Jeu de rôle équin
 
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 Gleam - Libre

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Ecalipse
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MessageSujet: Gleam - Libre   Dim 27 Aoû 2017 - 7:51

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Gleam
Ecalipse

Fuyant la pluie qui brusquement se mit à tomber durant sa ballade matinale, Ecalipse s’engouffra dans l’usine, poussant une vieille porte au jaune délavé, surmontée d’un panneau clignotant vert ; sortie de secours. Lorsqu’un coup de vent referma brusquement la porte derrière elle, la jument pie se retourna, furieuse. Elle tenta de pousser la poignée de la porte, de l’abaisser, mais rien à faire… Celle-ci était bloquée. Elle devrait trouver une autre sortie.
Ses oreilles couchées contre son crâne, elle se mit en route. De toute façon, le temps que la tempête qui faisait rage se calme, elle aurait bien le temps de visiter un peu l’usine.

Ses propres pas lui donnaient presque l’impression d’être suivie ; leur écho se répercutait incessamment contre les murs dont le contact glacé donnait mal à la tête à Ecalipse. Elle avançait lentement, ses yeux s’accrochant aux étranges objets qui jonchaient le sol. Des casques jaunes, des casques de travailleurs, sans doute, vieillis par les années et l’usure, traînaient çà et là. A un moment, alors qu’elle ne prêtait que peu attention à ses sabots, l’un de ses antérieurs vint se cogner contre un seau, l’envoyant contre une échelle en métal. Le fracas métallique fut insupportable à ses oreilles, se répercutant contre les murs de l’usine abandonnée et lui vrillant les tympans ; elle prit le galop, bondissant au hasard pour éviter tout ce qui aurait pu la faire chuter.
Le bruit de ses sabots fous contre le sol produisaient un insupportable écho qui aurait rendu n’importe qui migraineux.

Lorsqu’elle déboula dans une autre salle, Ecalipse réalisa que l’écho était loin derrière elle. Elle reprit donc une allure plus tranquille, et reprit son exploration. Ces terres, elle les voulait pour elle. Finalement, cette violente pluie lui avait simplement donné l’occasion de découvrir un nouvel endroit qui, très bientôt –elle en était sûre–, serait sien.

La petite pièce dans laquelle elle se trouvait était, étrangement, plutôt en bon état. Terriblement poussiéreuse, mais encore à peu près rangée. Elle s’approcha de ce qui semblait être un bureau, un peu plus loin. Un vieil appareil y trônait, presque royal au milieu de l’immense surface vide. Qu’était-ce ? Elle le sentit mais, heurtée par la poussière, toussa un grand coup avant de l’envoyer valser d’un coup de tête.
Elle ronfla, exaspérée.

Ses pas la conduisirent jusqu’à une grande porte qu’elle poussa d’un grand coup de sabot. Elle entra, d’une démarche fière et royale, dans ce qui semblait être un entrepôt. Des centaines de caisses étaient empilées partout, dans des rangées parfaitement parallèles. Ecalipse se glissa dans un premier couloir pour explorer de fond en comble les lieux ; qu’est-ce qui pouvait bien se trouver dans ces caisses ?
Mais alors qu’elle passait dans un second couloir, un bruit de sabots autre que les siens l’alarma. Elle s’arrêta, la tête haute et les oreilles se pointant en tous sens ; elle vit alors une silhouette se mouvoir un peu plus loin. Fronçant les sourcils, offusquée que quelqu’un ait osé pénétrer sa demeure sans lui demander l’autorisation, elle frappa l’un de ses sabots contre le sol, presque capricieusement, satisfaite de l’écho monstre qu’elle produisit alors.

Qui est là ?, demanda-t-elle de sa voix la plus imposante, de celles qui feraient frémir le plus brave des étalons –du moins, c’est ce qu’elle supposait.



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Sorrow
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MessageSujet: Re: Gleam - Libre   Mer 30 Aoû 2017 - 14:24

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Wound Up
Les nombreuses fuites du toit ainsi que quelques récentes pluies estivales avaient entraîné la formation de larges flaques d'eau croupie où pullulaient les larves de moustique. Sorrow releva la tête pour contempler la brèche par laquelle se déversait un rayon de soleil aveuglant, presque accusateur. Ce dernier tombait dans l'eau et ne faisait que rendre plus évident le manège des insectes qui tournoyaient au-dessus de l'onde, vrombissants et manifestement assoiffés. Le spectacle aurait eu quelque chose de divin si les moustiques avaient eu une quelconque connotation mystique ; dans l'état où le tableau était il devenait absurde, un doigt sacré mettant en évidence la frénésie de la vie dans un lieu qui se décomposait petit à petit.

Du lierre s'était frayé un chemin jusque dans ce couloir en particulier, enserrait amoureusement dans son étreinte collante quelques tuyaux qui suffoquaient en lâchant de temps à autre des soupirs presque emplis de regrets. L'averse qui s'était abattue sur les Terres Secrètes avait pris fin presque aussitôt et avait laissé pour toute trace de passage un ciel d'un bleu flou, hésitant, ainsi qu'un soleil pâle, presque exsangue ; si on considérait sa dorure comme son sang.

Sorrow ne connaissait pas le climat des Terres Secrètes. Des territoires d'Horse-Wild, s'était sûrement celui-ci qu'il connaissait le moins. Ses relations avec Perjury s'étaient considérablement dégradées au cours de son règne, ce qui ne l'avait pas encouragé à mettre les pieds dans les anciennes terres du dominant gris.

Geisha était venue ici ; l'imaginer errant dans ce labyrinthe humain était à la fois aisé et triste, comme si la lente décrépitude des lieux se prêtait bien à sa dame grise, qu'il avait revu récemment sur une plage ensoleillée.

Il était là pour une raison. Il avait traversé Horse-Wild pendant les derniers jours ; d'abord les Terres Trompeuses et leurs Rocheuses où il avait rencontré sa fille, puis l'Archipel des Boucaniers où il avait retrouvé sa compagne. A présent il faisait un détour par les Terres Secrètes pour y retrouver un secret que Perjury avait bien gardé : l'endroit où l'ancien dominant avait caché la boîte à musique qu'il avait dérobé de la maison hantée il y a des années de cela.

