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 Fury Road || HARMO [ END]

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Collapsing
El conquistador

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MessageSujet: Fury Road || HARMO [ END]   Dim 8 Oct 2017 - 20:01

On trouve toujours plus fort que soi.

Des cris animaux se faisaient entendre, tandis qu'une grande galopade était étouffée. Les branches des arbres se mouvaient au gré des animaux, tandis que des feuilles volaient au gré des sabots d'un cheval. Dans la nature, il y a une chaîne qui est présente depuis la nuit des temps : la chaîne alimentaire. Mais aussi la chaîne du plus fort. Malgré la taille de certains animaux, ils ne demeuraient pas moins les rois. Ils demeuraient maîtres de certains lieux. On pourrait, bien évidemment, croire qu'ils se laisseraient malmener par les prédateurs ou bien sûr des animaux bien plus gros/grands qu'eux. Malheureusement, ou bien heureusement pour eux, parfois ce n'était pas le cas. C'est bien sûr ce qui se passait dans cette forêt. Connaissez-vous la forêt amazonienne ? & bien, cette forêt était en tout point commune à cette dernière. En effet, elle était arborée d'arbres très grands, elle était joyeuse grâce aux chants des oiseaux présents, mais surtout elle était gouvernée par les singes. Ces derniers étant très présents dans l'Amazone aussi. Personne ne saurait jamais pourquoi ces singes étaient là, sans doute car les Dieux l'ont décidé ainsi, mais ils étaient les rois, les véritables maîtres des lieux. Même les plus grands des prédateurs refusaient de les côtoyer, ils refusaient de les affronter, car ils savaient : ils savaient parfaitement qu'ils allaient perdre.
Un hennissement & une masse sombre traversa la forêt. On pouvait facilement distinguer de l'écume sur le corps de la masse sombre, tandis qu'elle commençait à chanceler. Depuis combien de temps cette course folle était là ? Depuis combien de temps la silhouette galopait-elle ? Un cri primate se fit entendre tandis que la silhouette redoublait d'effort. Venait-elle d'énerver les singes ? Venait-elle de déclarer sa mort ? En mangeant cette banane tombée d'un arbre ? C'était évident. La peur se ressentait à chaque galopade que tu pouvais avoir. Tu n'avais jamais peur, mais là, tu avais véritablement le sentiment de te retrouver face à ta connerie, face à ton destin. Tu allais mourir des mains de ces babouins sans cervelle ? C'était pas possible. Tu redoublas d'effort tandis que tu tournais à un endroit, espérant retomber sur tes pas & pouvoir sortir de cette maudite forêt. Malheureusement, au moment même où tu retrouvas le chemin de la sortie, les babouins étaient descendus de leur arbre & t'attendaient de pied ferme, te bloquant la sortie. Tu stoppas net, te cabras & plaquas les oreilles en arrière. Tu poussas un hennissement rauque, espérant que quelqu'un t'entende. A ce moment-même, les singes se jetèrent sur toi. Tu allais mourir, c'est sûr.


Dernière édition par Collapsing le Dim 31 Déc 2017 - 16:29, édité 1 fois
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Harmonie

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MessageSujet: Re: Fury Road || HARMO [ END]   Mar 10 Oct 2017 - 11:38


Qu'avait-elle fait pour se retrouver là ? Elle ne savait plus. Elle avait suivi le Chant sans y penser, s'accrochant aux murmures des arbres sans vraiment les écouter. Elle l'avait senti gonfler à l'intérieur de son crâne, prendre plus de place qu'il ne l'aurait dû. Aujourd'hui, pourtant, elle n'avait rien fait pour l'en empêcher.
C'était une belle journée, une journée qu'elle aurait aimé passer avec lui. Peut-être était-ce pour cela, qu'elle avait laissé le Chant combler le vide de son absence. Harmonie savait qu'il était là, quelque part – jamais bien loin, en vérité – mais elle se sentait lasse et incapable de le rejoindre pour le moment. Elle s'était donc soumise aux plaintes des Arbres, la tête penchée sur le côté pour mieux les entendre hurler.

Dans un trop-plein de confiance qu'elle possédait rarement, Harmonie s'était persuadée qu'elle pouvait les contrôler, leur intimer de se taire quand elle serait blasée par leurs mots viciés. Elle devait se rendre à l'évidence : sa bêtise n'avait que trop duré. En pensant qu'elle était plus forte qu'eux, elle les avait laissé passer une ligne qui n'aurait jamais dû être franchie. Maintenant, ils hurlaient avec puissance à l'intérieur de son crâne et elle ne pouvait plus s'en débarrasser.
La preuve était là : elle avait parcouru plusieurs kilomètres sans même y penser. Elle se souvenait du grand arbre sous lequel elle s'était assoupie, bercée par son chuchotement incessant. Voici qu'à sa place, en levant les yeux, elle trouvait une forêt inconnue, un royaume qu'elle aurait mieux fait d'éviter.

Dans un couinement inquiétant, un singe s'enfuit à toute hâte dans les arbres, faisant tomber quelques feuilles sur la croupe de la petite jument. Harmonie s'ébroua, profitant de l'occasion pour reprendre possession de son propre corps. Elle repoussa le Chant dans un coin de son cerveau et reporta son attention sur le monde.
Devant elle, la forêt sombrait soudainement dans un puits d'obscurité qui recrachait une forte odeur nauséabonde. Un mélange effrayant de sang, de pourriture et une touche plus marquée, un embrun peu familier, qui recouvrait le tout et enveloppait sa robe palomino.

Harmonie cessa de respirer. En jetant un coup d’œil autour d’elle, le tronc griffé d’un arbre ne fit que confirmer ses soupçons : elle se tenait juste devant la tanière d’un tigre. Dans la jungle, il était roi et elle, elle n’était rien. Jamais elle ne pourrait se battre contre ce puissant prédateur. Même les singes évitaient cette zone. Si celui qu’elle avait entendu fuir était venu jusqu’ici, c’était sûrement parce qu’il l’avait suivie, intriguée par sa marche inconsciente, qui l’avait jetée droit dans la gueule du loup.

La palomino se reprit en tapant du sabot sur le sol. Si le prédateur avait été là, la jument serait déjà morte. Avec un peu de chance, le Chant ne l’avait pas amenée faire face à son destin. Le tigre était absent, il flânait certainement autour d’une autre de ses tanières, plus loin sur son territoire. Harmonie se décida donc à faire demi-tour et souleva son antérieur gauche dans un désagréable bruit de succion. En baissant les yeux sur le sol meuble de la jungle, un haut-le-cœur lui retourna le ventre et elle se retint de justesse de vomir son quatre-heures. En frappant le sol, elle avait enfoncé son sabot dans la carcasse pourrie d’un jeune singe. Le sang éclaboussait ses poils dorés jusqu’à son genou et quelques morceaux de chair s’accrochaient à son paturon. N’ayant pas la force de baisser la tête pour s’en débarrasser du bout des lèvres, la petite jument reprit son demi-tour en espérant que la marche la nettoierait, en partie du moins.

Quelques pas plus loin, après s’être suffisamment éloignée de la tanière, Harmonie prit quelques secondes pour regarder l’état de sa jambe. Malheureusement, le sang séchait sur ses poils dorés et retenait avec plus de force les quelques bouts vermeils du primate mort. L’odeur attaquait ses naseaux, réveillant en elle d’autres haut-le-cœur désagréables. Elle se mit donc en quête d’un cours d’eau pour se débarrasser de la souillure sur sa belle robe.
Elle n’eut pas le temps de faire un nouveau pas en avant qu’un hennissement vint s’écraser à l’intérieur de ses tympans. La petite jument tourna la tête dans la direction du bruit, prenant soudain conscience du silence qui l’entourait jusqu’à maintenant. Le Chant était toujours là, à l’intérieur de son crâne, mais le monde extérieur semblait s’être mis d’accord. Les singes ne criaient plus, les oiseaux avaient disparu.

Sans réfléchir, Harmonie s’approcha de la forme noire qu’elle apercevait difficilement entre les arbres. Quand elle put enfin distinguer la forme courbe du nez arabe de l’étalon, le cri des primates revint à la charge tandis qu’ils bondissaient tous en avant. Le choc la foudroya sur place : elle n’avait jamais vu de singes attaquer un cheval, mais elle était persuadée que le mâle ne tiendrait pas longtemps face à cette horde. Jetant un seul coup d’œil à son antérieur souillé, le palomino prit sa décision et bondit elle aussi vers le champ de bataille.

La petite jument n’était pas une guerrière, elle ne s’était jamais battue et priait intérieurement pour qu’elle n’en ait jamais besoin. Cependant, elle ne croyait pas aux coïncidences. Elle trouvait le monde « trop bien foutu » pour que les dieux ne laissent passer la moindre parcelle de hasard. Si elle était ici aujourd’hui, si elle s’était approchée de la tanière d’un roi et si elle avait plongé sa jambe dans le sang et la mort, c’était, pour elle, un signe qu’elle devait intervenir. Qu’elle pouvait intervenir.

La belle d’or s’imagina une déesse de la guerre, pensa à l’armure imbattable qui la recouvrait, s’inspira de la puissance de ses bras et s’interposa bruyamment entre les prédateurs et leur proie. Elle mit à profit toutes ses années de mensonges et se persuada elle-même que rien ne pouvait l’arrêter, qu’elle avait triomphé du mal une fois et qu’elle pouvait recommencer.
Elle fouetta l’air de sa queue blanche, claqua des dents à quelques centimètres d’une oreille de singe et frappa violemment le sol de son antérieur souillé. L’odeur de sang et de prédateur envahit les lieux tandis que les quelques bouts de chair virevoltaient un peu partout, s’écrasant sur le sol ou le museau des primates.

Elle ne s’était jamais faite aussi violente, mais ne se laissa pas gagner par la peur. Elle recala au fond de son cœur tout sentiment inutile et s’inspira du hurlement des arbres à l’intérieur de son crâne pour donner plus de puissance à sa voix ; pourtant, elle ne cria pas. Elle sourit et laissa échapper un simple chuchotement, un souffle d’air qui roula au fond de sa gorge et sortit de sa bouche comme une promesse de meurtre. Un rire cruel qui n’attendait que l’assaut des idiots pour s’émerveiller devant leur mort.

Face à la stupeur des singes, Harmonie crut comprendre que son manège était convaincant. Elle espéra intérieurement que tout ceci suffirait à les faire fuir pour de bon. Elle se donnait des airs de guerrière pour sauver un inconnu, mais dans un véritable combat, elle ne serait guère plus qu’un cadavre vivant.



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MessageSujet: Re: Fury Road || HARMO [ END]   Mer 11 Oct 2017 - 0:02

La sauvagerie du monde se réalise lorsqu'on la voit.

Plus aucune bruit n'était présent dans cette forêt. On pourrait croire que la forêt en elle-même venait de mourir en une seule seconde, qu'elle venait de disparaître dans une tempête invisible. Les oiseaux s'étaient tus, même le tigre - roi de cette forêt - avait disparu. En fait, en un quart de seconde, on pourrait croire que la forêt elle-même avait peur des singes. Comment des petits animaux tels qu'eux pouvaient-ils mettre une telle ambiance ? Comment pouvaient-ils ériger des règles qui leur sont propres ? Mais surtout, question essentielle : comment pouvaient-ils vivre sans avoir peur de rien ? Ne dit-on pas que des singes sont des proies ? Que logiquement ils devraient mourir sous les gros des plus grands félins ? Je me souviens une fois : j'avais regardé un documentaire où un petit singe était tombé de l'arbre, où il vivait avec sa mère, & un jaguar était arrivé. Il s'était précipité vers lui pour en faire son dîner & finalement, toute la tribu était apparue. En une dizaine de minutes, ils avaient fait fuir le grand félin, sans même une éclaboussure de sang. Ils avaient gagné. Juste par la force des choses, juste car l'union fait la force. Est-ce le cas ici ? Est-ce que les singes dominent simplement car ils sont beaucoup plus nombreux, simplement car leur famille est plus imposante ? Je pense. En réalité, si on y réfléchit bien : ils sont les parrains de ces lieux. La mafia de la forêt.
La peur se lisait dans tes yeux & la Mort se sentait à tes côtés. Tu t'es toujours vanté de n'avoir peur de rien ni personne, mais aujourd'hui c'était bien différent. Tu avais peur. Une véritable peur. Non pas la peur où l'on se fait dessus, mais cette peur ancestrale où vous avez l'impression de voir votre vie défiler devant vos yeux. Vous savez cette peur que vous ressentez lorsque vous traversez la rue & que vous trébuchez, du coup vous vous retrouvez nez-à-nez avec un capot de voiture & vous voyez la vie défiler devant vous. Vous voyez cet avenir que vous ne toucherez que du bout des doigts, cette famille que vous ne pourrez distinguer que dans vos rêves. En fait, oui, soyons franc, tu ressens une peur dont tu ignorais la présence. Tu avais l'impression qu'à chaque respiration que tu pouvais avoir, ta gorge se serrait, qu'à chaque vision que tu avais une larme roulait sur ta ganache. Oh bien sûr, tu ne pleurais pas vraiment. Mais tu avais l'impression que la Mort te tendait les bras avec une chaleur que tu ne lui connaissais pas. Elle t'attendait, elle te cherchait. Mais non, ce n'était pas ton heure, tu en étais certain. Un mâle se jeta sur ton encolure, tandis qu'un autre sur ta croupe. Tu sentis des morsures, des griffures, mais surtout tu entendis des cris. Bordel, ils allaient te tuer ces cons ! Tu poussas un hennissement rauque tandis que tu tapais du sabot le sol. Tu voulais leur faire peur ... Mais tu savais que ça ne fonctionnerait pas : tout simplement car ils étaient une vingtaine & toi tout seul.
Soudain, un rire se fit entendre. Un rire cruel. Le Malin était-il venu à sa rescousse ? Etait-il venu secourir son chevalier noir ? Tu jetas rapidement le singe qui était présent sur ton chanfrein tandis que tu posais un regard sur la jument à côté de toi : une jument palomino. Elle n'était pas bien grosse, pas bien musclée ni même jolie mais elle ne demeurait pas moins ton seul rempart face à la Mort. Elle venait de te sauver la vie, peut-être & tu en étais convaincu. Pour la première fois de ta vie, tu te rendis compte que quelqu'un était peut-être plus fort que toi. Tu ne fis pas réellement attention au manège de la petite jument à côté de toi, mais lorsque les singes s'enfuirent, tu poussas un long soupir de soulagement. La Mort ne t'accueillerait pas chez elle aujourd'hui, tu venais de lui échapper une seconde fois. Brusquement ton corps te lâcha, tu te retrouvas brutalement couché sur le sol, le souffle extrêmement court & du sang présent sur le corps. Ton oeil invalide était recouvert d'une larme de sang venant de ton chanfrein tandis que ta croupe tremblait à cause d'une blessure bien ouverte. Ils t'avaient bien amoché ces cons. Tu avais besoin de repos, tu en étais convaincu en réalité. Mais tu n'osais l'avouer. Tu voulus te relever au moins trois fois, mais tes jambes te rappelèrent au sol bien rapidement. Tu te remettrais pas debout avant longtemps.

