Jeu de rôle équin
 
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 This is the time.

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Kuro

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MessageSujet: This is the time.   Mer 19 Juil 2017 - 23:10


Bitter blood builds our prison cell.

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Une imposante silhouette blanche se dessine à l’horizon entre deux fortes averses, ses pas sont alourdis par la terre devenue boue à force d’être trempé à outrance et elle lui colle aux sabots, mais aussi à ses fanons rendus crasseux par le terrain. Les pluies perpétuelles tel était le nom de ce territoire, un nom lui allant à ravir car au plus loin de ses souvenirs, il se rappelle toujours être passé par ici trempé jusqu’aux os. Kuro venait de cette terre, il y a passé son enfance qui fut brève avant de suivre sa mère sur les terres libres.

Il grimace légèrement sous ses crins abondants en se rappelant ses vieux souvenirs qui lui tache la mémoire comme de l’encre de chine sur de la soie, des tâches grappillant de plus en plus le blanc albâtre de son âme pour s’étendre comme des cancers.  A cette époque, il était trop jeune pour agir suivant simplement sa mère effondré vers il ne sait où, ce n’est que partie remise car à présent Kuro à l’âge de tenir tête à cet étalon affublé de l’adjectif : Père.

Mes antérieurs finissent par se planter dans la terre, je suis de retour en ces terres, la frontière effleurant mes postérieurs. La sensation est étrange, un savant mélange d’amertume et de satisfaction. J’esquisse un sourire tout en reprenant ma marche énergique. Mon sentiment de satisfaction ne fait que plus gonfler à chaque nouveau pas car je suis déterminé à asseoir mon pouvoir sur ces Terres Maudites, effacé une fois pour tout le nom de ce charlatan et proposer un lieu sur pour ma famille. Je viens ici pour ériger un royaume à la gloire de mes êtres chers et leur proposer enfin la paix, cette paix que nous recherchons tous. Mon esprit ne peut s’empêcher de s’égarer vers ma princesse, elle sera à mes côtés pour régner sur ces Terres et je nous vois déjà assis sur nos trônes et rire de ce bouffon noir qu’on ferait bouger tel un pantin désarticulé.

Mon seul regret est de ne pas pouvoir l’affronter tel que je l’espérais dans mes rêves, une rumeur disait que les dominants ce sont vu être déchus par les dieux, les même dieux qui leur avaient donné des trônes. Je ne sais pas quoi en penser de cette supercherie, mais si c’est vrai il va falloir attirer les bonnes grâces de ses êtres extraordinairement divins. Peut-être aurais-je du demander à ma mère quelques précisions. Je hausse mes fortes épaules tout en jetant un œil circulaire, rien n’avait vraiment changé, à pars ce petit goût d’abandon qu’on apercevait facilement dans le manque d’accès. Avant des chemins étaient formés à travers les territoires à force de passage mais à présent presque tout est effacé et il faut des fois se battre contre la végétation.

Je m’ébroue énergiquement chassant qu’un tiers de l’eau que stock mon poils mais la sensation des gouttelettes qui roulent sur ma peau est fort désagréable. En ce moment même je me dirige vers la Maison hantée espérant peut-être croiser ma chère et tendre Fifa même si je redoute les vieux souvenirs retenus entre ses vieux murs. C’est comme fouler une montagne d’ossement, mais ce n’est pas en étant si proche du but que je vais me détourner.

Malgré toute ma bonne volonté, la pluie s'intensifie au point de ne plus voir à plusieurs pas devant moi et je décide de m’abriter sous un arbre aux branchages épais en attendant une légère accalmie. Les oreilles en arrière, il me tarde de rejoindre la bâtisse jadis familial et de fouler à nouveau ce territoire. Je ronfle des naseaux et je reste perplexe face à tant d’eau qui dégringole de là-haut avant de tendre l’oreille percevant un bruit sans savoir si cela est chevalin ou autre. Peut-être que l’inconnu passera devant moi sans prêter attention comme souvent, je me demande des fois si je ne suis pas réellement un fantôme pour que les gens me prête s’y peu attention.
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Ungo

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MessageSujet: Re: This is the time.   Mer 13 Sep 2017 - 13:26


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Ungo s’était perdu. Aussi idiot que cela pouvait paraître, c’était pourtant bien ce qui était arrivé. Il avait marché sans y penser, suivant la petite fille aux grands yeux qui sautillait devant lui. Elle l’avait invité de ses doigts potelés, l’avait encouragé de son sourire étrange, et il s’était laissé guider. Il ne lui restait de ce voyage que de vagues souvenirs : de la terre brune, du sable et de l’eau, quelques brins d’herbe également. En somme, rien qui ne puisse lui indiquer où il se trouvait.