Il aurait pu le lui demander, mais il ne souhaitait pas vraiment se frotter à son vieil ennemi. Le voir alors qu'il avait croisé Geisha, dont le poulain était mort par sa faute, n'était pas une idée judicieuse. Aussi avait il procédé par élimination, pour finalement déterminer qu'un objet dérobé dans une relique de la vie humaine avait forcément du être caché dans un endroit qui avait lui aussi connu les hommes. Il rendrait la boîte à la maison hantée. Ce serait là son dernier acte symbolique, si Hadès ne le tuait pas au premier pas fait sur les terres qui l'avaient banni.

Il entra, guidé par sa curiosité plus que par un quadrillage soigneux des lieux, dans une immense pièce froide remplie de cartons et caisses diverses plus ou moins bien empilés. Le lieu ne l'inspirait guère et il eut une moue, tâtant du sabot une des caisses sans chercher à l'ouvrir. Perjury n'aurait pas été assez tordu pour planquer l'objet désiré dans une caisse au hasard. Du moins il l'espérait.

Un écho monstrueux retentit comme ils le font généralement dans les lieux abandonnés ; en les emplissant d'un sursaut de vie fugace, bientôt avalé par l'oubli. Sorrow tourna la tête dans la direction d'où provenait le son, surpris de ne pas avoir remarqué que quelqu'un d'autre se trouvait là. Un équidé se tenait bien à quelques mètres, sa silhouette difficilement visible à cause des caisses empilées. Une voix féminine retentit, exigeant plus qu'elle ne demandait quelque chose.

Sorrow se tourna vers une des caisses qui se trouvait à ses côtés et la fit tomber d'un puissant coup de sabot. Elle s'écrasa au sol, produisant un écho plus retentissant encore que celui qu'avait produit la jument. Le frison eut un sourire en coin.

Il profita que l'écho occupe entièrement l'atmosphère pour partir tranquillement en direction de la sortie.

" Quelqu'un qui s'annonce avec fracas, " déclara-t-il, plus pour lui-même que pour l'inconnue.
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MessageSujet: Re: Gleam - Libre   Sam 7 Oct 2017 - 16:11

gleam

L’effronté ! Ecalipse ronfla, insatisfaite de la réponse donnée. Elle prit la direction du bruit, ses yeux se posant avec agacement sur la caisse qui était tombée avec fracas sur le sol, vomissant son contenu sur le sol. Elle roula des yeux en découvrant le bazar, mais continua de suivre l’odeur que baladait derrière lui l’étalon qui se trouvait par ici ; elle ignorait de qui il s’agissait, mais comptait bien le découvrir.
Plus loin, une silhouette sombre se déplaçait tranquillement en direction de la sortie. Elle haussa les sourcils en découvrant qu’il s’agissait d’un frison. La plupart des chevaux de cette race se trouvant sur Horse Wild étaient du même sang qu’elle. Ses yeux se plissèrent, et elle prit le galop, le bruit de sa respiration forte se perdant dans le fracas infernal produit par ses sabots sur le sol.

Qui est-ce ?, demanda-t-elle, d’une voix moins agressive cette fois-ci, voire même quelque peu suspicieuse –était-ce un membre de sa famille ?

Elle parvint à rattraper l’étalon, et le détailla tandis qu’elle ralentissait l’allure pour prendre le petit trot et s’arrêter à ses côtés.

Je peux peut-être vous aider, hésita-t-elle ; elle devait gagner du temps... découvrir qui il était ; sa famille n’avait peut-être pas complètement disparu.

L’idée de peut-être avoir de la famille ici lui réchauffa un peu le cœur ; proche ou lointaine, peu lui importait… Mais ce qui l’avait fait partir était bien la perte de toute sa famille ; elle avait mal vécu la disparition successive de son père, ses frères et sœurs suite à la mort de sa mère. Puis, lassée de courir les routes, elle s’était trouvé un but : la vengeance… la conquête, aussi.
Mais elle avait appris, du peu qu’elle avait vécu, que la famille comptait plus que le reste. Peut-être se raccrochait-elle bêtement à un espoir vain.
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MessageSujet: Re: Gleam - Libre   Sam 7 Oct 2017 - 18:43

[Vous devez être inscrit et connecté pour voir ce lien] avait beau être aussi abandonné que la maison qu'il avait hanté pendant des années, il résonnait quand même facilement, comme avide de donner des signes de vie. Sorrow ralentit malgré lui, les oreilles enfouies dans son épaisse crinière, grinçant des dents. La cadence heurtée de la créature qui l'avait surprise dans l'entrepôt grattait contre ses tympans, venait se fracasser contre tout le métal rouillé qui embarrassait de son poids les lieux. L'étalon jeta un regard en arrière, pour voir où sa poursuivante en était. C'était manifestement une jument, comme la voix féminine l'avait indiqué, grande et puissamment bâtie. L'obscurité relative des lieux ne lui permettait pas de discerner véritablement sa robe.

Il s'arrêta pour la voir venir, vaguement amusé malgré lui, combattant à peine la sensation d'être un père marchant trop vite pour les petites jambes d'une fillette pressée.

Elle était blanche et noire. Sorrow haussa un sourcil à peine intrigué mais se ressaisit en songeant à cette boîte à musique qu'il était là pour trouver ; il n'avait pas de temps à perdre avec des spectres cousus de dentelle et d'ombre. Aussi reprit-il le pas, poursuivi par la symphonie infernale de ces pas précipités qui ébranlaient l'usine, l'aurait presque faite crachoter encore un peu de son épaisse fumée...

Les yeux du noir glissèrent distraitement sur les vieux tuyaux qui montaient, s'entrecroisaient, rampaient sur les murs encrassés, de véritables petites routes complètement vides, différemment peintes. Certains portaient encore des traces d'un vieux jaune pimpant qui le laissa à moitié songeur. Derrière le verger tentateur poussait parfois des tournesols qui arboraient la même teinte solaire...

L'endroit était un véritable dédale. Il ne le connaissait pas et était surpris par l'absence de portes, par ces corridors presque insatiables qui s'étendaient et ne dévoilaient leurs virages qu'au dernier pas hardi, engloutis par les ténèbres, faiblement éclairés par les trous du toit et de braves néons empoussiérés, recouverts pour certains par des papillons de nuit ternes et ensommeillés.

Elle le rattrapa. Il lui jeta un coup d'oeil, narquois, encore amusé par son petit tour de tout à l'heure. Son trot ne retentissait pas avec la même violence mais sa galopade semblait encore s'attarder dans l'usine, résonner dans toutes les entrailles les plus profondes de cette grande carcasse mécanique. Et penser que c'était dans cet endroit que se cachait une boîte à musique aux notes tendres...

