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 Noctambules - ft. Collapsing

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Ecalipse
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MessageSujet: Noctambules - ft. Collapsing   Mar 6 Mar 2018 - 22:32

noctambules

Un cauchemar – elle était donc hantée ?

Elle s’était aussitôt mise en marche, une marche rapide qui ne tarda pas à la faire suer. Les oreilles pointées vers l’arrière, les yeux dans le vide, la fatigue ancrée sur le visage, elle avançait sans trop savoir où aller – peu lui importait. Peut-être se rendrait-elle au cimetière – voilà bien des semaines qu’elle n’y avait pas mis les pieds.

Dans sa marche vive et aux pas irréfléchis, elle ne fit pas attention aux branches basses qui s’accrochèrent à ses crins et éraflèrent sa peau – ni aux pluies torrentielles des terres orphelines, dans lesquelles elle s’aventura, ignorant l’interdiction qu’avait tenté de lui donner son dominant, un frison blanc qui s’était avéré être son neveu.
Un rictus apparut un instant sur ses lèvres – puis s’effaça aussitôt.

A mesure qu’elle avançait, elle voyait le ruisseau qui avalait bien des poulains se profiler au loin – ses courbes se dessinaient grossièrement, terriblement floues dans l’obscurité de la nuit. Une étrange sentiment lui nouait l’estomac ce soir là – peut-être parce que cela faisait exactement trois ans que sa mère n’était plus – elle n’avait jamais su cesser de compter les jours qui la séparaient de ce jour funeste.

Elle s’arrêta tout près de l’eau – le regarda longuement, les lèvres entrouvertes dans le désir d’une parole destinée à quelqu’un – n’importe qui mais quelqu’un – auprès de qui s’excuser, se repentir, oublier quelle mauvaise fille elle avait été pour Isba. Elle fut prise de remords pour sa mère – elle n’avait su la sauver – mais aussi pour Raven – dix-sept heures. La folie de sa mère s’emparait-elle donc d’elle à son tour ?

Elle avait vécu, elle – pourquoi pas Raven ? Où était la justice ? – son esprit torturé ne cessait de replacer encore et encore les pièces du puzzle, de comprendre pourquoi, comment tout ceci était arrivé ? Comment était-on parti de la folie d’un étalon, pour arriver à des enfants orphelins ? Elle baissa les yeux – continua de réfléchir, encore et encore – scrutant son reflet percé des vaguelettes qui agitaient l’eau – brouillaient parfois son portrait.

Raven, Raven… – ce nom glissait inlassablement sur sa langue, et elle culpabilisait bêtement – comme si c’était elle qui en avait été la meurtrière.

Un bruissement de feuilles derrière elle – elle sursauta à peine et se retourna. L’espoir jaillit soudainement en son cœur, pour une raison qu’elle ignorait – elle scruta les fourrées de buis derrière elle, et un nom qu’elle n’avait pas prononcé depuis longtemps s’échappa de sa bouche :

Fantôme – c’est toi ? Puis l’espoir mourut comme il était né – dix-sept secondes plus tard, ironie du sort. Un sourire amer barra ses lèvres, elle affronta l’oeil unique de celui qu’elle voyait approcher. Ce n’est que toi.

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Collapsing
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MessageSujet: Re: Noctambules - ft. Collapsing   Jeu 15 Mar 2018 - 21:40

A trop vouloir frapper ses ennemis, on finit par donner des coups à ses amis.