Le petit étalon aurait aimé pouvoir se concentrer, réfléchir un instant aux pourquoi et comment, puis reprendre sa route vers un lieu plus sûr ; pourtant, son esprit refusait de l’écouter. Ses pensées se mélangeaient, s’entrechoquaient et perdaient leur sens. À l’intérieur de son crâne, tout n’était que réminiscences du passé et rêves éveillés.
Sous ses yeux noirs, la robe de Pearlescence explosait en mille éclats lumineux pour mieux se reconstituer une forme plus grande, plus jeune, plus jolie, et prendre les traits de sa sœur. Que pouvait-il faire contre cela ? Ces visions l’effrayaient, le hantaient et l’attiraient tout à la fois. Il avait peur qu'un mal n'atteigne la petite jument, mais ne pouvait empêcher son cœur de bondir de joie à la vue de sa jumelle.
Il avait beau se persuader que tout ceci était faux, qu'aucun mal ne détruirait Pearlescence et que rien ne ramènerait Shaï à ses côtés, dès qu'il plongeait son regard dans les yeux rouges de son amie, toutes ses convictions s'étiolaient. De son sourire étrange s'échappait alors un rire moqueur et il ne savait plus que penser. Si elle était là sans y être, plus rien n'empêchait ses cauchemars et désirs de devenir réalité.

Ungo s'était donc perdu. Physiquement et psychologiquement. Désormais, il errait sans but, d'une démarche bancale, plus usé par ses pensées que les dernières heures passées à marcher. Quand la première goutte de pluie s'écrasa sur son front, une image lui revint en mémoire. Il se tenait devant un mur sale et fissuré, le regard fixé sur un bout de plastique à moitié enseveli. Le rouge avait attiré son regard plus qu'il ne l'aurait dû et l'étalon s'était arrêté pour contempler les signes blancs d'un air faussement intéressé. しばらくお待ち下さい (Patientez un instant, s'il vous plaît). Ce qui, bien évidemment, n'avait aucun sens à ses yeux. La seule question qui tournait dans son esprit était la suivante : le mur était-il celui de l'Usine Abandonnée ou de la Maison Hantée ? Il n'en avait pas la moindre idée.

Cependant, Ungo n'était plus perdu. Il ne s'agissait pas d'une illumination soudaine éclairant son esprit tordu, mais d'une goutte de pluie qui s'écrasa à nouveau sur ses naseaux. Une goutte qui fut, bien trop vite, suivie d'un milliard d'autres gouttes. Il ne connaissait qu'un endroit à la météo capricieuse : Pluies Perpétuelles.
Le petit étalon fut tenté de faire demi-tour et rejoindre une autre terre, mais son incapacité à savoir d'où il venait le retint sur place. Néanmoins, il dut lutter pour ne pas s'arrêter, le poids de la pluie enfonçant son corps difforme dans la boue. Il ne devait pas ressembler à grand-chose, couvert de terre, trempé d'eau de la tête aux sabots. Il était déjà laid à voir en plein jour, il devait ressembler à une apparition diabolique dans la pénombre de l'endroit, et son humeur n'arrangeait rien à tout cela.
Ungo voulut remédier à ce dernier point en relevant la tête, mais il eut beau chercher du regard la petite fille aux grands yeux, il ne la vit nulle part. La peur et la tristesse se firent plus fortes au fond de son cœur et son encolure se baissa à nouveau, tandis que son pas lourd tangua plus fortement de droite à gauche. Sans elle à ses côtés, la solitude laissait un arrière-goût de mort sur sa langue.

