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 Lolita.

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Sorrow
ize of the world

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PUF : Chunsa.
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SEXE DU CHEVAL : Quéquette. 👀
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MessageSujet: Lolita.   Lun 3 Juil 2017 - 23:37



LOLITA


Nom — Lolita
Race — Pur-sang arabe de la meilleure qualité.
Sexe — Jument.
Âge — Six ans. Elle ment sur ce dernier régulièrement.  

Souvenir, présent, avenir...


Son passé —
Bien sûr, ce n’était pas ton vrai nom. Les chevaux pur-sang n’ont pas droit aux noms simples ; il leur faut toujours des patronymes trop longs, trop lourds, trop nobles. Toi, Lo’, tu étais très contente qu’on t’appelle Lolita. Ça dansait parfaitement sur la langue, Lo-li-ta. Ça correspondait à ta beauté gracile. Et tout le monde était d’accord pour dire que tu étais très belle ; l’homme qui venait te donner à manger, celui qui venait te brosser, celui qui barbouillait tes yeux de noir pour te rendre plus jolie encore. Tu avais grandi sans aucun besoin particulier. Tu n’avais même jamais eu le temps d’avoir besoin. Toujours, à tes pieds, étaient tombées les choses que tu attendais, avant même que tu n’ai pu apprendre leurs noms.

Tes moments préférés, c’étaient ceux où tu devenais un spectacle. Où, devant de petits yeux plissés, tu déroulais tes longues jambes, arquait ton long cou, ouvrait tes grands yeux peints en noir. Alors, tu entendais les murmures de la foule, les « Ah », les « Oh », les « La progéniture de qui ? ». Quelqu’un répondait avec le nom de tes prestigieux parents. Le premier poussait un « Aaaah, » appréciatif, comme si cela voulait tout dire. Peut-être que c’était le cas. Tes parents n’étaient que des noms. Tu avais connu ta mère avant d’avoir appris à lui parler. Ton père était moins qu’un nom. Il était une insémination.

Il y avait mieux encore. Lorsque l’on te décernait une médaille, n’importe laquelle. Tu étais fascinée par ton reflet dans l’or et l’argent. Et puis, ça rendait les gens tellement heureux. C’était ravissant, tous ses sourires, toutes ses mains caressantes, tous ses compliments. Oui, tu étais très heureuse d’être Lolita. La vie était extraordinaire. Tu ne demandais pas plus, parce que tu avais tout.

Alors, un jour, ils t’ont pris.

C’est arrivé très vite. Tu ne t’y attendais pas. Ils t’ont changé de box. Ils t’ont mis près d’autres juments bavardes. Ils sont venus tout aussi fréquemment, mais ils ont passé moins de temps avec toi. Tu as souffert de cette remise à niveau entre toi et elles. N’étais-tu pas Lo’ ? Ne méritais-tu pas mieux que les autres ?

Un jour, tu as finalement compris, parce qu’ils t’ont mis en face de la réalité. Ils t’ont amené un étalon. Ils t’ont donnée à lui. Et ton monde s’est écroulé.

Alors que ton ventre s’arrondissait, devenait si lourd, trop lourd, tu as compris qu’il n’y aurait plus jamais d’or, d’argent, de regards admiratifs. Tu étais devenue, subitement, un ventre. La porteuse de la prochaine Lolita.

Ton poulain naquit dans la souffrance. Il était à peine vivant, à tes yeux. C’est dur, d’aimer quelque chose que l’on n’a pas désiré. Surtout, tu lui en voulu terriblement. De t’avoir ravi ton corps gracile, et d’être un mâle. Tu n’avais jamais compris l’intérêt de la gente masculine. La beauté appartenait à la féminité. Aux yeux cernés de khôl.

Il y en eu un autre. Et puis un autre. Jusqu’à ce que la vie ne devienne qu’une longue suite de grossesses monotones, aboutissant en plusieurs heures de souffrance, pour donner à un autre ce que l’on ne veut pas. Tu n’étais plus Lo’. Tu n’étais plus rien.

Et puis un jour, quelque chose se réveilla en toi. Personne n’avait déposé en ton corps un nouveau germe. Tu étais invisible, contrairement à toutes les autres, au ventre rond.

Alors, lorsque l’homme qui avait autrefois peint tes yeux en noir t’emmena dans le pré pour que tu en étudie les barrières électriques, tu te soulevas. Tu jetas ton passé au sol, et tu te projetas, babines écumantes, vers ton avenir radieux.

Sa psychologie —
Elle sait, plus qu’elle ne pense, que tout lui revient, et que tout peut lui appartenir. Elle croit que tout lui est dû, et bien malin celui qui la convaincra du contraire. Derrière une façade aimable, elle cache une grande indifférence vis-à-vis de tout ce qui n’a pas attrait à elle-même. Elle cache aussi son angoisse de vieillir, de s’enlaidir, de perdre tout ce qui fait qu’elle a de la valeur à ses propres yeux. Déjà, elle se regarde d’un œil maussade, persuadée d’avoir perdu du charme, maudissant ceux qui l’ont abimée. Elle n’a pas d’instinct maternel. Ses charmes, elle les exerce pour se rengorger d’avoir du pouvoir sur les autres, mais jamais par intérêt pour eux. Elle préfère l’adoration à l’amour, la dévotion à la tendresse. Lorsqu’elle n’est pas le centre du monde de quelqu’un, elle s’éclipse ; elle est sûre de pouvoir en trouver un autre pour jouer au miroir parlant.
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