Jeu de rôle équin
 
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 Nevertheless. [FINI]

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Sorrow
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MessageSujet: Nevertheless. [FINI]   Mar 4 Juil 2017 - 3:51

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Nevertheless
Adam et Ève chassés du paradis s'enfuient en hurlant, connaissant pour la première fois la honte. Sorrow, chassé de son enfer, montre la même figure ; celle de quelqu'un qui se considère comme profondément floué. C'est privé de pouvoir que l'on réalise à quel point il vous a forgé. A quel point il influence votre démarche, votre posture, votre façon de regarder le monde, avec une petite trace de dédain, ce petit sentiment d'importance, réduit en miettes par la disparition du trône. C'est aussi en perdant le pouvoir qu'il réalise qu'il n'a pas bien connu cette île ; que ses souvenirs d'enfance sont plus des mirages récréatifs que de véritables portraits fidèles d'Horse-Wild. Longtemps, il est resté abrité par ses terres pluvieuses, par sa maison délabrée, par son verger empoisonné. Tout cela était bon. Tout cela reflétait ce qu'il était. A présent, aveuglé par le soleil, plus seul que jamais, il ne rêvait que de déguerpir dans l'autre sens, pour retrouver la moiteur de sa chrysalide maudite. Il pestait contre tout. Ciel, terre, dieux ingrats, juments disparues, progéniture écervelée. La gratitude lui aurait mordu la langue.

Surtout, il regrettait cette sensation d'immortalité. Le temps sur un trône était tellement long, tellement vide, que les années l'avaient à peine égratignées. Les Terres Orphelines étaient magiques. Là où il aurait du ressentir les effets du grand âge, il avait l'impression de n'avoir fait qu'un pas de plus dans le néant. Ses sens ne souffraient pas. Il voyait parfaitement. Cela l'agaçait, d'ailleurs. Tout ce soleil. Par défi, il avait choisi cet endroit. Il rêvait presque de voir apparaître un dieu. Il rêvait surtout de voir apparaître quelqu'un, n'importe qui. Il se serait abreuvé dans la présence de Querouane s'il n'avait que sentit son odeur. Enfin, il était heureux de savoir cet endroit sauvageon, abandonné par toute forme d'autorité, pesant encore sous le poids des années qui en avaient fait une destination dangereuse, secrète, abrupte.

L'étalon s'arrêta pour reprendre son souffle. Il scruta les alentours, puis avança jusqu'à un peu d'ombre, sentant rouler sous ses pas quelques petits cailloux qui se précipitèrent dans le vide. Oui, quelqu'un.


Dernière édition par Sorrow le Mar 20 Fév 2018 - 16:53, édité 4 fois
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Hyuna'

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MessageSujet: Re: Nevertheless. [FINI]   Mar 4 Juil 2017 - 22:48


             

  • Hyuna'

    La noire que je suis n'est pas venue là à tout hasard. Jamais elle ne mettrait les pieds sur ses terres là au nom d'une quelconque coïncidence heureuse ou malencontreuse. Ce territoire est trop chargé pour être le fruit d'un fils de dieu capricieux. De toute façon qu'on ce le disse, comme dis étant plus jeune, la fille de dieu ici, c'est moi. [Si si elle l'a fait [Vous devez être inscrit et connecté pour voir ce lien] ] Mais on ne va pas le clamer trop fort par les temps qui courent. Nan car j'ai entendu chuchoter un retour de bâton du côté des territoires et c'est pour ça que je suis là. Il faudrait pas que celle qui a eu le culot de faire passer de vie à trépas ma mère prenne ses valises et foute le camp. De toute façon cette idée de se venger un jour avait marqué une grande partie de son existence. Même le vieux chnoque m'avait comprise là-dessus. Enfin il ne le disait pas vraiment, mais j'en suis certaine. Et personne ne la ferait changer d'avis.

    Pas à pas avançant dans un trot soutenue sur la roche. Je cherche ses traces, son odeur. Le temps a peut-être changé ces éléments, mais l'instinct serait guidé mes pas, j'en doute pas. Et pourtant des heures qu'elle arpente les rocheuses, cuisant au soleil, défiant les pumas de venir l'astiquer. Enfin faut dire que j'aimerais pas rencontrer un gros matou. Plutôt une vieille fille. Il y avait plein d'autres mots dans son vocabulaire pour décrire la pie, même si celle-ci n'était pas la seule coupable. Mais ça la noire ne l'entend pas ainsi. Tête haute, regard fier, prête à tout. J'ai trop attendue.

    Enfin ! Une piste,  une odeur et pas toute jeune était passé par là. En plus elle ne m’est pas inconnue. Vieille comme l’enfance. Menaçante, un cri qu’elle espérait guerrier, mais qui faisait plutôt chat égorgé lui échappa. Et rebondit d’écho en écho surement à des kilomètres à la ronde. Pas bien malin si on veut passer inaperçue.  Sur une impulsion magnifique je m’envolai comme une lionne chargeant sa proie, droit devant. Arrivant bientôt sur une masse noire, qui pour sûre ne m’était pas inconnue, mais par contre plutôt incongrue dans cette situation.  Elle freina des quatre fers, s’arrêtant à peine à quelques centimètres de son dieu de père. Moins une. Prenant de suite un comportement totalement opposé.

    - Hey !! Mon Papa chéri !!
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Sorrow
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MessageSujet: Re: Nevertheless. [FINI]   Mar 4 Juil 2017 - 23:29

Il avait une famille. Cela le laissait désabusé. Il avait une famille mais elle était éclatée aux quatre coins du monde. Il avait une compagne mais cette dernière lui échappait. Il avait, finalement, beaucoup aimé dans sa vie. Il avait aimé une Querouane encore enfant comme l'on aime ce que l'on veut apprivoiser, avec patience, avec dévotion, avec passion, puis avec faiblesse lorsque enfin l'oiseau vient manger dans la main et donne ; donne ; donne jusqu'à l'écoeurement. Il avait deux fils. Il ne leur donneraient rien. Il n'avait jamais voulu rien leur donner, sinon un peu d'amour paternel, rapidement tari. Mélodie aurait du lui apprendre que les enfants réveillaient peu de choses en lui, finalement. Mais il avait cru qu'un enfant d'amour serait différent. Il avait eu tort. Il avait aussi pensé à fonder une dynastie. Il avait voulu mourir en laissant une trace. Puis, il avait abandonné l'idée. Son cynisme avait repris le dessus ; les traces que l'on laisse sont effacées par les erreurs de ceux qui marchent dans nos pas.

L'étalon ronfla des naseaux, baissa la tête pour scruter le vide. Plus que les pumas, il se demandait combien avaient chuté dans le vide, lourds mais légers à la fois, conscients pendant quelques secondes de voler jusqu'à la mort, imaginant déjà le craquement sourd d'un crâne contre un rocher. Ces terres étaient presque peintes de rouge. Le vent y était tiède, lymphatique ; la toux laborieuse d'un vieil homme dînant avec la mort. Le ciel, lui, était d'un bleu rêveur. Il avait choisi la chaleur là où tout, souvent, le menait vers le froid. La glace. Le froid et la glace. C'était dans la neige qu'il avait conçu son dernier enfant. C'était un drôle d'enfant. Un enfant d'amour, et un enfant de douleur. Un enfant du dernier espoir. Hypocamp' était morte. L'idée demeurait révoltante. Il se surprenait parfois à repenser à elle avec tendresse. Les moments qu'il avait passés à ses côtés, trop brefs, avaient peut-être été certains des plus uniques de sa vie. Elle lui avait laissé une chansonnette. Hyuna', Hyuna' partie loin d'ici, loin de ses demi-frères et soeurs, loin du tumulte de cette île. Hyuna' ne l'avait pas vu chassé hors de ses terres, comme un lépreux brandissant sa clochette, écartant de son passage les ombres hilares qui auraient voulu l'effleurer de leur joie.

Il y eut un cri, qui résonna, se répéta, se prolongea dans l'atmosphère, plein de joie juvénile. Sorrow devina qu'il n'était plus seul. Il regarda alentour, mais rien ne le prépara à voir surgir devant lui quelque chose de chair et d'os, dont la folle galopade se répétait-elle aussi, écho infini rebondissant sur chaque roche pour le porter à des kilomètres de là et alerter la nature.

Il la reconnut après un moment de retard. Il ne l'avait connue que petite, encore un peu frêle, encore un peu naïve, fraîchement endeuillée. Elle ressemblait à sa mère. Cela l'émut. Il passa quelques secondes à chercher sur son corps ce qui était à lui, et ce qui était à elle. Son exclamation le laissa interdit. Il avait oublié la tendresse, en quelques années. Il failli sourire, mais son visage demeura impassible.

" Hyuna'. Tu es revenue. Depuis quand ? "

Cela lui parut creux. Il répéta, plus lentement :

" Ma fille. Qu'est-il advenu de ton gardien ? "

Il la regarda attentivement. Elle semblait en pleine santé.

" Il ne t'a rien fait de mal ? "

On ne peut faire confiance qu'à soi-même. Il avait parfois eu peur de l'avoir confiée à un vieux lubrique. La nature des gens peut rester cachée jusqu'au passage à l'acte.
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MessageSujet: Re: Nevertheless. [FINI]   Mer 5 Juil 2017 - 15:09


             

  • Hyuna'

    Il n’avait pas l’air heureux. Elle avait grandi, certes, mais c’était toujours sa fille. Peut-être ne s’attendait-il pas à la voir. Enfin elle tout ça elle n’en avait cure. Son regard inquisiteur scruta la moindre parcelle du corps de son père, puis se détourna un peu sur les environs. Ce n’était pas avec lui qu’elle espérait un tête à tête. Mais par contre elle n’était pas déçue de le voir, au contraire. Il n’a pas vieilli, toujours on dirait un tout jeune étalon, j’ai pris quelques années depuis la dernière fois et lui rien. Non elle n’est pas aveugle. Les questions qu’il lui posa la laissèrent perplexe. Oui, oui. Elle aussi avait des tas de choses à lui demander, à lui dire. Et je ne sais pas par où je vais commencer. Lui répondre peut être. Plus tard, elle prit quelques instants de plus.

    J’ai l’impression d’être une pouliche dans un corps adulte devant lui. Une gamine qui ne tient pas en place. Tendant l’encolure pour le sentir, le fixant les yeux ronds. Pour le coup je ne comprends pas. S’il m’avait fait du mal. La blague. Ce vieux chnoque ne connaissait pas la tendresse. Mais il était juste. Il n’avait pas confiance en lui ? Bah de toute façon, confiance ou pas pour ça il aurait été tard, son protecteur était mort, lui aussi.
    Elle lui fit un sourire des plus tendres et un peu amusé quand même. Après tout il avait presque l’air inquiet.

    - Après ça c’est moi qu’interroge ! Rah t’es devenu bavard avec les années mon papa ! Elle enchaîna rapidement ; Depuis pas trop longtemps. Mais assez pour avoir appris deux trois trucs. Le vieux chnoque ?!

    Même après ces années elle continua en retenant sa tristesse, mais les yeux embrouillés.

    - Il est mort il y a quelques années. Puis continua beaucoup plus innocente et nostalgique, voir amusée, sans vraiment comprendre toute la question. Du mal ? Cette espèce d’équidé sénile ! Un toqué du bocal je t’assure ! Je ne compte pas le nombre de bleus que j’ai récoltés avec ses idées farfelues ! Nan mais y a pas à dire je ne sais pas où tu l’as déniché, mais ça devait pas être un endroit tout net. Et puis mentalement je ne t’en parle pas ! Une vraie énigme à lui tout seul, il m’a retourné le cerveau plus d’une fois.

    Et bon courage pour la conscience à Sorrow hein. Elle lui laissa pas grand temps pour encaisser tout ça et enchaîna rapidement avec sa panoplie de question.

    - A moi ! Comment tu vas ? J’ai appris pour les terres dominées, mais tu sais je suis sûr que ça peut s’arranger !! Tu vas les récupérer ? Ha et tu fais quoi ici ? Pourquoi sur les terres des trompeurs ? T’attends quelqu’un ? T’as vu l’ancienne dominante ?

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MessageSujet: Re: Nevertheless. [FINI]   Mer 5 Juil 2017 - 15:41

Elle aussi le dévorait des yeux. Peut-être avait-elle soif de lire dans son regard de l'affection, la tendresse naturelle qui semble devoir unir les êtres liés par la chair et le sang. Sorrow la regardait encore avec des yeux embués par sa mère. L'avait-il aimé, ou pas ? Etait-ce de l'amour que de gravir une montagne de neige pour étreindre brièvement une inconnue ? Et cette fille, y avait-il beaucoup pensé ? Il avait été heureux qu'elle soit loin de lui. Moins d'occasions de commettre des erreurs. Ces erreurs que font les parents en présence de leurs enfants qui fait que, peu à peu, le mythe s'effrite, et qu'il redevient un adulte comme les autres, imparfait, parfois égoïste, surtout trop réel. Sorrow avait aimé entretenir son âge d'airain. Loin du coeur, les yeux devenaient aveugles : ils ne se souvenaient que de l'idéal. Pas de lui, mais de ce qu'il aurait pu être.

