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 Vassilissa Prekrasnaïa. [L]

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Plume Brisée

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MessageSujet: Vassilissa Prekrasnaïa. [L]   Ven 8 Sep 2017 - 23:40


Vassilissa Prekrasnaïa
Il n'avait jamais mis les pieds ici. C'était étrange, cette sensation d'être chez soi et d'être ailleurs déjà, projeté dans un avenir, absent du monde réel. Il était là, pas vraiment ici. Quelque part entre une pensée qui stagnait au fond de son esprit et cette verdure abondante, moussue, exotique. Il avait connu des jungles comme celle-ci. Avait entendu rugir des tigres blessés partis mourir au bord de l'eau, avait vu des enfants se perdre à jamais entre les arbres, avait goûté au miel d'ours gourmands. Il avait déjà connu les hurlements hystériques des singes. Ils ne semblent connaître que cette émotion, les primates : l'hystérie collective qui porte leur chant d'une branche à une autre, remue leur glotte, emplit les airs, gonfle et gonfle jusqu'à crever à la cime des arbres. Il n'est pas facile de réfléchir avec tout ce chahut et pourtant il est immobile.

Il a appris à ignorer le monde qui l'entoure pour regarder à l'intérieur.

A l'intérieur, Mowgli et sa jungle sont très loin, rangés dans un autre petit placard. Non, les yeux de son esprit sont tournés vers des contrées bleu de givre où les fleurs caressent la neige avant de caresser la rosée, où le ciel se teinte de vert et où le froid mord les joues constamment, agrippe les chevilles pour plonger le voyageur sous sa nappe de flocons.

La Russie. Ses étendues immenses et ses sorcières aux imprécations plus effrayantes que les rires des ouistitis. Mille histoires dansant autour des toits pointus en une folle farandole, mille vieux trésors enterrés entre les racines d'un vieux, vieux pays, dans lequel on plonge ses yeux seulement pour contempler les ténèbres. On ne voit jamais l'horizon, en Russie. Le pays est trop vaste. On ne voit que ses illusions et la solitude qui rôde à quelques pas de là, affamée elle aussi de compagnie, haletante, un loup noir sur un tapis blanc. Il faut suivre la solitude jusqu'aux confins de la folie ; la frontière atteinte l'on se réveille sur la réalité avec des yeux nouveaux.

Lorsque cette dernière est désagréable, Plume Brisée s'égare. A l'instant, il est perdu dans un méandre de sons : quelque chose chatouille ses lèvres. C'est un nom qui résonne au loin dans son esprit mais qui refuse de chuchoter contre son tympan. Un nom... Un nom... Et les singes qui tambourinent, tentent d'ébranler sa Russie fictive plantée là, au fond de ses yeux.

Vassilissa. Sa bouche se retrousse sur le nom avec soulagement. Vassilissa la très belle. Il marche, maintenant, ignorant les quolibets que lui lancent les macaques. Il a retrouvé le nom de l'histoire qui fourmille au fond de son corps, les mots commencent déjà à se tresser les uns aux autres pour former la corde merveilleuse que l'on agrippe pour descendre dans le puits de l'inconscient...

Vassilissa la très belle, sa Baba Yaga hideuse et la maison aux pattes de poulet. Une petite fille chassée de chez elle, qui traverse la forêt pour trouver la sorcière qui doit l'accepter dans son logis...

Plume Brisée ouvrit les yeux. Il pouvait imaginer le premier cavalier que voyait Vassilissa, alors qu'elle rejoignait Baba Yaga. Le cavalier blanc de l'aube. En tout, elle en verrait trois : l'immaculé, puis le cramoisi apparaissant à l'aurore, et enfin le noir tombant sur elle en même temps que la nuit, à la porte de la cabane de Baba Yaga.

Un singe jeta une noix sur son front. Elle rebondit et tomba au sol. Plume Brisée ouvrit les yeux, exhala un soupir. Non, les singes ne faisaient pas un bon auditoire. Ils ne connaissaient rien des rêves. Ils ne vivaient que pour leurs luttes intestines et leurs fruits sucrés.

Le noir se dressa sur ses postérieurs, battit des sabots et chargea le singe qui l'avait agressé. Ce dernier disparut comme il était venu, poursuivi par ses compagnons. Ils reviendraient vite, mais c'était une petite victoire.

Plume Brisée profita du silence qui rendait l'endroit plus beau :

" Vassilissa... "
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MessageSujet: Re: Vassilissa Prekrasnaïa. [L]   Sam 9 Sep 2017 - 3:24


Acier. Cordialement. Contrat. Pharynx. Transplantation.
« Cher Papa,

Je sais que tu n'attends pas de mes nouvelles. Il me faut cependant converser avec quelqu'un au cas où ces singes auraient ma peau. Je n'ai pas encore remarqué de lames en acier dans mon champ de vision mais cela ne saurait tarder. On dirait des bipèdes, et les bipèdes ont des piques et des pinces en acier qui nous font du mal. Par conséquent, ces singes risquent de me faire du mal aussi. CQFD. Je ne voudrais pas qu'ils me transpercent le pharynx. Toi non plus j'espère.

Je ne pense pas souvent à toi, je sais que tu ne m'en veux pas. Nous ne l'avons jamais exprimé officiellement mais c'est comme un contrat officieux entre toi et moi. Si jamais tu revenais, tu ne veux pas me reconnaître. Parfois je me dis que tu veux me protéger. Mais me protéger de quoi ? Je me le demande bien.

Il est facile de transplanter des peurs en un semblant de détachement, tu espères sans doute que le temps fasse son travail de sabotage et que je t'oublie. C'est bien possible, j'ai tellement de personnages à confectionner que je peux difficilement me souvenir d'un père absent. Mais aujourd'hui, dans cette affreuse forêt, mon coeur se serre. J'ai peur, papa.

Cordialement,
Commedia Dell' Arte.