" Merci ... " Un simple murmure presqu'inaudible. Mais tu te devais de le dire. La politesse était de mise, ici.

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Harmonie

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MessageSujet: Re: Fury Road || HARMO [ END]   Sam 14 Oct 2017 - 11:28


Sous son regard d’or, les singes bondirent sur le mâle et lacérèrent leur victime. Elle pensait être arrivée à temps, mais ses pas ne la portaient pas si rapidement. La peur aurait pu illuminer ses pupilles, le regret aurait pu ruisseler sur ses joues. Elle n’en fit rien, pourtant. Accrochée à ses fausses convictions, Harmonie ne s’autorisa aucune faiblesse. Elle devait être une déesse de la guerre. Les déesses ne pleuraient pas. Les déesses ne reculaient pas. Les déesses ne mouraient pas.
Intouchable, incassable, inébranlable. Elle se dressa devant la horde de sa petite hauteur, fière de son port commun et de sa musculature moyenne. Débordant de confiance en un corps qui paraissait faible, elle prouvait aux proies que les apparences étaient trompeuses. Elle était une tueuse, pas une mère ratée. Elle était une guerrière, pas une jument folle. Il ne tenait qu’à eux de vérifier qui, du corps ou de l’esprit, était le maître chanteur.

Quand les primates s’enfuirent en toute hâte, Harmonie ne se laissa pas aller au soulagement. Bien installée dans son costume de meurtrière, elle garda la tête haute et vrilla un regard critique sur les bêtes en fuite. Elle profita même qu’un petit singe passe à son côté pour donner un coup de dents qui, bien heureusement, loupa sa cible.
La palomino n’était pas de nature méchante et se dégoûtait elle-même de ses actions. Si elle avait parfois eu des mots blessants, elle n’en avait jamais eu les gestes et regrettait quelque peu d’avoir dû s’adonner à ce petit jeu. La fausse puissance que l’on pouvait ressentir devant la fuite d’un ennemi ne lui plaisait pas du tout. Harmonie ne savait que trop bien la beauté des mensonges et, surtout, le mal qu’ils pouvaient faire. Si aujourd’hui, elle faisait fuir les singes, demain, ils feraient d’elle leur goûter.
Quoique dégoûtée, la petite jument garda néanmoins ses allures de grande dame, l’œil attentif à tout mouvement. Elle craignait que la fuite des primates ne soit une ruse pour la tester. Peut-être attendaient-ils qu’elle fasse tomber le masque et prouve sa faiblesse pour lui sauter dessus et l’achever, elle et l’inconnu. Elle attendit donc, immobile, alerte, s’enfonçant un peu plus encore dans son personnage.

Le murmure de l’étalon la ramena à une réalité qui fissura quelque peu son image de guerrière. Elle n’était pas seule. Si elle s’était jetée sur le champ de bataille comme elle ne le l’avait jamais fait et ne le referait jamais plus, c’était à cause de lui. Qui était-il ? Méritait-il qu’elle risque sa vie pour lui ? Aurait-il agi comme elle si les rôles avaient été échangés ?
Harmonie se retourna vers la bête noire. Affalé au sol, le corps ensanglanté, il lui ramenait au visage deux mots malheureux « trop tard ». Il n’était pas encore mort, mais souffrait certainement puisqu’il était soudain tombé au sol et peinait à se relever. Épaulée par la bonté qu’un monde n’avait pas pour elle, la petite jument aurait pu l’aider à se redresser et le pousser gentiment à l’abri des primates et autres prédateurs de la forêt. Elle aurait pu. Tout comme elle aurait pu tourner les talons et l’abandonner.
La palomino n’en fit rien, bien dressée sur ses jambes. Sans baisser la tête, elle posa ses yeux d’or sur l’étalon allongé, donnant à son regard un faux sentiment de supériorité. Elle s’en sortait indemne, elle, la déesse de la guerre, tandis que lui n’avait plus que son œil unique pour pleurer. Peut-être que, de quelques coups des naseaux, d’un appui bien placé ou d’un soutien quelconque, elle aurait pu l’aider, mais pour cela elle devait le toucher. Les pupilles débordant de dégoût, elle grimaça à cette pensée et détourna la tête un instant. Aussi égoïste que cela pouvait être, il lui semblait plus supportable de le laisser crever plutôt que d’établir un contact avec un corps étranger.

Elle se reprit très vite, redonnant à son corps indifférence et supériorité. Elle fit quelques pas en avant pour s’approcher du mort-vivant et l’agrémenter d’un remarquable regard plein de mépris. Ses propres allures ne lui plaisaient guère, mais elles lui semblaient le seul moyen pour aider la bête noire à se lever sans la toucher. Dans la peau de son personnage, elle frappa à nouveau le sol du sabot, près de la tête de l’étalon, et claqua des dents, les oreilles plaquées sur la nuque.

Tu comptes dormir ici ? cracha-t-elle avec véhémence. Non, hein… ? Alors, debout !

Harmonie n’attendit aucune réponse pour pivoter sur ses postérieurs et faire demi-tour. Elle sonda l’obscurité entre les arbres pour essayer de se repérer dans la jungle. Le chant enfla à ses oreilles, peu heureux de constater qu’elle s’intéressait à un autre que lui, de voir ce qu’elle était prête à devenir pour sauver l’un des « autres ». La palomino ne l’écouta pas, concentrée sur sa quête d’une quelconque source d’eau. Elle souhaitait se débarrasser du sang sur ses poils dorés. L’odeur du tigre attendrait qu’elle sorte de la forêt, il lui semblait plus judicieux de la garder sur elle pour le moment. Qui savait quand les singes reviendraient à l’assaut, ou pire : un véritable prédateur…

Il y a un point d’eau, près d’ici, mentit-elle. Elle tourna légèrement la tête de côté pour dévisager l’étalon blessé. À moins que tu ne préfères pourrir ici, puant de peur et de médiocrité, pitoyable victime de proies faibles et lâches.

La petite jument espérait sincèrement que ses provocations donneraient assez de force à l’étalon pour se relever. Il lui semblait du genre à aimer être regardé, haï et craint, ce genre de mâles qui n’accepte pas la supériorité d’une femelle. Si ses insultes ne l’émoustillaient pas assez pour qu’il se dresse sur ses jambes et lui prouve combien il était fort, alors Harmonie serait bien capable de l’abandonner à son sort. Il était hors de question qu’elle le touche, après tout, et elle ne voyait aucun autre moyen de l’aider. Elle avait fait son job, à lui de faire le reste.


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MessageSujet: Re: Fury Road || HARMO [ END]   Sam 14 Oct 2017 - 13:25

 



Fury Road

collapsing & harmo

Tu étais là, allongé tel un cloporte emprisonné dans un miel trop juteux. Tu étais pathétique. Tu ne savais que faire & pourtant tu continuais d'espérer. Mais pourquoi ? Pourquoi t'être autant laissé aller ? Pourquoi t'être laissé faire par ces bestioles ? Pourquoi t'être, surtout, laissé attaquer ? Oh non, ne secoue pas la tête Collap's, tu sais que j'ai raison. Tu sais que tout ce que je dis est vrai. Je t'ai connu autrement mon pauvre : je t'ai connu beaucoup plus combatif que cela. Je t'ai connu surtout beaucoup plus méchant. Tu me fais pitié. Réellement. Comment ça, je ne devrais pas dire cela ? Comment ça je ne devrais pas insinué que tu es pathétique ? Pourtant c'est le cas. Certes, ces singes étaient beaucoup plus nombreux, certes ils avaient la méchanceté en eux, mais n'est-ce pas le cas pour toi aussi ? Ne dis-tu pas que tu es le Malin en personne ? Ne penses-tu pas réellement que Satan aurait assassiné ces bêtes ridicules ? Ne penses-tu pas qu'il les aurait exterminé ? Crois-tu réellement que ces singes seraient partis indemnes de cette bataille si le Malin avait réellement été là ? Fais quelque chose bordel ! Tu sais que la douleur n'est que mentale, qu'elle n'existe que si on la laisse pénétrer en nous. Tu le sais, alors fais quelque chose nom de dieu ! Bon d'accord, je ne devrais pas jurer ainsi, mais tu m'y obliges. Je me sens tellement ridicule de t'avoir créé en te voyant ainsi. Je ne te reconnais plus Collap's. Il y a encore quelque jours, tu défiais un Dieu, tu jurais sur tous les toits que tu étais digne de régner. Alors prouves-le !
Le sang ne cessait de couler sur ta peau comme un fleuve coulant le long d'une pierre. Il ruisselait sur ta robe telle la lave coulant près de l'Etna. Ta magnifique robe ébène ne devenait maintenant qu'une robe banale rouge foncée, tu ressemblait plus à une vieux cheval qu'un étalon fringuant. Comment as-tu pu devenir ainsi, sincèrement ? Je ne comprend pas moi-même ce qui vient de se passer. Bien sûr, j'ai assisté à la scène extérieurement, bien sûr j'ai vu ces singes se jeter sur toi tels des lions en cage, bien sûr j'ai vu à quel point ils t'ont blessés, mais je ne pensais réellement pas que tu allais tombé ainsi sur le champ de bataille. J'avais foi en toi Collap's, je pensais réellement que le chevalier noir se relèverait bien vite. Tu me fais peur. Non sincèrement, j'ai réellement peur pour toi là ... J'ai peur que tu te laisses mourir ainsi, sous les coups de ces singes. Mais est-ce vraiment toi ? Est-ce que ça te ressemble réellement que de faire ça ? Je ne suis pas sûre. Mais alors pourquoi ne te relèves-tu pas ? Oh bien sûr, je t'ai vu essayé, je t'ai vu vouloir le faire mais tu avais finalement abandonné. Tu avais finalement lâché l'affaire comme un poulain handicapé voulant abandonner la vie. Ouais, au début je t'en voulais de réagir ainsi, mais là j'ai réellement peur que tu abandonnes. Mais tu as un royaume à gouverner bordel ! Alors relèves-toi Soldat !
Ecoute-la. Elle te provoque Collap's. Cette jument se moquer ouvertement de toi, alors écoute-la ! Pivotes tes oreilles vers elle, s'il te plait. Laisse ta haine t'envahir, laisse la rage te guider, laisse la liberté dompter tes émotions. Tu es un pur-sang arabe mon beau. & tu sais parfaitement que la race que tu représentes sont des chevaux sauvages de base, ils sont la liberté incarnée, mais surtout la race la plus indigène de toute la planète. Ils sont nés pour gouverner, ils sont nés pour se battre & survivre. Ne dit-on pas que la plupart des chevaux viennent de ta race ? Ne dit-on pas que les croisements sont nés grâce aux tiens ? Alors représentes-les, s'il te plait. Prouve que tu es digne de tes ascendants, que tu es digne de porter une couronne. Mon dieu ! Son sabot vient de s'écraser à quelques centimètres de ta face ! Tu vas réellement rien faire ? Tu vas la laisser t'humilier ainsi ? Oh que vois-je ? Deux oreilles se plaquant dans ta crinière & une flamme de haine naissant dans ton unique globe oculaire ? Tu reviens ! Tu reviens parmi nous ! Oui, Collap's est de retour. Prouve-le moi, je t'en supplie. Mais maintenant, je n'ai plus peur pour toi mon beau, j'ai peur pour elle. Elle t'a cherché & elle te trouvera sans doute.
" Recommence une fois. & je te jure que ... " Tu poussas brutalement sur tes postérieurs & te redressas dans un grognement sonore." ... Jument ou non, je te tue. " Tu étais de retour. L'étalon borgne revenait parmi nous mes amis & il redevenait celui qu'on connaissait tous. Par contre, je t'assure Harmo, qu'il est sincère dans ces propos. Que tu sois une jument ou non, il serait parfaitement capable de te tuer. Oh mais que vois-je ? Tu es enfin debout Collap's ! Il était temps ! Oh bien sûr, tu chancelais encore légèrement sur tes jambes, mais tu étais debout. Tu te tenais fier, royal, un véritable prince de guerre en réalité. Tu as encore une fois dompté la Mort. Elle ne te prendra pas dans ses bras, pas cette fois-ci encore.
" La peur ne m'a jamais envahi. Je ne faisais que me reposer. " Tu t'approchas d'elle, tel un serpent à sonnette. Il y avait un point d'eau ? Parfait. Il fallait que tu te laves. Il fallait que tu enlèves tout ce sang présent sur ta jolie robe ébène. Puis tu te mis à côté d'elle, ton unique oeil venant pénétrer les siens, vicieusement. " Par contre, toi. La peur tu vas la connaitre si tu me provoques encore une fois. " & tu étais sincère. Bon nombre de chevaux savaient parfaitement qu'il ne fallait pas provoquer le chevalier noir, il ne faut pas le chercher sinon vos carcasses viendront bientôt se coucher au pied de son lit. Finalement, tu t'ébroue avec violence & te mit au pas. Avec elle ou non, tu trouveras ce point d'eau. Tes jambes tremblaient encore, mais tu n'en avais que faire : la douleur n'est que mentale.