Il s'empourpra. Détourna le regard, choqué de ressentir une émotion qu'il avait peu connu, et encore moins accepté, durant toute sa vie. Bavard. En voilà un drôle de qualificatif. Il n'avait pas prononcé deux mots depuis un mois, environ. Gardant ses pensées à l'intérieur, tumultueuses et hurlantes, les forçant à s'apaiser d'elle-mêmes. Il avait eu envie de jurer, d'insulter, de claironner qu'il y avait injustice, mais il s'était tu. Il avait toujours su faire cela. Enfouir ce qu'il pensait jusqu'à ce que la pensée ne soit plus qu'une braise rougeoyant faiblement, menaçant toujours de provoquer un nouvel incendie.

Il était mort. Il ne ressentit rien. Il l'avait connu dans sa propre jeunesse. Il avait toujours été vieux. Sans père lui-même, il avait profité de sa présence pour lui arracher des bribes de sagesse, élève turbulent, pressé, obsédé par d'autres choses. Black Night. Querouane. Peut-être aurait-il du écouter plus attentivement. Les relations terrestres lui paraissaient à présent bien courtes, et la sagesse, elle, traversait les âges d'une bouche à l'autre, créait de nouvelles idées. S'il avait été sage, il n'aurait pas été dominant.

C'était rageant, de s'être attaché à un rôle qui lui avait été donné presque par inadvertance. Les dieux étaient capricieux, puérils. Parfois, il se persuadait que ce n'était pas sa faute. Il se le répétait ; il n'avait pas choisi. C'est eux qui avaient commis une erreur. Il avait été leur expérience, poussé vers une partie de jeux aux dés pipés.

Un petit sourire lui échappa malgré-lui. Elle était tellement vivante. Il n'avait pas l'air vieux, mais elle était réellement jeune, avec toute la fougue caractéristique de son âge.

" Mais il t'a rendu forte. "

Ce n'était pas une question, mais une évidence. Sorrow détourna la tête pour regarder une nouvelle fois les alentours. La nature reposait dans un silence menaçant, comme si le moindre caillou roulant sous ses sabots allait la faire exploser en un concert de petits bruits interminables.

Il tourna son regard sur sa fille. Resta longtemps silencieux, pour digérer ses mots.

" Pourquoi es-tu revenue ? "

Sa figure se tordit avec du soupçon.

" Tu veux la retrouver. "

Il n'avait pas besoin de donner son nom. Ocëan Pearl. Il y a des années de cela, il avait considéré qu'elle était la meilleure d'entre eux. Maintenant, elle était vieille, chenue. Il lui en voulait, mais pas au point de la traquer. Elle avait tué, et pourtant c'était comme-ci ce n'était pas de sa faute. Comme si Hypocamp' avait été condamnée par la fatalité il y a bien des années de cela. Ainsi, elle n'était pas là pour lui. Mais pour la vengeance.
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MessageSujet: Re: Nevertheless. [FINI]   Mer 5 Juil 2017 - 22:16


             

  • Hyuna'

    Peut-être bien que oui. Sûrement m'avait il rendue plus forte. Plus courageuse, hum nan je crois pas avoir eu froid aux yeux un jour. Plus sage alors. Enfin j'ai appris plein de choses, se soigner, être prudente. Enfin ce point-là elle ne l'avait surement pas retenue. Enfaite son enseignement avait surtout été basé sur la nature, aux bonnes et aux mauvaises plantes. Un jour elle avait mangée une plante toxique et le bougre l'avait soignée avec une racine. Cela l'avait tellement impressionnée qu'elle avait avidement appris tout ce qu'elle pouvait sur le sujet. On pouvait donc dire qu'il l'avait rendue plus forte. Elle sourit donc à la juste conclusion de son père.

    Effectivement, elle n'était pas ici même pour lui. Mais l'y avoir rencontré était une bonne chose. De toute façon qu'aurait elle fait ? Il ne répondit pas à une seule de ses questions. Au moins elle sait qu'il avait un point commun avec le vieux fou. Comment ça va ? Le ciel est beau. Des conversations sans queue ni tête elle en avait connu à foison avec le papi. Bon là au moins le sujet était d'actualité. C'était son papa, son modèle si on veut. Mais pouvait elle pour autant lui dire de but en blanc : Je suis là pour ma mère. De toute façon que ferait-elle réellement si elle se retrouvait en face de la pie. C'était bien beau de vouloir, fallait il encore en avoir le courage. Son regard ce perdit sur le fond du ravin. Si profonds, si dangereux. Vertigineux.

    - Tu sais maman avait l'air de s'en vouloir, une histoire de promesse que vous aviez fait. Ou qu'elle t'avait donné. Alors, peut être bien que oui, je la cherche.

    Mince cette jument avait tuée sa mère, qu'importe que cela soit une erreur, un accident ou un malentendu. Elle était là, pouliche et avait tout vu. Qu'importe ce qu'en pensait le monde. Elle n'avait que cette idée-là en tête. Même si son tendre papa avait toujours été aussi sur son planning. Pas vraiment à la seconde place, mais peut-être à égalité. Peut importe cette jument maintenant, le seul étalon à qui elle avait voué tant d'émotions depuis sa plus tendre enfance était là devant elle et d'ailleurs il n'avait répondu à aucune question. Mais cette gosse est têtue.

    - Comment tu vas ? Et Mélodie et Kuro ? Et que fait tu là ? Et continua sur toute une litanie de questions dont elle ne se souviendrait jamais. Puis l'acheva d'un : Et essaye pas de pas répondre !


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MessageSujet: Re: Nevertheless. [FINI]   Mer 5 Juil 2017 - 23:32

La jeunesse. Aurait-il vengé un de ses parents ? Non. Sloth avait été pareille à son nom. D'une douce, presque langoureuse paresse, un peu indifférente aux choses de ce monde, une de ces personnes pour qui la vie semble passer plus lentement, sans raison de véritablement s'inquiéter. Il s'en était vite détaché, avait parfois cherché ce qu'elle avait bien pu lui léguer d'autre que des fanons un peu moins fournis qu'un frison pur sang, et une tête un peu plus fine. Le problème des pères qui ont trop d'enfants, c'est qu'ils n'ont d'amour pour aucun. Il se rappelait du regard de Coeur Noir lorsqu'il avait été choisi, plein de venin. C'est une drôle de chose d'être jalousé par quelqu'un de plus âgé que soit. Cela lui avait fait plaisir. Un de ces plaisirs qui mijotent quelque part dans le foie et produisent la bile jaune que les anciens associaient à la violence. La fierté malsaine.

Elle vieillit sous ses yeux, l'espace d'un instant. Une fleur qui se recroqueville, attaquée par le souvenir d'un vent d'hier trop froid pour ses pétales. Elle regarda ailleurs. Sorrow n'avait jamais aimé qu'on fuit son regard. Les yeux disaient tout mieux que les mots. Les larmes versées valaient mieux que le sang. Peut-être était-ce pour cela qu'il considérait des regrets éternels comme plus satisfaisants que le grand vide que représente la mort. Comment peut-on se satisfaire de savoir quelqu'un absent de ce monde, incapable de constater tout le mal qu'il a fait subir ? Sorrow considérait qu'il souffrait bien plus vivant que mort. Il croyait que c'était pareil pour tous les autres.

" Si c'est à moi que ta mère a fait une promesse, peut-être est ce à moi de juger de ce que sa meurtrière mérite. "

Il inspira profondément, puis soupira. Il se sentait déjà en train de s'enliser dans plus d'ennuis liés au passé. Le passé, le passé, toujours là pour apparaître en grimaçant par dessus l'épaule lorsque l'on contemple son reflet dans l'eau, que ce soit la douleur fantôme d'une vieille chute ou la réapparition de spectres qui ne pouvaient réclamer vengeance véritablement, qui de toute façon n'en avaient que faire, complètement inconscients de tout, la gueule ouverte sur un pissenlit ; sans souffle pour faire voler ses akènes.

" Elle est vieille, maintenant. Cela en vaut-il vraiment la peine ? "

Et qui était-il pour en juger ? Il n'avait pas vu sa mère mourir sous ses yeux. Il n'avait pas vu Hypocamp' s'effondrer, terrassée par Ocëan Pearl. Se fut son tour de détourner le regard, gêné par ce détail, alors qu'un flot de questions tomba des lèvres de Hyuna'. Un sourire tordu barra sa figure. Kuro et Mélodie.

" Je ne les connais pas. "

Ce n'était pas un mensonge, après tout. On ne connaît pas les gens que l'on n'a pas vu depuis des années. Ils ne sont que des souvenirs désincarnés.

" Tu es bien curieuse. "

Il n'avait pas l'habitude de tant d'impertinence et de tant d'intérêt quant à son sort. Encore une fois, il se retrouva bizarrement touché par ce petit bout de jument, animé par de mauvaises intentions mais pourtant semble-t-il encore dénuée de toute véritable méchanceté envers lui. Elle pouvait bien haïr les autres tant qu'elle l'aimait lui, non ?

" Très bien. Je te répondrais si tu réponds correctement à ceci : que signifie heleïn, le nom grec de la plante hellébore ? "
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MessageSujet: Re: Nevertheless. [FINI]   Jeu 6 Juil 2017 - 14:18

(Merci de me faire apprendre des choses, j'adore me renseigner sur les plantes médicinales ! )


             

  • Hyuna'

    Hyuna’ c’était et cela serait toujours une drôle de dynamite. Une boule d’énergie à l’opposer les unes des autres et changeant tellement vite que c’en était déroutant. Elle accomplissait tout de façon extrême, que ce soit aimer ou haïr. Apprendre ou dédaigner. Elle était comme ça, épuisante, éreintante, la suivre devait être un calvaire. Le jour où elle auraits un étalon, le pauvre avait intérêt à s’accrocher. Mais ce jour n’était pas arrivé, franchement pour l’instant elle jouissait d’une liberté qui lui donnait des ailles. Nan là elle serait plus du genre à faire quelques conquêtes. Et oui pour le moment la demoiselle posséder un cœur aussi changeant que son caractère. Et elle n’était pas prête à le livrer à quelqu’un d’autre que son père.

    Son papa, dont les paroles avaient quelques peu du mal à tracer un chemin dans sa tête. Ce « si ». C’était comme s’il n’était pas informé de cette promesse à laquelle il était lié. Voilà qui l’embêtait. Elle voulait savoir de quoi il s’agissait et ne pas savoir ça l’agace ! Elle le fixa à nouveau, interrogatrice. Elle avait une confiance aveugle en lui, il avait toujours fallu qu’elle se raccroche à quelque chose et quoi qu’ont en disent son père serait toujours pur à ses yeux. De toute façon si elle voulait rester princesse, il serait toujours le roi dans son esprit. Mais au nom d’une promesse que sa mère a emmenée dans la tombe, dont lui-même ne semblait averti. Il faudrait donc le laisser seul juge du sort de l’ancienne dominante. Lui en voulait il autant qu’elle ? Avait-il aimé sa mère ?
    Qu’importe pour elle qu’elle soit vieille, qu’elle ait un pied dans la tombe. Avoir repensait à tout ça ranimait un peu sa volonté. C’est cruel, mais si elle était déjà à moitié morte, elle lui rendrait presque service. Imaginer la pie défaillante ne la fit pas tant jubiler que ça en réalité, elle ne voulait pas d’une vengeance trop facile. Cela avait guidé presque sa vie et il ne faudrait pas que cela s’arrête net. Oui ça en valait la peine.

    Il n’était pas le seul, comme lors d’une bataille navale à avoir coulé un navire. Elle aussi avait touché dans le mille. Par contre elle était égoïstement ravie de savoir qu’elle était avec de grandes chances la chouchoute. La sale gosse. Elle eût un franc sourire. Non Kuro et Mélodie ne méritait par contre pas qu’il fasse mine de ne pas les connaître. Même les enfants ingrats, enfin ça c’est pour le fils, car Mélo était tendre et d’une patience d’or et elle n’avait rien dit à l’encontre de son père. Pour Mélodie la seule chose que j’en retire de négatif et qu’elle a choisi le mauvais étalon. Et elle aurait bien continuée d’assouvir sa curiosité en asséchant son père de ses questions. D’ailleurs elle n’y manquerait pas.

    A la dernière question de son père elle ne put pas se retenir de rire. Espérant franchement qu’il ne pensait pas lui poser une colle. Car pour sûr il l’aurait eu sur tous les autres sujets, surement l’anatomie, celui là elle l’avait mis à la corbeille direct et qu’importe les remontrances du chnoque. Mais la botanique et encore plus les plantes toxiques médicinales ça c’était son domaine, son dada. Nommer toutes les plantes, leurs utilités et petites choses à savoir. Le vieux sage elle l’avait littéralement tari de toutes ses connaissances d’herboristes, épongeant chacune de ses paroles. Elle sourit jusqu’aux oreilles, même ses yeux étaient amusés. Pourquoi avoir choisi cette plante là, voulait-il faire passer un message ?

