Jeu de rôle équin
 
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 Antlers. [L]

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Shiro
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MessageSujet: Antlers. [L]   Sam 2 Déc 2017 - 13:21

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Antlers
Spectacle inattendu et improbable que ce regard attentif du ciel sur la terre, cet oeil infini dépourvu des nerveux tics qui agitent l'orbite mordu par le froid. Un ciel, donc ; ouvert, immense, prêt à engloutir tout ce qu'il recouvre sans même avoir besoin de s'agiter. Un ciel dénué de dieux, dénué de vent, dénué de nuages. Un ciel trop vaste, un long trait de bleu uniforme sans traces blanches pour le souiller. Un ciel sans soleil, fut il blanc ou doré, un ciel sans lune, fut elle grise ou maculée du noir de l'éclipse. Un ciel qu'il contemplait en soufflant, sa respiration transformée en volutes torsadées qui s'enroulaient dans les airs avant de s'évaporer complètement, rejoignant la placidité de ce ciel attentif mais trop calme.

Le sol craquelait sous ses pas. L'herbe était recouverte d'une fine couche de givre qui brillait, ruisselait de mille gouttes illuminées par la lumière. Une herbe bleue, elle aussi, comme si le paysage avait décidé qu'il ne ferait qu'un avec ces cieux sans dieux. Il n'avançait que lentement, comme effrayé par le bruit de ses propres pas, par le trépignement de la nature sous lui dès lors qu'il osait la fouler, retrousser l'herbe, écraser mille diamants de rosée saisie par le froid.

La plaine paraissait infinie elle aussi, comme le ciel, et il se demanda pour la énième fois s'il avait posé le pied en un lieu qu'il n'était pas censé voir ; un champ abandonné à l'hiver par quelques divinités du printemps parties batifoler dans des contrées où jamais le soleil ne pâlit, laissant derrière elles quelques arbres tordus par le froid.

Il contempla leurs troncs noirs d'un oeil inquiet avant de détourner le regard.

Shiro avait pris l'habitude d'haïr tous les endroits qu'il traversait par principe. Lorsque l'on arrache l'âme au lieu dans lequel elle se plaît à errer, cette dernière ne fait que s'engouffrer dans un dédale de rancœur qui rend chaque nouveauté fade, comparable, moite d'ennui. Cet endroit là réveillait en lui une sorte de crainte qu'il avait connu au désert de l'oubli ; celle de ne jamais pouvoir sortir du labyrinthe de ses pensées, de s'être piégé en un endroit qui réclamait une admiration terrible qu'il ne pouvait offrir.

Il fit un pas de plus, manqua de tomber alors qu'un crack ! résonnait, puissamment, sous le sabot qui s'était abattu au sol. L'étalon baissa les yeux, les naseaux exhalant toujours cette espèce de fumée blanche, et tenta de déterminer ce qu'il avait écrasé.

Il s'agissait de deux bois qu'un cerf avait perdu il y a longtemps de cela. Ils étaient longs, compliqués, tranchants par endroit, émoussés sur d'autres angles. La neige les avaient presque polis, rendus blanc, mais la mousse qui s'était accumulée sur eux les recouvraient de tâches bleutées, noirâtres.

Malgré tout son poids, il ne les avaient pas fendus en deux. Ils demeuraient là, immenses, lentement grignotés par la terre et par les insectes qui devaient prospérer dans l'épaisse mousse. Un instant, pensée folle, il se demanda ce que cela ferait d'avoir la tête ornée de ces deux grandes armes. L'idée retomba comme elle était venue, alors qu'il les frôlait du bout des naseaux. Où était passé leur propriétaire ? Existait-il des cerfs bleus ? A cette période de l'année, il aurait du être coiffé d'une nouvelle paire, celle-ci moins friable, peut-être plus imposante encore.

Il releva la tête, fit quelques pas dans l'infini. Il trouverait peut-être, au bout du périple, un vieux cerf pour le guider.
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MessageSujet: Re: Antlers. [L]   Jeu 7 Déc 2017 - 19:30

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Cela faisait bien un an que tu étais sur ces terres dorénavant, bien quelques mois que tu rôdais tel un loup en quête de proie. Même si ce n'était pas encore le cas, tu te considérais comme le Roi de ces terres. Tu considérais qu'elles t'appartenaient déjà. Tu avais le sentiment qu'elles t'avaient adopté, autant que toi tu les avais fait pénétrer dans ton coeur. Coeur qui ne battait plus depuis longtemps, d'ailleurs. Tu avais le sentiment de n'être qu'une ombre parmi tant d'autres ici, qu'un chevalier sans sa monture, qu'un spectre qui plane ici & là. Personne ne sait où tu es, ais tout le monde commence à savoir qui tu es. Pas de la bonne manière, j'en suis consciente, autant que toi, mais tu étais heureux que ce soit le cas. Tu étais heureux des sentiments qu tu faisais naître en chacun, heureux de la haine que tu leur provoquais, autant que la peur que tu remarquais dans leurs yeux. Tu étais un Roi sans trône, mais tu ne demeurais pas moins un Roi tout de même. Un Roi sanglant.
En parlant de sang, tes membres en étaient ourdés. En effet, tu avais marché longtemps aujourd'hui, mais ta marche s'était arrêté dans la carcasse d'un vieux cerf. Sans doute la proie de loups. Loups qui avaient disparu d'ailleurs : tant mieux, sinon tu les aurais tous tués un par un. Tes naseaux se baissèrent vers la carcasse qui commençait à sentir la pourriture, mais surtout une carcasse qui ne ressemblait plus à rien maintenant : puisque les insectes la mangeaient & que des gonflements étaient présents, là où le sang s'agglutinait. Tu marchas une seconde fois, écrasant un os & faisant exploser un vieil organe interne. Soudain, un bruit de craquement se fit entendre. Ou plutôt un écho. Tu cessas donc ton étude, sorti de la carcasse & trottas vers l'objet du bruit. Là, tu remarquas un grand frison marchant sans but. Un sourire sadique apparut sur tes lèvres, enfin quelqu'un. Enfin un être que tu pourrais tourmenter.

" Si vous cherchez le propriétaire de ces bois, il est couché, éventré, derrière ces arbres. "

Car oui, tu avais bien comprit que ce craquement venait des bois du cerf. Ils avaient dû être arraché par les prédateurs durant sa longue agonie, le faisant d'autant plus souffrir. Tu finis par sortir de la forêt réellement, tâchant la givre avec le sang de tes sabots. Cette plaine t'impressionnerait toujours : elle était belle, mais elle était surtout surnaturelle selon toi.
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MessageSujet: Re: Antlers. [L]   Jeu 7 Déc 2017 - 20:47

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Bleu le ciel et bleue l'herbe, une étendue amorphe et presque morte, silencieuse, contemplative. Le sol ne menaçait pas de céder mais ses pas demeuraient prudents. Le froid lui mordait les yeux ; pas seulement la paupière ni les cils mais l'orbite lui-même, dans lequel tournait le monde, tournaient tous ces reflets céruléens. Il exhala une sorte de prière qui devint buée à son tour, disparut aussitôt qu'elle était venue. Il lui semblait que rien ne pourrait perturber le paysage, comme s'il avait été achevé par une main patiente. Une immense toile céleste, avec pour seul personnage le cerf, le vieux cerf qui avait perdu sa harde et bramait inlassablement en tentant de se souvenir de sa gloire passée, de ses premiers bois.

