Jeu de rôle équin
 
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 Maternal instinct

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Nazz'ariah

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MessageSujet: Maternal instinct   Jeu 31 Mai 2018 - 1:05

ft Sorrow
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Délicatement le Soleil se lève sur la forêt tandis que les animaux se réveillent timidement. Certains sortent de leur terriers pour pouvoir découvrir la Nature qui se découvre à leur regard, tandis que d’autres baillent pour ensuite se faire une toilette furtive. On pouvait distinguer un renard qui se gratte l’oreille droite tandis qu’il regarde derrière lui et que des renardeaux sortent en piaillant de la tanière. On peut aussi voir une famille de lapins sortir de son terriers pour venir manger les plantes qui se disséminent ici et là. Mais le plus beau est encore cette biche sortant d’une clairière, avec son faon derrière elle, et venant boire dans une flaque avec quiétude. La matinée est souvent un moment subtil, délicat, dans la journée. Les animaux se réveillent, ils ne pensent qu’à découvrir la nature qui les entoure, et oublie la chaîne alimentaire. Ils vivent tous ensemble, regardant dans la même direction à chaque fois, observant le Soleil qui vient gentiment leur dire bonjour en caressant leur joue avec tendresse.
Ce Soleil vint tendrement caresser la robe de satin d’une jument qui dormait encore debout, le postérieur légèrement levé sur le sol et la tête baissée vers le sol. Un baillement se fit entendre tandis qu’une pouliche isabelle ouvrait elle aussi les yeux sur le Monde. La jument baie ouvrit les yeux, étira son encolure en arquant la tête vers le poitrail et posa un regard empli de tendresse vers sa fille. Cette dernière tourna, elle aussi, la tête vers sa mère et se leva sur ses jambes, encore trop longues pour elle, pour venir vers sa Maman. La jument arabe écarta son postérieur pour que sa petite vint prendre sa première goulée de lait de la journée. Elle adorait cette sensation. Elle aimait cette tendresse qu’elles partageaient ensemble, mais surtout ce lien qui se formait petit à petit. Certes, elles ne se connaissaient pas depuis bien longtemps : quelques semaines, mais la princesse baie avait l’impression d’être née pour cela. Elle avait l’impression que les Dieux l’avaient laissé en vie simplement pour qu’elle puisse vivre un tel moment.
Les heures passèrent tandis que la jument baie lézardait au Soleil, laissant sa fille profiter de son lait maternel mais aussi de l’herbe fraîche. Finalement, la princesse donna un petit coup de naseau sur le dos de sa fille qui dormait, lui faisant comprendre qu’il était temps de rejoindre son père. La petite comprit très vite, se mit sur ses jambes longilignes et fit un premier pas. Lorsque Nazzou fut convaincue de la démarche de son petit ange, elle se mit en route. Elle adorait le cadeau que lui avait offert Cyrius, elle ne le remercierait jamais assez en fait. Il lui avait offert une fille, un royaume et un amour. Que demander de plus au peuple ? Elle ne pouvait rêver mieux. De la princesse souillée, elle était passée à une véritable reine. Bien sûr, il n’était pas encore dominant des Trompeuses, mais elle était convaincue qu’il le deviendrait bientôt. Il était fait pour ça. Il était un Prince, un Roi, c’était une évidence.
Plusieurs heures étaient passées depuis que le duo de Princesses marchaient pour retrouver leurs terres. Mais surtout, elles étaient passées par les Terres Orphelines. Elles avaient fait un détour considérable, mais pourquoi ? Tout simplement car Nazzou voulait découvrir les terres de Fifa, elle voulait voir à quoi elles ressemblaient. Cependant, en remarquant un ruisseau, elle sentit la soif venir délicatement prendre possession de son corps. Alors, sans hésiter une seule seconde, elle trotta vers ce dernier et en but plusieurs gorgées. Soudain, un bruit se fit entendre : sa fille venait de mettre ses antérieurs dans l’eau. Elle se précipita vers elle, la poussant d’instinct, lui faisant comprendre que l’eau était dangereuse pour elle à son âge. La petite isabelle souffla, bouda quelques instants pour ensuite galoper derrière un papillon qui venait de la frôler. Sa mère soupira de lassitude mais la laissa faire, continuant de boire, tout en gardant les oreilles tournées vers sa fille. Elle pouvait sentir tous ses muscles se tendre, au cas où il faille réagir. Soudain, un bruit sourd. Sa fille venait de tomber, elle se retourna brutalement, campée sur ses quatre membres et en remarquant un étalon imposant et noir face à Hallelujah, elle n’hésita pas. Là, elle galopa directement vers elle, se mettant derrière elle, les oreilles en arrière, au cas où l’étalon veuille du mal à sa fille.
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Sorrow
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MessageSujet: Re: Maternal instinct   Jeu 31 Mai 2018 - 2:01

Le goût de la victoire colle-t-il aux lèvres comme du sucre ou s'ancre-t-il dans le fond de la gorge, pâteux et amer, pour remonter jusqu'à la langue et l'envahir ?

