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Les chaleurs ont lieu du 1er au 15 du mois.

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 Enjoy The Silence

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Figaro

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MessageSujet: Enjoy The Silence   Mer 10 Jan 2018 - 22:35

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Une goutte froide s’écrase impromptu contre la surface de ma peau sombre, bientôt elle est rejointe par ses nombreuses sœurs qui finissent par m’arracher un frémissement. Je bats des cils pour dévoiler mes prunelles ternes aux yeux des dieux dissimuler derrière un voile épais grisâtre qui libère ses larmes sur la face du monde et sur la mienne dit en passant. Un râle s’arrache de ma gorge quand je me redresse tel un pantin désarticulé à qui ont a coupé les files, coupé le droit de vivre. Chaque jours, je m’éveille inlassablement alors que je prie que chaque jour soit le dernier, le dernier où je pourrais le revoir mais rien n’y faisait personne ne voulait de ma carcasse. La pilule la plus difficile fut de constaté que même l’ouvrier de terre n’en voulait pas de ma carcasse, et ce dernier s’est volatilisé. Chaque jour un peu plus, je deviens le gardien de ses tombes, je récite la messe plus que je ne prose et souvent plus aux morts qu'aux vivants.

Les gestes hagards, je patine dans la boue jusqu’à me dresser sur mes jambes en même temps que je pose un regard terne sur les pierres grises. Je ne suis qu’un poète après tout, un homme qui attendait l’aube de sa vie, un nouveau commencement mais à force de croire on en perd la raison. J’esquisse un sourire désabusé, plus une grimace d’un vilain clown que le sourire du cœur, quel cœur ?

« Il viendra un beau jour, la solution du bonheur c’est simplement d’y croire … » marmonnais-je dans ma barbe.

Cet espoir de vie ne m’est pas réservé, je l’ai vu, la grâce des dieux qui me délaisse et me fais devenir un pariât. Les jours filent et m’oublis lentement. Je perds la saveur des mots, ils deviennent inutiles car au final ils ne peuvent que faire du mal, mais c’est mon unique raison de vivre. Si le bonheur me fuit alors je continuerai à offrir le bonheur à ceux qui m’écoutent, partager des sentiments que je connais bien peu mais qui savent rimer à mes lèvres grâce à des connaissances anciennes. Ils m’avaient prévenus, le poète s’il est ne connaîtra jamais sa grâce et ils disaient vrais.

Dans des pas glissant je divague entre les tombes, les yeux ternes comme au premier jour et la tête basse prêt à servir la première âme qui le souhaite. Une lourde statue d’ange darde son ombre pesante sur ma silhouette sombre, mes pas cessent à ses pieds et je relève mes yeux vers lui. Un être de pierre mais pleine de grâce à la courbe ailé pour s’envoler vers les dieux. Je finis par lui souffler entre mes lèvres asséché d’embrasser les pierres et la terre mes nouveaux refuges à défaut de le retrouver, lui.

« Je décris l’Amour, et des jours heureux,
Pour offrir du bonheur, à ceux qui me lisent,
Des sentiments, que je connais bien peu,
Dans la solitude, mon cœur s’enlise.


Cet espoir de vie, ne m’est pas réservé,
Les jours filants, m’oubliants lentement,
Ne me laissants, que mes nombreuses rêveries,
Et ma plume, pour amies de tous temps.

Se présentent devant moi, les rives du désespoir,
Seules et unique issue, comme un ultime recourt,
Je vais y aller, sans aucuns de mes espoirs,
Peut être se présenteras, une sortie de secours. »

Je prends une profonde inspiration hésitant à m’allonger à nouveau aux pieds de se gardien ailé, mais ma visite à assez duré en ces lieux et il serait temps de regagner le monde des vivants. J’échange un regard avec l’ange comme dans une mutuel entente muette, il finit par poser une question à ce dernier d’un ton résigné et désabusé.

« Partageons-nous les mêmes tourments mon cher ami ? »
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MessageSujet: Re: Enjoy The Silence   Ven 12 Jan 2018 - 4:00


Le silence éternel porte le poids des larmes.
ft. Figaro


Un nouveau jour se lève, le soleil s’élève, dispensant rageusement ses faibles rayons pour crever la nuit, la toucher en plein coeur. La lumière attaque les ténèbres, la lueur broie du noir. Chaque rayon s’élance, vigoureux, à travers les champs célestes, empreints d’une mission de la plus grande importance : chasser les ténèbres pour qu’un jour nouveau se lève. Victorieux, les faisceaux lumineux rayonnent et brillent de mille teintes, colorant le ciel de nuances de rose et d’orangé. L’aube se lève, encore fatiguée d’une nuit agitée à éclairer l’autre coté du globe. L’astre diurne poursuit inlassablement sa mie, la Lune. Il continue sa course autour du monde, ne faiblissant jamais, se couchant pour mieux s’éveiller le lendemain. Sa chevauchée des nuages fait briller le firmament, éteint la lueur diffuse des étoiles, mange la sombre nuit. Cette parade amoureuse dure depuis l’éternité, et durera encore jusqu’à ce que, trop gourmand, trop bouillant, l’Etoile dévore le monde, et sa belle Lune avec. L’astre du jour n’a pas conscience que son envie dévorante de retrouver sa compagne lunaire lui coûtera un jour la vie. Lorsqu’enfin, après des millénaires à la chercher dans le ciel étoilé, il la touchera, il lui otera l’existence.

Douloureux amour, course folle vers la destruction.

Mune se redresse légèrement, s’activant aux premiers rayons de l’aube naissante. L’aurore est belle, la baie ne se doute pas que bientôt, les nuages s’ammoncèleront jalousement au dessus de ses oreilles courbées pour cacher ce semblant de Lune aux yeux du Soleil. Bientôt les dieux cracheront toutes les larmes rageuses que l’astre du jour cachait dans ses amis cotonneux. Bientôt, Mune découvrirait la pluie.

Elle s’étire et, avec elle, se mettent en marche ses petites statues, conservées précieusement dans son musée de la mémoire. Elles sont belles. Elles sont vives. Elles sont chéries, du plus profond de son âme. Ces reliques du passé habitent son présent et son avenir, comme tant de petits soldats qui font barrage contre l’amnésie qui viendra certainement un jour, lorsque, trop fatiguée, la jument ne pourra plus dépoussiérer ses belles statues. Mais ces jours sombres sont bien loin, loin dans l’avenir. Elle est encore vivre, encore fraîche, encore emplie d’une énergie débordante. Surtout lorsqu’il s’agit d’entretenir ses réminiscences, doux rappels de ses belles rencontres.

Et elle entraîne sa mémoire à faire bouger, à faire parler la statue de Shiro. Le souvenir s’anime, la voix lui revient aux oreilles, elle peut presque sentir la chaleur de son corps, les battements de son coeur qu’elle imagine. Ses oreilles s’agitent en harmonie, suivant son rythme cardiaque.

Une première goutte s’échappe des glandes lacrymales célestes, qui, trop pleines, s'apprêtent à déverser toute la tristesse d’une quête amoureuse vaine. La larme dévale le ciel, continue sa chute libre au travers des arbres, et s’écrase, larmoyante, sur le chanfrein de Mune. Surprise, elle ouvre les yeux et dresse les oreilles, sa tête s’élevant vers ce ciel grisé, prairie autrefois azurée envahie par des moutons sombres. La décadence se lance, la goutte solitaire appelle d’autres perles en renfort. Et bientôt, elles dévalent les champs de bataille du firmament par centaine de milliers.

Subjuguée par ce phénomène inconnu des plaines arides de son désert natal, Mune se laisse tremper. Elle tourne sur elle-même, fascinée, charmée par la danse presque funèbre de ces petits guerriers perlés. Seulement, la pluie battante finit par détremper le sol terreux sur lequel elle se trouve, et elle s’enfonce bientôt dans une boue marronée qui ne l’enchante que peu. Alors qu’elle s’ébroue, elle se met en marche vers un sol moins boueux, cherchant l’abris des pierres pour préserver ses sabots.