Ce serait-il plu à errer en vain dans le même cadre, heurtant les rebords de son monde étriqué la nuit tombée ? Il y avait quelque chose de rassurant dans l'idée d'une terre plate, d'un monde dont on pouvait atteindre la limite et sur laquelle on pouvait se suspendre, les yeux plongés dans la promesse de la chute. Il avait aimé les cadres, les structures, l'absence de nouveauté et la lente torpeur qui embourbe un esprit sans souci. C'était plus facile que l'errance, la nouveauté, les sons et les odeurs inconnus, les ciels muets et les vents qui sifflent entre leurs dents. Il n'avait pas vraiment croisé de danger, jusque là, mais il avait toujours été invincible. Enfant déjà il s'était lancé à l'aventure comme s'il avait quelque chose à prouver, adulte il s'était renfermé dans le fief miteux de son père avec la certitude d'être intouchable.

Et qui aurait voulu le toucher ? L'idée lui paraissait inconcevable, étrangère comme une tumeur qui enfle et que l'on ne remarque que lorsque le cancer peut être bu dans la respiration.

Quelque chose remonta dans sa gorge comme une lame qui lui aurait fendu le cou en deux ; Shiro cessa de respirer alors qu'une odeur montait dans les airs, nauséabonde, et que la terre soudain résonnait, animée par de nouveaux sons. Il tourna lentement la tête pour dévisager une silhouette qui sortait de l'ombre des quelques arbres, inspira à nouveau. Expira.

Pas un vieux cerf ; pas une vieille divinité païenne aux bois immenses, aux yeux ayant avalé tous les nuages qui manquaient à ce ciel. Mais un cheval noir, dont les jambes étaient tachées de rouge.

Ses yeux tombèrent sur le givre, les brins d'herbe figés, le bleu qui semblait tellement contraire à cette nouvelle nuance dont la provenance ne pouvait faire de doute.

Ce n'était pas des plaies. Ce n'était pas un spectre qui aurait brisé ses chaînes et en traînait à présent les meurtrissures. Non, un être vivant, qui amenait avec lui cette odeur de boyaux, d'éviscération, de ventre gonflé dont on a enfin fait éclore les côtes.

L'inconnu portait un sourire lubrique et, une fois de plus, Shiro se demanda s'il avait bien affaire à la réalité. Sa voix s'éleva. Ses yeux demeurèrent fixés sur les jambes maculées de vieux sang. Il se demanda qui l'avait éventré. Songea à la perversité du rictus, à cette sorte de plaisir que prenait l'autre à lui apprendre la nouvelle.

Une sorte de tristesse, mélancolique et déjà vieille, s'abattit sur lui alors que les pans de sa bouche se retroussaient vers le bas. Pas de magie, pas d'éternité ; juste la mort qui attendait entre les arbres, la nature qui reprenait ses droits sur celui qu'elle avait abrité toute sa vie. Et du rouge sur le bleu, comme un sacrilège dans un temple, une Cassandre que l'on surprend alors qu'elle s'est réfugiée dans la maison d'un dieu. La mort ne devrait pas toucher les endroits qui se teintent de bleu alors que le reste du monde est gris.

La beauté est éphémère. Il ne veut pas voir le cerf mort.

Et il y avait lui. Là.

" Le cerf est sacré dans beaucoup de cultures, " dit-il, lentement, suivant du regard les gouttelettes perdues dans le givre. " On patauge rarement dans ses boyaux. "

Mais l'épouvante vivait déjà un peu sous ses paupières. Ses muscles s'étaient bandés. L'apparition avait été subite, tout comme la nouvelle de la mort. Et il ne savait pas encore qui avait mordu le sein du cerf sacré.
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MessageSujet: Re: Antlers. [L]   Ven 8 Déc 2017 - 17:27

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Le cerf est un cervidé, mais il est surtout une représentation même de la Nature. Il représente parfaitement cette Nature pure & simple. Il est certes imposant, mais il est surtout charismatique. Il est l'Ange tombé du ciel qui guidait la Nature dans tous ses actes. C'est pourquoi quand il disparaissait, toute la Nature mourrait. Elle était muette, elle pleurait un être qui lui permettait de restait simple. Tuer un cerf, c'est tuer tout un troupeau, c'est tuer toute une famille. Puisque un cerf vit toute sa vie avec un même troupeau, avec une dizaine de biches. Il les aime toutes sans exception. Alors oui, ces loups avaient anéanti une famille entière. C'est pourquoi cette forêt ne voyait plus de cervidés. Ils avaient disparu, mais surtout ils étaient partis sans demander leur reste. Les oiseaux aussi. En fait, depuis le meurtre de ce cervidé, la forêt était devenue silencieuse. Alors, mon cher, pourquoi avoir marché ainsi dans les boyaux de cet animal ? Pourquoi avoir détruit ce cadavre une énième fois ? Pourquoi vouloir entâcher son âme ? Je ne te comprend pas. Je sais, tu es méchant, vil & satanique mais tout cela ne représente pas ce que tu es. Tout cela représente une méchanceté gratuite, une douleur peu commune.

" Il est mort. Je ne vois pas ce qu'il y a de mal là dedans. " Honnêteté, bonjour. " & puis, vous avez bien écrasé ses bois, n'est-ce pas ? "

Car tu avais bien remarqué que cet étalon avait écrasé les bois de ce cervidé. Tu comprenais bien que c'était lui. Comment l'avais-tu deviné ? Tout simplement car vous étiez seuls ici & que tu savais parfaitement où se trouvaient les bois de ta victime morte. Tu avais parcouru bien trop longtemps cette plaine pour ne pas savoir où ils étaient. Tu te souvenais la première fois où tu es venu ici : tu avais rencontré Ezaël. Un poulain complètement abruti, un poulain qui avait peur de tout. Tu savais à quel point les poulains pouvaient être inconscient, mais surtout inutiles. Mais celui-ci était à l'opposé de ce que tu pouvais penser. Celui-ci était complètement inutile, réellement. Tu te demandais même d'ailleurs si un jour, il survivrait à tout cela. S'il réussirait à atteindre l'âge adulte. Finalement, tu te mis à marcher sur le givre, appréciant réellement le bruit que cela pouvait procurer. Ce silence, ce craquement ... Ouais, c'était vraiment parfait selon toi.
Tu sentais parfaitement le sang qui séchait sur la couronne de ton sabot, tu sentais tes poils se coller petit à petit. Certains chevaux pourraient être gênés avec cela, mais toi, non, toi tu appréciais cette sensation. Tu appréciais réellement ce sentiment de toute puissance : ce sentiment qui te permettait de savoir que tu étais maître. Le maître de ces lieux. Tu observas une énième fois la frison qui était face à toi. Il ressemblait énormément à un étalon que tu avais rencontré précédemment. Un étalon dont tu cherchas rapidement le nom & avec une lueur dans les yeux, tu compris très rapidement. Sorrow. Il lui ressemblait trait pour trait. Etait-il son fils ? Etait-il son frère ? Tu devais le savoir, réellement. Alors, sans même te poser une question, ni même hésiter une seule seconde, tu te mis rapidement au trot pour ensuite te positionner à côté de l'étalon noir.

" Tu fais parti de la famille de Sorrow, n'est-ce pas ? "

Tu avais parfaitement oublié la politesse, mais la curiosité avait prit le dessus. Une curiosité enfantine. Cela faisait bien longtemps, d'ailleurs.
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MessageSujet: Re: Antlers. [L]   Ven 8 Déc 2017 - 21:47

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Il jeta un regard en arrière. Les bois étaient embués de mélancolie, maintenant. Ils n'étaient plus un signe de renouveau mais de mort, comme une épitaphe préventive que l'on aurait laissé là, à l'intention du spectateur égaré s'apprêtant à tomber sur le spectacle de la pourriture. Insectes et os qui transpercent la peau, grouillements animant une carcasse. La vie se multiplie dans la mort, s'abrite dans son enveloppe, s'y enterre avec appétit sous la forme des insectes nécrophages.

