Jeu de rôle équin
 
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 Surprendre une vieille personne

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Ocëan Pearl
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MessageSujet: Surprendre une vieille personne   Lun 3 Juil 2017 - 5:07

surprendre une vieille personne
Ocëan Pearl se traîne en cette belle soirée d'été. Elle a attendu que le soleil se couche et que la chaleur s'apaise pour sortir de son refuge obscur dans les Gorges de Galamus, peu effrayée par les ronces qu'elle a depuis longtemps amadouées. Elle est amoureuse des Terres Trompeuses depuis bien trop longtemps pour qu'une querelle de voisinage ne l'en chasse si facilement.

Etrangement elle ne s'est pas arrêtée au Golf d'Emeraude pour une fois, lassée des reflets miroitants de l'eau claire, et a continué son petit bonhomme de chemin jusqu'aux Terres Secrètes. Comme celles qui habitent son coeur de la même façon qu'elle les habite, l'ancien territoire de Perjury est abandonné. Presque désert même, bien qu'elle sente, partout autour d'elle, la présence de Poséidon. Il est presque menaçant, mais ne s'embête pas avec sa vieille carcasse. Il sait qu'elle n'est pas là pour les convoiter, et qu'elle n'a jamais vraiment envié Apologize lorsqu'il a dû reprendre le flambeau.

La Plaine aux Trois Primaires la voit marcher à petits pas sur son herbe jaunie par le soleil d'été, et elle ne daigne pas à goûter à l'herbe supposément fraîche et juteuse, trop méfiante pour cela. Ses oreilles bicolores se redressent dans l'espoir d'entendre quelque chose grâce à la légère brise qui balaie la plaine mais son ouïe n'est plus ce qu'elle était et son oreille brune n'est pas plus apte que la blanche à la prévenir que quelqu'un ou quelque chose approche.

« C'est malpoli de surprendre une vieille personne, lance-t-elle à l'aveugle. »

Sa queue fouette ses flancs marqués de cicatrices si anciennes qu'elles se fadent sur sa robe pie avant qu'elle ne cherche précautionneusement son interlocuteur des yeux, se retournant prudemment.


Dernière édition par Ocëan Pearl le Mer 5 Juil 2017 - 0:43, édité 2 fois
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Perjury
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MessageSujet: Re: Surprendre une vieille personne   Mar 4 Juil 2017 - 0:04

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               De la blessure de son épaule, du pue suinte. Son odeur désagréable, annonciatrice de maladie et de douleur, parvint à ses naseaux. Il les plisses, essayant de se soustraire à cette senteur, mais l'exercice n'est pas aisé et le lasse vite. Il fini pas abandonner, comme il a abandonné pleins de choses. Il n'aurait pas du faire ce croché sur la plage dévasté. Il le savait mais n'avait fait qu'à sa tête. Ses vieux membres rouillés par l'eau et le temps l'avaient lâché lorsqu'il passé à proximité d'une carcasse de bateau et son épaule avait encaissé la plupart du choc.

               Il secoue son encolure massive, faisant s'entrechoquer les dernières perles bleues qui orne les crins de sa crinière et de sa queue. Elles sont le symbole du temps qui passe, du temps qu'il lui reste sur cette terre, semblable aux grains qui s'égrène dans un sablier. Et si cette théorie est exacte, je crains que son temps s'écoule vite. Très vite. Trop vite. Depuis combien de temps était-il parti déjà ? Beaucoup trop pour qu'il puisse s'en rappeler malheureusement. Quelle mouche l'avait donc piquer aussi ? S'enfuir de ses terres, de son royaume pour partir à la recherche de sa dame et de ses enfant ? Mais quelle bêtise ! « C'est à cause de cette salope ! » Qu'elle crève la rouquine ! Que ses ruses de renarde l'emporte dans la tombe ! Il s'est fait prendre pour un con lorsqu'elle l'a abandonné et il lui a donné de l'importance lorsqu'il s'est "enfuit" pour partir à sa recherche. Car il s'est bien enfuit de ses tâches et de son devoir de dominant. Et puis qu'ils crèvent aussi ses profiteurs de gosses, pompant chacun son amour jusqu'à plus soif pour le laisser dessécher sur le trottoir ! Des ingrats, voilà ce qu'ils sont tous ! À force de s'amuser à leur courir après, la corne de ses sabots s'est bien usée, à un point qu'il arrive à ressentir de la douleur en marchant quelque fois. Le soleil a aussi terminé le travail du temps en terminant de rendre son poil, autre fois d'un joli gris, d'une blancheur irréelle. Ô mais qu'est-ce qu'il peut se sentir vieux ! Où est donc passé le musculeux étalon gris arrivé par hasard en cherchant une jument grise, mais bien décidé à baiser, combattre et conquérir ? Sans doute mort maintenant. Sa robe blanche est le symbole du deuil de sa jeunesse, il devient son propre fantôme. Si seulement il n'avait pas passé une parti de sa vie à courir après des juments. Il aurait sûrement mieux fait de se sentir réellement gay, pas mal de tracas aurait pu être évité grâce à cela. Pas mal de soirée n'aurait sûrement pas été aussi concluantes que celles qu'il a pu avoir dans sa fuite, mais il serait resté sur ses terres. Il a tellement du marcher.