Alors qu’elle avance vers de nouvelles contrées, quittant le couvert des arbres, la voilà découvrant des pierres dressées, plutôt bien alignées. Elle en avait vu quelques unes, dans le désert, parsemées ça et là près des oasis. Elle se souvient d’un conteur nomade à la robe de neige qui leur avait parlé des coutumes de certaines autres espèces. A son cou, pend le collier représentant ses dunes originelles. Elle l’effleure du bout du nez, le chérissant tout autant que ses souvenirs. Ce conteur lui avait donné l’envie d’explorer le vaste monde. Il avait été une véritable fenêtre sur les beautés de l’extérieur, leur contant des endroits où l’eau coulait à flots, où les arbres n’étaient pas des palmiers, où les saisons s’enchaînaient inlassablement.

Et la voilà maintenant dans ce vaste monde, au coeur de sépultures rocheuses, à errer entre les tombes en gravant chaque tombeau dans sa mémoire. Son regard vaporeux s’élève et, au loin, se pose sur une statue ailée qui repose bien en hauteur, comme gardienne de ces lieux. A ses pieds, semble se trouver un ange déchu, qui aurait perdu ses ailes et ne pourrait plus jamais s’envoler. La silhouette se détache faiblement du reste, la pluie battante créant un voile brumeux dans le cimetière.

Mune s’approche, un pas après l’autre, l’encolure courbée et les oreilles bien dressées vers l’avant. Elle est silencieuse dans le vacarme des gouttes. Clip, clop, le bruit de ses sabots sur les pierres qui composent le petit chemin qu’elle suit est presque couvert par les attaques des larmes nuageuses. La voilà bientôt tout près de l’ange tombé du ciel, à quelques pas à peine de lui. Elle n’arrive pas à le distinguer aussi bien qu’elle le voudrait, le rideau d’eau troublant sa vision. Mais elle peut l’entendre. Et ses oreilles frémissent au rythme de ses vers, suivant un tempo que seul le poète pouvait créer. Et elle l’écoute, se perdant dans les rêveries que les mots créent.

Les mots sont tristes, et la pluie tombe comme tant de larmes qui dévaleraient les joues du monde. Les mots témoignent d’une souffrance profonde, rongeant l’être qui les prononce comme du bout des lèvres. Et Mune l’observe en silence, son regard rempli de douceur.
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MessageSujet: Re: Enjoy The Silence   Mar 16 Jan 2018 - 0:16

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L’ange reste impassible jugé sur son piédestal, le tête humblement courbé vers le monde terrestre comme si cet être si parfait pouvait ressentir la douleur des vivants qui enterrent leurs morts.  La pluie finit par tracer des sillons fragiles le long de ses joues glacés. Ses larmes finissent par s’écraser sur mon chanfrein, les anges eux-mêmes pleurent pour la triste existence du petit poète Figaro sans aucun espoir. Je n’ai besoin d’aucune bénédiction, je suis né pour servir et je remplirais ma tâche jusqu’à que je ne sois plus. C’est mon destin depuis que j’ai pris ma première inspiration et il le demeurera jusqu’à ma dernière expiration. Je continus de contempler encore un instant la statue jusqu’à que mes oreilles pivotent quand un parfum dé plus féminin chatouille mes naseaux. Je tourne lentement ma tête pour jeter un regard par-dessus mon épaule. Mes prunelles pétroles croisent des autres jumelles alors que j’observe la douce inconnue qui s’était faufilé sans un bruit non loin de moi. Un mirage à l’image décalé dans un tel endroit, est-ce mon esprit qui me joue des tours après tant de jours en solitaire ?

D’un geste lent, je me détourne sans un mot pour prendre le pas et contourner la statue. Une ombre de plus entre les sépultures, alors que je me faufile aisément comme si j’étais maître de ses lieux et peut-être qu’inconsciemment en mémoire de se petit ouvrier je veille sur ses dormeurs éternels. Une croix s’éleva bientôt entre les ronces et la végétation qui avait lentement grappillé la place qu’il lui était tout simplement destiné. La chapelle n’avait plus grand chose pour elle mais au moins y avait-il encore un toit pour s’y abriter et voir bivouaquer comme je le fais de temps en temps. J’ai découverts cette petite chapelle à force de m’égarer, elle m’avait totalement charmé avec ses pierres ancienne et surtout la végétation agrémentant le lieu d’une aura mystérieuse et envoûtante. J’en étais épris comme un marin l’est de sa mer.

Je passe le perron, une fois au sec je m’ébroue vigoureusement avant de me laisser engloutir par un coin d’ombre de la bâtisse sans savoir si la demoiselle me suivait ou bien était-ce véritablement un mirage, mais au moins cette dernière est au sec. J’écume la pénombre mettant mon âme à l’ombre, seule le bruissement des feuilles sous mes pas trahis ma présence avant que je me stoppe non loin de l’autel, le visage à demi-dévoilé par la faible lueur de cette journée grisâtre. Plic, ploc faisait quelques gouttes qui ruissellent avec paresse le long de certaine pierres voutées.

« Une histoire dit que dans une chapelle telle que celle-ci autrefois un prêtre s’est pendu. Depuis ce sacrilège effroyable on a dû la tenir pour toujours aux fidèles fermée. Plus de croix sur l’autel, plus de cierge assidu, plus d’encensoir perdant son âme parfumée. Il n’y avait plus que des arceaux déserts pour cette église de scandale. »

Le silence baigne à nouveau les lieux, mes prunelles s’élèvent et glissent le long des voûtes. Je finis par reposer mon attention sur la silhouette effilé posté non loin. Des croissant de lune ornait un visage fin et expressif, si la lune avait habité un corps, elle n’aurait pu être mieux personnifié, mais je connaissais ses origines. Durant mon vagabondage j’ai pu croiser des gens de son peuple, les raconteurs nomades qui peuplent ses déserts furent une grande inspiration pour moi, tant par la beauté de cette nouvelle culture que la sagesse qui s’en dégageait. Je finis par me tourner vers elle pour lui faire face et lui lancer un regard curieux.

« En voilà une lune bien loin de chez elle … »
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MessageSujet: Re: Enjoy The Silence   Mar 16 Jan 2018 - 3:30


Le silence éternel porte le poids des larmes.
ft. Figaro


Les larmes célestes continuent de couler, comme si le Soleil se rendait compte que sa course folle mènerait à la perte de sa bien-aimée. Il brûlait d’amour, vif, violent, et elle luisait de tendresse, douce, charmante. Si l’un faisait dans une démesure ardente, l’autre se contentait d’une modération fraîche et nocturne. L’un brûlait de désire et de fougue, l’autre de patience et d’envie. Leur amour impossible berçait le monde, dans un cycle infini de jour, nuit. Encore et toujours, ils ne pouvaient que s'apercevoir dans le ciel, trop loin l’un de l’autre. Mais la distance entretenait le mystère, l’intouchable séduit. Mais cette distance fait souffrir. Les nuages cotonneux continuent de déverser les larmes d’un amour impossible, rageurs, comme si la douleur de ceux d’en bas réconforterait ceux d’en haut. Vous n’êtes pas les seuls à souffrir de l’amour. Les pantins coincés dans ces contrées terrestres le sont aussi, à jamais liés par leurs coeurs battant parfois à l’unisson, parfois seul, cherchant désespérément un jumeau, une âme soeur.