    - Le messager des dieux t’aurait ‘il confier une mission papa ? Si ce n’est pas le cas tu devrais essayer de voir pour le mettre à la porte, donnant-donnant. Car avec ça t’en aurait collé plus d’un.

    Nan les dieux n’avaient pas grande place dans son cœur, de toute façon elle aimait jouer avec le feu. Savoir où étaient les limites, jusqu’à quel point elle avancera avant de se prendre un mur. En réalité, l’existence de ces chevaux divins la rendait perplexe. Elle n’y croyait qu’à moitié. Pourtant il avait bien fallu que quelqu’un chasse les dominants, elle n’y comprenait rien. Bon elle l’avait assez fait poireauté et l’impatience qu’il lui réponde la gagnait, la liste des questions s’étendaient.

    - Heïlen, papa chéri veut dire « faire mourir », bore de bora suppose la nourriture. Drôle de choix tout de même. Cette famille de plante est plutôt réputé pour être toxique, mais en réalité elle soigne aussi bien qu’elle rend malade. Et sa réputation ne lui sied gère à mon goût. Sinon pourquoi associer les mots ; mort et nourriture. Pour moi ce serait plus une nourriture qui fait fuir la mort.

    Et Paf ! Pour peu elle aurait tirée la langue, mais l'expression de son visage devait être suffisante.

    - Bon maintenant j’attends tes réponses, comment tu vas ? Savais-tu pour cette promesse ? Quel sort ? Kuro est un fils ingrat, mais il est bon et Mélodie est vraiment une jument aimante, même si franchement en amour elle n’a pas de goût. Ce sont tes enfants, tu les connais. Que fais-tu là ?

    Elle avait pris plus de temps pour poser ces questions, mais elle trépignait d’impatience que son père lui réponde. Hyuna' inspecteur de police à votre service.



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MessageSujet: Re: Nevertheless. [FINI]   Jeu 6 Juil 2017 - 19:00

Il se mit en marche, sachant pertinemment qu'elle le suivrait peut-être même avec plus d'agilité vers un poste d'observation idéal mais difficile à atteindre. Ses pensées le poursuivaient elles aussi, tandis qu'il laissait sa fille réfléchir. Sa petite pique lui vola par dessus la tête, et il se contenta de brièvement plaquer ses oreilles contre sa nuque pour lui signifier qu'il avait entendu et goûtait à moitié la plaisanterie. C'était étrange. Elle lui parlait comme si elle n'avait été partie que quelques mois, tout au plus, mais il ne l'avait vue pour la dernière fois que lorsqu'elle était pouliche. Une pouliche seule, les yeux encore hantés par la disparition subite de celle qui lui avait donné la vie. On anticipe jamais la disparition des gens ; on les sait voués à mourir un jour ou l'autre, mais l'annonce de leur mort est toujours brutale, inattendue. Aucune connaissance de la mort ne prépare à la subir de plein fouet. Hyuna' avait été trop jeune pour avoir vu un cadavre. Il se demandait ce qu'elle ferait, lorsque lui disparaîtrait. La part de lui la plus égoïste voulait imaginer des torrents de larmes. Son indifférence par rapport au monde lui suggérait, au contraire, d'un jour disparaître dans la pénombre, pour ne plus jamais être retrouvé par âme qui vive. Disparaître comme une légende dans la mémoire des hommes ; réapparaître quelques siècles plus tard, voyageant d'une bouche à une autre, identité déformée, mal connue mais immortelle.

" Les dieux n'ont plus aucune mission à me confier. "

Il parlait plus pour lui que pour elle. Il gravit un immense rocher, sentant quelques muscles de son corps protester. Il touchait presque au but. Se laissait absorbé par cette idée. Il lui semblait qu'une fois perché là, il verrait le monde avec des yeux plus clairvoyants, et apercevrait les limites d'Horse-Wild. Cette terre était immense, mais même elle avait des frontières, grignotées par la mer tumultueuse. Il n'avait jamais vu une mer calme ailleurs qu'à l'Archipel des Boucaniers. Peut-être aurait-il dû s'y rendre après ça. Du soleil et des vagues presque plates, rassurantes parce que jamais perturbées par les âges. Le contraire de ce qu'il avait connu pendant une grande partie de sa vie.

Ah, comme elle était fière, Hyuna'. Comme un enfant qui récite son poème appris par coeur, la voix bien claire, en faisant attention à la rime. Il daigna s'arrêter pour l'écouter, tournant la tête vers elle, un peu penchée sur le côté, dans la circonspection. Il sourit légèrement ; assez légèrement pour que cela n'ait pu être qu'une ombre passant sur sa figure.

Il la laissa attendre alors qu'il rejoignait son objectif. Oui, la vue était bien. Il surplombait le vide et le soleil semblait incroyablement proche, immense, d'un rouge presque sanguin. Il scruta le ciel vide puis entama d'une voix profonde :

" A vrai dire, il y a deux sens. "

Il tourna la tête vers elle et la regarda avec des yeux songeurs, poursuivant :

" Heïlen signifie, comme tu l'as dit, nourriture qui tue. Mais la racine d'hellébore pourrait tout aussi bien être elleboros. La plante qui soigne la folie et la mélancolie. Certaines personnes ont deux choix, dans leur vie. Celui de tuer, ou celui de guérir. "

Il aurait menti en disant qu'il n'était pas peu fier, son expression presque similaire à celle de sa fille il y a quelques instants. Il la laissa attendre ses réponses, triant ses pensées. Kuro et Mélodie revenaient, comme deux mouches insistantes qu'il rêvait d'écraser sous son sabot. L'idée était violente, mais pas dénuée de légitimité. Il savait jusqu'au plus profond de ses os qu'ils auraient fait de même.

Il décida de répondre à la dernière en premier.

" Hé bien, je me promène. "

La simplicité absurde de sa réponse lui plut ; il esquissa un petit rictus ironique.

" Mon humeur est de peu d'intérêt. Puisque je ne suis pas en colère contre toi, tu peux déduire que je vais assez bien pour supporter ta présence. Kuro et Mélodie..."

Il se perdit dans le bleu céruléen des cieux. Battit des cils.

" Kuro et Mélodie me tueraient s'ils le pouvaient, et je ne leur donnerai pas forcément tort. Les enfants aux pulsions meurtrières, on ne les connaît vraiment qu'une fois le couteau bien profondément planté dans le dos. "

Une fois encore, il sourit. Dans le macabre on trouve souvent l'hilarité. Puis, son visage s'assombrit. Il se raidit et se tourna vers elle. Lorsqu'il ouvrit la bouche, sa voix n'était plus la sienne, mais elle appartenait au sépulcre.

" C’est promis, je ne laisserais rien ni personne jouer notre musique, je la garderais comme le ciel garde les nuages. Je la protégerais comme les vagues défendent la mer. Rien ne l’entachera, personne ne la froissera. Pas temps que je serais là. ... Toi aussi j’espère. "

Une pensée le traversa.

" Et s'il t'arrivait quelque chose, qu'est-ce que je dirais à ta mère, dans l'au-delà ? Que je n'ai pas su te protéger comme elle l'espérait ? "

Il ne précisa pas que l'Enfer n'existait pas à ses yeux, bien que l'existence d'Hadès ait remise cette croyance en doute.
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MessageSujet: Re: Nevertheless. [FINI]   Jeu 6 Juil 2017 - 21:56

             

  • Hyuna'

    Elle avait pris plaisir à le suivre, toute fière. Marcher dans les pas de son père, c’était comme un doux rêve. Elle franchit le rocher avec toute la fougue qu’elle pouvait posséder. Il la menait sur un plateau à la vue scandaleusement belle. Répondant ainsi à ses paroles en chemin. Pour peu elle se pincerait, mais elle aurait trop peur de se réveiller. Et il lui semblait que tout cela aurait pris une forme encore plus douce, avec des jeux, des rires, des sourires. Mais elle n’était plus une pouliche et la vie elle-même avait parfois un arrière goût amer, voir frustrant. De toute façon elle n’avait que faire de tout ça, l’amertume elle l’envoyait sur les roses. Non, elle était trop jeune pour être touchée par une maladie pareille. Ses sentiments elle les exprimait avec passion, les laissant la fuir en même temps que les émotions.

    L’espèce de brève grimace qui devait être un sourire avait quelque chose de merveille, comme une approbation silencieuse. Ils n’auraient été entouré de ces précipices elle se serait jeter sur lui, mais retint son élan. Je crois qu’il n’en faudrait pas trop pour le cœur de mon père. Il avait l’air tellement timide, les années avaient défilée, mais pour elle c’était comme si ils s’étaient vu hier. Ce jour où il l’avait envoyé chez le vieux. Elle vit son père devenir aussi jeune qu’un adolescent l’espace d’un, l’air d’un coq de bassecour tout fier. D’un gamin fier d’avoir rendu service ou quelque chose du genre. Elle but ses paroles jusqu’à l’ultime phrase de son explication. Restant pensive sur les dernières, ce demandant encore s’il y avait un second sens à ses mots. Une deuxième nature chez elle, le vieux parlait toujours par énigme et ses phrases ne voulaient jamais dire ce que les mots semblaient laisser entendre. Une torture. Tenir une conversation était un calvaire.

    - Selon toi, un de nous deux aurait un choix à faire ? Exprime-toi simplement vieil homme !

    Oups ! Elle leva les yeux au ciel tel une gosse. Ça lui avait échappé, parfois, non souvent, sa patience étant très limitée elle la perdait au fil des conversations avec le gardien. Et l’envoyait paitre. A tout les coups elle se prenait une remontrance du diable et n’en sortait pas indemne.

    - Pardon papa ! Ce n’était pas pour toi.

    Maintenant il allait la prendre pour folle. Enfin pour trainer ses fesses ici il devait plus être très net non plus. Elle suivit son regard, ne sachant vraiment ce qu’il regardait. De toute façon c’était un panorama magnifique. Il n’était pas en colère contre elle et bien de toute façon elle avait bien l’intention de faire en sorte que ça ne soit jamais le cas. Elle l’espérait. Je ne pense pas que Mélodie ferait du mal à son père, Kuro lui, elle en mettrait pas les sabots au feu. Et elle, n’était elle pas une enfant avec des envies de meurtre ?

    - Je ne te planterais jamais un couteau dans le dos. Ni nulle part ailleurs. Fit elle aussi joyeuse que sérieuse.

    Vraiment il rajeunissait lorsqu’il souriait. Et elle ça la fit sourire aussi. Mais il eût aussi vite fait de s’éteindre à la vue du visage de son père qui perdait la vie qu’il avait la seconde d’avant. Et ces mots eurent aussitôt fait de l’achever. Alors il la connaissait cette promesse, elle était belle et elle ne se retenue pas et laissa couler des perles cristallines sur ces joue. Elle avait envie de brailler à plein poumons, de crier. Il la finit sur une espèce de tourment pour sa conscience. Elle ravala ses larmes, sa salive et tout ce qu’elle pût d’autre et le fixa une fois de plus. Elle inspira et soupira aussitôt. Mais pas vaincue.

    - Je vois bien où tu veux en venir, cette promesse est belle, elle l’était. Mais dit moi papa, peut t’elle être encore effective ? … Je veux dire, maman, elle est morte. Alors ça compte toujours ? Moi je t’en libère ! fit-elle plus insistante. Elle ne pourrait pas t’en vouloir, mince ! Puis elle souffla d'un timbre moins audible, menaçante et haineuse ; De toute façon ce n’est pas à moi qu’il arrivera quelque chose !

    Le regard encore brouillé de larmes dirigé maintenant sur l’horizon. Pleine de détermination, de colère, l’antérieur fouillant rageusement le sol. Non il ne faudrait pas qu’une promesse l’enchaîne elle aussi. Un petit sourire brigand lui échappa. Tant qu’elle s’en sortait indemne, il ne brisait pas sa parole. Et puis avec la vieillesse un accident arrivait vite. Elle soupira à nouveau et se fit plus énergique. Plus têtue encore aussi.

    - Franchement, c’est trop facile ! Elle ne va quand même pas mourir tranquillement de vieillesse ? Et puis, je ne suis pas obligé de me salir les sabots.

    Elle espérait juste ne pas avoir été trop loin. Mais au moins elle était franche.