Il lui sembla que retentissait à nouveau le crack ! funeste, mais cette fois emprunt d'avertissement. La nature n'était plus paisible mais endeuillée, maladive ; et sa mauvaise mine n'était pas rendue plus agréable par cette vision drapée de noir qui attendait, les jambes enduites de sang.

Shiro n'avait pas encore peur, parce qu'il n'avait pas pris l'habitude d'avoir peur. Il lui arrivait de se complaire dans la déchéance, dans ce que la pourriture a de poétique. Baudelaire n'avait-il pas écrit des vers sur une charogne ?

Mais cette fois, il était inexplicablement fâché. Il avait perdu son guide entre le monde réel et le monde imaginaire. On lui avait substitué cette créature ensanglantée qui marchait sur l'herbe plus comme un conquérant que comme un dieu : il n'avait pas formé la terre qui accueillait ses pas, mais il la foulait comme si elle était déjà sa chienne.

Le frison grimaça, détourna le regard pour se soustraire à cette vision. Il ne trouvait rien à répliquer à l'inconnu, rien qui justifie son indignation. Il aurait tempêté si cela avait eu du sens, frappé le sol du sabot en s'exclamant que non ! Parce que le non est aussi sacré que le cerf. Le non ferme toutes les portes, se présente sans explication, possède toute la force d'un discours. Non, non, non.

" C'était un accident, " cracha-t-il avec une étrange morgue, ses yeux fuyant toujours la figure de l'étalon arabe.

Il ne fut pas tranquille longtemps. L'herbe se froissa sous des pas pressés. Shiro fixait toujours l'étendue d'herbe avec une sorte de grimace désappointée, curieusement juvénile. Peut-être avait-il perdu l'habitude d'avoir des espoirs. Ces derniers venaient lui piquer le coeur, la gorge, les yeux.

Il cilla, lentement, puis se tourna vers l'inconnu pour le dévisager avec des yeux parsemés de colère.

Sorrow, toujours. Il s'adressait à lui comme s'il n'était pas un étranger total ; comme si la seule présence de Sorrow dans sa bouche l'avait rendu familier. Shiro le regarda, lentement, cherchant à déterminer s'il l'avait vu auparavant. Sorrow lui avait souvent décrit son meilleur ennemi Black Night, mais cet étalon ne lui ressemblait pas. Il avait un oeil mort, qu'il fixa longuement avec une sorte d'insolence butée.

Un autre ennemi de son père ? Une connaissance ? Cela le concernait-il ?

Shiro fit un pas de côté pour prendre de la distance par rapport à l'autre, répondit toujours comme si on avait menacé de le mordre :

" Son fils. L'un d'entre eux. "

Il avait réussi à mener des conversations sans jamais dévoiler le nom de son père ; mais il était démasqué d'emblée et cela lui déplaisait, de n'avoir pas ce secret à couver. Il aurait pu mentir.

Il n'en voyait pas l'intérêt. Ce qui arriverait arriverait, qui que soit l'autre étalon.
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MessageSujet: Re: Antlers. [L]   Sam 9 Déc 2017 - 19:14

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Ce cerf représentait la vie, il représentait la renaissance mais surtout la Nature qui renaissait de ses cendres. Toi, tu étais tout le contraire. Toi, tu représentais la mort. Tu représentais la décomposition, la malédiction mais surtout l'Enfer en lui-même. Ce cerf représentait la beauté, la déesse Aphrodite : car qui n'aime pas les cervidés ? Mais toi, tu représentais la laideur, le Dieux Hadès, car la Mort est présente dans chacun de tes pas. Il était beau, tu faisais peur. Vous étiez deux métaphores à vous deux. Ton corps en pleine décomposition, tes blessures qui pourrissent, ton membre qui te lâche petit à petit & cette odeur de pourriture quand tu ouvres la bouche ... Ouais, tu faisais peur. On pourrait presque croire que tu es l'âme maléfique du cerf qui est tout droit sortie de son corps. On pourrait croire que tu es la Mort elle-même qui vient tout juste chercher tes victimes. C'est peut-être pour cette raison que tu as écrasé ainsi ses boyaux, peut-être car tu appréciais cette sensation, car tu appréciais la sensation d'écraser tout être sur ton passage. Ca t'offre une toute puissance. Tu te prends réellement comme le Roi de ces lieux en ayant fait ainsi. Tu prouvais ainsi que le Cerf n'était qu'un amas de chair pour toi, rien de plus, rien de sacré.
Il n'avait pas fait exprès d'écraser ces bois ? C'était une erreur comme une autre ? Mais la pointe de culpabilité que tu pouvais sentir dans la voix de l'étalon, ainsi que la suspicion de colère te fis sourire. Etais-tu de nouveau tombé sur un étalon qui se prenait pour un chevalier ? Etais-tu de nouveau tombé sur un gentil, tout mignon, étalon ? Très bonne question. Mais en tout cas, tu eus un grand sourire. Je pense que tu vas réellement apprécié cette rencontre. Il n'y aura pas de combat, certes, mais tu pourrais lui faire du mal mentalement, tu pourras le briser subtilement. Tu ne savais pas encore comment, mais tu avais hâte de le découvrir. Au final, tu avais écrasé ce cerf sans véritable ambition, tu te promenais tranquillement, mais le Destin avait mit sur ta route un étalon où tu pourrais jouer. A sa réponse, alors, tu eus un brusque rire. & là, tu secouas la tête & posas ton unique, avec une lueur malsaine, oeil dans ceux de l'étalon noir.

" Alors comme ça, Sorrow fait parti de ces chevaux qui sèment leur graine n'importe où ? " Tu secouas la tête, une idée en tête. " Intéressant."

Pourquoi intéressant ? Tout simplement car ça te permettrait de briser Sorrow. Mais pourquoi vouloir briser chaque cheval que tu croisais ? Oh pas tous, seulement ceux que tu considères comme dangereux pour ton ambition. Alors oui, dorénavant, tu savais que tu devais chercher les proches de l'étalon noir, ainsi que ceux de Cyrius, ainsi que tu pourrais briser ces deux étalons & donc gagner de plus en plus de force. Mais surtout, tu pourrais gouverner plus facilement cette île.
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MessageSujet: Re: Antlers. [L]   Sam 9 Déc 2017 - 19:51

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Certains diables discutent avec le voyageur jusqu'à arriver à la fourche qui sépare deux chemins. Ils se séparent alors de celui dans lequel ils ont semé le doute, aimables, parfois même galants, et n'apparaissent que lorsque à germé le fruit du vice dans le coeur qu'ils ont contaminé. Cela peut prendre des années, toute une vie. Certains êtres ne s'abandonnent au péché que lorsque leur dernier souffle tente de s'arracher à leur corps et ils crient, appellent, implorent, parce que toute leur foi ne les a pas préparé à mourir, même vieux, mêmes riches, même séniles.

Ces démons là s'infiltreraient dans un carnaval revêtu du costume duveteux de l'ange, un sourire de chat sur les lèvres.

