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 Too good to be true | Ezaël

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Ace of Hearts
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MessageSujet: Too good to be true | Ezaël   Dim 28 Jan 2018 - 18:02



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TOO GOOD TO BE TRUE
ft. Ezaël


Les Trompeuses. Il en avait entendu, de ces satanées terres, et enfin il est dessus. Les bords de mer, apparemment, il aime bien: il faut juste voir la façon dont ses pas l’ont instinctivement menés au golfe. Il n’est pas sûre de savoir quelle heure il est; pour être tout à fait honnête, il n’en a pas grand-chose à faire. Ca fait un moment qu’il est seul à errer sur toute l’île, et s’il commence à s’ennuyer, il n’est pas non plus opposé à l’idée de ne plus rencontrer personne. Solitude, certes, mais au moins elle est accompagnée de calme.

L’herbe fait un léger bruit, poussée par la brise, et en bas l’eau est calme elle aussi. Les vagues s’éteignent sur le bord de mer, l’écume à peine visible, cachant sans peine la présence connue de requins au loin. L’endroit est calme, à peine quelques arbres pour agrémenter l’espace. Ace avance tranquillement jusqu’au bord d’un minuscule coin de falaise, pas assez haute pour être imposante mais assez pour casser trois jambes à quel idiot oserait sauter.

Ses crins volent eux aussi, poussés par le vent tout comme l’herbe, et il observe l’horizon en se demandant ce qu’il fait là. Il respire profondément et lâche ce qu’on pourrait confondre avec un soupir.

En vérité, il a juste envie d’avaler l’air frais, qu’il n’est pas sûr de connaître souvent.

Il n’a pas l’air d’être dérangé dans un endroit si reculé, et s’il sait que de nombreux individus sont déjà venus ici, il est bien content de voir qu’aujourd’hui n’est pas le jour qu’ils ont réservé. Faisant demi-tour, il entreprend la courte descente, faisant attention à ne pas glisser (il n’a pas oublié cet incident à la plage, et malgré l’absence de ballon ici, on est jamais trop prudent). Le sol sur lequel l’eau atterrit est un joyeux mélange de sable et de petit cailloux, et celui-là, il n’a pas envie de tomber dessus.

Il s’approche lentement du bord. Il ne sait pas à quelle profondeur les requins peuvent nager, mais il n’a pas tout à fait envie de se faire manger par un poisson à grandes dents. Alors il met les deux sabots antérieurs dans la mer et cherche à savoir s’il pourrait faire ami-ami avec un requin. Il y a des gentils chez tout le monde, après tout. Pourquoi pas en apprivoiser un? C’est grand et ça mord, mais au fond, ça reste un poisson.

Ace secoue la tête, presque agacé par sa propre idiotie, et fait un pas de plus. L’eau lui arrive au milieu des canons maintenant, et il se retient d’avancer plus. Est-ce qu’il sait vraiment à quoi ressemble un requin?

Il baisse la tête, effleurant l’eau du bout du nez pour se rendre compte qu’elle est effectivement salée. Pas moyen de la boire, dans ce cas. Bien.

Il entend, sent peut-être, en tout cas perçoit mais ne voit pas la présence quelque part autour de lui. Ses oreilles bougent dans tous les sens pendant une seconde; il relève la tête d’un mouvement brusque, reculant pour ne plus toucher l’eau, et se retourne pour déterminer qui ose déranger son moment de paix.

Il n’est pas prêt.

And I thank God I’m alive.


Dernière édition par Ace of Hearts le Jeu 14 Juin 2018 - 14:46, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: Too good to be true | Ezaël   Dim 28 Jan 2018 - 20:25


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Son souffle est court, son coeur bat férocement dans son poitrail. Derrière lui, quelque chose le poursuit. Derrière lui, quelque chose souhaite sa mort. Quelque chose le pourchasse, jusqu’à épuisement, jusqu’à la perte de tous ses repères. Quelque chose, mais il ne sait pas quoi. Il sent son souffle sur sa croupe, l’odeur putride qui s’échappe de sa gueule ouverte. Il sent son regard sur sa nuque, aiguisé, tranchant comme les crocs dressés dans sa gueule béante. Et il fuit. Et il s’échappe. Alors même qu’il se dit qu’il pourrait s’y perdre, se laisser prendre au piège, abandonner tout ce pour quoi il se battait. De toute façon, il a tout oublié. Il le sait. Il connaît ce sentiment. Ce sentiment que quelque chose manque dans sa tête. Qu’il n’a pas accès à toutes les pièces, que des portes restent délibérément fermées. Alors il se dit qu’il pourrait tout abandonner.

Le ciel est bleu, le ciel est beau, au dessus de sa tête. Les nuages se sont dispersés dans la prairie céleste qu’est le firmament. Le soleile brille avec ardeur, fier et libre comme l’air. Ezaël déboule d’une forêt où les ronces lui ont écorché les flancs. Il n’en n’a pas souvenirs, mais il y avait déjà été. Il avait déjà vécu des choses, là bas. Mais il a oublié. Les ronces et les arbres se font plus rares alors qu’il approche du bord du monde, à vive allure. Il galope aussi vite qu’il peut, le souffle court, le coeur battant ardemment. Fuir, fuir, toujours fuir. Fuir l’oubli, fuir la vie. Peut être fallait-il en finir avant même que tout ne commence réellement. Il ne se souvient de presque rien. Seuls deux réminiscences lui reviennent : le démon dont il ne fallait pas prononcer le nom, et un sentiment. Un sentiment fort, plus fort que la peur. Plus fort que le désespoir. Un sentiment qui anime son coeur. Mais il ne sait pas pour qui il le ressent.

Les arbres se font rares et le voilà sur une partie plate. L’herbe y est verdoyante, l’air y est chaud. Et, au loin, vers l’horizon, la mer rejoint le ciel pour mêler leurs bleus respectifs. Mais entre la terre et la mer, le précipice. Ezaël galope toujours, fuyant un monstre qu’il ne pourrait voir, un démon bien plus réel dans sa tête. Il est terrifié, mais il a grandit. Il a disparu pendant un an, une longue, très longue année. Il a disparu, lui et ses souvenirs. Et le voilà revenu, plus grand, plus fort, presque adulte… Mais si perdu dans son esprit.

Il s’arrête in extremis au bord de la falaise. Il regarde en bas, le souffle court, comme mu par un instinct suicidaire. Et si… Et s’il s’y laissait aller. Et si la chute était libératrice ? Et si, une fois le choc passé, tout finissait ? La peur, l’oubli, les souvenirs qu’il lui reste ? Et s’il disparaissait, comme son esprit faisait disparaître le passé ? Qui le pleurerait ? Il ne le saurait même pas, son subconscient ayant englouti ses rencontres. Peut être était-ce la solution. La solution unique, la solution ultime. La mort, libératrice. Il pourrait tout laisser derrière lui, ses démons, l’oubli, les souvenirs. Tout pourrait finir. La mort, tentatrice.

Un mouvement sur la plage, en contrebas, attire son attention. Une forme rougeoyante, comme le feu, ardente, comme le soleil. Il ne le sait pas, mais son coeur la reconnaît, cette forme, au loin. Le suicide sera pour une autre fois. Raison et coeur accordent enfin leurs violons, la mort attendra, il n’est pas encore prêt. Peut être ne le sera-t-il jamais, d’ailleurs. Son coeur bondit, s’affole, lui hurle de descendre prudemment pour rejoindre cet équidé que son esprit a effacé. Alors le corps suit, il avance et descend doucement, le long de la falaise. Il dérape parfois, glisse, mais jamais ne tombe. Le voilà sur la plage mêlée de sable et de graviers. Il l’a oublié, mais il a déjà été à la plage, avec la même personne qui laisse les traces qu’il est en train de suivre. Il recouvre les empreintes des siennes lorsqu’il le peut, maintenant qu’il a grandit il fait presque les mêmes foulées.

En relevant la tête, il se rend compte qu’il ne le rattrape pas et que l’autre s’éloigne. Il accélère alors, passant au trot avant de finir par galoper, suivant son instinct, fonçant vers l’inconnu, celui qu’il a oublié. Il sait, au fond de lui, qu’il le connait. Il le sait, son coeur le lui hurle. Mais il ne se souvient pas. Il sait qu’il décevra, mais c’était inévitable. Avec un peu de chance il avait prévenu. avec un peu de chance il ne serait pas rejeté. Pas cette fois. Plus jamais ? Il nourrissait cet espoir.

Bientôt, le voilà tout près de l’autre équidé. Son coeur bat violemment au fond de lui et il a le souffle court. Le roux a les pattes dans l’eau et semble absorbé par ses pensées. Mais il recule bientôt, le souffle affolé d’Ezaël parvenant à ses oreilles. Il se retourne et leurs regards se croisent.

Son coeur explose.

Sa tête se perd.

Il ne sait plus, mais il le connait. Il en est certain. Ce sentiment. C’est pour lui, qui qu’il soit. Il doit lui dire. Il faut lui dire.
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MessageSujet: Re: Too good to be true | Ezaël   Dim 28 Jan 2018 - 21:56



Maintenant qu’il y pense, les requins ne sont probablement qu’une rumeur, et, si ça se trouve, il peut sans problème s’avancer dans l’eau sans crainte de se faire croquer par un gros poisson. Il ne compte pas prendre le risque, cependant. Ace aime bien l’aventure, mais pas au point de se jeter dans la gueule du loup (ou, dans le cas présent, celle du requin, mais qu’importe). Avoir un prédateur pareil comme animal de compagnie paraît également plutôt risqué. Alors il a déjà abandonné.

Il a du mal à voir qui a osé déranger ses réflexions très importantes sur la vie et les requins, mais il peut apercevoir pas très loin que c’est un cheval. Qui se précipite vers lui, apparemment. Est-ce qu’il est important dans une quête quelconque? Est-ce qu’il va devoir empêcher cet individu de foncer se faire manger par les requins? Est-ce que ça vaudrait vraiment le coup d'essayer? Est-ce qu'il se pose trop de questions?

La silhouette s’avance, elle galope vers lui, il l’entend respirer bien trop fort, et quand Ace voit enfin de qui il s’agit, il en a le souffle coupé.

Il n’est pas prêt, parce qu’il connaît cette silhouette. Il reconnaît les tâches particulières, il reconnaît la robe pie isabelle, les grands yeux affolés et les crins fournis. Il a grandi, il a pris des muscles, ses foulées sont plus grandes et il est définitivement devenu assez imposant, même s’il semble toujours un peu gauche. Il est encore jeune mais plus tout à fait. Derrière l’imposant cheval, Ace peut toujours voir le poulain avec qui il a joué sur la plage, qui l’a sauvé d’une branche diabolique et annoncé dans un grand sourire qu’il venait de passer la meilleure journée de sa vie.

Il a grandi, c’est sûr, mais le paint ne l’a pas oublié et il vient de le retrouver.

Après tout, qui peut oublier le seul individu au monde qui lui fait ressentir quelque chose?

Ace fait un pas hasardeux en avant, et son coeur se serre. Parce qu’il voit bien la peur dans les yeux de son poulain préféré qui certes semble s’atténuer, mais, pire que tout, il ne voit pas une once de reconnaissance. Le jeune étalon n’a pas l’air de l’associer avec un souvenir.

S’il fallait faire une déduction, Ace dirait sans aucune hésitation qu’il l’a oublié. Lui, et qui sait quoi d’autre. Il baisse un peu la tête sans pour autant détourner le regard, tentant de rester calme pour rassurer son compagnon.

- ...Ezaël?

Et au fond, s’il ne se souvient pas de lui, est-ce que ce n’est pas mieux comme ça? Il l’a déjà pensé autrefois. Sa conscience le regarde du haut d’un arbre d'un air désapprobateur. Il n’a rien à faire avec lui. Va-t-en avant qu'il ne soit trop tard. Pas de nouveau. Mais l’appel des émotions est manifestement plus fort que sa propre conscience.

Il fait un autre pas en avant.

The sight of you leaves me weak.
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MessageSujet: Re: Too good to be true | Ezaël   Dim 28 Jan 2018 - 22:20


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Il galope à en perdre son souffle, il court comme si le monstre qu’il fuyait était toujours là, derrière lui, la gueule ouverte, prêt à le croquer. Mais cette fois il ne fuit pas. Il ne s’échappe pas. Cette fois, il va droit vers sa destinée, droit vers l’inconnu. Et droit vers la déception. Il allait décevoir, il le savait, il savait qu’il avait certainement promis de ne pas oublier. Et il en avait été incapable. Ca ne changeait pas de d’habitude, il avait toujours espéré faire plus grand que ce dont il était capable, il avait toujours déçu. Il avait déçu sa mère qui l’avait abandonné, et maintenant il décevait ceux qu’il avait promis de garder en mémoire et qu’il avait oublié. Combien étaient-ils, ainsi planqués dans les méandres de sa mémoire ? Cachés par son subconscient ? Même s’il était le seul, c’était déjà trop. Mais il ne l’était certainement pas. C’était par pure logique… En plus d’un an, Ezaël devait avoir croisé plus qu’une seule personne, ça lui paraissait logique.

Sans savoir exactement pourquoi, il accéléra encore, son coeur battant de plus en plus fort. Il envoyait plus de sang là où les muscles en avaient besoin, mais il battait aussi d’appréhension. Il savait qu’il avançait vers celui qui le faisait battre si fort, si violemment au fond de ses entrailles. Il en était persuadé. Mais sa mémoire se refusait de lui donner une quelconque information. Même un nom lui aurait suffit, il aurait pu faire illusion, mentir… Faire croire au souvenir. Mais non. Tout restait indéniablement fermé, verrouillé par ce on-ne-sait-quoi qui tournait la clé dans la serrure. Et Ezaël secouait la poignée avec hargne et rage. Il voulait l’ouvrir, libérer le flot de souvenirs. Il voulait se rappeler de lui. Lui que son coeur protégeait de toutes ses forces, lui que son âme semblait désirer ardemment. Aussi ardemment que le soleil. Aussi férocement que les démons qui le poursuivent.

Alors que le roux pivote, il fait un pas en avant. Ezaël se retrouve bientôt à quelques mètres de lui et ralenti, se mettant à trotter puis à marcher, s’arrêtant finalement à quelques pas de cet inconnu qu’il sait connaître. Il l’a oublié, simplement. Il ne fallait pas se voiler la face… Il fallait être honnête, au moins avec lui. Ou au moins avec lui-même. Une fois arrêté, il tente de reprendre son souffle rendu erratique par sa course, mais surtout par son coeur qui se refuse à se calmer, ses battements rendus irréguliers par le flot d’émotions qui le submergent, le subjuguent. Son coeur le reconnait. Il n’y a aucun doute possible, il ne peut pas se tromper. Tout ce qui le raccrochait à la vie, tout ce qui l’empêchait de sombrer, était là, devant lui. Ce sentiment si fort, si animant, la source était là. Devant ses yeux. Offert à son coeur qui, s’il l’avait pu, serait sorti de son écrin pour rejoindre le sujet de ses émotions. Mais il ne le pouvait pas, alors il se contentait de battre avec ferveur, au creux de son poitrail.

La lueur dans les yeux de son interlocuteur fait du mal à Ezaël. L’autre sait qu’il l’a oublié. Il lui en veut surement, il est certainement déçu. Lui se souvient très bien, en témoignent les syllabes qu’il articule, presque faiblement, comme s’il avait été blessé par le regard du plus jeune, dans lequel il ne se voyait pas. Ou ne se voyait plus. Et Ezaël s’en veut, et il regrette de l’avoir oublié, d’avoir laissé le temps et sa mémoire l’effacer. Il se déteste, à vrai dire, de ne pas avoir été assez fort pour le conserver dans sa tête, aussi fort qu’il le conservait dans son coeur. Mais comment lui dire ? Comment lui avouer ? Il n’en sait rien, il est face à une page blanche et ne peut rien prévoir, rien prédire. Peut être lui avait-il déjà dit des choses qui auraient pu l’aiguiller. Avouer ou garder en soi… La peur du rejet était là. Vile. Perfide. Morose. Après tout, que risquait-il ? Il avait déjà tout perdu. Après tout, autant se jeter à l’eau… Ou dans le vide.

Mon esprit t’a oublié… Mais mon coeur t’aime de toute son ardeur…

Il avait avoué. Il avait tout avoué. L’amour, l’oubli, la passion. c’était peut être naïf. C’était peut être idiot. Peut être perdrait-il le peu qu’il lui reste. Mais il fallait essayer, il devait tenter, aller de l’avant, être adulte. Ce n’est pas ça, grandir ? Prendre les choses en main, cesser de subir ? Peut être se fourvoyait-il… Mais il avait eu besoin d’extérioriser. Et fatalement, il l’avait dit. Il l’avait formulé. Il ne lui restait plus qu’à attendre, l’inquiétude du rejet dans le regard. Mais il était prêt à tout perdre. Il était prêt à tout. Il ne risquait plus grand chose, il avait déjà tout oublié. Et il oublierait encore, si tel était son destin. Et à ce moment là, le coeur rongé par le chagrin du rejet, peut être se laisserait-il aller à la tentation des crocs sur sa nuque, à la mort libératrice.

Mais en attendant, il pouvait gagner tellement, il se devait d’essayer. Aucune barrière ne le retenait plus. Aucune barrière que les adultes ont : deux équidés du même sexe. Il ne sait pas si l’Amour a un sexe. Si l’Amour a un nom. Il n’a pas peur des regards. Il n’a pas peur des autres. Ou il n’en n’a pas conscience. Il laisse simplement hurler son coeur. Et son coeur hurle l’Amour.
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MessageSujet: Re: Too good to be true | Ezaël   Dim 28 Jan 2018 - 23:10



Ace a déjà oublié les requins, la falaise et l’air frais, la brise et le son de l’herbe, l’écume et les vagues qui lui lèchent presque les sabots. Il a fait le vide dans sa tête, l’endroit est oublié, ne restent que les souvenirs de sa journée avec Ezaël et le rappel malheureux qu’il est probablement le seul à les détenir. Il regarde le jeune étalon, son jeune étalon, il observe sa respiration lourde et probablement saccadée, il voit les jambes qui tremblent d’avoir galopé aussi fort et aussi longtemps. Il voit chaque détail. Il retient.

De toute façon, il est fort probable qu’il l’ait déjà perdu.

Et Ezaël, pour la première fois de la journée, lui adresse la parole. Toutes ses craintes se retrouvent fondées: il l’a bel et bien oublié. Dans un drame romantique passant au cinéma, Ace se serait précipité à ses côtés en lui répétant qu’il avait promis de ne pas l’oublier et que la vie est terriblement injuste. Il aurait pleuré aux souvenirs perdus, aux sourires oubliés et aux sentiments envolés. Mais la vie n’est pas un film. Alors Ace reste planté là, absorbant tout le poids des mots Mon esprit t’a oublié, son coeur se serrant d’autant plus.

