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 L'Assoiffé. [PV]

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Shiro
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MessageSujet: L'Assoiffé. [PV]   Sam 15 Juil 2017 - 2:56

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L'Assoiffé
Ah, il était devenu riche. Il était devenu riche et il s'était encore enrichi, ces derniers jours. Il avait acquis tout ce sable. Tout le sable d'un désert doit bien valoir tous les raisins d'une grappe ; il était donc immensément riche, et si son tombeau de sable se refermait sur lui pour l'engloutir il s'enrichirait encore plus, parce que quelqu'un qui n'a rien et qui apprend quelque chose est certainement l'homme le plus riche sur terre. Il apprendrait la mort. Il apprendrait la loi du désert.

Le fait était qu'il ne cessait de tout perdre ; mère, frère, père, terres, baumes pour apaiser les blessures. Et maintenant il ne lui restait que deux paires d'yeux, deux oreilles, quatre jambes pour avancer en ce monde avec toute la détermination du mendiant qui a besoin de sa voix pour réclamer en gueulant un peu d'or, et un peu moins de son corps pour tout le reste.

Il avait grandi entre les toiles d'araignées et les souvenirs de ceux qui avaient vécu là avant lui. Aussi était-il devenu filiforme, étrangement similaire à ceux qui l'avaient engendré et pourtant différent, une plante à laquelle on a imposé un tuteur et qui cependant s'évertue à se libérer, tentaculaire, terrifiante, préférant se ratatiner sur elle-même plutôt que de pousser droit. Il était apatride. Il marchait sans prendre de virages, et s'il avait eu des souliers ils auraient été troués. Il ne regardait pas derrière lui. Il n'aurait rencontré que son ombre et la certitude d'être suivi par les Corybantes fêtant sa maturité et son départ pour une guerre sainte dans les contrées lointaines. Il aurait pu en provoquer une, de guerre. Cela se faisait rapidement. Mais il n'avait jamais eu l'âme d'un général, et encore moins celle d'un empereur. Son père le lui avait répété, dans les profondeurs de la maison abandonnée, là où les mots deviennent des murmures et les yeux se creusent : " tu ne me succéderas jamais, Shiro..." Et il ne succéderait à personne. Il n'avait plus de toit non plus. Il vivait sur un grand chemin. Un chemin qui devenait de plus en plus vaste, de plus en plus flou, de plus en plus aride.

Ne demandez pas à un désert votre chemin. Le désert ne produit pas d'écho, mais seulement un silence retentissant. Le désert est un endroit à la fois merveilleux et trop réaliste. Il capture au creux de son sein les imprudents avec des illusions colorées ; des oasis aux milles jouissances où ploient les dattiers, où l'eau glousse comme si elle avait du courant pour emporter les soucis. Son enfant reposé contre sa poitrine, gavé de mirages, dormant les lèvres entrouvertes sur la promesse du bonheur, le désert referme ses griffes sur le coeur qui bat et enfonce, enfonce, enfonce, jusqu'à tenir au creux de sa paume les ventricules encore battantes. Puis il se repaît avec délectation de celui qu'il a piégé. On ne peut pas faire confiance à un désert. Le vent vous indique le Sud, le soleil le Nord ; le sable susurre sous vos pieds que vous devriez aller à l'Est, tandis que votre soif vous dicte de poursuivre votre route vers l'Ouest, là d'où vous venez et là que vous avez quitté avec des injures. Là, là et là. Tout se ressemble. Les dunes à peine définies sont des courbes féminines qu'il piétine avec toute la rage d'un adolescent qui n'a pas de chair à étreindre. Le soleil est une orbe impitoyable, un oeil furieux qui fixe l'impudent marcheur comme s'il espérait qu'à force de le condamner silencieusement ce dernier finirait par se mettre de lui-même à genoux, offrant le cou au couperet, le coeur aux griffes, le corps au sable qui gratte, gratte effroyablement. Shiro n'aime que ce qu'il a connu. Shiro n'aime que les maisons aux fantômes familiers, les ruisseaux dont les profondeurs recèlent de crânes rieurs, les vergers dont les poires s'écrasent au sol, trop mûres, dans un rond d'aconits.

Shiro aime le danger qu'il a apprivoisé avec ses dents. Qu'il a combattu jusqu'à ce qu'il devienne son allié. Jusqu'à ce que les spectres deviennent des ombres, jusqu'à ce que le courant le berce au lieu de l'emporter, jusqu'à ce que le poison ne soit qu'un goût amer sur sa langue. Shiro n'aime pas ce danger là ; le danger d'oublier qui il est loin de où il vient, perdu dans des kilomètres de sable, sans que rien ne change jamais. Rien ne bouge, dans un désert. Le moindre mouvement finit effacé. La marque du temps n'existe pas. La nuit tombe comme un voile sur le visage d'une veuve ; subitement et lourdement.  Il a connu une nuit dans ce désert. Elle était violette, froide, trop courte. Il s'est éveillé avec la sensation de ne jamais s'être endormi. Il ignore quelle heure il est, il sait juste qu'il y a une heure, et une immensité alentour qui guette, attend le moindre chancellement pour se jeter sur lui et recouvrir ses paupières des deux paumes fraîches, osseuses, du sommeil éternel.

La soif était auparavant sur sa langue, elle est à présent au fond de sa gorge. Elle gronde sourdement, comme un puits abandonné dont la corde grince, menaçant de s'effriter jusqu'au dernier fil. Il renverse la tête en arrière et il pousse un râle, les yeux révulsés. Il se dirait proche de la mort s'il connaissait cette dernière. Mais il ne la connaît pas, et il ne souhaite pas la connaître bientôt. Aussi se ressaisit-il alors qu'il esquisse un nouveau pas, le corps effleuré par des rayons dorés qui se baladent sur son pelage noir, le lustrent, lui donnent l'allure d'un petit prince déchu qui a emmené avec lui, par orgueil, tous ses joyaux rares. Et c'est peut-être ce qu'il aurait fait, s'il avait été humain. La tête haute, quelques bibelots abîmés par les âges sous les bras, emportant dans son exil les souvenirs de la maison hantée, de son enfance passée avec des hommes disparus à une autre époque, qui l'ont formé, ont fait de lui l'être filandreux, la plante aux racines entortillées.

Qu'avait-il connu ? Pas grand chose. Il n'avait jamais cherché à connaître intimement autre chose que lui-même, et parfois ses propres profondeurs lui demeuraient interdites. A présent, il connaissait son ancienne maison aux rideaux mités, une part de soi, et cet interminable désert. Il avait eu soif partout ; soif d'aventure cloîtré entre quatre murs, soif de reconnaissance engoncé dans son propre squelette, soif d'échappatoire dans cette prison de sable.

Shiro s'arrêta. Il se promit que cela ne durerait qu'un instant. Il baissa la tête, haleta. Une goutte de sueur roula le long de son encolure pour se précipiter vers le vide. A travers ses yeux brûlants, les prochains kilomètres semblaient flous, des lignes sur des lignes tordues, mouvantes, angoissantes. Quelque chose bougeait plus, néanmoins, que ces frontières trompeuses. L'étalon baissa les yeux sur ses propres sabots. Il ne voulait pas regarder en face son premier mirage. Ce serait de l'eau, comme le désert en promettait toujours ; et il n'avait pas soif de promesses vides.
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Hyuna'

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MessageSujet: Re: L'Assoiffé. [PV]   Sam 15 Juil 2017 - 22:16


       

  • Hyuna'

    Le désert, cette étendue difforme et nuisible. Tout était orange ou bleu, chaleur et lointains reflets. Des dunes encore et encore. Aucune végétation, que des ossements laissés par-ci par-là par de malheureux êtres. Depuis le temps ceux de sa mère devait être plus qu’ensevelis, mais les dunes bougent tant, de jours en jours, peut-être alors que les prochains qu’elle croiserait serait ceux d’Hypocamp’, de la belle, magnifique maman grise. Oui elle avait bien fait de venir ici dans les premiers temps. Imaginons qu’elle meurt ici, à quoi bon alors avoir visité le reste du territoire comme une âme errante.      

    De toute façon, disons le clairement, Hyuna’ ne mourrait jamais. Elle pourrait bien passer un an ici qu’elle en ressortirait vivante. Ce sable, ces foutus grains de sable ne l’avaient pas abattue la première fois, alors il ne l’aurait jamais. Elle était venue à la fraîche et l’air était déjà chaud. Montant les côtes de sables sans craindre de s’épuiser, poussant fort des postérieurs. Les descendants presque sur le cul. Bientôt les dunes laissèrent place à une étendue plane et sans fin. Et elle avait dans l’idée de traverser ce désert de fond en comble. Traçant une ligne droite. Si elle devait rencontrer un arbre, elle le déracinerait pour ne pas dévier. Si elle croisait une Ocëan Pearl, elle en ferait un tapis. Un tapis tout rêche et fripé. Être dans cet endroit si mal nommé : Désert de l’oubli, la bonne blague ; ravivait son esprit de vengeance déjà pas mal affûté.  

    Elle se vengerait et aucune plage rousse ne l’empêcherait d’occire ou d’aider à faire mettre les quatre fers à la pie dans sa tombe. Bien sûr il faudra qu’elle reste intacte, comme ça son papa ne rompra aucune promesse. Elle ne se blesserait pas, elle ne mourrait pas. Elle ne mettrait pas de tâche sur la conscience à son père chéri. L’hellébore. Quelle leçon voulait il qu’elle en retienne. Le double sens surement. Il ne voulait tout de même pas qu’elle soigne son ennemie. Celle qui avait tuée sa mère ici même. Elle y réfléchirait plus tard.  

    Toutes les routes mènent à Rome et cela tombait plutôt bien, elle allait au Golfe. Elle devait être là depuis plusieurs heures maintenant le soleil devenait plus fort. Plus suant. Plus imposant sur son dos noir.  Le pays du soleil pour une jument noire, pas étonnant que la princesse soit blanche. Elle aperçut une tâche plus loin, aussi noire qu’elle. Non. Plus encore. Noir. Comme la cendre, dans une chaleur chaude comme la braise, quelle ironie. Il avait l’air, perdu. Et on aurait dit, son père. Dès que la réflexion se fit en elle, ses membres cessèrent de lui obéir et elle partit telle une flèche sur sa cible. En hurlant un espèce de papa !!! Mi joyeux mi étonné. Elle lui mettrait bien un coup de sabot au cul. Ne devait-il pas allait à la plage ? c'était ça sa plage ? Elle freina, envoyant valser du sable en plein sur l’étalon qui n’était assurément pas son père, mais qui en portait tout de même les traits. Et qui n’avait pas l’air en grande forme. Alors, voyons voir … Quelqu’un qui lui ressemble trop pour qu’elle ne pense un seul instant à le draguer.

    - Salut !! Toi tu dois être celui que je ne peux assurément pas confondre avec un étalon avec qui je m’entendrais trop intimement.

    Oui, voilà, son frère. Mais que faisait toute sa famille à arpenter les trompeuses. Ce frère-là papa avait l’air de l’aimer plutôt bien. Et de toute façon elle comptait s’entendre avec le reste sa famille.

    - Shiro c’est bien ça ! ? Moi c’est Hyuna’, la fille de papa et D’Hypocamp’ !!

    Voilà comme ça si jamais il n’était pas au courant elle venait de rajouter une branche à l’arbre de sa famille.  

    - Mais qu’est-ce que tu fais là ! On n’a pas idée de traîner ici franchement ! C’est du suicide, physique, moral et social !

    Où la petite sœur qui fait la leçon alors qu’elle était tout aussi bien placé, juste moins usée par le désert pour l’instant. Et si jamais ce n’était pas son frère et bien elle aviserait.



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Shiro
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MessageSujet: Re: L'Assoiffé. [PV]   Dim 16 Juil 2017 - 5:45

[Vous devez être inscrit et connecté pour voir ce lien] souffle de vent. Les illusions venaient l'effleurer avec les mains du réalisme. Il n'y avait pas de vent, dans le désert, sauf la nuit durant laquelle son haleine froide venait hérisser la nuque, s'immiscer dans les rêves, les remplir de souvenirs plus vieux que le dormeur, plus vieux que le monde, sempiternels et pour toujours gravés sous les paupières des insomnies suivantes. Et pourtant, il sentait une brise et il entendait aussi comme le fracassement de pas sur le sable, comme si le mirage allait venir à lui, lui relever la tête et sourire de toutes ses dents devant sa gorge asséchée, promettant mille boissons et mille bonheurs mensongers. Il demeura les yeux obstinément cloués au sol, comme il l'avait toujours fait lorsqu'il fallait chasser un cauchemar. Personne ne ne lui avait appris. Il avait su seul comment chasser la peur, les terreurs nocturnes. Il était plus fort grâce à cela, et plus faible. Isolé, éloigné de bras qui auraient pu le rassurer, recroquevillé sous le voile de la nuit en serrant contre lui son chagrin jusqu'à l'avoir complètement étouffé.

Une volée de sable se souleva et se jeta sur lui. L'étalon releva la tête, pas assez fou pour rester immobile alors que les grains pénétraient dans ses yeux, et il poussa un hennissement qui mélangeait choc et indignation. Il détourna le regard de la forme noire et floue qu'il apercevait entre ses cils pour tousser, s'ébrouer, manquant de tomber du haut de la dune dans sa panique. Il chancela jusqu'à cette dernière, plissa les yeux pour tenter de la discerner, puis repartit dans une autre volée de toux. Pendant un instant, il avait cru voir un mélange de son père et de sa mère et il aurait préféré s'étouffer que de mourir de soif, hanté par l'hybride chimérique de ce qui avaient été ses parents. Il toussa une dernière fois. Ses yeux avaient rougis à cause du sable, et ce dernier commençait à brûler et gratter furieusement partout où il s'était immiscé. Il ne reviendrait jamais dans le désert. Le désert le voulait mort, mais il n'accepterait pas cette mort là. Pas de mort illusoire dans les entrailles d'un tombeau empoussiéré, loin de tout ce qu'il avait connu, chéri. Cela avait été peu. Est-ce que ça donnerait de la peine à quelqu'un, qu'il ait peu aimé ? Fallait-il s'attendre à de la douleur, s'il ne sortait pas du désert ? On ne choisissait pas sa propre mort, après tout. Cette dernière vous soulevait toujours au moment inattendu, ne vous donnait que rarement la chance de penser à vos derniers mots.