Il a connu des victoires. Il a aussi connu quelques défaites. Le sang de Black Night, sirupeux, collé aux dents, et le sel de larmes honteuses brûlant le palet. La victoire, c'était la boîte à musique, avec laquelle il marchait comme un saltimbanque se rendant à la prochaine foire. Mais son pas manquait de légèreté, son regard d'éclat. Il s'était arrêté en discernant les contours retors du ruisseau sans fond, préférant se perdre dans sa contemplation avant de vraiment l'aborder. L'eau ne pouvait se jeter à son visage, mais les souvenirs, eux, le pouvaient, et le feraient sans crier gare, froids et mordants comme cette onde.

Ses yeux avaient embrassé la plaine, y cherchant une tâche blanche. Il ne discernait que l'herbe qui se pliait aux commandes du vent, que l'eau qui tonnait, que le destin qui s'était mis en marche avant lui et bravait les éléments en sifflotant, toujours plus certain que lui. Kuro n'était pas là. Il ne savait pas si sa petite déception était naturellement masochiste, ou si s'était sa rencontre avec Fifa qui avait creusé son estomac pour y lover l'appétit d'une confrontation. Le souvenir de la jument blanche l'avait hanté, aigre-doux. Son après-midi avait été viciée. Les fruits du verger étaient devenus acides, et s'il s'était perdu dans le plaisir de savoir qu'il touchait au but, c'était en sachant qu'elle se doutait de quelque chose, qu'elle trouverait peut-être la crypte, que plus rien des terres Orphelines ne lui appartiendrait.

Qui t'aimera mieux que moi, terre maudite ? Je t'ai ramené ta musique, afin que tu gardes le silence sur mes anciens écarts.

Il avait voulu, noblement, s'acquitter de sa tâche et disparaître aussitôt, comme un amant passe une dernière fois dans un lit aux draps souillés. Mais, encore une fois, Fifa l'avait fait saliver. Il voulait commettre un affront ; que ce soit contre son fils ou contre Hadès, qui aurait très bien pu apparaître pour lui demander de déguerpir. Avait-il encore le droit d'être ici ? Rien n'était jamais sûr. Aléas prononçait les énigmes, mais les dieux en étaient eux-mêmes. Il était convaincu que le noiraud se plairait à sentir du conflit. Cela l'avait mis en joie, lorsqu'il l'avait rencontré pour la première fois ; de reconnaître l'insolence, la tourmente.

Sorrow descendit dans la vallée, caressé par quelques trèfles et par un soleil curieusement clément. Il n'était jamais particulièrement tendre, sur les terres Orphelines, trop agressif ou trop dédaigneux, et complètement inexistant aux pluies perpétuelles. Qu'il ne traverserait pas. Pas la peine de s'imposer ce paysage là, pour lequel il n'avait aucune affection. Il ne lui rappellerait que les longues patrouilles pour dénicher les solitaires qui venaient errer inexplicablement sous l'averse.

Comme au verger, l'endroit était plus vivant qu'autrefois. Des traces de pas sur les berges, des brindilles cassées, quelques branches d'arbres privées de leur feuilles. Sorrow observa tout cela d'un regard critique. On pouvait toujours prétendre que les terres Orphelines seraient un jour un havre de paix ; c'était se bercer d'illusions. Elles tuaient les colons qui voulaient faire vivre son sol.

Les visiteurs ne tiraient pas les bonnes leçons de la maison hantée.

L'étalon déposa sa boîte à musique par terre, la couvant du regard. Le courant gloussait et il attendait, s'enfonçant dans une sorte de torpeur. Lorsqu'il l'ouvrirait, la crypte se révélerait à lui. Ou pas. Si cela ne survenait pas, il n'aurait pas gagné. Le goût de la victoire n'envahirait pas sa bouche. Il n'aurait pour tout souvenir que l'acidité des fruits, collée aux lèvres et ancrée au fond de la gorge.

Il aurait perdu la guerre muette qu'il livrait à un adversaire absent.

Un corbeau se déposa sur la branche d'un petit arbre biscornu qui tentait de détourner son tronc de l'onde, comme repoussé par l'idée qu'il plongeait ses racines dans une eau ayant le goût de l'os.