Mais la phrase n’est pas terminée. Ezaël n’a pas fini de parler.

Ses derniers mots réveillent le cerveau en pause d’Ace, son coeur s’affole, ses yeux s’écarquillent, et il déglutit. Sa conscience, toujours sur son arbre, pousse un cri de surprise, la main devant sa bouche, et tombe presque de sa branche. Elle ne s’y attendait pas. Pour être franc, lui non plus. Il sait ce qu’il ressent (du moins, il imagine, parce qu’il n’en a tout de même pas l’habitude), mais il ne s’imaginait pas confronté aussi tôt à ses sentiments. Et surtout, il ne pensait pas qu’ils étaient réciproques.

Sa voix meurt dans sa gorge, et il se retrouve incapable de prononcer un mot. Il se sent comme un homme qui a tout perdu et à la fois tout gagné. Il l’a oublié, et pourtant une partie de lui se souvient.

Son cerveau tourne à plein régime, les rouages tournent si vite qu’ils en font des étincelles, et pour la première fois de sa vie, Ace of Hearts est en train de paniquer.

Parce qu’il sait quoi répondre, et tout en même temps il ne sait pas quoi répondre. Et ça ne fait aucun sens. Et il le sait.

Il inspire, presque tremblant, sa conscience assise sur son arbre semble prête à s’évanouir, et puis les mots sortent brutalement, sans son consentement.

- Dans ce cas seuls nos esprits sont différents. Parce que moi, je ne t’ai pas oublié. Et mon coeur s’est bien trop attaché à toi.

Il ne retient pas le flot soudain de paroles, à la place fixé sur le comportement de son compagnon. Il a tout avoué, et il devrait se sentir mieux: mais Ezaël a toujours la peur dans les yeux, la crainte de tout et de rien, et le coeur battant comme jamais d’Ace ne peut s’empêcher de souffrir en soutien. Le poulain a grandi, il font pratiquement la même taille maintenant, et pourtant il a toujours l’air aussi fragile et effrayé. Le paint a très, très envie de se coller littéralement à lui pour enfin pouvoir le toucher, en murmurant que tout va bien se passer et qu’il le protégera.

Parce qu’il le fera.

Sa conscience s’est tue, se demandant si réprouver tous ces sentiments est finalement une si bonne idée. Elle doute, tout comme lui.

Au lieu d’enfoncer son nez dans la crinière d’Ezaël dans l’espoir de pouvoir le rassurer et lui offrir du réconfort par un contact physique, Ace avance encore de quelques pas pour se retrouver juste devant lui. Il est presque trop près pour le voir entièrement, mais il le sent, il entend chacun de ses mouvements. Il ressent la douleur du poulain. Il en pleurerait presque. Sa conscience, elle, sèche déjà des larmes.

Incapable de savoir que faire dans une situation telle que celle-ci, Ace prend la parole, sa voix pratiquement brisée.

- Bon sang, Ezaël, qu’est-ce qu’il t’est arrivé?

Il secoue la tête et tente un nouveau pas en sa direction. L’appel du toucher est trop fort, mais il ne veut pas le forcer. Les Dieux savent que ce serait malheureux.

I wanna hold you so much.
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MessageSujet: Re: Too good to be true | Ezaël   Dim 28 Jan 2018 - 23:44


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Boom. Badoum. Boom. Son coeur bat si fort qu’il résonne dans ses oreilles. Boom, badoum. Encore et encore, si fort, si fort qu’il le fait souffrir. Il a parlé. Il a avoué. Les mots ont coulé entre ses lèvres comme l’eau coule entre les rochers. Boom, badoum. Il a avoué. Son coeur a hurlé ses sentiments, et il continue, dans une plainte lancinante, à extérioriser tout ce qui se passe à l’intérieur de lui. Il bat si fort qu’il peut exploser. Il bat si fort que le sang pulse dans les veines, alors même qu’Ezaël essaie de reprendre son souffle qui se coupe une fois sur deux, faute à la peur, faute à l’oubli, faute à l’appréhension. Il respire un peu comme il peut, alors que son coeur bat tout ce qu’il peut. Toute l’énergie du jeune cheval s’en allait dans son coeur qui pompait avec acharnement le fluide rougeoyant qui le faisait vivre. Sa tête, elle, s’était perdue. Elle n’avait déjà plus rien à faire là, depuis de longues minutes. Elle s’était enfuie, peut être trop anxieuse ou s’en voulant d’avoir effacé quelqu’un de si important, dont chaque mot, chaque parole, pouvait changer le cours du temps. Ou du moins, le cours de la vie d’Ezaël.

Il avait un si grand pouvoir sur lui, presque un droit de vie ou de mort. Avec lui, ou sans lui. La vie, ou la mort. C’en était attristant, presque inquiétant, qu’un si jeune équidé puisse songer à de telles choses, songer à la mort, synonyme d’une vie sans lui. Mais en même temps, il ne fallait pas voiler la réalité, se cacher la figure sous prétexte que ça n’était pas normal. C’était la vérité. C’était sa réalité, à lui, à Ezaël. Ces sentiments qui bouillonnaient dans son coeur l’avaient maintenu en vie, en alerte, pendant cette longue année où il poursuivait ses souvenirs, pourchassé par ses démons. Sa seule corde de survie. Son seul filet de sécurité. Des sentiments. L’Amour. L’Amour avec ce grand A, celui qui rime avec toujours, celui qui est synonyme de Vie, d'Éternité, de Bonheur. Et au fond de lui, il le sait. Il sait qu’il a goûté au bonheur grâce à lui. Il ne sait plus où, il ne sait plus quand, ni comment. Mais il le sait. Il ne se serait pas autant attaché, ni aussi vite, ni aussi fort. Pas s’il n’y avait rien eu d’exceptionnel. Ce cheval, en face de lui, était exceptionnel.

Alors qu’il finissait sa phrase, le plus jeune pu voir la surprise dans les yeux du plus âgé. Il ne sut cerner si c’était une bonne ou une mauvaise surprise. Peut être était-il content ? Peut être était-ce une bonne nouvelle, qu’il l’aime ? Ou peut être était-ce sa crainte la plus terrible, celle qui, une fois mise à jour et en lumière, signait la fin de toute tentative de relation, quelle qu’elle soit. Cette idée serra violemment le coeur du doré qui se demanda s’il ne venait pas de réduire toutes ses chances à zéro, au néant. Peut être sa précipitation signerait-elle sa perte. Il ne serait pas le premier à qui l’impatience aurait coûté la vie, si ? Il déglutit presque en même temps que celui qui lui faisait face. Comme deux coeurs à l’unisson. Comme deux âmes soeurs. Peut être l’étaient-ils ? Il ne le sauvait pas, et ne le saurait peut être jamais. Peut être que leurs chemins se sépareraient ici, que l’autre partirait avec dégoût et que lui, bien trop triste, s’en irait quêter la mort par l’eau.

Mais il n’en serait pas ainsi. Il parla, et Ezaël ne fut pas vraiment certain de comprendre. Il retourna les mots encore et encore dans son esprit, les répétant sans cesse pour les décortiquer, pour être certain de bien comprendre. Lui ne l’avait pas oublié, en cela ils étaient différents… Mais il disait que là était la seule différence. Son coeur s’est bien trop attaché à lui. Ezaël fut perdu quelques instants. Était-ce réciproque ? Etait-ce tout ce qu’il attendait, tout ce qu’il espérait ? Il avait peur de se tromper. Il avait peur d’espérer et de s’être dupé. Mais si seuls leurs esprits étaient différents… Leurs coeurs étaient semblables, non ?

Un sourire ne pu s’empêcher d’étirer les lèvres du plus jeune, un sourire soulagé, un sourire heureux. Le sourire de celui dont les sentiments sont réciproques. Et ses yeux pétillent d’un bonheur nouveau alors qu’ils suivent les gestes du plus grand qui s’approche tout près, tout près. Il ne se souvient pas de qui il est, mais il sait qu’il l’aime. Il ne se souvient pas de ce qu’ils ont vécu, mais il veut vivre la suite avec lui. A ses côtés. Et pour toujours.

Alors que dans son regard se battent la joie de la réciprocité et la peur d’un nouvel oubli, le plus grand parle, la voix hachée, arrachée par les sentiments. Les yeux du poulain se plissent un peu sous le coup de l’inquiétude, quelques larmes roulant sur ses joues, offrant une prise au vent salé sur ses poils. Il ne voulait pas le rendre triste… Il ne voulait pas lui faire de mal.

Finalement, Ezaël analysa la question. Ce qu’il lui était arrivé ? Il n’en savait vraiment rien… Il avait oublié, ça aussi. Le pourquoi il avait oublié. Il avait tout, tout oublié. Tout sauf un nom, un épisode de sa vie, traumatique. Il déglutit légèrement, ne sachant pas par où commencer. Que dire ? Quoi lui dire ? Et comment ? Au point où il en était, il fallait en parler. Il se devait d’en parler. C’était obligatoire…

Je… Je ne sais pas… il fit une pause alors qu’il baissait les yeux, essayant de se cacher derrière son toupet. Je… Je ne me souviens que de deux choses… De… De Collapsing, qui m’a marché dessus, poussé, mordu… Frappé…

Il fit une pause, les souvenirs mauvais venant engloutir son esprit tourmenté. Ses démons le taquinaient, parfois jusqu’à ce qu’il s’endorme d’épuisement, effondré contre un arbre. Il déglutit et se força à continuer, il n’avait pas fini.

Et que je t’aime. C’est tout ce que je sais… Qu’il m’a fait du mal, et que tu m’as fait beaucoup de bien.

Il releva la tête, les yeux brillants de larmes, noyés par la peur et le chagrin. Il ne voulait plus oublier. Il voulait se souvenir, il voulait le retrouver, retrouver leur passé commun et se rappeler de tout. Il savait que ce serait long. Mais ça finirait par revenir. Mais il ne connaissait même plus son nom… alors qu’il se rappelait de celui de son démon.

J’aimerais me souvenir, me rappeler de toi, de ce qu’on a vécu mais… Mais dans ma tête, il n’y a que lui… Que mes démons, les monstres qui me pourchassent depuis un an… Mais je ne sais pas ce qui a causé ma perte de mémoire… Je ne le saurais peut être jamais…

Il s’en voulait. Il oublia les barrières qu’on pourrait s’imposer et alors que le roux faisait un dernier pas, Ezaël franchit les quelques centimètres qui les séparaient encore pour cacher son visage contre l’encolure du plus grand, y trouvant un refuge, une aide, son sauveur. Il pleura, évacua toutes ses peurs et ses craintes, blotti contre lui.

Deux coeurs battant à l’unisson, accordés, jouant la même partition : l’Amour.
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MessageSujet: Re: Too good to be true | Ezaël   Lun 29 Jan 2018 - 17:23



Il le voit troublé, perdu, et il n’aurait jamais cru pouvoir apercevoir autant de fragilité dans un seul être. Pourtant Ezaël est là, en face d’Ace, qui n’ose presque pas le toucher de peur de le briser, comme un enfant devant un vase de porcelaine en équilibre sur une trop petite table. Il est dangereux, beaucoup d’individus le savent et certes, beaucoup d’autres ne sont pas au courant, mais quelque chose au fond de lui l’empêche de voir le bien qu’il peut apporter dans la vie du poulain. Sa conscience a changé d’avis, mais pour combien de temps? Il est intimement convaincu qu’elle finira pas revenir en arrière et décider que c’en est fini des sentiments.

La mer tente d’attirer de nouveau son attention en lançant une vague plus grande qui lui engloutit les sabots postérieurs pendant une seconde, mais il n’y prête aucune attention.

Le paint regarde le visage de son compagnon et y voit passer la confusion et toutes les émotions du monde et finalement un sourire qui lui réchauffe le coeur déjà bien affolé.

Mais il n’a pas le temps d’observer plus longtemps ou de réfléchir ou de calmer le dit coeur, parce qu’Ezaël lui répond enfin et que la réponse en question dépasse tout ce qu’il aurait pu imaginer. Parce que le poulain a peu de souvenirs et fuit pour de vrai devant des démons imaginaires qui ne sont qu’en fait des souvenirs trop bien accrochés à son cerveau. Parce que ses peurs, ses plus grandes craintes, ne viennent pas d’un inconscient à l’imagination débordante, mais sont des histoires vraies tirées de son passé. Parce que le grand démon a un visage, et un nom.

Collapsing.

Ace est figé pendant un moment, son cerveau tournant bien trop vite pour s’arrêter net, et il lui faut quelques secondes pour se remettre comme il faut. Il connaît ce nom. Il sait de qui il s’agit, il en est certain. Il le sait. Il entre dans la bibliothèque de ses nombreuses rencontres, passe les proches et renverse les connaissances futiles, traverse la partie des victimes pour se retrouver devant l’étagère presque vide des ennemis encore en vie. Collapsing est une couverture rouge sang aux pages en lambeaux. Et ça lui revient.

Le zombie. Le foutu mort-vivant, qui lui a causé tant de problèmes, lui a manqué d’un respect qu’il n’avait certes pas demandé, l’a frappé comme un enfant qui s’ennuie, celui qu’il a tant bien que mal essayé d’éviter et dont il s’est finalement débarassé. Le Lucifer discount qui pensait faire peur à tout le monde. Celui qui, Ace s’en était amusé à l’époque, ne devait faire peur qu’aux poulains, l’avait véritablement fait. Sauf qu’il ne s’en était pas pris à n’importe quel poulain. Il s’en était pris à Ezaël.

Le choc brutal qu’il a ressenti et dans lequel il est bloqué lui fait écarquiller les yeux, et il doit se forcer à respirer. Il n’a pas peur, oh ça non, mais il est en train de déborder parce qu’à la place des émotions et de l’empathie, il ne ressent que de la rage, si chaude qu’elle brûle tout à un kilomètre à la ronde. Sa conscience descend de l’arbre si vite et brutalement qu’elle laisse un trou dans le sol à son atterrissage.

Il sait ce que ça veut dire, elle sait ce que ça va donner.

Il l’a déjà ressenti auparavant, ce sentiment qui l’engourdit de la tête aux sabots et qui l’empêche de penser trop fort. Il y a eu droit plusieurs fois.

Avant un meurtre.

Il est tiré de ses pensées par Ezaël, qui continue de parler, et le fait qu’Ace réussisse à mettre de côté le sentiment de rage pour se concentrer sur ses paroles est un signe aussi fort qu’un autre qu’il est définitivement une priorité dans sa vie. Et il fait bien, oh, il est heureux de la mettre de côté même pendant quelques secondes, parce que les plus belles paroles qu’il ait jamais entendues arrivent à ses oreilles, parce qu’il est aimé et qu’il y croit plus qu’aux mensonges de sa mère quand il était petit. Il écoute, distrait, et il s’en veut, mais il sait, il a envie de lui écrire un roman sur pourquoi et comment il l’aidera à aller mieux, il n’a pas besoin d’analyser chaque mot qu'il entend pour savoir ce qu’il se passe.

Il reste silencieux, presque bouche bée, et ne fléchit pas quand son compagnon fait disparaître la courte distance qui les sépare et se colle à son poitrail. Il l’imite et enfonce son nez dans la crinière du jeune étalon, prenant une grande inspiration. Il est là et il le restera, il sera le pilier qui fait tenir toute la structure s’il le faut, instable et finalement pas si fiable que cela, mais au moins il est là pour le supporter. Il lève la tête pour la poser sur le dos de son compagnon et pouvoir enfin prendre la parole.

- Ca va aller, Ezaël. Ca va aller, parce que moi aussi je t’aime. Et que les pertes de mémoires peuvent s’arranger. Je suis là pour t’aider. S’il faut te raconter en détail tout ce qu’il s’est passé, c’est ce qu’on fera.

Il ferme les yeux, ne voulant pas voir sa conscience qui, il le sait, souffre elle aussi au loin sous son arbre, tenant son coeur battant à vif dans ses mains ouvertes, puisqu’elle sait déjà qu’il va basiquement avouer sa vraie nature et que toute leur relation repose sur la réaction d’Ezaël. Il ne lui a même pas encore rappelé son nom.

- Aussi longtemps que je respire, ton démon ne viendra pas te chercher. Il ne te touchera plus. Et puis, plus doucement, presque murmuré. Parce que je vais le tuer.

Il ne pleure pas, et pourtant qu’est-ce qu’il en a envie, devant la probabilité d’une fuite immédiate de l’individu dont il a eu le malheur de tomber amoureux.

But if you feel like I feel...
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MessageSujet: Re: Too good to be true | Ezaël   Lun 29 Jan 2018 - 20:02


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Une vague plus forte que les autres sembla se détacher de la mer pour lécher les sabots du plus âgé, arrachant le regard d’Ezaël de celui-ci pour quelques secondes. Une lueur colérique passa dans ses yeux, alors qu’il fixait l’eau comme il avait fixé la branche, lors de leur première rencontre, sur la plage dévastée. Mais il n’en n’a aucun souvenirs, il se contente de réagir comme il aurait toujours réagit, sans se douter qu’il l’avait déjà fait, qu’il s’agissait d’une redite, que le CD tournait en boucle. Mais la vague se retira bien vite et son regard se reposa sur le rouquin, plus doux, plus apaisé maintenant que l’eau s’était retirée. Son esprit était ailleurs et en même temps si présent. Il divaguait mais ne pouvait jamais partir bien loin de l’élu de son coeur, revenant toujours à lui, toujours, sans réussir à se souvenir de son nom. Ce manque cruel vrillait ses entrailles et son coeur tapait avec violence à la porte des souvenirs cachés pour essayer de les retrouver, les faire sortir, les attraper pour se souvenir. Mais rien ne venait. Son esprit était désespérément vide d’un nom qu’il aurait voulu prononcer tout le temps, toute la vie, pour toujours associé à l’Amour qui faisait battre son coeur presque adulte. Mais rien ne venait. Rien, sauf la colère dans les yeux du plus grand.

Il venait de prononcer le nom de son démon, celui qui est resté en haut de la falaise, arrêté par l’amour, stoppé par l’espoir d’une vie à deux. Il était là haut, attendant, gueule béante, que l’amour reparte pour mieux plonger et assassiner ce qu’il resterait. Tant pis pour lui. Le paint horse s’est presque arrêté de respirer, il a les yeux écarquillés, comme s’il venait de voir le monstre créé par l’esprit du plus petit. Il semble bloqué quelques secondes, et Ezaël je presse de rajouter les mots plus doux, il se presse de lui dire encore qu’il l’aime, il ne veut pas le perdre à cause de son démon. Il ne peut pas le perdre. Jamais… Alors, lorsque le plus grand se détend à l’entente des mots doux que venait de dire Ezaël, le petit pie se décide à franchir ce qu’il reste de distance entre eux pour se blottir contre lui. Il respire son odeur, ressent sa chaleur, se noie dans tout ce qu’il peut de lui. Ne jamais oublier les sensations. Ne jamais oublier les sentiments. Et son coeur essaye de graver tous ces souvenirs dans son esprit, à grand coups de batte, à grands coups de pieds. Il hurle à sa raison de déverrouiller les souvenirs, il hurle à son esprit de retrouver son nom.