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MessageSujet: Re: Fury Road || HARMO [ END]   Sam 21 Oct 2017 - 1:28


Harmonie n’était pas fière d’elle, loin de là. Elle rebutait au plus haut point ses propres gestes, ses propres mots. Elle exécrait chaque parcelle de son corps pour extérioriser une telle confiance, une telle supériorité. Elle n’aimait pas ce qu’elle se devait d’être pour l’aider et s’inspirait de ce sentiment pour donner plus de poids à son mensonge. Elle ne devait pas croire qu’elle était meilleure que lui, elle devait en être sûre. Aucun tremblement ne devait traverser son corps, aucune compassion ses iris. Elle devait transpirer de mépris face à la faiblesse d’un mâle et d’indifférence face à son sort. Peu importait ses souffrances, elle resterait de marbre.

En se retournant, elle pensait atténuer le mal qui serrait son cœur et la poussait à aider un inconnu. La petite jument était incapable de lui faire face et de contempler sa blessure. Elle finirait assurément par vomir, voire pire. Elle s’était donc tournée de l’autre côté pour ne pas avoir à le supporter. Si la vue du sang ne la débectait pas, la douleur d’autrui ne l’avait jamais laissée indifférente. Elle avait beau prendre des airs de grande dame, essayer de prouver au monde qu’elle si fichait de lui, le sort des autres l’inquiétait. Si cet inconnu mourait ici parce qu’elle avait été incapable de l’aider… combien de temps lui faudrait-il pour l’accepter ? Elle mourrait sûrement sans se l’être pardonné.
Toutefois, elle comprit bien vite que son demi-tour pouvait aussi bien être une preuve de grandeur que de faiblesse, aussi décida-t-elle de tourner la tête et de l’observer. L’obscurité de la robe masculine lui rappelait la tanière du tigre. Il lui sembla voir des volutes de fumée noire s’échapper du corps étranger pour se glisser vers ses sabots et s’enrouler douloureusement autour de ses poils dorés. Petit à petit, l’obscurité du mâle enveloppa sa robe lumineuse. Sous ses yeux indifférents, Harmonie contempla l’être immonde qu’elle devenait, hantée par une méchanceté qu’elle s’inventait. Si tout ceci ne servait à rien, si malgré son jeu d’actrice elle ne parvenait à le sauver, qu’adviendrait-il d’elle ? Elle ne préféra pas y penser.

Un sourire de satisfaction lui échappa quand le mal se dressa sur ses jambes d’un bond puissant. Ses provocations n’avaient pour but que ceci : permettre à l’étalon de se lever et de combattre la mort à ses côtés. Néanmoins, elle se reprit très vite et transforma son sourire en quelque chose de plus cruel, un tantinet moqueur. Bientôt, elle pourrait tomber le masque de la guerrière sans merci, mais pour l’instant, elle se devait de le garder bien accroché à ses poils dorés.

Tu pourras toujours essayer, cracha-t-elle en faisant claquant ses crins dans l’air, près de l’étalon. Si tu ne crèves pas avant d’arriver.

Harmonie n’était pas dupe. Elle sentait la véritable menace qui planait dans les paroles de l’inconnu. Elle regrettait même que sa reconnaissance qu’un si petit temps. Elle l’avait sauvé d’une horde de singe et venait tout juste de lui donner la force de se lever ; pourtant, elle ne doutait pas un instant qu’il soit capable de la tuer. Elle ne se faisait pas non plus d’illusions : dans un combat singulier, elle n’avait aucune chance. Même blessé comme il l’était, elle doutait qu’elle puisse sans sortir vivante.

La peur, je la connais déjà, répondit-elle d’un rire moqueur. C’est ignorer la peur qui a bien failli te tuer. Sans elle, ton instant ne te sert plus à rien.

Sa critique relevait plus du constat que d’une simple boutade, mais la petite jument ne put réprimer un frisson en s’entendant parler. Elle le cacha admirablement bien en s’ébrouant tout à la fois. Si ses propres mots la faisaient trembler, ce n’était pas par leur signification, mais bien par l’impact qu’ils auraient chez l’étalon. Elle ne cherchait pas à l’énerver. Néanmoins, Harmonie ne savait que trop bien combien des paroles innocentes pouvaient être mal interprétées, aussi ne laissa-t-elle pas le temps à son interlocuteur de réagir en se lançant dans un petit trot déterminé, s’extirpant par la même occasion d’une proximité qui la rebutait fortement.
Si la palomino avait menti, c’était pour attirer l’attention de l’étalon. Elle n’en restait pas moins certaine qu’un ruisseau devait couler non loin d’ici. Elle voulait tout autant trouver cette source pour le blessé que pour elle-même. Le sang du singe sur sa jambe la dégoûtait profondément. Elle se mit donc en quête d’un murmure dans la forêt, d’un bruissement discret indiquant le ruissellement calme de l’eau. De temps à autre, elle jetait un regard en arrière et ralentissait l’allure pour s’assurer que l’étalon la suivait toujours. Il aurait été idiot de trouver une rivière si l’autre n’était plus là pour en profiter.

Il lui fallut cinq minutes pour errer un peu au hasard dans cette jungle avant d’enfin entendre un chuchotement qui ressemblait vaguement à un cours d’eau. Elle faillit bondir en avant, transportée par la joie d’être enfin débarrassée de la souillure à son pied, mais un craquement discret à son genou lui rappela qu’elle n’était plus une enfant. Juste à temps, donc, elle se contint et continua sa route sur la même lancée, maîtresse de son apparence de déesse de la guerre.
Quand enfin l’eau se présenta à eux sous la forme d’un calme ruisseau zigzaguant entre les arbres, Harmonie se permit un soupir de soulagement et brisa la surface plane sans hésiter. La fraîcheur du liquide sur ses jambes lui fit un bien fou et la débarrassa quelque peu de la tension qui gardait son corps tout entier en alerte. Elle secoua doucement l’antérieur pour se débarrasser de la mort qui s’y accrochait avec désespoir puis reporta son attention sur le noir.
En posant ses yeux ors sur lui, elle réalisait soudain ce qu’elle avait fait pour le sauver. Elle-même ne l’arrivait pas à se l’expliquer. Aucun autre ne l’aurait fait pour elle, alors pourquoi s’était-elle donnée cette peine ?

Alors, brave chevalier qui n’a peur de rien, se moqua-t-elle gentiment. Qu’as-tu bien pu faire pour énerver des singes à ce point ?



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MessageSujet: Re: Fury Road || HARMO [ END]   Lun 23 Oct 2017 - 17:10





Fury Road

collapsing & harmo

Cela fait bien plusieurs mois que tu es sur ces terres désormais. Plus le temps passe, plus j'ai l'impression que tu changes véritablement. J'ai l'impression que tu deviens quelqu'un que je n'aurais jamais cru que tu deviendrais. Bien sûr, tu es cet étalon que j'ai créé : cet étalon froid, violent, dangereux mais surtout ambitieux. Mais tu es aussi un étalon complètement différent : tu parles beaucoup plus que je ne l'aurais jamais imaginé, tu réfléchis un peu plus, tu te retiens avant d'agir & surtout ... Une chose qui m'a vraiment perturbé. Tu as laissé ton coeur battre. Non pas pour une action, mais simplement un cheval : une jument qui plus est. Je ne sais pas pourquoi il a battu ainsi, je ne sais pas non plus pourquoi c'était pour cette jument en particulier. Fifa. Un nom rare, un nom simple mais un nom qui ne cesse de se répéter dans ton esprit. Dés que tu pensais à ce nom, tes jambes devenaient fragiles & ton coeur cessait de battre. Mais tu sentais aussi une chaleur bien particulière dans ton bas ventre. Serais-tu amoureux ? Serais-tu attiré ? Ou tout simplement intrigué ? Je n'en sais rien. Même toi, tu ne savais pas en réalité. Tu ne sais jamais rien, en vrai.
Les paroles de la jument te réveillèrent très brutalement. Comme si l'instant présent venait simplement de se percuter dans ton esprit : comme si le présent venait brutalement rencontrer le passé. Comme si ton corps venait tout juste de se réveiller d'un sommeil un peu trop long. Tu sentais de nouveau la douleur dans tes jambes, ainsi que sur ton chanfrein. Tu étais vivant, bel & bien vivant. Pourquoi te mentais-tu ainsi, en réalité ? Pourquoi fais-tu tout cela ? Pourquoi te penses-tu mort à chaque pas que tu faisais ? Pourquoi avais-tu l'impression d'être une simple machine ? Je ne te comprend pas en réalité. Je comprend qu'effectivement l'ambition te rendait heureux, te faisait vivre. Mais pas tant que cela, en fait, puisqu'elle te faisait maigrir au fil des jours, elle te faisait abandonner tout but inintéressant. Tu écoutas brièvement les paroles de la jument d'Or, mais tu demeurais tout de même dans tes pensées. Tu ne faisais que vivre dans ton mutisme. Pourquoi redevenais-tu si soudainement silencieux ? Pourquoi redevenais-tu ainsi si rapidement ? Je ne comprend pas. Pourtant, il y a quelques jours, tu parlais beaucoup plus, tu cherchais à embêter le monde & là ... Là, tu devenais étrange. Tu gardais tout cela pour toi. Tu redevenais véritablement la machine que tu as toujours été.
Tu te sentais suivre la jument jusqu'au ruisseau, sans même comprendre pourquoi tu faisais tout cela. Tu avais l'impression d'être complètement étranger à la situation, comme si tu étais complètement ailleurs, comme si ton esprit planait au dessus de toi : telle l'épée de Damoclès. Pourquoi ? Pourquoi tout cela se passait-il ainsi ? Nom de Dieu. Je ne comprend plus rien. Bien sûr, tu as réagit comme à ton habitude lors de ses provocations, mais lorsque tu la suivis tu devins étrange. Tu voulais absolument redevenir comme tu l'étais il y a quelques minutes, mais non. Tu ne parlais pas. Bon Dieu, mais que se passait-il ? Explique-moi nom de dieu. Tu me fais pratiquement peur Collap's. Pas cette de peur de toi ancestrale, mais cette peur qui naît en vous lorsque vous ne reconnaissez pas une personne que vous connaissez. Une personne que vous côtoyez depuis quelques temps & qui, au final, change complètement de comportement sans même que tu y comprennes quelque chose. Une autre phrase. & de nouveau le présent vint percuter ton cerveau, mais cette fois-ci ta bouche s'ouvrit. Tu allais parler, enfin !

" Brave Chevalier ? " Tu eus un petit sourire : un réel cette fois-ci. " On ne m'avait encore jamais appelé ainsi. " Finalement, tu entras dans le ruisseau à ton tour : t'y roulant comme si de rien était pour enlever toute trace de cette bataille. " J'avais envie de banane. Mais apparemment ... " Tu te relevas & eus un petit rire. Un sincère cette fois-ci. " Ils ne sont pas très partageurs. Pour mon malheur. "
 


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MessageSujet: Re: Fury Road || HARMO [ END]   Ven 27 Oct 2017 - 23:57


Qu’avait-il de plus qu’un autre pour qu’elle court à son secours ? Plus elle le regardait, moins elle comprenait. Il respirait le mâle puissant, qui se sait fort et en use à outrance, celui-là même que les autres haïront jusqu’à sa mort. Elle ne doutait pas qu’il fut méchant, qu’il aurait essayé de la tourmenter dans d’autres circonstances. Il aurait vite compris que cela ne servait à rien, mais il aurait essayé tout de même. Pourtant, méritait-il de mourir ? Harmonie ne pensait pas être en droit de juger. Elle ne croyait pas que les dieux se contentaient de surveiller leurs territoires. Pour elle, tout était fait dans un but précis. Sa marche inconsciente, sa visite au roi de la jungle, la souillure de son antérieur et cette rencontre. Tout ceci puait trop le hasard chanceux pour que personne ne l’ait planifié au préalable. Elle ne s’aventurait que rarement dans ce genre d’endroits et les singes… s’énervaient-ils toujours de la sorte ? Contre un poulain ou un autre si âgé qu’il peine à se défendre, elle pourrait comprendre qu’ils aient cru bon de s’échauffer. Mais le mâle transpirait le mal, et elle ne pouvait croire que les primates ne l’avaient pas senti. À quoi bon gagner par le nombre si leur victoire leur coûtait plusieurs vies ? Parce qu’il était idiot de croire qu’il ne se serait pas défendu. Quelque chose avait dû les pousser à le faire, tout comme on l’avait poussée à le sauver.