Des mots. Ils résonnèrent dans le silence qui avait suivi sa quinte de toux. Shiro fit volte-face, manqua de rentrer dans une jument noire habillée de longues chaussettes blanches. Il la regarda avec ses yeux rouges, révulsés. Sa mâchoire se décrocha. Il mit un long laps de temps à retrouver sa voix, perdue après des jours sans parole, et aussi perdue parce que ce que lui disait ce qu'il avait pris pour un mirage était encore plus absurde que ce que son imagination aurait pu inventer.

" Trop... Intimement..."

Il préféra partir dans une nouvelle volée de toux, puis s'ébroua une nouvelle fois. Il la voyait correctement, maintenant. Elle était réelle. Familière, mais complètement inconnue à la fois.

Papa. Un mot étrange. Il ne l'avait jamais entendu prononcer par quiconque d'autre que lui-même, dans sa jeunesse. Papa était devenu Sorrow depuis longtemps. Il avait rarement un nom. Plus souvent devenait-il une ombre dans son esprit, rappelée à son souvenir par sa réflexion brouillée dans une flaque d'eau trouble.

" Hyuna' ? " répéta-t-il, comme pour s'habituer au son de ce prénom-là.

Elle lui demanda pourquoi il tentait de se suicider. Il songea à la déchirure qui l'avait fendu en deux lorsqu'il avait du quitter sa maison, sa patrie, tout ce qu'il aimait. Ses yeux se plissèrent. La colère retomba, tuée par la soif qui ne le laissait pas ressentir les émotions fortes trop longtemps. Hyuna'. La fille de son papa. Oui, il l'avait entraperçue brièvement. Alors que son père la guidait vers la sortie, et l'emmenait loin des terres d'Horse-Wild. Ils étaient opposés en tout ; là où Shiro avait grandi isolé dans la maison, elle avait été emmenée plus loin pour connaître le monde extérieur. Deux parallèles qui avaient trouvé le moyen de se rencontrer. Dans un désert.

" Je pourrais te retourner la question ! " toussa-t-il plus qu'il ne cracha, plein d'un peu de morgue juvénile, " Je suis Shiro. "

Son identité était sortie facilement, cette fois.

" Je t'ai prise pour un mirage. "

C'était sorti tout seul. Il la détailla.

" Mais la plupart des illusions sont censées être agréables. "

Un peu ironique.
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Hyuna'

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MessageSujet: Re: L'Assoiffé. [PV]   Lun 17 Juil 2017 - 13:43


       

  • Hyuna'

    C’était du suicide moral pour elle aussi. Elle ne se laisserait pas avoir par ce désert. Pour l’instant elle observait l’étalon, son frère. Le pauvre, elle lui en avait mis plein les yeux, éblouissante Hyuna’. Cela  ressemblait peut être plus à une attaque frontal qu’à un bonjour citoyen. Et au vu de toutes les rencontres qu’elle avait faites depuis sa pas tendre enfance, les rencontres conventionnelles devant une tasse de thé n’étaient pas dans son répertoire. La première elle l’avait faite avec la vie, sa  mère, son père. Dans le froid en ayant chaud. Dans le noir sous une lune rayonnante. Sa naissance était comme elle, pleine d’opposé et de contradiction.

    Et la couleur de ce sable était de trop dans la composition. Elle, il ne lui convenait que le noir ou son contraire, le blanc. Ce roux, ce sable, ce désert. Elle était là la fissure dans la mélodie. Un grain avait dû l’enrailler le mécanisme. Peut-être que c’était cela que son géniteur avait entendu. La fausse note arrivée bien trop vite. Sa deuxième rencontre. La mort. Ocëan Pearl. Après avoir fait connaissance avec l’amour, la sécurité et la vie tout autre rendez-vous qu’avec la haine et la peur aurait fait pâle figure à la déesse des antonymes. Aujourd’hui elle vaincrait cet orange. Ainsi il y aurait un point partout, mais elle ne resterait pas sur un match nul.

    Apparemment son frère n’aimait pas le roux non plus vu toutes les expressions qui passaient sur son visage. Il s’en fut de peu pour qu’il lui rentre dedans. Crachant ses poumons à deux pas d’elle. Elle eut un air plus inquiet inscrit sur son visage, il n’allait quand même pas trépasser ici. Enfin ailleurs non plus d’ailleurs, mais encore moins ici, il n’en aurait pas le droit. Est-ce que c’était elle qui l’avait choqué à ce point ? Ce n’était pas l’intention.

    -  Hey ça va ? !

    Hyuna’, la dernière personne à avoir prononcé son nom ici était sa mère. Avant de mourir. Son regard courut sur les dunes, ce paysage bougeant. Où cela s’était-il passé ? Combien d’années, quatre. Quatre cycles de saison s’étaient déroulés depuis. La tristesse ne l’emporterait pas, elle l’avait décidé avant de franchir la première montagne de sable. Mais les souvenirs sont persistants. Et plus on les fuit, plus ils remontent. Piquant. Comme des cactus. Amer.
    Il est Shiro, oui elle l’avait deviné. Par contre, elle était loin d’être un mirage, le seul mirage ici c’était les souvenirs qui venaient et partait comme l’écho d’un triste présage. Elle ne se laisserait pas atteindre. Elle eut un sourire lorsqu’il lui fit remarquer que son entrée n’avait pas été agréable. Sourire facile.

    - C’était plus une affirmation qu’une question tu sais. Un constat et vu les poumons que tu viens de cracher, j’ai pas  tord !


    Elle jeta un regard de là où elle venait, elle avait dévié, il fallait se remettre sur sa ligne et continuer. Il avait toujours l’air assoiffé et de toute façon elle n’avait pas croisée d’eau dans l’autre sens.

    Effectivement, si lui avait suicidé son physique, elle s’était son moral qui allait partir en chute libre si elle ne le retenait pas. Foutu désert. Il fallait qu’elle pense à quelque chose de particulièrement marrant.

    - Personnellement je retiens mon moral du gouffre. Mais penser à une princesse aux lauriers devrait plutôt bien l’attacher à ma bicoque. Fit-elle levant les yeux vers le ciel, défiante, retrouvant ainsi toute son entrain coutumier .  

    Elle avait de quoi sourire et de quoi rire, avoir rencontré ce dieu fait pour enfiler des tutus était une source intarissable de joie. Vraiment opportun avant de franchir ce désert.  

    - Par contre je ne suis pas sûr que cela marche pour toi. Il te faudrait plutôt une oasis qui ne serait pas un mirage et si cela pouvait être de surcroît plus agréable qu’une petite sœur qui parle de sexe en guise de prémisse lors d’une première rencontre. Éblouissante, requinquée et taquine.  

    Sale gosse. Oui la bonne humeur était de retour. Ça lui apprendrait au grand frère à lui dire qu’elle n’était pas agréable. Elle garderait ses penchants négatifs pour d’autres retrouvailles. Celles qui ont la couleur du sol du sang et de la pie.

    - Mais on peut faire en sorte de garder notre social du suicide total et chercher de quoi nous rafraîchir par là. Tu vas être un très bon remède pour mon moral et si ton physique lâche, je promets de te traîner jusqu’à la plus mince goutte d’eau.


    Promesse qu’elle espérait bien ne pas avoir à tenir car elle aurait un mal fou à le tirer sur des kilomètres. Il était plus grand et plus lourd qu’elle forcement. Elle avait fait un petit signe de tête dans direction qu’elle poursuivait, elle ne comptait vraiment pas dérouter.

    - Au fait ! Tu vas pas me la faire à la papa ! Qu’est-ce que tu fiches dans ce désert ? Si tu cherches papa il est parti à la plage, mais pas celle-là.

    Nan, car si c’était un truc de famille d’esquiver les réponses il faudrait qu’elle se fasse encore plu têtue.




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Shiro
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MessageSujet: Re: L'Assoiffé. [PV]   Jeu 20 Juil 2017 - 22:30


« Amer savoir, celui qu’on tire du voyage !
Le monde, monotone et petit, aujourd’hui,
Hier, demain, toujours, nous fait voir notre image :
Une oasis d’horreur dans un désert d’ennui ! »
(Charles Baudelaire)

Les dunes brûlantes ondulaient, dansant sous la chaleur qui les caressaient du plat de la main. Le sable présentait le dos rond d’un chat enjôleur. Shiro avait l’impression d’avaler du verre pilé lorsqu’il déglutissait. Cela rappelait irrésistiblement à sa mémoire un souvenir à moitié effacé par une vague d’eau salée ; celui d’un voyage sur une plage lorsqu’il avait été jeune et étourdi, voyage durant lequel il avait trouvé un éclat de verre de mer azur(e), qu’il avait chéri comme le plus beau des trésors… Pour les enfants, les trésors sont toujours trouvés… Avait-il été seul, ou avait-il été accompagné ? Seul le verre remontait à la surface de son esprit, et venait se planter à présent dans la chair de sa gorge…

La présence de sa sœur demeurait incertaine, comme si elle était vraiment là mais aussi ailleurs, un pied dans la réalité et un autre dans son imagination. Elle était déformée par la cruauté de l’endroit qui lui prêtait un air à la fois terrible et ravissant, à moitié menace et à moitié consolation, ses longues balzanes blanches éclaboussées par le sable roux qui collait, collait, s’obstinait à rentrer partout. Elle était noire comme lui. Un peu blanche aux extrémités. Sa posture et l’éclat de son œil bravache dévoilaient qu’elle était encore jeune mais déjà un peu reine, de son monde et de celui des autres.

Ses yeux se posèrent sur le sable, il lui sembla qu’il avait le tournis. Son cerveau s’attacha à une de ces pensées hagardes qui semblent trébucher jusqu’au siège de votre conscience pour s’y affaler, les yeux immenses, toujours interrogatrices : poussé par la soif insoutenable et ayant atteint les limites de la cohérence, là où ciel et terre se renversent pour se joindre, un fou avait-il tenté d’apaiser sa gorge en avalant une gorgée de ce sable brûlant ? Avait-il senti les grains s’immiscer un par un dans son corps, chacun s’égarant dans un nouvel organe pour le coloniser et ne jamais lui laisser oublier cette sensation, infime mais insupportable, d’être ? Le corps étranger qui aurait poursuivi le malheureux même s’il avait réussi à s’arracher au désert. Le rappel intérieur collé aux poumons, implanté dans les boyaux, ancré dans le cœur, que la mort s’était penchée sur cette âme avec un air avide, l’avait même certainement effleurée du doigt comme on ne peut résister l’envie de frotter du bout de l’ongle la suie.

Shiro chancela à nouveau. Il exhala un peu d’air qui lui parut brûlant, s’accrocha à la silhouette de Hyuna’ pour tenter de s’abreuver dans la présence salée d’un peu de réalité. Ses paupières devenaient lourdes. Que disait-elle ? Elle babillait comme une enfant, mais sa voix n’était pas aiguë, pas semblable à celle d’un oisillon réclamant la régurgitation de sa pitance ; non, elle était comme familière, les pincements de corde d’une chanson entendue brièvement durant l’enfance et qui resurgit pendant un moment désespéré, diversion salvatrice…

Il voulait rentrer chez lui. C’était la pensée qui accompagnait chacun de ses pas, et qui allongeait aujourd’hui encore son ombre sur le sable, comme si cette dernière tentait de se grandir jusqu’à avoir rejointe celle des lieux dans lesquels elle s’était cachée toutes ces années. Il y avait donc des ombres dans le désert ! Shiro fixa la sienne, hébété, avant d’enfin remarquer qu’elle tremblait là où elle rencontrait celle de Hyuna’, les transformant en une créature de ténèbres presque bicéphale aux contours frissonnants mais plaisamment solides. Il s’était presque attendu à ne pas retrouver son ombre.

« Ton moral… » répéta-t-il lentement, « Pourquoi ton moral… »

Il secoua la tête pour éclaircir son esprit. Ses yeux se posèrent sur Hyuna’, tellement vivante.

« Une princesse aux lauriers … »

Ses mots n’avaient pas plus de sens qu’avant. Shiro manqua de s’effondrer sur lui-même en faisant un pas sur le côté, mais il se retint, retrouva des réserves de force dans ses jambes tendues par l’effort. Il préféra entrouvrir la bouche pour espérer que l’air qui y entrerait apaiserait un peu les souffrances de sa gorge. Une princesse aux lauriers… Une princesse…

De l’eau, elle parlait d’eau à présent. Le noir redressa la tête, regarda le chemin qu’elle indiquait. Tout se ressemblait. La plus mince goutte d’eau… La plus mince goutte d’eau…

« Une larme ? » demanda-t-il, plus pour lui-même que pour elle. Il la dévisagea enfin, et malgré la joie qui se lisait sur ses traits il ne pouvait s’empêcher de penser que sous la surface il devait y avoir quelque chose d’autre, quelque chose qui grondait, une raison pour laquelle elle était là à cet instant précis, dans le désert de l’oubli…

L’oubli. Il n’avait rien oublié. Encore une fois, il força ses jambes à faire un pas, puis un deuxième, dans la direction qu’elle avait indiquée. Il était sûr qu’il n’y avait pas une goutte d’eau dans ce tombeau, mais elle lui avait promis qu’elle en trouverait. Qui sait, peut-être ses mots méritaient ils quelque chose. Il n’avait jamais considéré que les mots ont une grande valeur ; la conséquence d’une vie passée majoritairement dans le silence, à utiliser les sens avant les sons, à fuir les terribles déclarations comme celle qui avait tonné ; tu n’es plus ici chez toi…

« A la plage ? » demanda-t-il, interloqué. Il se tourna vers Hyuna’ pour vérifier qu’elle ne se moquait pas de lui. Peu d’images étaient aussi incongrues pour lui que l’ancien dominant piétinant l’écume. Ah, Sorrow avait dut être jeune, lui aussi. Jeune et amoureux. Quelle idée ! Shiro n’avait connu aucune précocité. Il vivait même dans un retard permanent. Il ne cessait de rater une marche et d’hésiter à pousser la poignée de la porte qui le mènerait à l’existence comme on l’entend dans la bouche des autres ; amour, famille, enfants… Il n’avait connu que la stabilité d’une maison qui soit sienne. D’ailleurs, la normalité ne l’attirait pas. Il laisserait cette dernière aux perles blanches. Avait-on déjà trouvé des perles bicolores dans une huître ? Querouane, huître éventrée, béante, un peu béate. A la chair tendre que son père avait englouti d’une seule gorgée.