Et alors que l’adulte le câline, pose sa tête sur son dos, Ezaël frémit. Un frisson de bonheur, un frisson de plaisir. Le frisson tel qu’il ne l’a encore jamais vécu. Le frisson de l’être aimé, de deux coeurs battant à l’unisson, main dans la main. Et alors qu’il parle, Ezaël l’écoute. Il boit ses paroles, boit ses promesses, s’y accroche avec tout l’espoir du monde. Il se sent aimé. Il se sent protégé. Plus rien ne pourra plus lui arriver. Il va devenir fort, il va grandir, et un jour lui aussi sera assez imposant et confiant pour soutenir et protéger…

Ace of Hearts…

Ses lèvres l’ont articulé presque toutes seules, il a murmuré son nom dans un souffle, un souffle libérateur, un souffle qui emporte le cadenas qui enferme sa mémoire. Et les souvenirs tombent en rafale. La noix de coco. La branche. Le sable. La mer. La première fois qu’il l’a vu… Les souvenirs tourbillonnent et s'emmêlent, mais ils sont là. Tous ceux en rapport avec Ace sont là. Ils répondent tous présent, les uns après les autres, débloqués, remis à jour, dans une lumière douce et apaisante. Il n’en fallait pas plus.

Il lui fallait se sentir bien, se sentir rassuré, protégé du démon qui bloque son âme. Et ça avait suffit à le ramener à lui. Un sourire doux étira ses lèvres alors qu’il écoutait Ace lui promettre de le protéger. Les paroles agressives, les promesses de meurtre n’entachèrent en rien le bonheur volubile qui soulevait le coeur du poulain. Il recula de quelques pas, étirant la caresse de leurs deux corps se touchant un instant avant de briser le charme. Le voilà à quelques centimètres d’Ace, à la même distance qu’ils avaient avant qu’il ne vienne se blottir contre lui. Dans ses yeux, aucune peur. Dans ses yeux, aucune terreur. Seulement une confiance aveugle, et un amour qui noie tout le reste, juste un amour qui le subjugue et qui fait battre son coeur.

Je t’aime.

Ces mots renferment tout, toute la reconnaissance, toute la confiance, tout le bonheur qu’il lui doit. Et il lui doit tellement. Il n’a pas peur de qui il est, aussi violent puisse-t-il être. Il lui voue une confiance aveugle, aveuglé peut être par l’amour. Mais il a promis, et il y croit dur comme fer. Il croit en eux, il croit en lui, il croit en cet avenir à deux qui se dessine avec douceur, sur tons d’aquarelle. Un sourire étira ses lèvres et il murmura, taquin, essayant de détendre l’atmosphère :

Je t’aiderai à cacher le corps… On m’a dit que les sacs à sapin faisaient l’affaire.

Il le suivrait corps et âme jusqu’au bout du monde s’il le fallait. Il irait en enfers pour lui. Il se battrait avec ses démons s’il le fallait. Mais il ferait tout ce qui était en son pouvoir pour rester à ses côtés, rien qu’un jour de plus. Rien qu’une seconde, jusqu’à la dernière.

Parce que c’est ça, l’amour. C’est accepter l’autre dans son entièreté, avec son passé, ses qualités et ses défauts. Et il l’a appris avec lui, il l’a appris pour lui. Sa lumière dans la nuit, son phare dans la tempête, celui à qui, il ose le dire, il doit la vie, alors qu’il était pourchassé depuis un an par un démon auquel il aurait pu s’abandonner de nombreuses fois, cesser de souffrir, simplement baisser les bras. Mais son ange gardien avait toujours été là, au fond de sa mémoire, au fond de son coeur. Et aucun passé aussi sombre soit-il ne pourrait jamais, Ô grand jamais, entacher cet amour inconditionnel qui l’enveloppait, qui se construisait dans son coeur.

Jamais.
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MessageSujet: Re: Too good to be true | Ezaël   Lun 29 Jan 2018 - 22:32



Le dos d’Ezaël est confortable, il n’y a pas à dire. Ace pourrait garder sa tête là-dessus pendant un moment, si c’était possible. Mais la réalité s’accroche à lui férocement, et il doit malheureusement songer au déroulement de ces retrouvailles.

Il profite juste de la proximité, de l’opportunité qu’il aura au moins eue de toucher le seul sujet vivant digne de son affection, et pendant les quelques secondes suivant ses paroles, il se sent bien. Il n’a encore rien avoué, il sait que le monde tourne comme il faut et il sent le souffle d’Ezaël qui devient régulier, tout comme le sien. Son coeur se calme de plus en plus, il le faut; il va bientôt devoir disparaître, si ses prédictions sont bonnes. Il se prépare déjà. Il n’a pas encore avoué sa vraie nature quand le jeune étalon parle à nouveau- dans un souffle, un murmure, presque inaudible, mais le sang qui a arrêté d’agresser ses veines ne l’assourdit plus et il entend.

Ô dieux, il l’entend.

Son nom.

Il n’a pas besoin de lui rappeler son nom, parce qu’il vient de prononcer Ace of Hearts de lui-même, alors qu’il y a quelques minutes il ne se souvenait même plus de lui. Et Ace se prend à se demander s’il se souvient uniquement de son nom, ou si le reste des mémoires lui est également revenu. S’il se rappelle la plage, la chute, toutes ces choses stupides qui lui sont arrivées et surtout, la sensation de bonheur absolu qu’il semblait avoir à l’époque. Pour moi, c’est la meilleure journée de toute ma vie. Le paint n’avait jamais arrêté de penser à cette phrase, et il se demande si Ezaël s’en souvient lui aussi.

Et puis vient le moment où il n’en peut plus de se cacher et il avoue, il tuera pour lui, qu’il le garde ou non. Collapsing est numéro 1 sur sa liste de personnes à éliminer, qui était bien vide jusqu’à présent. Et cette fois, pour lui, il ne tournera pas autour du pot, il ne s’amusera pas, juste une bonne vieille vengeance à l’ancienne.

La conscience d’Ace regarde son coeur sanglant à l’air libre, elle a les larmes aux yeux, et il retient son souffle quand Ezaël se recule. Ca y est. C’est la fin, n’est-ce pas? Il se prépare à reculer pour laisser l’isabelle partir, peut-être aller voir les requins parce qu’à quoi bon continuer sans l’amour de sa vie? Il n’a pas le temps de faire un mouvement de plus, son postérieur qui n’a pas encore bougé se fige déjà. Parce qu’il a regardé dans les yeux de son compagnon, et il n’y voit rien qui lui fasse penser à de la peur ou du rejet. Il n’y voit rien d’autre que… de l’affection.

Ezaël parle encore, prouvant qu’Ace est bien trop silencieux, et il peut clairement entendre sa conscience retenir son souffle. Elle enfonce son coeur d’un coup sec dans sa poitrine. Le jeune étalon s’est reculé juste assez pour remettre entre eux la même distance qu’auparavant, et au lieu de faire demi-tour pour abandonner à son sort un paint tout cassé, il reste planté là. Et il lui confesse encore une fois son amour.

Amour.

Quand est-ce que la vie d’Ace a changé au point de pouvoir ne serait-ce que penser à ce mot sans une once de dégoût? L’amour est censé rendre faible, n’est-ce pas? C’est ce qu’il a toujours pensé. Aimer quelqu’un c’est s’autoriser la présence d’une faiblesse, quelque chose qu’un ennemi peut exploiter. Il n’y a jamais pensé, parce qu’il n’aurait jamais dû ressentir de genre de choses. Et pourtant Ace regarde Ezaël et ne voit pas en lui une faiblesse, il y voit une force.

Il est en train de réaliser tout ça quand le plus jeune parle à nouveau. Et il fait une blague. Sur le principe même d’un meurtre- commis certes dans le but d’éliminer son démon, mais un meurtre tout de même. Son Ezaël, qu’il revoit jeune sur la plage ayant peur d’une noix de coco, se posant des questions sur la vie sous l’eau, paniquant pour une chute dans le sable mou, ce même poulain a grandi et lui propose maintenant de l’aider à cacher un corps. Dans un sac à sapin. Ace se demande pendant une seconde s’il n’a finalement pas trouvé le Saint Graal. Il a envie de le garder contre lui pour toujours, et tout en même temps il veut le garder en sécurité là où rien ni personne ne pourra lui faire du mal ou même juste le toucher.

Encore abasourdi et franchement amusé, le paint secoue la tête, fixant son compagnon en riant.

- Dieux, qu’est-ce que je t’aime.

Il baisse la tête, tentant de dissiper le rire qui monte encore un peu. Il a du mal à y croire, et pourtant ça vient d’arriver. Il a trouvé quelqu’un qui l’accepte comme il est, avec ses erreurs, fait fi du passé et propose même de l’aider. Il ne pensait pas pouvoir un jour se vanter d’avoir tout ça. C’est maman qui serait surprise. Relevant la tête avec un grand sourire, il ne jette même pas un regard à la conscience qui rougit et ne réfléchit même plus à ses choix de vie. Il fait un pas en avant, se rapprochant rien qu’un peu, juste assez pour pouvoir parler bas et tout de même se faire entendre.

- Tout à fait entre nous, je sais que ça n’a rien d’agréable à imaginer, mais je me demande s’il y aurait seulement un corps à déplacer. C’est déjà un mort-vivant, ce cheval. Il frissonne en se rappelant de sa rencontre avec l’arabe. Et immature, avec ça. Il a osé me demander de le respecter parce qu’il était soi-disant mon aîné, mais il ne m’a donné aucun respect en retour, tu imagines? Je lui ai trouvé des failles et je suis resté tellement calme qu’il est parti de lui-même en ayant l’air frustré.

Ace rit doucement, se rendant peu à peu compte qu’il vient non seulement d’annoncer qu’il a déjà rencontré Collapsing, mais il vient aussi de passer quelques dizaines de secondes à parler de lui comme d’un être vivant quelconque. Pas un cauchemar, pas un démon, non, juste un cheval normal qui a perdu quelques boulons et oublie de prendre des douches. Au final, ça pourrait aider Ezaël à avoir moins peur, non? Ca, plus l’assurance d’être protégé?

Le jeune étalon est à peine dans son champ de vision, et il reste près de lui pour murmurer la suite de ses paroles, revenant à un sujet qu’il aurait dû aborder dès l’entente de son nom.

- Alors, tu te souviens de moi?

Il se demande si les requins les regardent comme un film romantique.

...please let me know that it’s real.
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MessageSujet: Re: Too good to be true | Ezaël   Lun 29 Jan 2018 - 23:18


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Tout lui revient, tout, par vagues. La noix de coco qui l’avait terrifié, les sabots qui glissent dans le sable, Ace qui s’arrête comme dans les films, au ralenti, le sable volant autour de lui. Au fond, il était tombé amoureux de lui dès la première seconde, n’est-ce pas ? Dès qu’il avait levé les yeux de l’objet de sa peur et qu’il l’avait vu, lui, dans ce nuage doré, comme s’il sortait de terre pour il ne sait quelle raison. Tout lui revient. Le ballon, la chute, l’inquiétude qui lui tordait les entrailles. Un autre serait tombé qu’il ne se serait pas fait un dixième du sang d’encre qu’il s‘était fait. Mais voilà. C’était lui, c’était Ace qui était tombé ce jour là, et même s’il ne s’était pas fait trop mal, Ezaël avait eu peur quand même. Il aurait eu peur si un oiseau s’était posé sur son dos. Simplement parce qu’au fond de lui, son coeur le chérissait déjà bien trop, beaucoup trop. Il se souvient de la branche, la vile et perfide branche, qui voulait se mettre sur le chemin à reculons du rouquin. Il se souvient aussi des forêts sous l’eau, de Poséidon qui vit dans la mer. Et ses paroles. Ces paroles. Leurs paroles. Son jour le plus terrible, son jour le plus beau. Comment avait-il seulement pu l’oublier ? A quel jeu sadique jouait donc son esprit, pour lui retirer ses plus belles journées et ne laisser que les mauvaises ? Un esprit masochiste. Un peu suicidaire. Mais un coeur aimant, espérant, protecteur. Un coeur qui, lui, n’aurait jamais pu oublier. Il se souvient de leurs naseaux, peut être trop proches à cet instant, pourtant ça ne semblait pas si mauvais, si faux. Lui avait voulu le toucher. Il l’avait voulu, au plus profond de son être. Juste l’effleurer, savoir quelle sensation, quelle texture avait sa robe. Quelle chaleur se dégageait de lui. Il s’en souvenait. C’était revenu, après un an d’errance et de désespoir, sa lueur, sa lumière, était revenue.

Ace était là. Et Ace avait eu peur lorsqu’il s’était reculé. Il l’avait vu. C’était bien la preuve, s’il lui en fallait, qu’Ace l’aimait vraiment. Qu’il tenait à lui au moins autant qu’Ezaël tenait au roux. Ils s’aimaient, et chacun avait peur de blesser l’autre ou de le perdre. C’était un fait, c’était avéré, c’était prouvé. Et le coeur d’Ezaël battait à tout rompre, tant le bonheur pulsait dans sa tête, dans son corps, dans son âme.

Sa blague fit mouche, Ace secouant la tête et riant de bon coeur. Il avait réussi. Il lui avait remonté le moral. Fier de lui, le sourire d’Ezaël s’agrandit très franchement et il rayonna. Son regard pétilla de bonheur, il était vraiment heureux en cet instant. Il n’aurait franchement pas pu l’être plus. Il avait retrouvé la mémoire de celui qu’il aimait, il l’avait fait rire, et bien plus important encore : il l’aimait en retour. Il l’aimait. En retour. Ils s’aimaient, tous les deux. Le plus jeune avait presque du mal à réaliser. Peut être n’avait-il pas assez confiance en lui pour comprendre ce que pouvait bien lui trouver le plus grand… Mais au fond, il s’en fichait. Il ne comprenait pas le pourquoi du comment, mais c’était un fait. Ils s’aimaient. Et ils s’aiment toujours. Et il n’avait rien besoin de plus, rien du tout. Ces simples mots, qu’Ace prononce une fois de plus, ces quelques lettres alignées qui sortent de sa bouche, font l’effet d’une bombe de douceur dans le coeur d’Ezaël déjà bien tranquille, dans son cocon d’amour.

Et Ace baisse la tête, la relève, rit, s’approche. Le petit isabelle se croit dans un rêve, comme si tout se passait au ralenti, comme s’il allait se réveiller et que ça n’allait pas avoir eu lieu. Mais il le sait. Il ne peut s’inventer un scénario aussi beau. Tout est réel. Et la réalité dépasse de loin toute fiction qu’il aurait pu s’inventer. Les voilà tout proches, de nouveau. Et Ezaël ne résiste pas, il ne résistera plus jamais, à l’envie de le toucher. Alors l’irish cob pose son chanfrein contre celui du paint horse, et il ferme les yeux pour l’écouter avec un sourire. Son murmure lui rapporte des images étranges, celles d’un monstre pas si monstrueux, d’un jouet qui fait peur un peu cassé, qui menace de s’écrouler à chaque seconde. Et, perché sur sa falaise, son démon s’effrite, rapeticit. Il n’est plus si imposant. Ni si terrifiant. Il n’est plus rien qu’un pantin désarticulé, abandonné par la peur et la terreur qui l’animaient et le rendaient terrifiant. Il n’était plus rien. Surtout maintenant que le poulain n’en n’était presque plus un.

Et de toute façon, il avait trouvé sa moitié, celui qui renforçait tout ce qu’il était et tout ce qu’il sera, l’autre demi d’un être qui avait perdu sa dualité, sa gémellité il y a bien longtemps. Pour la première fois depuis son abandon, Ezaël se sentait entier. Il n’avait plus besoin de son jumeau pour être une entité entière et fonctionnelle. Il avait découvert sa vraie moitié, celle qui faisait battre son coeur, qui sécherait ses larmes. Et il était bien plus qu’une gamète séparée en deux par un accident arbitraire. Ils étaient deux âmes réunies pour la vie, et bien plus encore.

Leurs têtes toujours collées l’une contre l’autre, Ezaël rouvre les yeux et glisse, posant sa joue contre celle du rouquin, cherchant simplement à le toucher, le sentir, simplement être peau contre peau. Il l’écoute parler, il entend dans sa voix qu’il est heureux de son retour de mémoire. Il se souvient. Il peut le crier haut et fort, il se souvient de lui, celui qu’il aime, qu’il adore, pour qui il vit. Pour qui il va se battre. Il se souvient, comme si c’était hier, car ses souvenirs retrouvés sont plus brillants, plus forts, plus chauds qu’aucun autre de ses souvenirs. Ils l’irradient, il l’animent et il brûle d’amour pour lui. Il l’aime. Il l’aime beaucoup trop. Bien plus que sa propre vie. Et d’un sens ça le terrifie, il ne sait pas ce dont il serait capable par amour… Du meilleur comme du pire.

Je me souviens de tout, avec toi… Tout est revenu.

Ses paupières se fermèrent alors qu’un sourire encore plus radieux étire ses lèvres. Il n’a pas besoin de le voir, juste le toucher, le sentir, simplement, être là contre lui, ça lui suffit. Il ose espérer, à cet instant, que jamais plus il n’oubliera ces sensations, ces souvenirs. Et que jamais plus il n’oubliera qui il aime et qui l’aime en retour. Il voudrait graver ce nom sur son coeur battant, le tatouer à même son esprit pour ne plus jamais, jamais oublier. Toujours l’emmener avec lui, où qu’il aille, avec qui qu’il soit. Il veut chanter son amour, son bonheur, le cracher au visage de ceux qui voulaient qu’il s’effondre, leur montrer à quel point il rayonne et il peut bâtir beaucoup plus grand, beaucoup plus beau que n’importe qui qui lui souhaitait de sombrer.

Collapsing. Sa mère. Son frère. Tous tomberaient sous l’étendard qu’il brandissait maintenant fièrement. Il allait reconquérir sa vie, bâtir son avenir avec les plus belles pierres, toutes les graver une à une du nom d’Ace of Hearts. Celui qui lui offrait un futur radieux. Celui qu’il aimait, pour toujours et à jamais.
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MessageSujet: Re: Too good to be true | Ezaël   Mar 30 Jan 2018 - 23:53



Ace est doué pour rire, embêter le monde, et tuer des gens. Il est capable de tenir une conversation et de jouer à l’idiot fini la seconde qui suit; d’être tout à fait sain puis de demander des conseils à la personnification de sa conscience (qui ressemble terriblement à une humaine) en l’espace d’un claquement de doigts. Il est capable de beaucoup de choses, mais toujours, toujours sans vraie émotion le rendant vivant.

