Jeu de rôle équin
 
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 Reviens-moi. || HARMO

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Collapsing
El conquistador

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MessageSujet: Reviens-moi. || HARMO   Dim 11 Fév 2018 - 22:01

Les grandes choses sont faites pour enfanter les petites et les petites pour engendrer les grandes. La montagne produit une souris ; le polype bâtit un promontoire.
 
Deux jours, quarante huit heures et deux milles huit cent quatre vingt minutes. Cela faisait maintenant deux jours que tu ne cessais de tourner en rond, que tu ne cessais de ruminer dans ton coin. Tu ne cessais de jurer, de maudire les minutes qui défilaient. Tu ne savais ni trop pourquoi ni comment tout cela arrivait, mais tout ce que tu pouvais savoir c'était que ça ne te représentait pas. Ca ne te ressemblait pas. Pourquoi ? Comment ? Mais surtout pour qui ? Tout ce qui te revenait en mémoire, c'étaient ces deux jours que tu avais passé à marcher. Tu n'avais cessé de marcher, sans même penser à dormir un petit peu. Tes yeux se faisaient lourds, tandis que tes jambes te lançaient, mais tu t'en moquais. Tu voulais seulement que tout cela cesse, tu voulais simplement que ces mémoires quittent ton esprit et que tu puisses vivre pleinement ton ambition. En fait, tu avais réellement le sentiment que tu avais changé, que tu étais devenu quelqu'un d'autre. Oh je n'irais pas jusqu'à dire que tu es devenu quelqu'un de bien, mais tu as mûris, tu es devenu quelqu'un de plus réfléchi. Tu fais beaucoup plus attention à tes mots, tes paroles, mais surtout tes actes. Tu avais marché longuement, mais assez pour pouvoir redéfinir tes priorités. Tu voulais gouverner, ça, ça n'avait pas changé, mais ta façon de le voir et de le faire avait changé. Tu irais plus subtilement, plus vicieusement, mais surtout en manipulant plus facilement du monde. Tu essaierais de manipuler les plus faibles pour qu'ils puissent rejoindre tes rangs avec facilité. Tu manipulerais tes ennemis pour qu'ils ne te voient pas venir, mais surtout tu tenterais d'amadouer les dieux pour qu'ils accèdent à tes ambitions premières. Ils devaient y accéder.

Un visage apparut. Tu secouas la tête en poussant un grognement de mécontentement. Ce visage te hantait, il ne cessait d'apparaître et disparaître comme un papillon de nuit. Tu ne comprenais pas, tu avais tout fait pour que ce visage disparaisse à jamais de ta mémoire, qu'il s'estompe avec le temps comme un coup de pinceau sur un tableau. Mais cette marche n'avait rien pu faire, ou alors peut-être freiner son apparition. Deux yeux en amande apparurent soudainement, te faisant hennir de rage. C'était pas possible ! Comment un visage pouvait-il envahir un esprit aussi facilement ? Comment une âme pouvait-elle vous manipuler sans que vous ne puissiez y faire grand chose ? Tu ne comprenais pas. Toi le grand méchant, le plus vicieux de tous, tu étais finalement meurtri, manipulé par un visage connu ? Un visage que tu pensais imaginaire ? C'était improbable. Comme une pouliche te clouant le bec, n'est-ce pas ? Tu te souvenais de Shirayuki, n'est-ce pas ? Cette pauvre pouliche, si inconsciente soit-elle qui avait fini par te clouer le bec de gentillesse ? Enfin, tu me diras, je ne suis pas certaine que ce soit sa gentillesse qui t'ait fait taire, mais plutôt le fait qu'elle ne réagisse à aucune de tes provocations. Tu avais trouvé plus fort que toi dans le corps d'un poulain. Même moi, j'en suis choquée je l'avoue.