Physique et moral. Ils étaient facilement devenus les deux aspects d’un même être. Elle serait le corps sain et il serait l’esprit sain. Mais son esprit lui paraissait toujours comme irrigué par le sang vicié de la rancœur… Les vagues salées…

« Je ne cherche pas mon père, » trancha-t-il, « Je ne m’inquiète pas pour lui. Non, je cherche… »

Et il s’arrêta brutalement, les dunes devant lui mouvant toujours, le sable glissant murmurant des promesses de mort en chutant jusqu’en bas de la dune. Que cherchait-il ?

« Je cherchais un nouvel endroit où vivre, » croassa-t-il, la voix brisée, « Mais rien ne remplacera ce que j’ai connu. »

Il se remit en marche, mais pas avant de s’être tourné vers elle, un mince sourire aux lèvres :

« Tu me reproches un trait de famille, mais tu as toi-même éludé ma question. Que fais-tu ici ? Comment sais-tu où est Sorrow ? Depuis quand es-tu là ? Et que cherches-tu ? »

Un simulacre de vent se souleva aussi soudainement que le silence était tombé, et c’est sans applaudissements que dans la fosse du désert le sable tira sa révérence pour révéler la carcasse ensevelie d’un dromadaire, complétement rongée par l’astre solaire. Les os ne brillaient pas ; les os ne brillent pas mais sont toujours d’un blanc éclatant. La cage thoracique était ouverte comme une énorme fleur quémandant la rosée, saupoudrée d’encore un peu de sable roux qui chuchotait entre les côtes.

Shiro jeta un regard à sa demi-sœur. Ce n’était pas un bon présage.
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MessageSujet: Re: L'Assoiffé. [PV]   Dim 23 Juil 2017 - 23:41


       

  • Hyuna'

    Zeus. Celui-là avait plutôt intérêt à regarder celle qu’il avait mis au défi. Sa princesse aux lauriers, cette donzelle blanche. Par contre il était plutôt bien armée. Une Valkyrie alors. Blasphème. Traiter le dieu des dieux de guerrière vierge choisissant les êtres morts arme à la main pour les conduire au Walhalla, dans le royaume d’Odin. Et bien voilà qui aurait pu en froisser plus d’un. Quoique la rencontre entre les deux dieux des dieux auraient de quoi être des plus amusantes. La noire était partie plutôt loin là et il valait mieux qu’elle s’arrête là. Le soleil devait commencer à lui taper sérieusement sur le système pour qu’elle dérive ainsi.

    Et lui, l’autre noir, son frère, le désert aussi l’avait atteint, surement plus qu’elle, assurément. Depuis combien de temps était-il ici pour être dans cet état là.  Il parlait, il tanguait, n’avait-il pas tremblé ? Elle s’était rapprochée lorsqu’il avait chancelé, elle n’y pourrait pas grand-chose, mais si elle pouvait le soutenir en cas de perte d’équilibre ce serait toujours ça. Après tout n’avait elle pas apprit à soigner ? Les remèdes, les plantes, leurs vertus. Que pourrait-elle lui prescrire. Quelque chose de juteux pour le réhydrater un minimum, énergétique si possible. L’assèchement avait aussi dû jouer sur ses articulations, une plante qui le dérouillerait. Elle écouta son aîné tout en cherchant sa solution miracle. Qui serait d’ailleurs peine perdue car trouver une plante ici était déjà un miracle, alors trouver LA plante. Impossible.

    Ces phrases étaient courtes, il fallait qu’Hyuna’ se concentre sur ce qu’il disait sinon elle n’en piperait mot. Elle se mit en marche, restant non loin de lui. Une sœur poule. Oui son moral avait quelques piques, un peu comme les montagnes russes depuis qu’elle était entrée dans ce foutu désert de l’oubli. Mais elle n’oublierait pas de ne pas oublier sa princesse valkyrie. Et non elle ne verserait pas une seule larme de plus dans sur ce sable. Plus jamais. Elle lui trouverait de l’eau, mais cela ne serait pas l’eau salé-sucré de ses larmes. Avec les litres qu’elle avait déversés ici, elle secoua doucement la tête, avec ces litres-là il y avait de quoi remplir un lac et étancher leurs soif à tous les deux.

    Elle leva les yeux sur ce ciel brûlant, son moral avait à nouveau  besoin d’un coup de pouce et elle savait où trouver réparation. A l’idée un mince, infime sourire commencer déjà à l’effleurer.

    - Une Valkyrie je dirais même, mais Odin doit en être fier,  elle est plutôt bien misse.
     
    Merci Zeus. Elle pourrait lui bisser les sabots tellement sa lèvre tremblait de cette envie de rire. Pour répondre à son frère elle avait bien besoin de puiser dans cette ressource inestimable.

    - Je ne pleurerais pas sur ce sable. De toute façon il est avare et les larmes s’en vont en fumée avant même de toucher le sol.  

    La Grenade ! Tel Zeus et son éclair, la lumière se fit dans son esprit. Voilà ce qu’il lui fallait à son frère. Une bonne dose de jus de grenade, cela soigne tous les mots, un des fruits les plus sains sur terre ! L’arthrose, les inflammations, toutes sortes de problème musculaire même la mémoire. Une bonne cure de jus de grenade avait même des vertus sur l’érection. Il était là son produit miracle, mais elle ne le trouverait pas ici. En plus juteux pareillement, cela lui ferait le plus grand bien. Peine perdu ici. Cela avait l’air de le choquer que leur père soit à la plage. Pourquoi ne pourrait-il pas aller y faire un tour, après tout qui plus est, l’eau de mer est bonne pour les articulations et les tendons. Et l’air est l’un des plus sains à respirer avec celui de la montagne. Hyuna’ mode guérisseuse activée.

    Elle s’arrêta  avec une demi-seconde de retard. Il était fou de s’arrêter ainsi !  Un endroit où vivre … Elle n’allait pas lui proposer de vivre dans le désert, certes, mais cet associé que son père avait mentionné, après tout il pourrait l’être. Elle n’eut pas le temps de lui suggérer l’idée qu’il était tourné vers elle, dans une allure qui semblait celle d’un petit malin qui trouvait une pépite d’or. L’ensevelissant de question. Bien elle lui répondrait.

    - Un peu sec, mais t’es plutôt malin !

    Assoiffé, déshydraté, sec, du pareil au même. Elle se remit en marche aussi. Prête à répondre à toutes ses questions et à lui en poser tout autant, la bouche grande ouverte tout son mourût dans sa gorge à la vue des ossements. C’est à ça que devait ressembler sa mère maintenant, un tas d’os. Tantôt exposé au soleil tantôt aux ténèbres. Sa queue vient fouetter ses flans, comme une piqûre pour la rappeler. Non ce n’était pas sa mère, ce n’était même pas un cheval.  Elle ne sombrerait pas. Et ni elle, ni lui ne rejoindrait les nombreux squelettes du désert. Elle décrocha ses noisettes qui étaient restés bloqués sur le cadavre, fixant son frère. Il voulait des réponses, il en aurait.

    - Ce sable, cracha-t-elle en donnant un coup de sabot à l’insulté, recouvre aussi ma mère. Chaque mot était comme un mauvais traitement à prendre, amer avec une pointe de douleur retenue. Elle à était tuée ici. J’étais là. Et j’y suis à nouveau, je suis ici pour clore un livre.

    Clore une vie. Tuer, le mot avait un certain pesant qu’elle ne prononcerait pas. Qu’importe sa haine. Qu’importe la douleur. Elle se remit en marche, quittant ainsi Shiro du regard, repartant sur l’horizon. Le ciel. La princesse. Bien, cela fonctionnait encore.

    - J’ai croisée papa dans les Rocheuses, il va bien, elle prit un air de conspiratrice, tu lui diras pas, mais je crois que j’ai vu un poil blanc derrière son oreille. Dans ce désert j’y suis depuis la fraîche du matin et toi ?

    Ce n’était surement pas là sa question mais c’était là sa réponse.

    -     Je cherche à prendre ce territoire en main, à prouver à un dieu en tutu que j’en suis capable. Je cherche aussi un associé, enfin avant c’était un plutôt un amant capable, mais papa n’as pas apprécié l’idée. Alors du coup un bon associé. Ça te tente ?


    Non elle ne lui proposait pas un inceste ou quelque chose du genre. Encore fallait-il la suivre.

    - Petit conseil ; mange des grenades dès que tu peux. C’est bon pour tout plein de choses. Elle fini dans un murmure taquin. Et avec un peu de chance je serais vite tata.

    Sale gosse le retour.
     
     

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MessageSujet: Re: L'Assoiffé. [PV]   Lun 24 Juil 2017 - 0:46


Une valkyrie... Il commençait à avoir de sérieux doutes. Délirait-il ou était elle un peu dérangée ? Shiro dévisagea sa demi-soeur, comme si l'on pouvait trouver sur un visage les premières défigurations de la démence. Mais elle avait l'air parfaitement saine d'esprit, et plus vivace que lui qui marchait lentement, souffrant à chaque pas. Son sang battait contre ses tempes, murmurait une vieille mélodie, celle de la mort qui chantonne en approchant. Le noir s'arrêta, un bref instant. Il baissa la tête pour haleter. Sa vision se troubla, il craignit que ses propres larmes ne tombassent, perles de rage et de désespoir aussitôt évaporées.

Ils continuèrent leur marche. Cela commençait à ressembler à la dernière promenade d'un condamné. Il garda cette pensée là bien cachée au fond de son esprit, pour ne pas décourager sa sauveuse. Elle n'avait encore rien fait pour le sauver, mais il lui donnerait ce titre. Cela promettait pour l'avenir. Un avenir aveuglé par le soleil, un avenir de dunes interminables sans rien pour jeter de l'ombre, sans rien pour signifier que des frontières existaient. Était-ce ça, la vie ? Une longue traversée du désert ? Le noir aurait craché si sa bouche n'avait pas été complètement sèche. Il lui semblait que ses gencives finiraient par saigner tant ses dents s'enfonçaient dans la chair de sa bouche.

Il jeta un dernier regard aux restes du dromadaire, hanté déjà par cette vision qui le poursuivrait sûrement toute sa vie. Il entrouvrit la bouche, comme pour appeler les ossements et leur demander de se lever pour marcher avec eux, mais sa langue buta sur du vide. Il se contenta de détourner la tête, les yeux plissés, s'imaginant à sa place. Englouti par l'oubli, pour finalement être exhumé par la brise, un détail, une indication sinistre que l'endroit était mortel. Hostile. Shiro avait connu l'hostilité, les lieux qui sont destinés à demeurer vides mais que l'on colonise, dans lesquels on s'incruste comme un parasite. Le désert dévoilait ses souvenirs alors que la maison hantée affichait les siens, traversins et draps pliés, cadres photos couvés par les épeires diadème.

Elle donna un nouveau coup de sabot dans le sable, et Shiro poussa un cri d'indignation en esquivant la nouvelle marée qui menaçait de l'engloutir. Il allait se tourner vers elle pour lui reprocher son manque de discernement lorsqu'il saisit ses propos, les mots mourant immédiatement sur sa langue asséchée. Le noir s'était arrêté. Il la regarda longuement, pensivement, tentant de démêler les fils de ce qu'il avait connu. Il avait su qu'elle avait perdu sa mère, mais c'est dans la bouche des concernés que l'on prend souvent conscience de l'importance d'une mort. Quelque chose tomba sur sa poitrine, lourd et comme rouillé ; une tristesse qui ne lui appartenait pas.

Fermer un livre. Tourner une page. Il la regardait autrement, maintenant. Elle avait remplacé ses inepties par un venin brûlant. Elle tuerait donc ? Elle le pouvait ? Il n'aurait su le faire, n'aurait jamais pu vivre avec la mort dans son esprit, toujours lovée là à attendre pour se rappeler à son souvenir... Le meurtre. Qui méritait d'être fauché trop tôt ? Shiro avait une part de naïveté quelque part en lui qui le rendait averse à l'idée.

" Qui veux-tu tuer ? " demanda-t-il en un souffle, les yeux exorbités.

Elle s'était remise en marche. Il lui fallut quelques secondes de plus pour sortir de sa torpeur. Il la rattrapa à grandes enjambées. Tenta d'oublier ce qu'elle venait de lui dire, mais sa mémoire n'était décidément pas affectée par les lieux. Une meurtrière... Une future meurtrière...

" Qu'en pense mon père ? " lança-t-il malgré lui. Il tentait de se détacher de Sorrow, mais les choses revenaient trop souvent à lui. A ses sourires narquois. Ses opinions plus ou moins tranchées. Plus ou moins morales.

Comment pouvait-il juger ? Personne n'était mort, autour de lui. Ils avaient disparu. La disparition apporte son lot de peine. La conscience que l'autre existe mais loin des yeux, dans l'indifférence, vivant mais inaccessible.

Un sourire barra malgré lui sa figure alors qu'elle parlait à nouveau. Un poil blanc... Lui qui avait pris en aversion sa descendance immaculée.

Shiro détermina la position du soleil vite, pour éviter de brûler plus encore ses yeux. Le verdict tomba, lourd, insoutenable :

" J'entame ma deuxième journée. "

Des ambitieux, beaucoup d'ambitieux. Tu n'hériteras jamais, Shiro. Serait-il le seul à demeurer sans trône, sans royaume ? Se contenterait-il de cet entre-deux, le passé fixe et le futur mouvant, insatisfaisant, caractérisé par une vie de nomade qui ne lui convenait pas ? Il se demanda pourquoi elle désirait ceci. Si Sorrow l'y avait poussé. Qu'avait-elle dit ?

" Un dieu en tutu ? " répéta-t-il. Il avait l'impression de faire cela souvent ; il fallait dire que la façon de parler d'Hyuna' était à la fois directe et complètement mystérieuse. " Zeus ? Depuis quand fait-il de la danse classique ? "

Il ne pu retenir le nouveau sourire qui étira ses lèvres, mais demeura silencieux. Les yeux rivés sur l'horizon, il ruminait tout ce qu'elle avait dit jusque là.

" Tu me connais à peine. Qui dit que tu peux me faire confiance ? "

Qui disait qu'il pouvait avoir confiance en elle, à part le lien ténu du sang ? Ne voulait-elle pas tuer quelqu'un ? Ne possédait-elle pas de scrupules ? Mais rien sur son visage ne laissait présager qu'elle puisse tuer quelqu'un...