PS : tu n'as pas trouvé plus long ?!
»

Trop préoccupée par la lettre imaginaire qu'elle rédigeait dans ses pensées, Commedia ne remarqua pas l'obstacle qui se dressait sur sa route. Elle n'avait même pas entendu le silence qui s'était abattu sur la forêt (si cela avait du sens), aussi manqua-t-elle de percuter l'équidé noir qui se tenait sur son chemin.

« Vous avez fait fuir les singes ? demanda-t-elle sans préambule lorsqu'elle prit note de toutes les choses citées plus haut. »

Elle se tordit le cou dans une tentative infructueuse de regarder l'étalon dans les yeux et recula de quelques pas pour se faciliter la vie. Voilà qui était mieux.
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MessageSujet: Re: Vassilissa Prekrasnaïa. [L]   Sam 9 Sep 2017 - 16:26

Une forêt silencieuse est plus dangereuse. La menace est plus palpable. Les yeux sont plus luisants. Il est plus facile d'imaginer le prédateur tapi qui attend dans les fougères le moment propice pour enfoncer ses crocs dans la jugulaire, éclaboussant la mousse de quelques tâches écarlates. Il n'avait pas peur, ce n'était pas cela. Il respirait profondément, tentant de retrouver les images qui avaient vécu sous ses paupières il y a quelques minutes de cela et qui fuyaient à présent, effarouchées par le vacarme des primates...

Vassilissa, Vassilissa. C'était tellement doux. S'il avait eu une enfant, il se serait peut-être plu à l'appeler ainsi inlassablement, alors qu'elle batifolait entre les arbres. Mais il n'avait jamais désiré d'enfant. Non, il n'aimait que l'éventualité. La projection parfaite d'une réalité qui aurait pu être décevante.

C'était là un problème. Il était de retour, mais trouverait-il la perfection ? Aurait-il pu façonner de toute pièce l'Isis qui vivait dans ses souvenirs, dorée comme les statues qui attendent le regard dans une salle de musée, à l'oeil complice, mystérieux, au sourire emprunt d'omniscience ? Il s'attachait tellement mieux aux impressions que les autres lui laissaient qu'à leur véritable présence.

Et la Russie qui s'échappait mais qui le mordait quand même, une bise imaginaire entrechoquant ses os. Vassilissa la très belle avait une poupée à laquelle elle donnait à manger, et qui en retour remplissait toutes ses tâches pour elle...

N'aurait-il pas été merveilleux d'avoir une telle compagne, lorsqu'il avait été jeune ? Il n'avait appris à apprécier la beauté de la magie qu'une fois adulte. Les enfants miséreux pensent plus vite aux quignons de pain qu'à la beauté des fées du logis qui astiquent leurs assiettes la nuit tombée.

Quelque chose le percuta. Il fit volte-face et dut baisser la tête pour découvrir une étrange vision : c'était une pouliche presque dorée comme celle de ses souvenirs. Il se demanda s'il était vraiment revenu dans la réalité, ou si son esprit avait créé quelques amalgames, une Isis telle qu'il s'en souvenait entrant soudainement dans le cadre du véritable.

Une voix s'éleva. Inconnue. Pas décevante, mais presque incongrue dans le calme qui imprégnait momentanément les lieux.

" Et tu as fait fuir mes pensées, " répondit-il calmement, dévisageant la petite créature. Cela faisait bien longtemps qu'il n'avait pas vu d'enfant. D'enfant seul. D'enfant sauvage ?

Le silence retomba comme un voile, discrètement, pudiquement. Les singes n'étaient pas revenus mais il ne pouvait s'empêcher de les imaginer préparant une offensive, brandissant les outils que leurs mains leur permettaient de créer. Et lui n'était toujours pas inscrit dans ce cadre, perdu à des milliers de kilomètres de là, avec une jeune fille bravant le froid pour rejoindre la maison d'une sorcière.

Il se pencha vers la gamine, lentement, pour pouvoir la regarder dans les yeux.

" On se promène ? Tu as la taille idéale pour les singes. Ils rêvent sûrement de te chevaucher. "


Dernière édition par Plume Brisée le Sam 9 Sep 2017 - 23:42, édité 2 fois
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MessageSujet: Re: Vassilissa Prekrasnaïa. [L]   Sam 9 Sep 2017 - 23:12


Loin. Cheval. Tome. Cinq. Côté.
« Cher Papa,

Je ne me considère pas comme orpheline. Peut-être que je le devrais, après tout je n'ai pas de parent près de moi pour s'occuper de moi. Ou peut-être en ai-je un ? Cyrius a fait les frais d'une facétie enfantine que je risque de perdre avec l'âge. En attendant j'ai bien l'intention de raconter à tout un chacun que je suis sa fille et sans me tromper de prénom !

L'inconnu en face de moi est trop calme pour me rassurer. C'est un peu bête mais lorsqu'un cheval a l'air dénué de mauvaises intentions je reste tout de même méfiante. C'est même dommage, dira-t-on. Je devrais te le décrire en détail au cas où il me ferait du mal, si jamais tu décidais de me venger... Il a l'air un peu surpris de croiser une pouliche seule. Ça fait souvent cet effet. J'ai envie de lui tirer la langue mais décide de me tenir pour cette fois. Aujourd'hui je suis sage.

Il se penche lentement vers moi, c'est bien gentil de sa part. Je lui souris pour lui signifier que j'apprécie le geste et oublie un peu de ma méfiance pour prendre un air horrifié à l'idée d'être chevauchée par un primate. Ça ne va pas la tête ? S'ils veulent poser leur postérieur sur mon dos il faudra d'abord qu'on apprenne à se connaître, et pas qu'un peu !

Je t'enverrais une lettre pour te tenir au courant de mes rencontres avec de potentiels cavaliers, les ouistitis pourraient se révéler convaincants.

Affectueusement,
Commedia.