Un oiseau s'envola dans un brouhaha énorme, tandis qu'un lièvre s'enfuyait brusquement alors qu'un cheval noir apparut rapidement au galop. Il était écumant de sueur, tandis que son oeil gauche était révulsé et ses oreilles plaquées dans sa crinière. On pouvait remarquer sa queue collée à sa croupe alors que son postérieur gauche était couvert de sang. On distinguait certaines cicatrices sur sa cuisse gauche, des traces de griffures, suintant de liquide rougeâtre et que son chanfrein avait aussi était mordu. Que s'était-il passé ? Qui avait-il découvert ? Qui avait-il rencontré ? Cela faisait longtemps qu'il galopait, c'était certain vu la sueur qui se collait à sa peau petit à petit. On pouvait remarquer sa respiration qui commençait à s'accélérer tandis que son postérieur le faisait souffrir. Il avait mal. Il avait atrocement mal, mais il préférait sincèrement fuir que supporter la douleur dans un endroit pareil. Mais cette fois-ci, il avait réellement hâte de fuir, hâte de partir. S'il était resté ? Il serait mort, c'était certain. Mais la Mort l'attendait-il à ce point-là ? Pourquoi voulait-elle l'attraper à ce point précis ? Pourquoi voulait-elle le prendre dans ses bras si délicatement ? Il ne comprenait pas. Il voulait pourtant tellement la fuir.
Cours, Collapsing. Tu devrais réellement fuir sinon ce monstre te rattraperait, sinon il te tuerait. Il avait essayé de tuer une première fois, avec Harmonie, alors tu ne devais lui céder cette seconde fois. Tu ne devais mourir sous ses crocs, pas à ton âge, c'était pas possible. Tu te souvenais parfaitement comment cela était arrivé. Tu étais revenu dans la Jungle des singes, sans réellement comprendre pourquoi, puis brusquement ce tigre était arrivé sans que tu ne t'en rende compte. Le temps que tu réagisses, il était déjà sur ta croupe. Il te mordait, il te griffait. Il voulait te tuer. Mais tu sentais qu'il ne voulait te tuer pour manger, seulement te tuer. Peut-être pour se venger des blessures que tu lui avais infligé récemment ? C'était certain. Il se souvenait de toi, il se souvenait de ton coup de sabot, il se souvenait de sa blessure à la mâchoire par ta faute. Alors brusquement, tu donnas un coup de cul, te jetas sur le dos et partis quand le tigre fut sur le sol. Avant que tu disparaisses de la foret, il eut le temps de te griffer le postérieur, au point de t'ouvrir les glomes.
Tu osas te tourner, le voyant rugir un bon coup pour finalement disparaître dans la jungle. Mais n'étant pas rassuré, tu continuais de galoper. Pour une fois, tu avais réellement peur. Cela faisait bientôt plusieurs minutes, voire heures, que tu galopais à fond de train en espérant fuir ton cauchemar. Finalement, ton postérieur céda et tu tombas presque en couinant. Tu t'arrêtas quelques instants, tournant la tête vers ton postérieur et secouas la tête en le voyant saigner. Tu repris le pas, boitant réellement, mais continuas de marcher. Il te fallait de l'eau, tu savais que l'eau t'aiderait très certainement. Alors, te fichant complètement d'être sur les terres de Fifa et Kuro, tu marchas jusqu'à un ruisseau. Le ruisseau sans fond, dont tu avais tellement souvent entendu parler. Là, quand tu le distinguas de loin, tu pris le trot, boitant toujours autant. Soudain, tu stoppas en distinguant une présence ... Ecalipse. Ta journée ne finirait-elle pas bien ?
" Malheureusement pour toi. Tu viens achever ton travail ? " demandas-tu en sifflant.
Sans même chercher à entendre sa réponse, tu repris le trot et marcha jusqu'au ruisseau. Là, sans même penser au courant, tu y entras tranquillement. Tu t'y arrêtas, prenant appui sur toutes tes forces, pour empêcher le courant de t'emporter et soufflas de satisfaction. Tu hésitais à te coucher dedans, mais le courant était bien trop fort. Alors, tu laissas ta croupe, ton chanfrein et ton postérieurs se vider de sang dans l'eau. Ca te faisait réellement du bien. Au point d'oublier complètement la jument pie. Cette jument qui avait failli te tuer il y a quelques semaines.
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Ecalipse
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MessageSujet: Re: Noctambules - ft. Collapsing   Dim 18 Mar 2018 - 10:53

noctambules

Malheureusement pour toi. Tu viens achever ton travail ?

Son sourire amer ne la quitta pas – des plaies suintantes, l’air fatigué – il n’était qu’une vieille carcasse ambulante, dans un état plus pitoyable encore que celui dans lequel elle l’avait laissé à leur dernière rencontre. Dédaigneuse, elle tourna la tête pour regarder à nouveau le ruisseau qui s’écoulait à ses pieds.

Malheureusement pour toi tu veux dire, souffla-t-elle. Je ne m’attaque pas à ceux qui sont déjà à moitié morts. Ce serait lâche.

Ses yeux vairons s’accrochaient pensivement aux vaguelettes du cours d’eau – il était silencieux, filant devant elle dans un air innocent – qui aurait cru qu’il serait si dangereux ? Si sa mère était là, elle l’aurait sermonnée – les vieux souvenirs qui avaient longtemps hanté Isba l’avaient poussée à la paranoïa – et le ruisseau sans fond et l’idée que sa fille en soit si proche l’auraient sans doute mise dans tous ses états.
Mais elle n’était pas là.

Je ne compte pas te tuer, dit-elle pensivement. Ce n’est pas toi que je veux tuer.