Harmonie profita d’un rayon de soleil qui pointait entre les arbres pour fermer les yeux un instant et apprécier sa chaleur sur son front. Depuis qu’elle avait pris conscience de la présence des dieux, elle les voyait partout, jusque dans les moindres gestes qu’elle faisait. Elle se demandait sincèrement à quel point ils influaient sur sa vie et si seulement elle avait quelque chose qu’elle puisse appeler sa vie. Il lui semblait qu’ils étaient toujours là, quelque part, à observer les uns les autres, à juger et décider pour eux. Pourtant, elle ne se sentait pas mal à l’aise à ce sujet, presque en sécurité. Elle aurait aimé croire qu’elle pourrait décider du jour de sa mort et du silence qui l’accompagnerait de l’autre côté, mais accepter la présence divine ne rendait sa propre existence que plus supportable. Peut-être qu’il avait un but, finalement, ce brouhaha infernal à l’intérieur de son crâne.

La palomino releva la tête quand le noir lui répondit. Elle sourit elle-même à ses mots. Avait-elle déjà nommé quelqu’un de la sorte ? Certainement pas. C’était donc une première fois partagée et qui serait sûrement la dernière de leur vie. Elle ne l’avait fait que pour se moquer de l’étalon sans peur qu’il croyait être. Elle savait que ce n’était pas vrai, mais elle craignait que lui-même l’ignore. L’on ne comprend bien souvent ses faiblesse qu’une fois révélée, quand il est trop tard pour les affronter. Cependant, elle ne préféra pas faire de remarque et se contenta d’observer les plaies de son interlocuteur.

Peut-être, peut-être pas, fit-elle sceptique. Toujours trottait au fond de son crâne cette implication divine qu’elle n’arrivait pas à s’expliquer. Mais ton « malheur » tout de même… tu y vas un peu fort ! Tu ne mourras pas, pas encore. Pas de leurs mains, en tout cas. Enfin… tu en garderas sûrement quelques cicatrices, mais vois le bon côté des choses : il paraît que ça plaît aux dames.

Harmonie lui jeta un regard complice et un faux sourire sincère, loin d’elle l’idée d’avouer ses propres préférences physiques. Son bel Aelis était le seul à occuper ses pensées et ne présentait pas la moindre cicatrice. Il ne s’agissait donc que d’un simple constat à l’intention d’un mâle dans un âge où les attirances prennent de l’importance. Après tout, elle avait elle-même eu ses enfants trois ans auparavant et si le noir se mettait quotidiennement dans ce genre de situations, il serait mieux pour lui qu’il pense à la suite.

Et je suis prête à parier que l’une d’elle trottine dans tes pensées, tenta-t-elle, presque sûre de comprendre l’absence qu’elle avait lue dans son regard quelques minutes plus tôt.


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MessageSujet: Re: Fury Road || HARMO [ END]   Sam 28 Oct 2017 - 13:00

 



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Je ne comprend vraiment pas ce qui peut bien se passer aujourd'hui. Plus le temps passe, plus j'ai l'impression de te redécouvrir au fil des jours Collap's. Au départ, je pensais avoir créé un être sans coeur, un animal qui n'avait pas d'âme, une simple bête en soi. Mais aujourd'hui, je me rend compte que la Machine que tu te dis être, devient un être vivant. Un être qui ressent des choses, qui redécouvre tout doucement la vie. Un être qui apprend à communiquer, qui apprend à vivre en réalité. Tu te dis être une machine à tuer, une machine de guerre, mais tu es tout autre : tu es un cheval. La plus noble conquête de l'Homme, mais surtout un animal qui a un coeur, des réactions & surtout des envies. Ne secoues pas la tête, s'il te plaît, je suis sincère. Pour moi, tu es un animal qui vient de naître, un animal qui a besoin de vivre mais surtout surmonter des obstacles qu'il ne se connaissait pas encore. Bien sûr, tu as des ambitions, tu dis vouloir devenir Roi, mais un Roi ne doit-il pas avoir un coeur ? Ne doit-il pas ressentir des choses pour ensuite mettre à exécution ses plans ? Mais surtout, ne doit-il pas ressentir la peur pour connaître le courage ? Arrête de te moquer de moi quand je dis ça Collap's. Tu te dis sans coeur, sans peur ni loi, mais pourtant tu l'as connu la peur. Il y a à peine quelques minutes. Avoue-le, ces singes t'ont fait peur, tu as eu peur pour ta vie, mais surtout pour tes plans. Tu savais que si ils t'achevaient aujourd'hui, tu ne pourrais jamais devenir celui que tu as toujours voulu devenir. Non ! Arrête de me frapper, j'avais besoin de te dire tout ça. Il faut que tu affrontes la vérité en face, maintenant. Il faut que tu assumes d'être vivant. Bon okai, je me tais, pas la peine de fermer la porte de ton esprit mon petit ...
On naît seul & on meurt seul, tu le savais pertinemment. La preuve : tu es né orphelin d'une mère incapable de t'élever & d'un père complètement incompétent dans l'éducation d'un enfant. Bon certes, tu as été élevé par une grand-mère, mais tu n'as tout de même pas connu ta mère. Alors oui, la Mort viendra te chercher quand tu seras le plus seul au monde, tu le savais. Quand tu t'y attendras le moins & surtout quand personne ne pourra entendre tes cris de détresse. & dans le fond, Collap's, crois-tu réellement que quelqu'un viendra sauver un être aussi abjecte que toi ? Je pense que tu te mets le sabot dans l'oeil. Donc oui, tu as cherché à mourir seul, mais tu l'assumais complètement. De toute façon, on est jamais mieux servi que par soi-même comme on dit. Mais selon moi, la Mort d'un être vivant est régie, elle est demandée par quelqu'un : sans doute un Dieu quelconque. C'est sans doute pour cette raison que tu as croisé Aléas & Poséidon. Ils sont là pour te montrer la voie, pour te faire découvrir un Destin que tu te connais déjà. Ils ont toujours été là je pense. Bon d'accord, au début tu ne croyais en aucun dieu, tu pensais qu'ils n'étaient que mythe dans la tête des autres & finalement tu avais consenti à ce qu'ils rentrent petit à petit dans ta caboche. Alors oui, tu mourras seul, mais ils t'accompagneront sans doute jusqu'au Purgatoire. Car selon moi, tu n'as ni ta place en Enfer, ni ta place au Paradis : tu n'es qu'une âme perdue qui n'a rien à faire sur Terre. Une âme qui croit avoir des ambitions, mais ce ne sont que des buts qui te mèneront à une Mort lente & douloureuse.
Plaire aux dames ? Un léger rire sorti de ta bouche lorsque tu entendis la phrase de la jument. Plaire aux dames ? Non mais sérieux ! Elle pense réellement que tu es ici pour cela, que tu es venu sur ces terres pour plaire aux dames & attendre qu'elles te tombent dans les pattes ? Si elle savait. Non sincèrement, je pense qu'à douze ans, presque treize, tu as autre chose à penser que plaire aux dames. & puis avouons-le, avec ton physique peu avantageux : oeil borgne, cicatrices sur le chanfrein qui le déformeront sans doute à vie & dos campé, tu ne plaisais pas. Mais tu t'en fichais complètement. Tu étais là pour devenir Roi & non plaire à la cour Royale. C'était la cour Royale qui devait te plaire actuellement. Elle devrait se plier à tes désirs, elle devrait te suivre dans tes moindres mouvements. & si ce n'est pas le cas, tu l'obligerait, tu la ferais tomber comme Alexandre a fait tomber Constantinople. Si tu ne plaisais pas ? Tant pis, tu te ferais plaire. Tu les obligerais à t'aimer & peut-être à porter tes enfants. Un viol ? Un viol est un acte sexuel non consenti, là tu les manipuleras assez pour que ça le soit. Finalement, tu tiquas quand tu entendis la seconde phrase de la jument.

" Ce serait plus mon ambition & mon désir de pouvoir qui trottine dans ma tête, actuellement. " Ce n'était peut-être pas très intelligent de dire ça à une totale inconnue, mais bizarrement tu avais envie d'être honnête envers ton prochain : encore une preuve de ton changement. Quoique ... Tu n'étais pas si honnête que cela, puisque tu ne parlais pas de Fifa. Aïe ! Okai, je dis plus rien, fais ta vie comme tu l'entends ...



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MessageSujet: Re: Fury Road || HARMO [ END]   Ven 10 Nov 2017 - 10:23


Ni tout à fait déçue ni tout à fait impassible, Harmonie accueillit la réponse de l’étalon dans un hochement de tête discret. L’ambition des uns la laissait de marbre, le désir des autres ne l’intéressait pas. Elle était un électron libre qui voguait par-ci par-là sans s’inquiéter du reste. Peu lui importait les guerres de gangs, les batailles sanglantes pour un pouvoir éphémère ou les combats acharnés d’âmes en détresse. Personne n’était venu la sauver quand elle en avait eu besoin. Personne ne s’était intéressé à elle quand la mort était devenue son unique échappatoire. Personne ne s’était inquiété pour la petite folle rongée par un mal qu’ils ne comprenaient pas. Les autres se fichaient d’elle depuis sa naissance, pourquoi devrait-elle se préoccuper d’eux ? Elle avait pris l’habitude de laisser les choses se faire sans elle et se complaisait dans la vie qu’elle menait à part de tout ce petit monde. Aelis était le seul nécessaire à sa survie, les autres n’étaient rien.

Ce qui la ramenait constamment à la même question : Pourquoi l’avoir aidé, lui ? Il ne lui inspirait ni pitié ni amitié. Elle se sentait tout aussi indifférente à son sort que celui du reste du monde. Elle l’avait fait, pourtant. Elle l’avait sauvé au mépris de sa propre vie. Elle doutait s’être lancée dans cette folle aventure simplement parce que les crins noirs de l’inconnu lui rappelaient ceux de son amant. Elle connaissait Aelis mieux que personne (ou du moins aimait-elle s’en persuader) et ne le confondait jamais avec un autre. Son acte était aussi désespéré qu’incompréhensible, et la poussait dans des pensées qu’elle n’arrivait pas à contrôler. Elle savait qu’elle ne trouverait jamais de réponse à une interrogation que les dieux lui avaient imposée, mais elle n’arrivait pas à l’accepter. Elle aimait sa vie loin des autres et de leurs mots vicieux ; pourtant, elle s’était inquiété pour lui, elle n’avait pas voulu être le témoin de la fin de sa vie. Était-elle comme son fils, finalement ? Fière de dire qu’elle s’en fichait, tout en gardant au fond d’elle un cœur qui réagissait à la misère ? Elle n’arrivait pas à y croire. Elle ne voulait pas y croire.

Et que feras-tu lorsque tu l’auras obtenu, ce pouvoir ? demanda-t-elle le plus innocemment du monde. Ton ambition est grande, mais à trop te regarder les pieds : tu fonceras dans un mur.

Harmonie sourit de ses propres paroles, se retenant de rire devant la bêtise de sa fausse philosophie. Elle avait pourtant enlevé sa carapace de déesse de la guerre depuis longtemps. Voilà qu’elle se transformait en vieux sage ! Cela n’avait aucun sens, assurément. L’inconnu la perturbait et elle n’aimait pas cela. Elle pouvait se l’avouer sans honte : il transpirait le mal et elle ne voulait aucunement l’inciter à l’attaquer. Elle venait de lui sauver la vie, elle n’avait pas envie de le regretter. Sa première bonne action depuis des lustres ! Il serait inacceptable de la voir gâchée par un mâle qu’elle aurait fâché. Le problème était là : elle avait l’impression que, peu importe ce qu’elle pouvait bien dire, il finirait tôt ou tard par s’énerver. Elle finissait donc par déballer la moindre idiotie lui traversant l’esprit. Enfin… elle n’avait pas tout à fait tort : s’il se focalisait sur le futur proche, il se laisserait écraser par ce qui allait advenir ensuite. Mais cela, ce n’était vraiment pas son problème.

Harmonie n’était pas là pour juger les désirs de son compagnon d’infortune. Il faisait ce qu’il voulait de sa vie, elle n’en avait pas grand-chose à faire. Qu’il se tue à la tâche ou flâne des jours heureux, elle s’en fichait. Qu’il se batte avec les autres pour un pouvoir qui le rendrait fou, ce n’était pas son problème. Elle se tenait généralement loin des terres dominées et ne parlait que rarement aux dominants (elle parlait déjà peu aux autres, alors ceux qui goûtaient au pouvoir…). Elle n’allait pas lui faire la morale, ni même l’inciter à renoncer à sa cause perdue d’avance. Ce n’était clairement pas son rôle, elle n’en avait pas envie et était persuadée qu’il ne le désirait pas non plus. Elle décida donc de ne pas juger et de laisser couler. Il faisait bien ce qu’il voulait de ça vie tant que sa n’empiétait pas sur celle qu’elle menait auprès de son bel amant.