PS : Tu imagines les frais de port si je t'écrivais de nombreuses lettres et décidais de toutes te les envoyer en même temps ?
»

Commedia perdit donc son sourire et fit un pas de côté, se tortillant afin de vérifier qu'il n'y avait personne sur son dos ni sur le point de s'y installer. Une fois rassurée elle envisagea à nouveau l'idée de trouver un cavalier. C'était une perspective séduisante, de partir à l'aventure avec un compagnon. Ils pourraient raconter leurs péripéties dans un livre, en faire une saga de plusieurs tomes ! Au moins cinq !

« Vous savez quoi, une fois le choc premier passé, ce n'est pas une si mauvaise idée. Vous pensez que je pourrais aller loin avec l'un de ces ouistitis ou qu'ils auraient trop peur de quitter leur jungle ? D'ailleurs, vous croyez qu'ils mangent vraiment les pauvres équidés qui s'aventurent trop profondément dans la forêt ? Et puis qui vous dit qu'ils ne veulent pas vous chevaucher aussi ? Leur roi serait content d'être sur le cheval le plus grand ! C'est pour ça que vous êtes là ? Vous voulez lui proposer de devenir cavalier ? »
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MessageSujet: Re: Vassilissa Prekrasnaïa. [L]   Sam 9 Sep 2017 - 23:41

La pouliche s'effaroucha et se tortilla pour chercher son cavalier invisible. C'était une idée. Ça aurait pu faire un début d'histoire, comme beaucoup de choses. Mais il ne créait pas les histoires. Par manque d'imagination ? Par manque d'envie. Il préférait colporter. Il avait plus de joie dans l'apprentissage. Il ne s'expliquait toujours pas l'apparition d'une pouliche seule, sans personne, et redressa la tête comme pour guetter le fantôme qui sortirait bientôt d'entre les arbres, ânonnant le nom de l'enfant égarée. Ou peut-être n'y avait-il personne.

Le noir jeta à la pouliche un regard critique. Elle semblait bien nourrie, sevrée. Relativement débrouillarde. Peut-être n'y avait-il rien d'autre que la bête chance qui sépare les orphelins qui survivent bien de ceux qui exhalent aux portes de la mort leurs derniers espoirs de connaître la longue vie qu'on leur avait promis. C'était donc une chanceuse, ou une fuyarde. Qu'est-ce qui était meilleur ?

Un flot de paroles se déversa tout à coup des lèvres de l'enfant. Plume Brisée ferma les yeux, comme pour mieux résister à l'assaut. Elle perturbait encore ses pensées en les interrompant. Lorsqu'elle eut fini il les rouvrit, signala d'une voix grave :

" Tu parles trop vite. Tu manges tes idées avant qu'elles n'aient eu temps de naître. "

Il tourna la tête en arrière, pour voir si les singes approchaient à nouveau. Quelques feuilles tremblaient, mais cela aurait pu n'être que la brise légère qui serpentait entre les troncs. Un oiseau s'était mis à chanter, manifestement heureux de pouvoir être entendu pour une fois.

Il fit un pas de côté. Son ombre se détacha du corps de la pouliche pour voguer sur un tronc d'arbre tombé, recouvert de mousse et de petits champignons.

" Quant à manger des chevaux, il leur faudrait tous s'associer pour parvenir à en tuer un et le dépecer. C'est peu probable. Comment sais-tu qu'ils ont un roi, petite fille ? Tu l'as déjà vu ? "

Un rayon solaire vint illuminer la mousse et les quelques gouttes de rosée qui perlaient encore dessus.

" Un singe ferait un piètre cavalier. J'ai connu les humains, je ne cherche pas à être guidé par un orang-outan. Mais tu peux toujours chercher à apprivoiser un petit singe, si tel est ton désir. Il partira tôt ou tard : tu ne peux pas retenir quelque chose qui ne te comprends pas toute sa vie. "
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MessageSujet: Re: Vassilissa Prekrasnaïa. [L]   Dim 10 Sep 2017 - 23:43


S'accroupir. Nombre. Oculiste. Ours. Gratuit.
« Cher Papa,

Je me dois te t'informer de mon désaccord. Bien que je sois capable de relativement me débrouiller, je pense qu'il était un peu tôt pour me laisser prendre mon envol. La plupart des gens que je rencontre me demandent où sont mes parents. Ils désapprouvent de ton choix de me laisser livrée à moi-même. Par conséquent, je commence à remettre en cause ta décision, peut-être aurais-tu dû m'accompagner sur Horse-Wild et y rester jusqu'à la fin de ma première année, ou bien me confier à une personne de confiance.

Tu m'as dis que nous avions une famille sur l'île, pourquoi ne pas les avoir rencontrés ? Ils auraient pu veiller sur moi... C'est gratuit tu sais. Donner de l'amour à un enfant, ça ne coûte rien. Le vexer, par contre, c'est impardonnable. Je regarde donc l'inconnu avec toute la colère que je peux regrouper dans mes yeux, et tâche de lui faire comprendre que cela me touche, et pas dans le bon sens du terme. J'ai plein d'idées et je veux leur donner vie. Il ne peut pas me dire que je ne leur en donne pas l'occasion. C'est injuste.

Tu m'as conté tant d'histoires sur ce territoire, j'ai l'impression de le connaître. Je n'ai rien vu et pourtant je n'ai pas besoin d'aller chez l'oculiste, tu es mes yeux et mes souvenirs. Pourtant, je sais que je ne te comprenais pas, pas quand tu parlais des habitants de cette île. Tu y as vécu des choses que je ne peux imaginer. Peut-être que cet inconnu a raison, peut-être que c'est pour cela que tu m'as laissée.

Je ne sais pas si cela vaut vraiment la peine de te dire à bientôt,
Commedia.

