Jeu de rôle équin
 
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 This is the time.

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Kuro

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MessageSujet: This is the time.   Mer 19 Juil 2017 - 23:10


Bitter blood builds our prison cell.

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Une imposante silhouette blanche se dessine à l’horizon entre deux fortes averses, ses pas sont alourdis par la terre devenue boue à force d’être trempé à outrance et elle lui colle aux sabots, mais aussi à ses fanons rendus crasseux par le terrain. Les pluies perpétuelles tel était le nom de ce territoire, un nom lui allant à ravir car au plus loin de ses souvenirs, il se rappelle toujours être passé par ici trempé jusqu’aux os. Kuro venait de cette terre, il y a passé son enfance qui fut brève avant de suivre sa mère sur les terres libres.

Il grimace légèrement sous ses crins abondants en se rappelant ses vieux souvenirs qui lui tache la mémoire comme de l’encre de chine sur de la soie, des tâches grappillant de plus en plus le blanc albâtre de son âme pour s’étendre comme des cancers.  A cette époque, il était trop jeune pour agir suivant simplement sa mère effondré vers il ne sait où, ce n’est que partie remise car à présent Kuro à l’âge de tenir tête à cet étalon affublé de l’adjectif : Père.

Mes antérieurs finissent par se planter dans la terre, je suis de retour en ces terres, la frontière effleurant mes postérieurs. La sensation est étrange, un savant mélange d’amertume et de satisfaction. J’esquisse un sourire tout en reprenant ma marche énergique. Mon sentiment de satisfaction ne fait que plus gonfler à chaque nouveau pas car je suis déterminé à asseoir mon pouvoir sur ces Terres Maudites, effacé une fois pour tout le nom de ce charlatan et proposer un lieu sur pour ma famille. Je viens ici pour ériger un royaume à la gloire de mes êtres chers et leur proposer enfin la paix, cette paix que nous recherchons tous. Mon esprit ne peut s’empêcher de s’égarer vers ma princesse, elle sera à mes côtés pour régner sur ces Terres et je nous vois déjà assis sur nos trônes et rire de ce bouffon noir qu’on ferait bouger tel un pantin désarticulé.

Mon seul regret est de ne pas pouvoir l’affronter tel que je l’espérais dans mes rêves, une rumeur disait que les dominants ce sont vu être déchus par les dieux, les même dieux qui leur avaient donné des trônes. Je ne sais pas quoi en penser de cette supercherie, mais si c’est vrai il va falloir attirer les bonnes grâces de ses êtres extraordinairement divins. Peut-être aurais-je du demander à ma mère quelques précisions. Je hausse mes fortes épaules tout en jetant un œil circulaire, rien n’avait vraiment changé, à pars ce petit goût d’abandon qu’on apercevait facilement dans le manque d’accès. Avant des chemins étaient formés à travers les territoires à force de passage mais à présent presque tout est effacé et il faut des fois se battre contre la végétation.

Je m’ébroue énergiquement chassant qu’un tiers de l’eau que stock mon poils mais la sensation des gouttelettes qui roulent sur ma peau est fort désagréable. En ce moment même je me dirige vers la Maison hantée espérant peut-être croiser ma chère et tendre Fifa même si je redoute les vieux souvenirs retenus entre ses vieux murs. C’est comme fouler une montagne d’ossement, mais ce n’est pas en étant si proche du but que je vais me détourner.