La palomino plongea le museau dans l’eau et sirota un peu, pensive. Ces histoires de pouvoir ne l’intéressaient pas, il lui fallait donc orienter la discussion sur quelque chose de plus léger. En inspectant la rivière à ses pieds, elle se félicita d’être plus en amont que l’inconnu, qui salissait tout à cause de ses blessures. Elle aurait été vraiment dégoûtée de patauger dans le sang d’un autre.
C’est à ce moment que l’idée lui vint. Dissimulant un sourire, elle se risqua un regard vers l’étalon noir et pouffa dans l’eau, faisant des bulles. Elle se surprenait des gamineries qu’elle n’avait pas eues lorsqu’elle était enfant. Et si ça ne l’amusait pas tant que ça l’aurait dû, ça ne la rebutait pas non plus. Elle se décida donc et, de plusieurs petits coups secs de la tête, elle envoya de l’eau sur l’inconnu.

Nettoie donc ces vilaines plaies ou tu ne ressembleras bientôt plus à rien !


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MessageSujet: Re: Fury Road || HARMO [ END]   Mar 14 Nov 2017 - 17:24

 



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L’ambition fait d’un conquérant un roi. Elle fait d’un fou un conquérant. Elle règne dans la tête de tous comme un général sur son armée. Elle rythme la vie de tous sans pour autant les rendre malheureux. Non, c’est bien le contraire, elle fait en sorte de contrôler sa vie. Elle fait en sorte de dicter toutes les actions que les personnes auraient pu avoir : elle permet de dicter des actes qu’ils n’auraient cru avoir. En réalité, l’ambition permet de vivre une vie que l’on ne croit pas avoir, mais surtout une vie qui bougerait sans arrêt. Ne dit-on pas que le Roi Soleil a réussi à avoir le trône grâce à l’ambition ? Bien sûr, le trône lui était estimé, puisqu’il était né Prince, mais sans cette ambition du pouvoir il n’aurait jamais posé son popotin sur le trône. Alors c’est sans doute grâce à elle que tu te permets de croire en toi à ce point-là. C’est sans doute avec cette ambition que tu contrôlerais tout ton petit monde. Depuis tout petit, tu avais laissé l’Ambition rentrait timidement dans ta tête, s’immiscer dans ton crâne tout en vaquant à tes aventures. Certains t’ont dit fou, d’autres ont cru que tu n’irais jamais loin & au final, te voilà là où tu es actuellement. Tu as fait fuir un Ours, tu as tué ton frère & tu as fui un monde qui t’écœurais, tout simplement car tu te pensais digne d’autre chose. Tu t’imaginais beaucoup plus grand pour cela.
Elle se fichait des autres, toi tu fichais complètement de l’avis des autres. Tu as toujours vécu pour toi-même, tu as toujours fait en sorte de vivre seul. Tu considères qu’on est jamais mieux servi que par soi-même & c’est sans doute pour cette raison que tu as fait en sorte de faire fuir tous ceux qui ont voulu te côtoyer. Tu fais peur & tu en es fier. Tu aimes énormément cette sensation de puissance que te procure la crainte des autres. Quand ils te voient, ils hurlent, ou alors ils galopent ailleurs. D’autres auraient pu pleurer à cette habitude, certains se seraient jetés par dessus la montagne, mais toi, non. Toi, tu avais surtout l’impression de grandir, de devenir quelqu’un de complètement différent. Tu avais douze ans, tu avais vécu douze années de solitude & ce n’est pas pour autant que tu en étais malheureux. Bien au contraire : cette solitude était ta seule amie & tu en étais heureux. Tu préférais réellement vivre seul & pouvoir vivre de ton ambition, plutôt qu’être suivi par quelqu’un, une pauvre jument sans intelligence qui t’encombrerait plus qu’autre chose. C’est sans doute pour cette raison que tu avais tué la mère de Pearl Queen. Elle t’avait servi qu’à une chose : avoir une progéniture. Mais cette abrutie t’avait donné une fille. Une fille ! Elle était sérieuse ?! Alors que tout le monde dans ton entourage savait parfaitement que tu voulais un fils. Un fils pour pouvoir contrôler le monde après toi. Un fils pouvant ressentir la même ambition que toi. Une fille n’était pas digne du trône, tu en étais certain.

« Ou peut-être que j’irais loin en suivant mes pieds. Personne ne le saura : seul l’avenir me le dira. »

Alors comme ça, elle voulait jouer les philosophes ? Elle voulait laisser la philosophie s’infiltrer doucement dans votre conversation ? Intéressant. Tu aimais la philosophie : elle permettait de distinguer l’intelligence de certains. Mais elle permettait aussi de découvrir les convictions d’autres. La jument avait changé, tu en avais le sentiment. Tu avais l’impression qu’elle laissait parler ses sentiments, mais aussi sa véritable âme dans la conversation. Cette dernière changeait au fil du temps, elle devenait beaucoup plus adulte. Tu avais l’impression qu’elle voulait te dompter, qu’elle voulait t’apprivoiser. Mais pourquoi ? Pourquoi vouloir te rendre doux comme un agneau ? Pourquoi vouloir te rendre sage sans véritable raison ? Peut-être car au fond d’elle, elle avait peur de toi ? Peut-être car elle sentait la haine ainsi que le Mal qui planait au dessus de toi comme l’épée de Damoclès ? Tu ne savais pas. Mais ça te faisais sourire intérieurement en fait. Ça te permettait de changer d’optique de situation. De changer d’opinion sur cette petite jument. Autrefois déesse, elle devenait maintenant une jument banale. Banale mais intrigante. Non, tu avais réellement hâte de voir la suite de la situation.
Plus le temps passait, plus la jungle devenait silencieuse. Comme si elle laissait la scène à ces deux chevaux. Comme si elle laissait réellement vivre ces deux équidés. Les deux protagonistes devenaient bientôt les héros d’une scène, les héros d’une vie. Ils se ressemblaient, mais ils s’opposaient aussi. C’est qui était intéressant selon moi. Tu t’étiras rapidement l’encolure, pour faire partir la douleur qui venait de s’immiscer dans son dos. La lutte avait été acharnée, heureusement que la jument avait été là pour te sauver en réalité. Soudain, des gouttes d’eau vinrent se percuter sur ton poitrail, tandis que tu plaquais tes oreilles dans ta crinière. Pour qui se prenait-elle ? Pourquoi devenait-elle brusquement une gamine ? Une pouliche inconsciente ? Tu ne comprenais pas. Tu secouas la tête pour finalement accéder à sa demande. Elle voulait que tu nettoies tes plaies ? Très bien. Alors, tu rentras dans la rivière & te couchas brutalement dans cette dernière : là, tu te roulas sans même te poser de question. Tu fis même en sorte d’envoyer des vagues à la jument. La vengeance est un plat qui se mange froid. Tes plaies nettoyées, tu te relevas & t’ébrouas pour envoyer encore plus d’eau sur Harmonie. Là, tu reculas & vint boire dans l’eau. Soudain, tu relevas la tête, les naseaux complètement ouverts & les oreilles en arrière : inquiet. Un corps de singe traversa la rivière, la gorge tranchée par des crocs.

«  Nous ne sommes plus seuls, me semble-t-il. »

& tu ne croyais pas si bien dire : en effet, un hurlement se fit entendre. Un hurlement canin. Tu connaissais cet hurlement, tu en avais déjà entendu auparavant. Des loups. Des loups étaient présents dans cette jungle. Alors, dans un élan de reconnaissance, mais surtout de dette non payée, tu sautas la rivière & te retrouvas bientôt derrière la jument, croupe à croupe, les oreilles plaquées sur la nuque. & bientôt, trois loups affamés apparurent, tous crocs dehors & les yeux exorbités. Tu hennis & te cabras. Refusant d’être leur dîner & de laisser les canins tuer cette jument. Si elle devait mourir, ce serait sous tes dents & tes sabots. C’étais toi qui décidais de sa vie.


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MessageSujet: Re: Fury Road || HARMO [ END]   Dim 19 Nov 2017 - 10:48


Harmonie n’avait pas envie de répondre au mâle qui lui faisait face. Elle n’avait pas envie de prendre le temps de réfléchir aux mots qui ne blesseraient pas l’étalon borné qu’il était. Qu’il le soit ou pas, d’ailleurs, ne changeait rien. Harmonie n’aimait pas les autres, les autres ne l’aimaient pas. Tout cela lui allait très bien. Elle ne se forcerait donc pas à montrer de l’intérêt pour ce qui ne l’intéressait pas, à palabrer pendant des heures sur un sujet dont elle n’avait que faire. Son compagnon du moment était une bombe à retardement, et elle préférait se taire que de risquer de la faire exploser. C’était aussi une bonne excuse pour ne pas dire qu’elle n’avait pas envie de parler d’ambition et d’avenir à un autre qu’elle ne connaissait pas. Elle-même n’avait aucune ambition. Quant à son avenir… la mort, assurément. Le silence, espérait-elle également.

La palomino s’ébroua. Sa carapace de philosophe ne lui plaisait pas et elle s’en débarrassait avec joie. Rien dans ses mots ne reflétait réellement ce qu’elle pensait. Même ses sourires n’étaient pas sincères. Trop habituée à mentir, elle le faisait sans plus y penser, machinalement, et se complaisait dans son armure de grande dame. Peu lui importait ce que deviendrait le noir s’il suivait son ambition jusqu’au bout. Il pouvait même mourir qu’elle apprendrait la nouvelle d’une oreille distraire, si seulement l’apprenait-elle. Harmonie n’était pas ouverte aux ragots et rumeurs, elle entendait sans écouter, laissait couler les on-dit sans s’y intéresser. Elle avait trop souffert des murmures dans son dos pour s’inquiéter de ceux que l’on proférait à l’égard des autres. Sa vie était bien plus calme loin de la vilenie de chacun.

Pourquoi s’amusait-elle avec l’eau d’un seul coup ? Parce qu’elle ne savait pas quoi faire d’autre et doutait qu’il apprécie qu’elle lui tourne le dos et s’évapore dans la jungle. Elle avait donc plongé le museau dans le ruisseau et envoyé quelques gouttes sur l’étalon. Ca ne l’amusait même pas, en vérité. Elle sourit tout de même, pouffa comme une idiote, mais inspecta prudemment le moindre mouvement du noir. Elle avait bien remarqué que cela ne lui avait pas plu. Ses oreilles s’étaient plaquées sur sa nuque presque immédiatement. Une légère appréhension au fond du cœur, qu’elle fit attention de ne pas laisser paraître, Harmonie fixa l’étalon dans l’attente d’une véritable réaction. S’il faisait mine de l’attaquer pour quelques malheureuses gouttes d’eau, elle fuirait sans demander son reste et serait même capable de jurer ne plus jamais approcher aucun autre qui croiserait sa route. Elle savait que le monde était fou, mais espérait encore que la folie sache parfois être laissée de côté.

Harmonie accueillit donc la réaction de l’étalon avec un léger sourire en coin mi-sincère. Elle ferma les yeux pour se protéger de l’eau et apprécia le contact des vagues sur ses jambes. Les derniers morceaux de chairs toujours accrochés à ses poils finirent par se détacher et flotter à la surface de la rivière. Elle n’en fut que plus satisfaite de son idée farfelue de la pouliche qu’elle n’avait jamais été.
Elle inspecta d’un œil critique la blessure du noir, mais ne fit aucune remarque sur ce qu’elle vit. Si elle avait risqué sa vie pour le sauver, elle se fichait bien de ce qu’il pouvait advenir de lui maintenant, surtout qu’elle-même n’avait pas été blessée. Dans le cas contraire, elle aurait bien été capable de le forcer à plonger la croupe dans les braises d’Horse-Wild pour être sûre de cautériser la plaie et le laisser gagner quelques heures de vie. Heureusement, ils n’avaient pas besoin d’en arriver là. Elle le laisserait donc faire ce qui lui chantait sans commentaire.

Un cri la fit sursauter plus qu’il ne l’aurait dû, surplombant la clameur de la forêt, le couinement lointain des singes et le chant discret des oiseaux. Un cri qui perça ses tympans sans les toucher vraiment puisqu’il prenait son origine à l’intérieur même de son crâne. Le chant enfla dans son cerveau, aigu et pressant, faisant trembler le monde sous son regard. Harmonie réaffirma ses appuis et plissa les yeux, se concentrant comme elle put pour repousser l’assaut. C’est à ce moment qu’elle entendit le véritable hurlement, celui qui glissa entre les troncs et vint les percuter de plein fouet. Des loups affamés qui approchèrent à pas feutrés leurs prochaines victimes.
Harmonie jeta un coup d’œil à l’étalon qui s’était placé dans son dos. Le contact la rebuta fortement, amenant à ses lèvres un goût horrible qu’elle se retint de vomir. Les oreilles plaquées sur la nuque, elle claqua des dents en direction des loups pour dissimuler son dégoût au noir et avança de deux pas pour se séparer de celui-ci. L’envie fut forte, progressant depuis l’origine du contact jusqu’au plus sombre recoin de son cerveau, de fuir en toute hâte et d’abandonner le fou ici. Que pourrait-il faire, seul et blessé face à trois loups affamés ? Elle s’en sortirait indemne si elle le sacrifiait. Après ce contact imposé, ne le méritait-il pas ?

Tu as de la chance, cracha-t-elle, énervée contre le monde entier et les dieux eux-mêmes pour lui imposer ces épreuves. Je suis chez moi, ici.