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MessageSujet: Re: Nevertheless. [FINI]   Jeu 6 Juil 2017 - 23:02

[Vous devez être inscrit et connecté pour voir ce lien] avait composé une mélodie à quatre mains, sur de la neige. Il avait cru mourir seul, ce jour là. Il s'était effondré dans ce champ immaculé, et il avait pensé s'endormir seul, quelques temps ou pour toujours. Elle était apparue, nivéenne, perdue. En réalité, il ne l'avait pas véritablement connue. Pas avant qu'elle ne change. Ils s'étaient tous les deux sauvé la vie. Ou plutôt avaient-ils choisi de continuer à vivre pour insuffler dans une partition tout ce qui était nécessaire pour qu'elle soit jouée. Qu'avait-il dit, alors ? Deux notes de piano. Un étalon noir et une jument blanche. Ils allaient créer quelque chose de parfait. Et oh, comme il l'avait attendu, cet enfant. Il avait attendu tous ses enfants, mais celle-là il y avait pensé presque tous les jours, déchiré par l'absence. Et elle était là. Il le réalisa, tout à coup. C'était très simple. Elle était là. Elle était vivante.

Ils n'avaient été que deux inconnus. Alors pourquoi souffrait-il, tout à coup ? Il avait perdu la compositrice d'une moitié de sa mélodie. Depuis, elle chantait avec plus de douleur. Il aurait pu lui en vouloir de n'avoir pas respecté sa promesse ; d'avoir cherché les ennuis avec Ocëan Pearl, là où elle aurait pu s'exiler le plus loin possible des choses terrestres, là où le ciel est trop bleu, l'herbe tendre, les oiseaux merveilleux. Ça n'était pas le genre d'Hypocamp'. Lui qui l'avait si peu connue, il le savait pourtant. Seul quelqu'un qui aime le danger peut se coucher dans la neige avec un parfait inconnu, et choisir de créer avec lui un être vivant, en capitulant toute méfiance.

" Je dis qu'Ocëan Pearl a fait son choix. Et que tu peux faire encore le tien. Ta mère a passé sa vie à se battre. Ce n'est pas comme ça que je l'ai connue, mais c'est comme ça qu'elle est morte. Penses-tu qu'elle aurait voulu que tu l'imites ? Si tu commences, tu devras continuer. Elle aussi a des enfants, tu sais. "

Des enfants lointains, persifla sa conscience. Cette dernière ramollissait. Son affection pour sa fille, et pour la mère de cette dernière, finissaient par faire flancher sa détermination. S'il avait eu Ocëan Pearl sous les yeux, il ne lui aurait pas fait de mal. Mais sa déception aurait marqué  tout son corps. Il l'avait considérée comme la meilleure d'entre eux, à une époque. Plus maintenant.

Il avait à peine relevé la remarque.

" Je suis vieux, mais je suis fort. "

C'était vrai. Il n'avait pas besoin de mentir. Il savait qu'il était encore agile, encore assez vif. Que s'il décidait d'épargner à sa fille le poids de la vengeance, s'il devait lui-même...

La sincérité a cela de blessant qu'elle sait toujours où frapper. Il resta silencieux longtemps, contenant les émotions qui le prenaient à la gorge, scrutant l'horizon de son air le plus impassible. Un oiseau volait, au loin. Il se rapprochait. Il avait une envergure immense ; ça devait être un vautour. Ce jour-là, Hyuna' avait été seule. La meurtrière était partie en laissant un enfant avec un corps encore chaud. Les vautours avaient du planer. Ils ont toujours faim. Ils peuvent aussi s'attaquer aux petites proies vivantes. Aux mélodies murmurées.

" Merci. "

Le mot était simple, le sentiment moins familier. Il se tourna vers elle, sourcilla. Elle s'animait beaucoup, lorsqu'elle parlait. Sans doute saurait elle un jour convaincre des foules. Elle n'était pas encore une guerrière, pas encore une sage, ni même une meneuse : mais elle montrait les prémisses de quelque chose de grand, de digne, de trop vite corrompu.

" Est-ce que tu as pensé à moi ? " demanda-t-il, avec des yeux doux, " Peut-être que je veux la respecter. Peut-être que ça me plaît, de savoir que tu n'as tué personne. "

Elle pleurait. Il y avait dans ce bouillon de larmes quelque chose de la petite fille qui a vu des choses atroces. Les sanglots viennent souvent de l'enfance, de ce sentiment hébété d'avoir rencontré quelque chose pour la première fois, comme la cruauté. Les adultes qui pleurent sont  des enfants aux genoux écorchés pour la première fois.

" Qui te dit qu'elle mourra facilement ? Les regrets consument les vieilles personnes au moins autant que la lèpre. "

Ah, on aurait dit une menace. Il regretta aussitôt ses mots, et regarda ailleurs. Il fallait la distraire. De la jalousie ? Quels sabots voulaient-elles salir ?

" Tu as un autre frère. Shiro. Tu ne l'as jamais rencontré ? "

De ses enfants, il avait passé le plus de temps avec lui. Il était ailleurs. Il savait qu'il ne le haïssait pas, ce qui était mieux que ce qu'arboraient les autres à son égard.

Sorrow poussa un soupir. L'oiseau tournoyait, à présent, l'oeil rivé sur le sol. Il devait y avoir repéré de quoi manger.

" J'ai bien peur que tu n'héritera de rien. Les Terres Orphelines le sont réellement. "
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MessageSujet: Re: Nevertheless. [FINI]   Ven 7 Juil 2017 - 14:16

       

  • Hyuna'

    Écoutant son père prendre la parole elle jeta son regarde sur le vautour qui guettait. Ils amenaient toujours la mort avec eux et elle y avait eu trop affaire à ses sales bêtes. Avec sa mère et aussi lorsqu’elle avait veillée le vieux. Pas moyen elle n’arriverait jamais à leur trouver des qualités ou bien en encore des excuses. Tout comme à la pie. Ces rapaces n’avaient de goût que pour les carcasses, il n’était même pas capable d’occire leurs proies eux-mêmes, sauf à la rigueur si celle-ci était faible.

    Et elle ne l’était pas et ne le serait jamais, elle ne voudrait jamais avoir cette propre image d’elle. Bien sûr qu’elle l’avait été pouliche, mais c’était révolu. A jamais. Elle sourit à nouveau, toutes ses émotions négatives lui échappant comme le vent. Oui son père était fort, il le serait toujours. Eternellement. Oui car, dans son monde, il était immortel. Et effectivement elle n’avait pas pensée à lui. Non, qu’importe la façon et le nombre de fois où elle songeait à expédier ad patres Ocëan Pearl, elle réfléchissait jamais à ce qu’éprouverait alors son père, mais elle n’avait en aucun cas prit en compte qu’elle pourrait y laisser des plumes.

    « Tu n’as tué personne » Là sa conscience hurla d’un tympan à l’autre, faisait un remue ménage du diable et elle secoua la tête vivement. Si elle avait sût qu’une rencontre avec son père menait à tant d’interrogation sur elle-même. Ha bah ils avaient dû bien se compléter avec le vieux. Si j’ai tuée ma mère, on jouait et elle en est morte. Tu parles d’un jeu toi. Et si je lui disais, si je te le dis papa, m’en voudrais tu.

    Et sur une jeune jument, les regrets ça donnait quoi ? Allait-elle se consumer comme un brasier. Nan, qu’importe jusqu’où elle irait, elle renaîtrait toujours tel l’oiseau de feu. Elle le ferait à l’infini. Et oui, effectivement, la noire avait toujours cru que la dominante trépasserait rien qu’à sa vu. Mais ça serait trop facile. Qui ? Quoi ? Pourquoi il bifurque comme ça. Un autre, mais il a batifolé avec toutes les juments du coin ? Tel un papillon sur toutes les fleurs. Ses yeux parcourent son père, sans gène. Oui il est beau comme un dieu, il avait dû les faire tombaient comme des mouches sur du miel. Elle avait déjà croisée deux de ses enfants. Elle se voyait déjà membre d’une fratrie immense. Et eu une petite inquiétude totalement féminine.

    - Connais pas. Hé beh ! Tel un Apollon qui repeuple la terre ! Y en a beaucoup d’autres ? Tu fais bien de l’dire, t’imagine toi si je tombais sur un de mes frères sans le savoir et … qu’on s’entendait un peu trop bien. Enfin tu vois quoi.

    Franchement contente d’être noire, car elle s’empourpra quand même. Il faudrait qu’on lui donne le mode d’emploi des papas car y il a surement des choses qu’ils ne peuvent pas entendre. Du genre ; ma fille a des envies de meurtre, des envies de flirt, enfin les trucs du genre. A son tour de détourner un peu de sujet.

    - Ce Shiro il est où ? Il a quel âge ? C’est bien ton fils ? Maman n’avait qu’une autre fille je crois.

    Hériter. Hériter ! Cela ne lui avait jamais traversé l’esprit, mais de savoir qu’elle aurait pu, peut-être hériter elle où un de ses nombreux frères et sœurs, elle se sentit presque flouée par ses soit disant dieux sorti d’on ne sait où. Aspirer au pouvoir, a la dominance ne l’avait pas effleurée et en un instant c’est comme si on venait de lui arracher quelque chose que l’on ne lui avait jamais donné. Comme une sucette passant devant le nez d’un enfant ne s’arrêtant qu’un court instant. Elle redevint la jument pleine d’énergie, prête à retourner la terre, faire tourner le monde en sens inverse. Fougueuse. S’ils existaient elle avait bien envie de les voir. Elle regarda son père, un sourire plein de défis, les yeux tout aussi plein de crânerie.

    - Je n’y avais jamais songé, je te voyais à jamais sur ton trône papa. Mais si elles sont si orphelines que ça, qui empêchera quelqu’un, même toi de se proclamer dominant à nouveaux !

    Puis elle regarda le ciel, s’avança un peu sur le plateau. Et cria pleine de provocation.

    - Qu’ils viennent seulement, on les voit jamais ! De quoi ont-ils peur ?!! Qui empêchera quelqu’un de dire qu’il est le dominant de telles terres, de quel droit !

    La sale gosse. Elle se retourna vers son père tout sourire. Plus calme.

    - C’est vrai, ils viennent, te chasse, toi et les autres. Puis repartent mine de rien. Et qu’on ne me dise pas qu’ils sont là. J’ai du mal à y croire.



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MessageSujet: Re: Nevertheless. [FINI]   Ven 7 Juil 2017 - 14:59

Le soleil devenait cuisant. Il n'avait, finalement, jamais vraiment exploré les Terres Trompeuses. Poulain cela ne l'avait pas dérangé de piétiner sur les plates-bandes des autres, mais adulte il s'était confiné à son territoire la plupart du temps, préférant rendre les visites diplomatiques rares, et en terrain neutre. Il se demanda brièvement s'il aurait été heureux, ici, dans cette immensité de chaleur et de roches. La réponse ne se pressa pas pour lui piquer la langue, et il laissa l'idée végéter quelque part dans son esprit, là où se meurent tous les scénarios improbables. Son sabot racla le sol, soulevant un peu de poussière orangée. Elle n'était vraiment pas là, Ocëan Pearl. Elle ne surgirait pas comme un diable de sa boîte. Quant à Diégo, il errait sûrement à des lieux d'ici. Mais s'il lui arrivait de revenir...

" L'ancien dominant de ces terres. Il était très puissant. "

Il se souvenait de l'avoir vu pour la première fois, une imposante masse blanche recouverte de cicatrices. Là où Perjury avait exsudé la dignité, lui avait donné l'impression d'être une force irrépressible. Les premières impressions pouvaient être trompeuses. Elles l'étaient même trop souvent.

Il la contempla d'un air curieux. Oui, elle n'était plus une pouliche. Elle voulait peut-être même fonder une famille. Il ne s'était pas du tout préoccupé des familles de ses autres enfants. Il ne parvenait plus à se rappeler s'il était grand-père ou pas. Et il lui faudrait faire la connaissance d'un étalon qui n'aurait sûrement rien fait pour la mériter. Il risquait de ne pas avoir la vie facile.

" Ne sois pas trop pressée d'avoir des enfants. "

Le conseil lui paraissait sage ; il venait de sa propre expérience.

Sorrow décida qu'il en avait assez vu. Il se détourna du panorama pour repartir dans l'autre sens, sautant pour redescendre, grimaçant légèrement en atterrissant. Il retrouva l'ombre qu'il avait quitté auparavant après quelques minutes de marche, jetant un regard vers le vide. Il s'arrêta pour mieux contempler une sorte de petit ruisseau asséché qui serpentait entre deux touffes d'herbe tout en bas, et décida d'aller voir ça de plus près, sans en informer sa fille. Ils auraient du mal à s'extirper de ces terres. Elles étaient un véritable dédale où tout finissait par se ressembler, habité seulement par les espèces les plus robustes et les plus élusives.

" La fille de ta mère n'est plus, " lui signala-t-il distraitement. Ça, au moins, il le savait.