La rivière lui semblait habillée d’une délicate couleur coquelicot – mais l’origine de cette couleur n’était pas une fleur – elle s’imaginait bien tuer son ennemi de toujours ici même – ironiquement – pour rire de lui, pousser sa carcasse dans les eaux sans fond. Elle sourit.

Elle tourna brièvement la tête vers Collapsing. A demi affalé dans la rivière, il se vidait de son sang – et son calme aurait pu être déconcertant pour certains – pas pour elle – Ecalipse avait vu pire. Et elle verrait pire encore, elle commettrait pire.

Comment tu t’es fait ça ? Tu as encore essayé de t’attaquer à plus fort que toi ?

Un sourire moqueur s’empara de ses lèvres lorsque lui vint cette remarque piquante – elle releva un peu la tête, inspira longuement – regarda le ciel qui se cachait derrière les hautes branches. La lune n’était qu’un simple croissant ce soir-là, pas impressionnant pour un sou – rien de bien extraordinaire. Seules les étoiles absentes et l’obscurité de la nuit donnaient une atmosphère pesante aux lieux – ou bien peut-être étaient-ce les pensées qui obscurcissaient son esprit ce soir-là. Toujours est-il qu’au fond, elle se savait mal à l’aise.

Tu connais l’histoire de ce ruisseau ?, lança-t-elle sans trop réfléchir à ce qu’elle disait.

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MessageSujet: Re: Noctambules - ft. Collapsing   Dim 18 Mar 2018 - 18:37

Ne craignez pas d'être lent, craignez seulement d'être à l'arrêt.


En réalité, c'est vrai qu'un fou est souvent reconnu par les cicatrices qu'il porte, par le masque qu'il peut porter à longueur de temps. Mais dans le monde actuel, un fou n'est-il pas quelqu'un qui a vécu lui-même la folie durant sa vie entière ? N'est-il pas quelqu'un qui essaie de cacher sensiblement son passé au fil des années ? Mais surtout un être qui tente d'évacuer son enfance dans des actes qui semblent inespérés ? Ne voyez-vous ce dont j'essaie de parler ? C'est pourtant tellement simple. Regardez les serial killer par exemple. Ne sont-ils pas devenus meurtriers car ils ont connu la violence durant une longue période de leur vie ? Ne battent-ils pas leurs congénères tout simplement car ils essaient d'évacuer une haine qu'ils ont profondément en eux ? Et les violeurs, les pédophiles, ne sont-ils pas comme ça car ils ont vécu le viol, la haine de soi et l'inconscience d'un monde qu'ils ne connaissaient pas auparavant ? Bien sûr, on peut dire que les pédophiles sont menés par un instinct que seuls eux connaissaient, entendaient. Bien sûr, ils ne suivent une règle que seul leur cerveau a érigé. Alors oui, la folie naît d'un environnement déjà fou de base, c'était une évidence. N'importe qui est fou dans notre monde, mais chacun choisit si on la laisse surpasser ou non notre esprit. Chacun fait son choix, voilà la règle.
" Tu as raison, mais peut-être est-ce un masque ? Peut-être ne suis-je pas si mort que cela, tu ne crois pas ? " dis-tu avec un petit sourire, énigmatique.
Et toi, tu avais opté pour ce masque. Ce masque qui grignotait petit à petit chaque parcelle de ton âme. Mais as-tu seulement eu une âme ? As-tu seulement été autre chose qu'une machine de guerre ? Mais surtout, acceptes-tu seulement que ton masque change régulièrement de couleur ? Noir lorsque la folie t'emprisonne dans ses mailles, mais surtout que la violence change ton coeur en un roc. Blanc lorsque tu décides de devenir " gentil ", honnête et surtout franc. Une couleur que tu n'utilises que rarement. Et gris, lorsque tu décides de devenir manipulateur, joueur et surtout subtil pour arriver à tes fins : couleur de plus en plus présente. Accepteras-tu sincèrement de devenir cet étalon qui laisse plus facilement son masque devenir réel qu'un étalon vivant une vie vie convenable ? J'en suis certaine.
Alors, elle pensait souvent à sa mère ? Elle pensait à ses conseils, ses paroles et surtout ses règles ? Comme tout cheval convenable, au final. Toi, c'était différent : toi ta mère tu t'en moquais plus que toute autre chose. Tu n'avais jamais réellement écouté ses paroles, mais surtout pas tes conseils. En fait, tu n'avais même pas réellement fait attention lorsqu'elle avait disparu. Sa grand-mère ? C'était encore pire, en fait. Tu n'avais voulu comprendre pourquoi elle te donnait autant de règle, tu n'avais même pas cherché à compatir lorsque tu lui mettais la pression. Bien au contraire. Finalement, tu posas un regard sur la jument, en écoutant que brièvement sa réponse. Alors, ce n'était pas toi qu'elle voulait tuer ? Tant mieux, écoutes. Mais tu t'en moquais éperdument. Tu n'avais même pas écouté réellement. Puis, tu plaquas les oreilles dans ta crinière lorsque tu entendis sa question, tu avais très bien comprit sa pique. Qu'elle ne te cherche pas : tu étais vengeur et tu savais parfaitement que la vengeance est un plat qui se mange froid, voire glacé chez toi.
" Loupé. C'était plus un mauvais timing qu'autre chose. " dis-tu avec un sourire mi-figue, mi-raisin.
Elle pensait réellement pouvoir te toucher et te vexer avec cette parole ? Elle avait réussi. Mais tu te ravisas très vite, repositionnant tranquillement tes oreilles droites, tandis que tu oublias vite sa remarque. Elle ne te connaissait pas, alors tu ne voyais aucun intérêt à continuer dans cette voix. Un courant prit possession de l'eau tandis que délicatement elle s'insinua dans une de tes plaies béante, te faisant grimacer et claquer l'antérieur dans l'eau. Mal. Ca faisait mal. Finalement, tu retournas la tête vers la jument, en hochant la tête.
" Bien sûr. Deux poulains morts noyés. N'importe quel abruti connait cette histoire. "
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MessageSujet: Re: Noctambules - ft. Collapsing   Mar 20 Mar 2018 - 9:12

