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EVENEMENT EN COURS POUR HALLOWEEN + NOUVELLE EDITION DE LA GAZETTE

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 Fury Road || HARMO

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MessageSujet: Fury Road || HARMO   Dim 8 Oct 2017 - 20:01

On trouve toujours plus fort que soi.

Des cris animaux se faisaient entendre, tandis qu'une grande galopade était étouffée. Les branches des arbres se mouvaient au gré des animaux, tandis que des feuilles volaient au gré des sabots d'un cheval. Dans la nature, il y a une chaîne qui est présente depuis la nuit des temps : la chaîne alimentaire. Mais aussi la chaîne du plus fort. Malgré la taille de certains animaux, ils ne demeuraient pas moins les rois. Ils demeuraient maîtres de certains lieux. On pourrait, bien évidemment, croire qu'ils se laisseraient malmener par les prédateurs ou bien sûr des animaux bien plus gros/grands qu'eux. Malheureusement, ou bien heureusement pour eux, parfois ce n'était pas le cas. C'est bien sûr ce qui se passait dans cette forêt. Connaissez-vous la forêt amazonienne ? & bien, cette forêt était en tout point commune à cette dernière. En effet, elle était arborée d'arbres très grands, elle était joyeuse grâce aux chants des oiseaux présents, mais surtout elle était gouvernée par les singes. Ces derniers étant très présents dans l'Amazone aussi. Personne ne saurait jamais pourquoi ces singes étaient là, sans doute car les Dieux l'ont décidé ainsi, mais ils étaient les rois, les véritables maîtres des lieux. Même les plus grands des prédateurs refusaient de les côtoyer, ils refusaient de les affronter, car ils savaient : ils savaient parfaitement qu'ils allaient perdre.
Un hennissement & une masse sombre traversa la forêt. On pouvait facilement distinguer de l'écume sur le corps de la masse sombre, tandis qu'elle commençait à chanceler. Depuis combien de temps cette course folle était là ? Depuis combien de temps la silhouette galopait-elle ? Un cri primate se fit entendre tandis que la silhouette redoublait d'effort. Venait-elle d'énerver les singes ? Venait-elle de déclarer sa mort ? En mangeant cette banane tombée d'un arbre ? C'était évident. La peur se ressentait à chaque galopade que tu pouvais avoir. Tu n'avais jamais peur, mais là, tu avais véritablement le sentiment de te retrouver face à ta connerie, face à ton destin. Tu allais mourir des mains de ces babouins sans cervelle ? C'était pas possible. Tu redoublas d'effort tandis que tu tournais à un endroit, espérant retomber sur tes pas & pouvoir sortir de cette maudite forêt. Malheureusement, au moment même où tu retrouvas le chemin de la sortie, les babouins étaient descendus de leur arbre & t'attendaient de pied ferme, te bloquant la sortie. Tu stoppas net, te cabras & plaquas les oreilles en arrière. Tu poussas un hennissement rauque, espérant que quelqu'un t'entende. A ce moment-même, les singes se jetèrent sur toi. Tu allais mourir, c'est sûr.
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Harmonie

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MessageSujet: Re: Fury Road || HARMO   Mar 10 Oct 2017 - 11:38


Qu'avait-elle fait pour se retrouver là ? Elle ne savait plus. Elle avait suivi le Chant sans y penser, s'accrochant aux murmures des arbres sans vraiment les écouter. Elle l'avait senti gonfler à l'intérieur de son crâne, prendre plus de place qu'il ne l'aurait dû. Aujourd'hui, pourtant, elle n'avait rien fait pour l'en empêcher.
C'était une belle journée, une journée qu'elle aurait aimé passer avec lui. Peut-être était-ce pour cela, qu'elle avait laissé le Chant combler le vide de son absence. Harmonie savait qu'il était là, quelque part – jamais bien loin, en vérité – mais elle se sentait lasse et incapable de le rejoindre pour le moment. Elle s'était donc soumise aux plaintes des Arbres, la tête penchée sur le côté pour mieux les entendre hurler.

Dans un trop-plein de confiance qu'elle possédait rarement, Harmonie s'était persuadée qu'elle pouvait les contrôler, leur intimer de se taire quand elle serait blasée par leurs mots viciés. Elle devait se rendre à l'évidence : sa bêtise n'avait que trop duré. En pensant qu'elle était plus forte qu'eux, elle les avait laissé passer une ligne qui n'aurait jamais dû être franchie. Maintenant, ils hurlaient avec puissance à l'intérieur de son crâne et elle ne pouvait plus s'en débarrasser.
La preuve était là : elle avait parcouru plusieurs kilomètres sans même y penser. Elle se souvenait du grand arbre sous lequel elle s'était assoupie, bercée par son chuchotement incessant. Voici qu'à sa place, en levant les yeux, elle trouvait une forêt inconnue, un royaume qu'elle aurait mieux fait d'éviter.