Harmonie frappa la rivière de son antérieur, se redressa de sa faible hauteur et profita d’un rayon de soleil pour se gonfler de sa chaleur. Elle puisa dans le hurlement à l’intérieur de son crâne, la force qu’elle n’avait pas pour faire face à ces prédateurs. Elle n’était pas une guerrière, mais aujourd’hui, on lui demandait par deux fois de le devenir. C’en était assez. Heureusement pour elle, une déesse de la guerre se devait d’être tout autant rusée qu’impressionnante. La petite jument renfila sa première armure, s’imaginant l’invincibilité de l’Olympe, la puissance des dieux qui s’amusaient avec elle. Elle s’empiffra d’une force qu’elle ne possédait pas et fit un premier pas en avant, claquant des dents en direction des prédateurs. Puis, sans crier gare, elle bondit sur le côté et s’élança au galop.

La palomino ne regarda pas en arrière, mais pria fortement pour que l’étalon la suive dans sa « fuite ». Puisqu’il ne s’agit pas exactement d’une fuite. Le noir était son appât pour attirer les loups dans la véritable gueule mortelle de la jungle. S’il ne la suivait pas, tout son plan tombait à l’eau. Ou presque… Harmonie entendit, juste derrière elle, la course effrénée d’un loup affamé. Le canidé avait compris que, même blessé, la jument restait plus vulnérable que l’étalon, et n’avait pas hésité à lui courir après. Il bondissait entre les arbres avec la grâce de sa race, mais l’écart entre eux jamais ne changeait. Car Harmonie n’était pas une autre, une jument sans défense qui fuyait pour sa vie. Harmonie était née pour vivre ici. Le chant la guidait et, avec une souplesse qu’elle ne se connaissait plus, la palomino slalomait entre les troncs sans les toucher, frôlant leur écorce et leurs branches basses. Profitant de la vitesse de leur course pour amener le loup à faire des erreurs, à ralentir pour éviter les arbres qui, avec toute la force de leur désespoir, hurlait leur rage à l’intérieur de son crâne.


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MessageSujet: Re: Fury Road || HARMO [ END]   Dim 19 Nov 2017 - 15:50





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Ne dit-on pas que quelqu’un peut devenir un Roi en affrontant des épreuves qu’il croit impossibles ? Ne dit-on pas qu’un véritable Roi devrait affronter des obstacles qu’il pense insurmontables ? La preuve avec Louis XIV : certes, il est né pour être roi, mais n’a-t-il pas eu des barrières immenses à dépasser ? Des actes affreux à faire quelques fois ? Il a du devenir un être sans coeur, une âme sans corps qui se doit d’être honorable. Mais l’honneur n’est-elle pas profanée lorsqu’on devient une machine sans âme ? L’amour ? Ce serait bien trop demandé. Je doute que le Roi ait réellement aimé. Oh bien sûr, il a eut des femmes, des enfants, mais a-t-il réellement aimé ? Je pense surtout qu’il a aimé le pouvoir. Il a aimé régné. Il a aimé se sentir puissant. C’était exactement pareil pour toi Collapsing : toi, tu penses être capable de devenir Roi. Mais c’est sans doute pour cette raison que tu t’obliges à ne rien ressentir, à n’être qu’une machine intelligente, un être sans sentiment. Tu ne ressens absolument rien & tu en es parfaitement conscient, tu veux simplement régner. Tout cela est futile.
Aimer les autres ? Ce serait comme demandé à un enfant de savoir lire avant l’âge propice. Demander à un ouvrier de devenir cadre sans formation, ou tout simplement demander à un électricien d’être cuisinier dans un grand restaurant. Tout cela pour dire : que tu n’es pas fait pour ça. Tu n’es pas né pour ressentir un quelconque sentiment. Mais qu’avais-tu ressenti pour Fifa alors ? Pourquoi avais-tu senti ton coeur se serrer à son éloignement, mais surtout ton corps devenir engourdi à sa vision ? L’Amour ? J’ai un gros doute. Tu n’es pas amoureux d’elle, ce serait complètement inconcevable. C’est sans doute pour cette raison que tu as craché à ses pieds, mais que tu t’es surtout enfui sans demandé ton reste. La déteste-tu ? Non. Ce serait encore un sentiment que tu te refuses d’avoir. Tu ne veux vraiment rien ressentir. Mais alors pourquoi penser à elle sans arrêt ? Pourquoi sentir son odeur dés qu’une jument te frôle ? Pourquoi planait-elle dans ta tête comme l’épée de Damoclès ? Tu ne savais pas. Tout ce que tu savais, c’est que tu allais tout faire pour qu’elle disparaisse. Pour qu’elle arrête d’empiéter sur tes pensées : elle n’y avait pas sa place & elle ne l’aurait sans doute jamais.
La jument crème avait baissé dans ton estime en réalité. Elle n’existait que pour une seule raison dans ton crâne : l’extermination. Tu voulais qu’elle meurt, ainsi que son chevalier servant. Tu l’exterminerais à un moment où elle ne s’en souviendrait pas. Car comme on dit : si tu ne peux pas l’avoir, personne ne l’aura. Elle voulait ta destruction, elle se détruirait avec toi. Tu aimais cette sensation, cette puissance que tu pouvais ressentir en sachant qu’elle disparaîtrait avec toi. Pourquoi avoir accepté de jouer avec cette jument palomino, dont tu ne savais rien ? Tout simplement car tu n’avais rien d’autre à faire de ta journée, en fait. Tout semblait calme, alors oui, tu acceptais de laisser une pointe d’enfance naître dans ton esprit. Une enfance qui avait disparu il y a bien longtemps maintenant : une enfance que tu haïssait au plus haut point. Une enfance qui ne représentait qu’un nom dans ta tête : Fuego. Tu l’avais tué & maintenant ton enfance devait mourir avec toi. Mais aujourd’hui, tu avais accepté qu’elle naisse une dernière fois dans ton esprit. Une dernière fois dont tu te souviendrais toute ta vie. Malgré qu’elle le cache, tu sentais parfaitement la haine & la crainte dans l’esprit de ta comparse : tout simplement car tu savais cerner les autres. & tu aimais ce sentiment que tu faisais naître en elle.
Les prédateurs étaient là maintenant : ils avaient refusé que vous jouiez plus longtemps. Ils avaient refusé que vous soyez heureux. Ils avaient faim surtout. Mais tu n’accéderais pas à leur demande. Tu n’étais pas là pour mourir simplement car des loups le voulaient. Tu avais vaincu un ours, alors mourir sous les crocs de carnivores ? Non, c’était tout bonnement inconcevable. Tu étais collé à la croupe de la jument, tu ne savais même pas pourquoi tu faisais ça. Tu avais détesté ce contact & tu le détestais encore, en vérité. Tu détestais chaque contact, qu’il soit furtif ou non, ou alors tu l’acceptais simplement si c’était toi qui le décidais. Ce contact était dangereux selon toi, mais il était indispensable. Soudain, la petite jument se décolla de toi & tu posas ton regard sur elle : elle défiait les prédateurs. Un rire faillit passer tes lèvres, mais tu préféras te taire. Elle se voulait guerrière ? Ca ne lui allait pas du tout selon toi. Mais bon, tu allais la laisser faire. Les loups étaient affamés, mais ils étaient immondes surtout. Ils étaient pathétiques par rapport à l’Ours que tu avais combattu. Tu pourrais les tuer d’un seul coup de dent ou de sabot, malheureusement tes blessures ne te le permettraient pas. & c’est ça qui t’exaspérais … Tu voulais les tuer, mais ton corps le refusait. Tout simplement car des singes avaient décidé de te rendre faible, mais ce n’était pas possible. Personne ne pourrait te rendre vulnérable.
Soudain, la jument te cracha dessus & tu eus un petit rire. Elle se pensait menaçante ? Si elle savait. Elle ne lui faisait pas peur. Rien ni personne ne lui ferait peur. Tu te refusais à ressentir ce sentiment. Puis, elle fit quelque chose qui te fis reculer brutalement, pas par peur, mais tout simplement par dépit. Elle fuyait ? Tu te cabras & partis brutalement au galop derrière elle. Mais tu ne la fixais pas, au contraire : tu fixais cette bête qui la suivait. Tu avais la haine, que ce soit contre les loups ou contre la jument. Elle venait de t’abandonner. Elle allait le regretter. Mais tu avais le sentiment qu’elle t’utilisait, tu ne savais pas comment ni pourquoi, mais tu le ressentais. Alors, tu lui ferais comprendre qu’on ne te faisait pas cela. Soudain, tu accéléras la cadence & un sourire naquit sur tes lèvres : tu étais à deux doigts de toucher le loup. Alors, sans même qu’il s’en rende compte tu venais de le projeter contre un arbre : tu entendis un craquement, puis un couinement & enfin le loup tomba au sol disloqué. Tu venais de le tuer & tu en étais fier. Un autre loup te mordit le jarret & sans même te poser une question, tu balanças tes fesses vers lui. Un couinement & du coin de l’oeil, tu vis le loup s’arrêter avec la mâchoire tombante : tu venais de lui briser la lèvre inférieure. Il n’en restait plus qu’un. Alors, tu te stoppa net en l’attendant. Le loup arriva en courant & quand il vit ses compatriote, il se stoppa net. Il fixa l’étalon, hésitant entre l’attaquer ou partir. & bizarrement, l’intelligence gagna sur la faim : il fit demi-tour & disparu en courant dans le fond de la forêt. Ceci fait, tu te cabras & galopas dans la direction de la jument. A elle maintenant !
Un hennissement de haine se fit entendre & tu partis à la suite de la jument. Là, tu la rattrapas facilement car elle venait de ressentir la cadence. Tant mieux. Tu allais lui faire regretter son choix. Alors, tu fis exactement ce que tu venais de faire au loup, tu te mis à sa hauteur & percuta la croupe de la femelle avec ton épaule. Tu savais qu’avec ce choc, elle tomberait ou partirait loin de toi. Alors, tu te stoppas & lui fis face, les oreilles en arrière & l’oeil exorbité. La petite barbie blonde pensait avoir rencontré un petit méchant ? Elle venait de rencontrer Satan, le véritable Diable en personne. On ne le défie pas impunément.

« Plus jamais ça n’arrive, c’est comprit ?! » Tu t’approchas d’elle, menaçant. « La prochaine fois que tu veux m’utiliser pour vivre, fais-le plus subtilement ou crois-moi ce sera la dernière chose que tu feras dans ta stupide vie. »
 


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MessageSujet: Re: Fury Road || HARMO [ END]   Ven 15 Déc 2017 - 10:29



De toute sa vie, Harmonie n’avait certainement jamais eu autant peur qu’à cet instant ; pourtant, concentrée sur sa course minutieuse à travers la jungle, elle n’y prêtait que peu d’attention. Loin d’elle l’instinct de survie qui pousse les proies au bas du précipice, la jument savait parfaitement ce qu’elle faisait. Sa propre confiance en elle la terrorisait plus que le prédateur affamé à sa poursuite. Elle n’avait jamais été sûre de la moindre chose dans sa vie. Encore aujourd’hui, il lui arrivait de regarder son bel Aelis et de se demander si tout n’aurait pas été mieux si elle n’était jamais revenue sur Horse-Wild. Elle l’imaginait alors si beau et si heureux, aux côtés d’une jument magnifique aux yeux doux et à la tête bien faite. Elle voyait les adorables jumeaux qu’il aurait pu avoir avec elle. Loin de la folie de la palomino, ils continueraient sûrement de s’aimer à trois ans passés. Elle s’était persuadée, bien aidée par les rumeurs qui grondaient dans son dos, qu’elle n’était qu’une erreur qui ne méritait pas de respirer. Peut-être était-ce pour cela, d’ailleurs, que sa mère l’avait abandonnée.
Harmonie renâcla bruyamment et plaqua les oreilles sur sa nuque. Penser à sa génitrice finissait toujours par la mettre en colère. Elle s’abreuva donc de sa haine et pressa l’allure. Derrière elle, le loup claquait des dents et s’approchait dangereusement. La jument slaloma à nouveau entre les troncs pour creuser la distance. Ne restait guère de temps avant que leur course n’atteigne enfin son but.

Mais la petite jument avait fait une erreur, une erreur monumentale : elle avait fait confiance en l’intelligence de l’étalon noir. Borné, égoïste, susceptible et dangereux, elle ajoutait désormais à la longue liste peu reluisante de mauvais adjectifs pouvant le qualifier, celui de « complètement idiot ». Son plan était parfait, quoiqu’elle n’avait pas réfléchi à ce qu’il se serait passé quand elle aurait atteint son but. Parfait donc, et presque sans danger, du moins essayait-elle de s’en persuader. Néanmoins, le pur-sang s’était trouvé assez bête pour ne rien comprendre de ses intentions et se fourvoyer sur toute la ligne. Puisant dans des forces qu’il n’avait plus, il les avait tous les deux débarrassés des prédateurs, en en tuant un, blessant l’autre et faisant fuir le dernier – miracle que Harmonie n’était pas sûre de devoir attribuer aux dieux. Désormais, le vrai danger se présentait à eux.