               Son esprit est troublé de bruit et d'image étrange, comme irréelle, tel un mauvais rêve. Son corps, encore faible, peine quelque peu à le tenir debout. En même temps, qu'est-ce qu'il avait en tête pour entreprendre toute cette marche, à son âge, pour en plus revenir dans un endroit qui ne le connait plus ? Le mâle s'arrête pour reprendre lentement son souffle, serrant les dents, comme pour encaisser une douleur qui lui est difficile de supporter. Prudemment, il reprend le pas, essayant même d'aller plus vite et de se revitalisé avec l'odeur de l'herbe jaunît de soleil qui chatouille son ventre. « Stop. » Petit chuchotement qui provint de son oreille, lui procurant des maux de ventre. À ce son, le mâle s'arrête, dressant ses oreilles et à l'écoute de ce son. Mais il se rend à l'évidence, car à par le battement affolé de cœur, rien n'a pu lui dire cela. Les voix des morts recommencent à le hanter, comme pendant sa destructrice jeunesse. Les coins de ses lèvres s'affaissent, transformant son visage dans une moue mi-inquiète, mi-froide et méprisante, comme il a l'habitude de paraître devant autrui. Le blanc reprend ça marche quelque peu précaire, l'encolure baissée pour échapper aux attaques du vent, mais aussi pour apaiser ses maux de ventres qui persistent. Au loin, sa vision n'étant plus ce qu'elle était il est difficile de définir ce "loin", il aperçoit une silhouette équine qui ne lui est pas inconnue. Il discerne des tâches de couleurs blanches et brunes et il a beau se creuser les méninges, seul un équidé de ses connaissances possède cette robe. Lui qui la croyait morte.

               - Est-ce toujours malpoli si l'autre personne est toute aussi vieille et décrépie ?, répond-t-il en s'approchant de l'ancienne dominante.


Dernière édition par Perjury le Mer 5 Juil 2017 - 23:05, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: Surprendre une vieille personne   Mer 5 Juil 2017 - 0:40

Ocëan Pearl découvre avec une pointe de surprise un étalon grisâtre, semblable à un mauvais souvenir, sans qu'elle ne parvienne à se décider à ce sujet. Ses yeux de la trompent pas, il s'agit bien de Perjury. Il ne manquerait plus que Sorrow et la réunion des Dominants déchus serait complète, pense-t-elle amèrement. Elle sait qu'il y a de vieilles rancoeurs qui traînent mais n'a plus le coeur à la vengeance. A vrai dire elle ne sait plus tout à fait ce qu'ils ont à se reprocher tous les deux. Peut-être que c'est à eux que revient la faute aux yeux des autres... Les souvenirs, vagues, dansent devant ses yeux et elle les baisse sur le sol jaunâtre de la Plaine aux Trois Primaires, fatiguée. Tout paraît si fade ces jours-ci...

L'odeur métallique du sang agresse ses narines et Pearl regarde l'étalon par en-dessous ses cils. Autrefois cela aurait pu être séduisant, à présent ce n'est que méfiant. Ses cils sont secs et elle papillonne des paupières pour échapper à la sensation désagréable avant de détailler l'épaule blessée de Perjury. La plaie est suintante de sang et de saletés, elle a presque pitié. Ils se sont battus une fois. Elle ne se souvient plus.