PS : Je vais peut-être adopter un petit singe.
»

Commedia n'était plus dans l'ombre de l'inconnu pourtant ses mots blessants planaient encore au-dessus d'elle avec une joie malsaine à laquelle elle tenta d'échapper en répondant d'une voix tremblante.

« Je veux simplement donner vie à mes idées. C'est si triste s'il n'y a personne pour les rencontrer. »

L'idée horrifiante de dépecer un équidé lui donna la nausée et elle s'éloigna prestement de l'étalon, oubliant momentanément sa peur d'être agressée par les singes. Un oiseau chantait, laissant croire qu'ils ne risquaient rien pour le moment et elle contempla l'idée de rencontrer le roi des primates. Cela ne semblait pas en être une bonne si leurs théories s'avéraient véridiques.

« Mon papa me l'a dit. Mais je ne veux pas le rencontrer, il doit être effrayant si ce que vous dites est vrai. »

Elle contempla son interlocuteur, pensive. Qui était-il ? D'où venait-il ? Malgré ses paroles dures il l'intriguait et n'avait pas satisfait la moitié de sa curiosité ainsi se rapprocha-t-elle de lui, avide d'en savoir plus.

« Qui êtes vous, monsieur ? »

A ce moment, l'oiseau cessa de chanter et s'envola dans un fracas de plumes battues avec énergies pour s'enfuir. Sur une branche se tenait un ouistiti argenté, tout aussi curieux qu'elle. Il lâcha la liane qui l'avait amené jusque là et s'accroupit sans les quitter des yeux. Bien qu'il ne fasse pas la taille d'un ours, ses grands orbes bruns suffisaient à intimider la pouliche qui se cacha derrière son compagnon.
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MessageSujet: Re: Vassilissa Prekrasnaïa. [L]   Lun 11 Sep 2017 - 0:19

De grands yeux colériques brûlèrent sur lui. Plume Brisée la dévisagea, la bouche amollie. Isis ne l'avait jamais regardé comme ça. Elle avait été une enfant joyeuse, mais une enfant avec des parents. Et personne ne surgissait pour réclamer cet enfant là, pas de nom tintinnabulant comme le font les surnoms enfantins... Dans son esprit elle s'appelait peut-être un peu Vassilissa, mais c'était une connexion facile, aisée. Il se redressa. Il était bien plus grand qu'elle. Son ombre s'abattait aussi plus loin que la sienne. Oui, elle en avait une. Qu'est-ce que ça veut dire, un enfant sans ombre ? Qui sait... Celle-là en avait une, alors elle était réelle.

Sa voix trembla alors qu'elle prenait la parole. Il la regarda à nouveau.

" Pour donner vie à des idées, il faut savoir les conter. C'est lorsque l'on raconte bien que les idées vivent. "

Personne. Il n'y avait donc personne. Etait-ce un aveu ? Avait-il besoin d'un aveu ? Ça avait de l'intérêt, les aveux, la sincérité. Il lui semblait qu'il était parfois trop sincère, mais se poser des questions sur lui-même n'était pas son activité favorite. Il commençait à repartir, un peu. Un cavalier blanc. Un cavalier rouge. Un cavalier noir. Il pouvait les imaginer et il lui semblait que s'il franchissait la fourche entre les deux arbres là-bas il pourrait entrer dans l'histoire et sortir de la réalité un peu pesante. Mais il restait immobile, parce que la petite était là et que sa voix avait tremblé.

Il se pencha sur elle, à nouveau. Il l'entendait mieux comme ça. Et puis, elle avait des yeux vivants. Il pouvait presque y voir des histoires. Elle avait de l'imagination. C'était bien. Les enfants imaginatifs faisaient de bons adultes. Ceux qui n'imaginaient rien demeuraient toujours cloués au sol. Ils devenaient ennuyeux. Ils se perdaient dans les méandres de l'existence. Les bonheurs terrestres, ces fruits sucrés qui ne laissent pas d'arrière-goût.

" On peut rencontrer plus effrayant dans une forêt. Comme Baba Yaga. "

Il eut un bref sourire, puis il redressa la tête. Pas la peine d'entretenir le mystère.

" Baba Yaga est une sorcière. Elle se déplace dans un mortier et utilise un pilon pour aller plus vite ; elle efface ses traces de pas avec un balai en bouleau argenté. Baba Yaga est très puissante... Et elle aime manger les enfants. "

Sa tête eut une inclinaison pensive.

" Mais elle préfère les petits garçons ; elle a elle-même donné naissance a plein de petites filles. Tu pourrais être la fille de Baba Yaga. Ou tu pourrais être Vassilissa la très belle. Tu as un papa, donc tu es peut-être Vassilissa. "

Le père. Où était-il ?

" Tu as un papa qui sait des choses. Mais sait-il où tu es ? "

Elle lui demanda son nom, mais son attention fut rapidement attirée par l'oiseau qui s'enfuyait précipitamment et un singe curieusement familier. Plume Brisée l'observa alors que la pouliche venait se cacher derrière lui.

" Il est tout petit. Il ne peut pas te rôtir. Tu voulais un singe, non ? Voilà ton singe. Et voici Plume Brisée. "

Il s'était retourné vers elle pour qu'elle distingue bien entre le primate et le dormeur.
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MessageSujet: Re: Vassilissa Prekrasnaïa. [L]   Lun 11 Sep 2017 - 21:57


Stylo. Panique. Belle-fille. Tique. Astronome.
« Cher Papa,

Je me demande si je t'ai déjà fais un caprice. Aucun souvenir ne me revient en mémoire mais je ne sais pas si les enfants ont toujours conscience de ce qu'ils réclament. Si ça se trouve, j'incarnais un personnage et ne le pensais pas vraiment. Peut-être que je cherchais juste à rendre ce personnage plus réaliste. Je ne sais plus si j'ai joué devant toi, je n'ai pas souvenir d'avoir donné une représentation pour toi, et encore moins ma mère. Je ne l'ai pas connue, tout comme toi je te connais bien peu.