Le rire éclata dans l'obscurité et força l'étalon à relever la tête. Quelques mètres plus loin, une forme lumineuse perçait les ténèbres. Ungo n'y réfléchit pas à deux fois et s'élança dans un petit trot vigoureux pour rejoindre l'apparition sous le couvert d'un arbre. Il grimaça et tressaillit en passant trop près d'une branche qui frôla ses oreilles, dressées sur son crâne. Ce contact non-désiré le perturba juste assez pour qu'il ne remarque son erreur qu'au dernier moment. Arrivé à hauteur de la lueur, il comprit qu'il s'était trompé. En moins de temps qu'il ne faut pour le dire, son petit corps perdit sa vigueur de jeune étalon et retrouva l'allure basse et gauche du vieillard qu'il n'était pas.
En posant ses yeux sur l'équidé face à lui, Ungo fut déçu. Il croyait en l'apparition de sa belle amie, qui hurla son amusement au creux de son oreille en sautant sur son dos, et se retrouvait face à un colosse aussi musclé que lui était petit et fragile.

Oh… laissa-t-il échapper, quelque peu traumatisé par la tromperie. Je… Je ne voulais pas vous déranger.

Ungo recula d'un pas, prêt à laisser le mâle seul, mais la force de la pluie sur sa croupe le ramena en avant. N'ayant aucune notion d'orientation, il doutait être capable de s'échapper d'ici avant que l'eau ne l'enterre et reprit donc place sous le couvert de l'arbre. Il détestait la proximité du tronc et l'odeur de l'écorce, mais il n'avait plus le choix.
Son amie imaginaire se moqua de nouveau et sauta à terre pour s'approcher de l'autre. Il la vit tendre les mains vers les naseaux de l'inconnu et eut peur, dans un moment d'égarement tout à fait incongru puisqu'elle était bien incapable de toucher quelqu'un d'autre que lui, qu'elle ne tire dessus. Le petit étalon fit donc un pas en avant, la bouche entrouverte sur un non qu'il retint de justesse. La proximité de la robe lumineuse lui rappela combien il était petit, sombre et laid ; ce qui eut le don de faire rire l'enfant.

Vous êtes très grand, lâcha-t-il, un peu trop agressif pour ce simple constat.


Dernière édition par Ungo le Jeu 11 Jan 2018 - 10:49, édité 1 fois
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Kuro

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MessageSujet: Re: This is the time.   Ven 6 Oct 2017 - 23:03



Je pointe mes oreilles en avant à l'écoute de se bruit lointain et adoptant naturellement une stature haute. La silhouette se dessine et se brouille au travers du rideau d'eau puis termine par s'évanouir. Une simple âme égarée qui passait par ici, n'est-ce pas la seule chose qui foule ces terres ? Je pivote à nouveau mes oreilles en arrière tout en relâchant mes muscles jusqu'à que ma tête dodeline dans le vide. Je me permets un instant de répits pour une brève sieste car la route est encore longue.

Dans cet état semi-conscient, je laisse mon esprit s'égarer alors que ma peau frémit au fantasme fantomatique de ma compagne. Le guerrier se reposant contre le sein de sa chère et douce promise. J'en rêvais souvent car c'est avec grand délice que je m'endors contre elle, ma tête contre sa peau et son odeur m'emportant dans un monde de douceur. Il n'y a qu'avec elle à mes côtés que je dors réellement sinon ce sont de brève sieste lors de mes rares haltes. Un profond soupir soulève mes flancs alors que je cède à reposer un de mes postérieurs alors que je jette un brève coup d'œil autour de moi avant de revenir à ma léthargie. Que vais-je faire à présent que je suis ici ? Il y a tant de chose à amorcer alors que mon ambition oscille avec le doute. J'ai le goût de la vengeance au bord des lèvres mais devenir dominant n'est pas une mince à faire et oui de temps en temps je me demande si je vais avoir les épaules assez larges pour supporter ce rôle. Suis-je réellement fait pour veiller sur un troupeau alors que j'ai toujours connus la solitude ? Je me suis toujours battus pour les gens que j'aime et je donnerais ma vie sans hésitation pour Fifa, mais est-ce suffisant ? Le pluie me rend toujours morne ce n'est pas croyable.

J'entends brusquement le bruit sourd de la boue retourné et éclaboussé par des pas, des pas qui arrivent rapidement. Mon instinct se réveil brusquement alors que je m'éveil brusquement en apercevant une silhouette juste à ma hauteur. Dans ma précipitation je heurte le tronc d'arbre de ma croupe qui fait trembler le feuillage qui lâche sans pitié ses gouttes d'eau à peine retenus. Je ronfle profondément des naseaux, un peu secoué par se brusque réveil … Ca m'apprendra à m'endormir n'importe où ! Je pose mon attention sur l'âme égarée face à moi, il était menue et pas réellement dans les normes, mais c'est bien des détails don je ne m'embarrasse pas étant donné que moi-même je suis une abomination de la nature. L'étranger avait l'air totalement traumatisé d'être face à moi, aurait-il préféré le spectre d'une dame du lac ? Ne suis-je pas sensé être un futur dominant ? Tout le monde devrait me connaître. Je lui adresse malgré moi une mine grise finissant par souffler.