« Ce n'est pas très galant Perjury, je suis offensée. Vieille peut-être, mais je ne suis pas non plus un pied dans la tombe. Toi par contre... »

Le ton, affable, qu'elle emploie laisse deviner qu'elle ne lui en tient pas rigueur. Son regard glisse à nouveau sur la blessure et elle se demande si elle doit lui parler des ronces des Terres Trompeuses. Elles sont, mystère surprenant, pleines de surprises et de vertus médicinales quand on parvient à passer outre leurs épines. Elle a eu le temps de les découvrir ces dernières années et c'est peut-être pour ça qu'elle est encore en vie. Ocëan secoue doucement la tête, revenant à elle, et désigne d'un mouvement de tête la plaie.

« Tu comptes laisser ça comme ça ? Je ne veux pas être tenue responsable si tu crèves là, j'en ai déjà assez sur la conscience. »

Une grimace amère déforme sa bouche tandis qu'elle lance un regard à la ronde, cherchant malgré elle un refuge où panser les plaies de son interlocuteur. Ils sont trop vieux pour être ennemis à présent.
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MessageSujet: Re: Surprendre une vieille personne   Mer 5 Juil 2017 - 23:05

               Pourquoi avait-il eu un jour de la rancœur envers elle ? Il ne lui avait jamais envié sa vie, d'aussi loin qu'il s'en souvienne. Mais il faut dire que sa mémoire n'est plus ce qu'il a de fiable en se moment... Il lui arrive encore de se réveiller et de paniquer en constant sa solitude et de vouloir se mettre à la recherche de sa compagne et de ses enfants, avant de se rappeler douloureusement que tous ont fini par disparaître de sa vie, depuis longtemps déjà. Mais il sait que la matriarche pie partage le même style de vie ; elle aussi, se retrouve désespérément seule. « Tu vas pleurer ? » La voix le pique, retournant son estomac. L'étalon frappe durement le sol de son antérieur et agite la queue de colère en battant ses flancs. Il déteste se sentir aussi impuissant face à ces attaques lâches lorsqu'il est au plus bas. Mais il se ressaisit rapidement, ne voulant pas sembler étrange à Ocëan Pearl. Il a des bribes de souvenir d'une de leur rencontre, où il errait, hagard, sur la terre de la jument à chercher comme un forcené sa compagne qu'il l'avait abandonné. Elle doit le prendre pour un fou. Ou pour un abruti ? Non, sûrement les deux.

               Le mâle grisâtre s'arrête à la hauteur de la jument. A quoi bon se méfier ? Ils sont vieux tous les deux, la méfiance n'est plus de mise quand on sait que ni l'un ni l'autre n'osera tenter quoique ce soit. C'est ça, quand on part pendant près de cinq ans, les temps changent, tout comme les gens qu'on laisse derrière. Mais il a fini par abandonner ses recherches et par rentrer chez lui, laissant les dernières bribes d'amour qu'il avait pu ressentir pourrir dans des lieux inconnus. Malgré le soleil qui brûle son dos, il sent sa peau frissonner sur les os de ses côtes, tirant sur la plaie qui orne son épaule, répandent encore un peu plus de sang sur son pelage, qui coule le long de son membre avant de goutter sur les brins d'herbes jaunes.

               - Moi ?! Chercherais-tu à me vexer ?, qu'il accompagne d'un petit sourire en coin moqueur.

               Il sent sur lui le regard inquiet de la jument. Malgré la vieillesse, ses instincts maternelles semblent toujours être présents. Ou alors, était-elle déjà gentille et attentionnée envers son prochain à l'époque ? Il ne sait trop dire, les souvenirs sont confus, seuls les plus forts et les plus marquant reste à le hanter et à lui donner de la joie ou de la tristesse. Mais ne pensons pas à cela ! Il chasse ces pensées morose en écartant son toupet de ses yeux, qu'il fixe sur la jument.