Une poignée de graviers dégringola dans le vide alors qu'il posait son sabot sur un endroit un peu trop escarpé. L'étalon sourcilla. Il avait vraiment envie de descendre, et il descendrait. Encore distraitement, il réalisa que ce genre de résolution butée lui venait au moins en partie de Querouane. Il parvint à atteindre le niveau inférieur, esquissa un fin sourire satisfait. En attendant que Hyuna' le rejoigne, il répondit :

" Shiro est le frère jumeau de Kuro. J'ignore où il est. Tu ne risquerais pas d'avoir de problèmes de ce côté. Il me ressemble trop pour que tu ne le remarques pas. Ta famille est très étendue, mais pas forcément à cause de moi ; ton grand-père a disséminé sa descendance un peu partout. "

Etait-ce pour cela, qu'il avait lui aussi voulu des enfants ? Comme si cela avait prouvé sa valeur ? Une lignée maudite par l'avidité d'un seul ancêtre.

Il accepta ses prochains mots en silence, englouti par l'ombre de la roche. Ses yeux fouillèrent l'obscurité, puis il parla lentement, sans savoir s'il y croyait vraiment, d'un ton un peu laconique :

" C'est peut-être mieux comme ça. "

Il ne pouvait pas rager devant sa fille, maudire les cieux. Elle venait de crier pour lui, qui avait retenu les mêmes mots juste avant. Ainsi, elle devenait accidentellement sa voix. Il n'aurait jamais permis à quelqu'un de parler pour lui, par le passé. Mais si cela pouvait être utile.

" Je les ai rencontrés. Ils existent. Ils sont capricieux. Un peu comme toi. "

Et il esquissa un petit sourire plein d'humour.
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MessageSujet: Re: Nevertheless. [FINI]   Ven 7 Juil 2017 - 21:49

       

  • Hyuna'

    Il ne tenait pas en place, elle avait toujours eu du mal à se concentrer sur une conversation toute en marchant. Mais elle fit un effort pour porter attention à son père. Toute son attention. Essayant au passage de ne pas perdre la route de vue. Mais ce qu’il lui disait l’interpellée à chaque fois. Son père est une source d’information sans fin. Un peu comme ces ravins, sauf que ceux-là on pouvait en voir le fond. Alors qu’à chaque fois que son noir géniteur ouvrait la bouche il l’instruisait d’une nouvelle chose. Bien sûr la demoiselle est insatiable, chaque réponse ouvre la route à trois fois plus d’interrogation. Là par exemple elle voulait savoir qui était ce fameux dominant, celui qui régnait avec l’ancienne ?

    Elle gardait ses questions pour après, même si la première moitié passerait à la trappe et la moitié de ce qui restait serait évité ou omis par son paternel. L’ancien dominant devait penser savoir voler pour s’amuser si près du vide. Il faut dire qu’elle serait bien la première à passer par ce genre d’endroit, peut être qu’elle avait hérité cela de lui. Elle suivit les cailloux qui faisaient un saut de l’ange pour aller s’écraser en bas. Ces pierres avaient suivit l’annonce de la perte d’une autre partie de sa famille. Après tout cela ne la dérangea pas tant. Elle restait ainsi la seule et unique fille D’Hypocamp’ ! C’était l’équivalent d’être assise sur un trône. Elle eu l’impression d’avoir une couronne de lauriers sur la tête. Ce réjouir de cette nouvelle n’était pas à son avantage, mais cette sœur lui était inconnue et le fait qu’elles furent que deux à être ses filles auraient pour elle forcement crée une rivalité. Elle était jalouse de celle qui avait connu sa mère avant elle, avec qui celle-ci avait dû partager des jeux. Ce qui en réalité n’était jamais arrivé. Hypocamp’ avait été horrible avec sa première fille.

    Elle rejoint son père en ce retenant de dire un vilain tant mieux. Sale gosse. Shiro le jumeau de Kuro, mais comment c’était possible. Kuro était tellement … Enfin pas. Bref. Si elle comprenait bien elle risquait de croiser un cousin, une tante ou quelque chose du genre à l’orée de chaque bois ? D’ailleurs son père avait un père … mais comment c’est possible !

    - Il s’appelle comment ? Ton père papa, autant que je sois informée si je le croise lui ou tes frères et sœurs. C’est bizarre, murmura-t-elle, mon père a un père ...

    Comment nommait-on le père d’un dieu ? Ils devaient bien le savoir les autres là. Peut-être juste un équin normal qui avait eu de la chance parmi ses nombreux enfants. Elle observa l’endroit où son père donnait l’air de vouloir aller et la vue d’un ruisseau qui semblait tari lui donna soif. Peut-être que sous la végétation il y aurait de l’eau. L’envie de descendre se fit plus forte chez la noire. Pour peu elle aurait sauté pour arriver plus vite en bas. Mauvaise idée. Autant passait par la voie terrestre, cette dernière était déjà assez esquintée comme ça. Le vautour était maintenant non loin au-dessus d’eux, croyait-il qu’ils étaient faibles ? Lors de ses cercles planait, il s’approchait et s’éloigné tour à tour. Elle était absorbée par son vol. Il avait un air … un air de, ses yeux se firent examinateur. Inspectant l’animal du mieux qu’elle pouvait à cette distance, le pénétrant en part en part. Elle esquissa un pas pour le rejoindre, puis un autre. Lui c’était une vieille connaissance, elle en était certaine. Un éboulement sous elle la rappela à la réalité. Elle était vraiment proche du vide maintenant, elle se rapatria contre la paroi fissa. Elle riva ses yeux sur son père. Il n’avait pas dû en perdre une miette. Elle n’en manquait vraiment pas une. Qui plus est, il lui avait parlé et elle n’avait rien entendue.

    - J’ai pas entendue papa, tu disais ?

    Mais son regard retourna sur le charognard. Elle aurait voulu l’attraper.

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MessageSujet: Re: Nevertheless. [FINI]   Ven 7 Juil 2017 - 23:28

Et puis, il n'avait pas eu tant d'enfants que ça. La mère de Mélodie avait été presque suicidaire. Elle se savait condamnée, et il lui avait, en quelque sorte, rendu service, bien que les circonstances aient été troublantes. Shiro et Kuro avaient suivi après des années d'un ménage relativement harmonieux. Il avait ensuite eu Hyuna', puis il avait rencontré Geisha. Il n'avait jamais désiré de poulain d'elle. Il ne voulait plus de poulain, souhaitait plutôt se concentrer sur les fondations d'une relation pour la rendre plus solide. Et puis, elle en avait déjà eu un d'un autre. Mort noyé. Où était-elle, Geisha ? Il ne l'avait jamais faite reine. Il n'en aurait eu, finalement, qu'une seule.

Il aimait encore Geisha. Peut-être s'accrocherait-il à cet amour pour le restant de ses jours. Il est plus facile qu'on le pense d'aimer un être absent. Il suffit d'occulter chez l'autre tout ce qui vous a jamais déplu, et de vous concentrer sur toute cette affection, qui devient votre seconde ombre, la chose vers laquelle vous vous tournez lorsque la nuit tombe, pour enfin éveiller en l'esprit un rêve.

Il ne parlerait pas de Geisha à sa fille. Hyuna' ne le prendrait sûrement pas bien. S'il la retrouvait un jour, alors il devrait la lui montrer, et les forcer à nouer des liens sinon amicaux, du moins civils. Les seules personnes qui l'adoraient ne pouvaient passer le restant de ses jours à se bagarrer.

Ses fanons se couvraient d'un peu de poussière. Il secoua les jambes, les yeux rivés sur son objectif. De là, il pouvait voir que la berge du ruisseau asséché était bordée de petites plantes sèches, poussiéreuses elles-aussi, qui ne satisferaient pas la faim du plus frugal des springbok. Le vautour était de retour, ses yeux sombres planant sur eux autant que sa large envergure. Il espérait sûrement une chute mortelle.

" Coeur Noir. "

Voilà des années qu'il ne l'avait pas vu. Il avait entendu son nom, de ci-delà. Coeur Noir n'était pas le genre d'étalon à mener une vie complètement paisible. Il avait aussi de nombreux demi-frères et soeurs dont il n'avait que faire. Il était le seul avorton qui ait pris de l'importance, et maintenant il était un rejeton comme les autres, loin des yeux du public.

" Et ta mère a sûrement une mère. Quelque part. Je te déconseille de faire des recherches trop poussées. Tu pourrais être déçue. "

Ah. Un mince couloir permettrait d'atteindre leur but rapidement. Il jeta un regard en arrière pour voir ce que la jument faisait. De lourdes pierres chutèrent dans le vide et provoquèrent un chaos total pendant quelques minutes, alors que le bruit de leur effondrement retentissait à travers la nature. Elle était en sûreté, mais il avait inconsciemment esquissé un demi-tour, pour lui venir en aide s'il le fallait. Ses muscles se détendirent, et il lui intima alors qu'il s'engageait sur le petit chemin :

" Fais attention à toi. "

Elle lui demanda de répéter, mais il choisit de se taire. Quel bien cela lui ferait, de connaître le danger avant de l'avoir goûté ? Si elle voulait insulter des dieux, elle en avait le droit. Si ils choisissaient de la punir, elle n'aurait eu pour crime que le fait d'avoir exprimé son opinion. Les gens avec des opinions vocales étaient trop rares, en ce monde. Autant ne pas les décourager.

Elle aurait le temps de faire toutes les erreurs du monde. Il n'avait jamais croisé le chemin d'Aléas, mais imaginer sa fille aux prises avec ce dernier le laissa avec un petit sourire flottant, dans lequel se cachait une certaine dose de cynisme.

Alors qu'il touchait la terre craquelée du premier sabot, il se retourna vers elle et suivit des yeux son regard, focalisé sur le rapace opportuniste. Son corps masquait de temps à autre le soleil, et il devenait alors une sorte de simulacre d'esprit, grand spectre de ténèbres au halo écarlate.

" Tu ne pourras pas l'attraper. Il est plus vieux que toi, et plus malin. "

Sorrow trotta jusqu'au lit du ruisseau. Bien qu'il ait été asséché par la chaleur, la terre était encore un peu humide, et une nuée de mouche se pressait contre cette dernière en vrombissant, tentant d'absorber les dernières traces d'eau avant qu'elles ne se soient évaporées complètement. L'étalon songea que s'il grattait frénétiquement le sol, il finirait peut-être par trouver quelque chose de potable. Il n'avait pas soif, alors il se contenta d'observer le nuage d'insectes, heureux qu'ils ne l'aient pas encore repéré. Les herbes, comme il l'avait constaté, étaient sèches et sales, remarquablement résistantes.

Il n'y avait surtout aucune trace de pas, fraîches ou anciennes. Personne n'était venu s'abreuver ici depuis longtemps.

" Que nous dit cet endroit, Hyuna' ? "

Il releva la tête. Le vautour avait disparu.
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MessageSujet: Re: Nevertheless. [FINI]   Sam 8 Juil 2017 - 16:22

       

  • Hyuna'

    Magicien. « Personne qui fait des choses extraordinaires, qui a comme un pouvoir magique sur les choses ou sur les personnes. » Son père en était un forcement, cela devait être son pouvoir de dieu. Il l’avait sorti de sa boîte déjà une première fois pour la faire vivre avec l’aide de sa mère. Et maintenant, avec de simples mots. Elle était prête la seconde précédente à s’élancer à la poursuite du charognard. Le suivre à l’épuisement, le suivre à en perdre haleine. Ce moment où ses lèvres avaient bougé, celui où le son de sa voix l’avait atteinte. C’était l’instant même où les fourmillements avaient parcourût ses boulets, celui où la noire allait bondir poursuivre cet animal pervers. Quelques mots avaient suffit pour qu’elle change ses plans, que son surplus d’énergie soit canalisé et qu’elle redevienne la jument qui suivait son père.

    Et le fait de trotter eût vite fini d’abolir le règne du rapace. Replaçant son paternel au centre de son royaume. Elle atteint à son tour la terre desséchée. Elle ne put que sourire en pensant que la dominante chassée avait en quelque sorte était bénie, franchement qui voudrait de cette terre sèche, aride, de son désert. Toute cette poussière, ce rouge. Pas étonnant que plus aucun troupeaux n’y habitent. Quelques herbes étaient encore là aussi sèches que possible, résistants par on ne sait quel miracle. Son regard suivit l’ancien nid du ruisseau, sur la gauche puis à l’inverse. Tari. Épuisée de toute forme de liquide. La vie avait fuit. Et son père ce fit à nouveau professeur. Il avait l’air d’avoir tant à lui enseigner. S’il ne faisait attention elle l’épongerait comme ce cours d’eau avait dû l’être par le soleil.

    Elle avait plusieurs solutions à lui donner et commença par l’impétueuse première. Un sourire accroché à ses paroles.

    - Qu’il y a de quoi fuir un territoire pareil et que je ne m’étonne pas que la maîtresse des lieux n’ai pas bronché à en être chassée. Que ses terres sont surement aussi vides et fripée que leur petite châtelaine. Et par ailleurs que les vautours y sont plus malins que les juments ! S’exclama-t-elle en se rendant compte qu’elle s’était faite traitée d’idiote. Il y a aussi des chances pour que les soit disant dieux soit des idiots nés pour avoir fait de cet endroit un territoire. Alors que les terres libres sont bien plus accueillantes.