Celui-là n'est pas de la même espèce. Son regard est déjà plein de menace, son corps souillé par la vermine. Shiro le contemple sans curiosité, parce qu'il a en réalité peu d'intérêt pour les mythes qui s'extirpent de leurs paradigmes pour hanter la terre dans tout ce qu'elle a de plus morne. Il s'est laissé aller à la poésie, tout à l'heure, mais, déjà, il retombe dans l'apathie. La plaine redevient la plaine, la mort n'est plus qu'une lente pourriture, et l'étalon noir demeure un étalon noir aux airs un peu lubriques, fin, borgne, plus âgé que lui.

Sa lèvre tombe sur une moue agacée alors qu'il constate que plus il fait de chemin, plus il perd ce à quoi il était tellement attaché ; l'indifférence au monde, cette manne divine qu'il avait consommé dans la poussière de la Maison Hantée chaque jour. Il n'avait que rarement vu les fantômes. Quel intérêt, de hanter une âme désintéressée ?

Il riait. L'agacement gonfla. Il dévisagea l'inconnu, eut un lent geste de la tête négatif. Ne sourit pas.

" Non. Ce n'est pas ce que j'ai dit. Vous êtes moins clairvoyant que vous ne le pensez, vieux borgne. "

Pas besoin d'illustrer l'exemple en rappelant qu'il était le produit d'une union certes morte mais fidèle tant qu'elle avait vécu entre son père et sa mère. C'était inutile, et il ne désirait pas le faire. Quant aux autres enfants de Sorrow, leurs situations étaient trop éparses pour qu'on puisse assimiler l'ancien dominant à un semeur de graines comme son propre grand-père, Coeur Noir.

" Vous semblez placer un peu trop d'importance sur la famille. "

Quel intérêt ? Il fit un pas en avant. Enivré par le fait qu'il pouvait, après tout, faire ce qu'il voulait, il s'éloigna même de deux pas. Plus de cerf sacré, et maintenant ce voyant qui ne lisait pas bien ses cartes. Un autre soupir, celui là emprunt de résignation.

La famille. Certes difficile, certes plus compliquée encore par les prétentions d'un frère fantomatique. Mais pas une plaie constamment purulente. Plus meurtrier était l'exil forcé, presque digne de celui d'un martyr, qui l'amenait à croiser des énergumènes dont il reconnaissait à peine la véracité tant leurs défauts paraissaient exagérés, grotesques. Il songea à Hyuna', soudain. A la gloire et à la splendeur de sa demi-soeur, vengeresse mais vivante, comme si désirer le sang allumait dans la pupille une flamme particulièrement chatoyante. Elle aurait rit, elle. Elle aurait rit au nez de l'inconnu puis l'aurait piétiné, toujours en riant, avec une facilité déconcertante.

A cette époque de l'année, la maison (sa maison) grinçait sous le poids de la neige. La charpente ne cessait de faire des discours sur la pourriture qui la rongeait de l'intérieur ; l'escalier croulait sous des pas invisibles, une vieille théière sifflait sans que personne n'ait allumé le gaz. Et dans l'horreur d'une baraque décrépie, il trouvait mille fois plus de plaisir que dans la compagnie de cette Pythie aveugle.

Il fit soudainement volte-face pour retourner examiner les bois, déterminer ce qui avait jeté sur lui le trouble.  
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MessageSujet: Re: Antlers. [L]   Sam 16 Déc 2017 - 0:06

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" Vieux borgne. " Bim. Ton handicap revenait sur le tapis. Il faut dire que tu t'es tellement habitué à ce dernier, que tu avais fini par l'oublier. Tu avais fini par oublier que tu étais totalement différent des autres, mais surtout que tu attirais les regards pitoyables. Les regards qui pleuraient ton absence de vue. Les regards qui se moquaient ouvertement de toi. Cela faisait maintenant bien quatre, voire cinq, ans que tu avais perdu ton oeil. Tu te souvenais maintenant des premiers déboires, de la douleur que cela t'avais provoqué, du sang qui avait coulé sur ton chanfrein mais aussi cette sensation d'avoir quelque chose pendouillant. Au départ, tu ne compris pas bien. Puis lorsque tu regardas dans un flaque d'eau, tu compris. Tu serais différent, encore une fois. Ce jour-là, tu compris que la Mort était en toi, qu'elle venait de te donner un rôle. Mais surtout, qu'elle venait de prendre possession de ton corps. Tu ne pleuras pas, tu ne ressentis aucune haine pour cet ours, non ce fut d'ailleurs bien le contraire. Tu ressentis comme une reconnaissance éternelle, comme un sentiment de bienséance : tu venais d'enfin trouver le but ultime de ta vie. En vérité, cette ambition te venait de la Mort elle-même.
Alors comme ça Sorrow n'était pas de ces étalons qui semaient leur graine partout où ils passaient ? Faisait-il parti de ces étalons qui tombent amoureux de chaque jument qu'ils croisent ? & leur font un poulain en guise de reconnaissance ? Cette comparaison te fit bien rire. Non pas que la situation en elle-même fut hilarante, mais la vision que tu pouvais avoir de l'étalon noir l'était. Il changeait complètement de portrait dorénavant. Il n'était plus du tout le bon vieux Roi que tu avais rencontré, il retombait dans ton estime aussi vite qu'il était monté lorsque tu l'avais rencontré. Alors comme ça Jésus tombait amoureux ? Etrange. Tu ne l'aurais jamais cru. Jésus aimait les gens, tu le savais, mais tu ignorais s'il était déjà tombé amoureux une fois. Ne dit-on pas que le Christ est mort vierge ? Que c'est pourquoi il a été recouvert de limbe lors de sa mort ? Sans doute. Bref, oublions quelques secondes la Bible & retournons à nos moutons, voulez-vous ? Ou plutôt nos étalons. Tu sentais parfaitement le désespoir de ton partenaire à ta rencontre, cela te faisait bien rire, c'est pourquoi tu ne le lâcha pas des baskets. Soyons francs, tu aimais embêter le monde ... Mais surtout lorsque cela touchait tes terres.

" La famille en elle-même, non. Mais celle de mes potentiels ennemis, oui. "

Tu ne portais aucune importance à la famille en elle-même, c'était la stricte vérité. Tu ne te voyais aucunement devenir un étalon aimant, un père qui guiderait ses enfants sur le bon chemin ... Non. Tu voulais simplement un héritier que tu guiderais sur ton ombre, dont tu érigerais chaque partie de sa vie, où tu ferais comprendre qui était son créateur. Après, quand cet héritier aurait l'âge de gouverner, tu t'éclipsera & fera comme si de rien était. Non,
tu n'étais véritablement pas fait pour vivre une vie d'étalon bien rangé, une vie où tu aurais des enfants bien sages. Tu n'étais qu'un conquistador, un être qui ne vit que pour gouverner & découvrir d'autres sources de pouvoir. Lorsque tu remarquas l'absence de réaction de l'étalon, tu poussas un profond soupir de lassitude, mais surtout de tristesse. C'était dommage. Tu aurais tant voulu t'amuser aujourd'hui. Oh tiens ! Il faisait demi-tour vers les bois ? Parfait ! Tu pourrais sans doute t'amuser autrement, alors. Tu fit volte face à ton tour & le suivit, comme son ombre. Plus chiant, on ne fait pas, je crois ! Pourquoi tu fais ça en réalité ? Même moi, je ne le sais pas.