La pluie est belle, même si elle terni les couleurs. La pluie est douce, même si elle s’abat avec rage sur la croupe de la jument. La pluie est magique, eau venue du ciel, guerriers de perle en quête d’on ne sait trop quoi. La pluie charme la jument, son clapoti régulier devient doux à ses oreilles de lune. Elle apprécie la fraîcheur, elle apprécie l’air qui s’engouffre dans ses poumons dans la brûler, sans assommer tous ses sens. La douceur de l’eau contraste avec l’ardeur du soleil. Cette eau venue du ciel comme une délivrance pour Mune ne semble pas l’être pour la statue d’ange. Les gouttes l’assaillent sans repos et semblent lui faire courber le dos. Affaissé, l’être ailé semble porter le chagrin du monde sur ses épaules. Il en a vu, des larmes creuser des sillons sur le visage de nombreux êtres, à en croire le nombre de sépultures qui jonchent la terre, déchirant son coeur pour y entreposer précieusement le corps de ceux que l’on a aimé. Mune est étrangère à cette douleur. Elle n’a jamais perdu. Elle n’a jamais été laissée, elle a décidé de partir d’elle même pour de nouvelles contrées. Elle ne sait pas ce que ça fait, de perdre quelqu’un que l’on aime. Elle s’imagine déchirée, hurlant à la Lune de lui rendre des comptes. Elle s’imagine allongée contre le corps de celui qu’elle aimait, accompagner son dernier souffle, le sentir devenir froid contre sa peau. Et pleurer, pleurer toutes les larmes que son corps pourrait contenir. Et ce jour là, elle espère qu’il pleuvra. Elle espère que le ciel partagerait sa douleur, sa tristesse, qu’elle serait entourée pour se sentir moins seule. Ou elle préfèrerait partir en première.

Cette idée lui tord les entrailles et noue sa gorge. Elle ne veut pas être confrontée à la mort alors qu’elle n’avait rien vécu. Elle ne voulait pas perdre ceux qui lui étaient chers. Pas maintenant et jamais. Même si elle savait pertinemment que rien n’était éternel, que même le Soleil se consummerait un jour, que la Lune dépérirait. Même l’Amour s’en irait un jour. Malgré tous les espoirs d’éternité qu’elle chérissait. Tout avait un début, tout avait une fin. Rien n’existerait pour toujours, rien pas même l’Univers. Les étoiles naissent, les étoiles meurent. Les galaxies se font et se défont, l’Univers mourra un jour.

Tout meurt.

Son esprit est ramené à la réalité, bien loin de ces pensées douloureuses et négatives, alors que l’ange déchu, poète pluvieux se met à se mouvoir. Il semble presque rouillé, petit automate consummé par le temps, mouillé de larmes. Peut être les siennes se mêlaient-elles à celles des nuages. Impossible à dire tant la pluie battante détrempait ses os. Fusse-t-il vivant sous cette peau, sa chaire devait se geler de tristesse. Il avance, et Mune s’imagine un grincement caractéristique d’un rouage rouillé. Comment ses engrenages pourraient-ils être en bon état avec toute cette pluie qui les mordait avec ardeur et détresse ? Elle n’en savait rien, mais les muscles et la chair entraient en mouvement, dans une danse lente, douce, pour mouvoir le poète dans une direction que seul lui connaissait.

Mune le suit des yeux, en proie à un enchantement doux. Elle gravait les mouvements de l’étalon dans son esprit, confectionnant une nouvelle petite statue pour son musée. Le bloc d’argile avait été posé non loin de la statue de Shiro. Il se façonnait au fil du temps, au fil des yeux qui détaillent, observateurs. Chaque muscle, chaque détail qu’elle peut voir se grave dans la matière meuble. Et alors qu’il s’éloigne d’elle pour se diriger vers une bâtisse, elle peut le modeler en trois dimensions dans son esprit, dans sa mémoire. Les yeux glissent sur l’encolure, les flancs, la croupe. Ils s’accrochent le long des crins humides, reviennent sur la tête, cherchent les oreilles, se perdent dans le regard qu’ils ont échangé, quelques instants.

Sans s’en être rendu compte, Mune lui avait emboité le pas, muée d’une énergie mystique, externe à son corps, propulsée par le charme qu’il ne fallait pas rompre, le lien visuel qui les unissait. Les voilà, un pas après l’autre, entrés dans une chapelle couverte de végétaux. Elle avait été abandonnée des années durant, le toît perdait quelques tuiles et l’eau s’infiltrait, silencieuse et sinueuse. Les pierres autrefois claires étaient recouvertes tantôt de végétation ou de mousse, tantôt de poussière et grisaient avec le temps. Même la pierre n’était pas éternelle. Elle s’érodait, se consumait, tout finirait par s’effondrer et disparaître. Rien ne resterait à jamais nul part. Rien.

Elle écoute l’histoire de ces lieux, se revoyant plus jeune en face des grands conteurs à la robe blanche. Elle se revoit face à eux, à rêver d’un monde qu’ils ne pouvaient que leur conter, un monde à la fois si proche et si lointain, si accueillant et si dangereux. Ils ne parlaient jamais de choses tristes ou agressives, ne contant que le bonheur et les beautés de la Nature, comme si la mémoire ne gardait que les expériences positives pour un avenir plus radieux. Elle voulait faire de même : toujours être heureuse, toujours rester positive. Le sourire est la clé du bonheur.

Son esprit immagine ces lieux sans la ruine qui les avait fait faiblir. Ils devaient être majestueux, vêtus de roche blanche, remplis d’un monde aux croyances mystiques. Tout le spiritisme de ces lieux résonnait soudain, magique, doux. L’écho d’une réunion de fidèles lui vint aux oreilles et elle se laissa aller à l’imagination d’un passé glorieux en ces lieux. Un Roi avait peut être débuté sa vie ici, et une Princesse unit la sienne près de cet autel. Elle se laisse se promettre de se lier en ces lieux, pour toujours et à jamais. Elle croit encore au Grand Amour, le vrai.

Alors que le silence retombe, sa vision du passé s’effrite et s’efface au profit du présent, bien réel. La magie s’est envolée, ne restent qu’elle et lui dans cette pièce au lourd passé. Il la regarde, elle se laisse observer sans honte ni gêne aucune. Elle est désinhibée, habituée à observer chacun de fond en comble pour graver chaque détail dans ses souvenirs. Alors elle le laisse en faire de même. Son regard semble accrocher les oreilles de la jument et les souvenirs emplissent les yeux du poète. Elle l’imagine chercher dans son mausolée de souvenirs, déterrer les vieux parchemins qui concernent son peuple. Il n’est pas surpris, il connait ses origines. Il a vu le désert. Il a certainement croisé les conteurs. Et elle est heureuse, elle se sent un peu plus chez elle. L’inconnu la connait, l’inconnu connait son chez-elle. Elle se sent bienvenue, dans son regard. Elle se sent bienvenue. Une douce sensation qui réchauffe son coeur trempé par la pluie.

Alors qu’il parle de nouveau, les oreilles de la jument frémissent. Les paroles sont prises comme un compliment ultime. Une lune, certes, loin de chez elle, pas tout à fait. Ses contrées natales seraient à jamais dans son coeur gravées, chéries et exposées dans son musée des souvenirs. Le pendentif ornant son poitrail était lui aussi un lien avec ses origines, les paysages de son enfance. Mais elle n’y était pas restée, la vie, sa vie, l’attendait ailleurs. Peut être ici.

Elle se met en marche en le regardant, le contournant en passant à quelque pas de lui. Elle fait le tour des lieux, observe chaque voûte, chaque pierre, chaque banc. Elle consigne tout dans sa mémoire, studieuse, ordonnée, méthodique. Arrivée devant un mur orné de fenêtres, elle s’arrête et regarde un instant la tristesse du ciel s’écouler sur le verre brisé par endroits. L’eau s’infiltre partout, comme des millions d’âmes en peine cherchant à montrer à chaque seconde à quel point le ciel souffre.

