cassures du vase de sa vie. Et elle s’était reconstruite, petit à petit, découvrant un caractère qu’elle ne se connaissait pas encore. Un caractère qu’elle appréciait de plus en plus, d’ailleurs. A la phrase de l’étalon noir, la jolie baie eut un petit rire.
« Vous n’êtes plus à mène de donner des ordres me semble-t-il. Alors, je peux me permettre ce que je veux, je pense. » dit-elle tout en secouant la tête.
Alors comme ça, il avait donné des ordres toute sa vie ? Intéressant. Elle le nota dans un petit coin précieux de sa tête tandis qu’elle réfléchissait. On la pensait faible, vulnérable, mais s’ils savaient. Au final, elle n’était qu’une jument qui écoutait, observait, pour finalement vous balancer tout ce qu’elle savait en pleine tête, à un moment où vous vous y attendriez le moins. Ouais, elle était manipulatrice, mais elle appréciait grandement ce nouveau masque revêtu. Ca lui conférait un tout nouveau rôle.
Elle tournait toujours autour de l’arbre, observant le grand mâle tout en pensant à autre chose. Quand ce dernier se leva pour ensuite briser le cercle et se placer au dessus de la boîte, comme une louve protégeant ses petits, elle eut un grand sourire. Alors, elle était vraiment très importante cette machine. Tant mieux, peut-être que ça lui permettrait d’avoir une prise sur cet énergumène. A la phrase du mâle, un second rire sortit de sa bouche, mais cette fois-ci plus malicieux et, presque, enfantin.
« Et ? Vous ne l’êtes plus me semble-t-il, donc vous n’avez plus aucune importance sur cette île dorénavant. » dit-elle tout en recommençant ce cercle et se rapprochant davantage du grand noir.
Ancien dominant ? Encore plus intéressant. Mais au final, s’il imaginait que ce rôle, auparavant, lui conférait certains droits, ce n’était plus le cas dorénavant. Lorsqu’il énonça son amant, la jeune jument secoua la tête, s’en moquant parfaitement.
« Les secrets sont faits pour être gardés, je pense. Même en couple. » dit-elle, tout simplement.
En rapprochant, resserrant, son cercle, elle remarqua une faible faille au niveau des cuisses du mâle, sous sa queue. Elle n’hésita pas une seule seconde, et poussa la boîte pour presque la jeter à ses sabots. Là, elle se mit elle-même au dessus de cette dernière, sans la toucher pour autant.
« Alors ? On fait quoi maintenant l’Ancien Dominant ? » dit-elle, un sourire moqueur aux lèvres.
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Sorrow
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MessageSujet: Re: Maternal instinct   Mer 8 Aoû 2018 - 15:31

Vous commencez à me lasser, usurpateurs devenus brigands. Même la souris dont les yeux et les dents brillent d'intelligence ne peut pas courir indéfiniment avec un butin volé. Et même le plus vieux, le plus solitaire des lions a assez de place dans la gueule pour t'engloutir toi et ta petite famille.

Elle avait pris de l'assurance comme un tournesol se gave de soleil. Sorrow n'était pas un astre clément, aussi dardait-il des rayons de plus en plus meurtriers sur cette silhouette pour laquelle les sentiments commençaient à s'entremêler : veut-on dévorer tout cru, ou lentement déguster alors que la proie vivante contemple ses derniers instants avec un oeil humide ? Il manqua de trépigner mais se souvint de la boîte à musique, baissa la tête et sentit sa crinière tomber devant ses yeux. Là. Si elle n'était pas visible, il pouvait réfléchir tendrement aux choses importantes : rendre aux Terres Orphelines ce qui leur appartenaient, et laisser de côté la nouvelle petite reine de coeur, qui s'était arrogée bien des droits.

Avait-il été un dominant cruel ? Il avait été intransigeant, territorial. Il avait souvent refusé de quitter les limites de son territoire, préférant le traverser de part en part constamment, une épée qui ne se lasse pas de transpercer la chair. Ses rares sorties l'avaient plutôt mené en dehors d'Horse-Wild, où il avait cultivé quelques connaissances utiles : l'éducateur de Hyuna' était l'une d'entre elles. Quant aux autres...

" Oh, " hoqueta-t-il avec une terreur artificielle, " Droit dans le coeur, ma jolie ! "

Elle n'arrêtait pas de tournicoter comme un gros bourdon qui a senti la fleur. Il n'avait pas particulièrement envie d'être piqué.

" Comment comptes-tu te faire respecter, si tu n'as toi même aucun égard pour l'autorité des autres ? "

Nazz'ariah parvint à lui dérober la boîte à musique. Elle avait longuement affirmé que l'on ne devait pas sous-estimer plus petit que soi. Pourtant, c'était la plus petite qui sous-estimait grandement le plus grand.

Quel dommage.

Sorrow se retourna pour regarder la boîte. Puis ses yeux coulèrent vers la pouliche endormie. Un échange d'otages était fastidieux, bien qu'amusant.