Une voix. Soudain, une voix vint pénétrer ton cerveau sans que tu ne puisses réagir. Tu soulevas ton antérieur et le frappa alors avec rage contre le sol herbeux du verger, écrasant par inadvertance une figue. Tu lui en voulais. Comment pouvait-elle envahir à ce point tes pensées ? Mais surtout comment pouvait-elle le faire aussi longtemps sans être avec toi ? Tu lui en voulais et en même temps elle t'intriguait. Car ce visage ne t'était pas inconnu, loin de là. Il appartenait à une jument. Une jument qui t'était totalement opposée, mais qui pourtant t'intriguait autant qu'elle t'attirait. Au départ, en la voyant partir, tu avais imaginé que son souvenir s'estomperait en même temps que ses traces dans le sol, mais ce fut le contraire. Ce fut bien pire. Son souvenir s'incrusta mais surtout se grava dans ta mémoire comme des traces dans la roche. Elle t'avait marqué, autant physiquement que mentalement. Il fallait que tu la retrouves, il fallait que tu lui parles, mais surtout que tu lui fasses comprendre à quel point elle t'était importante. Car deux jours c'est suffisant pour réfléchir, n'est-ce pas ? Tout du moins pour toi. Tu savais ce que tu pensais d'elle, tu savais ce que tu ressentais mais ça, elle ne le saura jamais. Elle ne devait le savoir. Ce serait lui dévoiler ta faiblesse et elle t'était bien trop étrangère pour lui accorder ta confiance à ce point-là.

Tout du moins, tu devais réellement lui parler. Tu devais lui faire comprendre qu'elle n'avait pas le droit de poser sa marquer, à ce point-là, dans ton esprit. Alors, tu te mis en marche, son visage en tête. Puis, tu pris le galop, convaincu que tu la trouverais dans les alentours de la jungle. Alors, arrivé au cratère tu te stoppas. Et là, sans même te poser une seule question, tu poussas un profond hennissement, en espérant qu'elle t'entendrait et te rejoindrait. Il fallait qu'elle te rejoigne. Harmonie, voici le nom sur ce visage qui te hantait.
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Harmonie

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MessageSujet: Re: Reviens-moi. || HARMO   Mar 13 Fév 2018 - 22:23


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L’hiver calmait les maux de la jument, tout au contraire des autres qui se plaignaient sans cesse de la fraîcheur. Si ses articulations hurlaient leur douleur, Harmonie s’en fichait. Frissonner dans le vent ne la dérangeait pas non plus. Les cicatrices sur sa cuisse… elle avait fini par s’y faire. Elle les regardait parfois du coin de l’œil, les observait sans les voir vraiment. Bien entendu, elle regrettait son pelage immaculé, l’harmonie presque parfaite de sa robe dorée et de ses crins crémeux. À son age, son corps n’avait pas à se plaindre de rondeur excessive ni de maigreur inquiétante. Elle n’était pas une beauté fatale, la petite jument, mais elle se contentait largement de ce qu’elle était. Ces cicatrices pouvaient bien la défigurer, elle n’en avait rien à faire.

Cette paix intérieure, elle la connaissait chaque hiver, quand les feuilles tombaient tout à fait et que la neige et le gel meurtrissaient les forêts. Elle souriait, vicieuse, devant la douleur des arbres, s’en repaissait sans limite. Leur chant était plus faible, presque doux et elle profitait de ces quelques mois de répits pour ne plus les écouter du tout. Le silence n’existait pas, bien entendu. Il y avait toujours ce bourdonnement imprécis, cette lamentation infinie qui résonnait au fond de son crâne. Néanmoins, ça ne la dérangeait pas. Tant qu’ils ne criaient plus, Harmonie se reposait volontiers et se détendait enfin.

Une seule chose ne changeait pas en hiver : son rapport avec les autres. Elle les fuyait comme la peste. Parfois, elle s’arrêtait dans un coin, se tapissait dans l’ombre et priait pour que les intrus passent sans la voir. D’autre fois, elle disparaissait dans un souffle, comme un fantôme doré qui se serait perdu entre ici et l’autre côté. Depuis ses déboires dans la jungle, ses fuites n’étaient que plus nombreuses. Derrière elle, Harmonie laissait bon nombre d’autres s’empiffrer de ragots idiots et s’étonner du nuage de poussière qui s’accrochait à ses courses lâches. Son dernier contact avec un équidé devait remonter à Ocëan Pearl sur la Dune du Pied. Et voilà qui n’avait pas été des plus réussis.

Harmonie secoua la tête pour oublier les souvenirs de cette rencontre. Elle devait penser au présent et ne pas s’attarder sur le passé. Elle fit un pas en avant, puis un autre. Le Cratère lui tendait les bras sans qu’elle ne sache exactement quand ni comment elle était arrivée là. Elle ne s’attarda pas outre mesure sur la question et continua sa route.