Dans un couinement inquiétant, un singe s'enfuit à toute hâte dans les arbres, faisant tomber quelques feuilles sur la croupe de la petite jument. Harmonie s'ébroua, profitant de l'occasion pour reprendre possession de son propre corps. Elle repoussa le Chant dans un coin de son cerveau et reporta son attention sur le monde.
Devant elle, la forêt sombrait soudainement dans un puits d'obscurité qui recrachait une forte odeur nauséabonde. Un mélange effrayant de sang, de pourriture et une touche plus marquée, un embrun peu familier, qui recouvrait le tout et enveloppait sa robe palomino.

Harmonie cessa de respirer. En jetant un coup d’œil autour d’elle, le tronc griffé d’un arbre ne fit que confirmer ses soupçons : elle se tenait juste devant la tanière d’un tigre. Dans la jungle, il était roi et elle, elle n’était rien. Jamais elle ne pourrait se battre contre ce puissant prédateur. Même les singes évitaient cette zone. Si celui qu’elle avait entendu fuir était venu jusqu’ici, c’était sûrement parce qu’il l’avait suivie, intriguée par sa marche inconsciente, qui l’avait jetée droit dans la gueule du loup.

La palomino se reprit en tapant du sabot sur le sol. Si le prédateur avait été là, la jument serait déjà morte. Avec un peu de chance, le Chant ne l’avait pas amenée faire face à son destin. Le tigre était absent, il flânait certainement autour d’une autre de ses tanières, plus loin sur son territoire. Harmonie se décida donc à faire demi-tour et souleva son antérieur gauche dans un désagréable bruit de succion. En baissant les yeux sur le sol meuble de la jungle, un haut-le-cœur lui retourna le ventre et elle se retint de justesse de vomir son quatre-heures. En frappant le sol, elle avait enfoncé son sabot dans la carcasse pourrie d’un jeune singe. Le sang éclaboussait ses poils dorés jusqu’à son genou et quelques morceaux de chair s’accrochaient à son paturon. N’ayant pas la force de baisser la tête pour s’en débarrasser du bout des lèvres, la petite jument reprit son demi-tour en espérant que la marche la nettoierait, en partie du moins.

Quelques pas plus loin, après s’être suffisamment éloignée de la tanière, Harmonie prit quelques secondes pour regarder l’état de sa jambe. Malheureusement, le sang séchait sur ses poils dorés et retenait avec plus de force les quelques bouts vermeils du primate mort. L’odeur attaquait ses naseaux, réveillant en elle d’autres haut-le-cœur désagréables. Elle se mit donc en quête d’un cours d’eau pour se débarrasser de la souillure sur sa belle robe.
Elle n’eut pas le temps de faire un nouveau pas en avant qu’un hennissement vint s’écraser à l’intérieur de ses tympans. La petite jument tourna la tête dans la direction du bruit, prenant soudain conscience du silence qui l’entourait jusqu’à maintenant. Le Chant était toujours là, à l’intérieur de son crâne, mais le monde extérieur semblait s’être mis d’accord. Les singes ne criaient plus, les oiseaux avaient disparu.

Sans réfléchir, Harmonie s’approcha de la forme noire qu’elle apercevait difficilement entre les arbres. Quand elle put enfin distinguer la forme courbe du nez arabe de l’étalon, le cri des primates revint à la charge tandis qu’ils bondissaient tous en avant. Le choc la foudroya sur place : elle n’avait jamais vu de singes attaquer un cheval, mais elle était persuadée que le mâle ne tiendrait pas longtemps face à cette horde. Jetant un seul coup d’œil à son antérieur souillé, le palomino prit sa décision et bondit elle aussi vers le champ de bataille.

La petite jument n’était pas une guerrière, elle ne s’était jamais battue et priait intérieurement pour qu’elle n’en ait jamais besoin. Cependant, elle ne croyait pas aux coïncidences. Elle trouvait le monde « trop bien foutu » pour que les dieux ne laissent passer la moindre parcelle de hasard. Si elle était ici aujourd’hui, si elle s’était approchée de la tanière d’un roi et si elle avait plongé sa jambe dans le sang et la mort, c’était, pour elle, un signe qu’elle devait intervenir. Qu’elle pouvait intervenir.

La belle d’or s’imagina une déesse de la guerre, pensa à l’armure imbattable qui la recouvrait, s’inspira de la puissance de ses bras et s’interposa bruyamment entre les prédateurs et leur proie. Elle mit à profit toutes ses années de mensonges et se persuada elle-même que rien ne pouvait l’arrêter, qu’elle avait triomphé du mal une fois et qu’elle pouvait recommencer.
Elle fouetta l’air de sa queue blanche, claqua des dents à quelques centimètres d’une oreille de singe et frappa violemment le sol de son antérieur souillé. L’odeur de sang et de prédateur envahit les lieux tandis que les quelques bouts de chair virevoltaient un peu partout, s’écrasant sur le sol ou le museau des primates.