On ne pouvait deviner le meurtre dans le regard d'un autre. Pas puiser dans les prunelles tous les péchés qui s'y noyaient. Une pensée triste, affreuse, de savoir que l'on ne pouvait jamais vraiment connaître l'autre. Mais elle. Elle, elle se dépouillait sans crainte. Elle lui avait exposé toutes ses intentions sans aucune retenue. Et il avait peur de cette verve, de ce courage insensé. Qui était-elle ? La pouliche entrevue, tremblante, un soir où la nuit tombait ? Ou cette jument implacable sous le soleil de plomb ?

Et lui, associé ? Était-il seulement à la hauteur ? Devrait-il prendre part à ses plans de vengeance, s'il acceptait ? S'il avait eu de la salive, il aurait dégluti quelque chose d'amer, mais il se contenta de racler sa gorge sèche.

Il rougit, tapa du sabot dans le sable, un peu indigné. Tata ?! Tata ! Elle ne manquait pas de culot !

" Je ne suis pas certain de voir un jour autre chose que du sable ! " s'agaça-t-il, la colère déchirant sa gorge en deux. Il gâcha de l'énergie en envoyant valser lui-même un peu de sable, qui manqua de lui revenir à la figure.

Shiro regarda le sable en question. Puis il plissa des yeux. Scruta de petites marques, qui suivaient la courbe d'une dune...

" Un lézard est passé par là, " remarqua-t-il presque distraitement, trop choqué encore pour mesurer l'importance de sa découverte.

Il releva la tête. Puis ouvrit grand la bouche, pour crier :

" Il faut suivre ses traces ! "

Et sans attendre l'assentiment de sa compagne, il dévala aussitôt clopin-clopant la dune. Là-bas ! La bête glissait plus qu'elle ne courrait sur le sable. Elle les mènerait sans aucun doute à un point d'eau.
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MessageSujet: Re: L'Assoiffé. [PV]   Lun 24 Juil 2017 - 23:22


       

  • Hyuna'

    Le couperet tomba, ce mot qu’elle n’employait pas. Tuer. Il l’avait prononcé, sa phrase était claire, net et précise. La noire prenait que rarement la pleine possession et l’entière portée des mots. En règle général un mot était juste un lien dans une phrase, elle ne réfléchissait pas à l’importance qu’il pouvait avoir pour le reste du monde. Cela lui permettait de parler de tout sans y mettre les formes, d’où son tact sans forme. Lui donnant ainsi un certain contrôle sur elle-même. Lorsqu’ils étaient clairs et limpide, sans ambigüité comme ceux là, elle était obligée de réfléchir à leur véritable nature.

    Etait-elle vraiment capable de tuer ? Nourrir la terre d’un peu plus de sang qu’elle n’en aura vu depuis des millions d’années. Faire passer de vie à trépas. Elle avait toujours voulu retrouver la dominante, elle s’était toujours dit qu’elle se vengerait. Il n’y avait pourtant pas mille solutions pour venger le sang et la perte. Cela ne pouvait que se régler dans le sang et la même perte. Donnant-donnant. En avait-elle la capacité ? Si maintenant arrivait devant elle l’objet de sa haine, pourrait-elle la cracher si fort qu’elle aurait la force de la tuer sans regrets, aucun. Peut-être qu’elle serait paralysée comme une enfant devant celle qu’elle a toujours haï. Fuyant à toute jambe comme un lapin détale. Peut-être qu’elle s’enflammerait comme Rome. Aussi violente qu’une bombe incendiaire, aveuglée par une tempête de haine. Jouissant de sa vengeance comme Néron et sa harpe devant le feu. Rien n’été écrit.

    Les noirs de sa famille devaient vouloir réveiller sa conscience, ils avaient cette tendance à redorer les mots de leurs significations. Les lui jetant en pleine face. Ce n’était pas agréable de se faire rappeler à l’ordre. Car oui les mots de son frère étaient un rappel, elle avait bien oublié ce qu’elle voulait dans ce désert. La promesse de ses parents, l’Hellebore. La désapprobation qu’elle avait ressentie venant de son père. Mais il était tellement vague, tout en étant extrêmement clair. Elle en avait conclu ce qui l’arrangeait. Il ne fallait pas qu’elle se blesse, un combat blesse. Le problème était là. Cette promesse n’était qu’à eux ! Pourquoi fallait-il qu’elle en soit aussi responsable. Hyuna’ ne savait pas si elle devait vraiment se souvenir de la conversation avec son père. La conclusion n’allait pas avec le lieu dans lequel elle se trouvait.

    Elle était tellement partie dans ses réflexions, dans les brides de conversation qui lui revenait qu’elle n’avait pas le temps de lui répondre avant qu’il enchaine. Il n’était pourtant pas des plus vivaces en énergie, mais son cerveau devait être plus logique que celui de la noire. Car elle ne voyait aucune raison de ne pas faire confiance à quelqu’un. Elle était du genre à faire confiance à tout le monde, elle aurait même fait confiance à Ocëan Pearl si celle-ci lui promettait quelque chose. Peut-être.

    Pour quelqu’un qui ne voyait pas autre chose que du sable la seconde d’avant, il détala tout de même comme une gazelle sans qu’elle n’ait vraiment le temps de comprendre ce qu’il se tramait. Elle n’avait pas eut le temps d’ouvrir la bouche qu’il était déjà loin. Partant à la poursuite d’un lézard ! Elle eut quelques grosses secondes de latence avant de bondir à son tour tel une sauterelle. Une sauterelle à la poursuite de son frère et d’un freluquet lézard. Elle les rattrapa assez vite, après avoir manqué de peu une gamelle monumentale. Essayant de déterminer où s’était ressourcé ce dernier pour vivre. Le paysage changea au contour d’une dune. Il y avait … de la végétation, des dattiers  à première vue. Et aussi une étendue d’eau. Cela devait être un mirage forcement.

    Elle jeta un regard à son frère il n’était pas aveugle et avait bien dû le voir aussi. Elle chargea ce qu’elle n’était pas tout à fait sûr d’être une véritable oasis, cela pouvait être son imagination. Si s’était le cas elle ne tarderait pas à s’écraser comme une bouse dans le sable. La noire était partie plein cul sur le petit étang faisant un plongeon spectaculaire dans l’eau. Plus qu’à espérer que celle-ci soit du genre profond. Elle fit un plat sur les flans en touchant la surface de l’eau. Effectivement elle n’avait pas pied. L’étang l’avala quelques secondes avant qu’elle ne remonte à la surface. Crachant un peu de liquide au passage. Elle reprit son souffle et cria à son frère ;

    - Tu vois ! Tu vois ! Tu voiisssssssssssss !

    Elle retourna sur la rive et s’étala comme une loque dans un mélange de boue, d’herbe et de sable. Elle n’avait pas bu, sauf la tasse. Suffisamment donc. Et maintenant qu’elle était plutôt certaine que son frère resterait en place elle pouvait repensait à ce qu’il avait dit. Essayer. Et il avait intérêt à s’accrocher car cela risquait d’être l’incarnation même du mot anarchie.

    - Tu pourras aller jusqu’à une troisième si tu le souhaites maintenant !  fit elle en riant. Il en pense qu’il a était clair en étant flou. L’ancienne dominante. Une histoire de guérir. Je pense qu’il a dû commencer en même temps que les diadèmes. Une jument pie. Pourquoi ne te ferais-je pas confiance ? Qu’il faut que je fasse un choix, que mes parents m’ont enchaînée avec une promesse qu’ils se sont faits et qu’il veut respecter. Je voulais me trouver une Querouane et papa m’as dit qu’un associé était mieux. Je ne risque pas de connaitre les autres si je ne leur donne pas tout de suite ma confiance, ce n’est pas en étant méfiante que je ferais des rencontres. Qu’il ne faut pas que je me fasse de mal. Qu’un associé est mieux qu’un plan cul. Et de l’Hellebore.

    Démerde-toi avec ça maintenant le frangin. Elle allongea son encolure sur le sol, fraîcheur vivifiante. Cela lui apprendrait à son frère à ne pas lui laissait le temps de lui répondre. Les yeux fermés un sourire malicieux figé sur la bouche.

     
     

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MessageSujet: Re: L'Assoiffé. [PV]   Mer 26 Juil 2017 - 22:52


Il galopa comme un fou, la langue hors de la bouche, les yeux rivés sur l'animal paniqué qui pensait à un prédateur affamé. Le lézard manqua de le semer. Derrière lui, Shiro entendait le galop étouffé par le sable de Hyuna'. Il ne se retourna pas pour voir si elle suivait. Préféra ralentir alors qu'il apercevait les contours d'une végétation presque luxuriante, autant que le désert peut le permettre.

Face à la promesse d'étancher sa soif, l'assoiffé demeure interdit, figé. Regrettera-t-il sa lente agonie ? L'approche de la mort n'éclaire-t-elle pas les plus étourdis avec un peu de sagesse ? Il n'eut pas le temps de réfléchir plus longtemps. Le lézard se faufilait entre deux touffes rêches d'herbe, et Hyuna' préférait se jeter dans l'eau pour vérifier qu'il n'y ait pas là hallucination. Sa chute l'éclaboussa complètement. Shiro, qui avait été recouvert deux fois par le sable, demeura encore interdit lorsqu'il se sentit recouvert des pieds à la tête d'eau. Il ne su que ressentir exactement. Colère ? Joie ? Stupeur ?

Finalement, un rire sortit de sa gorge. Long, douloureux, presque tremblant. Il aurait pleuré, mais ses yeux étaient secs. Ils avaient de l'eau. Elle venait de l'éclabousser. Il ne mourrait pas ici.

L'étalon fit deux pas pour se rapprocher de l'étendue d'eau un peu trouble, autour de laquelle on pouvait voir les nombreuses empreintes des quelques animaux qui survivaient dans ce milieu. Il baissa la tête, hésita une seconde de plus, puis bu deux longues gorgées. Elle était tiède, presque âcre. Elle avait un goût de vie.

Hyuna' vint s'écrouler à ses côtés. Il la contempla. Plissa des yeux. Leva son sabot. Et l'éclaboussa, histoire qu'elle soit plus détrempée qu'elle ne l'était déjà.

Grave erreur. L'eau la rendait encore plus incohérente. Ses propos étaient sans queue ni tête, et Shiro préféra retourner boire pour déconstruire tout ce qu'elle avait dit tranquillement. Après quatre longues gorgées, il daigna enfin lui prêter son attention.

" Tu veux tuer Ocëan Pearl ? Vraiment ? "

Ses yeux quittèrent son corps pour partir se perdre sur une dune. Il avait rencontré Fifa récemment. C'était donc pour cela qu'elle avait peur. Il était peut-être le dernier au courant.

" La confiance est quelque chose qui devrait se gagner, pas être donné librement. Faire confiance à un inconnu, c'est demander à ce qu'ils nous fassent du mal. "

Mais il admirait sa naïveté. Il la trouvait juste singulière, surtout plantée au milieu de la figure d'une guerrière vengeresse.

" Personne ne t'a donc jamais fait de mal ?! ", demanda-t-il, presque agacé par l'idée. Il regretta cette question aussitôt. Ocëan Pearl lui avait fait du mal. Elle avait peut-être grandi en pensant que le passage à l'acte était le seul indicateur d'une personne mauvaise. " Que cherches-tu chez un associé ? " Y avait-elle seulement pensé ?

Le nom de sa mère, encore une fois ! Querouane. Dont le spectre hantait la conscience des autres.

" Tu aurais du mal à trouver ma mère, " ricana-t-il, " J'ignore moi-même où elle est. "

Il préféra éviter les propos les plus loufoques. Leva le sabot encore une fois. L'arrosa de plus belle.

" Tu n'as pas peur des enfants d'Ocëan Pearl ? "

Tu n'as pas peur de mon frère ? demanda sa conscience.


Dernière édition par Shiro le Jeu 27 Juil 2017 - 17:44, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: L'Assoiffé. [PV]   Jeu 27 Juil 2017 - 16:14


       

  • Hyuna'

    Son frère trouva bon de la rafraîchir plus qu’elle ne l’était déjà, inattendu, mais pas désagréable. Le soleil de toute façon ne traînait pas à sa tâche et aspirait l’eau comme un alcoolique finit son verre. Dans qu’il ne prenait pas la source cela serait bien suffisant. Le noir se détourna pour se désaltéré, voilà une chose qui ne risquait pas de lui faire de mal. Il devenait tout de suite plus vif, il aurait presque rajeunit. Néanmoins ses paroles étaient comme vivantes. Il prononçait à haute voix ses mots qu’elle n’assemblait jamais. La seule fois où elle avait prononcé son nom et qui plus est le tout conjuguait avec son désir c’était devant Zeus. Ici, elle ne se sentait pas de le prononcer franchement. Ailleurs non plus surement. Elle avait tué sa mère, merde, pourquoi ne voudrait-elle pas se venger. Qu’avaient-ils tous à vouloir la défendre ! Elle soupira, s’envoyant ainsi quelques milliers de minuscules grains de sable en pleine face. Ce qui déclencha éternuement sur éternuement. Heureusement elle avait gardé les yeux fermés.

    Son frère était en plein débat sur la confiance lorsqu’elle les ouvrit. Le fixant incrédule, était-il sot ? Elle en eut confirmation lorsqu’il abrégea ses soupçons avec une question à laquelle elle avait bien une réponse fumante. Elle le torpilla, pas méchamment, mais la petite bombe de son frère avait tout de même fait effet en elle. Mais il n’avait pas forcement tord, personne ne lui avait vraiment fait de mal directement parlant. Bien sûr que la pie lui en avait fait, mais c’est à sa mère qu’elle s’en était prise, cela ne l’atteignait qu’indirectement. C’était un coup par procuration extrêmement violent qu’elle avait prit lorsque sa mère était morte.

    Non personne n’avait jamais trahi sa confiance et elle ne faisait pas confiance ainsi aux autres pour recevoir un direct au cœur, mais la noire trouvait cela idiot de fuir les autres et ce qu’il pouvait apporter, de toute façon le pire ne lui était-il pas déjà arrivé ? Voilà, c’était tout bonnement ça, que pouvait-on lui faire de pire maintenant. Pourquoi ne pas avoir foi en ses futurs rencontres, de toutes façons si celle-ci devaient être mauvaises qu’elle leurs fassent confiance ou non ne devrait pas changer grand-chose à la douleur qui devrait en ressortir.