Il eut un rictus.

" Oh, vous êtes fort serviable, " dit-il lentement, contemplant encore ce visage, " Pour quelqu'un qui tonnait comme la foudre il y a si peu de temps. "

Il ralentit avec la même lenteur, un détail coincé dans l'engrenage de ses réflexions. Il y avait quelque chose d'étrangement familier chez elle qui le perturba.

Sorrow sourcilla puis s'arrêta finalement, fixant de plus belle l'inconnue aux traits familiers.

" Votre physionomie ne m'est pas étrangère... "

L'étalon s'ébroua, décela du regard une porte ouverte peinte dans cette nuance de vert industriel qui caractérise les boîtes aux lettres et les sapins en plastique. Il entra dans la pièce, découvrant un bureau retourné dans tous les sens dont la chaise roulante avait été éventrée et rongée par les rats, puis se tourna vers l'inconnue :

" Je suis Sorrow. "

Voilà qui devait être assez évocateur. L'ancien dominant se pencha pour regarder quelques unes des feuilles qui jonchaient le sol, sans grand intérêt.
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MessageSujet: Re: Gleam - Libre   Dim 8 Oct 2017 - 0:37

gleam

Enfin il daignait lui prêter attention… Serviable n’était peut-être pas un mot juste pour qualifier Ecalipse, elle voulait en réalité juste qu’il s’intéresse à elle, qu’elle sache au moins qui il était. Lorsqu’il la regarda, elle fut frappée de plein fouet par sa ressemblance frappante avec son père. Elle écarquilla les yeux, étonnée, puis fronça les yeux.
S’il avait eu quelques années de plus, elle aurait presque pu les confondre. L’odeur de son père, et bien des choses le concernant, s’étaient effacées avec le temps.

Votre physionomie ne m’est pas étrangère…

Cette remarque fit sourire en coin Ecalipse. Au moins, elle n’était pas la seule à avoir cette impression. Elle s’ébroua pour chasser quelques crins de son toupet qui s’égaraient sur ses yeux.

Vous me dites aussi quelque chose.

Il se présenta alors et les oreilles d’Ecalipse se pointèrent vers l’avant, lorsqu’elle se souvint de qui il était. Sorrow. Elle ne l’avait jamais rencontré, mais savait bien qui il était. Dominant des Orphelines lorsqu’elle était encore petite, il était sans doute le plus célèbre fils de Cœur Noir. Lui, devait être un frison de sang pur : imposant par sa carrure, la robe de jais, des fanons épais, des traits expressifs et un peu plus grossiers que les siens…
Elle souffla doucement, tentant de reprendre ses esprits pour lui répondre.

Je suis Ecalipse, fille d’Isba et de Cœur Noir. Comme vous, il me semble, dit-elle doucement.

Il était extrêmement rare qu’elle vouvoie les inconnus, surtout que de tous ceux qu’elle avait jusqu’ici rencontré n’étaient pas du même sang qu’elle, contrairement à lui. Mais elle n’avait pas envie de se présenter comme plus forte ou plus imposante que lui ; elle venait de réaliser qu’il lui restait de la famille. Elle qui les pensait tous morts… Elle en aurait presque oublié le passé de saillisseur de son père…

Savez-vous ce qu’il est devenu ?, demanda-t-elle, une pointe d’inquiétude dans la voix.

Son père lui manquait, lui qui avait disparu alors qu’elle était encore jeune. Elle ne devait avoir qu’un an et demi, peut-être deux, lorsque son père avait disparu, suite à la mort de sa mère. S’était-il volatilisé ? Était-il mort ? Avait-il fui, de chagrin, de peur ? Elle avait peur de la réponse. Elle craignait qu’il n’ait fui sa famille, celle dont il avait promis de prendre soin, celle qu’il avait juré de chérir. Elle aurait préféré le savoir mort.
Mille questions tournaient dans son esprit, et elle se sentait à nouveau enfant apeurée, haineuse, enragée… Oui, l’enfant en colère qu’elle avait été aux disparitions successives de sa mère puis de son père, et du reste de toute sa famille, ne l’avait jamais réellement quittée. Et puisqu’il fallait un coupable à cette tornade qui avait fait basculer son petit paradis, elle avait pointé du doigt Perjury, et s’était décidée à le détruire.

Arrêtée tout près de celui qui était apparemment son demi-frère, elle n’osait plus bouger, apeurée par les réponses qu’elle attendait depuis tant de temps, enragée par cette belle famille qu’elle aurait pu chérir si Perjury n’avait pas été là, effarée par la laideur du monde… Elle n’osait plus bouger ni parler, si bien que l’écho de leurs pas qui s’était tu laissait place aux rugissements du vent au dehors.
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MessageSujet: Re: Gleam - Libre   Dim 8 Oct 2017 - 1:34

La reconnaissance était réciproque. La situation aurait presque eu quelques étincelles romantiques si le tableau n'avait pas été terni par cette impression mordante d'avoir affaire à un miroir déformant et par le fait que la romance, qui avait fait chaviré sa vie par le passé, ne menait plus à présent cette dernière à chaque port rempli d'assoiffés d'amour. Il était repu d'affection, repu de romance. Les autres formes d'amour avaient toujours été plus étouffées en lui ; l'amour filial avait été ardent puis mourant, l'amour paternel tremblotant, une chandelle toujours rallumée pour chaque enfant, toujours menacée par une tempête, parfois précieusement gardée à l'abri sous une paume de pénombre.

Les feuilles de papier étaient recouvertes de plans griffonnés au crayon de bois, précis et presque personnels tant ils devaient avoir demandé de l'effort. Sorrow discerna les rouages d'une quelconque machine et songea à ceux qui rôdent les entrailles d'une boîte à musique, tenta de se souvenir de la mélopée de cette dernière. Les vieilles notes empruntes de mélancolie de temps passés à soupirer alors que les feuilles caressent l'asphalte en automne... La dernière trace de tendresse désuète que son coeur portait envers des souvenirs de temps meilleurs.

La boîte à musique qu'avait volé Perjury.

Il contourna le bureau pour inspecter de fond en combles ses tiroirs déjà ouverts. Ils étaient vides, sinon un seul qui avait manifestement était transformé en réserve par un rongeur habile ; se mêlaient au fond de ce tiroir là bobines de fil et clous rouillés, graines et céréales endurcies par l'attente de dents, d'insignifiants boulons qui roulèrent plus loin lorsqu'ils furent heurtés par son souffle saccadé par l'effort. Sorrow grimaça.