Elle ne s’était jamais faite aussi violente, mais ne se laissa pas gagner par la peur. Elle recala au fond de son cœur tout sentiment inutile et s’inspira du hurlement des arbres à l’intérieur de son crâne pour donner plus de puissance à sa voix ; pourtant, elle ne cria pas. Elle sourit et laissa échapper un simple chuchotement, un souffle d’air qui roula au fond de sa gorge et sortit de sa bouche comme une promesse de meurtre. Un rire cruel qui n’attendait que l’assaut des idiots pour s’émerveiller devant leur mort.

Face à la stupeur des singes, Harmonie crut comprendre que son manège était convaincant. Elle espéra intérieurement que tout ceci suffirait à les faire fuir pour de bon. Elle se donnait des airs de guerrière pour sauver un inconnu, mais dans un véritable combat, elle ne serait guère plus qu’un cadavre vivant.



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MessageSujet: Re: Fury Road || HARMO   Mer 11 Oct 2017 - 0:02

La sauvagerie du monde se réalise lorsqu'on la voit.

Plus aucune bruit n'était présent dans cette forêt. On pourrait croire que la forêt en elle-même venait de mourir en une seule seconde, qu'elle venait de disparaître dans une tempête invisible. Les oiseaux s'étaient tus, même le tigre - roi de cette forêt - avait disparu. En fait, en un quart de seconde, on pourrait croire que la forêt elle-même avait peur des singes. Comment des petits animaux tels qu'eux pouvaient-ils mettre une telle ambiance ? Comment pouvaient-ils ériger des règles qui leur sont propres ? Mais surtout, question essentielle : comment pouvaient-ils vivre sans avoir peur de rien ? Ne dit-on pas que des singes sont des proies ? Que logiquement ils devraient mourir sous les gros des plus grands félins ? Je me souviens une fois : j'avais regardé un documentaire où un petit singe était tombé de l'arbre, où il vivait avec sa mère, & un jaguar était arrivé. Il s'était précipité vers lui pour en faire son dîner & finalement, toute la tribu était apparue. En une dizaine de minutes, ils avaient fait fuir le grand félin, sans même une éclaboussure de sang. Ils avaient gagné. Juste par la force des choses, juste car l'union fait la force. Est-ce le cas ici ? Est-ce que les singes dominent simplement car ils sont beaucoup plus nombreux, simplement car leur famille est plus imposante ? Je pense. En réalité, si on y réfléchit bien : ils sont les parrains de ces lieux. La mafia de la forêt.
La peur se lisait dans tes yeux & la Mort se sentait à tes côtés. Tu t'es toujours vanté de n'avoir peur de rien ni personne, mais aujourd'hui c'était bien différent. Tu avais peur. Une véritable peur. Non pas la peur où l'on se fait dessus, mais cette peur ancestrale où vous avez l'impression de voir votre vie défiler devant vos yeux. Vous savez cette peur que vous ressentez lorsque vous traversez la rue & que vous trébuchez, du coup vous vous retrouvez nez-à-nez avec un capot de voiture & vous voyez la vie défiler devant vous. Vous voyez cet avenir que vous ne toucherez que du bout des doigts, cette famille que vous ne pourrez distinguer que dans vos rêves. En fait, oui, soyons franc, tu ressens une peur dont tu ignorais la présence. Tu avais l'impression qu'à chaque respiration que tu pouvais avoir, ta gorge se serrait, qu'à chaque vision que tu avais une larme roulait sur ta ganache. Oh bien sûr, tu ne pleurais pas vraiment. Mais tu avais l'impression que la Mort te tendait les bras avec une chaleur que tu ne lui connaissais pas. Elle t'attendait, elle te cherchait. Mais non, ce n'était pas ton heure, tu en étais certain. Un mâle se jeta sur ton encolure, tandis qu'un autre sur ta croupe. Tu sentis des morsures, des griffures, mais surtout tu entendis des cris. Bordel, ils allaient te tuer ces cons ! Tu poussas un hennissement rauque tandis que tu tapais du sabot le sol. Tu voulais leur faire peur ... Mais tu savais que ça ne fonctionnerait pas : tout simplement car ils étaient une vingtaine & toi tout seul.
Soudain, un rire se fit entendre. Un rire cruel. Le Malin était-il venu à sa rescousse ? Etait-il venu secourir son chevalier noir ? Tu jetas rapidement le singe qui était présent sur ton chanfrein tandis que tu posais un regard sur la jument à côté de toi : une jument palomino. Elle n'était pas bien grosse, pas bien musclée ni même jolie mais elle ne demeurait pas moins ton seul rempart face à la Mort. Elle venait de te sauver la vie, peut-être & tu en étais convaincu. Pour la première fois de ta vie, tu te rendis compte que quelqu'un était peut-être plus fort que toi. Tu ne fis pas réellement attention au manège de la petite jument à côté de toi, mais lorsque les singes s'enfuirent, tu poussas un long soupir de soulagement. La Mort ne t'accueillerait pas chez elle aujourd'hui, tu venais de lui échapper une seconde fois. Brusquement ton corps te lâcha, tu te retrouvas brutalement couché sur le sol, le souffle extrêmement court & du sang présent sur le corps. Ton oeil invalide était recouvert d'une larme de sang venant de ton chanfrein tandis que ta croupe tremblait à cause d'une blessure bien ouverte. Ils t'avaient bien amoché ces cons. Tu avais besoin de repos, tu en étais convaincu en réalité. Mais tu n'osais l'avouer. Tu voulus te relever au moins trois fois, mais tes jambes te rappelèrent au sol bien rapidement. Tu te remettrais pas debout avant longtemps.