               - Te manquerais-je donc, si je venais à périr de cette blessure idiote ? rétorque-t-il, avec un peu d'amusement dans la voix, en penchant la tête sur le côté.

               Cela dit, une grimace de douleur lui échappe. Son épaule le lance de plus en plus vivement ; en plus, avec la chance qu'il a, la carcasse du bateau devait être rouillée.
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MessageSujet: Re: Surprendre une vieille personne   Mer 5 Juil 2017 - 23:42

L'herbe boit le sang de l'étalon. Avide de plus elle l'engloutit, se teinte de carmin et déglutit sans un bruit. Ocëan Pearl pourrait presque l'entendre cependant, probablement à cause de toutes les fois où elle est tombée en combat. Mais la plaie n'a pas été causée par un combat. Pas par un combat avec un animal du moins. Peut-être a-t-il fait une mauvaise chute. Elle ne devrait pas se questionner mais ne peut s'en empêcher, un sourire étrangement complice aux lèvres à la réplique moqueuse de Perjury. Qui l'eut crut ? Il avait en fait de l'humour.

« Absolument pas ! Tu me connais, ce n'est pas mon genre. »

Et peut-être qu'ils se connaissent tout compte fait. Ce n'est pas toujours en amitié qu'on en apprend le plus sur les gens. Elle est bien placée pour le savoir. Combien de fois a-t-elle été délaissée par Diégo ? La jument secoue la tête pour ne plus y penser, et reporte son attention sur l'étalon. Il fait le malin, fier et indomptable, mais une grimace le trahit.

« Peut-être bien que oui... »

Un sourire mystérieux lui échappe. Ocëan se met en marche, lui faisait signe de la suivre, et cherche des yeux quelques plantes médicinales dans ce territoire qu'elle ne connait pas. Inconsciemment elle croit deviner la désapprobation de Poséidon. Leur duo est curieux et inattendu, presque inapproprié, et c'est un peu bête de leur part d'être ici, ensemble. Dominants déchus, ennemis sans rancune, ils n'ont ni place ni raison dans cette situation.

« Alors ? Raconte moi cette blessure idiote. Tu devrais savoir que tu n'as plus l'âge de faire des avances sur la plage. »

Il a du sable sur les sabots, elle pense avoir de bonnes chances de ne pas se tromper en suggérant qu'il s'est blessé sur la Plage Dévastée. Elle n'a jamais aimé cette partie là du territoire. A vrai dire, elle n'a jamais vraiment aimé les autres territoires dominés. Celui de Sorrow, en particulier, recèle de mauvais souvenirs.
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MessageSujet: Re: Surprendre une vieille personne   Jeu 6 Juil 2017 - 21:17

               Le sang semble glisser sur son pelage, créant un sillon entre ses poils. L'air ambiant est pesant, en ajoutant en plus de cela l'odeur et la chaleur du liquide carmin, l'étalon sait qu'il ne tarderait pas à se sentir défaillant. Il incline son encolure pour pouvoir panser sa plaie, mais le goût de rouille du sang lui explose sur la langue, se répandant dans sa bouche, menaçant de le rendre malade. « Mauvaise idée... » A ce son, Perjury ne peut s'empêcher de lever les yeux au ciel. Plus il prend de l'âge, plus il a l'impression de retomber dans les vices de sa jeunesse. Cette voix aussi le tourmentait à l'époque, mais il a perdu l'habitude de se sentir constamment surveillé, d'être suivi.

               Ocëan Pearl se met en marche, lui faisant signe de la suivre. Le mâle gris se presse de lui emboîter le pas, beaucoup trop heureux de se changer les esprits. Les brins d'herbes jaunes frôlent son ventre et fouettent ses membres criblés de cicatrices. Sa hanche brûlée au fer chauffé à blanc le gêne, comme elle l'a toujours fait. Seule la mort emportera cette douleur, il en est sûr. A moins que son souvenir ne cesse de se rappeler à lui dans tout ce fourbi qu'il peut y avoir après avoir rendu son dernier souffle ?

               - Es-tu sûre de vouloir savoir ? Parce que c'est une assez sombre histoire...

               On dirait bien que rencontrer l'ancienne dominante lui a remonté le moral ! Il faut dire aussi que c'est l'un des premiers visages connus qu'il voit depuis de si longues années passées loin d'Horse-Wild.