La palomino hennit presque malgré elle quand le blessé la frappa de plein fouet. Déséquilibrée, elle ne réussit à se reprendre qu’en se jetant contre un tronc qui stoppa net sa course et la remit droite sur ses pieds. La haine plein le regard, Harmonie en oublia de se cacher derrière un masque quelconque et se retourna vers l’inconnu d’un bond. Dans son corps bouillonnait une colère qu’elle ne s’était plus connue depuis longtemps, ainsi qu’une pointe de déception. Elle avait cru pouvoir garder un semblant de confiance envers les autres, mais l’idiotie de celui-ci et sa tendance à la violence ne faisaient qu’affirmer ce qu’elle pensait déjà : il valait mieux pour elle qu’elle ne les fréquente plus.

Espèce d’idiot ! hurla-t-elle, fulminante de rage. Tu vas tous nous faire tuer ! Ha ! mais sois donc heureux, cette fois tu ne crèveras pas comme un con sous l’assaut de vulgaires primates !

Harmonie se retint de continuer plus avant ses insultes. Le temps n’était plus à cela, il lui fallait trouver un moyen d’échapper au massacre prochain. Déjà l’odeur nauséabonde de la tanière glissait vers eux. Ils étaient trop proches, beaucoup trop proches, et rien ne les assurait que le tigre n’était pas revenu de ses pérégrinations dans la jungle. La palomino ne voulait pas mourir ici à cause de l’idiote d’un autre. Elle avait raté sa vie du début jusqu’à sa fin, ne pouvait-elle même pas soigner sa mort ? Avait-elle sauvé l’étalon pour le voir crever maintenant ? Elle ne voulait pas y croire. Les dieux étaient-ils si machiavéliques ? Eux aussi rêvaient-ils de la voir mourir ? Après tout, ils étaient comme tous les autres…

Énervée comme jamais, Harmonie pivota pour faire face à la gueule béante de la tanière qu’elle apercevait un peu plus loin entre les troncs. Elle s’approcha de quelques pas, les naseaux dilatés, les oreilles à l’affût du moindre bruit. Un bruissement diffus lui parvint, mais elle ne l’écouta pas et fit un dernier pas. Le chant hurla soudain à l’intérieur de son crâne et, dans un bond, elle fit demi-tour. Le tigre était revenu.

Cours ! hurla-t-elle à l’intention du blessé.

Elle eut tout juste le temps de bondir en même temps que le prédateur et s’interposa entre lui et sa proie : l’étalon. Le tigre planta profondément ses griffes dans la chair de la jument qui profita de son élan pour pivoter sur ses talons et écraser le grand félin contre un tronc. Le mouvement enfonça les griffes plus encore dans sa cuisse et lacéra une partie de son muscle, mais le choc lui fit finalement lâcher prise. Harmonie n’attendit pas qu’on le lui ordonne, faisant abstraction de la douleur, elle s’enfuit au galop en zigzaguant entre les troncs. La peur, la véritable peur, était bien là : écrasant son cœur de petite jument. Rien de ce que pourrait faire l’étalon noir ne pourrait jamais l’effrayer autant que le grand prédateur. C’était un miracle qu’elle ait réussi à se libérer de sa prise et, cette fois encore, Harmonie n’arrivait pas à comprendre ce que les dieux faisaient de sa vie. S’amusaient-ils à tourmenter une mourante ? Car elle ne se faisait guère d’illusion : son temps viendrait bientôt et sa nouvelle blessure n’arrangerait rien. À qui la faute ? La petite jument préférait ne pas se poser la question.
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MessageSujet: Re: Fury Road || HARMO [ END]   Sam 16 Déc 2017 - 23:07

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Mais quel idiot que tu es ! J'ai envie de te claquer, maintenant ! J'ai envie de te mettre la tête contre un tronc & de te frapper jusqu'à ce que tu réagisses. Jusqu'à ce que tu comprennes le mal que tu as pu faire. Pourquoi avoir fait cela ? Pourquoi avoir jeté cette jument ainsi ? Pourquoi l'avoir engueulé ? Alors qu'elle ne voulait qu'une chose : vous sauver, tous les deux ? Je ne te comprends pas. Je crois que je comprendrai sans doute jamais tes réactions, tes émotions mais aussi tes envies. Mais là, aujourd'hui, à ce moment précis de la journée, tu me déçois littéralement. J'aurais pensé que tu accepterais volontiers qu'on t'aide, qu'on te sauve la vie, mais au lieu de cela tu jettes ton messie contre un mur. Tu le surplombes, tu lui envoies des insultes en pleine figure pour absolument rien du tout. Tu te crois immortel, invincible, vainqueur mais tu n'es rien d'autre qu'un idiot comme elle le dit si bien. En fait, tu n'es en vérité qu'un être primitif qui ne comprend absolument rien aux dires, aux émotions mais surtout aux émotions des autres. C'est sans doute pour cette raison que tu demeureras à jamais seul, même lorsque ton amie la Mort viendra te chercher.
Mais cette mort ... N'est-elle pas la seule amie que tu aies actuellement ? La seule personne que tu acceptes de voir en ce moment ? C'est sans doute pour cette raison que tu refuses d'être en contact avec les autres, la seule raison pour laquelle tu n'as confiance en personne. Actuellement, tu ne crois en rien, à part tes ambitions. Je me demande même si tu n'as pas peur, si tu n'as pas peur de la réaction des autres, si tu n'as pas peur de ne pas les comprendre, si tu n'as pas peur de toi-même en réalité. Car il faut savoir que tout a changé, que ton comportement a changé, mais toi aussi. Tu as grandi, mais tu es surtout devenu différent. Tu deviens plus intelligent, mais surtout, tu découvres des sentiments, des émotions que tu ne te connaissais pas encore. C'est sans doute pour cette raison que tu restas complètement penaud devant la situation, mais surtout devant la pointe de colère de la jument. Tu ne savais pas si tu comprenais, mais tout ce que tu savais c'est que tu te sentais mal. Tu ne savais pas encore pourquoi, mais tu avais du mal. Tu avais mal au fond de toi. Deviendrais-tu quelqu'un ? Un être à part entière ? Un être avec un coeur ? Je n'espère pas. Ca changerait tout le personnage que j'ai de toi, en tête.
Soudain, la situation changea. Tout changea. Que ce soit le comportement de la jument, autant que l'ambiance de la forêt en elle-même. Cette dernière devint rapidement silencieuse, les oiseaux s'enfuyaient sans raison, une odeur nauséabonde transperça rapidement tes naseaux. Au départ, tu pensas que tout cela venait de ton corps, que cette odeur demeurait en toi, mais là, c'était différent : là, ça venait d'un tout autre animal. Tu mis quelques secondes à réagir : des secondes trop longues, beaucoup trop longues si tu veux mon avis. Puisque brusquement, deux yeux jaunes avec la pupille fendue apparurent, mais surtout des crocs blancs. Tu plaquas brutalement les oreilles en arrière & au moment même où l'animal bondit, tu fis volte face, balança les postérieurs. Là, sans même te poser une seule question, tu poussas ensuite sur tes postérieurs & partis au grand galop. Tu te pensais invincible ? Tu avais trouvé bien plus fort que toi, tu avais découvert un animal beaucoup plus puissant que toi. Alors, tu continuas de galoper, slalomant entre les arbres, suivant du regard la jument. La peur fait faire plein de choses, dont dépasser un partenaire qui était parti bien avant vous.
Tu posas le regard sur la jument, puis un dernier regard en arrière & là, tu vis le tigre qui courait derrière vous. Tu balanças une énième fois les postérieurs en arrière. Tu revoyais la scène : la jument le balançant contre un arbre avant de s'enfuir. Elle t'avait paru si puissante ... Si violente. Tu secouas la tête & brutalement un bruit de craquement se fit entendre. Etait-ce le félin ? Un arbre ? Tu t'en foutais royalement.

" Pardonnez ma maladresse. Dorénavant, il ne vous touchera plus. "

Gentil ? Tu étais gentil. Okai, je suis carrément choquée là ! Harmonie, que lui as-tu fait ?
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MessageSujet: Re: Fury Road || HARMO [ END]   Jeu 21 Déc 2017 - 12:50



Harmonie avait envie de hurler, de détruire le monde pour le mal qu’il lui faisait. Qu’avait-elle fait pour mériter tout cela ? Depuis sa naissance, rien ni personne ne la laissait en paix. Quand elle ne s’investissait plus dans une vie qui ne voulait pas d’elle, cette même vie la rattrapait au galop, la tirait en arrière et lui faisait affronter la vérité ; leur vérité, tous ces ragots et rumeurs qu’elle ne pourrait jamais supporter. La jument ne rêvait que d’une chose : une seconde de silence complet, d’abandon total, d’oubli et d’obscurité infinie. Elle en avait marre de devoir toujours être sur ses gardes pour ne pas se laisser submerger, de devoir faire attention à qui elle était et à ce qu’elle disait pour ne pas se faire écraser. Harmonie en avait marre de vivre ; non, de survivre. Elle n’en pouvait plus.

Un grognement lui échappa. La douleur fusait à l’intérieur de sa cuisse, roulant sur son dos, s’entortillant autour de son ventre et écrasant son cœur. Ne le lui avaient-ils pas dit ? Ne l’avaient-ils pas prévenue ? « Les autres te tueront, Harmonie, car c’est tout ce qu’ils savent faire. Ils le feront et ce sera trop tard pour nous demander pardon. » La jument claqua des dents, les oreilles plaquées sur la nuque. Le chant fusait dans son esprit, criait au désespoir, appelait à la vengeance. Qui était-elle pour se venger ? Et se venger de qui ? Devait-elle tuer un tigre, un prédateur né roi de la jungle ? Devait-elle retourner sa haine contre l’étalon noir, le percuter de plein fouet, l’écraser contre un arbre comme elle l’avait déjà fait avec le félin ? Le sacrifier pour se sauver ? Mais que restait-il à sauver ? Le compte à rebours était déjà lancé.

La palomino ralentit l’allure malgré elle, la douleur revenant à la charge à chaque pas. Elle grimaça, puisa dans des forces qu’elle ne se connaissait pas et continua sa course, claudicante. Qu’elle meure ici ou dans trois jours, quelle importance ? Qu’elle se laisse bouffer par une machine à tuer ou qu’elle agonise des jours durant ? Les crocs du grand félin n’étaient-ils pas une meilleure alternative ? Elle avait raté sa vie, peut-être était-ce l’occasion de soigner sa mort ? Car, après tout, combien de temps pourrait-elle encore tenir à cette vitesse ? La jungle semblait interminable, inhabitée, meurtrière. Elle se refermait sur elle, lui susurrait à l’oreille combien la mort était agréable. Et elle le lui promettait enfin, ce silence qu’elle ne connaissait pas.

Harmonie jeta un regard en arrière. Elle entendait les pas lourds du félin, mais elle ne voyait rien. Les troncs se serraient les uns contre les autres, maigre barrière qui ne les sauverait jamais. Ils le lui avaient pourtant dit, tant de fois auparavant : « Tu es à nous, Harmonie, c’est avec nous que tu t’épanouis. Les autres ne sont rien. Ton foyer, c’est ici, c’est nous. » Qu’attendaient-ils pour la sauver ? Ils hurlaient, mais ne disaient rien de cohérent. Ils avaient peur, cette vraie peur que l’on connaît rarement, peur qu’enfin elle les laisse tomber.
Je suis chez moi, ici. C’est ce qu’elle avait dit. Ne devait-elle pas le prouver ? Fuir sans but ne les sauverait pas. Fuir ne faisait qu’aggraver sa propre blessure et attirer le félin sur leurs traces de mort-vivants. Car c’était tout ce qu’ils étaient au final : deux mort-vivants courant inexorablement vers la mort, la véritable mort, celle dont on ne revient jamais.

Suis-moi, souffla-t-elle tout bas.

Tendant l’encolure vers l’étalon noir, comme si elle avait l’intention de toucher la sienne du bout des naseaux sans le faire pour autant, Harmonie attira son attention et bifurqua soudainement. Elle avait bien entendu ses mots, les avait avalés, s’abreuvait désormais de leur puissance. Elle ne pouvait s’en empêcher, elle devait l’avouer : ses mots, elle lui en était reconnaissante. Elle avait besoin de savoir que tout ceci n’arriverait plus, que plus jamais rien ne la touchera. Encore et toujours ce contact, celui-là même qu’elle abhorre. Elle avait besoin de croire que tout ceci serait bientôt fini. Maintenant, elle devait tout faire pour que la fin soit à portée de main.

Harmonie se redressa, s’appuya sur sa jambe blessée et grimaça face à la douleur. Mais la douleur était là, prenante, oppressante, et c’était ce qu’elle voulait, ce qu’elle recherchait. Car la douleur ne hantait que les vivants. Harmonie était vivante.
La palomino se gonfla de fausse puissance, se plongea dans le chant qui faisait rage à l’intérieur d’elle-même, sonda les hurlements et passa outre les cris, la peur et la douleur. Elle chercha toujours plus en avant, s’enfonçant dans un brouhaha que toujours elle fuyait, effrayée à l’idée de ne pas lui résister. Elle fit face pourtant, et continua de se concentrer, de se laisser inonder, jusqu’à ce qu’elle trouve enfin ce qu’elle cherchait. Un couinement, faible, apeuré. La lumière au bout du tunnel qui l’emporterait irrémédiablement dans l’obscurité la plus complète, dans un tourment duquel elle ne sortirait pas vivante.
Harmonie le savait pertinemment. Ce qu’elle s’apprêtait à faire ne pourrait jamais être défait. Son esprit déjà s’étiolait, sa détermination explosait. Mais elle n’avait plus le choix.