Et puis il y a Ezaël.

Qui est arrivé dans sa vie soudainement à cause d’une noix de coco, et qui a chamboulé tout son monde, faisant tomber les murs du château pourtant si bien construit de son esprit. Il n’en reste plus grand-chose, de cet édifice qui, malgré les réparations et les fortifications, s’est encore une fois écroulé quand l’isabelle s’est de nouveau infiltré dans une fissure de la muraille pour aller séduire le roi et le convaincre de partager le trône.

N’importe quel autre poulain aurait ennuyé le paint et serait parti avec au mieux un mot d’encouragement lui souhaitant de ne pas se faire manger par un puma, mais celui-là avait tout chamboulé. Il avait peur et il paniquait pour rien et il était purement et simplement adorable, et Ace n’avait jamais ressenti ça pour un autre cheval. Jamais. Encore aujourd’hui, il se demande s’il n’a pas été foudroyé par un instinct de protection très bien enfoui.

Le voilà, bien trop longtemps après cette première rencontre, à se rendre compte en même temps que l’autre que tout cela n’avait rien à voir avec de l’instinct, et maintenant qu’il le voit grandi et mature, il connaît la vérité: il l’aime. Et, curieusement, c’est effrayant. Pourtant c’est lui qui prend sur ses peurs enfouies pour offrir sa protection éternelle, et proposer ses services pour faire s’éteindre le démon un peu trop réel de l’amour de sa vie- parce que ça, il sait faire. Parce qu’il peut tuer un cheval un peu trop cruel, il peut offrir des paroles apaisantes qui réduisent ce cauchemar à la pile de vers qui faisait marcher le monstrueux Oogie Boogie.

Et la réponse à son offre est positive, et ils sont heureux, et ils peuvent toucher l’autre et est-ce que c’est ça, le vrai bonheur?

Se coller à son compagnon, l’écouter parler avec une attention qui est de toute façon incroyablement forte?

Ezaël se souvient de lui, il fait bien attention à le préciser, il se souvient d’eux et de leurs souvenirs et de leur belle journée passée à oublier tout le reste. Il se rappelle le bonheur et les nouveautés, et Ace devrait probablement s’inquiéter pour tous les autres individus et moments dont le jeune étalon devrait sûrement se rappeler aussi; mais pour cette fois, il décide d’être égoïste, et au lieu de penser aux autres il pense à lui, à eux, parce que ça fait bien longtemps qu’il n’a pas ressenti un tel bien-être.

La conscience a maintenant le dos à l’arbre, lunettes de soleil sur le nez, savourant la gloire d’une vie sans plus aucune solitude et d’un coeur maintenant plein à craquer. Elle a déjà oublié le persona habituel qui manque de sentiments et se moque d’absolument tout, parce que ce comportement a déjà révélé son bouton pause. Il change drastiquement pour celui qui a le droit et le devoir d’absorber tout l’amour qu’il peut donner et plus encore- et il ne s’y fera jamais, à ce mot, amour, qu’il devrait écrire avec un A en majuscule parce qu’il est important à ce point.

L’isabelle a toujours le chanfrein collé au sien, et si la position est plutôt bizarre en soi il n’a aucune envie de reculer. Il se surprend à penser à nouveau à cette journée à la plage, et s’amuse une nouvelle fois à la comparer à leur décor actuel. Ezaël est encore hors de son champ de vision, mais il le sent sourire et décide de tenter de le faire rire.

Il prend la parole en se retenant de bouger la tête.

- Je te proposerais bien une reconstitution historique de qualité supérieure, mais j’ai malheureusement oublié mon ballon. De toute façon le sable ici ferait probablement mal, Il gratte le sol pour prouver son argument, et j’ai entendu dire qu’il y a des requins dans l’eau.

La mer lui en veut pour l’affront qu’il lui a probablement fait. Ezaël a les yeux fermés et aucun moyen de le prévenir quand la vague qui suit lui arrive jusqu’aux jarrets, et il sursaute au point de briser leur précieux moment pour se mettre à côté de son compagnon en faisant face à l'eau. Plus jamais il ne tournera le dos à la mer. Plus jamais. Il se surprend à avoir pour première réaction l’instinct de regarder les antérieurs de l’autre étalon, vérifiant qu’il n’a pas lui aussi été éclaboussé par les vagues diaboliques. Elle n’a pas besoin de requins, cette mer, il semblerait qu'elle se débrouille très bien toute seule.

- Mes excuses.

Il se racle la gorge, entend sa conscience qui se retient de rire, et plante son nez dans la crinière d’Ezaël en boudant avant de se coller à lui. S’il l’aime vraiment, il supportera les gamineries et le contact un peu brutal. C’est un irish cob, de toute façon, il peut supporter son poids. Normalement. Est-ce qu’il est vraiment tout à fait grandi? Il va probablement devenir plus grand que lui dans un an. Ace va se retrouver tout petit. Plus vieux, certes, mais moins imposant. A cette pensée, il pousse un soupir de désespoir qui fait voler les crins fournis de son compagnon.

Et quand il sera trop vieux, comment est-ce que ça se passera? Certes, il n’en est encore pas là, il est encore jeune (probablement), mais il est amoureux d’un jeunot et ohmondieu un jour il l’abandonnera. Le paint va vieillir et ses poils roux vont devenir moins brillants et il se retrouvera tout seul parce qu’il a eu le malheur de tomber pour quelqu’un de plus jeune que lui. Le désespoir l’envahit rien qu’un petit peu, et sa voix est un peu trop basse et sonne trop effrayée à son goût quand il prend de nouveau la parole.

- Ezaël, quand je serais trop vieux pour toi, tu resteras quand même, hein?

Il réussit à attraper une poignée de crins par mégarde en parlant, et les recrache un peu hâtivement en prenant soin de ne pas les envoyer trop loin. Il est bien, en vérité, caché par cette crinière bien fournie qui va peut-être encore augmenter de volume quand le jeune étalon finira (enfin) sa croissance. Ace pourrait peut-être vraiment s'habituer à tout ça.

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MessageSujet: Re: Too good to be true | Ezaël   Mer 31 Jan 2018 - 2:59


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Il est là, blotti contre lui, tête contre tête, le coeur aussi léger qu’un oiseau qui prend son envol pour parcourir et visiter la voie lactée.Soulevé par l’amour, soulevé par l’espoir, il bat avec douceur, il bat avec tendresse, simplement, calmement, comblé et heureux. Rien, non rien au monde ne pourrait lui arracher cette béatitude douce et cotonneuse qui l’enveloppe et l’emprisonne presque. Il l’aime. Il l’adore. Tout en lui réclame tout de lui. Défauts, qualités, plus rien n’a de sens, de poids face à l’amour qu’il lui porte. C’est un amour inconditionnel, un amour doux, plein de confiance et de respect. Il est simplement là, contre lui, le coeur léger, l’esprit rassuré et apaisé. Il l’a, il l’a pour lui, pour toute la vie. Il a un peu peur de le perdre, certes, mais il lui fait une confiance aveugle, il laisse son coeur entre ses mains, il lui offre sans retour, sans peurs, avec la plus grande des confiances qu’il ne pourra jamais accorder à personne d’autre. Ace est tout, Ezaël n’est plus grand chose. Maintenant qu’ils se complètent, s’accrochent, l’irish cob ne peut plus rien être sans son âme soeur, son âme jumelle, son coeur jumeau. Alors il profite de chaque seconde, ne s’encombre pas de jalousie ou de peur futile. Il profite simplement du bonheur qu’on lui offre comme sur un plateau d’argent. Il ne va pas le gâcher d’inquiétudes inutiles. Il n’en n’a pas l’envie, pas le temps : chaque seconde est précieuse et chérie, chaque seconde se doit d’être adorée pour ne pas être oubliée.

Ace parle alors, lui propose de rejouer leur première rencontre et ce, du mieux qu’il peut. Et Ezaël se met à rire doucement, son rire le secouant légèrement et faisant se frotter leurs têtes entre elles. Reconstituer quelque chose dont il se souvient ? Pas tellement besoin… Puis de toute façon, il n’a pas vraiment envie de le voir tomber de nouveau. Et comme le rajoute le rouquin, il n’a pas tous les éléments. Pas de noix de coco qui s’échappe, pas de ballon qui tombe du ciel. Alors qu’il parle du sable et agite la jambe, Ezaël sourit un peu plus. Effectivement, ce sable est parsemé de galets et autres gravillons. Mauvaise idée de plonger dedans tête la première. De toute façon, il n’y en a aucune nécessité.

Pas besoin… Je me souviens. Et j’avoue… Je n’ai pas envie de te voir tomber. Sauf si tu tombes amoureux de moi encore une fois pas… Je ne suis pas certain que ce soit nécessaire. Si ?

Il pétille mais ne bouge pas, les paupières toujours closes, ne pouvant de toute façon pas réellement voir son aimé dans cette position. Mais il ne la changerait pour rien au monde. Ainsi appuyé contre lui, il est détendu et sent les battements de son coeur à travers la peau fine de sa tête. Et leurs deux coeurs battent à l’unisson, d’une symbiose presque parfaite. Le sien bat plus fort, car un peu plus grand. Mais ils battent main dans la main, chantant le même amour qu’il espère fort, durable, et inconditionnel. Il apprécie simplement, savourant chaque minute qui passe comme si c’était la dernière, décidant de vivre cette relation ainsi : tirer le maximum de chaque seconde, de chaque rencontrer, apaiser son corps, son coeur et son esprit, se ressourcer auprès de l’être aimé pour mieux grandir, mieux vieillir, mieux tout construire bâtir un avenir doré, lumineux, une belle vie à deux.

Ezaël ne sursaute pas à la vague qui lèche leurs jambes. Il sursaute parce qu’Ace s'arrache à leur position. Il rouvre les yeux et le cherche un peu du regard, quelques secondes, avant de s’apaiser en le voyant près de lui, la mine un peu boudeuse comme un enfant surpris. Il sourit, un peu déçu que la vague ait arraché Ace à lui, mais amusé par son compagnon qui semble définitivement encore poulain quelque part dans sa tête. Une enfance qu’Ezaël n’avait pas vraiment eut, des sentiments et une innocence qu’il n’avait expérimentés que grâce à Ace. Oui, Ezaël a été mouillé par la vague envoyée par l’océan pour les séparer. Mais il s’en fiche. Il s’en fiche parce qu’il a Ace près de lui, et un Ace qui vient fourrer ses naseaux dans ses crins. Le contact le chatouille légèrement et il sourit un peu plus. Il aime, non il adore le toucher, qu’il le touche. Il profite simplement, appréciant sa chaleur, sa proximité. Il ne comprend pas pourquoi il s’excuse mais au fond il s’en fiche. Il est là, c’est le plus important. C’est tout ce qui compte, au fond. Sa présence. Sa présence douce, aimante, rassurante. Il tourne la tête, se tord un peu l’encolure pour le regarder, la tête légèrement baissée et les crins venant cacher un peu sa vue. Il le regarde par dessous, souriant et pétillant. Dans son regard, on peut voir combien il l’aime, combien il se sent bien. Parfaitement apaisé, parfaitement rassuré. Dans un mouvement doux, il vient arranger légèrement la crinière d’Ace, juste pour le toucher un peu plus, et peut être bien pour l’embêter un peu. Il le taquine, frottant son nez à lui comme lui le faisait.

Le poulain est bien campé sur ses jambes, il soutient le poids de son amour sans grande peine, sa musculature s’étant bien développée durant la dernière année. Il est moins gauche avec son corps qui avait gonflé, et sa force se développe doucement au fil du temps. Il peut le supporter sans peine, être lui aussi un pilier dans sa vie. Il espère pouvoir l’aider. Lui apporter autant qu’Ace lui apporte à lui. Il veut être aussi important, il veut lui être aussi nécessaire qu’il lui est indispensable. Juste pour s’assurer, égoïstement surement, qu’il serait toujours à lui car incapable de vivre sans lui. Un peu comme Ezäel ne pouvait déjà plus vraiment vivre sans Ace. Simplement.

Il n’est pas encore tout à fait adulte mais ne grandira pas beaucoup plus, même s’il est déjà grand pour un irish. Il tient ça de son père, le grand irish cob pie noir qu’il a aperçu à sa naissance. Celui qu’on avait repoussé, qu’on avait chassé alors qu’il ne demandait qu’à aimer ses fils. Sa mère, elle, est une petite teigneuse. Et méchante. Et si perfide...

Il ne veut pas y penser, et de toute façon la voix effrayée d’Ace retentit dans le calme bercé par le bruit des vagues qui roulent sur le sable. Il l’écoute attentivement, l’inquiétude grandissant dans son coeur. Pourquoi Ace a-t-il peur ? Il est capable d’avoir peur, lui ? Que se passait-il ? Il se met à regarder autour d’eux, à la recherche d’une menace. Mais rien. La menace vient de l’intérieur. C’est une peur qu’il formule pour Ezaël. La peur du temps qui passe, d’un temps qui les séparerait. Alors qu’Ezaël sait que le temps ne fera que renforcer l’amour qu’il éprouve pour le paint horse. Comme le temps l’a déjà fait. Trop vieux ? Il ne le sera jamais. Ni trop vieux, ni trop rien du tout. Il serait toujours parfait à ses yeux, même lorsque sa musculature fondra avec l’âge, même lorsque ses yeux ne brilleront plus autant qu’avant. Il sera toujours le bon. Toujours. Ezaël aurait pu croire qu’il le testait, qu’il posait une telle question exprès, si la voix du plus âgé ne tremblait pas d’inquiétude et de peur. Il se sent un peu bête face à la question, mais il finit par essayer d’ironiser, et il se force à dire le contraire de ce qu’il pense, pour essayer de lui faire comprendre l’absurdité de ses peurs.

Bien sûr que non. Je te laisserai pour trouver quelqu’un de plus jeune, voyons. Ca paraît logique.

Un soupir s’échappe alors d’entre ses lèvres et il bouge pour se caler tout contre Ace, cherchant à entrer en contact avec le plus de surface possible. Une fois blotti contre lui, il parle de nouveau.

T’en as d’autres des questions bêtes comme celle-là..? Je ne t’aime pas pour ta jeunesse, je ne t’aime pas pour ton corps uniquement. Je t’aime pour tout ce que tu es, pour qui tu es. Et je veux qu’on vieillisse ensemble.

Il n’aurait pas pu être plus honnête ou plus sincère avec Ace. Il l’adorait comme il était, et il l’adorerait toujours autant. Il voulait tout construire avec lui, tout tenter, tout faire à ses côtés. Alors pourquoi le jeter dès lors que le temps aura fait son oeuvre sur eux ? Lui aussi vieillirait. Lui aussi ne sera pas toujours le poulain qu’il avait été, le jeune cheval qu’il serait. Lui aussi mûrira, prendra de l’âge. Il n’était pas bloqué ainsi pour toujours. Ils évolueraient ensembles, tous les deux.

Il ne veut pas penser à une fin plausible ou possible pour leur couple qui vient seulement de se former. Mais il ne peut s’empêcher de penser à la mort, suite logique et inéluctable à la vie, la vieillesse, le temps. Il hésite un long moment, mais finit par fermer les yeux pour rajouter :

Je t’aimerais jusqu’à la mort et au delà. Mon coeur n’est plus mien, tu le possèdes depuis longtemps déjà. Je ne compte pas te laisser me le rendre, jamais.

Il se battrait pour toujours pour qu’Ace garde son précieux coeur au creux de ses paumes. De toute façon, même s’il le lui rendait un jour, Ezaël serait incapable de le faire battre sans Ace. Ce serait si difficile, si douloureux, qu’il abandonnerait bien vite.

Mais ne pensons pas aux fins probables, laissons leur le temps de s’aimer avec passion.
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MessageSujet: Re: Too good to be true | Ezaël   Mer 31 Jan 2018 - 17:26



Ils pourraient rester dans cette position pendant des heures, sans bouger, profitant juste du contact avec l’autre. C’est pratiquement certain. Leurs coeurs battent au même rythme, à l’unisson, que pourraient-ils demander de plus? Pas besoin de bouger, de faire une pause, ils sont littéralement en tête à tête avec rien ni personne pour les déranger. La reconstitution historique (de grande qualité) n’enchante pas Ezaël, cependant, qui préfère apparemment le voir en un seul morceau, debout, sans tache de sang quelque part.

Ca, il peut comprendre. Pas besoin de faire revivre la scène à tout le monde.

Mais la notion disant qu’il ne peut pas tomber amoureux d’une même personne plus d’une fois lui paraît absurde. Et pourquoi pas, d’abord? Du moment que ce n’est pas dirigé vers quelqu’un d’autre, ça semble parfaitement faisable, c’est même une très bonne idée.

Ca, ou Ace est juste un idiot fini.

- Baby, j’irais trébucher sur tous les ballons du monde pour toi, que ce soit nécessaire ou pas. Je suis parfaitement capable de tomber amoureux de toi plusieurs fois de suite, ça ne fait que multiplier l’affection, non?

Comme dit, ils auraient pu rester comme ça pendant des heures, mais il faut que la maison des requins lui agresse les jambes.

La vague a effectivement touché les antérieurs d’Ezaël, et Ace fusille la mer du regard comme si elle pouvait sentir quoi que ce soit. Il songe un moment à trouver un moyen de la vider, trouvant l’idée immédiatement stupide, et se demande s’il ne faudrait pas reculer pour éviter de souiller encore une fois les jolis poils blancs de son irish cob adoré.

Adoré?

Ezaël tourne la tête -il devrait décidément songer à bouger pour pouvoir le voir- et, dans un geste inattendu, se met à arranger la crinière un peu en bataille d’Ace. Il n’y porte effectivement jamais vraiment attention, et l’autre a peut-être une bonne raison de le faire (autre que le toucher, encore, toujours, parce qu’ils aiment ça tous les deux), mais le contact le fait tout de même frissonner.

Si la question d’Ace avait été toute en fragilité et emplie d’une vraie inquiétude (parce que oui, Ace aussi peut avoir peur, même si parfois il semble invincible), la réponse d’Ezaël est faite d’ironie pure et dure. Le paint est à peu près sûr que sa bouche est grande ouverte, puisqu’il n’en croit pas ses oreilles. Encore dans ses pensées, il aurait pu ne pas relever le ton un peu exaspéré et le sarcasme sous les paroles, mais il est bien réveillé et il a du mal à croire que c’est bien arrivé. Il se décolle un peu du jeune étalon, toujours sous le choc.

- Mais c’est qu’il prend de l’assurance mon poney géant, où il est passé le respect pour ses aînés?