- Pas de problème.

Je m'ébroue avec lassitude avant de jeter un œil par-delà le couvert de l'arbre où la pluie battait encore son plein. L'étranger avait l'air d'être du même avis car il finit par rester sous mon abris de fortune. Je n'ai rien contre les gens mais cette proximité étrange me laisse pensif. J'observe l'étranger sans réussir à mettre un âge sur ce corps difforme, jeune ou âgé ? Je ne saurais dire. Ce dernier finis par faire brusquement un pas en avant comme si j'étais entrain de faire un geste inconscient sauf que je n'ai pas bougé d'un poils depuis avant. Je hausse un sourcil perplexe avant que se dernier me balance une remarque.

Je le dévisage décontenancer par sa remarque, on m'en fait souvent sur ma couleur, voir tous le temps mais jamais sur mes autres attributs physiques comme ma taille ou mon gabarit plutôt large. Je bats des cils finissant par me dire pourquoi il me balance ce constat d'une façon si agressive, j'ai rien fais moi ! Je finis par hausser mes épaules.

- Je ne le suis pas plus que les autres, c'est surtout à mes origines que je dois cette fausse impression. Je laisse le silence s'installer un bref instant avant de le briser. Et bien vu que nous sommes coincé sous cet abris de fortune pour un moment je me permets de vous demandez d'où vous venez comme ça ? Vous êtes un peu apparus comme un spectre au beau milieu de nulle part.


Dernière édition par Kuro le Mar 26 Déc 2017 - 18:13, édité 1 fois
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Ungo

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MessageSujet: Re: This is the time.   Dim 15 Oct 2017 - 19:08


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Ungo ne voulait pas être méchant. D’ailleurs, il ne l’était que rarement et seulement vis-à-vis des personnes qui méritaient ce genre de traitement. Ils étaient bien peu. Le petit étalon ne se donnait généralement pas la peine de se mettre en colère contre des inconnus et les gens qu’il connaissait se comptaient sur ses sabots. Quatre pauvres âmes dont trois auxquelles il n’avait plus adressé la parole depuis deux ans.
Était-il un pacifiste ? Il n’oserait le dire. Quand les autres hurlaient leurs mensonges à ses oreilles, il sentaient la haine monter en lui, inonder son cœur et brûler ses veines. Oui, il avait parfois envie de mordre, frapper et tuer. Non, il ne le ferait sans doute jamais. S’il ne s’abandonnait pas à sa colère, c’était sûrement à cause d’elle : la petite fille aux grands yeux.
Elle s’énervait toujours si rapidement. Bondissant sur ses petits pieds, les poings serrés de rage, elle tentait en vain de blesser ses victimes sans que celles-ci ne soient jamais au courant. La voir se donner tant de mal pour rien l’amusait et calmait le magma qui bouillait en lui. Ainsi Ungo laissait-il ses mauvais sentiments s’échapper.

Le petit étalon ne voulait pas être méchant, mais l’agressivité lui avait échappé sans qu’il ne puisse la retenir. Elle n’était pas tournée contre l’inconnu. C’était contre lui-même et un peu contre elle, que Ungo s’énervait. Il s’en voulait d’être assez bête pour ne pas séparer ses « visions » de la réalité et il lui en voulait de toujours tout faire pour l’intéresser.
Son constat, cependant, restait valable et véritable. L’inconnu était grand. Très grand. Bien plus grand que ne l’était Ungo et son corps frêle. Il eut beau dire le contraire, le petit étalon savait ce qu’il voyait et ce qu’il était. Il ne prit donc pas la peine de répondre. Si l’autre était persuadé de ce qu’il disait, eh bien, soit. Il n’allait pas le contredire. Qui savait ce que le blanc était capable de faire si on l’accusait de mensonge ? Ungo ne voulait pas mourir pour une idiotie de cette sorte. Il ne se fourvoyait pas inutilement : si le géant le frappait, que pourrait-il faire pour se défendre ? Il mourrait, assurément.

Un spectre, répéta-t-il quelque peu hébété par le terme employé.