Il était quand même heureux que la boîte à musique n'ait pas été là, trônant au milieu d'un trésor de rat.

" Ma mère s'appelait Sloth, " signala-t-il en relevant la tête, pour lui rappeler qu'il ne connaissait pas sa mère tout comme elle ne connaissait pas la sienne.

Un lien unique. Coeur Noir. L'idée le fit sourire alors qu'il s'extrayait de la pièce et contemplait pensivement le long corridor qui permettait de s'enfoncer plus profondément dans l'usine, froide et muette, comme elle aussi plongée dans l'expectative.

Contrairement à la maison hantée, ces lieux là n'étaient pas emprunts de nostalgie, de mélancolie pour saler les plaies. Non, seul une sorte de désespoir semblait s'accrocher à la carcasse pourrissante des anciens rêves des hommes, ce désespoir qui suit tous les projets inachevés, tous les objets sans buts qui agonisent sans mains patientes pour les entretenir.

Une boîte à musique avait besoin d'un but.

Ecalipse. Oui, peut-être que ça lui disait quelque chose. Il avait abandonné l'idée de retenir les noms de ses nombreux frères et soeurs il y a bien longtemps de cela, mais peut-être le nom d'Ecalipse s'était-il glissé contre ses tympans.

Il se remit en marche pour s'enfoncer plus loin dans le bâtiment après avoir adressé un regard à la jument pie. Sa demi-soeur. C'était étrange, cette tendance qu'avait la famille à le trouver, depuis quelques temps.

S'il s'agissait là de famille. La notion était lâche, floue, facilement abandonnée. Le sang ne voulait pas dire grand chose.

Il eut un rictus, automatique, sardonique, lorsqu'elle posa la question. La regarda avant que lentement les traits de sa figure ne se figent, arrêtés par l'inquiétude qui se lisait clairement sur ses traits. Bientôt son sourire ne fut plus qu'une balafre sans sincérité étirant sa figure tandis que ses yeux sondaient cette âme, tentaient de la décortiquer.

Ainsi, le vieux avait engendré des enfants qui s'inquiétaient pour lui. Et puis, qu'était-il advenu de Coeur Noir ? C'était une question. Elle attendait une réponse. Quelle réponse ?

" C'est que vous l'aimez tendrement... " dit-il, sans parvenir à complètement masquer sa surprise.

Il demeura silencieux quelques instants de plus, s'arrêta pour contempler un escalier en fer qui menait à l'étage. Branlant, déjà bruyant sans qu'il n'ait encore posé un pied dessus.

" De nous deux vous êtes celle qui aurait pu le savoir. Je n'ai pas revu le vieux bougre depuis des années ; seuls les récits de ses exploits sont parvenus à mes oreilles. "

Les exploits étaient les poulains. Chaque enfant avait constitué, pour Coeur Noir, une sorte de trophée.

Il l'avait admiré, jeune encore. Il s'était battu en son nom. Les choses changeaient.

" Je ne craindrais pas pour sa vie, si j'étais vous. Il faut compter sur Coeur Noir pour survivre et pour procréer. "
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MessageSujet: Re: Gleam - Libre   Dim 8 Oct 2017 - 11:59

gleam

Le regard de Sorrow fouillait la pièce qui se trouvait près d’eux, et son nez plongé dans les tiroirs indiquait à Ecalipse qu’il n’était pas là par hasard. Il semblait chercher quelque chose, sans doute précieux à ses yeux puisqu’il fouillait avec une forme de hargne. La pie le regardait faire sans broncher, encore sous le choc d’avoir rencontré un membre de sa famille. L’une de ses oreilles s’était pointée vers l’arrière, elle était contrariée par les paroles de son presque frère.
« C’est que vous l’aimez tendrement »  Était-ce chose exceptionnelle ?

Il est mon père, répondit-elle, déstabilisée.

Le frison semblait surpris. Son sourire peut-être moqueur ou sarcastique n’était déjà plus qu’un souvenir ; était-ce un trait commun à la famille ? Elle le regarda, tentant de percer ses mystères, tentant de comprendre cette surprise. Comme si aimer Cœur Noir était impensable. Pointant une deuxième oreille vers l’arrière, Ecalipse tenta de passer au dessus de sa contrariété en s’avançant pour s’approcher un peu plus du mâle et le regarder faire, intriguée.

Vous cherchez quelque chose ?

Elle regarda Sorrow se déplacer, la dépasser en lui adressant un seul regard. Un regard qui en disait long sur ce que pouvait bien représenter cette famille à ses yeux. Rien. Quelque chose de brisé, un papillon aux sombres ailes de dentelle, envolé depuis trop longtemps. Cette idée fut un pincement au cœur pour Ecalipse ; elle vengeait sa famille en traquant Perjury. Elle vengeait la mémoire de sa mère, de son père, de bien des gens, en traquant l’exilé des Secrètes.
Elle ne voulait pas croire que tout cela était vain.

De nous deux vous êtes celle qui aurait pu le savoir. Je n’ai pas revu le vieux bougre depuis des années ; seuls les récits de ses exploits sont parvenus à mes oreilles.

Elle maintint son regard droit, tentant de ne pas paraître décontenancée –mais elle était une guerrière, pas une quelconque diplomate adroite avec les mots et les faux semblants.

Si Sorrow ignorait aussi où était passé Cœur Noir, ce qu’il était devenu, alors qui donc le saurait ? La plupart des descendants du célèbre frison avaient disparu avec le temps, balayés par les années, balayés par des envies de voyage ou bien une honte sans nom. Certains avaient honte d’être les enfants du grand corbeau, mais certains en faisaient leur fierté ; Ecalipse était de ceux-ci.

Je ne craindrais pas pour sa vie, si j’étais vous. Il faut compter sur Cœur Noir pour survivre et pour procréer.

Ecalipse souffla doucement. Il était peut-être en vie, après tout. Sans doute. Ses vieux os avaient su le porter dans de violents combats, il avait su élever quatre enfants de sa mère, jusqu’à disparaître. Mais tous étaient partis. Tous, sans exception. Noctambule le premier, bien vite suivi de Fantôme, puis Madness –qu’il avait considéré comme sa fille des années durant.
Puis il restait encore Zéfyr, pour réchauffer le cœur trop lourd d’Ecalipse. Puis lui aussi avait disparu, un jour. Oh, ils l’avaient tous abandonnée.