    La question de l’associé refit surface. Elle n’en avait aucune idée, tout ce qu’elle voulait c’était quelqu’un qui la comprendrait. Et si ce quelqu’un pouvait nourrir les mêmes ambitions qu’elle. Après tout, pourquoi pas. En ce qui concerne les trompeuses, car malgré ce qu’elle avait dit à son père, elle ne mêlerait personne à ses projets envers la pie. Enfin, si projets il y avait. Son père avait tendance à revenir au galop dans sa conscience un bouquet de fleur entre les dents, pas n’importe lesquelles. Et cette promesse était comme une chaîne empêchant un chien de mordre quotidiennement le facteur. Hyuna’ étant le chien, son père et sa mère ceux qui auraient installé la corde et l’ancienne dominante le facteur. Même si cette vision était plutôt incongrue.

    Sa mère ! Sa mère, mais que venait faire la mère de son frère dans cette histoire. Elle écarquilla les yeux, ce n’était tout de même pas ça la raison pour laquelle lui et son père avait l’air tellement réticent à l’idée. Elle se releva au moment où il leva le sabot pour l’arroser. Pourquoi lui parlaient-ils tous des enfants de la pie. Cela pouvait concorder. Elle n’y croyait pas vraiment mais tout de même. Elle lui jeta un regard incrédule, ils n’avaient pas pu lui faire pareille cachotterie. Elle s’approcha de l’eau, réclamant tout de même vengeance, il n’allait pas la tremper et s’en sortir ainsi. Elle bu une gorgée d’eau, puis une autre, mais cette fois-ci elle le recracha sur son frère comme l’aurait fait un pistolet à eau. Elle resta prête à la riposte et maintenant qu’elle lui avait laissé le temps de s’exprimer il était temps qu’elle en sache plus elle aussi.

    - Vous n’allez tout de même pas me dire que tu es son fils !? Je refuse ! ELLE ne peut être ta mère ! Donc, que viens faire ta mère dans cette conversation ? Pourquoi je voudrais la trouver ?

    C’était tiré par les cheveux et elle n’y comprenait rien. Il ne pouvait pas être le fils d’Ocëan Pearl, mais alors dans ce cas, que venait faire la mère de Shiro dans la conversation. Et son père ne pouvait tout de même pas avoir fait ça. La vision était si inconcevable qu’elle plongea la tête sous l’eau. Elle en ressortie pour faire le jour sur ce qu’il avait dit jusque là. Ce qu’elle avait retenu.  

    - Je ne sais pas ce que je veux faire d’elle, j’aimerais effectivement la voir six pieds sous terre, savoir qu’elle ne respire pas le même air que moi, mais … Mais, je n’ai pas envie de … Papa et ma mère on fait une promesse, je n’y comprends rien. Je dois rester intacte, quelque chose du genre. Papa veut la tenir encore. Ce qui techniquement parlant m’interdis de mourir je crois. Même si cela ne fait pas parti de mes intentions.

    À  y penser son esprit s’embrouillait encore plus. Et il y avait l’hellébore aussi, mais n’allait pas l’attaquer avec ça en sus.

    - Pourquoi je devrais avoir peur de ses enfants, ils ne m’ont rien fait et moi non plus d’ailleurs. Cela ne les regarde pas ! Toi, Zeus, Papa. Combien a-t-elle d’enfants au juste pour qu’ils reviennent toujours sur le tapis ?

    Oui elle était aussi naïve que la vie lui permettait, elle ne voyait pas vraiment le mal que pourrait lui vouloir les enfants de la pie. La noire ne se mettait tout bonnement pas à leurs places. Et de toute façon elle ne comptait pas les voir. Ils lui seraient plutôt antipathiques.

    - La confiance que je porte ou non aux autres, je ne pense pas que cela puisse changer leurs envies vis-à-vis de moi. Et puis pourquoi ne pas leur faire confiance ? Que peut-il arriver de pire qui n’est pas déjà arrivé ? Elle réfléchit et trouva bien une solution, mais personne ne pourrait faire ça. Elle avala tout même sa salive, rien que l’idée était inconcevable. Perdre Papa... Je ne vois rien de pire maintenant, mais il l’a dit lui-même, il est peut être un vieillard, mais il est fort !

    Elle eut un sourire en revoyant son père lui dire ça. Très fière de son ascendance.

    - J’en conclu que je peux me fier sans problème à mes prochaines rencontres. Après tout je te fais confiance et tu ne m’as pas mordu ? Et tu ne comptes pas me nuire non plus ?

    Un tueur prévenait il sa victime ? Elle l’éclaboussa de la même façon qu’il avait entreprit de le faire quelques minutes avant. Et se demanda pourquoi lui ne pourrait pas faire confiance aussi facilement.

    - Pourquoi veux-tu que les gens gagnent ta confiance ? On pourrait croire que tu as peur des inconnus. Avoir peur est peut-être plus dangereux que d’avoir confiance non ?

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Shiro
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MessageSujet: Re: L'Assoiffé. [PV]   Jeu 27 Juil 2017 - 17:43


Il la contempla dans l'expectative alors qu'elle gonflait ses joues d'eau et ne songea pas un instant qu'il allait se faire cracher dessus. L'étalon ferma les yeux, les oreilles dégoulinantes. Il compta jusqu'à dix, puis demanda, presque sérieusement, avec une pointe d'inquiétude dans la voix :

" Ta mère n'était pas un lama, par hasard ? "

Second manque de tact. La vie isolée qu'il avait mené lui avait peut-être fait perdre la politesse. Non pas qu'il l'ait particulièrement connue, ni que Sorrow n'ait jugé bon de s'attarder sur cet aspect là de son éducation. Il préférait un fils crochetant les pattes dans les allées sombres à un gentleman. Shiro n'était ni l'un, ni l'autre.

Elle ? Qui était elle, déjà ? Il dévisagea Hyuna', sa propre figure dégoulinant encore d'eau, puis passa sa langue sur ses lèvres, y récoltant quelques gouttes. Que ? Quoi ?

" Quel est le problème si ma mère est Querouane ? Et pourquoi trouverais-tu une Querouane de toute façon ? Où est-ce que ça se trouve ? Ça s'achète ? Ça se mange ? "

Les premiers signes de l'insolation commençaient à lui brouiller l'esprit.

Shiro fit un pas de côté, histoire d'éviter tout pistolet à eau artisanal si ce dernier souhaitait se manifester à nouveau. Il vit du coin de l'oeil son lézard qui grimpait, acrobatique, un grand dattier efflanqué et bien pourvu en fruits.

Le noir poussa un petit borborygme incrédule alors qu'elle prenait encore la parole. Il préféra partir d'un pas nonchalant jusqu'à son arbre, qu'il frappa et fit trembler jusqu'à ce que soit tombés quelques fruits, pour finalement se retourner vers elle, une datte entre les dents.

La silhouette de Fifa vint traverser son esprit. Il articula, la voix rendue un peu acide par ce qui n'était maintenant qu'un souvenir :

" Fifa aime mon frère. Et je la soupçonne de vouloir les Terres Orphelines. Du moins lorsque je l'ai vue..." il ne finit pas sa phrase, préféra la laisser retomber dans l'oubli, " La vengeance engendre la vengeance. Ils ne considéreront pas que tu as fais justice, mais que tu leur a toi-même dérobé une vie. "

Ses propos pouvaient-ils être aussi convaincants que ceux de son père ? Il en doutait. Il revint jusqu'à sa soeur, se mira dans l'eau trouble de l'oasis. Il sourit vaguement en entendant les mots de Sorrow dans la bouche de Hyuna'. Vieux, fort, mais toujours menacé par les autres comme par lui-même. Sorrow avait toujours créé ses ennemis plus qu'il ne les avait rencontrés.

Il claqua des dents lorsqu'elle parla de morsure, les relents de son rictus ornant encore sa bouche, mais préféra regarder ailleurs pour réfléchir. Pourquoi lui ferait-il du mal ?

" Ce n'est pas dans mon intérêt. "

Il la regarda enfin.

" Cela ne veut pas dire que j'approuve tes choix. " une pause, " Je ne peux pas non plus prétendre comprendre ce qui t'es arrivé, aussi je les respecte. "

Ce serait plus facile comme ça. Une indifférence détachée. Il laisserait les choses suivre leur cours. L'observateur d'une partie d'échec mortelle, ni arbitre ni passionné.

Elle l'éclaboussa à nouveau. C'était de bonne guerre, mais il senti un frisson remonter le long de son dos. Les prochains mots de la noire furent curieusement pertinents. Il préféra se regarder dans le miroir brouillé de l'eau qu'elle venait de perturber, ruminant quelques vieilles pensées. Il plissa des yeux.

" Lorsque j'étais jeune..."

Son idée mourut sur sa langue. Il préféra l'abandonner comme si de rien n'était, et repris une gorgée d'eau.
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MessageSujet: Re: L'Assoiffé. [PV]   Sam 29 Juil 2017 - 16:24


       

  • Hyuna'

    Ha que quoi ?!! Que venait-il de dire là ? Il n’avait quand même pas osé faire ce que ses oreilles avaient cru qu’il ait eût le culot de dire ! Sa mère, sa maman, sa petite maman chérie, un … un … lamaaaaaaaa. Ces bêtes prétentieuses cracheuses de salives. La noire ne savait pas trop si elle devait l’égorger sur place pour tenir de tel propos ou peut-être bien le noyer. Il faut dire qu’après l’espèce de juron outragé qui était sorti avant même qu’il ne finisse sa phrase elle était restée plutôt maître d’elle.

    Elle lui jeta un regard à faire retourner un mort dans sa tombe, même son frère n’avait aucun droit d’insulter sa mère. Bien sûr, elle n’était pas non plus un exemple de tact, mais lorsque c’était elle qui en manquait cela ne posait de problème, l’inverse étant plus délicat. Il partit dans une tirade sur sa mère à lui, qui apparemment et heureusement n’était donc pas la pie. Elle en fut soulagée car si après avoir traité sa mère de lama elle apprenait qu’il était son fils elle l’aurait surement effectivement décapité.  

    La Querouane dont son père avait parlé n’était donc pas qu’un tremplin, elle était aussi la mère de ses frères. Et non elle n’avait aucun problème à cela. Après tout si son père était un Don Juan ce n’était pas un problème tant qu’il ne lui faisait pas trop de frères. Par contre l’amer lama encore en travers de la gorge, elle sourit aux questions multiples de son frangin. Un peu piquante.

    - Si ma maman est un lama on pourrait effectivement essayer de manger la tienne !

    Certes très enfantin, mais elle n’avait pas vraiment d’autre chose qu’une réplique digne d’elle lorsqu’elle était encore pouliche. Mais au moins ils étaient égaux maintenant. Même s’il n’avait pas l’air de tenir à sa maternelle autant que la noire.

    Fifa c’est qui celle-là maintenant, que venait-elle faire dans cette conversation de fou. Le désert avait peut-être finalement eût raison d’eux. Il ne pouvait en être autrement, tant la conversation était de plus en plus sans queue ni tête à chaque fois que l’un d’eux ouvrait la bouche. Elle observa la surface de l’eau encore troublé par leurs maintes entreprises, puis l’horizon, l’écoutant. Essayant de suivre cette conversation toujours plus dissolue. Elle n’avait jamais eu l’habitude des longues conversations et ces derniers jours il faut dire qu’elle en avait eu pour son compte. Entre lui et son père.  

    Elle sursauta lorsque l’idée complètement stupide de Shiro lui vient de claquer du bec. Se reconnectant sur lui, le fixant carrément sidéré par les propos qu’il tenait en plus de cette mâchoire incontrôlée.

    Il respectait ses choix, elle n’avait encore rien choisi. Tout était trop trouble pour ça. Elle frappa l’eau, sans vraiment de conviction, juste le fait qu’elle ne sache elle-même pas ce qu’elle devait faire qui l’exaspéré . Ce serait tellement simple si une réponse pouvait sortir de derrière un arbre, où en tomber des branches comme l’avaient fait les dattes.  

    Elle observa le dattier un cours instant avant de décider qu’il était plus important de se nourrir avant de partir dans une énième discussion de fou. Ce qui ne manquerait pas d’arriver. Elle rejoignit donc à son tour le dattier, attrapa quelques dattes, mais préféra rester sous son ombre.

    - Kuro, le fils l’ingrat aussi pâle que la lune. Il n’aime pas vraiment papa, mais il n’est pas méchant pour autant.

    Elle eût un sourire en repensant à leur rencontre, le reconnaitrait elle si elle le voyait maintenant, oui surement, un gaillard pareil ne passe pas inaperçue.

    - C’est bien si cette Fifa l’aime ! ça doit être beau l’amour !  Même si je ne comprends pas ce que ça vient faire là. La famille s’agrandit ? Mais les terres Orphelines … personne n’en hérite non ? Si elle veut vraiment les avoir elle n’a aucun intérêt à rester avec notre frère. Pourquoi les dieux voudrait-il la descendance da papa. C’est cruel, mais à leurs places je ne voudrais pas de nous.

    Elle s’était appuyée à l’arbre, mais ce redressa en pesant et réentendant Shiro lorsqu’il avait claqué du bec. Elle se fit aussi grande et fière qu’elle le puisse. Non, son frère n’était pas une menace et personne ne l’impressionnerait jamais. Voilà. Elle n’a pas passé sa jeunesse à crier que son père est un dieu pour être impressionnable. Elle le regarda franchement, toute COQUENARDE (J’emmerde le français !)

    - Ce n’est dans l’intérêt de personne !

    Elle pourrait bien se révolter à la face du monde s’il le fallait, elle a une confiance en elle inébranlable et ne doute de rien. Encore un peu coincé dans cette phase entre l’enfant stupide et naïf et le jeune coq prêt à abattre le monde pour avoir regardé sa poule de travers. Au final elle n’avait encore l’expérience de rien, mais était tout de même prête à envoyer chier l’univers au besoin.

    La sale gosse refit surface et elle reprit route vers l’étendue tiède. Avançant à pas de loup vers son vieillard buveur de frère. Aussi souriante qu’un petit démon. Le frôlant elle finit par entrer dans l’eau au pas de charge, éclaboussant tout autour et surtout lui. L’enfant stupide on vous dit. Se levant à maintes reprises toute joueuses pour finir de le tremper.