Malgré toute ma bonne volonté, la pluie s'intensifie au point de ne plus voir à plusieurs pas devant moi et je décide de m’abriter sous un arbre aux branchages épais en attendant une légère accalmie. Les oreilles en arrière, il me tarde de rejoindre la bâtisse jadis familial et de fouler à nouveau ce territoire. Je ronfle des naseaux et je reste perplexe face à tant d’eau qui dégringole de là-haut avant de tendre l’oreille percevant un bruit sans savoir si cela est chevalin ou autre. Peut-être que l’inconnu passera devant moi sans prêter attention comme souvent, je me demande des fois si je ne suis pas réellement un fantôme pour que les gens me prête s’y peu attention.
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Ungo

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MessageSujet: Re: This is the time.   Mer 13 Sep 2017 - 13:26


Ungo s’était perdu. Aussi idiot que cela pouvait paraître, c’était pourtant bien ce qui était arrivé. Il avait marché sans y penser, suivant la petite fille aux grands yeux qui sautillait devant lui. Elle l’avait invité de ses doigts potelés, l’avait encouragé de son sourire étrange, et il s’était laissé guider. Il ne lui restait de ce voyage que de vagues souvenirs : de la terre brune, du sable et de l’eau, quelques brins d’herbe également. En somme, rien qui ne puisse lui indiquer où il se trouvait.

Le petit étalon aurait aimé pouvoir se concentrer, réfléchir un instant aux pourquoi et comment, puis reprendre sa route vers un lieu plus sûr ; pourtant, son esprit refusait de l’écouter. Ses pensées se mélangeaient, s’entrechoquaient et perdaient leur sens. À l’intérieur de son crâne, tout n’était que réminiscences du passé et rêves éveillés.
Sous ses yeux noirs, la robe de Pearlescence explosait en mille éclats lumineux pour mieux se reconstituer une forme plus grande, plus jeune, plus jolie, et prendre les traits de sa sœur. Que pouvait-il faire contre cela ? Ces visions l’effrayaient, le hantaient et l’attiraient tout à la fois. Il avait peur qu'un mal n'atteigne la petite jument, mais ne pouvait empêcher son cœur de bondir de joie à la vue de sa jumelle.
Il avait beau se persuader que tout ceci était faux, qu'aucun mal ne détruirait Pearlescence et que rien ne ramènerait Shaï à ses côtés, dès qu'il plongeait son regard dans les yeux rouges de son amie, toutes ses convictions s'étiolaient. De son sourire étrange s'échappait alors un rire moqueur et il ne savait plus que penser. Si elle était là sans y être, plus rien n'empêchait ses cauchemars et désirs de devenir réalité.

Ungo s'était donc perdu. Physiquement et psychologiquement. Désormais, il errait sans but, d'une démarche bancale, plus usé par ses pensées que les dernières heures passées à marcher. Quand la première goutte de pluie s'écrasa sur son front, une image lui revint en mémoire. Il se tenait devant un mur sale et fissuré, le regard fixé sur un bout de plastique à moitié enseveli. Le rouge avait attiré son regard plus qu'il ne l'aurait dû et l'étalon s'était arrêté pour contempler les signes blancs d'un air faussement intéressé. しばらくお待ち下さい (Patientez un instant, s'il vous plaît). Ce qui, bien évidemment, n'avait aucun sens à ses yeux. La seule question qui tournait dans son esprit était la suivante : le mur était-il celui de l'Usine Abandonnée ou de la Maison Hantée ? Il n'en avait pas la moindre idée.

Cependant, Ungo n'était plus perdu. Il ne s'agissait pas d'une illumination soudaine éclairant son esprit tordu, mais d'une goutte de pluie qui s'écrasa à nouveau sur ses naseaux. Une goutte qui fut, bien trop vite, suivie d'un milliard d'autres gouttes. Il ne connaissait qu'un endroit à la météo capricieuse : Pluies Perpétuelles.
Le petit étalon fut tenté de faire demi-tour et rejoindre une autre terre, mais son incapacité à savoir d'où il venait le retint sur place. Néanmoins, il dut lutter pour ne pas s'arrêter, le poids de la pluie enfonçant son corps difforme dans la boue. Il ne devait pas ressembler à grand-chose, couvert de terre, trempé d'eau de la tête aux sabots. Il était déjà laid à voir en plein jour, il devait ressembler à une apparition diabolique dans la pénombre de l'endroit, et son humeur n'arrangeait rien à tout cela.
Ungo voulut remédier à ce dernier point en relevant la tête, mais il eut beau chercher du regard la petite fille aux grands yeux, il ne la vit nulle part. La peur et la tristesse se firent plus fortes au fond de son cœur et son encolure se baissa à nouveau, tandis que son pas lourd tangua plus fortement de droite à gauche. Sans elle à ses côtés, la solitude laissait un arrière-goût de mort sur sa langue.