" Vous recherchez toujours le cerf ? "
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MessageSujet: Re: Antlers. [L]   Mer 20 Déc 2017 - 22:05

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Voilà ce qu'il restait. Les ruines. Les traces. Les éléments fantasmagoriques de l'être qui sont laissés, comme une arrière-pensée, dans l'herbe surréaliste, deux rappels à la vie biscornus entre deux gouttes trempées par la peinture d'un artiste mélancolique. Les bois. Il aimait mieux ce qu'il avait imaginé ; étrange comme cela semble arriver tellement souvent, la beauté qui dort cachée dans l'esprit et la laideur lovée dans la réalité, qui montre ses crocs lorsque l'âme idéaliste vient tendre une paume ouverte et amicale. Il se pencha, lentement, toujours accompagné par les deux volutes que dégageaient ses naseaux, inlassables et épaisses. Les bois. Non, ils n'avaient pas craqué sous son poids. C'était comme s'ils avaient senti qu'ils devaient rester intacts, immobiles, un avertissement pour le spectateur qui les rencontrerait, un mémorial étrange permettant d'imaginer le cerf sans avoir à rencontrer le corps caché derrière les arbres noirs.

Il ferma les yeux. Une veine frappait contre sa tempe. Il pouvait sentir son coeur - le sang chaud, bouillonnant, frémissant dans les artères - une sorte de mélancolie et de colère sourde dirigée contre rien et personne qui prenait pourtant vie, créature d'artifices, faisait quelques pas tremblants dans son esprit en cherchant à l'aveuglette l'objet de sa crainte et de sa hargne. La terre, qui arrachait à son esprit les filaments de beauté ? Son propre idéalisme, dont il n'avait pas broyé toutes les racines ? La finalité, trop brutale, à laquelle il refusait de penser tant l'idée d'un départ abrupt lui semblait insoutenable, insensée ? Oh, Shiro, tellement rationnel, tellement insensible, garçon ayant grandit dans une boîte d'allumettes et refusant d'en sortir même lors que celle-ci se distend, se déchire, se déforme sous sa taille et son poids. Et il ne lui restait plus que quelques maigres étincelles qu'il réservait pour les jours sans lumière où il voulait se réfugier dans l'esprit d'un enfant, doucement, un enfant dans son cocon étrangleur.

Aujourd'hui était peut-être un jour sans lumière, malgré le bleu qui explosait en mille nuances sur la nappe et sur la couche - pique nique en bas et lit en haut, terre et ciel en face à face.

Et cette créature rafistolée par l'ombre qui portait seule la trace d'un vieux rouge dépassé - le cramoisi de la dernière mode, celui d'un temps pourrissant derrière les bosquets. Les jambes enduites de malheur et de mort. Shiro eut un long et étrangement satisfaisant frisson de dégoût.

La famille et les ennemis. Pas de sourire, parce que cela aurait été trop simple. Que savait-il des ennemis, après tout ? Il ne connaissait qu'un mélange de peur et d'indifférence, de rancoeur et d'absolutisme, cette mixture aigre et salée, ce goût de bile et de fer, cette saveur acre que prennent les relations disparues, remplacées par des souvenirs aux silhouettes floues, aux voix désincarnées, aussi fantomatiques que peuvent l'être les quelques tremblements qui ébranlent les vieux vases de sa maison hantée. Son fief. Sa demeure.

Pas de demeure pour un cerf perdu dans le bleu infini du monde.

" Êtes vous seulement l'ennemi de qui que ce soit ? "

Si ce n'est les tripes et les estomacs ouverts sur des fleurs fanées.

Il l'avait suivi, tel un enfant insistant qui s'accroche aux jupes de sa mère et menace de mordre sa chair pour la faire ralentir. Shiro le contempla, s'arracha aux bois gisants. Que recherchait-il ? La question le poussa face au néant, qu'il contempla avec l'absence que l'on attache parfois au grand vide, ce plaisir de faire face à l'abysse en ayant conscience de ne pouvoir y tomber.

Un tremblement ébranla alors la terre. Il s'arracha à la figure du borgne pour guetter l'horizon mouvant, ondulant, animé par mille jambes effrénées - ouvrit la bouche sur une exclamation muette, alors qu'il réalisait que galopait à travers la plaine un troupeau de biches, dont les sabots frappaient la terre avec une détermination qui la pliait sous leur poids.

Leurs regards étaient fixes, leurs cous graciles allongés, et elles avançaient implacablement comme une armée aurait fondu sur un ennemi, remplissant l'air de la vapeur de leurs soupirs. Bientôt, elles fondraient sur eux et les engloutiraient dans leur masse brune, blanche, noire...

" Il semblerait que je ne sois pas le seul, " dit-il, la voix habitée par la merveille.
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MessageSujet: Re: Antlers. [L]   Mer 20 Déc 2017 - 23:07

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« Etes-vous seulement l’ennemi de qui que ce soit ? » C’est vrai ça Collapsing : es-tu seulement l’ennemi de quelqu’un, ici, sur cette île ? Je sais que tu es quelqu’un de méchant, de vil & de malsain, mais l’es-tu assez pour t’être fait des ennemis ? C’est ce que tu recherches pourtant, mais je ne suis pas certaine que tu t’en sois fait. La preuve avec Cyrius : il se moque de toi, il n’a pas peur de toi, il rit de toi. Il te considères plus comme un abruti qu’un ennemi selon moi. Ocëan Pearl, parlons d’elle. Elle, elle te considère sans doute comme le plus con du monde. Elle te considère comme l’être le plus immonde, mais surtout pour le plus méchant, mais je ne suis pas certaine que tu es son ennemi. Je pense que tu es surtout un être qu’elle préfère ignorer. Sorrow. Je pense que Sorrow, même toi, tu le considères comme quelqu’un d’estimable. Vous avez eu une discussion assez particulière, mais ça t’a permis de l’avoir mis haut dans ton estime. En fait, quand on y pense, ça m’étonnerait que tu sois l’ennemi de quelqu’un. Tu es surtout quelqu’un qu’on veut écraser, quelqu’un qu’on veut anéantir : tu n’es qu’un cafard qu’on rêve de tuer. Ouais, tu ne représentes rien de bien important, ici.
Tu as voulu faire ton fier, tu as voulu te faire respecter. Mais entre vouloir & le faire, il y a un grand pas selon moi. & ce pas, tu ne l’as pas encore franchit malheureusement. Tu continuais de suivre l’étalon sombre comme une moule qui suit la marée. Je ne comprends même pas pourquoi tu fais ça, je ne sais même pas pourquoi tu suis ce que fait cet étalon. Il t’intéresse à ce point-là ? Il t’intrigue autant ? Je me le demande bien. Après, c’est vrai que ça me fait plaisir : ça me permet d’écrire beaucoup ce que tu fais. Le fait que tu suives ce noiraud me permet d’imaginer plein de situation & c’est très bien. Finalement, tu posas un œil bref sur le ciel. Il était bleu aujourd’hui, bleu comme la marée mais une odeur âcre de sang était omniprésente. La Mort était là. Tu le savais. Tu le savais parfaitement.

«  Ennemi ? Je ne sais pas. Je sais juste que je suis haï de beaucoup de monde & ça me va très bien comme ça. » Tu étais honnête, c’est bien. «  & vous ? Avez-vous des ennemis dans ce bas monde ? »

Soudain, un bruit énorme. Un tremblement. Les Dieux se réveillaient-ils ? Est-ce que les Dieux ont décidés de te punir ? De punir ta haine constante ? Je ne suis pas sûre. Puis, une parole & tu posas un regard sur la masse énorme qui venait vers vous. Des biches. Elles venaient chercher leur amant, elles venaient venger sa mort. Tes yeux s’ouvrirent brusquement tandis que tes oreilles se blottissaient dans ta crinière. Allais-tu mourir ? Ce serait tout de même bête de mourir sous les sabots de cervidés. Tu venais d’écraser les entrailles du maître des lieux, peut-être viennent-elles t’arracher les tiennes, comme des nymphes venant protéger leur Eden. Tu fis un pas en arrière, d’instinct. Fuir ou ne pas fuir ? Fuir était sans doute l’idée la meilleure que tu aies eu d’ici là. C’est pourquoi tu fis brusquement volte face, mais avant cela tu posas un regard ton malheureux compagnon de route.

