Jeu de rôle équin
 
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 Sodade.

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Sorrow
ize of the world

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ÂGE : 20
PUF : Chunsa.
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SEXE DU CHEVAL : Quéquette. 👀
TERRITOIRE : Concierge des Terres Orphelines à la retraite.


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MessageSujet: Sodade.   Lun 3 Juil 2017 - 22:41



SODADE


Nom — Sodade (je vous renvoie à la chanson de Cesaria Evora pour la prononciation)
Race — Pure race espagnole.
Sexe — Etalon.
Âge — Huit ans.

Souvenir, présent, avenir...


Son passé —
Un vieil homme vivait près d’une mer plus vieille que lui. Cette mer attaquait les flancs des falaises avec toute l’aigreur d’une ancienne amante éconduite. Le vieil homme vivait dans un vaste domaine, mais, parfois, la grandeur d’un lieu rend son vide angoissant. Et il y avait beaucoup de vide, dans le domaine du vieil homme. Des placards empoussiérés, des cagots de pommes pourries, des bougies à l’huile de baleine lamentant leurs flammes éteintes. Cependant, le vieil homme possédait quelque chose qui lui était infiniment précieux : Sodade.

Sodade avait passé les dernières années à danser entre les vagues d’amertume. Il avait connu cet endroit lorsque les lampes brillaient encore ; il avait connu une famille complète, une petite fille aux boucles d’or, un père à la voix grondante, une femme aux mains habiles. Ils avaient disparu, un jour. Emportés par la mer. Depuis, Sodade attendait, avec un homme qui avait vieilli, en quelques années, de mille ans.

Sodade errait près des falaises coupantes. Ses sabots tonnaient contre la terre. Il s’amusait à galoper jusqu’à ce que le vide soit devenu une réalité, et puis il rebroussait chemin, pétaradant comme le tonnerre, grondant comme la mer sous ses pas.

Parfois, sa jeunesse lui revenait : il avait été une étoile montante. Il avait dansé devant une audience. Il avait connu un cavalier sur son dos, exigeant de lui une dernière révérence pour les spectateurs bien vêtus, réunis là pour assister à cette séance de dressage. Son corps connaissait encore ces mouvements, et lorsqu’il courrait souvent il sentait comme quelque chose s’embrayant dans son corps, lui demandant de ralentir, pour danser, véritablement, comme on le lui avait appris.

Le vieil homme venait lui tenir compagnie. Il ne montait pas sur son dos, mais il marchait à ses côtés, les mains croisées derrière lui. Il dégageait un parfum de sel et de nostalgie. Ses yeux s’embrumaient. Il regardait son cheval dans les yeux. Il disait : « Sodade, l’Andalousie me manque terriblement. » Sodade se demandait alors si c’était de là d’où il venait. Si c’était pour cela que la mer grise lui paraissait si étrangère, si redoutable. Lorsqu’il rêvait, il était bercé par une mer loin d’ici, plus clémente, plus douce. Des larmes s’accumulaient au bord des yeux du vieil homme. Il murmurait : « Ma fille me manque terriblement. »

Oui, il avait été une étoile montante. Mais les étoiles, elles filent vite ; elles sont remplacées par d’autres comètes incandescentes. Alors on l’avait emmené dans une salle, on avait mis un prix sur sa tête. On avait flatté son port altier, sa démarche grâcieuse, sa dévotion à qui voudrait lui apprendre. Un homme, qui n’était pas vieux encore, avait été interpellé par sa petite fille. Elle avait pointé le grand cheval andalou du doigt. Celui-là.

Il avait été celui-là. Et puis, après de longues après-midis passées à tresser ses crins, elle avait disparu, laissant derrière elle la dernière natte.

Un jour, la dernière bougie s’éteignit, emportée par une bourrasque de vent. Sodade savait, mais il attendit quand même. On avait toujours loué sa patience. Le vieil homme ne vint pas le lendemain, ni le surlendemain. Le troisième jour du mois de mai, Sodade galopa jusqu’au rebord du précipice. Il ne s’arrêta pas.

La mer le recracha sur les plages d’un nouveau monde.

Sa psychologie —
Sodade a appris à cultiver le silence, faute d’interlocuteurs à qui parler. Lorsqu’on parvient à lui faire ouvrir la bouche, il est cependant de très bonne compagnie. Il est très patient, parfois trop, mais pas devant un affront : son orgueil blessé, il lui faut obtenir vengeance, coûte que coûte. Il est fier, conscient de ne pas manquer de beauté et de talent. Il est souvent troublé par la sensation d’avoir raté sa vie, aussi tente-t-il de vivre cette nouvelle chance pleinement, tout en étant retenu par une sorte de réserve naturelle, par le rappel que l’on peut tout perdre, et mourir tellement vite. Son côté sanguin et son côté appréhensif entrent en conflit, issus de deux périodes de sa vie différentes. Les cordes de son cœur le tirent parfois subitement ; vers l’Andalousie, vers toutes les terres où il y a du soleil, du bonheur, des fleurs d’oranger. Il rêve d’insouciance.
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