C'est bien dommage, je ne pourrais pas te faire croire que tu auras une belle-fille et non pas un gendre, ni que je veux devenir astronome. Pas de panique hilarante, pas d'histoire à dormir debout lorsque je grandirais et tenterais de te cacher des choses, tu ne seras pas là pour voir ça.

Ce n'est pas toi qui m'a conté des histoires le soir pour m'endormir. Je l'ai fait toute seule, j'ai appris la fin avant même de la prononcer et c'est pour ça que je préfère les incarner plutôt que les conter : au moins je ne connais pas la fin tant que je ne l'ai pas jouée. Je pense que l'inconnu a tort, on peut donner vie à une idée autrement qu'en la contant, ou du moins il y a différentes façons de la conter dont la mienne.

Aujourd'hui l'inconnu me raconte une histoire qui me fait frémir et je m'inquiète un peu de ses intentions, les oreilles plaquées en arrière, avant de détourner les yeux. Il me parle de toi et je n'ai pas très envie de lui répondre. Est-ce que c'est le moment de prétendre être la fille de Cyrius ?

Je pense à toi,
Commedia.

PS : Je crois que j'ai trouvé mon petit singe ! J'espère qu'il n'a pas de tiques.
»

La pouliche contempla le primate avec un air émerveillé, tout frisson d'horreur oublié avant d'adresser un regard curieux à Plume Brisée. Il l'était aussi, de cette façon réservée qu'ont les adultes de poser des questions aussi prit-elle le temps de lui répondre. Elle ne voulait pas qu'il commente une fois de plus sa façon de s'exprimer.

« On peut aussi leur donner vie avec un stylo. Moi, je préfère les incarner. »

Elle lança un regard de plus au ouistiti argenté, moins intriguée par son apparence maintenant que Plume Brisée avait décrété qu'il ne voulait pas la rôtir. Elle se demanda qui était Vassilissa et fit part de ses interrogations à l'étalon tandis que le primate descendait de quelques branches pour se approcher.

« Mon papa sait que je suis ici, c'est lui qui m'a emmenée. Et je raconterais mes aventures à mon papa adoptif la prochaine fois que je le verrais. Qui est Vassilissa ? Il est comment son papa à elle ? elle pensa soudain à se présenter. Je m'appelle Commedia Dell' Arte. »
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MessageSujet: Re: Vassilissa Prekrasnaïa. [L]   Mer 13 Sep 2017 - 16:26

Quels secrets se cachaient dans les fourrés ? Depuis quelques minutes ses yeux étaient attachés au bosquet qui frissonnait de l'intérieur comme s'il avait dissimulé en son sein un quelconque artefact magique, ou un lièvre tremblant, prêt à bondir, poursuivi par son cauchemar dans lequel les loups d'ombre et de fumée courent plus vite. La petite avait parlé. Elle avait mentionné les stylos, les planches que l'on arpente en déclamant, d'autres façons de raconter des histoires qu'il ne pratiquait pas. Il n'aimait que le bouche à oreille, la dilution des éléments, l'étendue toujours plus vaste de l'imagination que l'on ne couche pas sur le papier, que l'on ne déguise pas derrière un rideau. Tout vivait dans la tête ; tout mourrait une fois sorti de la bouche. Il pencha la tête sur le côté. Le buisson froufroutait toujours. Y pendait des baies d'un rouge presque surnaturel tant il était violemment vif, violemment empoisonné. Et si un imprudent avait tenté de les gober, petites mains sales et avides, dents rougies par le jus ? Et si il agonisait lentement, soubresauts mécaniques d'un corps s'abandonnant à l'agonie ? Oh, il s'éloignait. Il s'éloignait de la très belle Vassilissa et des enfants abandonnés que les sorcières élèvent malgré elles dans leurs maisons à pattes de poulet. Il ferma les yeux et décida que le mystère serait résolu en temps voulu, lorsque l'histoire aurait planté assez profondément son clou pour pouvoir y accrocher le premier retournement de situation.

Le petit singe aux yeux trop intelligents descendait prudemment de son arbre pour les approcher. Au fond de ses yeux expressifs se dégageaient les prémisses d'une étrange conscience et Plume Brisée baissa la tête une fois de plus, pour être à la hauteur d'une autre petite chose. Fines pattes presque humaines se déplaçant avec toute l'agilité que créé l'habitude sur le sol de la forêt, tapissé de feuilles et de mousse et des dernières fleurs pleines d'espérance d'un été mourant. Ils furent nez à nez au bout de quelques minutes. L'étalon cilla ; le primate disparut alors qu'il rouvrait les yeux. Il se dirigeait vers la pouliche.

" Commedia Dell'Arte. Vraiment ? "

Plume Brisée la regarda.

" Rares sont les personnes qui ont deux pères, mais plus courantes sont celles qui se créent une famille avec les fragments des êtres qui leur veulent du bien. Tu ne parles pas de mères ; Vassilissa n'en a pas eu non plus. Du moins, elle n'en a pas eu longtemps : la mère de Vassilissa mourut alors que sa fille n'était qu'une enfant. Sur son lit de mort elle lui offrit une poupée bénie qui obéirait à Vassilissa tant que cette dernière serait gentille et lui donnerait à manger. "

L'étalon souffla sur les poils du singe, qui avait trouvé un vers dans la terre et le dégustait avec toute la concentration que la tâche demandait de lui.