" Tu viens de te contredire, " énonça-t-il avec ce grand calme qui trahit une certaine colère, " En ne respectant pas mon secret à moi. Hypocrite. "

Voilà, il venait de toucher le nerf : elle n'était qu'une enfant. Elle avait été déjà une enfant au début de leur rencontre, et elle restait une enfant maintenant. Seule une gamine qui veut l'attention de l'autre ce serait abaissée à faire ce genre de choses. Les Terres Trompeuses étaient dominées par une morveuse capricieuse et immature.

Elle adopta la même technique que lui. Sorrow la contempla, immobile.

" Je n'ai pas le temps pour tes enfantillages, Nazz'ariah. "

Il n'allait pas se lancer dans le jeu de qui peut garder le plus longtemps la boî-boîte.

" Tu as complètement oublié ta fille depuis de longues minutes. Tu la mets en danger sans aucune considération pour elle. Tu es une piètre mère, et une piètre dominante. "

Ses mots prononcés, il avança rapidement, donna un coup à un de ses antérieurs, et tira à lui la boîte à musique, qu'il vint loger avec autant de souplesse entre les racines de l'arbre et devant laquelle il se posta.

" Tu as échoué, " continua-t-il avec un certain délice, " Ma compagne fait partie des Terres Secrètes... Peut-être choisirais-je de la rejoindre. Elle sait ce que c'est que d'être une mère, lorsqu'on batifole sur les rives du ruisseau sans fond. "

Qu'elle déguerpisse. Si elle ne le faisait pas, il se contenterait d'attendre, indéfiniment s'il le fallait. La boîte à musique appartenait à ces terres. Pas aux morveuses qui crachent du venin.
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MessageSujet: Re: Maternal instinct   Mer 8 Aoû 2018 - 20:29

Maternal instinct.S O R R O WLa lassitude s’était petit à petit installée sur les lieux. On pouvait parfaitement sentir la tension, ainsi que l’ennui dans la scène. Bien sûr la rencontre était assez intéressante, que ce soit pour la jolie jument ou pour le grand étalon noir. Mais avouons-le, plus le temps passait, plus la discussion s’en trouvait stérile. S’ils s’aimaient bien ? Bonne question. S’ils appréciaient de parler ensemble ? Très bonne question aussi. Mais la plus importante fut sans doute s’ils voudraient se revoir un jour. Une seule me taraude en réalité ; que pense-t-elle réellement de cet étalon ? Etait-il intéressant pour elle ? Le voyait-elle réellement comme un ennemi pour son territoire ? Le voyait-elle comme un rival potentiel pour le Roux ? Personne ne le saura.
Mais il fallait qu’elle se méfie. Il demeurait tout de même assez dangereux, même s’il n’était plus un dominant. Il demeurait dangereux de par son intelligence, sa malice ainsi que son vécu. Car même si elle ne connaissait pas son histoire, elle pouvait voir dans son regard qu’il était de ces vieux étalons qui ont vécu beaucoup de choses. A-t-il connu la Mort ? A-t-il déjà tué pour pouvoir garder sa place ? A-t-il menacé des solitaires comme elle devrait le faire actuellement ? Elle aimerait le savoir. Pas que ça l’intéressait personnellement, mais surtout plus pour savoir comment protéger davantage son territoire face à de tels rivaux. Lorsque l’étalon prononça sa première phrase, elle ne dit rien, se contentant de sourire, presque fière de tout cela. Oui, elle était réellement fière d’avoir pu toucher un minimum le mâle. Elle était fière d’avoir visé juste. Pas forcément pour lui faire du mal gratuitement, mais seulement pour lui rappeler qu’elle avait un minimum de répartie.
« J’ai de l’égard. Mais encore faut-il que cette autorité soit proche de moi, tout simplement » répondit-elle en ronflant.
Elle détestait qu’on la réprimande, sincèrement. Personne ne l’avait fait après son enfance. Son père l’avait fait souvent, sa mère aussi, mais personne d’autre n’avait osé le faire. Il paraissait contrarié qu’elle lui prenne la boîte, mais il ne semblait pas vouloir participer au jeu … Dommage, ça aurait pu être sympa. Peut-être une prochaine fois. Elle remarqua son regard sur sa pouliche et une pointe de peur naquit dans son coeur. Cette dernière se calma bien rapidement : heureusement il n’osa pas toucher à la petite.
« Je voulais juste assouvir ma curiosité. Mais apparemment, tu es trop vieux pour participer à cela. Alors, excuse-moi de t’embêter. » dit-elle, en soupirant.
Il était vraiment pas drôle ce mâle. Elle pensait pouvoir s’amuser un petit peu, mais rien ne se passa. Dommage. Finalement, il récupéra sa boîte et elle ne dit rien, le laissant faire. En fait, je pense que Sorrow était bien trop vieux pour pouvoir jouer avec une telle gamine. Après, elle avait six ans, elle n’avait pas connu d’enfance correcte, alors il ne fallait pas lui en vouloir, elle avait besoin d’évacuer tout cela. Soudain, il prononça des mots qu’il ne fallait pas. Elle plaqua brutalement les oreilles dans sa crinière, devint une lionne plutôt qu’une jument.
« Ose encore une fois m’accuser de mauvaise mère et je t’assure que je te fais ravaler ta langue à coup de sabot. » Puis elle posa un œil sur sa fille. «  Je n’étais pas très loin et je la surveillais, quoique tu en dises. » Enfin, elle s’éloigna de l’étalon et ronfla. «  Tu me déçois, je te pensais plus intéressant que cela. Mais tant pis. »
Echouer ? Mais échouer en quoi ? En ce qu’il ne vienne dans son clan ? Elle s’en moquait, réellement. Elle avait bien assez de membre pour que la présence d’un autre cheval ou non lui importe. Finalement, elle secoua la tête.
« Va donc la rejoindre si tu l’aimes tant. » Puis, elle eut un sourire moqueur. «  Mais pour un étalon aimant, tu regardes bien trop mes courbes, me semble-t-il. » Finalement, elle lui tourna le dos et mit sa queue sur sa croupe, signifiant ses chaleurs, avec un grand sourire. « Je vais donc partir, puisque je t’embête tant. »
Là, sans même chercher à comprendre plus, elle lui balança sa queue sous le nez, sentant les effluves de chaleurs, et se mit au trot. Il fallait qu’elle parte. Réellement, sinon ça partirait loin. Elle réveilla sa fille à coup de naseau et lapement pour finalement, partir au pas. Loin de cet étalon, ils se reverront c’est sûr.
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MessageSujet: Re: Maternal instinct   Mer 8 Aoû 2018 - 23:14