Vous ne l’aimez pas, remarqua-t-elle. Ne s’est-il pas comporté en père pour vous ?

Lui vint alors la question qui acheva de réduire sa famille en simple poussière d’étoiles, un rêve d’enfant brisé ; l’avait-il seulement aimée ? S’était-il réellement comporté en père, en l’abandonnant ? Sa mâchoire se ferma en un claquement sonore, enragée, en colère après elle aussi désormais. Elle regarda l’escalier de fer devant lequel ils s’étaient arrêtés, et s’avança d’un pas décidé, y posant un sabot dans un fracas métallique qui lui vrilla les oreilles.
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MessageSujet: Re: Gleam - Libre   Dim 8 Oct 2017 - 18:20

" Et ? "

[Vous devez être inscrit et connecté pour voir ce lien] dans l'expectative, persuadé que quelque chose devait suivre cela. Ce n'était pas suffisant, d'avoir un père. Ce n'était jamais assez, ça ne justifiait rien. Il avait eu des enfants qui ne lui avaient jamais rien inspiré. Il avait été un père, il savait, il savait que ce n'était pas tout de porter le titre, qu'il y avait un lourd manteau, une charge, le poids de sentiments sur des épaules avachies par l'indifférence.

Ses épaules. Celles de son père. Similaires. Oui, peut-être se ressemblaient-ils beaucoup. Peut-être ressemblait il même plus à Coeur Noir qu'elle, qui l'aimait, qui se souciait de son sort. C'était amusant mais il ne riait pas, gardait les gloussements pour des constatations plus affriolantes.

Elle avait compris qu'il cherchait quelque chose. Sorrow restait méfiant, presque sur la défensive, comme si dire ce qu'il faisait constituait une sorte de sacrilège, comme si reconnaître sa quête la rendrait automatiquement plus ardue. Il devait trouver cette boîte à musique, et maintenant il était embrumé par toutes ces questions sur un ancêtre auquel il pensait parfois, rarement, lorsqu'il fallait extirper des recoins de sa mémoire l'histoire de ses origines. Il se souvenait au moins d'une admiration pour Coeur Noir.

Il ne parvenait pas à trouver un sentiment positif qu'il ait jamais arboré envers sa mère.

Elle avait été petite, grise. Il n'avait jamais vu de jument qui lui ait ressemblé, malgré la banalité de sa physionomie. Une voix presque aigrelette, des reproches toujours plus impuissants que colériques. C'était là une partie de son identité aussi et pourtant il ne la retrouvait dans aucune de ses actions, dans aucun des traits de son visage.

Il la regarda alors qu'elle choisissait pour lui, ouvrait la marche. Il resta coi alors qu'il s'engageait lui même dans l'escalier branlant, étroit, construit en hélice, qui tournait autour de lui-même, grinçait, claquait, hurlait au fur et à mesure qu'il soulevait leur poids jusqu'à l'étage. L'ascension lui aurait paru interminable si le fracassement des sabots contre le fer n'avait pas noyé toute pensée.

Sorrow fit un pas dans le couloir qu'ils avaient rejoint, poursuivi par l'écho de leurs pas qui réveillait une fois de plus l'usine, cette grande bête maltraitée n'attendant que la caresse d'un être bienveillant pour recommencer à battre, grogner, moudre, mâcher, devenir utile à nouveau.

" Qu'est-ce qu'un père ? " demanda-t-il avec l'ombre d'un nouveau rictus sur les lèvres, haussant un sourcil désabusé.

Il tourna la tête à droite et à gauche, cherchant à savoir quel côté comportait le plus de portes. Il était bizarrement résigné, comme déjà persuadé que la boîte à musique ne serait pas là, dans ces recoins encore plus sombres et abîmés que le rez-de-chaussée. Un instant il s'imagina renversant tous les cartons de l'entrepôt pour trouver, enfin, l'objet tant désiré.

Il imagina les cartons en train de vomir mille boîtes à musique similaires à celle qu'il avait connu et lui, aveuglé, pointant du doigt celle qui devait être l'originale sans jamais pouvoir se débarrasser du doute.

Ce parasite vivant sous la peau, dans le coeur, rongeant lentement le ventricule.

Il regarda Ecalipse, peut-être un peu longuement. Finalement il parla, parce qu'il n'avait pas de raison de cacher son ressentiment, pas l'impression qu'elle voudrait lui dérober ce qu'il cherchait :

" Perjury m'a volé beaucoup de choses. La jument que j'aime, pendant des mois, après avoir tué un enfant que je n'ai jamais connu. Et une boîte à musique. De l'enfant, il ne reste rien d'autre que des os au fond de la rivière. Mais la boîte à musique... "

On aurait pu parler d'enlèvement, de rapt, plus que de vol.

Ses yeux fouillèrent la pénombre, comme si la mention de la boîte à musique allait la forcer à se manifester.

" Elle n'a pas à demeurer en ces lieux. "

Il choisit la droite.
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MessageSujet: Re: Gleam - Libre   Dim 15 Oct 2017 - 22:05

gleam

Et ?

Le regard d’Ecalipse resta rivé sur la face indécise du frison. S’attendait-il à autre chose ? Il n’avait certainement pas connu l’amour paternel, lui –peut-être était-ce cela, oui. La bicolore ne sut répondre. Elle battait parfois lentement des cils, sondant celui qui était de son sang, de sa famille. Et ce, quoi qu’il en pense.
Lorsqu’il se décida à bouger, sortant du champ de vision de la pie pour s’enfoncer dans le long couloir, son regard resta dans le vide. Elle restait pensive, mais finit par emprunter l’escalier, suivie de Sorrow.

Les marches étaient étroites et la forme de l’escalier rendit l’ascension plutôt compliquée pour des chevaux de leur carrure. Ecalipse ne tenait pas de sa mère la carrure fine et légère. Elle était bien plus épaisse et lourde que les arabes, et pourtant, elle partageait leur sang.

Qu’est-ce qu’un père ?

Une fois de plus, Ecalipse resta de marbre, le regardant progresser dans le couloir, attendant de se lasser de ses profondes réflexions pour lui emboîter le pas.

Pas seulement celui dont on est né, dit-elle du bout des lèvres. Un vrai père est présent pour sa famille. Il défend la mère encore faible après la naissance, chérit ses enfants, les élève, les protège lorsqu’ils ne peuvent le faire seuls… Son regard s’attarda sur l’escalier qui rugissait encore de leurs pas trop lourds, tous ces bruits allaient finir par lui donner mal à la tête. Elle s’égarait. Ce n’est pas ça, un père, selon vous ?