" Merci ... " Un simple murmure presqu'inaudible. Mais tu te devais de le dire. La politesse était de mise, ici.

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MessageSujet: Re: Fury Road || HARMO   Sam 14 Oct 2017 - 11:28


Sous son regard d’or, les singes bondirent sur le mâle et lacérèrent leur victime. Elle pensait être arrivée à temps, mais ses pas ne la portaient pas si rapidement. La peur aurait pu illuminer ses pupilles, le regret aurait pu ruisseler sur ses joues. Elle n’en fit rien, pourtant. Accrochée à ses fausses convictions, Harmonie ne s’autorisa aucune faiblesse. Elle devait être une déesse de la guerre. Les déesses ne pleuraient pas. Les déesses ne reculaient pas. Les déesses ne mouraient pas.
Intouchable, incassable, inébranlable. Elle se dressa devant la horde de sa petite hauteur, fière de son port commun et de sa musculature moyenne. Débordant de confiance en un corps qui paraissait faible, elle prouvait aux proies que les apparences étaient trompeuses. Elle était une tueuse, pas une mère ratée. Elle était une guerrière, pas une jument folle. Il ne tenait qu’à eux de vérifier qui, du corps ou de l’esprit, était le maître chanteur.

Quand les primates s’enfuirent en toute hâte, Harmonie ne se laissa pas aller au soulagement. Bien installée dans son costume de meurtrière, elle garda la tête haute et vrilla un regard critique sur les bêtes en fuite. Elle profita même qu’un petit singe passe à son côté pour donner un coup de dents qui, bien heureusement, loupa sa cible.
La palomino n’était pas de nature méchante et se dégoûtait elle-même de ses actions. Si elle avait parfois eu des mots blessants, elle n’en avait jamais eu les gestes et regrettait quelque peu d’avoir dû s’adonner à ce petit jeu. La fausse puissance que l’on pouvait ressentir devant la fuite d’un ennemi ne lui plaisait pas du tout. Harmonie ne savait que trop bien la beauté des mensonges et, surtout, le mal qu’ils pouvaient faire. Si aujourd’hui, elle faisait fuir les singes, demain, ils feraient d’elle leur goûter.
Quoique dégoûtée, la petite jument garda néanmoins ses allures de grande dame, l’œil attentif à tout mouvement. Elle craignait que la fuite des primates ne soit une ruse pour la tester. Peut-être attendaient-ils qu’elle fasse tomber le masque et prouve sa faiblesse pour lui sauter dessus et l’achever, elle et l’inconnu. Elle attendit donc, immobile, alerte, s’enfonçant un peu plus encore dans son personnage.

Le murmure de l’étalon la ramena à une réalité qui fissura quelque peu son image de guerrière. Elle n’était pas seule. Si elle s’était jetée sur le champ de bataille comme elle ne le l’avait jamais fait et ne le referait jamais plus, c’était à cause de lui. Qui était-il ? Méritait-il qu’elle risque sa vie pour lui ? Aurait-il agi comme elle si les rôles avaient été échangés ?
Harmonie se retourna vers la bête noire. Affalé au sol, le corps ensanglanté, il lui ramenait au visage deux mots malheureux « trop tard ». Il n’était pas encore mort, mais souffrait certainement puisqu’il était soudain tombé au sol et peinait à se relever. Épaulée par la bonté qu’un monde n’avait pas pour elle, la petite jument aurait pu l’aider à se redresser et le pousser gentiment à l’abri des primates et autres prédateurs de la forêt. Elle aurait pu. Tout comme elle aurait pu tourner les talons et l’abandonner.
La palomino n’en fit rien, bien dressée sur ses jambes. Sans baisser la tête, elle posa ses yeux d’or sur l’étalon allongé, donnant à son regard un faux sentiment de supériorité. Elle s’en sortait indemne, elle, la déesse de la guerre, tandis que lui n’avait plus que son œil unique pour pleurer. Peut-être que, de quelques coups des naseaux, d’un appui bien placé ou d’un soutien quelconque, elle aurait pu l’aider, mais pour cela elle devait le toucher. Les pupilles débordant de dégoût, elle grimaça à cette pensée et détourna la tête un instant. Aussi égoïste que cela pouvait être, il lui semblait plus supportable de le laisser crever plutôt que d’établir un contact avec un corps étranger.