" Le père de Vassilissa - un homme bon et honnête - se remaria dans l'intérêt de sa fille ; on a en effet tendance à penser que les enfants ont besoin de mères. On oublie souvent que les enfants ont surtout besoin d'une bonne mère, ce qui n'était pas le cas de la nouvelle mère de Vassilissa. Non, c'était une femme méchante, qui préférait ses propres filles à Vassilissa et jalousait la beauté de l'enfant qu'elle n'avait pas engendré. Aussi Vassilissa devait-elle effectuer les tâches ménagères les plus basses et ardues. Fort heureusement, sa poupée était toujours là pour l'aider... Mais un jour il arriva que la maisonnée, plongée dans un hiver noir comme on les connaît en Russie, se retrouva sans feu. Discernant l'occasion parfaite de se débarrasser de la fillette qu'elle honnissait, la belle-mère de Vassilissa l'envoya quémander du feu à Baba Yaga, qui vivait dans la forêt... "

Il s'arrêta pour fixer son attention sur le fourré qui s'agitait à présent bien trop fort. Il redressa la tête, adressa un regard à la petite fille :

" Cours, Commedia Dell'Arte. "

Et il prit lui-même la galop alors que les singes se déversaient dans la forêt, qui retentissait de leurs cris.
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MessageSujet: Re: Vassilissa Prekrasnaïa. [L]   Jeu 14 Sep 2017 - 16:07


Champagne. Copilote. Bagage. Séisme. Logs.
« Cher Papa,
Je suis bien trop occupée à rédiger cette lettre imaginaire pour remarquer des choses aussi triviales qu'un buisson qui frisonne. J'ai la vague impression d'être un log, un journal de bord informatique, en t'écrivant cette missive, j'espère que tu apprécies mes efforts.

Le ouistiti et Plume Brisée semblent faire connaissance, c'est étrange de voir un être si grand s'abaisser pour en saluer un si petit. Même moi je suis plus grande que ce primate ! D'ailleurs il se dirige vers moi. Je reste bien droite, je dois t'avouer que je suis un peu intimidée même si je ne peux pas m'empêcher de le fixer. Il a l'air curieux, presque intelligent. Je pense qu'il fera un bon copilote si il décide de devenir mon cavalier. Je devrais lui sourire, je crois...

Je ne répondrais pas à Plume Brisée. Il se croit mieux avec son nom au féminin ? Si je n'étais pas une gentille pouliche je pourrais prétendre qu'il est en réalité une jument. Mais tu me connais Papa, tu sais que je préfère être celle qui prétend.

Maman n'est pas morte, hein Papa ? Elle n'est simplement pas celle que tu aurais voulue pour moi c'est ça ? De toute façon si elle était morte, tu me l'aurais dis n'est-ce pas ? Je ne suis pas tout à fait comme Vassilissa. C'est comme ce singe, il n'est qu'un singe au final, il mange des vers de terre et ne cherche pas à savoir d'où il vient. Je devrais m'inspirer de lui, ça me paraît plus sûr. Tu ne voudrais pas que je me pose ces questions.

Je ne suis pas comme Vassilissa, je n'ai pas de maman, ni de belle-maman. Non, moi j'ai un papa adoptif, un chouilla pédophile. C'est déjà bien comme bagage, je ne pars pas les mains vides. Ma vie sera déjà bien influencée par Cyrius, je n'ai pas besoin de rencontrer une sorcière en plus de ça.

Sur ces bonnes paroles Papa, je t'embrasse fort.
Commedia.

PS : Je ne suis définitivement pas un programme informatique. Pas aujourd'hui.
»

Commedia sourit timidement au oustiti qui avait relevé la tête après que Plume Brisée eut décidé de lui servir de ventilateur. Le singe argenté se lécha soigneusement les doigts avant de s'approcher de la pouliche qui baissa la tête dans une imitation hésitante de son aîné. Elle contint difficilement une grimace quand le primate effleura ses naseaux mais finit par succomber à la caresse donc il la gratifia, les yeux mi-clos.

Elle les rouvrit bien vite dans un élan de terreur alors que les singes se déversaient dans la clairière et secouaient la forêt comme un séisme. La pouliche écarquilla les yeux d'horreur et croisa ceux plus sombres du ouistiti qui agrippa désagréablement ses oreilles pour grimper sur sa tête et courir le long de son encolure. Il atteignait son garrot quand elle s'élança soudain à la suite de Plume Brisée, paniquée. Sur son dos le primate poussait des cris colériques comme pour inciter ses congénères à les laisser en paix et ne tarda pas à attraper des bananes vertes au vol pour les lancer sur ces derniers dans une parodie inefficace de Mario Kart.

Il se prouva définitivement être un bon co-pilote lorsqu'il indiqua à Commedia de tourner à droite avec de grands gestes. Elle suivit son conseil sans y réfléchir, affolée par les coups de talons qu'il assénait à ses flancs.

« A DROITE ! PLUME BRISEE ! »

Son cri fut englouti par celui de leurs agresseurs et elle galopa encore de longues minutes avant de retrouver un semblant de silence. Les feuilles craquaient au-dessus d'elle, comme menaçantes et bientôt une odeur de prédateur envahit les environs... Tout s'expliquait. Le singe l'avait dirigée vers la tanière d'un tigre afin de décourager ses congénères. Inquiète, elle se retourna sans parvenir à localiser l'étalon qui l'accompagnait et appela d'une petite voix inquiète.

« Plume Brisée ? Plume Brisée j'ai peur... »

Elle n'était pas d'humeur à proposer le champagne pour fêter sa sécurité toute relative.
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MessageSujet: Re: Vassilissa Prekrasnaïa. [L]   Jeu 14 Sep 2017 - 16:58

Vassilissa, Vassilissa, Vassilissa. L'esprit s'accroche fermement à des détails lorsqu'il panique. Il répète jusqu'à en faire crever les syllabes la familiarité de ce qui apaise l'esprit, le dompte, l'empêche de s'affoler. Et puis, il n'y a pas de véritable raison de s'affoler ; ce sont de petits singes vengeurs qui les poursuivent toutes dents dehors. Plume Brisée a déjà vu des mandrills aux faces patibulaires comme peinturlurées de bleu, aux crocs jaunes, longs, aux yeux surtout dorés et conscients. Un prédateur intelligent peut avoir conscience d'être cruel. C'est là ce qui le rend véritablement terrifiant, ce qui le range dans la catégorie des monstres qui grattent la surface des rêves la nuit pour tenter d'ouvrir la porte du cauchemar.