Ace est prêt à bouder de nouveau comme un enfant, presque offensé par l’attitude de son compagnon (alors qu’au fond, il est sérieusement fier), mais Ezaël n’a pas fini et continue de lui parler. La première phrase renforce son envie de faire la tête, aussi puéril que ce soit; fort heureusement pour lui, l’isabelle a manifestement un don avec les mots quand il s’agit de parler d’Amour (avec un A majuscule, cette fois), et il fond de nouveau, soupirant intérieurement devant sa faiblesse dans ces conditions. Sa conscience, qui était déjà en train de bouder, fait mine de s’évanouir dramatiquement devant tant de sagesse et de charme- Ace quant à lui met de nouveau son nez dans la crinière de l’autre, qui s’est encore une fois approché pour se coller à lui.

La proximité est grandement appréciée, et ils pourraient probablement rester comme cela pendant des heures. Mais même si Ezaël lui a fait comprendre que le passé ne voulait rien dire, qu’il se fichait bien de ce qu’il avait pu faire avant, le paint a de nouveau des doutes. Il n’a pas peur, per se, mais il se demande si c’est vraiment une bonne idée. S’il est vraiment bon pour son étalon favori, et encore une fois, il doute. Il devrait arrêter, il le sait, mais c’est impossible de s’en empêcher. La conscience se relève doucement, stressée. Ses paroles sont marmonnées, tellement il s’est blotti dans les crins et les poils.

- Mais qui je suis, c’est justement un problème. Je suis dangereux et j’ai tué des gens et tu es littéralement le seul individu avec qui je ressemble à un vrai cheval. Il soupire. J’suis pas quelqu’un de bien, Ezaël, et même si tout ce que tu me dis est réciproque, j’ai quand même des doutes sur ma capacité à t’offrir tout ce que je veux te donner. Et tu vas me détester pour oser dire ça, Il respire un grand coup, mais j’ai tendance à croire que tu mérites bien mieux.

Il se sent fragile et faible et Dieux qu’il aimerait pouvoir arrêter de devenir aussi vulnérable en présence d’Ezaël. Il est bien content de savoir que personne ne vient les déranger, parce qu’il n’est définitivement pas apte à affronter quelqu’un qui utilisera le jeune étalon à son avantage. Penser à la suite et à une fin, penser à la vieillesse, que croyait faire son esprit en le lançant dans ces réflexions? Et l’isabelle repart de plus belle, continue à l’abreuver de mots doux qu’Ace ne mérite définitivement pas, renforçant l’idée qu’il a trouvé le Saint Graal en personne.

Jusqu’à la mort, et au-delà. Certes. Lui aussi, est prêt à aller au delà, comme s’il était né pour ça. Mais il n’était pas forcément prêt pour l’offrande. Il voit sa conscience tenir entre ses mains un coeur qui n’est pas le sien, plus grand et beau et toujours battant à un rythme régulier. Elle le tient avec une prudence à toute épreuve, comme s’il pouvait se briser en milles morceaux à tout moment. Son propre coeur disparaît, lui, quand il essaie de rendre la pareille, se cachant sous un humour douteux pour atténuer ses craintes.

- Je t’ai envoyé le mien par colis suivi, il devrait arriver dans un ou deux jours. J’espère que le livreur l’aura pas abîmé.

Il lâche un petit rire un peu honteux (parce que c’est franchement mauvais, comme blague), et gratte légèrement le sol du sabot, pensant pendant quelques secondes à ce que serait sa vie sans sa moitié.

Sa réponse n’est autre que ‘vide’.

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MessageSujet: Re: Too good to be true | Ezaël   Jeu 1 Fév 2018 - 2:30


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Ezaël prenait un plaisir fou à écouter le coeur d’Ace qui battait en même temps que le sien, appréciant cette proximité qu’il n’avait jamais eue avec personne, et qu’il n’aurait jamais avec personne d’autre d’ailleurs. La seule idée qu’un jour peut être il soit capable d’être aussi proche de quelqu’un d’autre qu’Ace ne lui effleure même pas l’esprit. Pour lui, il n’y a que Ace, et Ace seul, dans son coeur. Personne d’autre ne parviendra jamais à se faufiler dans son coeur comme l’avait fait le rouquin, avec douceur et légèreté tout en réussissant à s’imposer sans peine aucune. Il se suffisait à lui-même, il était le bon et le serait toute la vie du plus jeune. C’était certain. Pourtant, le concept de retomber amoureux encore et encore semble plaire à Ace qui explique alors au plus jeune que l’affection qu’ils ressentent serait multipliée à chaque fois. Mais Ezaël en doute, en réalité. Il ne voit pas comment il pourrait s’attacher plus qu’il ne l’est déjà. Il lui donnait déjà sa vie, son coeur, que pouvait-il lui donner de plus ? Il le regarda, un peu perdu, mais ne voulant pas le contredire. Au fond, peut être avait-il raison, et ils ne le sauraient que lorsqu’ils tomberont de nouveau amoureux l’un de l’autre. Seulement, ça sonnait faux dans la tête du plus petit. C’était comme s’ils devraient perdre l’amour qui les liait pour le retrouver plus fort encore. Il ne voulait jamais cesser de l’aimer, même pour une fraction de seconde. Jamais.

Je ne sais pas je… il fit une pause et frémit. Je te fais confiance mais je ne veux pas que tu te fasses mal.

Ah non, il ne veut pas du tout qu’Ace souffre, pour quelque raison que ce soit. Il espère, peut être naïvement, pouvoir le protéger de tout ce qui pourrait lui faire du mal, d’être son petit bouclier à lui comme il arrivait à être le sien. Mais Ezaël était à la fois le bouclier et la brèche, comme le serait Ace pour lui. Chacun étant à la fois la force et la faiblesse de l’autre. Mais ensembles, ils pourraient vaincre quiconque se mettrait en tête de vouloir les faire tomber, non ?

Tout le monde sauf la mer.

Alors que le petit pie s’amuse avec la crinière du roux, celui-ci frissonne. Peut être apprécie-t-il, ou n’est-il simplement pas habitué à un tel traitement. Ce qui, au fond, ravirait le poulain. Il serait heureux d’être le seul avec qui Ace avait été et sera le plus proche. Ca avait quelque chose de gratifiant, ça l’élevait à un rang qu’il n’aurait jamais su atteindre auparavant ni par la suite. Et c’était vraiment, vraiment agréable pour le poulain. Il se sentait important, il se sentait unique. Il avait quelque chose de plus, que les autres ne pourraient jamais avoir. Et ça lui donnait un peu confiance en lui. Ca lui permettait de voir quel intérêt il avait, quelle place il pouvait bien avoir dans le monde. Et sa place, elle est aux côtés d’Ace. C’était sa destinée, après tout. Non ? Lui, en tout cas, il y croit. Il y croit dur comme fer. S’il a rencontré Ace ce jour là, c’était voulu. S’il a pour cela été obligé d’être chassé et détesté par sa mère, c’est que ça avait été son destin depuis le début. Ils n’étaient pas âmes soeurs pour rien, si ?

Non. Bien sûr que non.

Et alors qu’il ironise, ou du moins qu’il essaie, Ace lui répond et le plus jeune se ratatine. Il avait peut être été trop loin. Prenant la remarque comme un reproche, il s’excusa faiblement, se sentant soudain un peu bête d’avoir voulu tenter de nouvelles choses. Peut être que ça n’était simplement pas fait pour lui ou pour eux, et d’un sens tant mieux comme il n’avait pas cette réaction innée. De base il aurait simplement nié en bloc, répété à quel point il l’aimait. C’était tout, il n’aurait pas eu idée de se moquer gentiment de son aimé. Mais ça avait raté, semblerait-il.

Ils sont tout de même blottis l’un contre l’autre, Ezaël ne pourrait pas s’en empêcher de toute façon, depuis qu’il a goûté à ce plaisir de la proximité, du toucher. Il se sent vivant dans ses yeux, il se sent exister dans son coeur, c’est un fait. Il se sent bien plus vivant depuis qu’Ace était à ses côtés, bien plus entier, complémenté par son âme soeur et jumelle. Il retrouvait une partie de lui qu’il n’avait jamais eue. Et Ace parle de nouveau de ses peurs, caché dans les crins du plus petit qui, au fond, se sent touché par l’ouverture dont le plus grand fait preuve envers lui. Il parle à coeur ouvert, sans barrières ni freins, lui exposant ses craintes les plus profondes. Il est dangereux. Il tue des gens. Aussi insensé que ça puisse paraître, ça ne fait pas peur à Ezaël, peut être est-il définitivement aveuglé par l’amour dévorant qui l’anime. Mais il ne peut pas avoir peur de celui qu’il aime. Et de toute façon, Ace n’est pas comme il se décrit, pas avec lui. Alors il n’y a aucune raison de s’inquiéter. Et de toute façon, s’il devait mourir, Ezaël serait bien content que ce soit des sabots d’Ace of Hearts, aussi idiot soit cette réflexion. Il l’aimait, pour le meilleur et pour le pire. Il l’aimait et ne pouvait pas contrôler ces émotions, il ne le pourrait jamais. Il ne pouvait pas le détester ainsi, sur commande, sous prétexte qu’il serait autre chose que ce qu’il lui montre. Mais Ace ne s’arrête pas là, non. Il insiste, même s’il lui dit qu’il l’aime aussi et qu’il l’aimera toujours, sur le fait qu’il n’est pas quelqu’un de bien. Cette réciprocité aurait fait un bien fou à Ezaël si elle n’était pas accompagnée d’un mais, si elle n’était pas une excuse positive à une phrase dépréciative, négative. Pas quelqu'un de bien. Incapable de lui offrir ce qu’il mérite. La joie qui envahissait le coeur d’Ezaël juste avant retombait lentement. Il n’aimait pas qu’il se dénigre, il voulait qu’Ace se voit comme lui le voyait : comme son chevalier, son prince charmant, celui qu’il aimait car il était doux, attentionné, adorable. Mais il persistait à lui dire que ce n’était pas le vrai lui, comme s’il voulait le persuader ou le convaincre qu’il se méprenait.

Comme s’il lui mentait depuis le début.

Cette idée lui effleura l’esprit et brisa son coeur. Sa respiration se coupa un instant alors qu’Ace terminait par le fameux tu mérites mieux. Mieux que quoi ? Que le bonheur la joie et l’amour ? Mieux que quoi ? Que celui qu’il aimait depuis maintenant un an ? Mieux que ça ? Mieux qu’Ace ? Se serait-il trompé ? Le regard d’Ezaël s’embruma de larmes. Il prononce tout de même sa phrase sur son éternel amour, sur son coeur qu’Ace possède déjà. Mais après ce qu’avait dit Ace, ça sonnait presque faux.

Mériter mieux… S’était-il trompé sur qui aimer ? N’arrivait-il pas à lui montrer combien il l’aidait, combien il lui faisait du bien à chaque instant ? N’était-il pas assez bon pour lui faire oublier ses doutes, ses peurs ? Le faire arrêter de se dévaloriser, ne lui disait-il pas assez à quel point il était parfait, pour lui ? Il ne savait plus quoi faire. Sa remise en question l’empêcha d’apprécier la blague du coeur en colis d’Ace. au fond de lui, même s’il esquissa un sourire au rire d’Ace, l’envie n’était pas là.

A peine débutée qu’il avait déjà l’impression d’avoir foutu en l’air leur semblant de relation.

Il rumine ces pensées sombre un long moment, son démon se redressant de ses cendres, là haut sur la falaise, pour mieux l’observer alors que sa forteresse se craquèle. Le doute est semé, peut être Ace méritait-il mieux qu’un poulain même pas grandi, incapable de se souvenir de son nom, tout juste bon à encaisser les coups et se taire. Peut être était-il le problème, au fond. Peut être était-il celui qui faisait naître ces doutes dans le coeur d’Ace. Il ne méritait peut être pas son amour. Simplement.

C’est la voix un peu tremblante qu’il finit par s’exprimer après un long silence douloureux. La mer lèche toujours la plage, avide de les perturber pour les emmener en pature à ses protégés à dents.

Qu’est-ce que j’ai fait de mal, de mauvais, pour que tu penses que tu n’es pas assez bien pour moi, quoi que je dise ou que je fasse pour essayer de te prouver à quel point mon amour pour toi est fort ?

Il était bien content d’être caché dans les crins d’Ace et que son visage à lui soit caché dans les siens. Il n’aurait pas voulu qu’il le voit ainsi. Se retenant de trembler sous la douleur qui l’accable. Se retenant de pleurer, les yeux et les larmes lourdes de la peur de le perdre à peine l’avait-il retrouvé. L’esprit plein de doutes, son monstre prêt à fondre sur lui pour lui donner le coup de grâce. Finalement, il va jusqu’au bout de sa reflexion macabre, enterre presque ses sentiments vivants. Après tout il n’a plus grand chose à perdre, parti comme ça l’est. Il a l’impression que le lien qui semblait si fort entre leurs deux coeurs n’était que mensonge, illusion. Qu’il s’effrite à chaque seconde et qu’Ace s’éloigne déjà de lui, un peu plus à chaque respiration.

Peut être que c’est toi qui mérite mieux qu’un poulain qui n’est même pas capable de te retenir dans sa mémoire. Même pas capable de te faire te sentir assez bien pour ne pas que tu doutes ou que tu aies peur. Peut être que c’est simplement moi qui ne suis pas à la hauteur.

Les larmes roulent, mordantes, froides, tranchantes, sur ses joues. Il s’en veut. Il s’en veut d’avoir raté sa chance, gâché ce moment par son incapacité à lui faire comprendre à quel point il n’avait besoin de rien d’autre que lui. Et il sent déjà le souffle de son démon sur sa croupe, il est là, gueule béante, prêt à le pousser vers l’eau pour l’offrir aux dents de la mer.

Et il se laisserait volontiers aller à la fuite, si Ace n’était pas entre lui et l’eau meurtrière. Il n’avait plus que lui, de toute façon, comme barrière contre son propre instinct auto-destructeur.

A peine avait-il connu le paradis qu'il entamait sa descente aux enfers.
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MessageSujet: Re: Too good to be true | Ezaël   Lun 5 Fév 2018 - 18:35



Se faire mal paraît peu probable, et Ace en rigole presque, mais il se retient- premièrement parce que ce n’est pas drôle, et ensuite parce qu’il ne veut pas faire passer le mauvais message.

- Promis, je vais faire attention.

Il regarde son compagnon frémir, et la sincère envie qu’a l’isabelle de le protéger lui réchauffe le coeur tout autant qu’il le serre. Comment a-t-il bien pu réussir à se retrouver avec quelqu’un comme lui? Si altruiste et attentionné et bien trop bon? Ace aurait décidément certaines choses à apprendre de lui. Hell, il devrait prendre des notes. Au moins pour se comporter mieux en se présence, parce qu’il n’a définitivement pas l’attitude requise. Il a toujours trop en lui l’Ace habituel, qui certes ne peut pas partir mais n’est pas non plus adapté à la relation qu’il entretient avec Ezaël.

Non, il faudrait qu’il apprenne à déconnecter celui-là, au moins quand ils sont seuls, et garder un interrupteur pour le rallumer quand il le faut. Pour la protection, par exemple.

Vient alors le moment où le poulain se lâche un peu, et il se demande pendant une seconde si l’ironie dans sa réponse était assez visible. Ezaël a l’air de le prendre sérieusement, ce qui serait égal à un reproche, et il ose même s’excuse; et ça, le paint refuse de voir ça. Pas une bonne idée. Annulez la mission. Revenez en arrière. Rewind. Rembobinez la cassette. Houston, on a un problème. Tout allait relativement bien jusqu’à présent, et il ne veut absolument pas être la raison pour laquelle ça s’arrête. N’importe quoi, mais pas ça. S’il commence à tout foutre en l’air, le reste de sa vie va mal se passer.

Il baisse la tête lui aussi, et tente de rattraper le coup dans un murmure qu’il espère réconfortant.

- Ca n’était pas un reproche. Je suis plutôt fier de toi, en vérité.

Il garde pour son propre réconfort le fait qu’ils sont toujours tous deux collés l’un à l’autre, et qui si Ezaël s’est senti mal pour avoir tenté d’ironiser, il est toujours prêt à rester avec lui. C’est déjà ça, non? Au moins il ne l’a pas encore perdu, et il peut faire en sorte de ne pas le perdre du tout, n’est-ce pas?

N’est-ce pas?

Sauf qu’Ace est un idiot fini, stupide, stupide idiot et trouvez-moi d’autres adjectifs, et ne trouve rien d’autre à faire, apparemment, que de se dénigrer en face de l’individu qu’il aime et qui a tendance à tout prendre à la lettre avant de se désigner comme coupable. Ace regrette ses paroles dès qu’elles sortent, pas seulement parce qu’elles lui font se sentir faible et fragile and everything in between, mais parce qu’il sait pertinemment que c’est une très mauvaise idée. Qu’Ezaël va y réfléchir beaucoup trop fort et beaucoup trop vite, et va trouver un moyen de croire que c’est sa faute ou d’imaginer les pires scénarios à leur sujet. Il va forcément le faire, parce qu’Ace le connaît depuis peu mais il sait déjà ce qu’il se passe dans cette tête.

Stupide, stupide, stupide.

Sa conscience est au bord des larmes, les mains devant sa bouche pour essayer d’étouffer ses couinements.

Ce qu’il essaye de faire passer pour une blague sur son coeur tombe dans les oreilles d’un sourd. Il le voit. Il peut voir la souffrance dans les yeux d’Ezaël, et Dieux si ça ne lui donne pas envie de pleurer.

Toutes ses craintes sont fondées quand Ezaël lui répond. La question semble relativement neutre bien que toujours dépréciative. Il lui demandebasiquement ce qu’il doit faire pour lui faire changer d’avis. Ca reste correct, non? Il a l’air assez certain qu’il a fait une erreur, mais la situation est toujours capable d’être sauvée. Ace reste muet cependant, incapable de trouver quelque chose à dire, incapable de trouver comment le réconforter ou comment lui répondre en exposant clairement les raisons pour lesquelles il n’a en fait pas besoin de lui prouver.

Il sait. Il a juste l’impression que lui n’en fait pas assez.

Son mutisme pousse Ezaël à continuer, cependant, et le coeur d’Ace rate un battement, parce que le voilà. Le voilà, le commentaire de trop, celui qu’il espérait ne pas entendre, la partie de la discussion où l’isabelle se dénigre encore une fois, et le paint peut voir, il peut sentir le bon vieux démon de tout à l’heure revenir dans l’esprit de son compagnon. Lui aussi le sent.

Holy shit.

Il a peur.

C’est quelque chose de rare, pour être honnête, et sa conscience se recroqueville contre l’arbre, tentant de se faire toute petite. Son coeur bat à toute allure, il tambourine, se décroche presque, et Ace est assourdi par le bruit du sang qui fait la course dans ses veines. Sa respiration devient très légèrement saccadée, et il fait de son mieux pour le cacher, mais il a peur. Il a tout gâché. Il va perdre la seule personne pour laquelle il a sérieusement de l’affection parce qu’il n’est pas capable de se la fermer. Ironique, n’est-ce pas?