    Hyuna’ marqua une pause et lui dit à moitié hilare et carrément moqueuse ; … Lorsque j’étais jeune … jeune !!! Ecoutez-moi donc ce vieux fou au moins trois fois plus âgé que son propre père !!! Un jour il a été jeune. Sacrilègeeeeeeeeee !

    Après quoi elle partit dans un fou rire comme jamais elle n’avait eu dans sa vie.  Lui faisant mal tellement elle riait.


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MessageSujet: Re: L'Assoiffé. [PV]   Dim 30 Juil 2017 - 2:24


Quel goût ça avait, une Querouane ? Celui de la déception ? Shiro ricana intérieurement. Il baissa les yeux mais les releva aussitôt, réalisant qu'il avait entraperçu une ombre en haut d'une dune. Il fixa obstinément cette dernière mais elle demeura cachée. Il finit par se demander s'il avait rêvé. Oui, manger sa mère. Pourquoi pas. Un nouveau complexe freudien a jeter dans la marmite pour faire frémir le bouillon. Il regarda ce petit bout de jument noire, avec ses très longues chaussettes blanches. L'allure délurée d'une écolière en retard, les propos d'une gamine qui répond trop souvent à la maîtresse, l'ambition d'une princesse trop naïve. Drôle de bouillon.

Il préféra ne plus parler de leurs mères. Il n'avait pas connu celle de Hyuna', elle ne connaissait manifestement pas la sienne. Ça faisait deux. Il se plaisait d'ailleurs plus dans cette distance muette que dans l'espoir de relents de tendresse abasourdis par le temps qui passe. Il valait mieux tenir les gens loin, pour éviter de réclamer d'eux plus que l'indifférence qui les avaient éloignés. Shiro frémit en entendant le nom de son frère. Parfois même l'indifférence le trahissait, et touchait une plaie à moitié close.

" Tu l'as rencontré ? " demanda-t-il avec presque trop d'intérêt, les yeux toujours rivés sur l'endroit où il avait vu l'ombre.

Il jeta un regard à la sienne. Elle était toujours attachée à ses sabots.

Son visage se rembrunit au fur et à mesure qu'un flot de paroles déchaîné sortait de la bouche de Hyuna'. Sa bouche se plissa, ses traits s'assombrirent. Sa queue s'agita dans les airs, noire et fournie. Il mâcha quelques mots avant de fixer sa demi-soeur d'un air réprobateur :

" Fifa est la fille d'Ocëan Pearl ! Si toi tu prends ce territoire, et qu'elle prend celui-là avec Kuro..."

Alors qu'est-ce que ça me laisse ? Les mots acides demeurèrent au bout de sa langue. Il n'était pas un roi. N'en serait jamais un. A quoi bon se plaindre ? Certains naissaient princes et finissaient pèlerins. Il n'aimait toujours pas la perspective du voyage.

Elle se hérissa comme un coq et il préféra détourner les yeux pour attraper, enfin, l'ombre qu'il avait remarqué. Il s'agissait d'un chacal frêle, la peau sur les os. Ses yeux mordorés ne contenaient aucune menace, juste une sorte d'appréhension. Il souhaitait sûrement boire. Shiro sentit une vague de culpabilité incongrue s'abattre sur lui. Il venait de connaître la soif. Il ne la souhaitait à personne.

Et éclaboussé une fois de plus. Il la regarda patauger, détrempé. Ses oreilles tombantes lui conférèrent un air penaud. Le sabot de l'étalon frôla l'onde mais ne la pénétra pas. Les moqueries de sa soeur le blessèrent secrètement, profondément. Une petite plaie qui ne fait pas mal sur le coup mais se réveille plus tard.

" Tu viens de me prouver que l'on ne devrait pas accorder sa confiance trop vite, " déclara-t-il, pointe d'amertume mais sourire flottant sur la bouche. " Au risque d'entendre rire ceux qui sont trop bêtes pour vous comprendre. "

Il ne servait à rien de l'éclabousser maintenant, elle était déjà couverte d'eau.

" Et qu'est-ce qui prouve que tu es si forte que ça ? " demanda-t-il, sans animosité.
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MessageSujet: Re: L'Assoiffé. [PV]   Dim 30 Juil 2017 - 23:03


       

  • Hyuna'

    Qui avait-il de si fabuleux à avoir rencontré Kuro ? Qui plus est cela n’était pas forcement à la période la plus drôle de sa vie. Celle où ses jours étaient passés à chercher son père et ses nuits à se souvenir de sa mère. Elle n’avait aperçu le blanc que brièvement. Le temps d’échanger quelques paroles dont elle ne se souvenait qu’en partie.

    - Oui, Kuro, Mélodie et même son étalon se souvenu-t-elle. Ma mère venait de mou … d’être tuée et je cherchais papa.

    Elle n’était pas morte toute seule. Elle tenta de se souvenir du temps qu’elle avait passé avec Mélodie et de sa rencontre avec l’étalon. Avec cette impression qu’un détail lui échappait, qu’il fallait qu’elle remette le sabot dessus. L’exclamation de son frère la sortit de ses pensées.

    La fille de l’ancienne dominante! … Quoi ! Où ? Quand ? Pourquoi ! Même si techniquement parlant elle se fichait pas mal d’avec qui son frère copuler imaginer être la tante d’un des petits enfants de la pie était difficilement concevable. Elle ne pourrait jamais regarder ce gamin en face sans imaginer son ascendance.

    Elle venait de l’arroser en était extrêmement fière, mais elle déchanta vite devant l’expression, mais surtout aux mots de son aîné. Et elle qui essayait de jouer. Bien maladroite, certes. De toute façon ce désert ne lui avait jamais porté chance au jeu et elle devait juste être complètement débile pour avoir eu l’idée d’essayer de jouer ici. Bien sûr que la noire jouait en se moquant un chouïa de son frère, mais elle n’avait pas pensé l’atteindre à ce point là. Il faut dire que toute son espiègle excitation venait de tomber comme une crêpe qui loupe la poêle. A ras le sol.  

    Qu’entendait-il par là ? Qu’il lui faisait confiance et que parce qu’elle l’avait arrosé il regrettait de lui avoir accordé. La noire ne comprenait pas vraiment la logique, que lui avait-elle dit déjà … Elle ne s’en souvenait plus, juste des railleries des plus enfantine. Le genre de choses qui peut pourfendre l’autre sans qu’on le sache et que pourtant on oublie aussi vite qu’on le prononce.

    Elle se sentait un peu comme l’enfant à qui on arrache une gourmandise. Éberluée, choquée et en plus il l’insultait, mais cela n’était rien. Elle voulait juste récupérer sa sucette. Elle ne pouvait pas lui arracher, il ne pouvait que lui donner de lui-même. Son regard était tombé sur l’eau qui elle aussi était devenue aussi calme que limpide. Elle ouvrit la bouche, tentant une percée pour reprendre son morceau de sucre. Mais son frère parla à nouveau.

    Elle a confiance en elle, ne s’est jamais posé ce genre de question. Pour elle la force serait là le jour où elle en aurait besoin. Elle se sentait forte et c’était quelque chose encré à l’intérieur. Elle observa son reflet. Ses chaussettes étaient toutes les quatre sous l’eau, la rendant noire totalement. A quoi ressemblait-elle ? Une jument, une gamine ? Pouvait-elle ressembler à une guerrière ? Voulait-elle seulement y ressembler. Elle ne se trouva pas grand-chose d’impressionnant et fit la grimace, remuant le fond pour faire disparaître son double.  Elle regarda enfin son frère.

    - Rien. Rien ! Rien ne le prouve, ni à moi, ni à toi,  ni à quiconque. Mais je n'en douterais pas pour autant !  

    Elle eut un gros soupire, elle ne lui la volerait pas cette sucette. S’il voulait la lui donner il le ferait. De toute façon ça ne l’empêchait pas elle de lui donner la sienne sans sourciller. Elle eu un regard brave accompagné d’un léger sourire, le fixant en espérant juste ne pas se prendre une nouvelle claque.

    - Tu as ma confiance ! Et tu l’auras tout au long de ta vie, rien n’y changeras. Cela que ce soit réciproque ou non ... … Même si je préférerais que ce le soit.  

    Elle sorti de l’eau observa l’horizon et ça fit POC dans son petit crâne. Only Hope. C’était ça le nom du mâle à Mélodie ! Et si ses souvenirs extrêmement lointains étaient bons il était lui aussi le fils de la pie. Nom d’un chien. Elle poussa un juron digne d’un marin ivre et se retourna pour regarder son noir de frère. Pourvût qu’il soit moine !

    - Je ne suis pas sûre de pouvoir supporter avoir des neveux ou nièces qui ont son sang. C’est quoi le problème dans cette famille !  Mélodie, Kuro … Dit moi qu’elle n’a pas d’autre enfant s’il te plait !

    C’est dommage elle avait réussi à oublier la pie quelques temps et toute cette histoire remonter toujours telle la marée. Une chose et sûre, elle ne jouerait pas, elle n’essaierait plus de jouer dans ce désert. De toute façon lui se jouait d’elle comme le soleil.

    - Alors dit moi, maintenant que j’ai compris la leçon et que le mot jouer ne s’accordera plus jamais à nouveau avec ce lieu. Que voulais-tu faire lorsque tu étais jeune ?

    Elle eut tout de même un sourire persistant car l’idée qu’il se pense vieux était tout de même drôle, mais elle se garda bien de le dire.  





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MessageSujet: Re: L'Assoiffé. [PV]   Lun 31 Juil 2017 - 17:45


Le chacal faisait des allers-retours, silhouette famélique aux yeux plus vivants que le reste de son corps osseux. Shiro ronfla des naseaux, baissa la tête pour le soustraire à son regard. Il finirait forcément par approcher, lorsque la peur n'aurait plus autant de dents que la soif fermement accrochée à sa gorge.

Honorablement, Hyuna' avait l'air embêtée. Un peu comme un gamin qui veut poursuivre sa querelle, se repaît de la colère, Shiro refusait de la regarder pour se persuader qu'il y avait encore de quoi nourrir la hargne tapie dans son estomac. Les dattes avaient été un peu acides. Il les sentaient, brûlantes, ainsi que leur arrière goût dans sa bouche.

Amusant, qu'elle ait rencontré plus de gens de sa famille que lui. Il ne connaissait Mélodie ni d'Eve ni d'Adam. L'oubliait même constamment lorsqu'il tentait d'esquisser dans son esprit un semblant de portrait familial.

" Puisses-tu ne jamais rencontrer le doute, " admit-il finalement, un peu ailleurs.

C'était sain, le doute, pourtant. Sain pour ceux qui voulaient mener une vie ordinaire, qui souhaitaient voir plus loin que l'engluement du présent. Il avait vécu dans le présent pendant son enfance, sa jeunesse. Maintenant, comme la plupart des adultes, il anticipait l'avenir en le redoutant. Le futur, cette corde de puits qui grince et s'effrite en contemplant l'abysse.

" Tu la gagneras peut-être, " reconnut-il, " Puisque tu m'as trouvé de l'eau. "

Un fin sourire se dessina sur ses lèvres. Le chacal descendait la dune à pas de velours, ses oreilles rongées par le soleil plaquées contre sa nuque. Ses babines sèches étaient dévoilées, noires, dégoulinantes de grandes dents tordues par les os rongés jusqu'à la moelle.

" Je ne sais pas pour toi, " il fit un pas sur le côté, " Mais je n'ai pas envie de rester bien plus longtemps dans ce désert. "

Le noir jeta à sa soeur un regard perçant. Il partirait sans elle, s'il le fallait. S'ils se rencontraient à nouveau, il apprendrait à la connaître plus. Et peut-être à l'apprécier.

Il songea à Ocëan Pearl, spectre de poussière hantant les moindres pas de Hyuna'. Il ne l'avait jamais rencontrée, savait somme toute très peu sur elle et sa progéniture. Du moins était elle dévouée, si on en croyait sa fille.

" Fifa cherche Ocëan Pearl, " avoua-t-il d'un ton détaché, " Sûrement pour la protéger de toi. "

Tu n'as pas été très discrète, songea-t-il sans le dire. Il était même surprenant que lui n'ait pas su qu'elle était revenue sur Horse-Wild. Mais il avait toujours un pas de retard sur le monde, trop distrait par lui-même.

Peut-être aurait il protégé l'ancienne dominante s'il n'avait pas divulgué cette information. Le noir était pris dans un étrange mélange d'horreur à l'idée du meurtre et d'indifférence face au déroulement des événements. Il ne croyait pas en la fatalité et s'en remettait pourtant à elle pour régler les dettes de tout un chacun.

Le chacal approcha à petits pas de l'eau, les fixant tous deux d'un air toujours emprunt de méfiance. Il lapa néanmoins fébrilement, découvrant encore ses crocs abîmés.

Shiro reposa ses yeux noirs sur la silhouette de sa soeur. D'où venait son esprit combatif ? Des deux parents ? Quel genre de personne avait été Hypocamp' ?

" Tu t'es déjà battue sérieusement ? " demanda-t-il, sourcillant. " Et qui t'as élevée ? Tu n'étais pas avec moi dans la maison hantée. Il t'a emmenée ailleurs. "

Un regain de curiosité, rare et subit. Il ignora sa dernière question. L'envie de se confesser était passée. Elle pouvait blâmer Sorrow et appeler ça un trait de famille.
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MessageSujet: Re: L'Assoiffé. [PV]   Mer 2 Aoû 2017 - 15:19


       

  • Hyuna'

    Son frère persistait à regarder ailleurs, comme s’il pouvait y avoir quelque chose à voir. Pour sa part elle n’y avait pas fait grand cas de ce qui pouvait venir, pour elle tant qu’aucun rapace ne venait ici pour se désaltérer cela ne l’interpellait guère. Maintenant l’animal était dans son champ de vision, il les observait avec un air minable. Au moins aussi minable que Shiro lorsqu’ils étaient arrivés ici. Lui avait bien reprit et le chien du désert venait surement en faire autant avant de partir chasser. Enfin pour eux il n’était en rien une menace.