Un sourire orne ses lèvres alors qu’elle reporte son attention sur le mâle. Elle le détaille, affine sa sculpture, documente chacune de ses expressions. Il semble triste, comme si le bonheur l’avait quitté il y a bien longtemps de ça. Comme s’il ne croyait plus en rien, se contentant de subir chaque jour que le Temps fait.

Mune baissa la tête, chaque geste emprunt de douceur et de délicatesse, comme si un geste trop brusque briserait le poète, ferait s’envoler chaque éclat, et elle ne voulait pas cela. Elle renifla les pierres qui se trouvaient à coté d’elle, posant ses naseaux contre la surface froide, tentée par la sensation nouvelle. Un frisson la parcourut et elle se redressa en souriant, gardant son regard vrillé sur l’extérieur.

Une Lune n’est chez elle que dans le ciel. Paradoxalement, elle est chez elle partout où les étoiles brillent dans le firmament.

Alors qu’elle sourit un peu plus, son regard se reporte sur le mâle alors qu’elle écoute paisiblement la mélodie de la pluie.


(Oh bordel, désolée, j'ai fait 1 600 mots j'les ai même pas sentis passer  :méheu: )
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MessageSujet: Re: Enjoy The Silence   Mar 6 Fév 2018 - 0:57

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Certaines personnes voient en ces ruines qu'un tas de pierre grisâtres élimés par le temps, ils préféreront s'imaginer un passé plus radieux en ces lieux alors que toute la beauté de cette bâtisse exulte a cet instant même. Une profonde mélancolie se dégage au creux de cet écrin, une beauté transcendante dans toute cette laideur qu'offre ce monde ennuyeux. L'étalon sombre est dans son élément au milieu de ses ruines, n'est-ce pas un énième fantasme des romantiques ? Un écrin fertile perdu au milieu de nul part qui offre aux âmes une situation mélancolique qui plonge l'esprit et le corps dans un état groggy. Figaro est ainsi, il trouve dans les aspects les plus laids du monde sa rédemption, ce spleen saisissant et éphémère qui est à la fois passionnant et destructeur dans ses crises les plus aiguës. L'instant est dé plus exaltant même s'il ne fait rien paraître, il observe la demi-lune sans réellement l'observer car il est devenu son reflet. Il est elle.

Sauf qu'en temps normal le poète nomade se contente d'être un simple reflet, son existence passe au travers des interlocuteurs, mais il ne vit pas, il ne ressent pas les émotions ou les souvenirs de l'âme face à lui. Pourquoi diable sent-il brusquement l'haleine brûlante du désert souffler entre les oreilles de cette douce créature ? Ses naseaux captent l'odeur du sable chaud, ses poumons se chargent des senteurs de se monde passé comme s'il y était. Peu à peu, Figaro dévisage la jument don le souffle de l'âme le happe dans des terres lointaines, exploré il y a fort longtemps. Brusquement, il se revoit quelques années en moins fixer la nuit sans voiles pour apercevoir les étoiles voyager jusqu'à s'écraser sur l'horizon qui tremble sous son avidité de découverte, un immense besoin d'une divine harmonie car la résignation suintait au travers des pauvres âmes composant le troupeau. A cette époque, Figaro ne pouvait se résoudre à courber l'échine, observer inlassablement l'abattement creuser le corps mince de ses compagnons pouilleux et voir certain chuter sous des coups.

Il avait pris la décision dans un silence grave espérant trouvé dans cet horizon incertain une grande destinée, des amours à naître, des missions données. A présent tout est su, la destinée austère n'a plus d'ombre ni de mystère à ses yeux et la vie dont-il a cru pouvoir écrire un épais récit est à peine plus grande qu'un feuillet jamais lu. Pourtant, le poète à tout interrogé dans les choses de l'âme : il a connu la gloire puis l'amour jusqu'au trépas. A présent tout s'est imprégné d'un goût d'amertumes infinie alors que son passé baignait dans un flot lointains de brume qui se dessine en une silhouette sombre qui arbore des prunelles, Colomba.

Une autre silhouette se meut à cet instant, le poète reste hagard les sabots profondément plantés dans le sol. Il est si rare pour lui de se remémorer le passé de manière si vibrante surtout sous l'inspiration d'une autre âme. Est-ce l'astre lunaire contenu en ce corps gracile qui se glisse à quelque pas de lui qui y est pour quelque chose ? Ses prunelles pétroles la suivent jusqu'à arracher ses sabots du sol pour se rapprocher comme un automate du chœur de l'ancienne chapelle Il se sait sensible par l'effet de la lune, mais à ce point ce n'est pas possible ? Le poète explore les environs lui aussi curieux bien que sa curiosité est bien plus happé par les faits et gestes de la demoiselle qui rebondit aisément à ses mots. Figaro esquisse un sourire en coin.

« Pourtant, il y a dans certains cieux où elle se plaît plus volontiers, elle se fait bienveillante, imposante et offre sa douce lueur aux âmes égarés. »

Le poète se rappelle de cette lune si vive et belle dans le désert. Elle se plaisait grandement dans ses grands espaces. Mais ce qui retient bien plus l'attention de Figaro est l'esprit si vifs qui lui fait face aujourd'hui, le souffle de son âme le berce de ses grandes idées dans une exquise bise plaisante à l'oreille. Voilà qu'il se plaît à entendre les mots dans la bouche d'une autre alors que le conteur dans l'histoire est lui. Il effleure l’hôtel sous ses naseaux sombres y soufflant quelque peu la poussière, il termine d'y faire le tour pour s'adresser à elle.

« Laissez moi me présenter, je me nomme Figaro, âme nomade, poète et conteur. » Il lui offre une révérence. « Pour vous servir douce Lune. »
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MessageSujet: Re: Enjoy The Silence   Dim 11 Fév 2018 - 15:05


Le silence éternel porte le poids des larmes.
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La douce mélodie de la pluie happait son âme et la faisait voyager loin, très loin de cette bâtisse en ruines, dont le charme réside dans les fissures et la morsure du temps. Elle virevolte, s’échappe du coeur de la bâtisse, remonte les gouttes de pluie qui s’écrasent toujours, savages et ravageuses, sur la toiture à l’étanchéité malmenée. Elle se complaisait à imaginer ce qu’avait pu être le lieu, par le passé, quels événements avaient pu prendre place ici, au creux des mains jointes d’un lieu rempli de mysticismes, dont l’âme souffle dans les oreilles une mélodie qui scintille au gré du vent. Elle peut presque entendre le chant du lieu, une mélodie mélancolique, nostalgique, teintée d’une tristesse apparente de l’abandon de ces lieux. Un soupir qui file entre les doigts, s’insinue dans les oreilles pour bercer l’âme. Mais tout cela ne le rend que plus beau. Le spiritisme se réveille d’entre les morts, la magie enveloppe le lieu. La chapelle est magnifique, la poussière couvrant les pierres qui se fissurent, le temps faisant son oeuvre, l’eau emmenant les minéraux encore et encore, jusqu’à ce que plus rien ne tienne et finisse par s’effondrer. Et tout recommencerait de nouveau, ici ou ailleurs, tout reprendrait forme. Dans un cercle infini, une boucle éternelle. La boucle du temps, la boucle de l’Univers. Rien ne se perd, rien ne se crée, tout se transforme. Et alors que la vie quitterait son corps, Mune s’effondrerait, Mune cesserait d’exister mais son corps se transformerait, deviendrait autre chose et vivrait de nouveau, ailleurs dans le monde. Nous sommes tous faits de poussières d’étoiles, tout ce qui nous constitue est aussi vieux que l’Univers lui-même.

Nous sommes tous des enfants des étoiles. Nous sommes tous des étoiles.