La terre ocre sous ses pieds lui rappela son fils. La petite jument avait été choquée par l’allure de l’étalon, mais en parfaite menteuse, elle n’en avait rien laissé paraître. Ils ne s’étaient pas vus depuis deux ans et les premières minutes s’étaient égrenées dans un silence pesant. Harmonie avait toujours pensé que, si elle devait à nouveau croiser Ungo, se serait par un hasard quelque peu contrôlé par les dieux. Son fils lui avait donné tort : c’était lui qui était venu à elle de son plein gré. Il n’avait pas proféré d’excuses, ni demandé qu’elle en fasse. Il lui avait simplement raconté ce qui lui tombait dessus : l’amour et un bébé.

Harmonie ne se souvenait plus à quand remontait le jour où elle avait eu envie de pleurer. Pourtant, à écouter son fils, elle avait senti les larmes perler à ses yeux. Comment le lui cacher ? Elle n’avait pas pleuré, mais le regard d’Ungo n’avait pas dû passer à côté. La jument n’avait pas honte. Elle avait senti un besoin oppressant de les laisser échapper, mais elle n’avait pas flanché. Peut-être aurait-elle dû. Tout de même, elle n’arrivait toujours pas à y croire. Elle ? Devenir grand-mère ? Son fils n’avait pas exprimé son envie de renouer avec sa famille. Il avait simplement parlé, sans jamais vraiment la regarder, dissimulant bien mal derrière ses yeux noirs, la colère qu’il éprouvait envers sa mère.

La jument soupira. Son fils avait rencontré sa dulcinée par ici. Elle leva la tête et essaya d’imaginer. Les étoiles dans le ciel, le vent frais qui soufflait et la douce comptine chantée par Pearlescence. Il avait succombé à un vrai conte de fées…

Un hennissement puissant la tira de ses rêveries.

Harmonie tourna la tête de côté, chercha du regard celui qui l’importunait. Ou plutôt cherchait-elle une porte de sortie. Prête à fuir, la jument comprit bien vite qu’elle était prise au piège. Ses divagations l’avaient menée dans le Cratère. Elle ne pourrait s’échapper sans être vue. La palomino baissa les bras devant cette fatalité et remonta jusqu’au sommet. De là, elle aperçut un étalon noir, seul, un peu plus loin en contrebas. Elle n’eut pas besoin d’approcher pour reconnaître celui qui était là.

Tiens donc ! mais qui voilà ?

La palomino renfila ses mensonges, oublia son fils et ses révélations, et se concentra sur le souvenir douloureux des griffes du tigre qui lacéraient sa cuisse. Malgré elle, elle frissonna. Les cicatrices ne disparaîtraient pas et elle ne pouvait s’empêcher de penser que l’étalon n’était pas tout à fait innocent.

Tu le savais ? On dit partout que je t’ai frappé. Si ce n’est pas hilarant… ironisa-t-elle dans un grincement, ça ne l’amusait pas du tout en vérité. Au moins ces rumeurs ont du bon : j’y ai appris ton nom.
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MessageSujet: Re: Reviens-moi. || HARMO   Mar 13 Fév 2018 - 23:01

Nous étions dépendants l'un de l'autre sans vraiment nous connaître, comme peuvent l'être les jeunes gens quand ils n'ont jamais été brûlés, meurtris ou rejetés, quand ils partagent tout et commettent l'erreur de croire que l'autre est la réponse à leurs questions confuses. 