On pouvait les voir, si on y prêtait assez attention. Les côtes tranchantes et les mâchoires fracassées, parfois recouvertes par quelques galets blancs. Poulains, juments, étalons... Imprudents.

Raven. Un autre corbeau, celui-là aquatique. Un mort parmi les autres, mais qui lui avait coûté plus cher qu'eux.

Il était mort à cause de cette boîte à musique. Et pourtant, il ne l'avait jamais considérée comme un objet de malheur, mais comme quelque chose de désirable. Difficile, de résister à la beauté. Ce n'était pas lui qui aurait pu prétendre le contraire.

Un rictus éclot sur ses lèvres. Il remarqua un mouvement du coin de l'oeil et tourna la tête pour suivre le batifolage erratique d'un papillon ; fut surpris de sentir un poids contre son poitrail, ne parvenant pas à comprendre quel rapport il y avait entre cet objet aérien et cette soudaine lourdeur.

Sorrow baissa les yeux, tombant sur une pouliche isabelle. Il grimaça, automatiquement, comme pour mieux la convaincre qu'elle avait fait une erreur.

Ou l'âge le rendait plus distrait, ou les intrus des terres Orphelines étaient devenus plus sournois.

La jument baie qui approcha n'avait rien de sournois, bien que sa posture indiqua qu'elle n'était pas particulièrement enchantée de faire sa connaissance. Les lèvres de Sorrow se retroussèrent à nouveau et il pencha la tête sur le côté, la détaillant. Flancs encore un peu creusés par l'accouchement, tête fine... Elle n'était pas trop grande. Différente de Fifa, certes. Il se demanda si elle était aussi une compagne de Kuro et manqua de pouffer, éliminant l'idée ridicule.

Il baissa les yeux sur sa boîte à musique, s'assurant qu'elle n'avait reçu aucun choc.

" Je suis moins dangereux que la rivière, " dit-il finalement, contemplant la pouliche.

Il n'avait jamais vraiment apprécié la compagnie des enfants.

" Du moins, pour le moment. "
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MessageSujet: Re: Maternal instinct   Ven 1 Juin 2018 - 15:25

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La guerre ? Elle ne l’avait jamais connu, en réalité. Bien sûr, elle en avait entendu parlé, mais ne l’avait encore jamais vu de ses propres yeux. Dans son pays natal, son père – malgré son comportement exécrable avec elle – avait fait en sorte de mettre sa famille à l’abri. Il avait fait en sorte d’éviter toute confrontation avec l’ennemi et de cacher son patrimoine dans un endroit que personne ne connaissait. Au départ, elle n’avait pas réellement fait attention au fait qu’ils soient reclus mais avec le recul, le temps, elle s’était posée quelques questions. Pourquoi étaient-ils seuls sans arrêt ? Pourquoi ne rencontraient-ils jamais de nouveaux chevaux ? Pourquoi son père bannissait chaque solitaire de son territoire ? Pourquoi sa mère la disputait à chaque fois qu’elle voulait découvrir d’autres mondes ? Maintenant, à son âge, elle comprenait : la Guerre brûlait tout sur son passage, elle tuait des innocents, mais surtout elle anéantissait des familles entières. Son père était un monstre, c’était évident, mais il avait tout de même bien fait son job de chef. Il avait bien protégé sa famille de tous les tourments de la vie.
Mais dorénavant, elle avait quatre ans. Et à quatre ans, elle avait vu des choses, surtout durant les voyages qu’elle avait pu faire avant d’atterrir sur cette île. Elle avait connu un monstre de père qui l’avait anéanti alors qu’il l’avait créé, une mère qui l’avait pourrit sans aucune raison. Mais surtout, une mère qui avait laissé faire son père sans vraiment chercher à comprendre la raison de tout cela. Elle avait eu un frère qui l’avait brisé sans même avoir une once de réflexion ou de compassion. Elle n’avait pas comprit au début, puis finalement, elle avait prit du recul et s’était rendu compte que tout cela était arrivé car la Nature est affreuse. Elle crée des êtres pour les faire vivre, mais elle les crée aussi pour qu’ils surmontent de sacrés obstacles. Puis durant ses voyages, elle avait aussi vu des choses terribles. Elle avait vu une maman ours tuant sans vergogne, un étalon tuant un poulain handicapé mais aussi des humains anéantissant tout sur leur passage. La guerre, pas encore certes, mais elle avait connu bien pire selon elle.
Mais selon elle, la Nature l’avait tué dés le jour où Saltan était apparu sur Terre. Dés le moment où elle avait découvert son petit corps sombre tombant sur la terre, sans même ouvrir les yeux. Le Destin l’avait brisé, détruit pour finalement lui offrir une seconde chance grâce à Cyrius. Il avait accepté qu’elle devienne mère. Mais pour combien de temps ? Le serait-elle toute sa vie ou lui arracherait-on de nouveau sa fille ? Aurait-elle réellement sa chance ou lui briserait-on les ailes de nouveau ? C’est sans doute pour cette raison qu’elle était si possessive, si mauvaise envers les inconnus. D’habitude, elle était assez joviale, assez gentille envers les inconnus, mais maintenant qu’elle était mère, elle n’acceptait plus rien. Sa fille était la prunelle de ses yeux, elle était une partie d’elle qu’elle avait oublié, mais surtout elle était une seconde chance qu’on lui offrait : alors il était hors de question qu’elle laisse quelqu’un y toucher. Elle écouta brièvement l’étalon, qui lui expliqua qu’il n’était pas dangereux. Mais, elle secoua la tête, toujours les oreilles en arrière. Elle n’avait pas confiance. Il ne suffirait que d’un coup de sabot, que d’une morsure pour que la petite disparaisse à jamais. Alors, d’un coup de naseau, elle ordonna à sa fille de revenir derrière elle, ce que la petite isabelle fit rapidement – bien trop impressionnée par le noir.
« Je vois. Mais comprenez que je me méfie, on ne sait jamais de nos jours. » dit-elle avec froideur.
Lorsque deux lèvres vinrent prendre possession du pie maternel, la petite jument baie se calma instantanément, en fermant les yeux. Sa fille avait le don pour la calmer sans qu’elle ne comprenne pourquoi. Elle la laissa faire, restant à sa place et écartant légèrement le postérieur droit. Elle se sentait tellement bien, maintenant, alors que sa fille s’abreuvait du liquide vital. Au bout de quelques instants, elle ne sentit plus rien, alors elle rouvrit les yeux et chercha sa fille. Cette dernière était de nouveau face à l’étalon, mais cette fois-ci, elle reniflait une étrange boîte. La jument baie pencha la tête sur le côté, plissant des paupières en tentant de comprendre.
« Qu’est-ce ? » demanda-t-elle plus pour elle que pour l’étalon.
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Sorrow
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MessageSujet: Re: Maternal instinct   Ven 1 Juin 2018 - 19:49