« Je vous laisse les intercepter, peut-être saurez-vous les accompagner plus convenablement que moi. » & sans attendre, tu pris appui sur tes postérieurs pour ensuite déguerpir sur la plaine, comme un lapin.
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MessageSujet: Re: Antlers. [L]   Dim 24 Déc 2017 - 18:33

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" Je n'en vois pas l'intérêt. "

Amour et haine s'entremêlaient pour faire le noeud coulant d'où se suspendrait le corps du damné. Les émotions trop profondes le terrifiaient. C'était plus facile de se recroqueviller à la surface des choses, là où elles demeurent floues et n'ont pas la consistance que donne la profondeur, la masse. Il ne désirait pas se faire d'ennemis, tout comme il ne cherchait pas particulièrement d'amis ou d'alliés. Cette créature là semblait apprécier la haine qu'il évoquait chez les autres.

Shiro le regarda, brièvement, comme pour deviner l'endroit où se cachait le plaisir pervers. S'aurait été facile, de prendre pitié. Pauvre, pauvre bête, recouverte du sang d'un animal mort, fière de l'animosité qu'elle induit parce que c'est la seule chose qu'elle a jamais su provoquer chez un autre être. Se retranchait-on derrière ces barricades lorsqu'on n'avait connu rien d'autre ? Ou alors était-ce la même chose que la recherche éternelle, sempiternelle, de l'amour ? Le besoin de combler un vide ?

Quel vide ?

Il n'y avait que le rien et le rien n'était pas un vide. L'absence de sens n'était pas une abysse. L'absence de symboles n'était que la preuve que la vie ne cherche pas à donner de directions, mais qu'elle expulse simplement le nouveau né dans un monde indifférent à sa survie, à ses amours, à ses ennemis. Et certains remplissaient ce monde de haine ; et certains remplissaient ce monde d'amour.

Et lui ne remplissait pas le monde.

Les biches fondraient sur eux comme un millier de flèches d'airain et pourtant il demeurait immobile, immobile là où l'autre s'activait, pinçait ses muscles, lui adressait quelques mots avant de galoper comme un dératé dans la plaine bleue.

Leur souffle commun formait un nuage glacé qui tourbillonnait, s'épaississait.

Elles arrivèrent, leurs yeux noirs des gouffres immenses, leurs cous incroyablement longs, leurs pattes graciles, leurs bondissements assurés. Elles envahirent tout : l'air, l'herbe, la terre profonde, le ciel empli de leurs soupirs.

Et elles l'épargnèrent. Il n'était qu'un rocher au milieu d'un torrent ; elles s'écartaient et ne faisaient que l'effleurer alors qu'elles poursuivaient leur cavalcade éperdue.

Shiro se retourna pour chercher la silhouette noire de l'inconnu et ne la vit que lorsque la harde l'eut dépassé. Il ignorait si les biches lui offraient le même traitement de faveur.
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MessageSujet: Re: Antlers. [L]   Lun 25 Déc 2017 - 5:46

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Le bruit des sabots des cervidés s’entendait à des kilomètres, il faisait trembler le sol autant qu’un troupeau d’éléphants. En fait, en cette période hivernale ou même festive, nous pourrions comparer ce troupeau à un Disney, une scène d’un fameux dessin animé. Vous ne voyez pas ? Vous ne revoyez pas du tout la scène dont je veux parler ? Vous êtes certains ? C’est pourtant tellement simple. Je vous parle de cette scène des éléphants dans le Livre de la Jungle : vous savez cette fameuse scène où les éléphants chantent, marchent les uns derrière les autres pour ensuite s’arrêter face à l’arbre où Mowgli se trouve. L’arbre où il finit par descendre pour venir jouer avec le petit éléphanteau, ce qui fait s’énerver le Général. Oui mes souvenirs remontent très vite quand je parle d’un événement, que j’imagine ce qu’il peut se passer. Ou peut-être est-ce la période, l’heure aussi, qui fait ça. Bref. Oublions-moi & pensons plutôt à toi, cher étalon qui galope comme un abruti. Qui essaie de fuir un troupeau qui te faisait peur. Un troupeau où tu pensais qu’il allait t’écraser comme un pauvre cloporte. Peut-être est-ce ce que tu es au final.
Tu les entendais : tu entendais leurs sabots qui se rapprochaient petit à petit de toi : tu n’osais pas tourner une seule fois ta tête. Tu aurais trop peur de rencontrer leur regard vide, tu aurais trop peur de mourir sous leurs yeux emplis de colère. Tu pouvais sentir leur colère au travers de leur galopade. Tu n’avais que rarement peur mais ce troupeau représentait tout ce que tu détestais, tout ce qui t’effrayait au plus haut point : la cohésion ainsi que l’union. L’union te faisait peur car c’était quelque chose que tu ne pouvais pas te permettre d’avoir. Soudain, une épaule te percuta & tu chancelas. Une seconde te poussa vers la gauche, tu faillis tomber. Tu avais l’impression qu’elles faisaient exprès, qu’elles voulaient te faire tomber pour que tu souffres, pour qu’elles puissent t’achever. Peut-être est-ce le cas. C’était même fort probable en réalité. Tu avais massacré le corps de leur amant, tu avais abimé les entrailles qui les avaient si longtemps protéger. Elles t’en voulaient, tu le sentais. Ou peut-être est-ce ta paranoïa qui parle. Ce manège dura bien dix minutes, enfin tu pensais, puis les biches disparurent aussi rapidement qu’elles étaient arrivées.
Alors, tu te retrouvas debout, tout penaud & l’écume présente sur ton corps : tu avais réellement eu peur. Peur pour ta vie. Peur pour ton ambition. Tu aurais cru que par vengeance, ces biches t’auraient tué. Heureusement pour toi, le frison te voyait de dos, donc il ne pouvait distinguer la peur que tu avais pu ressentir. Tant mieux tu me diras : que lui dirais-tu s’il s’en rendait compte ? Tu finis par secouer vigoureusement ton pauvre corps meurtri, pour ensuite faire volte face & trotter vers le frison. Il n’avait pas bougé d’un poil. Il n’avait pas eu peur, cela se voyait rien qu’à son regard. Tu fus intrigué, alors tu te mis à côté de lui, observant sa carrure. Tu compris très vite.
 
« Elles vous ont évité comme un rocher au milieu d’une cascade : félicitations ! »
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MessageSujet: Re: Antlers. [L]   Lun 1 Jan 2018 - 17:46

Parmi les biches se cache,
Le dieu de la chance et du hasard.
Aléas, tout de plumes et de panache,
Pose sur Shiro son regard.

« Shiro,
Je suis Aléas, dieu de la chance et du hasard.
Je vais te poser une question,
Si ta réponse est correcte je repartirais comme je suis venu,
Si au contraire tu te trompes, je t'emporterais en Enfers.
Le galop est-il une allure à quatre temps ?
»
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MessageSujet: Re: Antlers. [L]   Mer 3 Jan 2018 - 15:13

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Le tremblement ne vint qu'après.

La terreur et le choc s'enlacent souvent avant d'entrer dans un corps. Une fois qu'ils ont suinté dans un esprit, ils se détachent pour chacun se frayer un chemin ; l'un va dilater une pupille, l'autre figer un muscle, embrouiller la clarté d'une pensée.