L’étalon sombre baissa le regard et le glissa sur l’herbe mouillée, prenant le temps de la réflexion. Quand il accrocha la lueur blanchâtre des petits pieds de l’enfant, il releva les yeux et admira le balancement de ses cheveux dans une brise qui n’existait pas. C’était elle, le spectre qui l’avait mené ici. Lui n’était que l’ombre idiote qui avait suivi.

Je n’en ai pas la moindre idée, avoua-t-il en vrillant les deux puits sans fond qu’il avait pour œil, dans ceux de l’inconnu. J’ai marché sans regarder et je me suis perdu. Quand je suis revenu à moi, j’étais ici.

Ungo fit une pause pour prendre le temps d’observer d’un œil inquiet le branchage de l’arbre qui leur servait d’abri. Il n’était pas expert, lui qui préférait s’en tenir loin, mais les feuilles lui semblaient trop lourdes de pluie. Le petit étalon n’avait aucun espoir que l’eau cesse de couler, il connaissait cet endroit et savait que cela n’arriverait jamais. En revanche, il gardait l’espoir que l’intensité de l’orage se calme assez pour qu’il s’échappe d’ici. Aurait-il le temps d’attendre sous cet arbre ou son plan était-il voué à l’échec ?
La petite fille explosa de rire en disant qu’il n’aurait qu’à se cacher sous le géant, le moment venu. Ungo lui glissa un regard en coin, content qu’elle ait bougé pour que son geste paraisse moins suspect, et esquissa un sourire discret. Ce n’était assurément pas prévu dans son plan B.

Je vous ai aperçu de loin et c’est justement pour cela que je vous ai pris : un spectre. Mais vous n’en êtes pas un, vous n’avez donc pas atterri ici d’un seul coup. Vous aussi, vous vous êtes perdu ou c’est de votre propre volonté que vous vous êtes jeté sous une telle pluie ?


Dernière édition par Ungo le Jeu 11 Jan 2018 - 10:49, édité 1 fois
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Kuro

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MessageSujet: Re: This is the time.   Mer 27 Déc 2017 - 1:29


L’abris de fortune devenait ridicule avec les deux pauvres âmes égarés et trempés qui s’y abritaient dessous. Une légère brume blanche s’échappaient des deux corps hagard, la situation aurait pu être drôle, romantique … Mais c’était la mélancolie qui enveloppait les deux malchanceux du jour.

Finalement, je ne lui tiens pas rigueur pour son agressivité qui me passe au-dessus des oreilles. Après tout je suis le dernier à pouvoir juger ce genre d’attitude. Le petit étalon avait peut-être une journée difficile derrière lui, certainement que ca ne l’enchante guère d’être coincé ici avec un grand type et tout un tas d’autres raisons. Chacun de nous a ses propres raisons de vouloir cracher à la face du destin ou de la vie. Ne suis-je pas le premier à le faire au travers de parole amers et dit entre des dents serrés ? Mais je ne suis pas de nature violente, je ne frappe pas pour le plaisir ou si peut-être mais une seule personne aura se privilège … Je n’ai jamais prétendu être un bon gars, je me vois plutôt comme une bouteille de gaz dans une cheminée prête à exploser, tôt ou tard. Je pourrais m’abandonner à la rancune qui me brûle les veines mais à quoi bon ? Le mieux est de savamment contenir tous cela pour n’échapper que quelques relents et utiliser le reste comme carburant.

Je hausse un sourcil quand il répète le terme que j’ai utilisé un peu plus tôt dans un ton totalement hébété. Qu’ai-je dis encore ? Je dévisage l’étranger recouverts de boue, il aurait très bien incarnée la vision d’un cauchemar que j’aurais pu avoir étant petit et si ses prunelles ne brillaient pas un peu, la dite incarnation n’aurait même pas de visage. Un frémissement parcours mon dos soudainement, est-ce que cette petite chose m’effraie ? Difficile à dire car en même temps je me sentais proche de lui, malgré qu’il observe souvent le vide comme s’il voyait un être imaginaire … Et l’ombre qui me poursuit n’est-ce pas la même chose ? J’observe le vide un bref instant croyant apercevoir cette dite ombre à force d’y penser, mais je secoue vivement la tête pour jeter un regard à l’étalon jeune ou vieux, je n’en sais trop rien, quelque peu effaré. Je n’ai pas d’autre mot à cet instant, que dire de plus ?