Il n'avait jamais vraiment pu croire en cet instinct maternel que l'on vante tant et que l'on brandit comme s'il était une faculté supérieure, un aspect divin glissé dans l'animal. Mensonges. Les dieux n'étaient pas de bons parents, eux-aussi.

Héra avait jeté Héphaïstos du haut de l'Olympe. Sloth ne l'avait jamais repoussé ; mais il s'était lui-même éjecté du giron maternel, inexplicablement indépendant, inexplicablement méprisant. Où était l'adoration qui aurait du lui venir naturellement ?

Il avait connu des mères, depuis. Des ventres ronds. Il n'avait pas assisté à la grossesse de Symphonie, mais il avait pu la voir rendre son dernier soupir pour permettre à Mélodie de respirer. Il avait suivi Querouane comme une ombre fidèle et anxieuse, seulement pour être trahi par ce qui était sorti de son ventre. Il avait retrouvé Hypocamp' au terme. Mais elle n'avait pu être une mère pour sa fille, tout comme il n'avait jamais vraiment pu être le père de qui que ce soit.

Cette jument là semblait posséder tout l'instinct maternel qu'il avait raté chez les autres. Elle se tenait campée, froide et attentive, comme s'il avait un quelconque intérêt à attenter aux jours de son moucheron.

Sorrow baissa les yeux. Pur-sang arabe. Isabelle. Femelle ? Femelle. Petit, fragile, pas très loquace. Il les aimait un peu plus vieilles et un peu plus débrouillardes.

Mais il y avait manifestement un bouton magique sur le corps de la jument baie. Sorrow la contempla avec les prémisses d'une grimace de dégoût un peu juvénile. Il y avait quelque chose de peu ragoûtant dans le spectacle de la pouliche tirant sur le sein maternel avec toute l'énergie dont sont capables les morveux affamés.

Il préféra regarder le ruisseau qui continuait son périple, faisant un pas sur le côté comme pour le dissuader de l'emmener dans ses tréfonds.

Sorrow fut arraché à sa contemplation par des bruits de pas étouffés. Il fixa la pouliche qui reniflait la boîte à musique. Sa grimace devint laide.

Il baissa la tête pour mieux dévisager la petite chose et la dissuader d'avancer plus.

" Quelque chose dont elle devrait se méfier, " répondit-il en montrant un peu les dents.

Il n'avait pas particulièrement envie de provoquer maman ourse - la boîte à musique avait déjà été menacée par un autre arabe récemment - aussi se retint-il de pousser le puceron, se contentant de lui faire sentir tout le poids de sa présence.