Il se mit à trembler, à moitié dévoré par le froid et par l'épouvante, les yeux rivés sur ce tourbillon de chair qui s'éloignait de plus en plus, indifférent aux vicissitudes de sa propre vie.

Les biches avaient perdu leur roi et elles traversaient la plaine avec un regard implacable, un seul corps formant une reine gloutonne qui trouverait bien, dans les fin fonds mystérieux d'une forêt lointaine aux arbres noirs, un autre cerf pour la servir. Un autre, aux bois plus aiguisés, plus imposants encore, qui se battrait pour elle, mugissant et laissant son adversaire peut-être blessé à mort, bramant dans la nuit en quête des filaments d'instinct maternel que ces femelles oublient dès lors que la puberté vient piquer l'échine qui portera les bois.

Comme un diable qui toujours surgit sur une épaule dénudée par l'inattention, l'inconnu reparut. Shiro demeura immobile, les yeux écarquillés par sa surprise, et fixa l'horizon longtemps encore après que les biches aient disparu, incapable de formuler une pensée qui n'ait été brouillée par le souvenir de leur force qui le frôlait sans jamais l'emporter. Invincible ! Peut-être l'était-il à l'instant. Et pourtant il avait la sensation d'être un nouveau né, les jambes flageolantes, incertain d'aimer ce monde froid qui oubliait si vite la mort d'un monarque et continuait à vivre, vivre, vivre sans l'être disparu.

Un tressaillement s'empara de sa colonne vertébrale. Il allait se tourner vers l'importun, lorsque surgit soudain une créature que son père lui avait longuement décrit toute sa vie : Sorrow avait toujours aimé le physique incongru d'Aléas, ses couleurs et son exotisme qu'il avait détaillé avec toutes les subtilités moqueuses que pouvait invoquer son esprit.

L'enfer. Quelque chose dans son esprit se refusait à l'imaginer piégé dedans. L'enfer des dieux grecs n'avait pas la qualité destructrice de celui des chrétiens, tout comme leur Hadès pouvait brandir à la fois une fourche et la corne d'abondance symbolisant la richesse des sous-sols. Et pourtant, l'idée de rejoindre le royaume des morts, après avoir imaginé ce cadavre pourrissant non loin de là...

" Le galop est une allure à... Trois temps ? "

Il se tourna vers l'étalon noir, malgré lui, puis réalisa qu'il n'y avait aucun confort à puiser dans cet individu là. Pourquoi lui ? Pourquoi tenter de le punir lui, et pas cet énergumène, qui souillait la sacralité d'un corps en pataugeant dans des boyaux ?

Shiro sourcilla, incapable de masquer sa frustration.
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MessageSujet: Re: Antlers. [L]   Jeu 4 Jan 2018 - 1:22

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Mais pourquoi avoir si peur de cervidés, qui pourtant étaient inoffensifs ? Pourquoi avoir peur d’animaux qui ne demandent que la survie ? Pourquoi avoir peur d’animaux qui ne vivent que pour manger & procréer ? En fait, quand on y pense, c’est souvent les animaux les plus inoffensifs qui finissent par devenir les plus dangereux, non ? La preuve avec le Dauphin. Cet animal si beau, si majestueux, qui finalement fait peur à son cousin le requin. Il le terrorise car ce dernier sait parfaitement qu’il le tuerait s’il le voulait. En explosant ses organes internes à coup de museau. & ceux à plusieurs fois, mais surtout à plusieurs individus. C’est peut-être ça qui te fait peur en réalité quand on y pense : la cohésion. Le fait qu’un groupe ne devienne qu’une seule masse par conscience. Qu’il devienne un seul individu car leurs coeurs ne forment qu’un. Oui, c’est sans doute cela qui te fait réellement peur. Le fait que des animaux que tu penses idiots finissent par te tuer car ils s’aiment, car l’union fait la force comme on dit. Tu n’as jamais connu ça toi, hein mon beau ? La famille qui t’inclue dans son monde, qui te protège & qui finalement fait en sorte que vous ne formiez qu’une seule masse. Après, tu t’en moquais, puisque depuis tout petit tu savais que l’union ne faisait la force que si l’on s’aimait : sinon on était bien mieux servi que par soi-même.
Au moment même où tu voulus de nouveau parler, l’apparition d’Aléas se fit. Nom de Dieu, mais c’est pas vrai. Ce cheval était partout où tu te trouvais, c’est dingue ! Que ce soit avec Ecalipse ou Shiro, il arrivait toujours à l’improviste. & finalement, c’était pour les emmener eux & non toi. Tu plaquas les oreilles en arrière, sentant comme une pointe de jalousie dans ta gorge. Pourquoi il les emmenait eux & pas toi, sincèrement ? Tu ne comprenais pas. Tu faisais pourtant tout pour être le bienvenu en Enfer : tu provoquais les autres, tu manipulais les uns, tu frappais les poulains, tu faisais le mal autour de toi. Etait-ce vraiment cela qui était demandé ? Lucifer n’est-il pas le Dieu le plus affreux, le plus méchant de tout le Céleste ? Tu écoutes la réponse & pinça des naseaux. Cet idiot s’était trompé ! La réponse était de quatre temps : faisait-il exprès ou était-il complètement abruti ? Sans même hésiter une seule seconde, tu fis un pas en avant, poussa le frison & te mis entre le Dieu & lui.

« Emmenez-moi. » Ce n’était pas une supplique mais plus un ordre. Aléas était un Dieu, mais c’était une obligation qu’il t’emmène. Tu serais capable de tuer pour aller en Enfer. Ce frison ne méritait pas d’y aller, il était trop faible.
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MessageSujet: Re: Antlers. [L]   Jeu 4 Jan 2018 - 11:08

Exotique parmi cette plaine,
Aux couleurs inhabituelles,
Aléas sourit du désaccord,
De l'étalon à moitié mort.

« Le galop est une allure à trois temps,
Suivi d'une phase de projection ou suspension,
Dans le prolongement du troisième temps.
Et les dieux n'obéissent pas à un simple pion.
»

Dans un souffle de vent,
La divinité disparaît à l'instant.

Spoiler:
 
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MessageSujet: Re: Antlers. [L]   Dim 7 Jan 2018 - 16:06


Le dédain de l'étalon noir n'eut de l'emprise sur lui que jusqu'au moment où Aléas ouvrit la bouche et le sauva. Pas d'enfer ! Pas de séjour dans des boyaux interminables comme les pensées qui précèdent le sommeil, pas de punition imméritée...

Shiro se tourna vers l'étalon noir qui l'accompagnait et le détailla. Sa lèvre trembla, progressivement, finalement secouée par de véritables tressaillements, avant qu'il ne puisse résister plus longtemps au sourire carnassier qui étira ses lèvres, un amusement presque sauvage allumé dans son esprit. Le rire vint après : moqueur et hilare, imprégné de tout ce qui s'éloignait de la joie et empli de tout ce qui caractérise le ricanement de la  hyène.

Le rire gonfla, s'enfla, il manqua d'hoqueter tant il se prolongeait.  Aléas avait disparu et les laissait seuls dans cette plaine immense, seuls, lui et le borgne qui rêvait de mettre les pieds dans le royaume de la mort mais n'y était manifestement pas destiné.