Si son coeur est en train de s’affoler, son cerveau, lui, est en train de fumer. Que faire? Comment rattraper tout ça? Il n’a pas d’idée. Il n’a aucune idée. Il n’en sait rien. Il faut qu’il parle, cependant. S’il reste muet plus longtemps, il ne fera qu’appuyer cette idée. S’il crie de façon désespérée que c’est faux, il ne va pas avancer.

Le brainstorming est intense, et il a l’impression qu’il ne le mène à rien.

Il voit sans les voir les larmes qui coulent sur les joues du poulain, occupé qu’il est à tenter de calmer son coeur effrayé. Il ne remarque que trop tard sa vue un peu brouillée, et il lui faut quelques secondes pour découvrir la raison de sa soudaine cécité partielle.

Il est en train de pleurer, lui aussi.

Plus tôt, dans de meilleurs conditions, il se serait demandé quel genre de pouvoir magique Ezaël pouvait donc posséder pour briser toutes ses barrières comme il le fait. Mais il sont toujours collés l’un à l’autre, et pour la première fois, il partagent autre chose que du bonheur. Peut-être que finalement, ils sont tous les deux idiots. Ace ne trouve rien d’autre à faire que d’approcher doucement sa tête de celle d’Ezaël, comme il peut à cause de sa position, pour ne pas avoir à trop lever la voix. Quand il parle, elle sonne cassée. La conscience a perdu connaissance depuis bien longtemps.

- Ezaël, ça m’arrive d’avoir peur, tu sais. J’ai juste peur. Il inspire, presque tremblant. Tu es quelqu’un de tellement généreux et attentionné et juste bon, malgré ce que tu as vécu. Et s’il y a bien une chose dans le monde qui n’est pas ta faute, c’est ma peur. Il déglutit. Je n’ai jamais aimé qui que ce soit. Jamais. Pas même ma mère, qui m’a supporté pendant toute une année.

Il ferme les yeux, laissant le reste de ses larmes couler dans l’espoir d’en faire les dernières, et frappe le sable du sabot. Si les requins pouvaient venir le voir maintenant, il leur en serait presque reconnaissant, mais c’est ce genre de pensée qui a provoqué la situation dans laquelle il se trouve.

- Je ne veux pas que tu te sentes coupable de quoi que ce soit, Ezaël, et je n’ai pas non plus envie qu’on soit en froid pour quelque chose d’aussi stupide que la peur et mon incapacité à me la fermer quand il faut. Je suis désolé.

Ace recule un peu, tentant tout de même de ne pas se décoller de lui, et se contorsionne comme il peut pour réussir à toucher le nez d’Ezaël avec le sien, lui répétant en boucle qu’il l’aime, parce qu’il espère bien que tout ne va pas se terminer.

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MessageSujet: Re: Too good to be true | Ezaël   Lun 5 Fév 2018 - 23:41


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Ce n’est pas un reproche. Pas un reproche. Il est fier de lui. Fier de quoi ? Fier de voir qu’il ne réussit pas à trouver la bonne dose d’ironie ? Fier de voir qu’il semble lui manquer de respect ? Fier. de. quoi. Ezaël entendit la remarque mais ne l’écouta pas. Il refusait peut être de l’écouter, tant la tristesse qui s’annonçait était un nuage sombre dans un ciel autrefois azuré. Ou il écoute mais n’intègre pas. Ca passe dans son esprit, ces mots s’écrivent mais ne se gravent pas. Et ça s’efface dans un souffle, un soupir. Son démon a expiré son air putride, il a soufflé si fort que le son s’est tari, il a filé, emporté par la brise. Sa descente en enfers est déjà amorcée. Il dégringole, accompagné par son monstre qui le pousse plus bas encore. Il lui met la tête sous l’eau, le pousse vers le fond, vers les abysses de son propre coeur, de son esprit. Il l’emmène plus loin encore qu’il n’était jamais allé. Plus profond, là où aucune lumière ne l’atteint plus, où les ténèbres sont si épaisses qu’on suffoque. Et Ace se dénigre, et Ezaël le fait aussi. Le doute est semé, comme une graine maléfique, diabolique. La plante prend racine dans le coeur du plus petit, grandit, se fortifie pour mieux l’étouffer. Ses épines sont tranchantes, piquantes à souhaits, et erraflent les parois d’un coeur rendu bien trop gros par le chagrin. Elle l'enserre et le fait souffrir du mieux qu’elle peut, pour éteindre tout espoir de rémission. Elle l’assassine, l’empoisonne, l’emprisonne, le martèle de tant de coups pour être sûre que jamais, jamais il ne puisse se relever. Elle se fait plus puissante, plus mordante, plus épaisse, pour qu’aucune lueur ne puisse jamais, Ô grand jamais, briller à travers pour réchauffer le coeur prisonnier. Jamais aucun soleil ne pourra la faire faner. Sa prison épineuse ne cesse d’enfler, se ramifier, et bientôt la plante perfide a fait ses racines dans tout l’être d’Ezaël, ses roses florissant, mortes, dans son âme. La terreur reprend le dessus. Il se sent inutile, futile, comme de la craie sur un tableau noir. Une fois la pluie passée, il ne reste aucune trace de lui. Effacé, comme une larme qui roule sur une joue, arraché, comme une feuille de papier de son calepin. Jeté à la poubelle, envolé comme la feuille morte. Il ne restera rien de lui. Rien, jamais rien.

Et pourtant il l’aime… Il l’aime du plus profond de son coeur, son âme s’est jumelée à lui, elle s’est liée. Pour l’éternité et bien plus encore… Ca n’a pas suffit. Ca n’a pas suffit à faire comprendre à Ace à quel point il était important. A quel point il était le bon, pour Ezaël. Ca n’avait pas suffit à faire tenir les fondations de cette relation à peine entamée et déjà ébranlée. Construite sur des sables mouvants… La bâtisse s’effondre peu à peu, les pierres se détachent une à une, dégringolant pour s’enfoncer dans la surface molle qui engloutit tout. Tout espoir, toute joie. Plus rien ne reste que le néant. Ezaël s’enfonce, encore et encore, à broyer des idées noires. Il n’a pas été assez fort pour que leur lien résiste à la première tempête venue, n’est-ce pas ? C’était sa faute. Il ne lui avait pas assez dit combien il l’aimait, combien il l’aidait. Il ne lui avait pas assez dit. Pas assez répété. Et dans sa tête, ces mots tournent et tournent encore et encore, comme une tornade qui exclue toutes les autres idées qui peuvent se former. Il l’aime. Il l’aime. Il l’aime. Mais il n’est pas assez bien pour lui. Pas assez fort, pas assez aimant. Peut être ne l’aimait-il pas assez pour lui faire comprendre. Peut être que son coeur n’était pas assez fort pour irradier d’amour. Peut être était-il simplement trop faible, condamné à toujours être le rejeton. En amour aussi. Peut être était-ce ça, sa destinée. Le plus faible. Celui trop faible pour perdurer, pour qu’on s’occupe de lui. Peut être était-il pour toujours rangé dans cette boîte. Synonyme de faiblesse. Pas assez grand. Pas assez fort. Jamais assez imposant pour s’imposer dans la vie de qui que ce soit. Ace l’oublierait vite, n’est-ce pas ? Il trouvera quelqu’un de tellement mieux que lui qu’Ezaël serait bien vite chassé de l’esprit du roux. Il en était maintenant certain. Pas vraiment convaincu, parce qu’une partie de lui continuait à croire en eux deux. Une partie de lui qui ne peut se résoudre à une telle noirceur. La tempête passera. L'ouragan ne sera plus que vent. Et l’eau du tsunami s’évaporera pour que de nouveau l’amour grandisse. N’est-ce pas ?

Au fond de lui, il n’avait pas tout à fait abandonné.

Son démon respirait de plus en plus fort sur sa croupe, prêt à le pousser à l’eau, à souffler tellement fort qu’il serait obligé d’abandonner contre le flux d’air. Il était de plus en plus grand, si imposant qu’il jettait une ombre gigantesque sur le poulain. Si immense, qu’il cachait presque le soleil. Et sa gueule ouverte est béante, si grande qu’il pourrait le dévorer en trois coups de crocs. Ces dents en lames de rasoir attendent, prêtes à fondre sur leur proie comme un faucon en piqué. Comme un requin sur un phoque. Il attend, patient, le bon moment. Celui qui ferait mouche. Pourtant il n’en fait rien. Il n’en fait rien car Ace reste là, barrière contre le courant, contre le démon. Il est là, alors que lui aussi il souffre. Alors que lui aussi il a peur. Il est là. Alors Ezael n’a pas le droit d’abandonner, il n’a pas le droit d’enterrer ces sentiments et cette relation à peine née. Il n’a pas le droit. Il doit lui donner une chance, il doit croire en elle, croire en eux. Comme il a pu y croire en lui avouant ses sentiments. Il se doit d’y croire, parce que cette relation lui fait tellement de bien, le rend tellement heureux, qu’il serait malhonnête de la laisser aller, vaporeuse, et rester du domaine des rêves. Il ne veut plus la rêver. Il ne veut plus de cet onirisme qui l’avait habité pendant plus d’un an. Non. Il voulait du concret, du solide, quelque chose qui dure. PArce qu’il veut que ça dure pour toujours. Il le veut, son chateau à lui, son roi, à lui. Et il veut que ce soit Ace.

Alors qu’Ace se livre de nouveau à coeur ouvert, soudain si fragile, soudain si vulnérable, si friable qu’Ezaël, même Ezaël, pourrait se jouer de lui. S’il n’était pas si amoureux, s’il n’était pas si bien intentionné, il pourrait jouer avec lui. Il pourrait peut être le briser d’un coup, se jouer de lui, faire mourir le peu de confiance qu’il pouvait placer en quelqu’un d’autre. Mais il n’est pas comme ça. Ezaël n’est pas ce genre de cheval. Il est doux, il est aimant, il est sincère. Il ne ment pas, ne simule pas son amour. Il l’aime du plus profond de son coeur et fera tout pour souffrir à sa place, si c’était possible. Il veut le protéger, le garder dans un écrin loin de tout, loin de ce qui peut le blesser, loin des gens. Il le veut pour lui, pour toujours, égoïstement… Il veut pouvoir toujours le protéger. Il voit les larmes de celui qu’il aime. Il les voit dévaler les collines de ses joues, s’échappant de ses yeux embrumés par la peur, la tristesse, la douleur. Et il y voit son reflet, son reflet exacte. Lui aussi a peur. Ils sont pareils, au fond, à trop craindre de froisser l’autre ils font tout le contraire. Et Ezaël ne peut s’empêcher de sourire à cet instant, alors qu’Ace of Hearts tape du sabot sur le sable. Dans son sourire, aucune moquerie. Rien de négatif. Juste de la compréhension, et de l’amour. Beaucoup, beaucoup d’amour. Plus il lui parle, plus ils doutent, plus il l’aime. Plus la peur l'envahit, plus il l’aime. Et dans ses yeux, alors qu’Ace parle encore et pose ses naseaux dans les siens, il n’y a que de l’amour.

Juste de l’amour.

Plus de peur. Plus de doutes. Rien, rien que de l’amour.

Ace… Je suis désolé… il se décolle doucement de lui pour pouvoir mieux plaquer ses naseaux contre les siens. Je suis désolé d’avoir douté de moi. D’avoir douté de nous. Je t’aime. Et je t’aimerais pour toujours, quoi qu’il arrive, quoi qu’il se passe. Les plus grandes tempêtes peuvent venir nous ébranler, les plus gros démons peuvent essayer de nous faire tomber, on sera toujours forts et toujours à deux, n’est-ce pas ?

Et alors qu’il rouvre les yeux, il se décolle de lui pour essayer de plonger son regard dans le sien. Il n’a plus peur. Il est confiant en l’avenir. Il y croit dur comme fer, à leur histoire. Il veut y croire parce qu’une partie de lui n’a jamais abandonné l’idée. Une partie de lui est restée forte, brillante tout ce temps. Et le voile s’est levé, et il a irradié. La rose putride s’est dissipée et plus rien de négatif ne reste dans son coeur ou dans son âme.

Seul Ace y habite dorénavant, et Ezaël espère bien qu’il y fera ses quartiers.

Il lui fait un doux sourire alors qu’il vient se remettre contre lui, épaule contre épaule, posant sa tête sur son dos pour étendre son encolure contre lui. Il veut le toucher, le sentir au plus proche de lui, pour sceller cette promesse et cet amour qui renaît, plus fort et plus brillant encore que par le passé. La mer s’est calmée, elle n’essaie plus de les atteindre et rebrousse doucement chemin, en proie à la marée descendante qui l’aspire et l’attire vers les grands fonds. Pas de requin pour venir les dévorer, pas de monstre pour les séparer. Même son démon, il y a quelques minutes si fort, si présent, s’en est allé. Dissout, évaporé par la lumière. Il ne subsiste plus rien de lui. Plus qu’eux deux, sur cette plage beaucoup trop belle, en ce jour beaucoup trop beau pour être triste.

Je t’aime. Et tu m’aimes. Il n’y a plus de crainte à avoir, nous avancerons ensemble plus loin, parce qu’ensemble nous sommes plus forts, n’est-ce pas ?

Il lui sourit. Enfin, surtout lui. Ezaël a beaucoup grandi grâce à Ace, donc il est beaucoup plus fort, grâce à lui. Alors qu’il frotte sa joue sur son dos, cherchant la proximité et les caresses, le petit pie ferme les yeux, apaisé, rassuré. Il ne leur arrivera rien, il ne leur arrivera jamais rien, tant qu’ils restent ensemble, tant qu’ils croient en eux. Et lui y croira fort, pour toujours. Et tant qu’il y croira, tant qu’il restera au moins l’un d’eux deux pour y croire, tant que tout espoir ne se sera pas évaporé, ils resteront toujours soudés, toujours unis, toujours aimés. Et ils retomberont dans les bras l’un de l’autre, encore et encore, dans une douce valse, un danse qui jamais ne pourra prendre fin, car il restera toujours quelqu’un pour mener la danse. Il restera toujours quelqu’un pour demander à ce qu’on rejoue la musique. Quelqu’un pour attiser la flamme, la protéger du vent, la cacher des bourrasques avec son propre corps. Et il allait le faire. Il allait protéger cet amour si précieux avec toutes les forces qui lui étaient données. Parce que cet amour le rendait plus grand. Et si confiant en un avenir qu’il n’avait jamais, jamais considéré. Là, ils le peignaient à deux

Moi, je crois en nous. Alors il ne peut rien se passer de mauvais. Parce que tu es à mes côtés, et parce que je suis près de toi. Parce que nos coeurs battent ensemble… il sourit. J’ai bien reçu ton colis, j’en prendrai le plus grand soin…

Et il rit doucement, avant de se calmer, apaisé, avec comme seule mélodie le coeur de son aimé qui bat fort dans ses oreilles.

Parce qu’il l’aime. Pour toujours.
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MessageSujet: Re: Too good to be true | Ezaël   Mar 13 Fév 2018 - 22:12



D’aussi loin qu’il se souvienne, Ace n’a jamais eu peur, n’a jamais été effrayé par quoi que ce soit. Difficile d’avoir peur lorsqu’on est trop occupé à surprendre les autres au point qu’ils en font presque des crises cardiaques. Depuis son plus jeune âge, il était le bourreau, pas la victime, il se sentait fort et écrasait tout sur son passage. Les ennemis, les innocents, les importants et les insignifiants. Tout le monde a peur. Que ce soit une phobie ou quelque chose qui peut causer une grande surprise et pas dans le bon sens du terme, chaque individu sur terre a peur de quelque chose.

Sauf lui.

Son absence d’émotions et de craintes le rendaient invincible, intouchable mentalement. Il s’entretenait bien physiquement, et disposait d’une mental d’acier. Invincible, je vous dis. Impossible à battre parce que parfait en tous sens. Un véritable stormtrooper, le lavage de cerveau et le statut d’esclave en moins; toujours prêt à se jeter dans la bataille, sans craindre quoi que ce soit, pas même la mort.

Oui, Ace n’avait peur de rien.

Jusqu’à maintenant.

Le paint avait passé sa vie à éliminer toutes les craintes possibles et imaginables de sa checklist, jusqu’à la trouver complètement vierge de possibilités. Aujourd’hui, il peut voir de façon très claire sa conscience ressortir le bloc notes et jeter un regard dédaigneux à la page blanche, avant d’écrire en grosses lettres au marqueur rouge sang: SENTIMENTS. Ses yeux sont emplis de larmes. Ni lui ni elle n’avaient anticipé la douleur et le côté horrifiant qu’avaient les émotions soudainement stoppées. Machouillant son marquer, la conscience reprend son bloc-notes et continue sa nouvelle liste. PERTE D’UN ÊTRE CHER. Chaque mot est comme un coup de fouet sur son corps, il se sent comme si ses nerfs étaient à vif. AMOUR. Il se retient de tressaillir à chaque nouvelle lettre agressant le papier imaginaire. NO. Il peut sentir les larmes qui forcent le passage, voulant à tout prix glisser sur ses joues.

Il ferme encore les yeux, persuadé que s’il ne peut pas voir la raison de ses peurs soudaines, elles disparaîtront peut-être pendant au moins quelques minutes. Le démon au souffle âcre qui respire profondément dans son dos est quelque chose de totalement nouveau, et il n’aime pas du tout la sensation, il la déteste, il la hait- et en temps normal, il lui serait facile de transformer cette haine en courage à toute épreuve, surmontant ces obstacles émotionnels. Mais il le sait, il a déjà abandonné l’idée de l’affronter. Quel intérêt? lui souffle sa conscience. Pourquoi donc t’accrocher?

Ace aime Ezaël de toute la force que son coeur noir en pierre taillée peut lui donner, et il aimerait pouvoir l’aimer jusqu’au bout du monde et jusqu’à la fin de sa vie; mais Ezaël a abandonné, et lui avec, et au final ils se retrouvent tous les deux dos à ce foutu démon tout de noir vêtu.

Pourtant, le démon d’Ezaël, Ace l’a vu, l’a presque affronté, comptait il y a peu le tuer; mais il a presque perdu la force de le faire.

Il est silencieux contre son compagnon, qui ne pipe pas plus mot que lui. Ils sont toujours collés l’un à l’autre, ayant lâché les pagaies mais agrippant toujours les bords de la fragile barque en bois. Ace reste silencieux, écoutant avec une attention redoublée les minuscules sons qui parviennent à ses oreilles. Les oiseaux qui piaillent, les vagues qui s’écrasent sur le sable coupant, les feuilles des arbres dans le vent.

Et puis Ezaël prend la parole. Ace ne parle pas plus, l’écoutant le plus calmement possible s’excuser, tentant autant qu’il peut de ne pas manifester son mécontentement lorsque l’isabelle se décolle de lui. Il fait bien de se retenir, parce qu’au lieu de lui tenir chaud, il lui touche les naseaux. Avec les siens. Moins chaleureux, certes, mais plus rassurant.