La fuite éperdue retentit dans la forêt comme une véritable pétarade. Cette dernière s'éveille au fur et à mesure qu'elle est ébranlée par la course poursuite. Les oiseaux s'envolent, les feuilles murmurent, quelques biches effarées bondissent loin de là pour rejoindre des pâtures moins exotiques, moins hostiles. Il voit tout cela et il ne voit rien en même temps : la course affûte les sens mais brouille le paysage qui se transforme en un bouillon de feuilles, de singes, de bribes d'histoire dansant dans les lacs d'ombre que créent les plus hauts arbres. Il sait que Commedia Dell'Arte court elle aussi, mais il ignore si elle est loin de lui, tout près ou disparue. Il entend une voix qui hurle, tourne la tête ; distingue une silhouette menue qui prend un brusque virage. Il ralentit peu à peu, trotte, prend le pas.

Les singes grouillent. Ils sont comme décontenancés en le voyant immobile, grand, trop calme. Les plus braves d'entre eux s'emparent de brindilles qu'ils lui jettent dessus, leurs babines rouges retroussées sur leurs dents limées par l'écorce qu'ils rongent pour se sustenter. Plume Brisée ronfle des naseaux. Un caillou rebondit contre sa croupe. Il sourcille.

Les singes s'enhardissent peu à peu. Les plus timides joignent leurs efforts aux plus téméraires et bientôt il est la cible d'un nombre croissant de petits projectiles plus ou moins coupants. Il se demande vaguement s'ils tentent de le lapider alors qu'il se retourne, fuit mollement en tentant de trouver un chemin. Il ne peut pas vraiment les semer, mais s'il tourne en rond assez longtemps ils finiront bien par se lasser des petites perles de sang qui gouttent sur sa peau et qui ne produisent aucune douleur.

Il lui semble retrouver l'intersection qu'à emprunté Commedia et il remonte le chemin qu'elle a pris, poursuivi par son cortège de singes comme une femme adultère par la foule en manque de sang. Il se retourne brièvement pour leur montrer ses propres canines ; les plus lâches d'entre eux grimpent dans les arbres pour disparaître.

Au fur et à mesure que le chemin rétrécit et que les arbres se font plus épais, les singes s'évaporent. Une odeur de danger flotte dans les airs ; et bientôt ils ne sont plus que des paires d'yeux inquiets dans les fougères noires.

La voix de l'enfant retentit. Il la suit comme l'on s'empare d'un fil pour remonter jusqu'au piège et tombe bientôt sur elle et sur la tanière devant laquelle elle se tient, grande bouche de pierre qui exhale une odeur fétide de chair pourrissante.

" Voilà un animal qui pourrait te manger. Retourne-toi et marche devant moi. Surtout, ne regarde pas en arrière. "

Il fit demi-tour. Il marchait à pattes de velours sur un sol qui craquelait. On ne peut demander à une forêt de garder des secrets.

" Ecoute bien la suite. Alors que Vassilissa marchait dans la forêt, elle vit l'aube poindre à l'horizon. Surgit alors un cavalier entièrement blanc qui disparut sans dire un mot entre les arbres. "

Il tourna la tête en arrière. La tanière lui rendait une attention muette mais hostile. Il pressa le pas.

" Trouver Baba Yaga n'est pas chose facile ; on ne trouve généralement pas si facilement les tigres non plus. Aussi l'aurore peignait le ciel lorsque Vassilissa vit surgir dans la forêt un cavalier entièrement rouge... "

Rouge, rouge. Les yeux qui brillaient dans la pénombre étaient deux tâches d'or profond. Luisants, attentifs. Lui aussi écoutait. Les prédateurs intelligents, qui peuvent choisir d'être cruels.

" La nuit tombait sur la terre lorsque Vassilissa atteignit enfin la bicoque de Baba Yaga, perchée sur ses pattes de poulet, branlante. Mais avant d'avoir pu toquer à la porte, elle vit passer un cavalier tout de noir vêtu... "

Les yeux s'éteignirent et retournèrent à l'obscurité. Plume Brisée sourit alors qu'il apercevait l'endroit qu'ils avaient quitté quelques minutes plus tôt.

" Mais Vassilissa, bien qu'elle soit entrée dans la maison d'une sorcière, était à présent en sécurité. "

Il s'arrêta et ferma les yeux.

" Quelle frayeur, Commedia. Voilà une aventure que ton esprit d'enfant pourra enjoliver à sa guise. Puisque tu aimes tant endosser des rôles, tu pourrais prétendre être une dompteuse, ou une charmeuse de serpents. Si l'on y croit assez, devient-on son personnage ? "
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MessageSujet: Re: Vassilissa Prekrasnaïa. [L]   Sam 16 Sep 2017 - 14:47


Pilote. Prononcer. Hiver. Contrôle. Civil.
« Cher Papa,
Je ne fais pas beaucoup de cauchemars. C'est sûrement grâce à toi, tu m'as appris à aller de l'avant, lorsqu'un monstre me poursuit je préfère lui faire face que le fuir pendant des nuits entières.

Plume Brisée marche derrière moi, comme s'il me protégeait des démons qui nous hantent. C'est plutôt aimable de sa part. Même le singe a arrêté de lui faire des grimaces et préfère surveiller les alentours avec attention depuis son poste sur mon dos. Un bon copilote, c'est bien ce que je disais. Peut-être même pourrait-il devenir un pilote. Je ne sais pas s'il passerait l'hiver cependant, sa Jungle est bien différente du reste d'Horse-Wild.