    Le doute, en soit elle le tâtait déjà du bout du sabot, elle ne savait toujours pas ce qu’elle devait faire. Mis à part prendre ce territoire, ce qui était devenu une note toute en haut de la liste. Ce qu’elle ferait si elle était amenée à voir l’ancienne dominante était là son plus grand doute. Son père et ce bouquet de fleurs était plus que présent dans son esprit. Tout comme cette promesse. Foutue chaîne.

    Son aîné exprima son envie de partir, elle le comprenait surtout qu’il était là depuis plus longtemps qu’elle. Et puis il faut dire que voulant arpenter toutes les trompeuses elle avait encore du pain sur la planche. Et ce n’est pas en restant sur un morceau de verdure en plein milieu de cette étendue rousse qu’elle allait avancer. Il y reviendrait, pas forcement par plaisir, mais il fallait qu’elle le connaisse de fond en comble, que chaque grain de sable lui soit allié. Et pour cela même s’il fallait qu’elle combatte encore plusieurs fois les ombres du passé. Après tout, pour le moment elle s’en sortait plutôt bien. Même si le noir ne devait pas y être pour rien.  

    - Dans ce cas, bougeons. Et puis,
    fit-elle en regardant l’animal en train de s’approcher l’eau, ce ne doit pas être le seul à venir ici.

    Elle n'avait pas peur, loin de là mais elle n’en attendit pas plus pour autant et se mit en marche, bien décidé à le traverser, à le transpercer ce fichu dédale de sable. D’ailleurs elle comptait aussi plutôt bien être certaine que son frère en sorte sauf. Hors de question qu’un autre membre de sa famille n’y laisse sa peau. Que ce soit accidentel ou non.  Alors effectivement elle lui avait trouvé de l’eau, même s’il n’y état pas vraiment pour rien. Maintenant elle lui trouverait, leur trouverait la sortie.

    Le nom de la pie retenti à nouveau et elle grimaça. Enfin si même ses enfants la cherchaient c’est qu’elle devait être plutôt bien cachée. Ne pouvaient-ils donc pas savoir où est leur mère. Elle serait trouvée son père s’il l’envie lui en prenait. Ce qui devait d’ailleurs aller dans les deux sens vu qu’elle lui avait dit ses intentions de rester ici.
    Elle fit pivoter ses oreilles plutôt agacé, de quoi ce mêlé donc la femme de son frère. Merde à la fin, fallait-il donc laver le linge sale en famille. Son frère disait donc vrai, comme son père en la mettant en garde vis-à-vis des enfants d’Ocëan Pearl. Elle ne voulait que régler son compte avec la pie et non avec toute sa famille. Elle éjecta l’air de ses poumons, entre soupir et grognement mécontent.

    Oui pour l’instant elle était toujours dans le doute et rien n’était fait, mais si cela se préciser elle ne comptait pas trouver quiconque sur sa route.

    - De quoi je me mêle ! Et puis,  je ne suis surement pas la seule à avoir compte à lui rendre ?

    C’était plutôt égoïste car si quelqu’un cherchait des noises à son père elle serait la première à vouloir trouver cette personne là. Par contre elle ne préviendrait pas forcement son paternel.

    La question de son frère était encore une fois plutôt pertinente. Et il y avait matière à réfléchir. Si ce n’est contre les éléments et parfois un peu contre la vie elle-même, s’était elle déjà battue ? Vraiment ? Elle avait reçue des coups de bâton plus d’une fois, des tirages d’oreilles en veux tu en voilà. Il faut dire qu’elle était du genre impertinente et que cela était déjà le cas à l’époque où sa mère vivait.  Et le vieux n’aimait pas l’insubordination ou alors c’était un bougre sadique. Ce qui n’aurait pas été étonnant. Dire que lui aussi était mort, il aurait pourtant pu lui apprendre encore tant de choses sur les plantes.

    Elle tenta de tourner sa réponse à l’ironie. Le désert ne l’aurait pas.

    - Contre des vautours, des coups bâtons aussi. La pluie, le soleil. … Non rien de sérieux, mais je suis bien certaine que cela arrivera.

    Dans la maison hantée ! La maison hantée !!! Elle ne l’y avait pas vu pourtant. Ô oui elle y avait ben vu un noir, mais d’après son père ce n’était pas là une rencontre souhaitable. Elle n’arrivait plus à suivre. Déjà pourquoi avait il grandit dans cette cabane branlante ? Elle écourta sa réponse pour pouvoir l’assommer de question.

    - Avec un vieux fou, ami à papa. Elle le fixa avec de grands yeux. La maison hantée !!? Je ne t’y ai jamais vu ! Par contre j’ai croisé une connaissance à papa. Tu n’avais pas trop peur la nuit ? Enfin heureusement tu avais papa et ta mère.

    Tout est rose dans le monde des bisounours et après tout pourquoi y aurait elle été avec eux, la mère de Shiro n’aurait peut être pas accepté que Sorrow ramène sa progéniture dans leur foyer. Une petite brise souffla, emportant du sable avec elle. Hyuna’ en prit dans l’oreille et jura en secouant la tête. Oui un vrai charretier la vilaine gosse.

    - Et Kuro aussi, ça a dût être agréable de grandir avec un frère.

    Oui elle était plutôt envieuse, elle aurait bien voulu grandir en famille. Même si rien que le fait de grandir avec sa mère lui aurait suffi.

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Shiro
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MessageSujet: Re: L'Assoiffé. [PV]   Sam 5 Aoû 2017 - 2:43


Cause it's home
The only life I've ever known
I despise you ‘cause you filthy
But I love ya, 'cause it's home
Tobacco Road,
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[Vous devez être inscrit et connecté pour voir ce lien] remâchant quelques pensées obtuses qui insistaient pour entacher son esprit. Le désert se prêtait à la réflexion, peut-être bien malgré lui. La monotonie du paysage et le besoin de distraire la mort toujours approchante forçaient le voyageur à imaginer ou penser mille choses. Enfant, il aurait sûrement été plus inventif ; il aurait vu sous quelques grains de sable ébouriffés un gigantesque vers dévoreur de chevaux, dans le vent le murmure de mille momies menaçant de sortir de leurs tombeaux oubliés, sur l'horizon toujours repoussé la promesse de mille autre terreurs, mille autres aventures époustouflantes.

Maintenant, il était adulte. Et il soupirait. Rêvait de sortir de là, pour trouver autre chose. N'importe quoi. Rien n'aurait sous la dent le goût de ce qu'il avait connu, mais tout vaudrait mieux que cette gigantesque étendue de pensées.

" Le désert de l'oubli, " dit-il, les lèvres encore humides de toute l'eau qu'il avait bu, le corps tout aussi mouillé, " Et pourtant, tu n'oublieras jamais. "

Il attendit qu'elle l'ait rejoint.

" Il y a des choses que l'on oublie pas, n'est-ce pas ? Qui restent toujours dans l'esprit. "

Elle s'était battue contre des choses futiles. Elle n'avait pas connu la jugulaire sous la dent, la dent dans la chair, la chair pleine de sang. Lui même ne savait pas, et ne pouvait rien dire. Il pouvait imaginer. La mort de la mère de Hyuna'. Les éclaboussures écarlates. Les cris. Non, il n'avait connu que les cris de ses parents, et puis un hurlement, un soir, le sien. Qu'avait-il crié, ce jour-là ?

Il s'arrêta, songeur, mais ses propres mots lui échappaient. Peut-être ce désert méritait-il, finalement, sa réputation. Ou alors ne souhaitait-il pas se souvenir.

" C'était chez moi, " remarqua-t-il avec une sorte de sécheresse, comme si la petite bicoque croulante l'avait trahie en lui permettant de partir. Il y a des choses que l'on oublie pas. Chez soi. Le chez soi est souvent idéalisé, chez l'enfant. Que l'on grandisse dans une cabane ou dans un palais, on a toujours l'impression fugitive de posséder son propre palace. Parce que c'est chez soi que l'on range secrets et souvenirs.

Et puis, bien sûr, l'enfant pauvre finit par grandir avec amertume, réalisant qu'il ne possède que des ruines.

Heureusement, tu avais papa et ta mère. Il manqua de rire, mais ses lèvres ne daignèrent même pas frémir pour esquisser le rictus tant attendu. Shiro se remit en marche. Il secoua la tête, quand même. Pour dénoter son amusement et son incrédulité.

Non ! Maman ! Qu'est ce que tu as fait à maman ? Va la chercher, tu n'as pas le droit ! TU N'AS PAS LE DROIT ! Je te hais ! Tu m'entends ? JE TE HAIS !

Le désert n'avait pas de voix et pourtant un mirage hurlait contre ses tympans les mots qu'il avait pensé perdus. Oui, il n'avait pas été heureux, ce jour là. Les enfants entendent toujours tout parce qu'on les oublient trop vite. Il avait été jeune, caché dans un escalier. Il avait vu son père quitter sa mère et cette dernière disparaître dans la pénombre.

Et ça avait été tellement agréable de grandir avec un frère. Où était Kuro, dans son esprit ? Galopant avec les cauchemars ou se languissant dans les oubliettes, ces endroits où les souvenirs s'affadissent lentement, prennent des couleurs de carte postale, perdent leur saveur ?

Il ne savait pas à quoi ressemblait son frère à ce jour.

Il aurait pu rire, il aurait pu pleurer. Il se contenta de se retourner pour regarder Hyuna', une expression dubitative sur le visage :

" Je ne peux te dire, je n'avais ni ma mère ni mon frère. Je ne les ai pas revus depuis des années. "

Sa voix était froide. Cela lui plut, ce manque de sentiment. Cela devait vouloir dire qu'il était convaincant. Que ses yeux étaient vides. C'était tout ce qu'il ressentait, à l'instant. Le gouffre.

Shiro s'arrêta à nouveau.

" Où allons nous ? La nuit tombera tôt ou tard, et le froid deviendra un autre problème. "

Il préférait lui demander son avis, puisqu'elle avait supposément trouvé l'eau.
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MessageSujet: Re: L'Assoiffé. [PV]   Mar 8 Aoû 2017 - 16:02


       

  • Hyuna'

    Et non, elle avait beau ce le répéter encore et encore. Le désert de l’oubli ne lui permettrait pas d’oublier et en soit elle n’en avait aucune envie. Cela reviendrait à oublier sa mère. Chose qui serait impardonnable. Avec le temps et cela même si elle ne voulait se l’avouer son image devenait flou. Tous les souvenirs s’estompaient plus ou moins. Enfin tous, tous sauf celui de sa mère couverte de rouge, cette robe claire salie par le sang. Ce même sable roux, rougit. S’en nourrissant. Bien sûr qu’elle ne pouvait pas mettre de côté se souvenir. Cette phrase devait être le reflet du soleil et de la lassitude sur le haut du crâne de son ainé. Il ne pouvait en être autrement. La noire soupira avant de repartir vers d’autres pensés plus joyeuses.

    Quoi donc ? Qui pourrait la faire devenir ivre de joie en un instant. Elle n’avait pas à aller bien loin pour ça. La danseuse divine et son tonnerre étincelant. Il n’y a qu’à l’imaginer laçant des éclairs à travers l’île au gré de ses sautes d’humeurs de travesti princier. Royal. Ce travelo Royal. Mille excuses. Et voilà. Aucun souvenir ne viendrait la perturbée ici. Alors oui cela lui restera toujours à l’esprit, mais elle ne sombrera pas ici. Sur ce sable toute faiblesses était interdite d’accès. Celui la ruinerait le cas contraire.

    Son frère s’arrêta un instant, de peu elle lui serait rentrée dedans, elle décida donc de marcher à côté de lui. L’idée de mettre le nez entre les fesses rebondit de son aîné n’était pas à son goût. La pensée lui arrachant un sourire elle perdit un peu le fil de la conversation. Non sa concentration n’était pas toujours au top niveau. Elle remarqua bien qu’il n’avait pas l’air du même avis sur le fait d’avoir grandi entouré.

    Il se remit en marche et elle en fit autant. L’astre de lumière lui semblait ne jamais vouloir s’arrêter. Elle savait bien qu’ici la nuit arriverait d’un seul coup comme un rideau noir. En un battement de paupière ils seraient passés d’une extrémité à l’autre.

    Comment ça sans sa mère et sans son frère ? Et pourquoi donc n’avaient-ils pas grandit en famille. Ils étaient tous en vie non, alors cela est sans fondement de ne pas avoir profité de l’enfance ensemble. Elle qui n’avait rêvée que de ça, même pour la durée d’une saison, d’un cycle de lune et moins elle aurait prit aussi.

    Il semblait tellement détaché de ça. Comme si cela ne lui avait fait ni chaud ni froid. Elle soupira, il n’y a qu’un âne pour ne pas pouvoir voir que grandir au sein d’une famille devait être merveilleux. Où alors elle était plus sentimentale. Ou attachée à tout ce qui pourrait être une famille, du même sang qu’elle ou en parti.

    - Pourquoi ?

    Pourquoi quoi, allez savoir. Pourquoi cela ne l’affecte pas autant qu’elle. Pourquoi sa mère et son frère n’étaient pas avec lui. Et pourquoi elle non plus n’y avait elle pas était ? A lui de donner la réponse qu’il voulait tant qu’il ne se la faisait pas façon paternelle.

    Il fera froid. Oui il ferait forcement froid. Lui le savait car il y avait déjà passé une nuit. Et elle aussi était plutôt bien placée pour le savoir. Avoir couvée sa mère le lui avait appris. S’allonger ici dans l’intention de dormir était hors de question. Elle ferait forcement des cauchemars. Chose qu’elle n’avait pourtant pas fait depuis plusieurs lunes.
    Elle avait à nouveau la décision de la direction. Comme quoi il lui faisait confiance. Un sourire aussi gros qu’elle s’afficha sur ses lèvres.

    - Tu vois que tu me fais confiance ! Tu me demanderais pas mon avis sinon !

    Et toc ! Tralalère ! Non elle ne lâchait jamais le morceau. Elle scruta les dunes, pour elle il n’y avait qu’une solution, allé toujours tout droit. Enfin essayer. De toute façon il n’y avait ici que l’oasis qui maintenant disparaissait derrière eux et du sable à perte de vue. Un soleil qui effectivement finirait par décrocher sa place à son contraire et le rouquin qui s’étendait à perte de vue. Du roux en bas, du roux en haut et tout autour. Orange maudit. Son regard s’arrêta sur son frère lui aussi à l’arrêt.