En fait, je ne comprends réellement pas pourquoi tu penses autant à cette jument. Elle est banale pourtant. Enfin, je dois dire qu'elle a une robe peu commune : palomino, certes, mais elle n'en demeure pas moins une jument des plus banales. Tu dis être un cheval sans coeur, sans sentiment et surtout se refusant de craquer, mais pourtant tu as craqué pour elle n'est-ce pas ? Ton esprit s'est laissé mené par le bout du nez en un claquement de doigt, alors que tu t'étais promis d'être le seul maître de ton destin. Comment cela a-t-il pu arriver ? Que t'est-il arrivé, surtout ? Je ne comprend pas. Ou alors, plus j'essaie de comprendre, moins j'y arrive. Tu m'es inconnu à ce moment précis, je n'arrive plus à savoir réellement qui tu es. Je n'arrive plus à comprendre ce que tu ressens, ce que tu vis, mais surtout ce que tu vois. Et je pense que toi non plus. En fait, cette jument a réussi à te rendre des plus vulnérables possibles. Elle a réussi à te faire devenir une marionnette dans ses pattes. Un pantin qu'elle peut contrôler à sa façon, quand elle le veut et où elle le désire.
Je me souviens de tes débuts. De tes premiers pas sur cette île : tu étais un conquistador, un être envahi par une ambition qui lui était propre, mais aujourd'hui tu es complètement différent. Aujourd'hui, tu n'es qu'un cheval remué par un sentiment qu'il ne connaissait pas, ou plutôt qu'il n'a jamais connu. Un cheval qui découvre peu à peu son "humanité" : qui découvre qu'il possède une âme. Tu te pensais solitaire ? Main du Diable ? Tu n'es qu'un fou croyant en des choses qui te sont propres. Oh bien évidemment, ton ambition n'a pas changé ; tu veux toujours gouverner, c'est certain, mais tu ne veux plus le faire seul. Tu n'as plus l'âge d'être seul, soyons franc. A quinze ans, à la moitié de sa vie, qui voudrait réellement être seul ? A mourir seul ? Mais surtout à subir les atrocités du monde seul ? Personne. A part peut-être un fou. Es-tu fou Collapsing ? Parfois je me dis que oui et d'autres je me dis que tu n'es qu'un être malheureux. Un être qui rêve d'être entouré, mais qui en même temps a peur de l'entourage, du monde extérieur tout simplement.
En fait, je me demande si tu n'as tout simplement pas confiance en toi. Tu te crois invincible, combattant, mais n'est-ce pas une carapace que tu t'es façonné au fil des ans ? Je me le demande, très sincèrement. J'ai même peur d'avoir raison. Car quand tu découvriras qu'effectivement tu n'as pas confiance en toi, je doute que tu restes rationnel. Tu deviendras même encore plus fou que tu ne l'es déjà. Oh ... La belle blonde est arrivée. Elle est présente près de toi, regarde. Admire sa silhouette, admire ses yeux en amande, mais surtout son regard accusateur. Il est pour toi. Elle t'accuse d'un mal que tu ne connais pas encore. Elle t'accuse silencieusement des cicatrices qu'elle a sur le corps. Elle n'a peut-être pas tord, dans le fond. N'es-tu pas le coupable de la plupart des cicatrices présentes sur cette île ? Surtout sur les plus faibles que toi ? Mais que sentais-je là ? Une chaleur dans ton petit coeur ... Comment est-ce possible ? Comment un être lambda peut-il provoquer un tel revirement chez toi ? Je ne comprend réellement pas.
Un pas, puis deux, puis tu te stoppas. Tu ne peux approcher trop près mon cher, ce serait affronté un mal que tu ne connais pas encore. Ce serait brisé ce mur présent entre vous deux. En es-tu capable ? Es-tu sûr d'être prêt à affronter toutes ces accusations ? Un sifflement dans sa voix était présent. Elle te haït Collaps, ça se ressent. Alors pourquoi ressens-tu ce pincement au coeur lorsque tu vois sa méchanceté ? Pourquoi ressens-tu cette absence de haine dans ton propre coeur lorsque tu la vois approcher ? Serais-tu amoureux ? Je ne pense pas. Du moins, je ne l'espère pas pour toi, car ce sera un amour à sens unique. Car si seule elle est, je doute qu'elle accepte de venir vers toi. Une colombe ne devrait approcher un corbeau. Ce serait un blasphème. Finalement, tu secouas la tête pour essayer de me faire taire, mais je serai toujours là, car : je suis ta conscience et ton auteur. Je te suivrais toute ta vie, sache-le. Non, n'ouvre pas la bouche. Tu ne sais parler aux gens, et tu le sais toi-même.
" Quel est mon nom dans ce cas ? " dis-tu tout en restant à ta place, les oreilles en avant. " Vous connaissez le mien, mais moi je ne connais pas le vôtre. Ou tout du moins, je ne m'en souviens plus. "
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MessageSujet: Re: Reviens-moi. || HARMO   Hier à 10:21


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Harmonie replongea au galop dans les souvenirs de la jungle. Elle sentit l’odeur de la forêt, de l’écorce giflée par le vent froid de l’hiver, des feuilles mortes qui jonchaient le sol et la chaleur réconfortante des arbres en dormance. Elle revit l’obscurité rassurante des ramures qui empêchaient le soleil de passer. Le parfum perfide de la tanière du tigre lui frappa le visage. Ses longs crocs acérés la firent frissonner malgré elle. La douleur pulsa à nouveau dans sa cuisse et lacéra son poil doré. La jument ne laissa rien paraître. Le regard fixé sur l’étalon noir, elle fit mine de rien, resta impassible et contempla le souvenir du roi d’un œil égal.