Le rire éclata dans l'obscurité et força l'étalon à relever la tête. Quelques mètres plus loin, une forme lumineuse perçait les ténèbres. Ungo n'y réfléchit pas à deux fois et s'élança dans un petit trot vigoureux pour rejoindre l'apparition sous le couvert d'un arbre. Il grimaça et tressaillit en passant trop près d'une branche qui frôla ses oreilles, dressées sur son crâne. Ce contact non-désiré le perturba juste assez pour qu'il ne remarque son erreur qu'au dernier moment. Arrivé à hauteur de la lueur, il comprit qu'il s'était trompé. En moins de temps qu'il ne faut pour le dire, son petit corps perdit sa vigueur de jeune étalon et retrouva l'allure basse et gauche du vieillard qu'il n'était pas.
En posant ses yeux sur l'équidé face à lui, Ungo fut déçu. Il croyait en l'apparition de sa belle amie, qui hurla son amusement au creux de son oreille en sautant sur son dos, et se retrouvait face à un colosse aussi musclé que lui était petit et fragile.

Oh… laissa-t-il échapper, quelque peu traumatisé par la tromperie. Je… Je ne voulais pas vous déranger.

Ungo recula d'un pas, prêt à laisser le mâle seul, mais la force de la pluie sur sa croupe le ramena en avant. N'ayant aucune notion d'orientation, il doutait être capable de s'échapper d'ici avant que l'eau ne l'enterre et reprit donc place sous le couvert de l'arbre. Il détestait la proximité du tronc et l'odeur de l'écorce, mais il n'avait plus le choix.
Son amie imaginaire se moqua de nouveau et sauta à terre pour s'approcher de l'autre. Il la vit tendre les mains vers les naseaux de l'inconnu et eut peur, dans un moment d'égarement tout à fait incongru puisqu'elle était bien incapable de toucher quelqu'un d'autre que lui, qu'elle ne tire dessus. Le petit étalon fit donc un pas en avant, la bouche entrouverte sur un non qu'il retint de justesse. La proximité de la robe lumineuse lui rappela combien il était petit, sombre et laid ; ce qui eut le don de faire rire l'enfant.

Vous êtes très grand, lâcha-t-il, un peu trop agressif pour ce simple constat.
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Kuro

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MessageSujet: Re: This is the time.   Ven 6 Oct 2017 - 23:03



Je pointe mes oreilles en avant à l'écoute de se bruit lointain et adoptant naturellement une stature haute. La silhouette se dessine et se brouille au travers du rideau d'eau puis termine par s'évanouir. Une simple âme égarée qui passait par ici, n'est-ce pas la seule chose qui foule ces terres ? Je pivote à nouveau mes oreilles en arrière tout en relâchant mes muscles jusqu'à que ma tête dodeline dans le vide. Je me permets un instant de répits pour une brève sieste car la route est encore longue.

Dans cet état semi-conscient, je laisse mon esprit s'égarer alors que ma peau frémit au fantasme fantomatique de ma compagne. Le guerrier se reposant contre le sein de sa chère et douce promise. J'en rêvais souvent car c'est avec grand délice que je m'endors contre elle, ma tête contre sa peau et son odeur m'emportant dans un monde de douceur. Il n'y a qu'avec elle à mes côtés que je dors réellement sinon ce sont de brève sieste lors de mes rares haltes. Un profond soupir soulève mes flancs alors que je cède à reposer un de mes postérieurs alors que je jette un brève coup d'œil autour de moi avant de revenir à ma léthargie. Que vais-je faire à présent que je suis ici ? Il y a tant de chose à amorcer alors que mon ambition oscille avec le doute. J'ai le goût de la vengeance au bord des lèvres mais devenir dominant n'est pas une mince à faire et oui de temps en temps je me demande si je vais avoir les épaules assez larges pour supporter ce rôle. Suis-je réellement fait pour veiller sur un troupeau alors que j'ai toujours connus la solitude ? Je me suis toujours battus pour les gens que j'aime et je donnerais ma vie sans hésitation pour Fifa, mais est-ce suffisant ? Le pluie me rend toujours morne ce n'est pas croyable.