Elle reprit sa marche, tête basse, ses naseaux traçant des lignes à travers la poussière en effleurant le  sol de leur souffle chaud. Puis successivement, le regard appuyé du grand noir et ses paroles eurent raison de l’apparent désintérêt –il s’agissait plutôt de gêne– d’Ecalipse.

Perjury, grinça-t-elle sinistrement.

Ce nom avait tant fait couler de sang et d’encre. Les oreilles d’Ecalipse s’étaient brusquement portées vers l’arrière, et la rage s’emparait à nouveau d’elle. Elle regarda soudainement Sorrow avec plus d’intérêt que jamais.

L’enfant noyé dans le ruisseau sans fond ?, l’interrogea-t-elle. Qui était sa mère ?

Elle grinça des dents, son regard parcourant les lieux à la recherche de la boîte à musique. Les ennemis de ses ennemis étaient ses ennemis. Ses sabots la portèrent à la suite de Sorrow, ; peut-être pourrait-elle l’aider. Il prit la droite, et elle le suivit presque sagement, trop intéressée par l’avancée que lui permettait cette rencontre dans sa quête de vengeance.
Elle admira le dédale de couloirs qu’était l’endroit ; c’était comme des milliers de boyaux entremêlés, aux couleurs salies et délavées par le temps ; toute l’humanité des lieux n’était pas morte, il arrivait parfois d’entendre un grésillement, certaines lampes et autres signalisations clignotaient encore, sans jamais rester allumé trop longtemps ; l’usure et le temps étaient passés par là. Pensive, elle reprit.

Il n’y a pas qu’à vous qu’il a volé quelque chose. Il a ravagé ma famille, l’a détruite en assassinant ma mère. Ses yeux fouillaient les lieux avec attention, elle allait se perdre dans un mutisme lui permettant une meilleure réflexion lorsqu’une dernière phrase glissa sur sa langue, comme si elle avait toujours désiré s’échapper de ses lèvres. C’est moi qui aurai sa peau, tôt ou tard. Et je le briserai comme il a brisé tout ce que j’avais.
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MessageSujet: Re: Gleam - Libre   Sam 21 Oct 2017 - 11:58

Une ampoule dénudée grésillait avec insistance, un oeil paniqué clignotant, comme persuadé qu'ouvrir la paupière allait disperser les ténèbres. Il se retrouva baigné dans sa lueur artificielle, une nimbe hésitante aux contours constamment grignotés par la pénombre. Ecalipse, elle, se détachait vaguement du noir grâce à ses tâches blanches, qui absorbaient la lumière. Elle avait un oeil plus clair que l'autre. Il ne savait pas s'il devait s'en remettre à l'iris noire ou à l'iris bleue pour trouver ce qui se cachait derrière ses pensées. Ça ne pouvait pas être si simple.

Ça n'était jamais si simple.

Il se retrouva à la bouche d'une pièce dont la porte avait disparue, ne laissant derrière elle que des gonds. L'étalon entra et réalisa finalement qu'il s'agissait plus d'une salle tant les dimensions étaient grandes. Il caressa du regard toute cette humanité qu'il ne comprenait pas, les machines et les murs décrépis.

Cet endroit là était particulièrement singulier. S'enroulait comme un serpent mécanique une sorte de tapis de fer immobile, sur lequel était encore posé des boîtes en carton. De temps à autre, on pouvait voir un bras mécanique à quatre pinces, penché sur une boîte, menaçant de sortir ce que cette dernière contenait. La fin du parcours était rendue plus mystérieuse par le fait que les boîtes rentraient dans une structure mécanique peinte de noire qui les recrachait manifestement changées.

C'était l'atelier de la métamorphose, dans lequel la faible magie humaine s'était éteinte depuis bien longtemps. Le serpent ne bougeait plus, immobilisant ainsi tout le mécanisme. Les bras ne faisaient qu'effleurer sans jamais atteindre. Et là où la gueule de la bête s'ouvrait pour recracher les cartons scellés, fermés, parfaits, ils s'entassaient et étaient même tombés en un tas au sol, à défaut d'avoir été ramassés par une main humaine.

Il avança.

Et sourit, vaguement, sans en avoir véritablement l'intention La silhouette de Coeur Noir hantait à présent l'abîme de son esprit. Il contemplait le vide sans avoir peur de tomber.

" Je n'ai pas aimé mon père. Je l'ai adoré. "

Il retourna un carton, entendit la chose qu'il contenait bouger à l'intérieur. Il se demanda si cela cassait. Se tourna pour regarder la jument.

" Lorsque j'étais enfant. Ce genre de choses passent, avec l'âge. Bien sûr, vous vous attachez aux restes d'un souvenir. Il est plus facile d'aimer les choses dont on a pas eu le temps de se lasser. "

Il ouvrit la boîte de son sabot avec une sorte de délicatesse, adouci par la possibilité que la boîte à musique se soit cachée là dedans.

" Mais je n'ai pas eu de père. Moi-même, j'ai engendré. Et je n'ai pas été un père. Pensez-vous vraiment que quelqu'un comme lui, qui a eu tant d'enfants, ait pu être un père pour chacun d'entre eux ? S'il vous a aimée, vous a protégée, élevée, alors vous êtes une exception plus qu'une généralité. "

Ecalipse ne semblait pas porter Perjury dans son coeur. C'était amusant, de constater que les trois dominants s'étaient créés des ennemis peut-être bien malgré eux, sans qu'il n'y ait jamais eu de guerre. Juste des rancœurs intestines, des erreurs dont la faute leur appartenait. Perjury, meurtrier. Ocëan Pearl, meurtrière. Lui, assassin de sa propre chair, de son propre sang, sorte de Saturne n'ayant pas eu le courage de dévorer ses enfants.

Une sorte de tendresse l'emplit sans qu'il ne puisse la rationaliser. Il prononça son nom simplement, parce qu'elle était à lui, parce qu'il en dévoilait déjà assez avec un patronyme :

" Geisha. "

Il la regarda lentement. Que de hargne ; que de haine. Il avait déjà vu cela, récemment, dans d'autres yeux, dans une autre bouche. Il se baissa pour renverser le contenu de la boîte, qui ne révéla qu'un objet commun sans rapport avec la musique. Il soupira, brièvement, pour exprimer sa déception. Puis il la contempla, après avoir fait quelques pas.