- Hm … fis-je dans ma barbe avant de rajouter. Ça m’arrive de temps en temps, je prends une direction au hasard et j’avance jusqu’à pratiquement perdre la raison.

Est-ce vraiment raisonnable de faire par de ça avec un inconnu ? L’échange même n’est pas raisonnable, il n’y avait rien de censé dans tous cela … L’étranger avait l’air d’être débarqué d’il ne sait où comme une apparition, lui-même ne savait pas d’où il débarquait. J’ai l’étrange impression d’être dans un de mes rêves sans queue ni tête, c’est extrêmement troublant. Je jette un coup d’œil mécontent au-delà de l’abris car je souhaite repartir au plus vite et peut-être mettre fin à cet échange un peu étrange.

Le petit étalon finit par me comparer à un spectre et j’avais envie de lui répliquer : A qui le dis-tu, mais je pousse un simple soupire. Des fois, je me sens plus comme un fantôme qui hante Horse-Wild, j’ai l’impression d’incarné le spectre d’une promesse, d’un souhait sincère et profond qui a finit par se déchirer. Je suis le spectre d’un rêve qui n’a jamais aboutis, l’image d’une illusion … Mais le petit étalon qui a l’air si absent à l’air d’être très sur de lui pour ce qui est de mon cas, c’est étonnant.

- Qui sait peut-être suis-je une véritable illusion, peut-être que tous cela n’est pas réelle et tu te réveilleras là ou tu t’es endormis il y a peu. Un rire m’échappe dans un souffle avant de poser mon regard sur lui. C’est ma volonté qui m’a conduite ici, je suis né ici et je souhaite reprendre ses Terres. Je ne me suis pas encore présenté non plus, je m’appelle Kuro et vous ?
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Ungo

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MessageSujet: Re: This is the time.   Jeu 11 Jan 2018 - 10:49


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Une fois encore, Ungo se montrait plus agressif qu’il ne le voulait vraiment. Depuis que sa voix s’était aggravée de la sorte, il n’arrivait toujours pas à la contrôler à sa guise et se laissait guider vers des mots bruts et de mauvaises intonations. Pouvait-il critiquer ainsi les goûts d’un inconnu ? Ce n’était même pas son but. Mais quel était-il ce but ? S’intéressait-il vraiment à la raison qui avait poussé le grand blanc à atterrir ici ? En quoi cela le regardait-il, de toute manière ? Le petit étalon découvrait dans ses propres mots une curiosité qu’il ne se connaissait pas et une banalité dont il n’avait pas l’habitude. Certaines personnes le fuyaient à sa simple vue, comment pourrait-il savoir les platitudes d’usage dans une conversation avec le commun des mortels ? Peu importe ce dont il avait l’air, Ungo restait un jeune étalon qui découvrait encore le fonctionnement du monde.

L’étalon sombre releva brusquement la tête et planta sur le blanc ses yeux noirs qui, soudain, étincelaient d’un véritable intérêt. Dans son errance, il ne lui avait jamais paru rencontrer d’âme semblable à la sienne, d’équidé capable de s’abandonner à une marche à travers Horse-Wild. Il croyait être le seul, porté par ses illusions stupides, à se perdre totalement, à oublier le monde qui l’entourait pour ne plus voir qu’elle, la petite fille aux grands yeux.
Ungo resta tout de même prudent. Une véritable différence, comme un mur invisible, venait de s’établir entre eux. Le grand blanc ne se perdait pas vraiment, il se décidait de lui-même à prendre une direction et de s’échapper de la réalité. Aucune enfant ne le tirait par les oreilles pour le guider, ni ne tapait sur sa croupe pour lui dire d’avancer. Seul, il bravait le monde et le temps, s’engageait dans une marche qui pourrait le perdre tout à fait. C’était un choix, un choix qu’il avait fait. Ungo ne choisissait rien. Victime de ses propres hallucinations, il se laissait faire sans rien dire, suivait bêtement et sans un mot. Elle arrivait, de ses rires aigus et de ses invitations, à le pousser au galop, à lui redonner la vigueur de sa jeunesse, le corps moins bossu de celui qu’il devrait être.
Ungo ne se plaignait pas de sa belle amie imaginaire. Pourquoi l’aurait-il fait ? Il aimait marcher derrière elle, tendre le museau vers ses cheveux, les sentir glisser sur ses naseaux, aussi doux que faux. Il préférait cette vérité, celle où il n’existait qu’à ses côtés, où le monde cessait enfin de le rejeter. Il ne voulait plus effrayer les autres, il ne voulait même plus leur parler. À quoi cela lui servait-il ? Sa propre sœur ne supportait plus de le voir, ne lui adressait plus la parole. Sa belle jumelle… sans elle il n’était plus rien.
Et soudain, il revoyait la belle perle abandonnée sur le Cratère. La douce jument si forte pourtant. Celle qui, en quelques mots, lui rappelait sans cesse combien il était idiot.