    Elle observa néanmoins plus attentivement le sol et tout ce qui pouvait s’en suivre. Tout ce qui aurait pût avoir de la valeur. Mais il n’y avait rien. Que voulait-il qu’elle trouve dans cet endroit, aucun animal n’avait l’air d’y avoir mit les pieds depuis des mois ci ce n’est des années.

    - Ha et y mourir de soif doit aussi être une chose fréquente. Enfin personne n’a dû en trépassait récemment car aucune âme à part nous n’a eu la bonne idée d’y venir depuis des lustres. L’herbe elle-même résiste, peut être que les nuit y sont fraîches et les matins à l’ombre des ravins revigorant. Peut être que si l’on suit le ruisseau dans un sens ou l’autre il y aura de l’eau et de la végétation digne de ce nom. Mais pour cela faut-il encore ne pas se tromper de sens.

    Voilà c’était effectivement à peu prêt tout ce qu’elle avait et pouvait en dire comme ça à l’improviste. Tout ici était pour elle le reflet d’une vieille rencontre.

    - Et toi ? Il te dit quoi ce lieu. Je suis certaine que tu as encore à m’en apprendre. Ha et aussi, cet ancien dominant, celui qui était puissant, qui était-ce ?

    Cette dernière question il fallait qu’elle la pose, il fallait qu’elle sache, l’envie d’en savoir plus sur les terres qu’elle ne pouvait voir en pâture était irrésistible.



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MessageSujet: Re: Nevertheless. [FINI]   Sam 8 Juil 2017 - 17:49

Il fit quelques pas, frôla des naseaux la terre humide, puis releva la tête pour scruter l'horizon. Leur passage laisserait des traces. Elles demeureraient visibles quelques jours, parce que la terre était sèche et le vent faible en bas.

" Les Terres Orphelines sont loin d'être les plus accueillantes, elles-aussi. "

C'était le moins que l'on puisse dire. Les Terres Orphelines étaient plongées dans une sorte de pénombre perpétuelle, comme si elles avaient été condamnées par une malédiction datant de temps immémoriaux, l'époque où une petite famille vivait dans la maison abandonnée et y prenait ses repas, y dormait, en époussetait encore les toiles d'araignée. La maison abandonnée. Pourquoi était-elle seule ? Les humains n'aimaient-ils pas vivre, eux aussi, en bande ? Pourquoi donc s'isoler loin des restes du monde, pour finalement disparaître et ne laisser pour traces que le bois pourri, les vieilles ampoules grésillantes, le linge de table à la dentelle grisonnante ? Après le départ de Querouane, il avait fini par aimer cette maison fantôme et ses couloirs étroits où l'on est uniquement accueilli par la connaissance que les familles se forment et puis se délitent, réduites à quelques photographies où un oeil farouche fixe la caméra, encore suspicieux de cette nouvelle technologie venue du monde civilisé. Il était un temps où les gens se photographiaient avec les défunts de leur famille. Les cadavres encore conservés, grotesques, placés dans des positions assez humaines pour paraître endormis, assez raides pour que le spectateur ne sente peu à peu le doute le mordre. Ce poupon, dans ses linges étouffantes, découvrait-il les premiers rêves ou pendait-il au bras de sa mère robuste, aux lèvres fines, au regard rapace, comme si le deuil avait enflammé ce regard et l'avait poussée à conserver un mémento de la charogne ? Il y avait eu des photos, dans la maison hantée. Il y a toujours des photos ; les humains ont l'avantage de pouvoir capturer un peu de l'autre, là où il devait se contenter de ses souvenirs pour se rappeler à la mémoire de tous les cadavres qu'il avait connu.

" Je n'ai pas envie de marcher en vain. "

Il n'avait pas soif, après tout. Il pouvait se contenter de cette terre craquelée, de l'essaim de mouches bourdonnantes, de l'apparent abandon de cet endroit. Ainsi, il n'avait pas été le seul à régner sur un royaume d'ombre où les cris se multiplient dans les ténèbres. Les Rocheuses étaient la maison hantée de ces terres. Elles sentaient la mort, la décrépitude, le lieu où le danger guette celui qui marche et où la mort plane au-dessus de la tête sous la forme d'un vautour aux yeux dorés. Les Terres Trompeuses n'étaient pas plus attirantes que les Terres Orphelines à maints égards. Elles puaient la solitude, l'abandon, la dynastie avortée ; tout ça sous un soleil de plomb.

" Ce qu'il me dit ? "

Il ricana, soudainement. Fixa l'horizon d'un regard torve. Oui, il avait voulu venir ici pour y rencontrer quelqu'un, n'importe qui, pour se soustraire à l'injustice, éviter ses pensées mornes et tourmentées. A présent, il ressentait une pointe de satisfaction en sachant que l'injustice et la tourmente avaient touchés ses voisins au moins autant que lui. Il n'avait pas besoin de faire le tour des terres pour savoir que les requins du golfe d'émeraude devaient écumer la mer, ailerons fendant les flots, en quête d'un imprudent trop rare. Que le désert n'inventerait comme mirage que souffrances et enfer, au lieu de faire miroiter au voyageur un oasis aux dattiers bien pourvus. Que les ronces devenaient surnaturelles ; qu'elles grimperaient jusqu'à tout dévorer. Que les Gorges de Galamus, enfin, retentissaient avec l'écho du silence, menaçantes malgré elles, un long œsophage n'engloutissant que déchéance et l'absurdité du temps qui passe.

" Il me dit que les terres d'Horse-Wild sont maudites. Jusqu'à ce qu'elles aient retrouvé des maîtres, elles s'enfonceront dans la sauvagerie et avaleront tous ceux qui croient pouvoir les apprivoiser. "

Il cracha par terre. L'écume fut aussitôt recouverte de moucherons.

" Il s'appelait Diégo. Tu as peu de chances de le rencontrer un jour. Sa descendance, par contre..."

Il regarda à droite et à gauche, indécis. Quel chemin prendre ? De quel côté coulait le ruisseau ? Et coulait-il seulement encore ?

" Elle n'est pas ici. Elle est sûrement loin, maintenant. Si elle erre encore sur ces Terres, elle est folle. Ce n'est pas les dieux qu'elle devrait redouter, mais l'endroit même où elle a vécu. Tout pue l'obsolescence. Les dieux font peut-être peur, Hyuna', mais c'est la nature qu'il faut toujours craindre. Rendue à ses droits, elle ne fait pas de cadeaux à ceux qui ont voulu la posséder. "

Ocëan Pearl, Ocëan Pearl. Vieille reine d'un écrin avec des crocs.

Il s'humecta les lèvres.

" De quel côté ? "

Il la laisserait prendre une décision, pour une fois.
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MessageSujet: Re: Nevertheless. [FINI]   Sam 8 Juil 2017 - 22:47


       

  • Hyuna'

    De quoi ?! Les terres orphelines pas accueillantes ? Elles les avaient retournées ces terres pouliche. Elle en gardait un bon souvenir. Enfin ne gardait aucune rancune contre elles. Elle y avait rencontrée Kuro sous une abondance de pluie. Mélodie lui semble t il aussi, mais cela restait vague. Et dans cette demeure en ruine elle y avait fait deux fois la rencontre d’un étalon noir qui avait la sale habitude de traiter son père d’idiot. Elle se souvenait de sa pelote blanche, plutôt rigolote, comme un coup de pinceau maladroit.

    - Non ! Les orphelines n’ont rien à voir avec ces bandes rouges sans fin. L’eau revigore, l’espèce de bicoque qui tient miraculeusement debout et fait du bruit est un bon abri même si son habitant est du genre à te traiter d’idiot papa. Tes terres sont accueillantes, ses habitants moins respectueux.

    Mais au moins étaient-elle parcourues et des âmes y vivaient. Ici tout est monotone, le paysage est certes très beau et l’observatoire sans limite, mais la terre n’est pas accueillante.  On y voit bien souvent à perte de vue et s’y perdre à l’air d’être aussi facile que d’y rentrer. Autant qu’en sortir n’a pas l’air aisé. C’est un dédale de labyrinthe. Terne et sans vie.

    - Si elles doivent retrouver des maîtres comment peuvent-elles engloutir ceux qui les veulent ? Ce n’est pas logique.

    S’il ne s’agissait que de cela elle voulait bien se proclamer leurs maîtres à ses terres, si cela pouvait leur apporter la paix. Aux terres bien sûr. Elle s’était toujours pensée déesse, fille d’un dieu noir et maintenant il lui germait d’autres idées, des idées glorieuses. Elle voulait tout connaitre et quel meilleur poste pour cela que celui de maîtresse incontestée. Le moyen le plus sûr de rencontrer tout le monde. Elle pourrait même exiler loin d’ici les maux de son passé. Ses espoir étaient grands, mais ses chances d’y parvenir tellement mince.

    - Bien fait ! Pourquoi faire des cadeaux à des incapables ?!

    Bien sûr son père n’était pas compris dans la répartie, nan cela visait surtout les trompeurs, cet ancien dominant tellement puissant qu’elle n’en avait jamais pipé mots avant ce jour, ses enfants parti. Où. Cette dominante incapable de garder un troupeau, mais à qui arracher une jugulaire ne pose pas de problème. Voilà peut-être pourquoi cette terre revêtît cette couleur sang passé.

    Il lui demanda la direction à suivre. Elle fut heureuse d’avoir ce choix à faire, fière qu’il lui fasse confiance. L’enfant avait attrapée une sucette. Et cela devait se voir comme ses chaussettes qui avaient pris la teinte poussiéreuse rouillée des lieux. Une simple chose qui lui donnait l’impression de décrocher la lune.

    « J’ai marché jusqu’à vous
    J’ai eu peur je l’avoue
    A chaque pause chaque trêve
    Mille fois j’ai fait ce rêve
    Je lisais mon nom sur vos lèvres
    J’ai marché jusqu’à vous
    Je suis là voyez vous
    Mille fois j’ai fait le vœu
    Je vous en fais l’aveu
    De me voir un jour dans vos yeux »


    Le chemin de gauche était moins large, pris entre les parois et on ne pouvait pas vraiment voir s’il menait encore très loin. Si des animaux y habitaient plus en amont menait une embuscade leur seraient bien facile. Mais si vie il y avait alors il y aurait aussi de quoi vivre. L’autre était plus élargie, le vautour était de ce côté-là la dernière fois qu’elle l’avait vu et cet animal guettait la mort. Le choix n’était donc pas compliqué. Elle tourna sur la gauche et se mit en marche, s’il devait trouver une source pour ce nid vidée, elle serait de ce côté-là. Son instinct en était sûr.

    - On fait comment pour prendre rendez-vous avec les personnes censés représenter Horse-Wild ? Comment si sont il prit pour vous mettre aux portes de vos territoires ?

    Véridique, il avait bien fallu qu’ils les rencontrent, qu’ils les voient pour être mit dehors. Comment cela pouvait-il être autrement ? Improbable. Ces dieux avaient l’air de dictateur et elle comptait bien sortir du droit chemin. Rebelle. Sortir de leurs murs hissés autour de toutes ces terres. Partout sur HW.  




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MessageSujet: Re: Nevertheless. [FINI]   Dim 9 Juil 2017 - 17:14

Aussi vite que la furie mystique avait crevé le plafond, qu'elle redescendit pour bouillonner et s'édulcorer dans le calme plat de sa conscience. Son corps se relaxa, il jeta un regard détaché à sa fille. Il sentait une sorte de grande tranquillité l'envahir, ramolli par ce soleil trop gros, ces terres trop vides, cet endroit qui n'était pas sien, qu'il quitterait sans grands regrets. Où irait-il ? L'Archipel des Boucaniers, oui. Sable, eau, des kilomètres d'un peu plus de plénitude, et la menace de se faire engloutir lorsque la marée remontrait. Excellent. Ce serait ses vacances de petit bourgeois déclassé : un dernier voyage à la mer, pelle et seau rouge fermement à la main, avec à l'arrière de l'esprit cent problèmes, à l'avant une indifférence toute naturelle. C'était une excellente émotion, l'indifférence. Moins coûteuse que l'affection, moins fatigante que la haine, en soi un ressentiment utile et fort agréable, et s'il se réveillait encore avec des rêves de grandeur il pourrait se recoucher en songeant que les roitelets n'ont pas l'habitude de la retraite.

Sorrow eut une grimace désabusée.

" Son habitant ? La maison n'a pas d'habitant. "

Et il dévisagea sa fille comme si elle lui avait révélé que les poules ont des dents.

Il roula des yeux. Voilà, il devenait philosophique, il fallait qu'il redescende sur terre. Engloutir... Nouveaux maîtres... La nature... Qu'avait-il dit, déjà ? Ah, oui.