Elle se reprit très vite, redonnant à son corps indifférence et supériorité. Elle fit quelques pas en avant pour s’approcher du mort-vivant et l’agrémenter d’un remarquable regard plein de mépris. Ses propres allures ne lui plaisaient guère, mais elles lui semblaient le seul moyen pour aider la bête noire à se lever sans la toucher. Dans la peau de son personnage, elle frappa à nouveau le sol du sabot, près de la tête de l’étalon, et claqua des dents, les oreilles plaquées sur la nuque.

Tu comptes dormir ici ? cracha-t-elle avec véhémence. Non, hein… ? Alors, debout !

Harmonie n’attendit aucune réponse pour pivoter sur ses postérieurs et faire demi-tour. Elle sonda l’obscurité entre les arbres pour essayer de se repérer dans la jungle. Le chant enfla à ses oreilles, peu heureux de constater qu’elle s’intéressait à un autre que lui, de voir ce qu’elle était prête à devenir pour sauver l’un des « autres ». La palomino ne l’écouta pas, concentrée sur sa quête d’une quelconque source d’eau. Elle souhaitait se débarrasser du sang sur ses poils dorés. L’odeur du tigre attendrait qu’elle sorte de la forêt, il lui semblait plus judicieux de la garder sur elle pour le moment. Qui savait quand les singes reviendraient à l’assaut, ou pire : un véritable prédateur…

Il y a un point d’eau, près d’ici, mentit-elle. Elle tourna légèrement la tête de côté pour dévisager l’étalon blessé. À moins que tu ne préfères pourrir ici, puant de peur et de médiocrité, pitoyable victime de proies faibles et lâches.

La petite jument espérait sincèrement que ses provocations donneraient assez de force à l’étalon pour se relever. Il lui semblait du genre à aimer être regardé, haï et craint, ce genre de mâles qui n’accepte pas la supériorité d’une femelle. Si ses insultes ne l’émoustillaient pas assez pour qu’il se dresse sur ses jambes et lui prouve combien il était fort, alors Harmonie serait bien capable de l’abandonner à son sort. Il était hors de question qu’elle le touche, après tout, et elle ne voyait aucun autre moyen de l’aider. Elle avait fait son job, à lui de faire le reste.


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Collapsing

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MessageSujet: Re: Fury Road || HARMO   Sam 14 Oct 2017 - 13:25

 