À se perdre dans ses pensées, Ungo n’avait rien répliqué. À quoi bon de toute façon ? Il n’allait certainement pas avouer à un inconnu, aussi semblable à lui paraissait-il, qu’il avait peuplé son monde de solitude avec une petite enfant aux grands yeux rouges. Ça n’avait aucun sens et il préférait ne pas l’ébruiter. Il était déjà le plus laid, devait-il également passer pour le plus fou ? Et puis… il préférait garder son amie pour lui. Il n’aimait pas partager.

Une illusion, cracha Ungo en plaquant les oreilles sur sa nuque.

Cette agressivité lui échappa sans qu’il ne veuille réellement la retenir. Voilà un sujet qui ne lui plaisait guère. Les autres pouvaient s’amuser avec la réalité, mais lui ne riait pas avec cela. La vérité devait être dite, le mensonge oublié. Et les illusions… mieux valait les taire pour l’instant. Ungo ne s’était pas encore décidé à comment les qualifier. Son amie était-elle vraie ou était-ce un mensonge ? Elle ne vivait pas vraiment, mais n’était pas morte non plus. Qu’était-elle, finalement ?
Ungo lui jeta un regard en coin, admirant ses longs cheveux blancs, ses grands yeux rouges. Elle n’était pas là pour l’autre, à sa place, il ne voyait que le vide. Lui, pourtant, la voyait bel et bien à ses côtés. Il lui parlait parfois et elle lui répondait. Il pouvait même la toucher, elle-même s’en donnait à cœur joie ! Qu’était-ce donc, la limite entre illusion et réalité ? Et qu’est-ce que c’était cette « véritable illusion » dont il parlait ? Ungo passait parfois plusieurs heures, voire plusieurs jours à admirer son amie sans arriver à se décider. Ce n’était sûrement pas aujourd’hui qu’il trouverait une solution, une réponse à ses nombreuses questions.

Je ne crois pas, non, répondit-il en riant et fixant le grand étalon. Croyez-moi, si vous étiez faux, je le saurais.

L’étalon sombre était sûr de lui. Si le blanc était une nouvelle illusion de son esprit détraqué, la petite fille ne réagirait pas de la sorte, à sautiller partout avec joie. Elle se ferait colère, frapperait tout ce qui bougeait – surtout Ungo – et crierait au monde entier combien elle se sentait trahie et combien elle le détestait. Elle était aussi possessif que lui-même et n’acceptait pas qu’il en regarde une autre que lui, ou se fasse un autre ami. Elle était là pour le contenter, il n’avait besoin de personne d’autre.

Vous êtes né sous cette pluie ? demanda-t-il en frissonnant. À trois ans, il avait déjà peur de mourir ici, alors s’il y était né, combien de temps aurait-il résisté ? Je m’appelle Ungo et, fort heureusement, je ne suis pas né ici ou ma vie aurait été bien courte, mais je suis de l’île également.

Aussi étonnant que cela lui paraissait, Ungo se sentait de bonne humeur et prêt à discuter avec un inconnu. Il n’était jamais bien sociable, mais celui-ci lui était sympathique. Peut-être était-ce ses aveux, sa volonté de ne pas cacher ce que l’étalon sombre n’aurait même pas pensé à demander, qui l’attiraient ainsi. Il était rarement enclin à ce genre d’échange – et les autres encore moins que lui, en vérité. Cela ne plut donc guère à l’enfant, qui commença à grogner en tapant du pied. Elle n’aimait pas que Ungo se détourne d’elle et c’était justement ce qu’il faisait : avec grand soin, il faisait attention à ne pas trop la regarder. Il n’avait pas envie que Kuro le fuit à peine arrivé et, qui savait, peut-être même pourrait-il demander au grand blanc, le moment venu, de lui indiquer comment s’échapper d’ici.
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