Raven était mort parce qu'il s'était trop intéressé à la boîte à musique. Peut-être était-elle maudite, après tout. Mais le nombre de choses maudites existant sur Horse-Wild était trop grand pour qu'il s'en soucie vraiment. Les malédictions n'étaient que des mots. Elles prenaient vie lorsqu'on était trop crédule...

Le corbeau qui s'était perché sur l'arbre s'envola dans un froissement d'ailes. Il se demanda où se rendait ce triste sire, et s'il avait un quelconque royaume à rejoindre ou à reconquérir.

Mais il n'était ni conquérant, ni explorateur. Tout au plus un usurier trop diligent.

" Je ne comprendrais jamais ceux qui osent ramener des enfants ici, " grommela-t-il, plus pour lui-même que pour la baie.


Dernière édition par Sorrow le Mar 5 Juin 2018 - 19:59, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: Maternal instinct   Mar 5 Juin 2018 - 18:13

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En fait, pour que je vous dise la vérité sur cette douce jument baie, depuis sa plus tendre enfance, elle a toujours voulu être mère. Elle a toujours voulu porter un poulain, ressentir l’amour qu’un petit être pouvait porter à sa génitrice. Pourquoi ? Elle ne savait même pas en réalité. Tout ce qu’elle savait, c’est qu’avant Saltan, elle avait le sentiment que les Dieux lui ordonnaient une mission, qu’ils voulaient qu’elle ait un rôle bien particulier. Mais depuis sa mort, elle a le sentiment que quelque chose lui manque, qu’un grand vide est né en elle. La jolie baie est jalouse. Elle est devenue jalouse des autres mères, à un point qu’elle aurait presque kidnappé un poulain si elle en avait été capable. Alors oui, depuis que Cyrius a accepté de lui offrir ce cadeau, elle avait complètement changé. Elle était devenue mauvaise, possessive et surtout méchante. On ne touchera jamais à sa fille, ô grand jamais. Elle serait même prête à mourir pour elle. De se battre avec un étalon pour Hallelujah ? Sans aucun soucis, même si elle sait qu’elle perdra, mais elle voulait le faire. Elle voulait montrer qu’une jument fébrile pouvait anéantir tout ennemi de sa progéniture.
En réalité, je pense qu’elle est devenue ainsi avec sa fille car sa mère ne l’a jamais été malheureusement. Elle n’a jamais connu l’instinct maternel. Son père, toujours absent, ne l’a pas réellement élevé. Sa mère, quant à elle, était une véritable mère pondeuse. Tous les ans, voire tous les deux ans, elle avait un poulain alors elle ne prenait réellement pas le temps de s’occuper de ses enfants. Elle les allaitait, les protégeait des prédateurs, certes, mais l’amour n’était pas présent. On aurait plus cru qu’elle les élevait comme un robot qu’une véritable maman. Alors, heureusement pour elle, la petite Nazzou a connu l’amour avec quelques juments du troupeau, mais surtout avec les poulains qui étaient ses amis. Puis, son frère avait grandi, ses envies aussi, et elle aussi. Les chaleurs étaient apparues, elle était devenue adulte et son frère aîné avait commit l’irréparable. Douleur, malheur et malédiction étaient arrivés. Puis elle était partie de tout cela, elle avait tout abandonné, elle avait connu Cyrius et la douceur était de nouveau réapparue.
Cet étalon était différent de Cyrius, elle l’avait remarqué dés le début. Il était plus imposant, plus sombre, mais surtout plus vieux. Il lui faisait réellement pensé à des étalons qu’elle avait rencontré durant son périple. Mais si, vous savez, ces étalons qui saillissent sans se poser de questions, qui ont des poulains sans réellement y faire attention et qui, enfin, deviennent aigris. Elle n’avait pas confiance. Depuis le début de sa vie, elle n’avait réellement jamais eu confiance envers les mâles, mais alors celui-ci … C’était pire que tout. Il lui inspirait méchanceté et agressivité, sans vraiment savoir pourquoi.
« Ayez encore une once d’agressivité envers ma fille et je vous jure que je vous arrache les yeux. » dit-elle en sifflant.
Certes, il n’avait pas spécialement été agressif, ni mordu la gamine, mais rien que le fait de montrer les dents à sa fille signifiait agression. On n’était pas méchant avec elle, c’était hors de question. Elle avait réellement envie de foncer sur ce mâle, le mordre pour le remettre à sa place sans qu’elle ne comprenne pourquoi, mais elle retint tout cela. Elle avait, comme l’impression, que son instinct était plus fort que sa raison, qu’il détruisait tout autour de lui, mais surtout qu’il effaçait toute once de conscience en elle. En réalité, elle avait le sentiment que sa fille la changeait. Qu’elle la faisait devenir une vraie machine de guerre, un être capable de tout surmonter, tout manger sans se poser de question. Finalement, la baie déposa une lèche sur sa fille qui s’était blottit contre elle, face à l’agressivité de l’étalon et resta face à lui, sans vraiment bouger.
« Peut-être car c’est le seul endroit calme ? Ou peut-être car ici aucun étalon ne nous embête … ? » répondit-elle pour finalement souffler en le fixant. « Quoique, je me suis trompée apparemment. »
Finalement, la petite jument poussa des naseaux sa pouliche et tourna les talons, ignorant complètement le mâle. Mais ce qu’elle ne sut pas, c’est que la curiosité de sa fille était bien plus puissante que l’amour qu’elle lui portait. Alors, elle vit, sans pouvoir réagir, Hallelujah s’approchait de nouveau de la boîte. Elle tourna autour de cette dernière au petit trot, tout en la reniflant. Mais encore maladroite sur ses jambes, elle tomba brutalement, la tête en premier sur la boîte et les fesses vers l’étalon. La future reine baie galopa brutalement vers elle, se mettant entre sa fille et le mâle, au cas où. On ne sait jamais.
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Sorrow
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MessageSujet: Re: Maternal instinct   Mar 5 Juin 2018 - 18:51