Sans crier gare, la jument se jeta soudain contre un tronc. L’arbre craqua sous son poids accentué par la vitesse de sa course et elle suffoqua, le souffle coupé. Ses branches se balancèrent dangereusement, secouées par l’impact qui faillit briser sa base. Dans un bruit sourd suivit d’un nouveau craquement, une forme sombre dégringola du sommet et s’écrasa au sol. Harmonie ne lui lança qu’un regard en biais, apercevant la jambe frêle cassée en son milieu, tandis que le singe se mettait à hurler et qu’elle-même reprenait sa course.

Qu’avait-elle fait ?

Un sacrifice pour sauver sa propre vie. Pourrait-elle jamais se le pardonner ? Aelis pourra-t-il lui pardonner ? Harmonie ne préféra pas y penser. La douleur lui imposa le trot, le sang continuant de ruisseler sur sa cuisse. Mais le mal était passé car déjà elle apercevait la lisière de la forêt.
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MessageSujet: Re: Fury Road || HARMO [ END]   Ven 22 Déc 2017 - 22:52

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Tout en toi te hurlait que tu devais courir, que tu devais fuir, que tu devais découvrir autre chose que ce monde. Tu n’avais jamais eu, réellement. Tu savais que ce mot existait, qu’il représentait une émission, un sentiment qui naissait dans le cerveau des êtres vivants depuis la nuit des Temps. Quand un diplodocus rencontre un Tyrannosaure, que fait-il ? Il fuit. Pour survivre, certes, mais aussi par peur. Quand un homme rencontre un serial killer, que fait-il ? Il fuit. De même, pour survivre, mais la peur est présente en lui. Cette peur ancestrale qui fait faire des choses atroces, comme tuer, mais qui nous fait vivre davantage aussi. Car l’instinct de survit permet d’augmenter nos chances de vivre plus longtemps. C’est sans doute pour cette raison que tu fuyais, que tu courais aussi vite que le pouvais. Car tu savais parfaitement que ta vie en dépendait, qu’un prédateur aurait bientôt raison de toi si tu ne réagissais pas assez rapidement. Je pense que tu ne l’aurais jamais cru si on t’en avait parlé. Tu n’aurais jamais imaginé que cela serait possible.
Alors tu fuyais … Tout ce que tu pouvais distinguer à ce moment-là était la croupe palomino de la jument devant toi. Cette douce jument que tu suivais malgré toi, cette jument que tu dénigrais mais que dorénavant tu acceptais telle qu’elle était. En fait, cette situation, ou peut-être cette jument en elle-même, t’avait transformé. Tu étais devenu un tout autre étalon, un réel être vivant. En fait, tu n’aurais jamais imaginé qu’une simple situation puisse changer l’état d’âme d’une personne, ou même un être vivant tout simplement. Au départ, tu voulus la tuer, tu voulus l’anéantir autant que tu le pouvais, mais maintenant … Maintenant, c’était complètement différent. Maintenant, tu ne voulais qu’une chose : fuir & survivre. Mais plus le temps passait, plus tu ressentais autre chose. Tu ressentais un tout autre besoin : découvrir davantage la jument, mais aussi faire en sorte qu’elle aille bien. Elle t’avait tout de même sauvé dans le fond, elle venait de sacrifier sa vie pour la tienne.
Mais elle n’avait pas sacrifié que cela, puisque bientôt tu entendis un cri primate. Tu posas alors ton unique œil sur le corps d’un singe. Il vivait encore, mais il hurlait de douleur. Il avait une jambe cassée : il ne survivra pas longtemps, lui. Il ne pourrait pas fuir, donc il ne survivrait pas. & c’est effectivement le cas : puisque au moment où tu fis volte face pour rejoindre la petite jument, tu entendis un brusque couinement & un cri animal. Ton prédateur venait d’achever le pauvre primate. Tu secouas la tête pour enlever l’odeur de mort dans ton esprit, mais aussi cette envie brusque de vengeance. Cette envie qui entrait dans tes tripes, faisait vriller ton esprit & te rendait malade. Pas nauséeux, loin de là, mais bien malade. Malade de folie. Finalement, tu rejoignis la jument, posa un regard étrange – un regard que tu voulais bienveillant & hocha la tête en voyant la lisière. Vous étiez sauvé. Réellement. Là, tu accéléras de nouveau la cadence, rejoignis la lisière & te retournas vers la jument.

« Venez, nous sommes sauvés. »

Soudain, au moment même où tu prononças ces mots, tu vis la silhouette du tigre derrière la jument. Alors, sans même prononcé un mot, tu repris le galop, oreilles en arrière, queue entre les cuisses & yeux blancs. Tu ressemblais à un démon, un véritable fou. Là, tu te mis entre la jument & le tigre. Au moment même où ce dernier allait sauter sur elle, tu fit brusquement volte face & balanças ses postérieurs. Tu entendis alors un sinistre craquement & le tigre s’en alla en feulant de douleur. Tu ne savais pas où tu l’avais touché mais tu t’en moquais, profondément. Finalement, tu te mis au trot & vins te mettre aux côtés de la jument.

« Vous êtes sauvée. »

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MessageSujet: Re: Fury Road || HARMO [ END]   Mer 27 Déc 2017 - 10:41



Et le cri se mélangea au brouhaha infini.

Harmonie chancela, les paupières fermées sur un acte qu’elle ne pouvait se pardonner. Elle revoyait la chute du petit être, ses grands yeux qui l’imploraient, la critiquaient et la maudissaient. Quand dans son dos le craquement de ses os entre les mâchoires puissantes du tigre se faisait entendre, le souvenir se rembobinait et recommençait. La chute, le cri, les larmes, les os. La petite jument n’en regardait plus où elle marchait, filant tout droit dans un trot bancal et douloureux. Sans même s’en apercevoir, elle percuta un arbre, le tronc s’enfonçant dans son poitrail, écorchant son encolure. Elle ne vit rien, n’entendit rien et ne sentit rien, reprenant sa fuite impossible jusqu’à la lisière de la forêt.

Elle était là, brillante, attirante, maigre salut pour leur peine. La palomino la fixait sans la voir, concentrée sur le tourment qui s’agitait à l’intérieur de son cerveau. Le chant n’était qu’un murmure face au cri du primate. Le tronc des arbres un frémissement face à la brûlure sur sa cuisse. Harmonie s’était perdue dans les méandres de son propre vice, dans le sadisme de son instinct de survie, dans l’égoïsme de son existence. Pour la première fois de sa vie, Harmonie comprit le mal qui habitait son fils, le regard éteint qu’elle avait vu sur son visage et la démarche claudicante de son corps. Tout comme lui, elle trottait bas, soulevait un tas de feuilles mortes à chaque pas et chancelait dangereusement de droite à gauche. Ses yeux ors perdaient de leur couleur, ses crins blancs ne voletaient plus autour d’elle. Doucement, elle comprit le malheur, celui qui ne vient que de soi et que les autres ne comprennent pas.

La petite jument rejoignit la lisière au pas, boitant plus fortement encore tandis que le sang chaud salissait sa robe d’or. Elle ne comprenait pas ce que les dieux faisaient d’elle, de quelle façon ils s’amusaient avec son corps, son cœur et son esprit. Si elle était tirée d’affaire aujourd’hui, quel était le prix de cette survie ? À jamais elle se sentirait hantée par le souvenir du petit primate sacrifié. Elle savait qu’elle ne pourrait pas l’oublier, que si elle avait l’audace d’essayer, un regard à sa cuisse le lui rappellerait. Car elle n’était pas dupe : sa robe ne retrouverait pas son harmonie. À jamais elle resterait bafouée.

La palomino tourna à peine la tête vers son compagnon d’infortune. Pouvait-elle retourner toute sa haine contre lui ? Lui crier combien il était idiot ? Lui demander de se racheter pour le mal qu’il avait fait ? Mais quel mal lui avait-il fait ? Harmonie s’était jetée seule dans la gueule du loup. Elle s’était laissée faire sans résister. Elle avait sauvé un autre sans s’inquiéter des circonstances. Et quelles circonstances… Peut-être était-il temps pour elle de prendre ses distances. De vraies distances. Elle implorerait son bel Aelis s’il le fallait, mais elle ne se sentait plus capable de supporter les autres, de les laisser l’approcher. Au fond d’elle, elle se sentait trop coupable pour les côtoyer à nouveau. Il était temps de devenir la vraie folle qu’ils voyaient tous en elle.

N’approche pas ! siffla-t-elle les dents serrées.

Les oreilles plaquées sur la nuque, Harmonie pivota et retroussa les lèvres sur ses dents. Elle ne voulait plus faire semblant, mais ne savait faire autrement. Elle puisa donc dans sa haine des autres toute la violence dont elle n’était pas capable, toute la méchanceté qu’elle ne connaissait pas. Elle releva la tête et donna de la force à son regard, simplement son regard. Elle ne voulait pas frapper du pied, ni claquer des dents. Elle préféra faire passer tous ses mauvais sentiments dans ses yeux clairs. Elle devait concentrer l’attention de l’étalon sur son regard et lui faire oublier ses véritables faiblesses. Harmonie renfila, pour la dernière fois, une armure qui ne lui allait pas et trompa le monde sans plus arriver à se tromper elle-même.

Sauvée ? Laisse-moi rire, persifla-t-elle. Regarde ce que tu as fait de moi ! Une boiteuse et une meurtrière ! Que comptes-tu faire pour te racheter ? Et regarde donc ce que tu es ! Nous ne sommes pas sauvés. Tu finiras par le comprendre et je viendrai rire sur ta tombe quand tu seras mort et enterré !

Harmonie lui offrit un regard plein de dédain, ce dédain qu’elle avait pour elle-même et qu’elle réussit à retourner contre lui. Puis elle tourna les talons sans demander son reste, puisant dans sa douleur un galop qu’elle ne tiendrait que peu de temps, mais suffisamment pour s’extirper de la vue du vilain. Elle ne voulait pas qu’il la suive, la retienne ou la blesse ; elle voulait simplement disparaître, s’effacer du monde à tout jamais. Le temps la tuerait, mais elle ne laisserait pas ce plaisir aux autres. La palomino s’enfuit donc avec superbe, prête à trouver un moyen de se soigner ou de crever enfin.
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MessageSujet: Re: Fury Road || HARMO [ END]   Dim 31 Déc 2017 - 16:28

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La Mort règne dans chacun. La Mort vit dans l’esprit & le corps de tous. Ne dit-on pas que l’on naît pour mourir ? Que dés notre première respiration sur Terre nous sommes déjà condamnés ? Car soyons franc, la vie n’est pas un cadeau, elle est seulement un pas vers son amie la Mort. Elle ne fait que nous mener délicatement vers la bras de sa compagne. La Vie & la Mort sont deux meilleures amies depuis la nuit des Temps, elles rient ensemble des obstacles que nous surmontons, elles nous manipulent chacune à leur manière, elles jouent avec nous depuis longtemps. Alors, non, ce sacrifice ne te fit rien. Cela ne te toucha même pas. Tu avais l’habitude de sacrifier, tu avais l’habitude de côtoyer la Mort. Elle te suivait à chacun de tes pas & aujourd’hui même elle t’avait tendu les bras avec amour. Mais tu avais refusé son invitation, voulant absolument vivre. Aujourd’hui, tu voulais vivre. Tu voulais survivre car tu avais un but à accomplir, tu avais une mission à réaliser : une mission que seul toi connaissais.
Tu regardas la jument fuir, sans véritablement faire attention, ne faisant que la suivre. Lorsqu’elle se prit un arbre, tu n’eus même pas envie de rire, tu voulus juste faire quelque chose pour elle. Mais un sentiment en toi, un tiraillement, te faisait comprendre que tu n’avais rien à faire, que tu ne devais faire quelque chose. Alors, tu continuas de la suivre sans rien dire. Brusquement, elle plaqua les oreilles & te menaça lorsque tu voulus t’approcher. Que lui prenait-elle? Pourquoi vouloir réagir ainsi ? Tu ne comprenais pas. Avais-tu rencontré plus fou que toi ? J’en suis sûre. De toute façon, on trouve toujours plus fou que soi, c’était certain. Alors, tu reculas, les oreilles en arrière & les naseaux pincés. Qu’elle n’ose même pas te toucher sinon tu lui ferais regretter son geste.
«  Sauvée ? Laisse-moi rire! Regarde ce que tu as fait de moi : une boiteuse & une meurtrière. Que comptes-tu faire pour te racheter ? & regarde donc ce que tu es. Nous ne sommes pas sauvés ! Tu finiras par le comprendre & je viendrais rire sur ta tombe lorsque tu seras mort & enterré. » Alors c’était comme ça ? Pour la première fois de ta vie tu étais gentil, tu faisais preuve de compassion & tu sauvais quelqu’un, mais on te remerciait ainsi ? Très bien. Cela t’apprendras à vouloir devenir un gentlemen. Tu la laissas partir, sans rien dire, ne faisant que cracher près de tes sabots. Une sotte. Elle n’était qu’une sotte. Tu finis par taper du postérieur pour ensuite appuyer sur tes jarrets. Là, tu partis de nouveau au galop, traversant la lisière & voulant rejoindre les terres secrètes. Au fond, tu ne lui en voulais même pas en réalité. Tu comprenais qu’elle réagisse comme ça, mais c’était bien malheureux. Tant pis. Tu vis les paysages défiler, secoua la tête & tenta d’oublier cette belle jument meurtrie que tu avais rencontré.

E.N.D

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