Quand le félin disparut au profit de l’ombre de l’inconnu, Harmonie reporta son attention sur celui-ci. Elle l’avait rendu responsable de son malheur dès le premier instant. C’était plus facile pour elle de croire que les autres étaient le mal absolu. Elle profitait de cette mésaventure pour se détacher tout à fait du monde auquel elle appartenait à contre cœur. L’occasion était trop bonne à prendre pour la laisser filer. Une excuse toute prête pour la jument qui voulait cesser de côtoyer les autres équidés.

Était-il réellement responsable ? Harmonie s’en fichait, au final. C’était un bon prétexte et elle ne l’abandonnerait pas aussi facilement. Peu lui importait que cela cause du tort à l’étalon, elle n’était pas là pour s’apitoyer sur son sort. Elle l’avait sauvé d’une mort certaine et il l’avait poussée violemment dans un accès de rage incompréhensible. Est-ce qu’elle lui en voulait ? Pas plus qu’aux autres. La jument ne ressentait aucune haine particulière contre Collapsing. Elle n’aimait pas ce que les autres lui faisaient subir, mais elle était indifférente à l’étalon noir. Elle n’était pas assez bête pour lui mettre sur le dos tout le mal qu’on lui avait fait. Il n’était qu’un parmi les autres, rien de plus. Son regard n’avait donc rien de haineux. Indifférent et impassible, tout simplement.

Collapsing, répondit-elle d’un ton égal. Un brin inquiétant, un poil agressif, mais pas vraiment mélodieux. (Elle esquissa un sourire faussement amusé.) Il ne te va pas si mal, en somme.

La seule chose qui amusait réellement la palomino était ce vouvoiement étrange dans la bouche de l’étalon. Elle-même ne se gênait pas pour tutoyer les autres. Personne ne la respectait, elle n’irait pas les respecter la première. Néanmoins, ses souvenirs ne la trahissaient pas : l’étalon l’avait d’abord tutoyée, énervé par les insultes qu’elle avait proférées pour le faire avancer et l’empêcher de crever. Ensuite, sans qu’elle ne comprenne vraiment pourquoi, un changement s’était opéré. D’un seul coup, l’étalon s’était mis à la vouvoyer. Le chien enragé avait cessé de montrer les dents et donnait la patte gentiment. Harmonie frissonna. Il était préférable que Collapsing la haïsse plutôt que de l’apprécier. C’était une situation qu’elle savait mieux gérer.

Tu ne t’en souviens plus ? (Harmonie rit, amusée par les mots de l’étalon.) Tu sais parler aux juments, toi. Un petit conseil pour la prochaine fois : même si tu ne te souviens pas, garde-le pour toi. Ça pourrait être blessant.

Harmonie n’était pas touchée outre-mesure par les mots du noir. Elle ne lui avait, de toute façon, jamais donné son nom. Il n’y avait donc rien à se rappeler. Dans tous les cas, il existait très peu de choses qui permettrait à Collapsing de blesser la palomino. Les mots des autres lui passaient au-dessus du corps.

Pas besoin de te souvenir, puisque je ne te l’ai jamais donné. Devrais-je le garder pour moi ? Qu’en dis-tu ? Ta mystérieuse sauveuse qui n’a pas de nom. Ça a son petit effet, non ? (Harmonie sourit, faussement fière d’elle.) Tu veux me faire croire que tu n’as pas entendu parler de notre petite aventure dans la jungle ? C’est dans toutes les bouches de l’île : la palomino qui a tabassé l’étalon noir… Il fallait s’y attendre, les rumeurs vont bon train par ici.

Surtout la concernant, mais Harmonie se garda bien de divulguer sa part de responsabilité dans ces ragots idiots. Enfin… ce n’était pas tout à fait de sa faute si le monde surveillait le moindre de ses faits et gestes. Peut-être avaient-ils peur que sa folie ne soit contagieuse…
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MessageSujet: Re: Reviens-moi. || HARMO   Hier à 17:02

Que retiendrons-nous de notre vie quand notre temps sera venu? Je ne parle pas de ce que nous laisserons mais bien de ce que nous emporterons lorsque nous irons retrouver Yjad. Se connaître peut demander toute une vie ainsi que bien des souffrances et des renoncements... Mais il n'y a pas d'autre voie...