               - A vrai dire, je revenais tout juste sur mes terr..., il s'interrompt, se rendant compte de son erreur, anciennes terres. Je suis partis pendant un bon moment, je pense surtout que des souvenirs sont remontés et ont dû me distraire... Et j'avais aussi oublié que la plage dévastée était, et bien, si dévastée ! Mais cette vieille épave ne m'a pas raté.

               Mais trêve de plaisanteries ! Son épaule le lance de plus en plus et il aimerait bien trouver quelque chose pour calmer la douleur. Mais si ses souvenirs sont exacts, il y a peut de chance de trouver un quelconque remède ici. Ce fichu champs jaune semble s'étendre sur des kilomètres, et des kilomètre, et des kilomètres... Il sait bien que cette herbe, si peu appétissante, est sensée avoir bon goût, mais il ne lui connait aucune propriété médicinale. Et il sentirait très idiot d'annoncer à la pie qu'il n'a aucune idée d'où est-ce que l'on peut trouver quoi ce soit pour se soigner sur ses propres terres ! « Un boulet. »

               - Et puis tu sais, je pense que je les ferais tous fuir ! ajoute-t-il avec un rire mi-amusé, mi-amer, pour détourner l'attention de la jument.
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MessageSujet: Re: Surprendre une vieille personne   Ven 7 Juil 2017 - 1:03

Les veines de Perjury semblent apparentes avec le tracé du sang écoulé sur sa robe. C'est délicatement morbide et Ocëan Pearl pourrait en avoir le coeur levé, si elle n'avait pas arraché des jugulaires et déchiré des poitrails dans sa prime jeunesse. Tout cela est bien loin à présent cependant. Un sourire torve lui échappe à la réplique du gris et elle penche légèrement la tête sur le côté entre deux foulées, signifiant qu'elle est prête à l'écouter. Il pourrait s'effondrer là qu'elle ne serait pas choquée. Un peu déçue peut-être, il est bien le seul vers lequel elle peut encore se tourner. Sorrow... elle n'oserait pas se présenter devant l'étalon. L'ancien Dominant a des choses à lui reprocher et elle-même le fait déjà bien assez toute seule. Elle se demande si la petite a survécu... mieux vaut ne pas y penser. Elle espère que la fille du noir a oublié, sans trop y croire.

L'erreur de son interlocuteur aurait pu être la sienne et elle ne le reprend pas, lançant un regard agacé aux cieux. Les Terres Trompeuses... peut-être qu'elles ne lui appartiennent plus, peut-être même qu'elles n'auraient jamais dû en réalité, mais elle, elle y appartient. Ce territoire, c'est le sien. Le poids de ses souvenirs l'y ancre, son sang l'abreuve et sa descendance l'a protégé comme elle l'a fait. Elle sait que Perjury a abandonné ses terres pour retrouver la mère de la sienne, ses héritiers.

Elle rit, presque faible, en apprenant enfin à quoi est due la plaie de son compère. Son calme demeure malgré le temps qui presse. Il ne lui semble pas qu'on puisse trouver quoi que ce soit dans la Plaine pour le soigner. Elle ne connait pas assez les terres pour deviner où chercher et croit comprendre que Perjury, bien qu'il soit plus familier à ce dernier, n'en sait pas beaucoup plus. Ils sont mal barrés, chuchote une partie de ses pensées avant qu'elle ne chasse l'idée d'un mouvement de tête pour replacer son toupet.

« Tous ? Je ne savais pas que tu étais gay. Pas que cela me pose un problème, qu'on s'entende bien. »

Elle soupire et s'arrête, lançant un regard nerveux à l'herbe qui l'entoure. Elle n'a pas l'air vénéneuse, peut-être qu'ils peuvent faire avec avant de partir en quête d'un champ plus généreux en herbe médicinales. Elle se méfie des terres et surtout des Dieux, même chez les Trompeurs elle sent parfois le vent gifler son vieux corps, le battre au lieu de l'étreindre... Avant... au sommet des Rocheuses, le vent oubliait de la fouetter pour l'enlacer. Il semble que le zéphyr l'a reniée et qu'elle est la seule à s'en souvenir.