Il l’écoute toujours pendant qu’il lui sort de nombreuses excuses et lui répète, encore, encore, qu’il l’aime et qu’il l’aime; en temps normal, il aurait peut-être levé les yeux au ciel face à une telle répétition, mais pas maintenant. Il entend tous les commentaires et ne trouve rien à répondre au commentaire sur leur amour infaillible qui franchira les montagnes et vaincra les tempêtes de la vie, alors il se contente de hocher la tête- une fois, deux fois, trois fois, aussi fort qu’il le peut sans pour autant décoller son nez de celui d’Ezaël. Le résultat est une contraction bizarre de sa nuque, mais au moins il n’a pas beaucoup bougé.

Ace se sent plus vulnérable que jamais, conscient que s’il n’avait pas en face de lui le jeune étalon le mieux intentionné du monde, il serait un cheval mort pour sûr.

Il est également conscient du fait qu’il devrait probablement parler, au bout d’un moment, mais il a déjà sorti toute son âme et il pense sérieusement que c’est bien assez de parlote pour la journée. Non, il n’aime pas s’exposer autant. C’est assez. Stop.

Et puis Ezaël continue de parler (Dieux merci, il y en a au moins un dans ce couple qui sait s’exprimer), et de se coller à lui, et de frotter sa tête sur son dos et que sait-il encore; et s’il continue de lui offrir des mots doux et fins comme de la dentelle, il finit par ressortir en riant la blague sur le colis qu’avait tenté de faire Ace.

Le paint laisse s’échapper un léger rire lui aussi.

- J’espère qu’ils ne l’ont pas trop abîmé, je crois qu’il était plutôt lourd.

Il tourne la tête vers son compagnon, enfin soulagé, et soupire un peu. Ils vont bien. Tout va bien. Sa conscience referme son bloc-notes déjà oublié, et fait disparaître le marqueur rouge, soupirant elle aussi- de soulagement. Ils vont mieux, les requins se fichent de leur existence, il n’a pas trop mal aux jambes, ce genre de choses futiles auxquelles il peut maintenant prêter attention. Une question reste, cependant, et il tente de le tourner à la rigolade (sans grand succès, il n’est pas très en forme aujourd’hui).

- Et maintenant? On part faire un tour jusqu’à la tombée de la nuit ou on se raconte nos vies en observant les requins?

Il pourrait lui raconter tellement de choses, les rencontres, le vin, qu’il n’a jamais eu le temps d’expliquer, le singe et la douche de fruits, la montagne et les spectres, les Enfers, surtout. Toutes ces choses qu’ils sont peut-être censés se raconter.

Il a envie de lui poser des questions, sur les rencontres qu’il avait faites, ses potentiels amis, la maman adoptive qu’il avait rencontré fut un temps; mais il sait qu’Ezaël a tout oublié.

Tout, sauf lui, apparemment.

Au moins, il se souviennent tous deux qu’ils s’aiment.

There are no words left to speak.
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MessageSujet: Re: Too good to be true | Ezaël   Sam 17 Fév 2018 - 14:35


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Tout dans son petit monde avait menacé de s’écrouler. Tout avait tressaillé sous le coup de leur amour, tout s’était bâti, plus beau, plus fort, pour eux. Puis tout avait vacillé lorsque les sentiments furent remis en question, lorsque tout ce qu’il avait pensé être juste, vrai, indéniable, avait failli s’effondrer. Son univers tout entier avait retenu son souffle, sur le bord de l’implosion, au bord du vide, ce gouffre dans lequel tout pouvait s’éteindre à chaque seconde. Le démon était là, au bord, prêt à pousser les dernières fondations vers le vide abyssal. Mais rien, rien de tout ça ne se passera aujourd'hui. La lumière dans les ténèbres, l’amour dans la haine, la tendresse dans la douleur. Tout se reconstruit, tout reprend vie, reprend pied, de nouvelles fondations bien plus fortes, une nouvelle confiance, sans limites. Tout se reconstruit, tout son univers se remet de ses peines, tout redevient aussi beau qu’avant, et brille même d’une lueur nouvelle.

Ils passeront par dessus les tempêtes de la vie. Ils réchapperont à tout ce qui leur voulait du mal. Parce qu’à deux, ils étaient plus fort. Parce qu’à deux, ils étaient un. Bien plus proches que deux jumeaux ne pourraient jamais l’être, bien plus proches que deux amis. Deux âmes soeurs, deux être séparés par les corps, unis par les coeurs. Deux âmes qui, main dans la main, bâtissent des forteresses, gravissent des montagnes, font tomber toutes les barrières.

Ace devenait à ce jour, le souverain de son coeur, possesseur de son âme, gardien de son éternité.

Ace devenait son tout.

Le plus jeune reste contre lui, lorsqu’il hoche la tête avec ferveur. Il reste contre lui, lorsqu’il rit, la tête posée sur son dos. Il reste simplement contre lui car il a besoin de sa chaleur, d’entendre son coeur battre, il a besoin de son odeur dans ses naseaux, il a besoin de son toucher contre sa peau. Il veut l’inscrire sur lui, en lui, dans son âme et dans sa mémoire, le graver en lettres d’or partout sur son être pour le garder avec lui pour l’éternité. Pour toujours et à jamais. Il le veut pour lui, égoïstement, qu’il ne vive que par lui et pour lui. Et il est déjà le même, en retour. Il ne s’est jamais trouvé autant de défauts en si peu de temps : possessif, égoïste, jaloux. Il voudrait que jamais personne d’autre ne pose les yeux sur lui. Il a peur, au fond de son coeur, qu’un jour quelqu’un lui vole la vedette. Et ce jour là il ne pourrait même rien y faire, regardant simplement l’amour de sa vie s’éloigner avec quelqu’un d’autre. De plus fort peut être. De plus beau. Ou une jument.

Alors qu’il écoute le rire d’Ace, au fond de lui il a peur. Peur qu’Ace aspire à une famille qu’il ne pourrait jamais lui donner. Peur qu’un jour, peut être trop vieux, il lui dise que toute sa vie il avait regretté qu’il soit un mâle, qu’ils n’aient pas de descendance. Mais il n’en parla pas et effaça ces doutes. Il en reparlera plus tard. Pas aujourd’hui, pas maintenant. Il veut profiter de son aimé, de l’amour qu’ils se portent, et que rien ne doit jamais entacher.

Il a toujours la tête sur le dos du rouquin, frottant sa joue à sa colonne vertébrale, et l’écoute parler. Il se laisse bercer par lui, il l’aime de tout son être. Parler. Il veut bien l’écouter lui raconter sa vie, il l’adore. Mais lui a tout oublié, tout, et ne pourrait rien lui raconter en retour. Faire un tour ? Pourquoi pas, mais marcher implique de briser ce câlin, cette proximité qui les lie. Alors non, parlons.

Même si je n’aurai pas grand chose à te raconter… Racontons nos vies…

Il se redressa légèrement et contorsionna son encolure pour venir effleurer ses naseaux des siens avant de reposer sa tête sur son dos, poussant un soupir de bonheur.

Rester ainsi, pour toujours. Tel est le souhait qu’il fait aujourd’hui.
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MessageSujet: Re: Too good to be true | Ezaël   Mer 28 Fév 2018 - 23:48



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Il y avait une idée. Ace était né un combattant qui devrait de toute façon finir par se battre pour survivre une fois sa croissance finie; mais il était aussi né pour simplement faire peur, et s’amuser. Au lieu de choisir un camp, il avait décidé de mélanger les deux. Un mercenaire qui s’amuse, c’est quelque chose d’assez peu commun, n’est-ce pas? Oh il en a fait, des choses monstrueuses dont il ne préfère pas se souvenir parfois, il a été jusqu’au bout de tout ce qu’il a entrepris, toujours avec succès. Un modèle de réussite, de manque de cette compassion qui ajoute un poids supplémentaire sur les épaules des individus ordinaires. Juste parfait. Jusqu’à présent.

D’un côté, il trouve tout de même ça drôle de savoir qu’une personne innocente peut entrer dans sa vie et chambouler le concept même de son existence, comme ça, sans même essayer. De l’autre, une partie de lui est dépitée de voir qu’au final, comme une personne normale, il a en effet une faiblesse. Et quelle faiblesse, mes amis. Il se prend à imaginer ce que serait sa vie sans le terrible et pourtant nécessaire point faible qu’est Ezaël. Sa conscience, de retour sur son arbre, le fixe d’un regard effaré. Comment peut-il seulement oser penser à un monde sans lui? Dans quel univers est-ce quelque chose de sensé? Pourquoi se retrouverait-il de toute façon sans lui? Il sera toujours dans ta vie, lui dit-elle, aussi longtemps qu’il le voudra bien, et la seule façon dont il en sortira sera une mort naturelle ou une décision de sa part, est-ce que tu as compris?

Si le principe de parler à sa conscience n’était pas aussi fou, il hocherait la tête. A la place, il acquiesce silencieusement, parce qu’elle a raison.

Il n’arrivera rien à l’isabelle aussi longtemps qu’Ace sera en vie, parce qu’il le protégera. S’il doit l’enrouler dans du papier bulle et le mettre dans une vitrine pour le garder en sécurité, il le fera, damnit.

La conscience hoche la tête d’un air déterminé, observant avec un regard tendre la façon dont Ezaël reste collé à lui et semble ne jamais vouloir bouger. Pour être tout à fait honnête, Ace n’a pas non plus envie de perdre la chaleur corporelle de son compagnon; il s’y est habitué, et ne compte aucunement s’en défaire. Les choses s’arrangent lentement entre eux, et il ne perdra ça pour rien au monde.

Malgré leur discussion précédente et les excuses, les choses mises au clair, Ace doit se rendre à l’évidence: il a toujours peur. Toujours peur de ne pas être assez bien, de ne pas mériter Ezaël, se demandant toujours comment un être pareil peut bien l’aimer, lui, de toutes les âmes vivant sur ces terres? Il sait, il sent qu’ils n’est pas le seul, cependant, ils sont probablement (sûrement) effrayé autant l’un que l’autre. En un sens, leur peur les lie aussi bien que leur amour le fait- et s’ils décident de se protéger mutuellement, (aussi absurde que ça puisse l’être, puisqu’Ace est parfaitement capable de se défendre et qu’Ezaël est littéralement un géant en pleine croissance) au moins ils sont sur la même longueur d’ondes.

Son compagnon bouge la tête, mais Ace ne bouge pas d’un pouce, appréciant juste le contact rassurant. Il frissonne quand Ezaël frotte sa tête sur son dos, aussi bien une caresse qu’un massage en soi. La réponse à sa question ne tarde pas à venir. Le raisonnement derrière est clair: aller marcher voudrait dire briser le contact (quoi qu’ils pourraient toujours rester collés en bougeant, mais ce serait peu pratique), et Ace se rend vite compte qu’il n’a pas non plus envie de commencer à se déplacer. Alors il faut parler.

S’il avait des mains, il se mettrait des claques, cependant, parce que comment a-t-il pu penser que “raconter sa vie” était une bonne idée alors qu’Ezaël a tout oublié? Qu’est-ce qui a bien pu lui passer par la tête? Il se sent mal d’avoir eu le malheur d’ouvrir la bouche, mais l’isabelle n’a pas l’air de lui en tenir rigueur.

Right. C’est vrai. Il l’aime. Il peut lui pardonner ses bourdes.

Ace se sent tout de même mal, mais fait de son mieux pour ne pas apparaître déstabilisé, décidant à la place de lui dire ce qui lui est arrivé depuis leur dernière rencontre.

- Ok, par où commencer... Il se racle la gorge. Oh, j’ai été en Enfer pendant quelques jours. Aléas est venu me voir et comme j’avais envie d’aller voir à quoi ça ressemblait en bas, au lieu de répondre à son énigme j’ai dit “ta maman”. Mais je crois qu’il n’a pas tout compris? J’pense qu’il est pas du genre à faire des blagues. Pourtant quand on ressemble à un arc-en-ciel, on pourrait croire qu’on est drôle, mais apparemment non.

Il soupire, ne se rendant pour le moment pas compte qu’il parle beaucoup trop.

- D’ailleurs si il vient te voir, ne cherche même pas à aller en Enfer. C’est plutôt ennuyeux, juste de la lave et du feu et la chaleur, Ezaël, tu n'imagines même pas. J’ai quand même eu de la chance, les premiers jours j’ai rencontré un autre idiot perdu dans les tréfonds. Cyrius. Il m’a juré qu’il n’était pas gay, mais entre nous… Ace baisse la voix. J’suis à peu près sûr qu’il avait les yeux fixés sur ma croupe. Pourquoi il m’aurait dit de passer devant, sinon?

Cette dernière information pourrait ne pas plaire à Ezaël, il en est soudainement conscient (tout comme le fait qu’il a beaucoup trop parlé), et il se demande si le jeune étalon peut éprouver de la jalousie. Qu’est-ce que c’est que cette chaleur dans le poitrail d’Ace? Pourquoi est-ce qu’il imagine de nouveau son compagnon le quittant pour quelqu’un d’autre? Est-ce qu’il devrait arrêter de penser?

- Maintenant que j’y pense, c’est un peu la principale chose qui m’est arrivée. J’ai fait un peu le tour de l’île, rencontré deux-trois personnes. Je suis tombé sur Collapsing en allant voir si je pouvais trouver des spectres à la montagne, et j’ai du aller prendre un bain pour décoller son odeur de zombie après ça. Il fait la moue. Dire qu’il a proposé d’être mon guide touristique parce qu’il connaît soi-disant la montagne comme sa poche. Les chevaux n’ont même pas de poche! Sauf s’il est secrètement un kangourou. Tu crois qu’il y a des kangourous ici?

Ace arrête brusquement de parler. D’où lui vient donc cette capacité à parler beaucoup? Est-ce que l’isabelle apprécie seulement de l’entendre parler? Peut-être que oui. Le paint n’a pas la voix la plus apaisante du monde, surtout quand il parle autant et aussi vite. Il fronce des sourcils imaginaires et baisse la tête, sa voix d’un coup plus basse.

- Pardon.

La mer semble se calmer, et sa conscience lève les yeux au ciel.

Idiot.

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MessageSujet: Re: Too good to be true | Ezaël   Sam 10 Mar 2018 - 19:05


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Et il l’écoute parler, il boit ses paroles avec envie, comme s’il était la fontaine de jouvence même. Il l’écoute, il le ressent, il le respire. Tout son monde se teinte de lui, tout son monde sent Ace. Respire Ace. Rêve Ace. Il vit Ace. Il l’écoute lui parler de choses qu’il ne connaît pas, de choses qu’il ne peut qu’imaginer. Mais son coeur se sert parfois, quand il prononce des noms autres que le sien. La jalousie. Oui, elle pince son coeur, agite son âme. Oui, elle le taquine et le chatouille, lui donne envie de couvrir Ace de tellement d’amour qu’il ne pourrait plus jamais penser à quelqu’un d’autre que lui. Oui, elle éveillait en lui des instincts féroces, des instincts qu’il ne se connaissait pas. Égoïste. Protecteur. Étouffant, peut être. Mais malgré toutes ces choses que la jalousie agitait, malgré la présence de cette même jalousie lorsqu’il entend ces noms qu’il ne connaît pas, Ezaël a confiance. Il a confiance en Ace, il a confiance en l’amour qu’il lui porte, il a confiance en cette relation qui, à peine née, avait déjà traversé une tempête. Il avait confiance parce qu’il l’aimait, et qu’il croyait en lui. Parce qu’il croyait en eux.

Il l’écoute alors, amusé par ses récits. Il lui parle d’Aléas, des enfers. Aléas qui semble être arc-en-ciel, d’après les dires du rouquin. Ezaël rit doucement en l’écoutant, il lui mordille le garrot, frotte sa joue sur la ligne rousse qui parcourt son dos. Il a envie de lui dire que lui était drôle, que lui était son arc-en-ciel après la pluie. Il voulait lui conter son amour, lui faire toutes les louanges du monde. Mais il se tait et il l’écoute, bercé par sa voix, bercé par le son de son coeur, ces battements sur lesquels le sien s’était calé. A l’unisson.

Alors qu’Ace lui parle de la chaleur des enfers, Ezaël est tenté de lui demander de l’y emmener, juste pour aller voir ces lieux avec lui. Juste pour passer du temps avec lui. Juste pour être avec lui. S’ils étaient coincés là bas, tous les deux, ils n’en ressortiraient que plus forts n’est-ce pas ? Mais ses pensées se coupent abruptement lorsqu’un autre nom revient. Cyrius. Il sait. Il sent. Il ressent au fond de lui que ce nom ne lui est pas inconnu. On lui a déjà parlé de Cyrius. Mais qui ? Quand ? Pourquoi ? Sa mémoire refuse de lui ramener les souvenirs de Commedia lui parlant de Cyrius, son père adoptif. Et de toute façon, en cet instant, la jalousie l’occupe beaucoup trop. Un autre que lui avait osé poser les yeux sur la croupe de son Ace. SON ACE A LUI. A lui et rien qu’à lui. Il ronfla des naseaux, agacé par cette idée. Et si ce fameux Cyrius était si bien qu’il finissait par lui ravir Ace ? Non non non non. Il secoue la tête sur le dos d’Ace, lui faisait un câlin par la même occasion. A lui et rien qu’à lui. Hors de question de se le faire voler par qui que ce soit. Il allait finir par le marquer de son nom en lettres d’or s’il le fallait. a moi, pas touche, propriété privée défense d’entrer. De regarder. de toucher. Défense tout court.

Puis il lui parle de Collapsing et son démon réapparait et le mord presque. Salaud. Il se redresse soudain et secoue la tête avant de se fourrer un peu plus contre lui. S’il le pouvait, il se fondrait en lui. Ils ne feraient plus qu’un. Se fondre l’un dans l’autre, ne plus jamais se quitter. Ensemble pour toujours. Alors qu’Ace dérive sur des kangourous et qu’Ezaël ne sait pas ce que c’est, le rouquin se rend finalement compte de combien il avait parlé. Mais Ezaël, lui, n’avait pas eu l’impression qu’il parlait tellement, en fait. Il adorait l’écouter. Il adorait tout ce qui venait de lui, en règle générale, pour être honnête. S’il pouvait continuer à lui parler pour toujours il serait le plus heureux des chevaux.

Ace… Parle moi autant que tu veux. Je t’aime, j’aime t’écouter, j’aime ce que tu me racontes. il fait une pause, mordille le flanc de son amant, repose sa tête sur son dos. Apprends moi à me battre comme ça je n’aurai plus jamais peur de Collapsing. S’il te plait. Je veux être aussi fort que toi…

Une réminiscence lui revient, une jument pie noire, au sommet d’une montagne. Mais il ne se souvient pas de son nom. Seulement de l’aura qu’elle dégageait et qu’il voulait être comme elle. Il sourit et donna une petite impulsion sur ses antérieurs pour se cabrer et, aussi doucement que possible, il posa ses antérieurs sur le dos d’Ace, ainsi en diagonale. Il tourna la tête vers lui et se contortionna comme il pu pour mordiller ses crins, comme un poulain qui voulait jouer.