Fury Road

collapsing & harmo

Tu étais là, allongé tel un cloporte emprisonné dans un miel trop juteux. Tu étais pathétique. Tu ne savais que faire & pourtant tu continuais d'espérer. Mais pourquoi ? Pourquoi t'être autant laissé aller ? Pourquoi t'être laissé faire par ces bestioles ? Pourquoi t'être, surtout, laissé attaquer ? Oh non, ne secoue pas la tête Collap's, tu sais que j'ai raison. Tu sais que tout ce que je dis est vrai. Je t'ai connu autrement mon pauvre : je t'ai connu beaucoup plus combatif que cela. Je t'ai connu surtout beaucoup plus méchant. Tu me fais pitié. Réellement. Comment ça, je ne devrais pas dire cela ? Comment ça je ne devrais pas insinué que tu es pathétique ? Pourtant c'est le cas. Certes, ces singes étaient beaucoup plus nombreux, certes ils avaient la méchanceté en eux, mais n'est-ce pas le cas pour toi aussi ? Ne dis-tu pas que tu es le Malin en personne ? Ne penses-tu pas réellement que Satan aurait assassiné ces bêtes ridicules ? Ne penses-tu pas qu'il les aurait exterminé ? Crois-tu réellement que ces singes seraient partis indemnes de cette bataille si le Malin avait réellement été là ? Fais quelque chose bordel ! Tu sais que la douleur n'est que mentale, qu'elle n'existe que si on la laisse pénétrer en nous. Tu le sais, alors fais quelque chose nom de dieu ! Bon d'accord, je ne devrais pas jurer ainsi, mais tu m'y obliges. Je me sens tellement ridicule de t'avoir créé en te voyant ainsi. Je ne te reconnais plus Collap's. Il y a encore quelque jours, tu défiais un Dieu, tu jurais sur tous les toits que tu étais digne de régner. Alors prouves-le !
Le sang ne cessait de couler sur ta peau comme un fleuve coulant le long d'une pierre. Il ruisselait sur ta robe telle la lave coulant près de l'Etna. Ta magnifique robe ébène ne devenait maintenant qu'une robe banale rouge foncée, tu ressemblait plus à une vieux cheval qu'un étalon fringuant. Comment as-tu pu devenir ainsi, sincèrement ? Je ne comprend pas moi-même ce qui vient de se passer. Bien sûr, j'ai assisté à la scène extérieurement, bien sûr j'ai vu ces singes se jeter sur toi tels des lions en cage, bien sûr j'ai vu à quel point ils t'ont blessés, mais je ne pensais réellement pas que tu allais tombé ainsi sur le champ de bataille. J'avais foi en toi Collap's, je pensais réellement que le chevalier noir se relèverait bien vite. Tu me fais peur. Non sincèrement, j'ai réellement peur pour toi là ... J'ai peur que tu te laisses mourir ainsi, sous les coups de ces singes. Mais est-ce vraiment toi ? Est-ce que ça te ressemble réellement que de faire ça ? Je ne suis pas sûre. Mais alors pourquoi ne te relèves-tu pas ? Oh bien sûr, je t'ai vu essayé, je t'ai vu vouloir le faire mais tu avais finalement abandonné. Tu avais finalement lâché l'affaire comme un poulain handicapé voulant abandonner la vie. Ouais, au début je t'en voulais de réagir ainsi, mais là j'ai réellement peur que tu abandonnes. Mais tu as un royaume à gouverner bordel ! Alors relèves-toi Soldat !
Ecoute-la. Elle te provoque Collap's. Cette jument se moquer ouvertement de toi, alors écoute-la ! Pivotes tes oreilles vers elle, s'il te plait. Laisse ta haine t'envahir, laisse la rage te guider, laisse la liberté dompter tes émotions. Tu es un pur-sang arabe mon beau. & tu sais parfaitement que la race que tu représentes sont des chevaux sauvages de base, ils sont la liberté incarnée, mais surtout la race la plus indigène de toute la planète. Ils sont nés pour gouverner, ils sont nés pour se battre & survivre. Ne dit-on pas que la plupart des chevaux viennent de ta race ? Ne dit-on pas que les croisements sont nés grâce aux tiens ? Alors représentes-les, s'il te plait. Prouve que tu es digne de tes ascendants, que tu es digne de porter une couronne. Mon dieu ! Son sabot vient de s'écraser à quelques centimètres de ta face ! Tu vas réellement rien faire ? Tu vas la laisser t'humilier ainsi ? Oh que vois-je ? Deux oreilles se plaquant dans ta crinière & une flamme de haine naissant dans ton unique globe oculaire ? Tu reviens ! Tu reviens parmi nous ! Oui, Collap's est de retour. Prouve-le moi, je t'en supplie. Mais maintenant, je n'ai plus peur pour toi mon beau, j'ai peur pour elle. Elle t'a cherché & elle te trouvera sans doute.
" Recommence une fois. & je te jure que ... " Tu poussas brutalement sur tes postérieurs & te redressas dans un grognement sonore." ... Jument ou non, je te tue. " Tu étais de retour. L'étalon borgne revenait parmi nous mes amis & il redevenait celui qu'on connaissait tous. Par contre, je t'assure Harmo, qu'il est sincère dans ces propos. Que tu sois une jument ou non, il serait parfaitement capable de te tuer. Oh mais que vois-je ? Tu es enfin debout Collap's ! Il était temps ! Oh bien sûr, tu chancelais encore légèrement sur tes jambes, mais tu étais debout. Tu te tenais fier, royal, un véritable prince de guerre en réalité. Tu as encore une fois dompté la Mort. Elle ne te prendra pas dans ses bras, pas cette fois-ci encore.
" La peur ne m'a jamais envahi. Je ne faisais que me reposer. " Tu t'approchas d'elle, tel un serpent à sonnette. Il y avait un point d'eau ? Parfait. Il fallait que tu te laves. Il fallait que tu enlèves tout ce sang présent sur ta jolie robe ébène. Puis tu te mis à côté d'elle, ton unique oeil venant pénétrer les siens, vicieusement. " Par contre, toi. La peur tu vas la connaitre si tu me provoques encore une fois. " & tu étais sincère. Bon nombre de chevaux savaient parfaitement qu'il ne fallait pas provoquer le chevalier noir, il ne faut pas le chercher sinon vos carcasses viendront bientôt se coucher au pied de son lit. Finalement, tu t'ébroue avec violence & te mit au pas. Avec elle ou non, tu trouveras ce point d'eau. Tes jambes tremblaient encore, mais tu n'en avais que faire : la douleur n'est que mentale.

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Harmonie

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MessageSujet: Re: Fury Road || HARMO   Sam 21 Oct 2017 - 1:28


Harmonie n’était pas fière d’elle, loin de là. Elle rebutait au plus haut point ses propres gestes, ses propres mots. Elle exécrait chaque parcelle de son corps pour extérioriser une telle confiance, une telle supériorité. Elle n’aimait pas ce qu’elle se devait d’être pour l’aider et s’inspirait de ce sentiment pour donner plus de poids à son mensonge. Elle ne devait pas croire qu’elle était meilleure que lui, elle devait en être sûre. Aucun tremblement ne devait traverser son corps, aucune compassion ses iris. Elle devait transpirer de mépris face à la faiblesse d’un mâle et d’indifférence face à son sort. Peu importait ses souffrances, elle resterait de marbre.