" J'ai une fille qui vous ressemble. Elle aussi poursuit la vengeance. Mais je ne tenterai pas de vous dissuader vous. La vie ou la mort de Perjury m'importent peu, à présent. Sachez simplement que vous vous en souviendrez toujours. Que des enfants à lui viendront peut-être à leur tour, pour réclamer eux-aussi vengeance. C'est ainsi que cela commence. Les histoires sans fin. "
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MessageSujet: Re: Gleam - Libre   Mer 13 Déc 2017 - 2:30

gleam

Je n'ai pas aimé mon père. Je l'ai adoré.

Ecalipse pointa simplement une oreille attentive vers Sorrow, ses naseaux effleurant toujours le sol froid de l’usine. Elle ne voyait pas de différence entre le fait d’aimer et le fait d’adorer. En revanche, elle admirait son père, lui qui lui semblait fort au point de pouvoir déplacer des montagnes, au point d’encaisser mille coups.
Était-il toujours en vie ? Ça, elle ne cessait de se le demander. S’il l’était, reviendrait-il pour la protéger, la défendre, l’aimer comme il le fit autrefois ? Elle l’espérait du plus profond de son cœur.

Enchaînant sur Perjury, Ecalipse put enfin savoir qui était la jument dont le fils avait été noyé. Geisha. Elle fronça les sourcils ; ce nom lui disait quelque chose. Elle réfléchit. Ce souvenir remontait au jour de sa naissance. C’était si loin, cinq ans plus tôt. Mais elle l’aurait parié ; Geisha était là ce jour. Ses yeux s’accrochèrent aux boyaux de l’usine, tantôt gris, tantôt colorés comme le serait un clown –un clown bien glauque pour se terrer ici. Pensive, elle tentait de se remémorer le visage de celle qu’on appelait Geisha. Sa physionomie ne lui revint pas. Toutefois, elle se souvint de qui elle était. Après une longue réflexion, elle répondit d’un ton absent.

Elle est ma marraine. C’est ce que lui a proposé ma mère à ma naissance. Elle a accepté.

Se remémorant des temps bien lointains, Ecalipse abandonna quelque peu les recherches, perdue dans un passé qu’elle n’était jamais parvenue à enfouir. Elle divaguait quelque peu en quelques pas dans le corridor, restant toujours assez proche du mâle pour continuer à converser –elle qui souhaitait au départ le chasser de ses terres, trouvait finalement sa compagnie agréable ; il était désormais rare pour elle de trouver des membres de sa famille par ici.

Les paroles pour le moins décourageantes de Sorrow ne l’atteignirent que peu. La bicolore ne prit pas la peine de hausser les épaules. Le simple fait d’évoquer Perjury faisait s’échauffer son sang. Elle le sentait bouillir dans ses veines, battre ses tempes, tant l’impatience de ce meurtre qu’elle commettrait un jour –bientôt– se faisait ressentir. Calant l’une de ses épaules contre le mur froid pour oublier un peu la chaleur qui s’emparait d’elle, elle posa un regard totalement dénué d’expression sur Sorrow –seule une éternelle étincelle teintée de rage s’agitait au fond de ses yeux.

J’ai hâte de me souvenir, alors. Son ton était plein d’assurance. Et j’espère me souvenir éternellement du goût de son sang dans ma bouche.

Elle soupira, s’écartant du mur pour reprendre les recherches, fouillant une boite qui traînait par là pour y trouver la boîte à musique du frison. La boîte ne contenait rien de plus que des milliers de petits bouts de polystyrène. S’en désintéressant alors, un sourire aux accents malsains barra soudain ses lèvres.

J’attendrai patiemment la venue de ses enfants. Et je bouclerai la boucle.
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MessageSujet: Re: Gleam - Libre   Ven 15 Déc 2017 - 14:32

Il était heureux qu'elle ne soit pas sa fille. C'était encore difficile de les imaginer liés par le sang. Et même s'ils l'étaient, s'ils partageaient un père, cela n'avait, après tout, pas grande importance. Coeur Noir. Il aurait pu baver sur la tombe inconnue de ce vieillard, s'attrister comme elle de ne pas connaître son sort. Maintenant qu'il avait brièvement interrogé le passé, il désirait refermer la trappe qui menait à des souvenirs plus lointains que ceux qu'il évoquait inlassablement, comme si son enfance n'avait été qu'une parenthèse, une pause.

Il n'était véritablement devenu lui-même que lorsqu'il avait fortuitement connu le pouvoir. C'était une réalisation malsaine, mais logique, illustrée par son piétinement dans l'usine, par le fait qu'il retournait tout pour tenter de retrouver un vestige d'un temps qui ne lui appartenait même plus. Que possédait-il, à présent ? Des enfants, plus ou moins meurtriers, aux victimes disparates. Une compagne en qui il pouvait placer sa confiance. Finalement, on pouvait facilement oublier ses parents, si l'on s'occupait d'autre chose que des étincelles endormies du feu sacré de la naissance.

Difficile de s'intéresser à des choses aussi abstraites que la famille, aussi se concentra-t-il sur le concret : ses anciennes terres, leur boîte à musique, l'espoir de la retrouver qui s'amenuisait au fer et à mesure qu'il écumait les boyaux vides de cette usine.

L'endroit devenait de plus en plus déplaisant. Rien du charme de la maison hantée, touchante parce que portant les traces d'une intimité arrachée, et tout du mécanisme enrouillé de la vie que l'on passe les yeux lourds, à contempler une machine qui sert d'extension à la main, qui dompte le corps afin d'en faire l'outil robotique dont le bras mécanique à besoin.

Sorrow ferma les yeux et exhala, avant de les rouvrir sur la pénombre d'un couloir.

Peut-être ne retrouverait-il jamais la boîte à musique. Fallait-il en être digne ? Plaçait-il tellement d'importance au symbolisme, moins puissant qu'un hasard régnant sur tous les êtres avec malice ? S'il ne la trouvait pas, il ne pourrait blâmer que lui-même, et peut-être le spectre grinçant de Perjury qui hantait les lieux d'un pas morne.