" Elles se débarrasseront de ceux qui sont indignes de régner. "

C'était logique, ça. Ça lui paraissait limpide, même. Il fallait bien que la terre se rebelle contre ceux qui ne la méritaient pas. Si les dieux existaient, ils pouvaient bien instiller un peu de magie dans les racines des arbres. Sinon, ils étaient bien plus inutiles qu'il ne le pensait. Et maintenant qu'il y pensait, ils étaient très inutiles. Ah. Il commençait à sentir les premiers chatouillis de la rancoeur dans sa gorge. Il la racla, discrètement, en songeant à Hadès. Qu'est-ce qu'il faisait, dans la vie, Hadès ? Il trônait aux Enfers ? Mais si la vie après la mort n'existait pas et que les Dieux existaient, alors quelle vérité existait en ce monde ? Etaient-ils coincés dans un monde illogique ? Peut-être aurait-il dû s'attirer les foudres d'Aléas, pour aller explorer les profondeurs du monde. Là-bas il y trouverait peut-être, qui sait, quelques anciens remords, de vieux os, beaucoup de poussière, et l'âme d'Hypocamp', à laquelle il signalerait que leur boîte à musique était hoqueteuse. Quelque chose dans le mécanisme ; elle ne soupirait plus que le nom d'une meurtrière. Ce n'était pas pour cela qu'ils l'avaient composé ; d'ailleurs, maintenant qu'il y pensait, il était de nouveau opposé au meurtre. Il aurait peut-être un nouveau revirement dans les prochains jours, mais il regarda sa fille en coin en se demandant comment l'empêcher d'exécuter sa vengeance, sans trouver de solution satisfaisante. Peut-être fallait il la laisser réaliser que l'idée était caduque, et compter sur l'esprit de celle qu'elle traquait.

Il ronfla des naseaux. Puis il la suivit, pour une fois, un peu désarçonné par le retournement qu'il avait lui même créé, incertain qu'elle ait choisi le bon chemin, mais heureux de ne pas avoir à se blâmer si la décision était la mauvaise. Il lui semblait que, même éloigné d'elles, il pouvait encore entendre les mouches bourdonner.

" Hé bien, c'est très simple, " entama-t-il d'un ton velouté, " On blasphème un peu beaucoup, et ils apparaissent, ou alors Aléas apparaît. On ne peut pas rater Aléas. Il ressemble à un perroquet, ou à un Arlequin illuminé. Tout ça, je le lui ai déjà dit, alors j'aime à penser qu'il à l'habitude. "

Ou pas. Qu'est-ce qu'ils étaient ronchons. Ça leur aurait fait du bien, de goûter à la mortalité. Remettre les choses en perspective. Sorrow releva les yeux. Il lui semblait qu'il entendait un petit murmure, comme si de l'eau ne coulait pas loin.

" Les dieux viendront à toi s'ils le veulent. On ne peut pas les attraper, comme les vautours. Quant à savoir s'ils sont plus ou moins malins..."

Aah, aaah. Cette vieille insolence qui avait caractérisé sa jeunesse. Qui était-il vraiment ? Un vieil ambitieux, ou un jeune je-m'en-foutiste ? N'avait-il pas affirmé un jour qu'il portait des masques pour tout le monde ? Peut-être était ce cela. C'était facile, de coller à sa peau les restes de sa jeunesse insouciante.


Dernière édition par Sorrow le Lun 10 Juil 2017 - 17:10, édité 2 fois
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MessageSujet: Re: Nevertheless. [FINI]   Dim 9 Juil 2017 - 23:08


       

  • Hyuna'

    Et pourtant, elle l’avait bien vu, elle, l’habitant de cette cahute. Tout noir, peut-être que c’était le fameux Shiro ? Car malgré le fait qu’elle l’ait vu deux fois, elle ne se souvenait pas qu’il ait prit la peine de lui donner son nom, alors qu’elle, les premières choses qu’elle faisait, c’était de crier à qui veut bien l’entendre qu’ELLE était la FILLE de SORROW. Et attention lorsque connaissance elle voyait pouliche, cela était toujours pour du MON PAPA, suivit d’adjectif du genre TRES FORT. Il y avait donc très peu de chance pour que cet étalon soit son frère, il se serait annoncé au lieu de garder le mystère.

    - Noir avec une pelote blanchâtre, je crois. Et je t’assure qu’il devait y vivre ! Je l’y ai vu à deux époques différentes.

    Et qui juger encore une fois de la dignité à régner ? Des soit disant dieux qui étaient trop feignant pour s’en préoccuper eux même et préféraient y mettre des pantins pour bien mieux les manipuler. Une dictature, laisse-moi rire. Démocratie, passe ton tour. La noire commençait à se faire un avis bien fonder et peut-être sans fondement sur ces bestioles là. Si jamais ils étaient réels et bien c’était tout vu, elle les rencontrerait. Qu’importe comment. Et si pour cela il fallait blasphémer, ce serait un plaisir. Provoquer et titiller, un jeu de pouliche depuis longtemps acquis pour elle.

    - Si ce n’est que ça ! Rétorqua-t-elle avec un sourire malicieux et les yeux joueurs. Pour le blasphème par contre pour cela il faudrait encore croire que Dieux il y a.

    En soit, la phrase elle-même était déjà une insulte pour croyant. Elle avait attendu son paternel pour marcher à sa hauteur, mais maintenant celles-ci commençaient à être trop proches pour avancer à ses côtés. Le sol semblait un peu plus souple et à la sortie de cette espèce de tunnel de parois il y avait des herbes déjà un peu moins pâle que les précédentes. Au sol, quelques traces d’ont ne sait quoi, mais cela ne lui importait guère, elle venait d’aviser un petit renfoncement plus bas sur un des bords qui les encadraient. Elle s’y élança sans préambule, une fois parvenue à son niveau cela ressemblait à une grotte, humide et un ruissellement en sortait. D’ailleurs l’ancien ruisseau lui-même en sortait. Elle suivit le bruit.

    - Je pense qu’on ne devrait pas mourir de soif tout compte fait !

    Car si lui n’avait pas soif, elle par contre ne serait pas contre un rafraîchissement. Et si un bain était possible, enfin faut pas rêver non plus. Alors comme ça les vautours étaient aussi plus malins que les dieux.

    - Hé dit donc ! Ils sont quand même bien malin d’après toi les vautours, tu ne serais pas un cheval Aztèque ? Nan car plus malin que les dieux je veux bien, mais que moi, faut pas exagérer.

    Hyuna’ et bien, fallait vraiment pas lui dire d’être provocante. Elle se croyait déjà invincible alors, elle ne risquait rien à la provocation.

    - Et bien ils viendront alors. Na ! Et si on ne peut les attraper, je crois comprendre qu’on peut faire en sorte qu’ils nous attrapent.

    Tralalalère, danse du popotin et tout.

    - Donc tu as croisé ce qui leur sert de bouffon, trois rois mages, ils sont trois c’est ça ? Et un messager ou gay, ou illuminé, en tout cas plutôt efféminée, cela devrait ne pas être dur à reconnaître.

    Enfin, pourvu qu’elle ne croisse pas un cheval qui corresponde à la description, le pauvre ne comprendrait pas vraiment.


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MessageSujet: Re: Nevertheless. [FINI]   Lun 10 Juil 2017 - 17:05

Un étalon noir...Avec une pelote blanche... Qui le traitait d'idiot...Qui vivait dans la maison hantée... Sorrow s'arrêta brutalement, redressa la tête, fixa le vide pendant que son cerveau s'éteignait l'espace de quelques secondes. Alors que la fumée menaçait de lui sortir des oreilles, il cligna lentement des yeux, et se surprit lui-même à crier :

" BLACK NIGHT ? DANS LA MAISON ABANDONNÉE ? "

Et il répéta, pour faire bonne mesure :

" BLACK NIGHT ? CETTE EMPLÂTRE INFECTÉE ? CE OUISTITI DES GALAPAGOS ? CET ÉNERGUMÈNE ? BARBIE BOY ? "

Sorrow manqua de faire demi-tour. Il fallait qu'il aille à la maison hantée sur le champ. Il fallait qu'il botte le cul de Black Night. Son corps avait amorcé un demi-tour, lorsque son esprit l'éclaira d'un peu de raison. Non, Black Night ne pouvait pas avoir pris résidence dans la maison hantée. Il y avait été il y a une semaine à peine. Shiro y avait grandi, et ne l'avait jamais rencontré. Non, ça avait été une coïncidence. L'insolente petite vermine avait fait de nombreuses expéditions dans ses terres. Où était-il, Black Night ? Était-il mort de rire en apprenant la nouvelle ? Avait-il quitté Horse-Wild ?

Il se remis en marche, tout en prêtant peu d'attention à où ils allaient, ruminant son désir de tordre le cou de Black Night avec une paire de tisonniers brûlants. Aussi fut-il surpris lorsqu'il constata que ses sabots étaient un peu humides. Il baissa les yeux et regarda le filet d'eau très pur qui serpentait dans la poussière, un peu fin mais bien présent, et qui semblait provenir d'une petite grotte cachée dont la source gloussait, comme heureuse d'avoir été découverte.

" Ravissant, " décréta-t-il avec autant d'honnêteté qu'un arracheur de dents. Il baissa les naseaux pour effleurer le sol humide, mais hésita à l'entrée de la grotte. Elle était étroite, et les éboulements devaient survenir fréquemment. Il supposait que l'eau devait jaillir et se frayer un chemin entre plusieurs rochers accolés les uns aux autres, et que la dite grotte n'irait pas trop loin.

" Qui sait, mon horoscope aztèque correspond peut-être à Cozcacuauhtli. "

Il avança d'un pas, puis jeta un regard à sa progéniture. Quelle effrontée. C'était attachant, à force. Elle en agacerait aussi plus d'un.

" Zeus, Poséidon, Hadès. Je les ai tous rencontrés. Ils n'ont jamais été bavards. Quant à Aléas, c'est un simulacre de sphinx. Il pose des questions, et si la réponse est mauvaise, il risque de t'emmener avec lui en Enfer. Quel enfer ? Qui sait. Il y a plein de conceptions de l'Enfer différentes. "

Sorrow repéra quelques brins d'herbe comestibles, qu'il s'appliqua à raser avec ses dents. Parler du surnaturel lui donnait faim.

" Pourquoi es-tu tellement intéressée par les dieux ? Tu as de l'ambition ? "
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Hyuna'

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MessageSujet: Re: Nevertheless. [FINI]   Lun 10 Juil 2017 - 22:09


       

  • Hyuna'

    Pour faire bonne mesure ? La noire avait eût les yeux aussi ronds que des pastèques en entendant son père criait. Mais qu’est-ce qu’elle avait bien pu dire de si dérangeant ? Depuis qu’il avait commencé à discuter tous les deux ce n’était pas la première fois qu’elle citait une rencontre. En plus aucun des mots qui sortait d’entre ses lèvres ne semblaient avoir de lien avec le précédant. Le lien fini par venir et apparemment son père connaissait la pelote blanche. Et bien face au nombre de sobriquets que son père avait pour le décrire, l’insulte de l’insulté actuel faisait pâle figure. Mais le voir en déroute ainsi l’amusa, il rajeunissait lorsqu’il laissait paraître ses émotions, c’était un vrai feu d’artifice à voir. Elle s’en amusa même.

    - Un bon ami à toi ? Il avait l’air plutôt sympathique, malgré le fait qu’il t’ai traité d’idiot.

    Et ça elle le pensait vraiment, il n’avait pas été hostile ou quoi d’autre avec elle, leurs rencontres avaient été très courtes. Elle n’irait pas jusqu’à dire ravissante comme son père venait de le faire. Mais revigorante. Comme la source et ses parois humides. D’ailleurs il passait du coq à l’âne aussi bien qu’elle. Il se mit même à faire le coq et elle commença à se demander s’il n’avait pas été mordu pas un animal et commençait à rentrer dans des délires dû au venin. Elle observa ses membres et constata que non, cela devait être le soleil. Ou il devenait sénile. Impossible pas son père !

    - Cozcocoooti ! Oui, oui. Pourquoi pas. Fit-elle en roulant des yeux. Impertinente.

    Et comme cela n’avait carrément aucun sens, elle soupira. Non il ne pouvait pas virer à la folie. Puis il se remit à parler tout à fait correctement. Avec sagesse presque, déconcertant. Mais elle l’aimait comme ça son père, déroutant, fabuleux et pas toujours compréhensible. Oui, elle l’aimait. Mais plus de cet amour aveugle de pouliche, nan de celui de la grande fille. Et franchement, ce n’était pas forcement mieux, toujours avec cette pointe d’adoration qui faisait de lui un immortel.