En se retournant, elle pensait atténuer le mal qui serrait son cœur et la poussait à aider un inconnu. La petite jument était incapable de lui faire face et de contempler sa blessure. Elle finirait assurément par vomir, voire pire. Elle s’était donc tournée de l’autre côté pour ne pas avoir à le supporter. Si la vue du sang ne la débectait pas, la douleur d’autrui ne l’avait jamais laissée indifférente. Elle avait beau prendre des airs de grande dame, essayer de prouver au monde qu’elle si fichait de lui, le sort des autres l’inquiétait. Si cet inconnu mourait ici parce qu’elle avait été incapable de l’aider… combien de temps lui faudrait-il pour l’accepter ? Elle mourrait sûrement sans se l’être pardonné.
Toutefois, elle comprit bien vite que son demi-tour pouvait aussi bien être une preuve de grandeur que de faiblesse, aussi décida-t-elle de tourner la tête et de l’observer. L’obscurité de la robe masculine lui rappelait la tanière du tigre. Il lui sembla voir des volutes de fumée noire s’échapper du corps étranger pour se glisser vers ses sabots et s’enrouler douloureusement autour de ses poils dorés. Petit à petit, l’obscurité du mâle enveloppa sa robe lumineuse. Sous ses yeux indifférents, Harmonie contempla l’être immonde qu’elle devenait, hantée par une méchanceté qu’elle s’inventait. Si tout ceci ne servait à rien, si malgré son jeu d’actrice elle ne parvenait à le sauver, qu’adviendrait-il d’elle ? Elle ne préféra pas y penser.

Un sourire de satisfaction lui échappa quand le mal se dressa sur ses jambes d’un bond puissant. Ses provocations n’avaient pour but que ceci : permettre à l’étalon de se lever et de combattre la mort à ses côtés. Néanmoins, elle se reprit très vite et transforma son sourire en quelque chose de plus cruel, un tantinet moqueur. Bientôt, elle pourrait tomber le masque de la guerrière sans merci, mais pour l’instant, elle se devait de le garder bien accroché à ses poils dorés.

Tu pourras toujours essayer, cracha-t-elle en faisant claquant ses crins dans l’air, près de l’étalon. Si tu ne crèves pas avant d’arriver.

Harmonie n’était pas dupe. Elle sentait la véritable menace qui planait dans les paroles de l’inconnu. Elle regrettait même que sa reconnaissance qu’un si petit temps. Elle l’avait sauvé d’une horde de singe et venait tout juste de lui donner la force de se lever ; pourtant, elle ne doutait pas un instant qu’il soit capable de la tuer. Elle ne se faisait pas non plus d’illusions : dans un combat singulier, elle n’avait aucune chance. Même blessé comme il l’était, elle doutait qu’elle puisse sans sortir vivante.

La peur, je la connais déjà, répondit-elle d’un rire moqueur. C’est ignorer la peur qui a bien failli te tuer. Sans elle, ton instant ne te sert plus à rien.

Sa critique relevait plus du constat que d’une simple boutade, mais la petite jument ne put réprimer un frisson en s’entendant parler. Elle le cacha admirablement bien en s’ébrouant tout à la fois. Si ses propres mots la faisaient trembler, ce n’était pas par leur signification, mais bien par l’impact qu’ils auraient chez l’étalon. Elle ne cherchait pas à l’énerver. Néanmoins, Harmonie ne savait que trop bien combien des paroles innocentes pouvaient être mal interprétées, aussi ne laissa-t-elle pas le temps à son interlocuteur de réagir en se lançant dans un petit trot déterminé, s’extirpant par la même occasion d’une proximité qui la rebutait fortement.
Si la palomino avait menti, c’était pour attirer l’attention de l’étalon. Elle n’en restait pas moins certaine qu’un ruisseau devait couler non loin d’ici. Elle voulait tout autant trouver cette source pour le blessé que pour elle-même. Le sang du singe sur sa jambe la dégoûtait profondément. Elle se mit donc en quête d’un murmure dans la forêt, d’un bruissement discret indiquant le ruissellement calme de l’eau. De temps à autre, elle jetait un regard en arrière et ralentissait l’allure pour s’assurer que l’étalon la suivait toujours. Il aurait été idiot de trouver une rivière si l’autre n’était plus là pour en profiter.

Il lui fallut cinq minutes pour errer un peu au hasard dans cette jungle avant d’enfin entendre un chuchotement qui ressemblait vaguement à un cours d’eau. Elle faillit bondir en avant, transportée par la joie d’être enfin débarrassée de la souillure à son pied, mais un craquement discret à son genou lui rappela qu’elle n’était plus une enfant. Juste à temps, donc, elle se contint et continua sa route sur la même lancée, maîtresse de son apparence de déesse de la guerre.
Quand enfin l’eau se présenta à eux sous la forme d’un calme ruisseau zigzaguant entre les arbres, Harmonie se permit un soupir de soulagement et brisa la surface plane sans hésiter. La fraîcheur du liquide sur ses jambes lui fit un bien fou et la débarrassa quelque peu de la tension qui gardait son corps tout entier en alerte. Elle secoua doucement l’antérieur pour se débarrasser de la mort qui s’y accrochait avec désespoir puis reporta son attention sur le noir.
En posant ses yeux ors sur lui, elle réalisait soudain ce qu’elle avait fait pour le sauver. Elle-même ne l’arrivait pas à se l’expliquer. Aucun autre ne l’aurait fait pour elle, alors pourquoi s’était-elle donnée cette peine ?