Il devenait facile de reconnaître quelqu'un d'acculé intellectuellement : son âge arrivait dans la conversation et tendait des mains vides, l'air un peu embarrassé. C'était un argument impuissant.

Il n'avait pas vraiment tenté de déterminer quelle âge elle avait exactement. En l'observant un peu, il lui sembla qu'elle était encore assez jeune, plus que Cyrius en tout cas. Il n'était peut-être pas surprenant que le rouquin se soit choisi une donzelle moins âgée que lui. C'était plus facilement malléable, bien que plus rapidement insupportable.

Voilà que de nouvelles menaces sortaient de cette bouche. Sorrow aimait lui-aussi souvent menacer ses interlocuteurs, mais il devait avouer qu'il n'avait jamais été aussi redondant. Cela lui donna envie de passer plus souvent à l'action. La prochaine fois qu'il y aurait des poires à mordre, il le ferait.

" Nous nous reverrons le jour où tu mettras une de tes innombrables menaces à exécution. D'ici là... "

Et pour marquer à quel point ce temps serait long, il décrocha ses mâchoires et poussa un bâillement de Gargantua, claquant des dents après avoir bien aspiré tout cet air chaud d'été qui bourdonnait d'abeilles et de grillons. S'il restait trop longtemps la bouche ouverte, il pouvait presque sentir l'eau du ruisseau gargouiller au fond de sa gorge.

Elle pouvait invoquer la curiosité autant qu'elle le voulait. Les petites filles qui ne connaissent pas les mots magiques n'ont pas le droit de toucher aux bibelots enchantés.

Il fallait avouer que menacer l'étalon de trois fois son poids et deux fois sa taille avec ses sabots ne manquait pas d'une certaine intrépidité, que d'aucun aurait qualifié d'imprudence, d'autre d'idiotie. Il utiliserait les trois adjectifs avec grand plaisir.

Il se demanda ce qu'il pouvait bien faire de sa déception et choisit de la laisser choir dans l'herbe, rejoindre à la prochaine crue le fond du ruisseau. Il n'était pas là pour impressionner les autres. C'était à eux d'allumer d'une étincelle son regard.

Une accusation grossière sortit de la bouche de la baie. Sorrow se demanda s'il l'avait vraiment regardée avec insistance, se rappela de ses observations : grossesse, arabe... Son inconscient n'avait pas vraiment tiré ses traits pour les rendre lubriques.

" Quelles courbes ? Celles que t'ont laissé l'accouchement ? Il n'y a en effet rien de plus charmant qu'un ballon crevé. "

Il en rit, avec sa bonhomie légendaire.

Nazz'ariah lui montra ses fesses. Il craignit momentanément qu'elle ne lui pète à la figure, mais il ne recueillit finalement que les effluves moites de ses chaleurs. Sorrow fronça les naseaux, se demandant ce que Cyrius penserait de sa dominante lui présentant son cul.

Il faudrait le lui demander en personne.

Si elle se contredisait à tout bout de champ et ne mettait jamais vraiment ses menaces à exécution, elle n'était pas complètement incapable de sentir que le temps était venu. Sorrow sentit sa posture se relâcher alors qu'elle s'apprêtait à déguerpir, elle et le morpion que l'étalon suivit du regard, tentant de mémoriser les traits de ce petit visage à peine modelé. C'était la fille de Cyrius. On verrait ce que donnerait cette mauvaise graine.

" Arrideverci, la souris inconstante. "

Et sur ce salut italien, il s'allongea aux côtés de sa boîte à musique pour préparer sa nuit.
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