Le frison releva la tête pour contempler les tréfonds de cet oeil mort, demandant d'une voix dans laquelle le rire sourdait encore, intenable :

" Qu'est-ce que ça fait de tout faire pour avoir quelque chose, et de ne pas l'obtenir ? "

Et il rit encore, l'esprit infiniment léger. Oui, cette pauvre créature méritait bien de connaître les enfers : mais si tel était le désir de cet esprit révoltant, n'était-il pas bien plus adéquat de le laisser mijoter sur terre, là où tout est bas, où le fantastique jamais ne touche rien, où la poésie se dénude jusqu'à révéler les os pointus de la réalité ?

Il aurait pleuré de rire et peut-être sentit-il une larme rouler, incertain qu'elle existe vraiment. Shiro grinça des dents.

C'était lui, le faible. Lui, qui se plaisait dans la fange de ses erreurs. Lui, qui l'avait méprisé et qui pourtant n'était pas l'élu de la mort, celui qu'elle rêverait d'emporter.

Son hilarité mourut enfin et il songea à nouveau au cerf mort. Il se redressa de toute sa taille et remarqua que les bois avaient disparu. Volatilisés.

Emportés par le courant.
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MessageSujet: Re: Antlers. [L]   Lun 8 Jan 2018 - 16:27

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& Aléas disparut. Il te laissa seul dans cette étendue d’herbe : seul avec cet étalon noir & imposant. Seul avec ton désir de suivre le seul maître que tu n’avais jamais connu : Hadès. Mais ce désir ne se vit pas satisfait, tout simplement parce que le Dieu l’avait décidé, mais en plus de ça il t’avait rabaissé. Il t’avait rabaissé au rôle que tu avais toujours eu : être un pion sur cette terre. La colère gronda en toi comme le rugissement d’un lion qui se mourait dans sa gorge. La colère de n’avoir pas réussi, la colère de n’avoir pas eu ce que tu désirait le plus au monde, mais surtout la colère d’avoir eu la vérité en face. Tu n’étais pas l’Elu de la Mort, tu n’étais qu’un être mortel qui l’attendait. Mais lorsque tu irais aux Enfers, qu’adviendra-t-il ? Que deviendras-tu ? Que feras-tu ? Je pense que tu deviendras encore plus fou que tu ne l’as jamais été. Tu penseras que tu as ta place dans les tunnels des démons, mais accepteras-tu d’être seul ? Accepteras-tu de n’être que le bouffon du roi ? D’être seulement un valet ? Je n’en suis pas certaine, malheureusement. Alors peut-être que ce voyage, qui finira bien par arriver, anéantira toute vie en toi. Tu ne deviendras la machine à tuer d’Hadès, qu’un cerbère parmi tant d’autres.
Soudain un rire. L’étalon noir se moquait ouvertement de toi. Il riait de toi aussi facilement qu’un enfant. Comment osait-il ? Pourquoi faisait-il cela ? On avait encore jamais rit de cette façon à ton encontre. On avait encore jamais osé se moqué de toi ainsi. Tes oreilles, fines & noires, se plaquèrent brusquement dans ta crinière tandis que tu posais ton regard sur ton partenaire. Il sondait ton œil vide, tu le sentais, mais la haine régnait dans ton œil valide. Tu ne supportais pas qu’on se moque de toi, surtout pas quand tu as été refoulé. Surtout pas quand tu as été relégué au rang de remplaçant, comme un footballeur connu. Tu voulus rappeler Aléas, le provoquer, pour qu’il t’emmène mais c’était trop tard, le Dieu venait de s’envoler aussi rapidement qu’il était venu. Un blasphème, il venait de commettre un blasphème. Quand tu arriveras aux enfers, ça arrivera c’est certain, tu irais voir Hadès & lui ferais comprendre qu’il aurait du t’emmener depuis bien longtemps. Finalement, tu secouas la tête en tentant de calmer tes envies de meurtres & tes ardeurs primitives.

« Comme toi avec le Cerf, non ? » Un sourire carnassier se posa sur tes lèvres. « Ne me provoque pas, c’est un conseil d’ami. »

Tu avais envie de le tuer, lui arracher la jugulaire pour ensuite de son agonie. Tu avais envie de le voir s’écrouler pour ensuite piétiner ses entrailles comme tu avais pu le faire avec le cerf, mais tu te retins. Tu avais eu bien trop de combat actuellement pour te permettre de provoquer un frison. & puis soyons francs, tu ne survivrais sans doute pas à cet énième combat. Finalement, sans prévenir, tu fis un pas, mordit l’épaule de l’étalon noir avec violence & ensuite partis au trot loin de ce dernier. Il garderait une marque de toi, à vie. Tu ne voulais pas te battre, juste lui faire comprendre que tu ne supportais pas cet affront.

« Tu penseras à moi, ainsi. » Tu continuas à trotter, la queue en panache. « Sur ce, je te laisse, j’ai d’autres choses à faire. » Ou dis plutôt que son rire t’avait vexé & que tu préférais partir plutôt que tuer cet étalon, n’est-ce pas ?
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MessageSujet: Re: Antlers. [L]   Lun 8 Jan 2018 - 19:08


Manifestement, l'inconnu (il n'apprendrait jamais son nom) n'aimait pas particulièrement la moquerie. Shiro n'avait de toute façon jamais connu quiconque dont l'ego ait été assez solide pour supporter les railleries, encore moins le rire en cascade qui lui avait échappé et s'était déversé dans la plaine bleue.

Le charme s'était rompu. Là où l'autre avait été une sorte de créature funeste, il ne demeurait plus qu'un borgne qui croyait tout comprendre et tout obtenir et ne savait finalement rien, n'avait rien non plus. Son esprit semblait se borner au plaisir d'épater l'interlocuteur avec des propos viciés, mais l'attitude était, en soi, terriblement enfantine : c'était le même plaisir que prend un enfant à jeter le hochet que lui tend l'adulte afin de voir son grand esclave se baisser pour lui, le même plaisir que prend le gamin grandissant à arracher les ailes d'un papillon, la jubilation de faire du mal parce qu'on le peut et parce qu'on veut attirer l'attention.

" Le cerf n'est pas ce que je désire le plus au monde, " dit-il avec un sourire en coin désabusé, fixant toujours l'énergumène avec une étincelle d'amusement dans le regard. Non, il ne savait rien. Borgne, mais véritablement aveugle : pensant deviner, ne faisant que tâtonner dans la pénombre d'un esprit peu éclairé.

S'il prenait tellement de plaisir à voir un autre dénué de ce qu'il désirait, c'est parce que c'était la source de tout son malheur, et que son malheur reflété chez l'autre rassure incroyablement. Il ne serait pas le seul à souffrir.

D'ailleurs, la souffrance ne s'arrêtait pas de sitôt : le borgne jaillissait soudain et plantait ses dents dans sa chair. Shiro entrouvrit la bouche, mais fut trop surpris pour lâcher une plainte, et se contenta de regarder l'autre avec un air médusé. Les mâchoires de l'autre s'arrachèrent à sa chair aussi vite qu'elles étaient venues et Shiro examina aussitôt sa plaie, qui exhalait avec empressement du sang rubis.

Couleur incongrue dans cette infinité bleue.

L'autre devait être un fétichiste, ou un vampire. Par ailleurs, il lui lança quelque chose qui ressemblait à la réplique douteuse d'un héros romantique d'ouvrage pour adolescente échaudée. Se souvenir de lui ? Après l'avoir mordu ? Dans quel genre de mauvais scénario était-il tombé ?

" Lâche ! " lança-t-il malgré lui, grinçant des dents. La douleur pulsait dans sa chair.

Il laissa l'herbe bleue aspirer quelques gouttes d'une pluie inhabituellement rouge, puis fit volte face pour retrouver son chemin.
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Antlers. [L]
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