    - On peut suivre le soleil jusqu’à ce qu’il s’en aille. Ce qui va vite arrivé je pense. Après quoi on tournera dos à la lune. Et si on a froid, on changera d’allure. Je ne dormirais pas ici.

    Oui elle aurait pu proposer de lui serait les côtes, qu’ils dorment ensemble. Ils auraient alors chaud. Bien que cela ne soit pour le moment pas un problème. Mais s’arrêter voulait dire dormir et dormir reviendrait à s’abandonner à ce sable.

    - Peut être que Miss Horse Wild daignera nous raccompagner vers la sortie.

    Après tout si elle devait faire ses preuves, il ne devait pas tenir à ce qu’elle y passe. Peut être lancerait-il un éclair rose dans la bonne direction.

    - Qu’est-ce que tu comptes faire ?


    Il ne voulait tout de même pas retourner aux orphelines après tout il avait dû en être chassé comme leur père. Elle avait un objectif, deux même. Et heureusement car sinon que ferait-elle ? Sa vie ne pourrait être vécue sans objectif ou sans famille.



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MessageSujet: Re: L'Assoiffé. [PV]   Mar 8 Aoû 2017 - 17:58


Et l'on poursuivait la longue marche vers rien. Shiro avait la sensation que le soleil devenait plus brûlant lorsque la mort le menaçait et que la Lune apparaissait, pâle esquisse dans un ciel lourd d'heures trop longues. Le sable quant à lui chuchotait toujours sous ses pas, moqueur. Les contrées étrangères ne sont jamais aimables avec les visiteurs, lui rappellent toujours qu'il n'appartient pas à ici, ni même maintenant à ailleurs.

L'appartenance. Voilà ce qui lui rongeait les os, qui s'immisçait dans le coeur, qui mijotait le suc de ses pensées. Le venin qui infecte progressivement un corps qui a l'impression de n'appartenir qu'à sa future tombe. Où était la familiarité ? Il en revenait toujours aux mêmes constatations, aussi sûrement que le soleil brûlait plus dans le désert au crépuscule. Et si même enterré dans le sol, son corps n'avait pas retrouvé l'appartenance ? Il appartiendrait à la terre, aux pissenlits, aux insectes nécrophages. Au néant.

Il rêvait de voir des étoiles, soudainement.

Les étoiles auraient aidé. Les étoiles ne pouvaient qu'inspirer du bonheur, l'immensité charmante, les étincelles infatigables de la nuit. Les guides du voyageur sans but. Mais il ne fallait pas demander des étoiles au désert. Il ne fallait pas lui demander d'espoir. Non. La nuit le sable devenait gris. Il scintillait, caressé par l'éclat lunaire, et parfois, parfois, on avait la sensation qu'était tombée sur terre quelque poussière de comète.

Pourquoi ? Pourquoi ? La question la plus impudente. Celle que posent les arbres qui ploient en vous voyant passer, celle qui court sur les lèvres moqueuses des enfants insatisfaits, qui bouillonne dans un esprit obsédé par la vengeance. Les pourquoi, on pouvait leur donner tous les goûts, pas toutes les réponses. Pourquoi ta mère est morte, Hyuna' ? En voilà, un pourquoi douloureux. Et quelque chose lui faisait mal, à lui aussi. La douleur qui suit l'épuisement. La lassitude.

Il en avait assez de penser à tout ça. Finalement, ça ne l'intéressait pas vraiment, le pourquoi. La chose était arrivée, il pouvait vivre avec la conséquence sans examiner la cause. Tous les saints atteignaient la béatitude en ne cherchant pas à examiner de trop près la création. Il atteignait l'indifférence en ne déchiffrant pas la destruction.

Quelques pas de plus dans la fournaise.

" Parfois, lorsque deux chevaux s'aiment très très fort... " commença-t-il d'un ton presque moqueur ...

Son ombre ondulant comme un crotale sur le sable.

" ... Ils cessent de s'aimer et prennent chacun un enfant, " finit-il avec délice.

Shiro leva les yeux au ciel, comme pour se raccrocher à l'azur.

" Puis ils tombent amoureux d'autres personnes... "

Et décrocha un regard à Hyuna'.

" ... Et ils créent des petites soeurs trop curieuses. "

Oh, il espérait que sa mère n'ait pas créé de petites soeurs de son côté, bien qu'il soit bien incapable de savoir si c'était le cas. Le noir poursuivit son chemin, attendant les instructions de Hyuna I, tant anticipées. Il s'en lécha même les lèvres d'impatience, les oreilles aplaties par les rayons solaires qui tapaient dessus.

Le noir la gratifia d'un regard, fut vaguement surpris de voir un sourire béat sur les lèvres de sa soeur.

" Tu admettras que j'ai peu d'autres personnes auxquelles me remettre, à l'instant, " remarqua-t-il.

Elle donna ses instructions et il ronfla des naseaux pour lui indiquer son assentiment. La vérité était qu'il ne souhaitait tout simplement pas se tromper et préférait s'en remettre à elle, qu'elle ait tort ou raison. C'était plus facile de laisser les autres choisir.

Il décida de se concentrer sur sa marche, éprouvante même pour un équidé bien hydraté. Le soleil lui rongeait les yeux dès qu'il daignait les lever.

" Si tu l'appelles comme ça il ne risque pas de t'accorder son aide. "

Il marcha en silence quelques minutes de plus. Le ciel devenait plus sombre. Il était presque bercé par le bruit de leurs pas.

" Hé bien, je ne compte assassiner personne dans les prochains jours, " déclara-t-il d'un ton badin, la mission de Hyuna' lui revenant à l'esprit. " Et toi ? "

Quant à lui exposer un planning de vacances, il ne fallait pas y compter. Il errerait. La perspective n'était pas joyeuse, aussi choisit il de ne pas la divulguer.
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MessageSujet: Re: L'Assoiffé. [PV]   Mar 15 Aoû 2017 - 0:13



       

  • Hyuna'

    Bien sûr que la princesse ne lancerait pas un nuage de fumée et encore moins un nuage. Que ce soit pour les soulager de ce soleil ou pour leur donner une direction. Quel en serait l’intérêt d’intervenir dans la vie d’être qui devait être aussi précieuse qu’une fourmi.  Quoique la danseuse était venue pour la voir. La noire ne doutait donc pas du fait que sa présence ne leur était pas inconnu. Dès lors que le dieu des dieux avait daigné ramener son diadème jusqu’à elle, il faisait ainsi savoir qu’il avait conscience de sa présence et du même jet qu’il écoutait ce qu’il se trame sur son domaine. Même si celui-ci est laissé sans dominance.

    Suivre cette voie de la dominance était un bon objectif. Un parallèle plutôt enchanteur. Suivre ce soleil n’était pas aussi joyeux. Peut être même un peu fou. Cela étant comme vouloir continuer à cuire, mais Hyuna’ est loin d’être d’une logique implacable. Et le soleil s’en irait plus vite et plus librement qu’eux du désert. Le roux chaud croulant sous leurs pas. Ce sable souvent brûlant. Car ici la brûlure prenait partout. Le cœur, la tête, le dos et aussi les sabots.

    Il faut avouer que Shiro impressionne sa benjamine après tant de temps passer ici il tient bien la route. Cela commençait à faire déjà un moment qu’ils avaient quittés l’étang et la fatigue commence à plomber les pas de sa sœur. Elle est vive, jeune et fraîche certes, elle ne s’endormira pas ici non plus. Mais marcher des heures d’affilées dans le sable, cela éreinterait même un poney divin. Et même avec un dieu dans leur ascendance, ce frère et cette sœur ne pourront pas marcher indéfiniment. La sortie était donc la priorité.  

    Un frère qui enchaîna des morceaux de phrases avec un humour délicieux. Cela aurait comblé la faim d’un affamé. La noire hésitât entre l’éclat de rire et l’indignation, trop curieuse. Non la curiosité était sa principale qualité. Son point fort. Un axe de route. Mais il l’avait appelé petite sœur et cela était un compliment qui ne pouvait avoir aucune égale. Ce qui valut donc au noir un regard pétillant tel une gamine en admiration et un sourire niait, un autre.

    - Et bien heureusement avant a ils ont fait des grands frères pour venir se perdre dans le désert.

    Moquera qui moquera le dernier, na.

    Peu de personnes auxquelles s’en remettre. Et vu la confiance qu’il avait l’air de porter aux autres, cela serait étonnant qu’il demande à n’importe qui ce genre de choses. Mais cela elle n’en serait surement pas plus. Avoir une tâche confiée était suffisante.

    - A  part toi-même. Tout en sachant que tu es censé être l’esprit sain. Même si le mien se porte à merveille !

    Si si. Qu’importe que la nuit tombe, rien ne l’abattrais.

    - Ce n’est pas comme si j’en avais vraiment besoin. Les princesses ont les sauvent et non pas le contraire.

    Bien qu’elle ne soit pas un prince. Elle n’en a pas les attributs, même s’il faut croire qu’elle avait parfois tendance à se comporter avec la franchise d’un étalon. Cela étant tout à fait inconscient. Après tout elle n’avait toujours eu comme seul modèle des étalons.

    Le noir de la nuit perçait dans le ciel et le soleil avait fini par tirer sa révérence. Jusqu’à la prochaine fois où il viendrait cramer le dos de pauvres malheureux égarés. Mais pas eux, non, ils avaient maintenant toute la fraîche nuit pour trouver la fin du désert.

    Quelques minutes encore, le noir tombait comme la fatigue, sans prévenir et Hyuna’ aurait baillé si elle n’avait pas un tant soit peu d’amour propre et de fierté. Elle ne ferait pas signe de faiblesse au milieu d’une évaluation. Levant les yeux sur le ciel devenu étoilé, un voile scintillant. Une fraiche beauté qui risquait de les transformer en glaçon.

    - Arpenter les trompeuses, si possible rencontrer du monde. Peut être même une ancienne connaissance. Comme tu t’en doutes. Mais je ne sais pas ce que je ferais de cette rencontre si elle s’avère.

    Un pied devant l’autre, sur ce sable qui se nourrit surement des cauchemars des pauvres fous qui viennent y fermer les yeux. Un pas de plus vers une autre terre. Marcher la nuit à quelque chose d’inquiétant, mais apaisant. Guidée par les astres. Les dieux peuvent bien aller se coucher.  Elle ne dormirait pas, qu’importe qu’elle en vienne à tomber de fatigue à un moment, elle luterait. Qu’avait il dit déjà ? Non que n’avait il pas dit justement. Il avait échappé à sa question. Tel père, tel fils.

    - Tu évases à nouveau une question.

    La nuit devait rendre ça moins clair, mais elle avait à nouveau sourit. Ils arrivèrent sur une dune plutôt pentue. La noire se laissa glisser tel une skieuse jusqu’en bas de celle-ci, finissant tout de même dans une espèce de rouler boulé chaotique. Se retrouvant pleine de sable qu’elle cracha nonchalamment. Qu’importe par où il passe ce sable est toujours aussi inamical.  

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MessageSujet: Re: L'Assoiffé. [PV]   Ven 25 Aoû 2017 - 21:46


La nuit tombait aussi subitement que le jour s'était levé. Shiro contempla la déflagration écarlate du soleil au loin, mordu par un long frisson incertain. Il regarda sa demi-soeur puis reprit sa marche vers une sortie inexistante. Peut-être fallait il y croire un peu pour la trouver. Et il croyait en peu de choses ; les certitudes ne le concernaient que lui et elles étaient le plus souvent pessimistes.

Il tourna la tête, se demandant s'il retrouverait son chemin jusqu'à l'oasis s'ils se perdaient encore. Tout se ressemblait à nouveau, une immensité indifférente à l'existence à peine caressée par les premiers soupirs de la nuit froide. Shiro pressa le pas. Le sommeil tirait ses paupières vers le bas et accrochait parfois ses jambes. Même un désert finissait par ressembler à un lit pour celui qui dort debout.

" Tu en es certaine ? " demanda-t-il, distraitement moqueur.

Et il lui décrocha un regard critique, comme si l'on pouvait voir l'intérieur d'une tête dérangée avec des rétines. Hyuna' avait l'air parfaitement normale. Tout le monde avait l'air parfaitement normal, en général. Normale, parfois un peu bizarre. Mais c'était parce qu'elle ne réfléchissait pas avant de parler, un flot de pensées nouées à des paroles trop limitées pour vraiment communiquer toute l'étendue d'un esprit qu'elle devait avoir vaste, mais un peu trop superficiel. C'était comme si la gravité des choses ne l'atteignait qu'en retard.

Il songea au meurtre qu'elle planifiait, grimaça en détournant la tête. C'était plus facile de repousser ce détail là. Il est tellement facile de repousser un détail gênant chez ceux qui ne nous ont pas fait personnellement du mal.

" Tu m'inviteras le jour où tu sauveras Zeus, afin que j'assiste à ton  couronnement. Ou ton ascension céleste. "

La nuit était complètement tombée. Le ciel les ignorait, vaste étendue de néant impersonnel aux étoiles rares mais brillantes. La fatigue se faisait de plus en plus sentir. Shiro s'arrêta pour reprendre son souffle et écouter Hyuna'.

Il haleta un peu, avala de la salive âcre. On ne discernait pas très bien, maintenant ; seules les dunes se détachaient au loin, les mêmes monotones bosses se répétant ad infinitum.

" Tu as donc des doutes, " répondit-il, avec une sorte de soulagement. C'était bien, des doutes. Ça signifiait qu'on pouvait tenter de la dissuader.

Mais ce n'était pas son boulot. Retomber dans l'indifférence était plus facile. Et puis, il était tellement fatigué. Il avait eu soif et à présent c'était le sommeil qui pesait sur lui de tout son poids, lui rappelant qu'il avait passé deux jours ici, à errer entre vie et mort sans jamais savoir quel royaume il était en train de visiter.

Il chancela.

" Parce que la question ne me convient pas. Je n'ai pour futur qu'une errance que j'exècre. "

Ils s'étaient arrêtés en haut du dune. Hyuna' décida subitement de faire du ski sur du sable. Shiro observa son tourné-boulé disgracieux alors qu'elle retombait en bas dans la position du cafard mort, poussa un soupir en faisant un pas en avant.

Il la rejoignit après avoir fait ses propres galipettes, recouvert de sable, les paupières lourdes.

" Attends un peu, " soupira-t-il, " Je perds mes forces avec tes acrobaties. "
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