Je pourrais paniquer, il est vrai, mais Plume Brisée a le talent de prononcer chaque mot comme une réalité et l'histoire prend vie devant mes yeux apeurés. Il me change les idées, je m'attends presque à voir apparaître les cavaliers colorés qu'il évoque. Je me demande ce qu'ils symbolisent...

Tu ne me contais pas d'histoires, Papa.
Commedia.
»

La pouliche se laissait rassurer par Plume Brisée avec soulagement. Il n'était pas chose aisée de contrôler sa peur quand elle était trop réelle et la tanière laissait échapper des effluves de mort qu'elle ne savait pas occulter. Ses naseaux en devenaient douloureux à force de les froncer et elle fut bien contente de laisser l'étalon fermer la marche.

Elle préférait qu'il se charge de leur fuite et prenne le contrôle de cette retraite, la laissant être une enfant. Trop souvent, Commedia jouait les adultes parce que ceux qui auraient dû l'entourer n'étaient pas là. L'étalon était décidément un bon conteur, décréta-t-elle lorsque la fin de cette partie du récit coïncida avec leur retour en sécurité.

La Jungle était moins oppressante par là et sur son dos le ouistiti somnolait presque, bercé par sa démarche prudente. Ses deux petites pattes avant avaient enlacé sa maigre encolure et elle loucha pour les contempler, désarçonnée par le geste.

La question du conteur la ramena à la réalité et elle soupira lourdement, soufflant une réponse.

« Si seulement... tout serait plus facile. »

Il était bien civil, mais peut-être pas assez pour qu'elle ose se blottir contre lui. Commedia se contenta donc du maigre réconfort que lui offrait l'étreinte lâche du oustiti et fit quelques pas curieux vers une grappe de bananes tombaient au sol. La pouliche en écrasa maladroitement une qui produisit un bruit visqueux sans parvenir à lui ôter sa détermination à les goûter.

Elle pencha résolument la tête jusqu'à en arracher une de son régime, la mastiquant tant bien que mal. Ça n'avait pas beaucoup de goût... Elle ne sentait pas la matière visqueuse qui tâchait son sabot... On aurait dit...

De la peau ! réalisa-t-elle en s'étouffant avec cette dernière. Commedia avait beau tousser elle ne parvenait pas à se débarrasser de ce qu'elle avait en travers du gosier, les larmes lui montant aux yeux tandis qu'elle revoyait comiquement Cyrius dans la même situation lors de leur première rencontre. Tel père adoptif telle fille... mais personne ne venait à sa rescousse.

Le ouistiti sembla revenir à lui lorsqu'elle tituba, les naseaux aussi écarquillés que ses yeux injectés de sang tandis qu'elle cherchait sa respiration. Il fourra deux doigts sales entre ses dents, sautillant sur son encolure en lui arrachant la peau de banane de la gorge sans aucune douceur.
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MessageSujet: Re: Vassilissa Prekrasnaïa. [L]   Aujourd'hui à 1:16

Drôle de chose qu'un enfant. Curiosité et intrépidité se mêlent dans des esprits trop vastes pour connaître vraiment la logique et produisent des résultats surprenants qui auraient été fascinants s'il n'y avait pas chez le gamin quelque chose de parfois profondément dégoûtant, cette insouciance et cette joie de vivre ravis à jamais par le temps qui passe aux adultes confrontés aux problèmes grandissants de la vie. Il avait mené une existence adulte sans grands soucis, mais il n'avait pas connu des débuts de vie très normaux. Il ne s'identifiait pas particulièrement à cette petite pouliche esseulée et pourtant il l'aimait bien, comme on aime le jeu de la lumière sur l'eau ; les affections distraites et éphémères des longs jours d'été.

Il ne se retourna que lorsqu'il l'entendit étouffer et fronça des sourcils, hésitant à agir. Le singe fut plus responsable que lui et plongea ses doigts dans sa gorge pour lui sauver la vie. Il était étrangement humain et Plume Brisée le contempla avec un intérêt teinté d'admiration. On peut après tout admirer les êtres plus petits que soi ; ils font souvent preuve d'une inventivité qui compense leur petite taille.

Comme Commedia, finalement. Il eut un sourire bref et énigmatique, la rejoignit en deux grandes enjambées et se pencha une fois de plus sur elle, pour la regarder d'un air critique et vérifier qu'elle respirait mieux.

" Tes journées sont-elles toujours aussi mouvementées ? " demanda-t-il avec une pointe d'ironie, légère parce qu'il n'en usait qu'à bon escient. Pratt préférait l'ironie au sarcasme.

Un éclat de sollicitude vint adoucir son regard. Elle était tellement jeune, après tout. Cela n'excusait pas tout et l'on se réfugiait bien souvent trop vite derrière la jeunesse des bêtises, mais cela expliquait certaines choses, comme la facilité à se lier d'amitié à un singe et la capacité à presque rentrer dans la gueule d'un tigre.

Petite actrice rythmait son existence de rebondissements sans catastrophes.

" Ton singe n'a pas de nom, " déclara-t-il après un instant de réflexion, redressant la tête. " Les amis ont souvent un nom. Je ne dis pas toujours, parce qu'il est des amis qu'on ne connaît pas toujours très bien. "

Son corps se tordit et se déplia. Il se plongea dans la profondeur noirâtre de la forêt qui perdait en luminosité au fur et à mesure que le jour égrenait ses minutes, songeant à la suite, la suite, la suite. Une bonne histoire aboutissait à une conclusion satisfaisante, et s'ils avaient connu des péripéties la forêt avait sûrement bien plus à offrir.

Il n'avait pas fini de raconter l'histoire de Vassilissa.

Plume Brisée fit quelques pas, se tourna vers la pouliche.

" Viens ? Il y a un roi des singes à trouver, un conte à finir et des bananes mûres plus loin dans cette forêt. "
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MessageSujet: Re: Vassilissa Prekrasnaïa. [L]   

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Vassilissa Prekrasnaïa. [L]
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