noctambules

Tu as raison, mais peut-être est-ce un masque ? Peut-être ne suis-je pas si mort que cela, tu ne crois pas ?

Ecalipse tourna lentement la tête vers lui – plongea son regard vairon dans l’œil unique de Collapsing. Lui revinrent en mémoire ses propres pleurs – de rage, de haine, de rancœur – mais surtout de tristesse – lorsque son père et elle avaient enfin été réunis. – Peut-être n’était-elle pas si forte qu’elle se plaisait à le dire.

On porte tous un masque, lâcha-t-elle sans trop penser au sien – qui était-elle au fond ? Une folle – comme le furent sa mère et sa demi-sœur – ou bien une meurtrière –  comme l’était son ennemi de toujours ? – Ou peut-être était-elle juste perdue. Elle frémit – et son regard coula jusqu’à l’eau silencieuse.

Puisque ses oreilles disparurent dans sa crinière, elle en conclut qu’elle l’avait piqué à vif – tant mieux – un soupir de satisfaction quitta ses lèvres et ses grands yeux vairons se teintèrent d’une lueur amusée – un peu de réconfort en cette triste et sinistre soirée.

Et la fois où je t’ai laissé pour mort – elle sourit plus franchement, le regarda avec amusement – elle avait choisi de pousser le jeu un peu plus loin – histoire de le tracasser un peu plus – C’était un mauvais timing aussi ? – Un rire étouffé – elle joue l’enfant à cet instant – avant de se raviser, un poil plus douce. Prends pas la mouche – je rigolais juste.

Ecalipse sourit doucement, reposant calmement son regard vers son reflet dans l’eau – son reflet se teintant de filets sanglants à mesure que Collapsing pansait ses blessures. Était-ce donc ce visage qu’elle porterait, le jour où elle commettrait l’irréparable – le jour où elle accomplirait ce pourquoi elle vivait ? Elle se dévisagea – le tableau n’avait rien de joli – elle avait ce regard à la fois triste et fou – ses crins emmêlés ne faisaient que rajouter à cette expression – les cicatrices qu’elle apercevait sur son poitrail, ses épaules, son encolure – n’étaient qu’un signe de plus de la folie qui avait été sienne par moments – qui le serait encore. Était-elle donc folle ?

Un claquement sec à sa droite – une gerbe d’eau venant arroser ses crins – et le sang qui s’écoulait un peu plus abondamment, troublant l’eau, lui arrachant son portrait et la tirant de ses pensées. Il n’y avait donc rien de plus à voir ici – seulement sa face qui se mêlait au sang dans un tourbillon flou et incompréhensible – par un simple mouvement de l’antérieur, Collapsing était parvenu à dresser en ces eaux le portrait parfait d’Ecalipse. – un fou mélange entre eau et sang, flou, brouillé – indéfinissable et laid. – Pas que la demoiselle soit laide ! Elle était belle, même – de beaux traits, une belle robe – mais de l’épine et de la rose, l’épine serait plus représentative d’elle – piquante – elle était piquante parce que violente – parce que virulente – parce que parfois méchante.