Hell hath no fury like a woman scorned, et autres petites évidences que l'on sème et qui prennent vie dans le quotidien, brutalement, lors d'une après midi d'été durant laquelle un rayon de soleil glisse sur le vichy d'une nappe et embrase le regard d'un membre du beau sexe, révélant la vipère qui se cache lovée dans la pupille. Ou quelque chose comme ça. A-t-il perdu son charme ? Rares sont celles qui le rejettent d'emblée ; certes, certaines ont peur, certaines sont des mères comme celle-là. Mais il n'a jamais eu de mal à embobiner une jument, jamais eu de mal à tremper le fer de sa lance dans un coeur ou dans autre chose, et si l'on accuse encore une fois son âge en lui affirmant qu'il est devenu trop vieux pour ce genre de choses, il finira par mordre avec un dentier en or.

Il a Geisha et cela lui suffit amplement. Cela ne l'empêche pas de regarder et d'apprécier, bien que l'inconnue soit encore lourde de grossesse et décharnée à la fois, cette caractéristique de la jument arabe qui fait qu'elle est un peu plus grossière que le mâle, bien vite empâtée par les raclures des sabots de son engeance contre l'estomac distendu. Non pas qu'il ait été un aficionado des éphèbes arabiques ; Cyrius était aussi charmant qu'un poulet déplumé et il sentait les premières contractions révulsées de l'horreur dès lors que ses yeux tombaient sur les deux montgolfières qui pendaient entre ses jambes, condamnées à ballotter et à oublier toute aventure céleste.

Il pensait un peu trop à Cyrius ces derniers temps. La faute de cet insupportable rouquin, qui l'avait à moitié humilié, à moitié amusé. Ce qui, somme toute, n'était pas très différent de d'habitude.

" Les yeux seulement ? " demanda-t-il avec un large sourire en dents de scie, son regard émerillonné rivé sur elle et empli de la malice du diablotin.

Oh, oui, il n'avait plus besoin de plaire à quiconque, mais les émois de l'adolescence ne quittent jamais vraiment un mâle et le poussent à tirer la queue comme l'on tire la chevillette, espérant à moitié que la bobinette cherra.

Une moue glissa sur ses lèvres et se mêla au sourire, créant une hilarité douteuse et sceptique. Il la reluqua des pieds à la tête.

" Calme ? Vous vous illusionnez si vous pensez que cet endroit est calme. Et si vous étiez venue, vous et votre crapoussine, il y a quelques mois de cela, j'aurais eu des raisons plus légitimes encore de vous embêter et qui sait, de vous forcer à déguerpir le cordon ombilical entre les jambes. "

La baie, d'une maturité qui rivalisait avec celle d'une princesse qui ne parvient pas à enfiler un chausson de verre, se retourna et lui laissa voir son globe, qu'il ne considéra pas bien longtemps, puisque tout intérêt n'était que feint pour mieux semer et la discorde et le trouble. Sorrow souriait et riait toujours à moitié. Entre cette guenon et Fifa, il ne tombait décidément pas, ces derniers temps, sur les représentantes les plus charmantes de ce que pouvait offrir la gente féminine. Il avait quitté Geisha trop tôt.