" Le meurtre, " dit-il, simplement, " N'a pas un goût auquel quiconque s'habitue. "

Puis il la dévisagea, lentement, les babines retroussées sur un peu de dégoût :

" A moins de désirer devenir le monstre que l'on se destine à abattre. "

Tuer le père, tuer les enfants. Il songea à Hyuna', à sa mère, à la chaleur le jour où elle était morte. Cela s'était-il déroulé en été, loin des températures qui les avaient réunis, lui et Hypocamp' ? Est-ce que les vautours avaient plongé dans un ventre déjà rempli par les vers qui pullulent lorsque le soleil frappe au mois d'août, lorsque la nature pour vivre se repaît de la mort ?

Se destinait-il cependant à devenir un arbitre moral ? Non. Il quitta des yeux la figure d'Ecalipse, sur laquelle il décelait trop de son père, et entra dans une autre pièce pour chercher ce qu'il était venu trouver.

En vain.
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MessageSujet: Re: Gleam - Libre   Sam 16 Déc 2017 - 0:11

gleam

Le meurtre n’a pas un goût auquel quiconque s’habitue. A moins de désirer devenir le monstre que l’on se destine à abattre.

Ecalipse fixa longuement Sorrow, avant que ses pupilles ne rencontrent le vide. Pensive, méditant sur les paroles de son demi-frère, elle inspira lentement. Elle s’imaginait s’emparer des Secrètes, puis tuer Perjury, obtenir ainsi sa vengeance, en assouvir le désir qui la rongeait de l’intérieur. Elle imaginait ses boyaux se tordre comme les corridors infinis de l’usine, comme les immenses tuyaux colorés qui en ornaient les moindres recoins, dans un plaisir malsain. Elle imaginait bien son corps tout entier se tendre, d’un plaisir cruel à admirer la robe grise de sa cible se parer d’un voile carmin qui lui siérait à la perfection ; elle imaginait les péchés de Perjury s’envoler comme un nuage de fumée tandis que lui s’enfoncerait dans la terre, allant périr au fin fond des enfers. Et elle se sentirait vidée de tout ressentiment, de toute peine, oubliant là toute douleur, se rendant sur la tombe de sa mère, y glissant des mots tendres, des murmures peut-être malsains.
Maman, il est mort, c’en est fini, j’ai tué pour toi.

Peut-être serait-elle un monstre de sentir monter en elle un plaisir orgasmique, à la simple sensation des pulsions du cœur de Perjury ralentir sous ses dents, lui s’époumonant à chercher un air qu’il ne trouverait plus, la regardant d’un air suppliant, tentant de rester en vie tandis que la mort venait le saisir. Et elle, pauvre folle, le regarderait avec un sourire au coin des lèvres, fière de son acte, fière de sa vengeance ; sois fière, maman, regarde ce que j’ai fait.

La cape de meurtrière, ou de justicière comme elle se plaisait à s’appeler, lui seyait à merveille. Elle serait couronnée des Secrètes, terres de son ennemi, et dernier visage qu’il verrait avant de sombrer. Et qu’importe ce qu’en disait Sorrow, qu’importe ce qu’il en pensait, Ecalipse savait que quiconque attenterait à sa vie –les enfants de sa victime, ou sa compagne, ou n’importe qui… Elle réduirait la leur à l’état de poussière.

Elle ne remarqua même pas, après des minutes entières de fantasme, qu’un sourire malsain s’était glissé sur ses lèvres.

Elle regarda Sorrow, dévoila ses dents dans ce sourire aux accents fous.

Je tuerai Perjury, et toute sa famille s’il le faut.

Puis disant cela, elle choisit de repartir explorer ses terres. Voilà bien longtemps qu’elle n’entendait plus les pluies résonner dans la vieille usine ; la tempête était terminée. Sans un regard de plus vers Sorrow, elle lança par dessus son épaule :

J’ai une vengeance à mettre en route, un meurtre à préparer. Je te ferai signe si je trouve ta boîte à musique.
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MessageSujet: Re: Gleam - Libre   Dim 24 Déc 2017 - 15:11

Ou le sang de Coeur Noir était vicié, ou l'air de ces terres était emprunt d'un parfum vénéneux qui rendaient ses habitants dérangés. Sorrow dévisagea la jument pie, tentant de deviner si la folie vivait dans un corps ou l'habitait comme un soubresaut, le temps de s'emparer d'un battement de coeur, d'un sourire tordu de travers. La normalité était subjective ; le corps malade s'habituait à la faiblesse, vivait avec le vice, se lovait contre les traces de la fin avec une sorte de soulagement.

Il percevait une maladie dans ce corps, mais ne pouvait l'amener à sauter à ses yeux, toutes griffes dehors. Non, elle sourdait quelque part et il imagina cette bête vivant dans le corps de sa propre fille, cherchant les failles, les minuscules fissures qui lui permettraient de suinter et de se jeter, dans une apothéose tragique, sur le corps diminué d'Ocëan Pearl.

Les anciens dominants avaient des fantômes à leurs trousses et le sien était revêtu de blanc, comme pour lui rappeler les rideaux loqueteux de la maison hantée, qui chuchotaient ensemble lorsque minuit s'épanchait sur la fin de la nuit et que les renards rôdaient sous les planches pourrissantes de ce fief minable.

Fort heureusement, il n'avait pas de famille qui aurait du le suivre dans la tombe. Geisha était innocente, une colombe, un message d'espoir ; Shiro était un spectateur qui ne crèverait pas le cadre pour frapper. Hyuna' était un problème. Hyuna' se serait sûrement débattue pour venger sa mort.

Le plaisir pervers qu'il prenait à l'idée était aussi naturel que celui que prend l'enfant à arracher les ailes d'un moustique.

Elle disparut dans les boyaux de l'usine et il fit volte-face, confronté au regard fixe de l'endroit.

La boîte à musique n'était pas là, chuchotaient les tuyaux vides.

Et pourtant, il choisit de s'enfoncer plus loin encore dans les intestins de la bête, comme espérant se perdre avant de devoir explorer plus encore ces terres maudites, aux habitants ensorcelés.
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MessageSujet: Re: Gleam - Libre   Dim 24 Déc 2017 - 23:02


LA HOTTE DU PERE NOEL

event de Noël

Un traîneau traverse le ciel tel une étoile filante. La hotte du Père Noël se vide petit à petit tandis qu'il dépose ses cadeaux non loin de leurs destinataires respectifs. Une forme carré tombe d'un tuyau de ventilation non loin de Sorrow. L'album photo est poussiéreux, son dos creusé par les années. Il est ouvert à la page de Noël, une famille heureuse rit sur le papier glacé.

« Joyeux Noël, ho ho ho ! »
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