Son regard suit le poète qui semble perdu dans ses souvenirs, ouvrant les tiroirs de son âme pour retrouver des fragments du passé. Petite étoile qui brille faiblement, il n’en demeure pas moins une, lui aussi. Une étoile fatiguée, qui attend le bon moment pour briller de nouveau, ou s’éteindre dans les abysses de la galaxie. Elle l’observe, détaille chaque portion de son visage pour mieux le graver dans sa mémoire. Elle en fait une statue qui ne s’érodera pas avec le temps, qui jamais ne tombera en ruine, ou dans l’oubli. Son visage s’habille de nostalgie, alors qu’il revit le passé par la faute de la marwari. Elle perçoit un éclat de tristesse dans les yeux sombres, un éclat déchirant, comme une flamme qui meurt. Il devait avoir perdu quelque chose ou quelqu’un de très cher. Le regard de la jument se fit doux, comme une caresse réconfortante.

Puis l’automate se met en marche, chaque rouage grince dans l’entreprise et se meut pour faire marcher l’étalon couleur de nuit. Les chevaux ici sont-ils tous si sombres ? Est-ce la caractéristique qui les relie, comme les oreilles liaient les marwaris ? Elle n’en sait rien, elle n’a rencontré que deux équidés, deux mâles. Un sourire pensif étira ses lèvres alors que la statue de Shiro s’anime dans son esprit. Elle revit quelques instants le froid polaire, la chaleur de son corps si proche… Puis le souvenir s’amenuise et la statue reprend place sur son autel, alors que Mune revient à la réalité, cette réalité habitée par le poète, cet ange déchu envoyé ici bas par le ciel. Le voilà près de l’autel, à l’effleurer des naseaux. A quoi pouvait-il bien penser ?

Etait-ce seulement juste de vouloir entrer dans la tête des autres ? Etait-ce juste de vouloir les comprendre, les observer jusqu’au plus profond de leur âme pour essayer de les enregistrer dans la sienne sous toutes leurs facettes ? N’était-elle pas un peu égoïste, trop sûre d’elle ? Comme si elle seule pouvait avoir la capacité de les comprendre, de les analyser si profondément qu’elle pourrait les connaître. Ne plus laisser de mystères, ne plus être jamais surprise.

Peut être perdait-elle ainsi tout ce qui faisait de la vie la vie, ce chemin magique et énigmatique. Mais elle ne pouvait faire autrement. Elle avait ce besoin viscéral de les enregistrer, de ne pas les oublier, pour toujours les faire vivre dans sa tête. Elle en avait affreusement besoin.

Pour ne jamais se sentir seule.

Ils se parlent doucement, comme si un éclat de voix pouvait faire tomber la chapelle en ruines, comme s’ils pouvaient s’effondrer tous les deux. Elle sourit, l’écoute comme elle écoutait les compteurs tout de blanc vêtus. Elle se sent voyager dans son désert natal, dans ce désert où la lune et les étoiles sont si fortes, si éblouissantes, là où les nuages ne viennent jamais les cacher. Elles sont dans un ciel, un écrin abyssal, et s’y plaisent bien. La remarque du poète la laissa pensive. Parlait-il de l’astre ou d’elle-même ? Était-il une âme égarée ? Un doux sourire étira les lèvres de la jument alors qu’elle quittait la proximité du vitrail pour s’approcher du mâle.

Même dans les cieux où les nuages la cachent, elle reste à veiller. La Lune n’abandonnera jamais personne… Nous vivrons toujours dans sa mémoire.

L’astre et Mune se confondaient presque dans ses paroles, elle ne savait plus exactement si elle était elle, une entité à part ou une fraction de cet astre qui les guidait. Peut être n’était-elle au final qu’une parmi tant d’autres, sans individualité, fille d’un astre qui pleure son aimé. L’ange déchu parle de nouveau, et le regard de la jument se pose sur lui alors qu’il se présente et lui offre une révérence. La fin de sa tirade la laisse perplexe, encore plus perdue face à sa propre existence. Douce Lune. Peut être n’était-elle que cela, après tout. Une étoile décrochée du ciel et posée ici sans but précis. Elle se souvint de sa discussion sur le destin, avec Shiro. Peut être n’en n’avait-elle pas, de destinée. Peut être n’était-elle faite que pour errer sur Terre, créant un lien entre la Lune et le Soleil. Elle secoua la tête pour chasser ces pensées et s’arrêta à quelques pas du poète, le regardant dans la pénombre.

Je m’appelle Mune, fille du désert et peut être, de la Lune.
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MessageSujet: Re: Enjoy The Silence   Jeu 3 Mai 2018 - 0:45

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This desert rose


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L'atmosphère se recouvrait d'une odeur agréable, mélange de la pierre, de la terre et des feuillages humides. Le poète se sentait prêt à s'étendre ici même pour un léger somme, dans cet écrins de paix où le temps est suspendu et la vie supportable. Il avait remarqué, même si ses oreilles ne veulent pas entendre, qu'il fuyait désespérément le temps, le cimetière n'est-il pas l'endroit idéale ? En ce lieux, plus rien ne compte et surtout pas le présent. Le temps n'avait pas d'emprise sur la mort et son subconscient l'avait saisie aisément. Pourquoi retenir le temps qui passe ? Le poète pour une fois se sentait désemparer, il se sentait comme un grain de sable que le vent et le temps balayaient allégrement sauf que jusqu'à présent il n'en avait pas conscience, pas jusqu'à rencontrer le petit soldat de terre.

Figaro glisse son regard pétrole sur les quelques voûtes qui se retiennent en des liens tremblant puis il croise le regard de vieux châtelains de pierre aux yeux clos, semblable à eux le poète s'était étendu sur son mausolées, immobile tout de noir vêtus, l'âme envolées loin et s'était tus. Il se sentait proche de ses penseurs mortuaires, la douce lune peut tenter de sonder les fenêtres sur son âme mais elle ne verra que son propre reflet et se heurtera pareil qu'a ses regards vides de pierre entre esquisse vivante et matière inerte. Il n'y avait rien à chercher ou à trouver dans son âme, mais il ne s'en offusque pas, ils sont nombreux ceux qui ont tenté d'attraper l'oiseau pour le mettre en cage et c'est naturellement que le 'chasseur' s'approche que plus de sa proie mais l'étalon sombre ne sourcil pas. Il a l'habitude qu'on se presse vers lui, qu'on l'observe alors que les mots glissent hors de ses lèvres, mais la demoiselle avait un étrange air familier comme cette nuit où la silhouette avait apparut toute habillé de curiosité. Est-ce que le poète vivra dans la mémoire de quelqu'un ? Il ne sait pas et cela l'importe peu car son dessein n'est pas celui-ci, non, lui est ici pour égrainer un peu de rêverie dans chacune des âmes qu'il croisent.

Mune, le prénom de la douce Lune emplis l'atmosphère, son prénom lui était comme destinée, gravé dans un galet quelque part sur cette terre. Aucune autre sonorité aurait pu mieux lui sied. Un faible sourire remonte le coin des lèvres de l'étalon noir.

« Vous êtes unique par votre seule présence n'ayez aucun doute, nous avons tous comme mère la lune, comme père le soleil, nos frères et sœurs sont l'eau, la terre et l'air. » Le poète humidifie quelque peu ses lèvres finissant par souffler. « Vous êtes une digne fille du désert si vous me le permettez, je peux en déduire car j'ai connus votre peuple lors d'un de mes périples. Un dépaysement dé plus totale mais très agréable. »

Il incline avec respect sa tête, l'odeur de la douce Lune effleure ses naseaux et un sourire se glisse à nouveau sur ses lèvres. L'échange qu'ils ont en ce moment le fait sourire, c'était si feutré, comme si le poète avait réussit à entraîner l'âme jumelle dans sa fuite dans ce nid furtif. Pour ralentir l'heure fuyante ils parlaient que plus bas, comme si un geste hâter, un souffle de trop allait faire fuir le temps en suspend. Peut-être réussirait-il a lui insuffler quelque chose par la force des choses, mais Mune était destinée à une toute autre vie que celle simple d'errer sur Terre, ce rôle était déjà pris par le poète, non un si bel astre ne pouvait pas passer inaperçus.