Il parla – pour ne rien dire au final. Ecalipse leva légèrement les yeux au ciel – un sourire se glissa lentement sur ses lèvres – un sourire indéchiffrable, indéfinissable – un peu douloureux, aussi – énigmatique en soi. Elle secoua lentement la tête.

Je te parle d’une histoire bien plus terrible – sa voix était sinistre, son regard habité par quelques souvenirs menaçants – mais son sourire persistait – une histoire qui, au-delà de faire trembler les enfants, les fait pleurer – et hurler. Elle tentait de chasser les mauvais souvenirs – mais ils revenaient incessamment. Son regard sombre se tourna vers l’autre, qui souffrait toujours en silence – Tu veux que je te la raconte ?

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MessageSujet: Re: Noctambules - ft. Collapsing   Mer 28 Mar 2018 - 0:12

血で血を洗う
« laver le sang par le sang »
Si tu devais peindre ton reflet, ou même ton portrait, il ne serait sans doute pas très flatteur. Tu serais sans doute le Van Gogh des chevaux. Ou le Picasso. Ton portrait serait cubique, il serait abstrait, et surtout on ne te reconnaîtrais sans doute pas. Tout simplement car malgré la confiance que tu fais apparaître aux yeux des autres, intérieurement tu n'as pas la même. Tu sembles avoir une ambition bien à toi, une ambition de devenir roi mais tu n'as pas si confiance en toi au final. Toujours à rabaisser les autres, toujours à cracher à la figure des autres sans même te poser une seule question ... Ne dit-on pas que les personnes rabaissant les gens sont souvent les moins confiantes en elles ? Qu'elles font cela car elles ont un sentiment d'infériorité, sans même le savoir ? J'en suis convaincue. Alors oui, tu parais confiant. Tu sembles t'aimer, bien plus que les autres, mais j'ai un gros doute là dessus. Je ne suis pas certaine que tu t'aimes réellement de cette manière. Non, tu n'as pas confiance en toi Coco : assume-le. Crois-moi, tu vivras d'autant mieux en l'acceptant.
Ainsi donc le portrait que te renvoyais l'eau n'était pas des plus flatteur. Tu ressemblais réellement au zombie que tout le monde pense. Tu voyais parfaitement les cicatrices présentes sur ton corps : que ce soit ton épaule, ton chanfrein déformé ou même ce trou béant sur ta cuisse droite. Tu faisais peur, peine, à voir. En voyageant, en galopant à travers l'île, tu n'y avais pas réellement fait attention, mais dorénavant tu t'en rendais véritablement compte. Tu étais beau auparavant ... Maintenant, tu n'es plus que l'âme rampante, l'ombre de toi-même. Ton crin emmêlé au dessus de ton chanfrein, ainsi que tes naseaux griffés représentaient parfaitement ton âme qui sombrait petit à petit dans la folie. Plus le temps passait, plus tu te rendais compte que la Mort venait vers toi, qu'elle ne rampait plus mais qu'elle courait presque. Elle te prendrait bientôt dans sa toile, dans ses bras sans que tu ne puisses protester malheureusement. Finalement, tu frappas de l'antérieur l'eau, ce reflet ne te représentait que trop bien. Il fallait cesser tout cela.
Tu écoutas la jument sans répondre. De toute façon, tu ne voyais aucune utilité à y répondre. Elle parlait de masque. Elle avait raison. Tout le monde portait un masque. Que ce soit un masque de bonté, gentillesse pour pouvoir être aimé de quiconque, ou un masque dur pour pouvoir se protéger du monde extérieur. Le monde extérieur était parfois trop dur pour les âmes, les rendant faibles, alors le subconscient construisait un masque. Il fortifiait un mur qui était déjà présent. Puis ensuite, elle voulut utiliser de l'humour. Tu secouas la tête. L'humour n'était pas de mise dans une telle situation. Elle voulait blaguer avec toi ? Tu n'étais pas du tout la personne adéquate, elle devrait le savoir avec le temps. Mais en plus de se moquer de toi, elle piquait sur une blessure que tu semblais vouloir oublier, une humiliation qui te hanterais sans doute toute ta vie. Une jument t'avait anéanti, elle t'avait mit à terre en à peine plus de seconde qu'il n'aurait fallu à un jaguar. Finalement, tu posas ton oeil sur elle et hochas la tête, un semblant d'intérêt dans le regard.
Raconte. On ne sait jamais : ça pourrait m'intéresser. dis-tu avec ironie.
Dans le fond, tu avais un véritable doute que cela puisse t'intéresser : mais elle semblait si impatiente, que tu cédas à la tentation. On ne sait jamais, peut-être que tu apprendras des secrets sur cette île que tu pourrais sans doute utiliser plus tard.
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