Allez apprends moi !

En réalité il était surtout coincé là haut et ne savait pas comment descendre.

Deux idiots, hein ?
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MessageSujet: Re: Too good to be true | Ezaël   Ven 6 Avr 2018 - 14:16



Ace se surprend à sourire légèrement quand Ezaël lui répond (lui aussi, il aime entendre sa voix, ndlr), et ça lui fait du bien d’avoir cette sensation constante d’être apprécié. Aimé. Dieux savent qu’il n’y a pas eu beaucoup droit pendant ses quelques années d’existence. Sauf que le jeune étalon reprend la parole, et le sourire d’Ace fond comme neige au soleil, parce qu’il ne s’attendait pas à ça.

La surprise est telle qu’il se flanche même pas quand Ezaël se cabre pour poser les antérieurs sur son dos (et pourtant, il est plutôt lourd). Non, il est figé, tentant de se convaincre qu’il a bien entendu. Sa conscience s’excite sur l’interrupteur on/off, essayant d’allumer la lumière de nouveau, et elle soupire une fois que ses efforts payent.

Certes, il sait se battre, en quelque sorte (parfois, il n’a aucune idée de ce qu’il fait, il paraît que ça s’appelle l’instinct), mais l’apprendre à quelqu’un? Lui? Un professeur? No friggin’ way. Il n’est pas fait pour ça. Il a appris sur le tas, parce que la vie l’a obligé à survivre comme il le pouvait, mais il n’a aucune foutue idée de la façon dont les chevaux normaux apprennent à se défendre. Il n’est pas fait pour ça. Alors sa fidèle conscience est à peu près aussi surprise que lui lorsqu’il avance un peu pour laisser glisser les antérieurs d’Ezaël sur son dos, puis sa croupe, puis au sol, avant de se retourner pour commencer à parler.

Ace n’est même pas en train de réfléchir et se demande pendant une seconde s’il n’y a pas un rat caché dans son toupet qui lui fait faire des choses sans son autorisation.

- Okay. Partie théorique: utilise tes dents et tes jambes, principalement les antérieurs. T’es basiquement un géant, fais en sorte d’apparaître encore plus grand, parce que mine de rien c’est impressionnant. Y a pas de règles, quand on se bat avec quelqu’un pour de vrai. On peut rien prévoir, juste anticiper. Ne reste pas immobile. Protège ta gorge à tout prix, parce que c’est là que ça fera le plus de dégâts importants. Ne retiens pas les coups. Tu fais ça pour faire mal, alors fais mal. T’as le physique pour, bébé.

Ace le regarde de haut en bas, passant la langue sur ses lèvres un peu sèches. Une petite voix, qui n’appartient pas à sa conscience, lui demande ce qu’il est en train de faire. Non seulement il n’a aucune idée de comment apprendre quoi que ce soit à quelqu’un, et n’a donc aucune idée de ce qu’il fait, mais en plus… Est-ce qu’il a vraiment envie d’apprendre à Ezaël à se battre? Il sent comme une vague passer sur lui, lui arrachant presque un frisson. Non, il ne veut pas. Il voudrait garder l’isabelle bien caché, et le protéger de tous les danger avec autant d’ardeur qu’un dragon qui protège la princesse dans son château.

Mais il lui a demandé de lui apprendre, et le paint se rend compte avec un peu d’embarras qu’il est absolument incapable de lui dire non. Tu veux un rein? La lune? Ma tête sur un trophée? Pas de problème, ‘sont tous à toi. Alors il continue, prenant tout de même une petite seconde pour réfléchir à ce qu’il va faire ensuite. Après la théorie, la pratique. Ils n’ont jusqu’à preuve du contraire aucun punching-ball. Les arbres ne bougent pas.

Reste une seule solution, pense-t-il en regardant Ezaël dans les yeux (du moins, comme il le peut).

- Maintenant attaque-moi. Et t’as pas intérêt à y aller doucement.

Sinon on arrête tout, pense Ace, se retenant de le dire à voix haute. Il sait qu’il y a de toute façon deux fins possibles: un refus, et la leçon s’arrête là- ou alors il recevra effectivement un coup, et avec un peu de chance, il parviendra à l’esquiver au moins partiellement. Leçon n°2: ton ennemi va peut-être être plus agile que toi.

Alors il se campe sur ses jambes, prêt à échapper à un coup, et attend.

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MessageSujet: Re: Too good to be true | Ezaël   Ven 27 Avr 2018 - 2:47


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Il a parlé sans vraiment se rendre compte de ce que cela implique. Il a parlé parce qu’il voulait paraître grand. Paraître fort. Ne plus être ce poids qu’il a la sensation d’être. Cet enfant qui s’enfuit à la moindre confrontation. Au moindre danger. Et pourtant, pourrait)il seulement faire un jour autrement ? Rien n’est moins sûr. Il n’a pas le courage, il n’a pas l’ardeur, il n’a pas le cran des guerriers. Il a seulement l’espoir, beaucoup d’espoir. Cet espoir d’être quelqu’un d’autre que la déception sur pattes qu’il se croit être. quelqu’un d’autre que l’amnésique. Le lâche. Le fuyard. Il essaie d’y croire, mais, lorsqu’Ace commence à lui parler de ça, vraiment, en termes qui lui paraissent soudain techniques, il réalise. Au même moment où ses sabots touchent le sol parce que celui qu’il aime a avancé et fait glissé ses jambes pour que l’isabelle retrouve le sable sous ses sabots, Ezaël reprend contact avec la réalité.

Il n’est pas un guerrier. Il n’est pas courageux. Il n’est pas agile. Il est à peine fort. Il sait à peine galoper sans se prendre les pattes dans la végétation. Sait à peine manier son corps qui a trop vite grandit. Comment pourrait)il espérer quoi que ce soit dans un combat ? Il écoute son beau tout de même, attentif mais en même temps perdu dans sa remise en question. Quelle mouche l’avait piqué ? Pourquoi avait-il seulement pensé que ça pouvait être une bonne idée ? Il prenait soudain peur. Gorge, protéger sa gorge. Il a la carrure ? Quelle carrure ? Il ne sait même plus vraiment à quoi il ressemble. Quand était la dernière fois qu’il avait réellement regardé son reflet dans la surface de l’eau ? Pour lui, il était toujours ce jeune poulain frêle, avec des pattes trop longues pour son corps. Il n’en n’était plus du tout un, pourtant.

Mais lorsqu’Ace of Hearts voulut passer à la pratique, avec lui, Ezaël se figea. Non. Impossible. Vraiment. Jamais. Il ne ferait jamais ça. Ses yeux s’étaient ouverts en grand alors qu’il essayait d’assimiler ce que son chéri venait de dire. Mais rien n’y faisait. Il avait beau se répéter en boucle ses mots, rien ne percutait. Il ne voulait pas. C’était tout bonnement impossible.

Je… Je pense que ce serait mieux d’oublier ça... dit-il d’une voix peu sûre d’elle.

Il baisse la tête, s’en voulant. Il avait peur de le décevoir. Encore une fois. Encore une fois, être celui qui n’était pas capable de rendre les autres fiers de lui. Encore une fois… Le lâche qui oublie. Ca faisait mal…

Je sais pas ce qui m’a prit… Je… Je ne pense pas être capable de ça, surtout pas avec toi…

Il s’empêcha de lui répéter encore tout l’amour qu’il lui portait. Il voulait le chérir, le couvrir d’amour à tel point qu’il en aurait marre. Qu’il le quitterait avec comme motif qu’il était trop amoureux. Trop collant. Trop… Doux ? Trop lui, simplement.

Il ne serait jamais comme son amour, ni comme sa mère adoptive. Jamais.
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MessageSujet: Re: Too good to be true | Ezaël   Sam 19 Mai 2018 - 23:24



Cette journée ne se passe définitivement pas comme prévu, au final.

Ace ne se souvient même pas de son objectif avant l’arrivée d’Ezaël. Pourquoi est-ce qu’il était là, déjà? Qu’est-ce qu’il y faisait? Il se souvient vaguement d’une histoire de poissons à grandes dents un peu plus loin dans l’eau, de ses sabots mouillés et d’air frais. Mais à part ça? Savait-il seulement ce qu’il était venu faire? Comme si, au final, sa vie tournait un peu autour de l’isabelle.

C’est probablement vrai, pour être tout à fait honnête.

Et maintenant, après tout ça, après des déclarations et des incompréhensions, le voilà qui attend tranquillement en demandant à un cheval plus imposant que lui -sans même avoir fini de grandir- de le frapper dans le but de lui apprendre à se battre. Quand est-ce que sa vie a changé de façon aussi drastique? Où est la transition?

Il n’a pas à chercher bien plus loin, parce qu’à sa grande surprise et son plus grand soulagement, Ezaël change d’avis aussi vite qu’il aurait pu cligner des yeux et se recule presque brutalement en balbutiant un refus de continuer et quelques mots destinés à exposer toutes les raisons pour lesquelles c’était une mauvaise idée. Et malgré tout, le paint se sent mal et ne peut s’empêcher de penser que c’est peut-être aussi sa faute, qu’il a été un peu trop loin un peu trop vite.

Mais Ezaël baisse la tête, semblant positivement déçu de lui-même, et Ace peut voir les roues tourner dans son crâne, sentir la fumée qui s’échappe de ses oreilles à force de se répéter des mensonges le décrivant en détail avec des adjectifs tous plus faux les uns que les autres. Il le connaît, maintenant, bien mieux qu’il n’aurait jamais osé y penser, et il sait pertinemment qu’il lui faut faire quelque chose.

Il ne veut pas se battre? Il ne veut pas lui faire de mal? Tant mieux. L’idée ne plaisait de toute façon pas au professeur de boxe improvisé, qui encore une fois préfère l’idée d’enrouler son bien-aimé dans du papier bulle avant de le poser sur une couverture en velours entouré de tout le confort et la sécurité du monde. Il n’a pas besoin d’apprendre à se battre, il l’a lui, et même si cette pensée peut paraître un peu égoïste, elle est tout à fait valide.

Ace fait un pas en avant, calme et silencieux, et attrape le toupet d’Ezaël avant de tirer doucement dessus pour lui demander de relever la tête; puis il soupire de façon tout à fait dramatique et exagérée avant de parler, d’une voix douce comme du coton, espérant se faire comprendre comme il faut..

- Honnêtement, ça me rassure. Si tu devenais un expert en boxe, qui serait donc la splendide princesse que je dois sauver des griffes du grand méchant dragon? Il lui attrape une oreille. Ou prince, en l'occurrence. Tout chevalier se doit d’avoir une quête finale, et la mienne c’est d’ultimement te faire comprendre que tu es parfait comme tu es.

Relâchant l’oreille, Ace jette un nouveau coup d’oeil à la mer, à ses requins qui peut-être les regardent en silence, à l’eau qui mange un peu plus la rive à chaque effort. Il pense au soleil qui tape et à la lune qui attend patiemment son tour pour briller, et soudainement il se sent presque poète, alors que sa conscience s’endort sur une branche basse de son arbre. Il n’a pas besoin d’elle, aujourd’hui. Il a vaincu le premier démon. Il peut terrasser celui qui se cache tout au fond de l’isabelle.

- Je sais que l’amour a tendance à embellir les choses, mais contrairement aux croyances, il n’est pas tout à fait aveugle. Pour preuve, j’ai l’honneur et la joie de pouvoir te voir en chair, en os et en couleur.

I'm here, with you, beside you- to guard you and to guide you.
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MessageSujet: Re: Too good to be true | Ezaël   Sam 9 Juin 2018 - 23:05


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Ezaël ne savait plus où se mettre. Il était malade d’avoir osé demander une telle chose à celui qu’il aimait. Ou plutôt, qu’Ace ait pu accepter et lui demander de faire ce qu’il lui avait demandé. Se battre avec lui… Non. Jamais. Il préférait mourir. Son regard se voila un instant alors que cette idée lui traversait la tête. Et si, pour une raison quelle qu’elle soit, Ace s’en venait à se retourner contre lui ? Ezaël regarda le paint horse, le regard vide mais triste, comme s’il le regardait sans le voir vraiment. Et si Ace, un jour, finissait par lui vouloir du mal ? Et si Ace voudrait vraiment se battre ? Que ferait-il ? L’irish cob n’en savait rien. Cette simple idée qu’un jour il pourrait perdre l’amour qu’Ace lui portait détruisait Ezaël. Dans l’éventualité qu’il venait de soulever, et bien… Il le laisserait surement le tuer. Il ne pouvait pas lui faire de mal. Il ne pourrait même pas se défendre contre lui, tant à ce moment précis il l’aimait de tout son être. Après sa perte de mémoire, il avait été tout ce pourquoi il vivait.

Des souvenirs sombres datant de la période entre sa dernière perte de mémoire et sa nouvelle rencontre avec Ace ressurgirent. Ezaël s’était perdu dans des terres qu’il ne connaissait pas et dont il ne se souvient pas. Mais il se souvenait de comment il s’était senti ce jour là. Face au vide, avec le fantôme de Collapsing qui le hantait, le poussait vers les abysses un peu plus chaque seconde. Et son coeur prêt à lâcher, sa tête ayant déjà abandonné… Avec comme seul parachute un sentiment faiblard. L’Amour.
La voix d’Ace ramena Ezaël dans le présent et chassa ses craintes sordides et ses idées putrides. Aujourd’hui, son chéri était bien là, en chaire et en os. Il n’était ni un songe, ni un mirage. Il était bien réel, là maintenant, tout de suite. Et il lui parla d’un chevalier et d’une princesse-prince… Et qu’il était parfait comme il était. S’il avait pu, le rouge serait monté aux joues d’Ezaël pour les enflammer jusqu’à les consummer. Il ne savait plus où se mettre et remua l’oreille qu’Ace avait attrapée puis relâchée. Il aurait voulu que ce moment à deux dure pour toujours, mais la mer montait peu à peu alors que le soleil s’abaissait dans le ciel. Il leur faudrait bientôt se dire au revoir.

Ace parla de nouveau, il lui dit encore mille et unes merveilles, des paroles toutes plus gentilles et douces les unes que les autres… Et Ezaël se laissa faire, il se laissa croire. Il l’aimait tellement, il l’aimait si fort en cet instant qu’il aurait pu s’embraser et se consumer, mourir d’amour. Mais il ne le fit pas, uniquement pour revivre un jour un instant comme celui-ci.

Le soleil plongea dans l’océan alors que l’isabelle posa son chanfrein contre le poitrail de son bien-aimé, rendu muet par son coeur qui battait fort dans sa poitrine. Rendu muet par son amour. Aucun mot, aucune parole qu’il connaissait ne pouvaient décrire ce qu’il ressentait, à quel point Ace était son tout. Son Joker, son Roi et sa Reine, le Valet de son coeur et tous les chiffres de sa vie. Il était tout son jeu de cartes, tout. Ace était son Tout.

Un instant suspendu hors du temps plus tard, Ezaël murmurait qu’il l’aimait, qu’il l’aimerait toujours et que jamais il ne l’oublierait. Il le remercia pour tout, du bout des lèvres, toujours blotti, comme s’il pouvait le perdre en bougeant trop vite. Mais le temps était venu. Le ciel s’était paré d’étoiles et le soleil se noyait à l’horizon alors que les vagues touchaient maintenant leurs sabots. Il leur fallait se quitter, pour mieux se retrouver. Dans un souffle un peu court à cause de son coeur serré, Ezaël recula et déposa un léger baiser sur la peau fine des naseaux d’Ace avant de lui offrir un sourire comblé, regardant là d’où il était venu sans y voir son démon. Il ne voyait qu’un nouveau chemin qui, un jour, le ramènerait aux côtés de son bien aimé.

Le coeur lourd, et après de nombreux mots tendres, le jeune étalon s’en alla après s’être assuré de graver le visage de son aimé dans sa mémoire.

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MessageSujet: Re: Too good to be true | Ezaël   Jeu 14 Juin 2018 - 14:45



Ace regardera un jour l’instant où il a accepté d’apprendre à celui qu’il aime à se battre, rendu aveugle par un amour un peu trop envahissant qui est parti trop loin. Mais le mauvais moment est passé, les erreurs de novice en sentiments s’effacent doucement et son soulagement est incroyable. Le paint n’a jamais été un spécialiste des mots doux, mais ceux qu’il a maladroitement réussi à prononcer semble marcher alors que l’isabelle se détend légèrement. Malgré ses dérapages ayant précédé ces dernières paroles, il semble avoir réussi à faire revenir le calme, et diable si ce n’est pas sa plus grande victoire.

Il note tout de même une chose: plus jamais il ne parlera de se battre avec lui. Hors de question. La peur passagère qu’il a vu apparaître dans les yeux de son compagnon l’a dégoûté à vie de ce genre de conversation.

Il y a des chances qu’il lui fasse peur. Quelque chose en lui murmure qu’il a bien raison de le craindre, et il préfère l’ignorer. Les pensées négatives ne sont pas à son goût, aussi véridiques qu’elles soient.

Imitant son excuse de leur dernière rencontre, le regard d’Ezaël se tourne vers l’horizon et observe calmement le soleil qui se couche et la lune qui monte. Il n’a pas besoin de lui dire, comme lui l’avait fait; Ace comprend sans problème que le temps est venu de se dire au revoir. La journée touche à sa fin, et malgré quelques rebondissements, elle ne se finit que sur des bonnes notes. Ils sont heureux et le peuple ne demande rien de plus.

Seul son coeur se serre légèrement à l’idée de se retrouver seul de nouveau, uniquement calmé par la conscience qui lui assure qu’il se reverront et que d’autres individus se retrouveront sur son chemin.

Il se voit déposer un baiser sur le bout du nez (et s’il pouvait, il rougirait) et se sent comme figé alors qu’Ezaël recule de plus en plus. Presque incapable de bouger, Ace reste les sabots bien plantés dans le sol instable de la petite plage, la mer lui mordant les sabots à plusieurs reprises, et ne lâche pas des yeux son bien-aimé alors qu’il s’éloigne avec un simple sourire. Il continue de le regarder, alors même que l’isabelle disparaît au loin, les yeux rivés dans la direction qu’il a pris même lorsque sa silhouette a déjà disparu depuis longtemps. Alors le paint regarde de nouveau l’eau qui s’étale à perte de vue, observant le soleil qui se noie peu à peu sous le regard presque bienveillant de la lune bien blanche.

Ses jambes ne se décident à bouger que lorsque l’étoile a été complètement engloutie pour aller éclairer d’autres pays, laissant place à une nuit claire; et il a déjà oublié les requins.

I love you.
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