Un bruit discret parvient aux oreilles du poète qui se mit tout de suite sur ses gardes, un peu de poussière recouvrir bientôt ses naseaux en même temps que le bruit de pierre qui s'effrite vrille le silence de mort qui régnait ici.

« Attention ! »

Figaro agit purement dans un réflexe tendant brusquement ses muscles pour la repousser le plus loin possible sans savoir où le danger vient réellement et si le ciel va vraiment leur tomber sur la tête. Des fragments rebondis sur son dos, un autre plus lourd sur un coin de sa croupe faisant quelque peu défaillir son jarret jusqu'à que leurs pas se mêles dans la précipitation et que les gravats finissent par avoir raison du pied sur de l'étalon sombre. Le silence s'abat a nouveau sur les ruines d'où s'élève une légère poussière en même temps que Figaro s'ébroue en se redressant sur le sol. Une douleur sourde dans son postérieur mais ce qui l'inquiète le plus est la douce Lune. Il jette un œil paniqué autour de lui.

« Mune, allez-vous bien ? »
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MessageSujet: Re: Enjoy The Silence   Jeu 10 Mai 2018 - 21:03


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Fille de la lune, ainsi posée sur ces terres pour complaire sa mère, rapportant toujours à l’astre de la nuit les faits et gestes de l’astre diurne, comme un lien, un messager entre les deux aimés qui ne peuvent que s’effleurer du regard. Se coursant l’un l’autre dans le ciel, Mune est le simple témoin de leurs émois amoureux, de leur détresse tacite, de leurs souffrances muettes. Elle ne sait plus qui elle est. Elle ne sait plus ce qu’on aime chez elle. Sa différence ? Ses oreilles ? Son reflet ? Qu’aime-t-on chez elle ? Que voit-on en elle ? L’idée que Shiro ne puisse voir quoi ou qui que ce soit d’autre en elle l’effleura, et la marwari eut un moment de doute. Qui était-elle ? Qu’était-elle ? Existait-elle dans l’esprit de quelqu’un comme les autres existaient en elle ? Peut être pas. Peut être n’était-elle qu’un reflet, une copie d’une piètre qualité de la lune qui illumine la nuit. D’autres marwaris lui ressemblaient bien plus, d’un blanc nacré, d’un gris pommelé, habillés de tant de cratères que la mère lunaire en arborait lors des nuits de pleine lune, lorsqu’elle brillait avec force dans le ciel.

Ses oreilles se dressent vers le poète alors qu’il se remet à parler, la ramenant dans le même temps à la réalité de l’instant. Les compliments et ses belles paroles habillent le silence et résonnent dans la nuit. Il couvre de sa voix le clapoti des guerriers perlés, même la pluie paraît soudain simple bruit face à la mélodie des mots. Il les manie avec aisance, en fait presque des incantations, chante en parlant, hypnotise l’oreille en assemblant les sons. Mune se perd à l’écouter, oublie toutes les questions qui lui parvenaient en tête. Elle se laisserait presque avoir par les compliments enchanteurs, mais repense soudain à tout ce qu’elle a laissé derrière elle. Sa famille, ses amis, elle a tout abandonné en quête de nouveauté. Elle ne regrette pas, loin de là, mais parfois elle se dit que beaucoup la jugeraient, ne la trouveraient pas loyale. Et beaucoup risqueraient de lui en vouloir. D’imaginer qu’elle est comme la lune, impossible à mettre en cage, qu’on ne peut que l’effleurer du bout des doigts avant qu’elle ne s’échappe.

Peut être s’échappait-elle vraiment, à chaque fois que quelque chose voulait l’accrocher et l’enchaîner.

Le temps semble suspendu, mis sur pause, le sablier est à l’horizontale, le sable ne s’écoule plus. Les secondes passent l’une après l’autre avec lenteur. La pluie elle-même semble s’être arrêtée, ne parvenant plus aux oreilles de la marwari. Pourtant, au dehors, elle bat son plein. Les gouttes s’acharnent sur la pierre. Tant que finalement, elle fissure.

Tout se passe soudain très vite, arrachée à sa contemplation calme des secondes défilant comme des minutes, tout semble maintenant trop rapide. En un battement de coeur, la baie est propulsée plus loin par le plus foncé. Elle ne tient pas sur ses sabots, dans ses oreilles, tout résonne soudain. Attention. Le bruit de l’eau. La pluie battante. Les craquements. Les pierres qui s’effondrent. Le bruit de son corps contre la roche. Elle s’effondre en même temps que la voûte au dessus de leurs têtes. Bruit sourd dans le vacarme ambiant, ses yeux sont grands ouverts sur ce qu’elle croit être une punition divine. Sa mère Lune était venue la punir. Mais de quoi ? Qu’a-t-elle fait de mal ? Etait-ce parce qu’elle avait douté de sa propre personne ?

Elle reste allongée, les antérieurs repliés sous son corps tandis que ses postérieurs sont pris sous un gravat qui avait roulé de la pile qui s’était formée là où elle se trouvait être quelques secondes auparavant. Elle n’a rien de bien grave, rien que des contusions et des égratignures, mais elle reste là, abasourdie, prostrée.

Le mâle se redresse de la poussière et s’inquiète pour elle. Mais Mune n’a pas la force de lui répondre. Ses lèvres s’agitent un instant dans le vide, essaient de former des mots, mais rien ne traverse la barrière de sa bouche. Elle reste muette, sous le choc, un peu apeurée, mais surtout sans voix. Son regard scrute le mâle, remarque qu’il semble paniqué. Il a prit des coups lui aussi, rien de trop grave non plus, de ce qu’elle peut voir de là où elle est. Elle ne sait faire que ça, observer les autres. Elle s’oublie elle-même, ne sent plus ses postérieurs sous la roche effondrée. Elle ne s’en inquiète même pas, trop concentrée sur lui. Elle a simplement peur qu’il n’ait été blessé par sa faute. C’était son châtiment, pas celui de Figaro.
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MessageSujet: Re: Enjoy The Silence   Sam 2 Juin 2018 - 1:09

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Pourquoi le ciel se doit de nous couper de l’aube ?


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Les volutes de poussière retombent mollement à terre, elles recouvrent peu à peu les deux âmes égarés eux aussi au sol à présent comme des oiseaux touchés en plein vol et s'écrasant violemment contre la réalité du monde. Même les anges tombent.

Littéralement, le poète à l'impression qu'on l'a abattu en plein vol. Les ailes arrachés comme un vulgaire insecte malmené par un bambin gâté et capricieux. Le destin se joue bien d'eux, petit bambin potelé insouciant juste prêt à faire des caprices car tenu loin des difficultés de la vie et il attrape ses petits pions pour se divertir. Figaro tente de reprendre son souffle, le cœur au bord des lèvres et les tempes bourdonnantes. Il plonge son regard dans des opales jumelles miroitantes, mais le bouleversement qui s'y reflète l'ébranle. Il se sent défaillir, tant de douceur au détour de ses nombreuses lignes courbes qui la compose, il la fixe à son tour muet, comme un ange aux yeux de pierre impassible et pourtant tant de douleur esquisser discrètement derrière cette façade grise. Pourquoi le ciel se doit de nous couper l'aube ? La question tourne dans son esprit ébranlé par le ton qu'arbore le visage de Mune, jamais aucune de ses rencontres lui a offerts telle visage, mine dévasté.

Un effort douloureux lui permet de se relever pour lui venir en aide dans un pas prudent, ses prunelles renvoyant le reflet des siennes. D'un geste doux, il expire un souffle chaud contre ses naseaux jaugeant un instant la situation avant de murmurer.

« Doucement, prenez votre temps » tente-t-il de l'apaiser.