J'entends brusquement le bruit sourd de la boue retourné et éclaboussé par des pas, des pas qui arrivent rapidement. Mon instinct se réveil brusquement alors que je m'éveil brusquement en apercevant une silhouette juste à ma hauteur. Dans ma précipitation je heurte le tronc d'arbre de ma croupe qui fait trembler le feuillage qui lâche sans pitié ses gouttes d'eau à peine retenus. Je ronfle profondément des naseaux, un peu secoué par se brusque réveil … Ca m'apprendra à m'endormir n'importe où ! Je pose mon attention sur l'âme égarée face à moi, il était menue et pas réellement dans les normes, mais c'est bien des détails don je ne m'embarrasse pas étant donné que moi-même je suis une abomination de la nature. L'étranger avait l'air totalement traumatisé d'être face à moi, aurait-il préféré le spectre d'une dame du lac ? Ne suis-je pas sensé être un futur dominant ? Tout le monde devrait me connaître. Je lui adresse malgré moi une mine grise finissant par souffler.

- Pas de problème.

Je m'ébroue avec lassitude avant de jeter un œil par-delà le couvert de l'arbre où la pluie battait encore son plein. L'étranger avait l'air d'être du même avis car il finit par rester sous mon abris de fortune. Je n'ai rien contre les gens mais cette proximité étrange me laisse pensif. J'observe l'étranger sans réussir à mettre un âge sur ce corps difforme, jeune ou âgé ? Je ne saurais dire. Ce dernier finis par faire brusquement un pas en avant comme si j'étais entrain de faire un geste inconscient sauf que je n'ai pas bougé d'un poils depuis avant. Je hausse un sourcil perplexe avant que se dernier me balance une remarque.

Je le dévisage décontenancer par sa remarque, on m'en fait souvent sur ma couleur, voir tous le temps mais jamais sur mes autres attributs physiques comme ma taille ou mon gabarit plutôt large. Je bats des cils finissant par me dire pourquoi il me balance ce constat d'une façon si agressive, j'ai rien fais moi ! Je finis par hausser mes épaules.

Je le dévisage décontenancer par sa remarque, on m'en fait souvent sur ma couleur, voir tous le temps mais jamais sur mes autres attributs physiques comme ma taille ou mon gabarit plutôt large. Je bats des cils finissant par me dire pourquoi il me balance ce constat d'une façon si agressive, j'ai rien fais moi ! Je finis par hausser mes épaules.

- Je ne le suis pas plus que les autres, c'est surtout à mes origines que je dois cette fausse impression. Je laisse le silence s'installer un bref instant avant de le briser. Et bien vu que nous sommes coincé sous cet abris de fortune pour un moment je me permets de vous demandez d'où vous venez comme ça ? Vous êtes un peu apparus comme un spectre au beau milieu de nulle part.
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Ungo

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MessageSujet: Re: This is the time.   Dim 15 Oct 2017 - 19:08