Bien sûr, les enfants n'ont que faire de l'orgueil de leurs parents et la libellule qui servait de progéniture à la boudeuse vint tournicoter à nouveau, comme attirée par la promesse de pouvoir avaler un gros moustique. Sorrow baissa les yeux mais n'eut pas le temps de faire quoi que ce soit, la furie brune s'interposant entre lui et la boîte à musique qui venait de recevoir tout le poids des naseaux encore morveux de la pouliche.

Le frison la toisa, la tête penchée sur le côté pour mieux la voir.

" Vous vous méprenez si vous pensez que je veux tuer la mère devant la fille, ce sont des manières que je laisse à d'autres connaissances. Mais elle doit apprendre à laisser les choses qui ne lui appartiennent pas tranquilles. "
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MessageSujet: Re: Maternal instinct   Sam 23 Juin 2018 - 19:50

Maternal instinct.S O R R O WDepuis sa plus tendre enfance, la petite jument baie n’avait réellement trouvé d’intérêt à regarder les chevaux du sexe opposé. Bien sûr, elle avait accepté de dire qu’ils avaient une certaine beauté. Elle avait rencontré des chevaux arabes magnifiques avec leur chanfrein concave, les longues jambes infinies et surtout leur silhouette longiligne. Mais elle avait aussi rencontré des chevaux plus baroques, durant son périple, qui accentuait davantage son envie de fuir les mâles. Pour elle, il ne revêtait une beauté que pour attirer davantage le regard, tromper les femmes et surtout leur briser le coeur. Son père avait toujours été le plus beau durant sa jeunesse, suivi ensuite de son frère. Mais ce dernier n’a-t-il pas trahi cette illusion en la salissant ? N’est-il pas devenu la plus grosse laideur du monde en soulevant son âme au rang des plus belles courtisanes ? Elle l’avait détesté. Mais en prenant du recul, elle se rendait compte qu’elle détestait beaucoup plus son âme, son physique que la personne en elle-même. Il n’était qu’un mâle parmi tant d’autres, un mâle qui acceptait de céder à la tentation et de laisser ses pulsions diriger ses propres ambitions. Il l’avait brisé mais au jour d’aujourd’hui elle s’était relevée.
Alors oui, elle était quelqu’un d’autre. De Princesse, elle était devenue Reine. En mélangeant son sang au sien, Cyrius l’avait hissé à un rang qu’elle n’espérait plus. Il lui avait offert le trône dont elle avait toujours rêvé, mais qu’elle avait fini par abandonner car elle ne se trouvait plus digne. Alors, en ayant quitté son ancien peuple, ces viles personnes, ce pays de débauche, elle était devenue une toute autre personne. Une jument qui acceptait certaines concessions, qui avait un autre rôle. De la jument insignifiante, elle était passée à une mère importante, une mère qui se devait de défendre une princesse au destin tout tracée. Mais si cette petite ne devenait pas Reine, serait-elle déçue ? Bien sûr que non, car elle savait à ce moment précis que Cyrius accepterait de mélanger de nouveau son sang au sien. Ils étaient liés à tout jamais dorénavant. Elle n’accepterait aucun écart de sa part, pas même une seule faute. S’il la trompait ? Elle partirait, mais elle détruirait le royaume qu’il avait construit bien avant. Elle détruirait tout ce à quoi il tient, tout comme l’étalon l’aurait détruit. Mais elle savait parfaitement qu’il n’en fera rien, car l’Amour était présent.
« Seulement car les yeux sont les organes les plus importants chez quelqu’un. » dit-elle en souriant sadiquement.
Elle sentait parfaitement le regard de l’étalon sur sa croupe tandis qu’elle lui tournait le dos, mais elle ne réagit pas. Ca lui prouvait encore une fois cette naissance l’avait complètement changé. En effet, elle se souvient parfaitement qu’à une époque elle aurait fuit, ou elle se serait cachée comme une biche qu’on a débusquée de son buisson. Mais aujourd’hui, elle était bien plus forte, bien plus courageuse, tout simplement car elle avait quelqu’un d’autre à protéger. Sa fille était bien trop jeune pour qu’elle puisse se permettre d’être faible. Finalement, elle fit volte face et planta son regard dans celui du frison.
« Faîtes attention, on pourrait presque croire que vos menaces sont réelles et penser que vous n’êtes qu’un vil personnage. »
Soudain, l’étalon pencha la tête sur le côté à sa présence et celle de la petite près de la boîte à musique. La jument la souleva et lui ordonna de partir plus loin. Une discussion d’adulte allait s’organiser. Finalement, elle hocha la tête.
« Je suis bien d’accord avec vous. Mais peut-être que la douceur est plus de profit qu’une menace, non ? » dit-elle en s’éloignant légèrement de l’étalon.
La petite baie resta tout de même entre sa fille et le mâle, mais elle paraissait un peu moins agressive. S’il avait voulu attaquer, il l’aurait fait depuis bien plus longtemps, alors autant se calmer. Finalement, comme prise d’une curiosité enfantine, elle tira son encolure vers la boîte, en posant elle aussi ses naseaux sur la boiserie.
« Et à moi, ne voulez-vous pas me dire ce que c’est ? » demanda-t-elle avec malice.
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Sorrow
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MessageSujet: Re: Maternal instinct   Lun 25 Juin 2018 - 15:52