L'effort lui coûte chers, la douleur tiraille les traits de son visage déjà si sombre, pourtant le poète ne se plaint pas car la douleur n'est rien comparé à celle qu'il a déjà pu traverser dans sa vie et encore moins la douleur qu'il ressent au fond de son être à cet instant. Un savant mélange s’éprend de lui comme les bras de la mort sur le lit du repos éternel, un avenir scellé, une vie lamentable, l'agonie, la misère … une âme punie et bannie. Un bref instant, Figaro ferme ses paupières, Mune le bouleverse comme jamais, jusqu'à briser le silence sans réussir à rouvrir les yeux pour affronter son regard.

« Pardonnez moi, je ne souhaitais que vous offrir un refuge contre la pluie … Jamais … » Les mots se bloquent quelque peu dans sa gorge jusqu'à qu'il inspire. « Jamais je n'aurais cru que la bâtisse pouvait s'effondrer sur nous. »

La fragrance de son parfum, la douceur qui s'en dégage et il se détourne pour lui venir en aide. Il repousse la roche, dégage quelques autres gravats autour d'elle avant de contempler sa robe moucheté de poussière jusqu'à croiser à nouveau son regard. Le poète baisse lentement ses oreilles sombre car au fond de son âme il ressent ce sentiment qui lui est si familier. Châtiment, il est peut-être destiné à jamais à juste accompagner la nuit, être se voile sombre derrière mais jamais ne la recouvre. Le voile sombre jamais ne possédera la lune, joyeux déposé jalousement au milieu du tableau moucheté et elle est convoité par tous les hommes sans jamais personne ne réussisse à la saisir pleinement. Figaro n'est digne d'aucun privilège, petit pantin animé par cet enfant potelé, soumis à ses caprices. Il ne peut que porter espérance et remords de cette vie qu'il traverse, en garder un simple souvenir, si cela lui est encore permis. Souffrir en silence et destiné à courir à jamais après son astre comme cet astre maudit. Si proche mais si loin à la fois.

« L'exil sera ta vie et ton séjour la terre. Traînant partout le deuil de ton climat natal, En tous lieux étranger, en tous lieux solitaire, Tu connaîtras l'amer tourment de l'idéal. Nous avons chacun en nous le pouvoir de décider de notre destin mais ce privilège m'a était enlevé dé la naissance, ceci est mon destin, Poète parmi nous, tu resteras poète sur terre, et ce sera ton plus dur châtiment. »

Figaro se tient simplement à ses côtés, il n'ose pas changer ses appuis de peur d'éveiller cette douleur si cinglante de sa croupe à son jarret. Pour la première fois de sa vie, les mots lui étaient volés, il n'avait pas atteint son objectif de poète et maniait les vers comme un débutant balbutiant. L'étalon sombre n'était pas digne d'être en ce lieu avec cette créature. Bien entendu, il ne la laissera pas sans défense, il veillera sur elle jusqu'à qu'elle se sente capable de partir.

« Vous n'avez rien à vous reprochez Mune, vôtre destinée plus grande vous attend au-delà de ses murs en pierre … Loin de cette endroit. » Loin de l'étalon sombre qui s'acharne à faire un autre pas pour lui venir en aide si nécessaire. « Puis-je vous aidez d'une quelconque façon ? Par contre ne forcer pas si la douleur est trop rude, je veillerais sur vous ne vous inquiétez pas. »
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MessageSujet: Re: Enjoy The Silence   Sam 9 Juin 2018 - 23:53


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Tout est figé, le temps, les corps, la pierre. Minéral et vivant ne font presque plus qu’un, réduits en poussière par le temps, par les aléas et le vent. Plus rien ne semble bouger. Pendant quelques instants, tout est figé. La pierre brisée est immobile, elle a rencontré le sol et les êtres qui ont stoppé sa course folle vers le bas, attirées par la gravité. La poussière retombe finalement doucement, bientôt rejointe et écrasée par la pluie qui n’avait pas cessé. Le rideau liquide s’écrasa violemment dans un bruit presque assourdissant. Et l’eau trempa ce qui avait été à l’abris, elle nettoya les traces des fines particules poussiéreuses, détrempa les corps endoloris. Le trou béant sur la nuit maintenant ouvert offrait la scène au regard blafard de la Lune. L’astre de la nuit baigna l’endroit de ses rayons faiblards, illuminant les corps douloureux, accrochant un reflet argenté le long des flancs de la marwari, sa fille de chaire.

Sous la pluie qui peu à peu devient crachin, l’étalon approche. Il semble détruit, comme si son être était l’incarnation vivante de ce lieu hors du temps. Fêlé par la vie, abîmé par le temps, ruiné par les souvenirs. Mune souffre, la douleur sourde se réveille dans ses postérieurs, mais elle ne désire qu’une chose à ce moment précis. Elle voudrait l’aider. Elle voudrait être capable de réparer les fissures, combler les manques, rebâtir ce qu’elle pouvait. Soudain, elle ne supporta pas de ne toujours rester qu’observatrice. Soudain, son coeur la brûlait. Elle voulait faire quelque chose alors même qu’au fond d’elle elle savait qu’elle n’en n’était pas capable. Impuissante. Inutile. Elle ne pouvait pas l’aider. Elle ne pouvait pas le soutenir.

Dans les yeux de Figaro qui avançait vers elle, elle vit que c’était sa présence à elle qui, bien malgré elle, le ravageait. Son coeur se serra et son regard s’embruma. Qu’avait-elle bien pu faire ? Qu’avait-elle fait de travers ? Elle n’en savait rien, absolument rien. Elle avait simplement le sentiment que toutes les douleurs qu’elle voyait à cet instant dans les iris pétroles du poète étaient engendrées par sa seule présence. La fatigue l’envahit soudain, accompagnée de la douleur qui, sourde jusqu’alors, se fit vive. Ses paupières se fermèrent alors qu’elle abaissa l’encolure, posant sa tête sur le sol dans un soupir épuisé. Elle ne bougea pas, écoutant simplement l’étalon qui parlait et qui l’aidait. Elle n’avait plus aucune énergie, vidée par la lueur blafarde de sa mère lunaire qui semblait puiser sa brillance dans les forces de Mune. Simple jouet aux mains de ses parents astraux, elle sembla soudain aussi fragils qu’une enfant. Peut être en était-elle une, elle qui se croyait déjà grande. Elle n’était rien, rien aux mains des destins. Immobile, elle écouta les longues paroles du poète. Elle écouta sans comprendre les sous entendus, elle écouta et ne pu que s’en vouloir d’avantage. Aussi, dans un soupir triste, elle murmura des excuses alors que les larmes dévalèrent les pentes de ses joues. Elle n’avait rien demandé. Elle n’avait pas demandé à plaire, n’avait pas demandé à être si originale… Elle ne voulait pas être importante, elle ne voulait pas avoir de rôle à jouer… Pour personne.

Le crachin effaça ses larmes alors que sa crinière détrempée collait à son corps. Elle n’avait plus aucune énergie et se laissa simplement aller là, pleurant son incompréhension et sa douleur sur le sol froid d’une chapelle effondrée. Elle aurait voulu s’excuser, qu’il lui pardonne et se reconstruise, mais elle ne savait pas comment. Son énergie, sa voix, ses mots s’étaient envolés et elle souhaita seulement qu’il parte comme il était venu, un ange tombé du ciel. Qu’il retrouve ses ailes. Qu’il s’envole vers de plus beaux horizons, où elle ne pourrait pas lui brûler les plumes.
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MessageSujet: Re: Enjoy The Silence   Jeu 6 Sep 2018 - 0:28

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Viens voir le désert où j’habite.


Des pas furtifs, des voix lointaines, c'est peine et plaisir à la fois. Des formes traversent la nuit, formes noires et formes blanches … Ou vont-ils et qui les conduit ces passants qui passent sans bruit ? Le vent d'une ombre la frôle, sur la veilleuse il a soufflé et quelque chose d'inconsolé s'est mis à pleurer.