Ungo ne voulait pas être méchant. D’ailleurs, il ne l’était que rarement et seulement vis-à-vis des personnes qui méritaient ce genre de traitement. Ils étaient bien peu. Le petit étalon ne se donnait généralement pas la peine de se mettre en colère contre des inconnus et les gens qu’il connaissait se comptaient sur ses sabots. Quatre pauvres âmes dont trois auxquelles il n’avait plus adressé la parole depuis deux ans.
Était-il un pacifiste ? Il n’oserait le dire. Quand les autres hurlaient leurs mensonges à ses oreilles, il sentaient la haine monter en lui, inonder son cœur et brûler ses veines. Oui, il avait parfois envie de mordre, frapper et tuer. Non, il ne le ferait sans doute jamais. S’il ne s’abandonnait pas à sa colère, c’était sûrement à cause d’elle : la petite fille aux grands yeux.
Elle s’énervait toujours si rapidement. Bondissant sur ses petits pieds, les poings serrés de rage, elle tentait en vain de blesser ses victimes sans que celles-ci ne soient jamais au courant. La voir se donner tant de mal pour rien l’amusait et calmait le magma qui bouillait en lui. Ainsi Ungo laissait-il ses mauvais sentiments s’échapper.

Le petit étalon ne voulait pas être méchant, mais l’agressivité lui avait échappé sans qu’il ne puisse la retenir. Elle n’était pas tournée contre l’inconnu. C’était contre lui-même et un peu contre elle, que Ungo s’énervait. Il s’en voulait d’être assez bête pour ne pas séparer ses « visions » de la réalité et il lui en voulait de toujours tout faire pour l’intéresser.
Son constat, cependant, restait valable et véritable. L’inconnu était grand. Très grand. Bien plus grand que ne l’était Ungo et son corps frêle. Il eut beau dire le contraire, le petit étalon savait ce qu’il voyait et ce qu’il était. Il ne prit donc pas la peine de répondre. Si l’autre était persuadé de ce qu’il disait, eh bien, soit. Il n’allait pas le contredire. Qui savait ce que le blanc était capable de faire si on l’accusait de mensonge ? Ungo ne voulait pas mourir pour une idiotie de cette sorte. Il ne se fourvoyait pas inutilement : si le géant le frappait, que pourrait-il faire pour se défendre ? Il mourrait, assurément.

Un spectre, répéta-t-il quelque peu hébété par le terme employé.

L’étalon sombre baissa le regard et le glissa sur l’herbe mouillée, prenant le temps de la réflexion. Quand il accrocha la lueur blanchâtre des petits pieds de l’enfant, il releva les yeux et admira le balancement de ses cheveux dans une brise qui n’existait pas. C’était elle, le spectre qui l’avait mené ici. Lui n’était que l’ombre idiote qui avait suivi.

Je n’en ai pas la moindre idée, avoua-t-il en vrillant les deux puits sans fond qu’il avait pour œil, dans ceux de l’inconnu. J’ai marché sans regarder et je me suis perdu. Quand je suis revenu à moi, j’étais ici.

Ungo fit une pause pour prendre le temps d’observer d’un œil inquiet le branchage de l’arbre qui leur servait d’abri. Il n’était pas expert, lui qui préférait s’en tenir loin, mais les feuilles lui semblaient trop lourdes de pluie. Le petit étalon n’avait aucun espoir que l’eau cesse de couler, il connaissait cet endroit et savait que cela n’arriverait jamais. En revanche, il gardait l’espoir que l’intensité de l’orage se calme assez pour qu’il s’échappe d’ici. Aurait-il le temps d’attendre sous cet arbre ou son plan était-il voué à l’échec ?
La petite fille explosa de rire en disant qu’il n’aurait qu’à se cacher sous le géant, le moment venu. Ungo lui glissa un regard en coin, content qu’elle ait bougé pour que son geste paraisse moins suspect, et esquissa un sourire discret. Ce n’était assurément pas prévu dans son plan B.

Je vous ai aperçu de loin et c’est justement pour cela que je vous ai pris : un spectre. Mais vous n’en êtes pas un, vous n’avez donc pas atterri ici d’un seul coup. Vous aussi, vous vous êtes perdu ou c’est de votre propre volonté que vous vous êtes jeté sous une telle pluie ?
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