L'importance de l'oeil n'est jamais plus évidente qu'au marché aux poissons ; lorsque le promeneur se penche pour inspecter la prunelle visqueuse d'un goujon étalé sur son lit de glace, la bouche grande ouverte sur la trahison de l'hameçon qui a transpercé sa bouche. Cet oeil là tente de fixer le ciel mais se heurte à la considération intelligente de l'homme, à sa faim, à la promesse de disparaître au fin fond d'une poubelle, un reste indigeste et infect que même les chats du port ne tentent pas de voler, leurs propres yeux des billes fluorescentes dans une nuit violette.

Il n'avait jamais été pêcheur, mais il avait été pécheur.

La nuance était de taille mais pas de poids. Sorrow ferma les yeux.

" Peut-être, " répondit-il, laconique, offrant une approbation aigre douce, indulgente, teintée de scepticisme.

Elle ne lui faisait pas peur et elle ne l'effraierait jamais. Il n'avait jamais vraiment craint les juments. Peut-être était-ce une erreur, une faiblesse, une mauvaise leçon récitée inconsciemment par son père dans ses gênes. La femelle n'était là que pour être aimée et fécondée, pas pour être haïe. Et lorsque l'on ne voulait pas l'aimer, ou la féconder...

Alors elle disparaissait loin des yeux et du coeur, comme la carcasse du poisson.

Non pas qu'il aurait sous-estimé une jument si elle avait tenté de l'assassiner. Toutes les tentatives d'assassinat se valent, parce qu'elles ne sont toutes que des tentatives. On place bien sûr au-dessus de tout cela le Brutus qui a réussi son crime.

Mélodie avait voulu le tuer. Ou l'avait-elle voulu ? Il l'ignorait. Elle avait voulu se venger. Et où était Mélodie, maintenant ? Dans sa mémoire, mais nul part ailleurs. Son poulain était mort, son compagnon disparu, et elle-même n'était qu'un fantôme de plus qui erre dans l'esprit et apparaît, de temps à autre, dans un rêve et un souvenir, avec un visage de plus en plus imaginé à chaque fois.

Kuro était son fantôme le plus palpable, un drap blanc qu'il devait se garder d'accidentellement salir du revers de sa chaussure cirée mais pleine de boue. Noir contre blanc. C'était presque risible, quand on y pensait ; la dichotomie la plus évidente qui soit, sans nuance de gris pour lui apporter le piquant de la complexité.

Ses paupières se soulevèrent. Il la regarda.

" Je suis un vil personnage, " répondit-il d'un ton docte et doucereux. Il était trop vieux pour revêtir une peau d'agneau devant la bergère.

La gamine disparut dans les hautes herbes, avalée par la nature. L'eau tendait encore son murmure vers elle, des bras ondulant et soupirant, l'embrassade d'un Orphée liquide. Se jetterait-il à l'eau si elle y tombait ? Ou contemplerait-il alors que la mère tentait de sauver la fille, spectateur impavide comme le destin ?

Elle lui posa une question. Il la contempla, longuement, considérant ses mots.

" Vous m'avez menacé en premier, " lui rappela-t-il finalement, un sourcil imaginaire haussé sur son incrédulité désabusée.

L'humeur de la baie semblait changeante.

Malheureusement, il devenait évident que la fille tenait ses manières de la mère. Sorrow avait passé les dernières minutes à tenter d'empêcher que l'on touche son bien ; et voilà que de gros naseaux venaient fureter de nouveau sur sa boîte à musique.

" Vous devriez apprendre à toucher seulement avec ces yeux auxquels vous accordez tant d'importance. "

Et il soutira la boîte à musique de sous son nez, l'expression désapprobatrice d'un patriarche sur la figure.

Un rictus tortueux se fraya un chemin sur sa bouche.

" Vous ne le demandez pas assez gentiment, chère... Chère... "

Si elle ne lui donnait pas de nom, il lui en trouverait bien un. Il avait après tout décidé que Collapsing se dénommait Pierre. Elle aurait pu être Caillou...
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