Figaro jette son sombre sur elle, il l'engloutis et la grignote comme un sombre nuage couvre les yeux de la veilleuse qui s'attarde dans l'écrin de cette bâtisse à présent éventrer. Éviscéré comme un petite souris qu'un cloue sur une planche, le poète n'a pourtant pas de cœur car comme le nuage il n'est que de passage, jamais il ne pourra se saisir de la jolie veilleuse, elle n'appartient pas aux nuages mais à cette toile sombre sur laquelle elle est accroché comme un saphir aux miles éclats. Mune brille telle la fille légitime de l'astre, Figaro n'est qu'une ombre, il ne fait que gâcher la beauté gracile de la créature. Il est le proscrit qui se voile, qui songe et chante loin du bruit, avec la chouette et l' étoile cette sombre chanson de la nuit. Le captif du destin qui jamais plus lui accordera un brûlant amour, mais une histoire mortelle. Il est celui que toute l'ombre couvre pour éteindre son cœur pour ainsi le parer d'une toge d'un noir sombre et abyssal. Son esprit ressemble à cette bâtisse et son sort à ces pierres, depuis trop longtemps ils résistent au poids des siècles jusqu'au jour ils cèdent sur des pauvres âmes.

Elle lui parle du fond d'un rêve comme une âme parle aux vivants, elle s'excuse au plus grand étonnement du poète qui fut encore plus surpris en voyant des perles brillantes jaillir hors de ses prunelles. Des choses aimeraient jaillir hors de lui, tour à tour de la tendresse, de l'amour, mais tout au fond de lui le vide souffle un courant froid, comme un hadal ou seul l'écho s'y aventure. Doucement, Figaro comprend que ce ne sont pas ses sentiments mais ceux de Mune, devenu récipient de ses maux, elle a besoin d'un être qui lui vient en aide et pour cela le poète à du exacerber ses émotions pour la délivrer. Bien trop docile et serviable, il enferme son cœur douloureux dans un bocal malmené comme une plante par un botaniste un peu trop expérimentale. Il esquisse un sourire encourageant.

« Sors du nuage ombre charmante, laisse-toi voir, ici c'est bien toi qui a besoin de mon aide. Tu es le phare dans son tourment, va donc le rejoindre et le lui dire maintenant que tes yeux sont ouverts et ta langue déliée. »

Dans ce ténébreux monde où il erre, ils doivent s'apercevoir, elle toute faite de lumière et lui tout composé de devoir. Il avoue avoir cru trouver un regard qui éclaire son ciel noir, mais le ciel qui les berce ne semble pas le même. Il lutte, résiste aux fantasmes qui l'ébranle depuis le début. Il avait tant rêver de pouvoir effleurer cette peau qui paraît si douce en inspirer la fragrance si délicate qui s'en dégage et ainsi se perdre tout contre son sein. Pourquoi tant d’acharnement pour lutter ? Car Mune ne veut pas qu'on la voie, elle vient et fuit tour à tour et il ne veut pas plus l'accabler. Figaro est presque certain que cette dernière n'aspire pas aux mêmes sentiments, pas après avoir vu son âme si clairement dans son antre éventré et d'avoir vu le désert dans lequel il habite, seul sous son plafond effrayant. Il est comme le chat noir, sa réputation le précède et don personne n'en veut. Il aurait pu lui dire : Viens voir le songeur qui s'enflamme à mesure qu'il se détruit. Viens ! Viens dans cette brume hagarde où naît la foi et la folie. Il aurait pu, mais le pas de la porte est déjà bien assez décourageant, il ne lui en veut pas car il ne veut pas que son vilain destin s’ablate sur une si charmante créature. Son cœur se crève, hélas son malheur irréparable c'est d'être un ciel et d'être un tombeau, la lune ne brille pas dans un tombeau non, le noir aspire les rayons de l'astre pour les étouffer.

Figaro appose doucement son sabot contre son épaule, hardie par sa mission.

« Bon sang ! Levez-vous sinon vous allez attraper la mort ! Allez-vous en Mune »

Docile, il ne partira point le premier car son autre malheur irréparable c'est d'être un forçat qui promène son vil labeur sous le ciel bleu, c'est de porter la hotte humaine où il avait ses ailes. Il ne retrouvera jamais ses ailes, il ne souhaite pas s'envoler car il n'a pas plus bel horizon qu'ici en cet instant. Elle partira la première c'est certain, Figaro en fait la promesse.
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MessageSujet: Re: Enjoy The Silence   Dim 23 Sep 2018 - 14:26


Le silence éternel porte le poids des larmes.
ft. Figaro


Son âme est lassée, crevée par les soldats aqueux qui déboulent du toit du monde. Elle s'est perdue dans la brume, dans la pluie, dans ce rideau d'eau que le ciel faisait tomber sur elle. Elle s'était perdue, après le froid, après sa rencontre avec un grand noir. Elle s'était perdue, égarée, dans une forêt de tombes. Et elle y avait découvert un ange déchu. Il l'avait emmenée dans un antre tout de pierres, il lui avait conté des beautés, et elle avait écouté. Avide, attentive, elle avait bu ses paroles, elle avait construit sa statue, là, cachée dans son musée de mémoire. Obnubilée par ce qu'elle pouvait apprendre et découvrir, elle n'avait pas vu qu'elle le mènerait à sa perte. Elle n'avait pas vu qu'en restant toujours extérieure à tout, à ce qu'elle ressentait parfois elle-même, elle finirait par tout détruire. Comme une âme errante, qui prend ce qu'elle a à prendre et s'enfuit dans la nuit. Peut être était-ce là sa destinée, sangsue de savoir, elle s'enfuit lorsqu'elle a vidé l'âme de son hôte.

La lune, dans une brillance faiblarde, semble appuyer ses propos.

L'étalon lui parle, dressé, presque fier dans ce paysage dévasté. Aussi dévasté que son être, que son âme, le poids du temps a eu raison du poète, et Mune n'avait été que la première pierre à tomber. Il lui parle encore, plein de sous-entendus alors qu'il semble tout comprendre, tout savoir sur tout. Il la pousse, la bouscule, comme s'il aurait préféré qu'elle n'ait jamais croisé sa route. Comme un épouvantail qui souhaite faire fuir le corbeau. Peut être n'était-elle que cela, le messager du malheur. Le sabot que Figaro pose contre son corps est froid, et alors qu'il la pousse, la douleur se réveille dans tout son corps endolori, et gelé par la pluie. Cet acte s'habille d'une violence qu'elle ne pensait pas pouvoir émaner du plus foncé, et tous ses muscles se réveillent et roulent sous sa peau, alors que dans un effort désespéré, elle se relève pour se retirer à la morsure de kératine.

Son regard est vide, alors qu'elle le porte sur cette statue qu'elle a fait s'effondrer. Elle aurait tant voulu l'aider, lui qui ne veut pas d'aide. Lui qui persiste, encore et toujours, à être le pilier. Elle ne répond pas, elle ne dit plus un mot, et cache ses oreilles arquées dans sa crinière.

L'espace d'un instant, alors que les nuages disparaissent dans la nuit et que la lune reprend toute sa brillance, elle aurait préféré être née quelqu'un d'autre.

Elle aurait préféré ne pas avoir ces oreilles.

Ne pas être elle.

Et, dans un silence de mort alors que la pluie a cessé, seuls ses sabots sur la pierre effondrée résonnent. Elle boite et traine un postérieur sur la roche, sortant des catacombes comme un tueur sort de l'ombre. Elle l'a tué, elle en est convaincue, et trainera pour toujours ce fardeau, ces ailes qu'elle a brûlées.

En disparaissant dans la nuit, elle aurait voulu disparaître de sa vie.

- out.
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