En fait, cette jument représente quelque chose que tu ne t'imaginais pas. Elle représente une image des juments que tu n'avais pas auparavant. Mais surtout une image d'un sentiment que tu n'imaginais pas avoir. Une jument qui te fais ressentir quelque chose ? Impossible. Une jument qui te montre un reflet dans un miroir imaginaire ? Impossible. Une jument qui te fait vriller le coeur ? Impossible. Et pourtant. Pourtant, elle était là, devant toi, campée sur ses jambes. Elle te regardait avec le regard de l'indifférence : un regard que tu n'avais jamais vu chez quelqu'un. Les autres avaient peur de toi, ils te craignaient, ils fuyaient à ton nom. Mais elle ... Elle, elle était différente. Elle se moquait de qui tu pouvais bien être, elle se moquait du passé que tu avais pu avoir, mais surtout elle se moquait de la personnalité que tu pouvais avoir. En fait, tu n'étais qu'un brin de sable dans le désert de la destinée dans le regard de la jument, et ça, ça te faisait mal sans que tu ne comprennes réellement pourquoi. Ca te brisait de l'intérieur sans que tu ne piges la raison. Elle te brisait sans même le savoir et d'après moi, elle s'en moquait.
Tu écoutas la description de ce qu'elle pouvait faire de ton prénom et tu secouas la tête, complètement dépité. En fait, sans qu'elle ne le sache, elle venait de faire une exacte représentation de toi-même. Elle venait de peindre un portrait. Effectivement, ce prénom t'allait parfaitement : tu n'étais pas mélodieux, tu étais agressif ... Ouais, c'était tout à fait toi. Cette jument était vraiment la personne qui te fallait, je ne parle pas d'un couple, mais simplement la connaissance qu'il te fallait. Quelqu'un qui se moque de qui tu es, quelqu'un qui te met tes actes en pleine figure, mais surtout quelqu'un qui te fais comprendre que tu n'es rien qu'un cheval. Tu n'es pas si différent des autres, seulement un peu plus agressif.
C'est vrai ça, Collapsing, pourquoi la vouvoies-tu si soudainement ? Pourquoi portes-tu autant de respect d'un seul coup ? Tout simplement car tu t'étais rendu compte qu'elle méritait ce respect. Tu t'en étais rendu compte en prenant un peu de recul. Cette jument méritait le respect que tu n'accordais à personne, elle méritait que tu lui tendes un tapis rouge. Mais pourquoi ? Pourquoi changer autant pour une simple jument lambda ? Pourquoi devenir ainsi pour quelqu'un que tu ne connais pas si bien au final ? Que tu ne connais pas du tout, même ? Je ne comprend pas. En fait, je suis choquée et ne comprends pas du tout ton changement actuel. Tu es devenu quelqu'un de différent, tu es devenu un étalon complètement différent. Je n'irais pas jusqu'à dire que tu es devenu quelqu'un de gentil, mais tu es devenu beaucoup plus sage, beaucoup plus grandi. Peut-être que cela te permettra d'avoir un léger lien avec cette jument, peut-être que cela te permettra de pouvoir mettre réellement un nom sur le visage qui ne cessait de te hanter. Peut-être, enfin j'espère. Car j'en ai marre de te voir lutter, j'en ai marre de te voir frapper les arbres quand tu vois ce visage, mais surtout j'en ai marre de te voir mordre l'air pour oublier ce visage. Ce n'est pas toi, ce ne sera jamais toi, tout simplement.
Tu ne te souvenais pas de ce prénom, tout simplement car elle ne te l'a jamais dit. Mais as-tu réellement besoin de le savoir ? As-tu réellement d'entendre son prénom ? As-tu réellement besoin de connaître l'identité de ta sauveuse ? Evidemment. Tu avais besoin de mettre un prénom sur le visage qui ne cessait de te hanter. Tu avais besoin de mettre un nom sur cette âme qui ne cessait de te suivre à chaque pas que tu pouvais faire, tu en avais besoin ... Mais pourquoi ? Tu ne savais même pas. Tu savais simplement que ce nom était un besoin vital. Réellement. Finalement, tu secouas la tête, fit un pas vers la jument et ouvrit la bouche.
" J'ai besoin de connaître votre prénom. Pour au moins avoir un souvenir de cette sauveuse dont vous me parler si bien. " répondis-tu avec sincérité. Finalement tu secouas de nouveau la tête. " Je n'écoute pas les ragots. Et puis, sincèrement, tu vois vraiment les gens venir me voir pour me parler de ce qu'ils ont entendu ? "
Et tu l'avais de nouveau tutoyer. Mais pourquoi ? C'était revenu d'un seul coup sans que tu ne t'en rendes réellement compte. C'était naturel chez toi. Quand on te tutoyais à chaque fois, beh tu finissais par tutoyer. C'était d'une logique imparable. Finalement, tu reculas de nouveau, espérant ne pas gêner la jument.
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