    L’enfer, elle n’aurait rien à y faire ni personne à voir. Le vieux devait être, selon ses propres dires réincarné. Et sa tendre mère, devait, selon ce qu’elle en pensait elle, Hyuna’, être en train de se reposait sur un nuage. Ou mangeait par les asticots depuis belle lurette, mais c’était moins joli à imaginer. Quand au bouffon de ses rois qui pose des énigmes, il pouvait courir, ici c’est elle qui pose les questions. Point.

    Avait elle de l’ambition, une interrogation plutôt pertinente vu le nombre justement de questions qu’elle avait posées. Le sujet méritait d’être étudié, en long, en large et en travers. Surtout de travers.

    - J’ai envie d’en savoir plus, c’est certain. Des ambitions, tu n’en doutes pas, j’en ai. … Au moins une. Mais cette histoire de Dieux, ça m’intrigue et franchement je leurs colleraient bien une mandale pour t’avoir chassé. Oui, oui c’est bien une toute jeune jument qui parle. Et à son père en plus. Après savoir si je me vois à la tête d’un troupeau, je suis jeune, mais pas folle alors ... Elle leva fièrement l’encolure, le plus droite possible, essayant de se faire toute grosse, enfin ça ne devait pas payer de mine. Bah oui ! Je vois pas pourquoi d’autre en serait capable et pas moi ! Et si quelqu’un me cherche des noises je lui bote le cul !

    D’ailleurs il lui faudra une nouvelle paire de botte.

    - De l’ambition, tu devais bien en avoir aussi à mon âge ?

    Le pauvre, il venait de prendre au moins trente ans là.

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Sorrow
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MessageSujet: Re: Nevertheless. [FINI]   Mar 11 Juil 2017 - 16:00

Cette fois-ci, il manqua de s'étouffer avec sa propre salive. Ses yeux roulèrent dans leurs orbites. Black Night. Un ami. Le truand ? Le moutard des tréfonds ? La sangsue de Surinam ? Black Night ? Et comment expliquer à Hyuna' que sa gentille petite pelote blanche était la progéniture du démon ? Il la dévisagea, et se rappela soudainement d'un détail que le vent avait porté jusqu'à lui à une certaine époque ; une histoire troublante, que lui-même avait eu du mal à croire, tant sa relation avec son rival avait toujours été clownesque, pas si sinistre. L'enfant de Mélodie. Non pas qu'il ait connu ce qui aurait du être son premier petit-fils, et non pas qu'il aurait jamais l'occasion de le connaître : Black Night avait été, selon la brise, responsable de sa disparition.

" Il a tué le fils de ta soeur, " cracha-t-il avec une morgue surprenante. Sa relation avec Mélodie était empoisonnée, mais il ne se réjouirait pas de la mort de sa progéniture, malgré son pragmatisme qui lui chuchotait qu'au moins, le poulain ne grandirait pas avec les mêmes idées de vengeance maternelles qu'avaient couvé Hyuna'. Sa soeur. Et pourtant elles étaient tellement différentes l'une de l'autre.

Sa fille en profita pour se moquer de lui, et Sorrow l'observa d'un air qui trahissait à la fois l'outrage et la résignation. Elle semblait très intéressée par cette source. Il poussa un soupir, fit quelques pas pour passer sa tête dans la grotte, éclairée par le soleil qui parvenait à insinuer là-dedans ses rayons au travers des fissures. Les multiples recoins étaient la cachette idéale pour un serpent. Animé par cette sage pensée, il recula à nouveau, peu tenté à l'idée de confronter un crotale.

Il finit par baisser les naseaux pour boire sans soif. Un vent venait de l'est ; il était brûlant et un peu impétueux, emmêlant dans sa danse sa lourde crinière. Une goutte sur le menton, Sorrow releva la tête pour regarder sa fille parler. Elle n'était pas concise, mais plutôt passionnée. Il se laissa le temps de digérer ses propos.

" Tu es bien confiante, " finit-il par remarquer. " Qui te dit que les dieux voudront mettre sur le trône quelqu'un qui désire les insulter ? "

Oh, Zeus, cela aurait pu lui plaire. Le vieux cochon.

Hyuna' semblait persuadée que si un obstacle se dressait sur son chemin, elle pourrait l'écraser. Sorrow se demanda si elle suivrait la même philosophie au fur et à mesure que ces derniers augmenteraient en taille, et en gravité. Elle pouvait gravir un rocher, mais pouvait-elle escalader une montagne de cendres ? Sorrow supposait qu'il existait environ trois genres de personnes sur Terre ; ceux qui s'obstinent à toujours suivre le même chemin et apprennent ainsi à traverser les épreuves les plus difficiles ; ceux qui rebroussent chemin lorsque le terrain devient trop escarpé ; et ceux qui apprennent à trouver les sentiers plus faciles pour atteindre leur but. Le troisième être lui semblait le plus honorable. Il faut un peu de ruse pour façonner un grand homme.

A son âge ? Qu'avait-il voulu, à son âge ? Il s'était préparé à une vie d'errance.

" J'étais déjà dominant, à ton âge. "

Il rafla trois brins d'herbe de plus. Mais non, il n'avait pas eu d'ambition. Il avait grandit sous l'ombre lointaine de Coeur Noir, persuadé que cette ascendance le suivrait toute sa vie. Il n'avait pas envisagé d'avenir glorieux, mais plutôt l'occasionnelle rixe avec Black Night, et une croissance lente, une sortie de l'enfance tardive, qui caractérise la gente masculine. Non, son ambition avait été...

" Je n'étais pas ambitieux. Tout ce que je voulais véritablement, à l'époque, c'était Querouane. "

Un désir bancal, maladroit.
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MessageSujet: Re: Nevertheless. [FINI]   Mer 12 Juil 2017 - 16:35


       

  • Hyuna'

    A l’annonce de son père une espèce d’exclamation de surprise sortie de la gorge de Hyuna’ pour résonner dans la petite grotte. Et comme toujours des milles de questions débarquèrent sur le bout de ses lèvres. Quand ? Comment ? POURQUOI ? Cela était-il arrivé avant ou après qu’elle rencontre Mélodie. Ça se trouve elle n’avait été qu’un ajoute aux problèmes de la jument à l’époque. Et ce fils, quel âge avait il ? Peut être que cela était juste un combat d’étalon, quel âge aurait-il maintenant, plus vieux, plus jeune qu’elle ? Elle opta pour un règlement de compte entre mâle.

    - Pourquoi se battaient-ils ?

    Des questions, encore et toujours. Et puis il n’avait pas eu l’air méchant ce Black Night. Un mystère et la noire n’aime pas les mystères. Chaque chose se doit d’avoir sa place, sa solution. Elle fixa son père, même avec le peu d’amour qu’il semblait porter au reste de la tribu, il n’était pas sans cœur pour autant et la perte du petit fils en question ne le laissait pas de marbre.  Cela se sentait.  

    Son enthousiasme naturel fit vite surface, les tracas elles les achevaient à coup de pelle. Et la question de son père était une source de joie à elle seule. Ce n’était quand même pas de sa faute si les dieux ne venaient que lorsqu’ils étaient offensés. Elle n’en aurait révolue de les outrager que lorsqu’elle sera satisfaite. Qu’importe la manière de gravir la montagne, l’important pour elle était d’atteindre le sommet. Même si elle venait à peine de le découvrir.

    - Que feraient-ils de dominant sans caractère ! Si insulter un dieu ne me pose pas de problème, remettre un poney à sa place se fera sans mal. Là où je n’ai pas encore force et expérience, j’ai la langue et le culot.  Après s’ils préfèrent des ramollis du cerveau pour les représenter, grand bien leurs en fassent. Elle eût là un sourire à damner les saints. Mais ils n’apprendraient alors pas de leurs erreurs.

    Et bim ! Une toquade en plus pour les tous puissants. Bon bien sûr elle ne visait pas son père là dedans. Jamais elle ne ferait ça. Et elle gardait dans sa poche quelques arguments de plus, mais pour le jour où elle les rencontrerait. Car rencontre il y aura.  Et à trois dieux, il y en aurait bien un auquel elle taperait dans l’œil. Du moment qu’elle n’héritait pas d’un tas de sable. Peut-être était-elle jeune, mais elle la sentait gonfler en elle son âme de leaders. Pour le genre, faudra repasser. Elle en oublierait presque une certaine dominante. Mais ça ne durerait pas.

    Elle but à la source, fraîche et claire, en plein milieu de ce lieu si hostile à son gout c’était un petit miracle. Elle entra l’adresse dans son gps interne. A ne surtout pas oublier. Elle osa un sourcil, elle venait de faire un compliment à ce lieu à l’instant nan ? Son père la réveilla vite en parlant d’une certaine Querouane. Elle n’avait, lui semble t’il jamais entendue ce nom. Surement une amante à son père. Si elle avait besoin d’un amant pour atteindre des sommets, elle s’en ferait un plaisir.

    - J’ai déjà de l’ambition je crois, mais s’il le faut, je peux aussi me trouver une Querouane. A quoi cela ressemble ? Version masculine de préférence par contre papa.

    La sale gosse. Et elle faillit s’étouffer en riant, toute joueuse. Rire qui résonna tellement dans la petite grotte qu’elle en sortit, retrouvant ainsi la lumière, toute souriante.

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Sorrow
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MessageSujet: Re: Nevertheless. [FINI]   Mer 12 Juil 2017 - 23:11

Pourquoi se battaient-ils ? Une question étrangement pertinente. Lui-même eut aimé la poser à sa fille, s'il n'avait craint que la réponse qu'il soupçonnait soit la bonne. Black Night n'avait jamais été rien d'autre qu'un enfant qui réagit de façon disproportionnée au vol de son jouet favori. Il ne l'avait jamais considéré comme un assassin, et aujourd'hui encore lorsqu'il lui arrivait de penser à lui, il songeait d'abord au poulain avec lequel il s'était disputé, puis à l'étalon noir aux mots piquants, mais pas à quelqu'un de dangereux. Peut-être était-ce là un de ses défauts. Se croire invincible, sous-estimer le danger que posent les autres.

" Parce-qu'il ne m'aime pas. Il a voulu se venger sur quelque chose de faible. "

Il détailla sa fille, réalisa soudainement que oui, il avait des ennemis. Quelqu'un voudrait-il un jour s'en prendre à elle, parce qu'elle était sa fille ? Ses frères et soeurs l'épargneraient, mais la progéniture d'Ocëan Pearl, si le drame survenait ? Elle avait grandi en clamant son nom sur tous les toits. Nul doute qu'elle ne cachait toujours pas son ascendance. Était-ce bien sage, maintenant qu'il n'était plus qu'un dominant déchu, potentiellement dangereux parce qu'ayant connu les joies du pouvoir ? Sorrow se sentit tout à coup soulagé que de nouveaux dominants n'aient pas surgit depuis son renvoi ; un roi sinistre aurait pu vouloir voir disparaître les dernières traces de celui qui l'avait précédé.

Hyuna' repartit dans une de ses tirades, folle d'enthousiasme. Sorrow laissa les mots tonner et puis disparaître, caressé par les rayons du soleil rouge qui commençait à descendre lentement. Il avait donc passé toute l'après-midi en sa compagnie. Cela faisait bien longtemps qu'il n'avait pas passé autant de temps avec quelqu'un. La dernière ? Cette impertinente de Graph...

Il tressaillit alors que sa fille mentionnait le nom d'une jument qu'elle n'avait pas connu, ni rencontré. Querouane était venue avant Hypocamp', avant Hyuna'. Elle avait été sa seule dominante. Il se souvenait de sa demande, incertaine, puis du zèle de sa compagne dans la tâche. Et puis, il avait cessé de l'aimer, plus ou moins petit à petit. L'amour n'est pas une émotion que l'on palpe. S'il disparaît, c'est d'abord inconsciemment, et puis ce sont les petites choses qui font qu'on réalise qu'il n'est plus là, qu'il s'émiette, s'en va, claque la porte les larmes aux yeux...

" Je te le déconseille, " déclara-t-il d'une voix forte, " Si tu ne veux pas finir comme moi. Ne cherche pas à trop vite t'enchaîner en amour ; cherche un associé sûr plutôt qu'un amant. "

Sorrow plissa les yeux.

" Et d'abord, ne cherche pas d'amant du tout. Tu es trop jeune. "

Elle riait, Hyuna'. La joie dans le gosier, comme un petit oiseau qui n'a pas encore connu l'hiver. Et pourtant, c'était en hiver que sa mélodie avait été conçue, dans la glace, là où l'écho existe lui aussi, mais ne rebondit que contre la certitude de ne pas être entendu...

" L'amour aussi peut mourir, Hyuna'. "

Il se sentait comme un père divorcé dans un parc, avec sa gamine turbulente. Elle aurait été du genre à voler le seau et la pelle d'un autre enfant dans le bac à sable. Là, elle jouait avec un petit bateau dans la fontaine. Avant qu'elle n'ait le temps de le faire naviguer trop loin, il laissa échapper :

" Et si nous allions dans l'autre sens ? "
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