Alors, brave chevalier qui n’a peur de rien, se moqua-t-elle gentiment. Qu’as-tu bien pu faire pour énerver des singes à ce point ?



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MessageSujet: Re: Fury Road || HARMO   Hier à 17:10





Fury Road

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Cela fait bien plusieurs mois que tu es sur ces terres désormais. Plus le temps passe, plus j'ai l'impression que tu changes véritablement. J'ai l'impression que tu deviens quelqu'un que je n'aurais jamais cru que tu deviendrais. Bien sûr, tu es cet étalon que j'ai créé : cet étalon froid, violent, dangereux mais surtout ambitieux. Mais tu es aussi un étalon complètement différent : tu parles beaucoup plus que je ne l'aurais jamais imaginé, tu réfléchis un peu plus, tu te retiens avant d'agir & surtout ... Une chose qui m'a vraiment perturbé. Tu as laissé ton coeur battre. Non pas pour une action, mais simplement un cheval : une jument qui plus est. Je ne sais pas pourquoi il a battu ainsi, je ne sais pas non plus pourquoi c'était pour cette jument en particulier. Fifa. Un nom rare, un nom simple mais un nom qui ne cesse de se répéter dans ton esprit. Dés que tu pensais à ce nom, tes jambes devenaient fragiles & ton coeur cessait de battre. Mais tu sentais aussi une chaleur bien particulière dans ton bas ventre. Serais-tu amoureux ? Serais-tu attiré ? Ou tout simplement intrigué ? Je n'en sais rien. Même toi, tu ne savais pas en réalité. Tu ne sais jamais rien, en vrai.
Les paroles de la jument te réveillèrent très brutalement. Comme si l'instant présent venait simplement de se percuter dans ton esprit : comme si le présent venait brutalement rencontrer le passé. Comme si ton corps venait tout juste de se réveiller d'un sommeil un peu trop long. Tu sentais de nouveau la douleur dans tes jambes, ainsi que sur ton chanfrein. Tu étais vivant, bel & bien vivant. Pourquoi te mentais-tu ainsi, en réalité ? Pourquoi fais-tu tout cela ? Pourquoi te penses-tu mort à chaque pas que tu faisais ? Pourquoi avais-tu l'impression d'être une simple machine ? Je ne te comprend pas en réalité. Je comprend qu'effectivement l'ambition te rendait heureux, te faisait vivre. Mais pas tant que cela, en fait, puisqu'elle te faisait maigrir au fil des jours, elle te faisait abandonner tout but inintéressant. Tu écoutas brièvement les paroles de la jument d'Or, mais tu demeurais tout de même dans tes pensées. Tu ne faisais que vivre dans ton mutisme. Pourquoi redevenais-tu si soudainement silencieux ? Pourquoi redevenais-tu ainsi si rapidement ? Je ne comprend pas. Pourtant, il y a quelques jours, tu parlais beaucoup plus, tu cherchais à embêter le monde & là ... Là, tu devenais étrange. Tu gardais tout cela pour toi. Tu redevenais véritablement la machine que tu as toujours été.
Tu te sentais suivre la jument jusqu'au ruisseau, sans même comprendre pourquoi tu faisais tout cela. Tu avais l'impression d'être complètement étranger à la situation, comme si tu étais complètement ailleurs, comme si ton esprit planait au dessus de toi : telle l'épée de Damoclès. Pourquoi ? Pourquoi tout cela se passait-il ainsi ? Nom de Dieu. Je ne comprend plus rien. Bien sûr, tu as réagit comme à ton habitude lors de ses provocations, mais lorsque tu la suivis tu devins étrange. Tu voulais absolument redevenir comme tu l'étais il y a quelques minutes, mais non. Tu ne parlais pas. Bon Dieu, mais que se passait-il ? Explique-moi nom de dieu. Tu me fais pratiquement peur Collap's. Pas cette de peur de toi ancestrale, mais cette peur qui naît en vous lorsque vous ne reconnaissez pas une personne que vous connaissez. Une personne que vous côtoyez depuis quelques temps & qui, au final, change complètement de comportement sans même que tu y comprennes quelque chose. Une autre phrase. & de nouveau le présent vint percuter ton cerveau, mais cette fois-ci ta bouche s'ouvrit. Tu allais parler, enfin !

" Brave Chevalier ? " Tu eus un petit sourire : un réel cette fois-ci. " On ne m'avait encore jamais appelé ainsi. " Finalement, tu entras dans le ruisseau à ton tour : t'y roulant comme si de rien était pour enlever toute trace de cette bataille. " J'avais envie de banane. Mais apparemment ... " Tu te relevas & eus un petit rire. Un sincère cette fois-ci. " Ils ne sont pas très partageurs. Pour mon malheur. "
 


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