« Je pense qu'on peut faire un simulacre d'onguent pour au moins arrêter le saignement le temps de trouver des plantes utiles pour un véritable onguent. »

Résolument, elle abaisse son encolure jusqu'à arracher une large touffe d'herbe qu'elle mâche et mastique jusqu'à en faire une pâte, rassurée par le goût inoffensif de l'herbe. Peut-être que cela fera l'affaire. S'approchant de Perjury elle s'applique à étaler l'onguent improvisé sur la blessure, donnant quelques coups de naseaux pour la plaquer au plus près de la peau déchirée, léchant par endroit la mixture afin de l'humidifier. C'est étrangement intime et elle s'efforce de ne pas y prêter attention. De ne pas y accorder d'importance, vraiment, ce n'est qu'un service rendu à une vieille connaissance. Elle n'est pas sûre de pouvoir le nommer ami, quand bien-même Perjury n'est plus un ennemi.

« Voilà, ça devrait être un peu mieux. elle marque une pause et lance un regard de plus à la ronde. Les Terres Trompeuses aussi, sont désertées. »
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MessageSujet: Re: Surprendre une vieille personne   Ven 7 Juil 2017 - 20:52

               Etrangement, la présence de la jument à quelque chose d’apaisant. C'est peut-être dû au fait que cela fait longtemps qu'il n'a pas réellement échangé de paroles avec des congénères. Et il semblerait que discuter lui fasse du bien, finalement. Lui qui s'était mit à fuir tout contact lorsqu'il avait décidé de se lancer dans cette quête à la rouquine. « Complètement idiot ! » Oh la ferme ! Ces interventions ne vont plus mal physiquement au mâle, mais suivre deux conversations est bien délicat lorsqu'on a déjà du mal à en tenir une.

               A sa « révélation », Ocëan Pearl semble étonnée. Tient, il était pourtant sûr que les ragots étaient allées de bon train lors de ses rencontre avec Nowaki et Apologize ! Il est vrai que Perjury ne sait toujours pas comment ils ont pu se répandre, surtout aussi rapidement, n'aillant jamais eu la langue bien pendue et n'imaginant que très mal les deux mâles en parler eux aussi. Cela ne lui avait pas valut de soucis, mais se sentir ainsi catalogué l'avait mit mal à l'aise. Et puis, c'était peut-être ce qui avait fait décamper Nymarza ? « Bon débarrât ! » Oh toi...

               - Oh tu sais, je pense que cela me pose beaucoup plus de problèmes à moi qu'à toi. Mais je ne sais pas si c'est juste une attirance, un fantasme que j'aimerais réaliser ou si c'est ce que je suis. J'ai déjà eu envie de quelqu'un, mais n'est pas jamais eu de relation.

               Il observe d'un œil inquiet la jument mâcher les herbes qu'elle vient juste de ramasser et s'approcher de lui. Il sait très bien qu'elle va appliquer ça sur sa blessure, mais cela ne le ravit pas plus que ça. Pour se blesser il est là, mais pour assumer ses conneries, un peu moins. Il l'observe approcher sa bouche de son épaule et poser sa langue pleine de mixture jaunâtre sur la plaie dégoulinante de sang. Il ne peut s'empêcher de frémir à ce contact, repensant furtivement à un instant, figé dans le temps, où cette même langue se baladait ailleurs sur son corps. Il secoue vivement la tête, ne voulant pas se laisser troubler et commence à parler sans s'arrêter :

               - Je pense que l'on devrait s'éloigner un peu de la plaine aux trois primaires pour espérer trouver des herbes médicinales. Il n'y a que très peu de choix ici ; si tu ne comptes pas l'herbe jaune bien sûr ! Mais si mes souvenirs sont bons, la lavande désinfecte et les feuilles de millefeuille sont bien pour arrêter les saignements et activer la cicatrisati... Il inspire de l'air entre ses dents, la douleur se faisant forte. Les feuilles de pensée sauvage ou les fleurs de souci aussi.

               Une nouvelle grimace de douleur lui échappe. L'application est assez désagréable malgré la fraîcheur que ça lui apporte. Il essaie de se concentrer sur cette sensation plutôt que de laisser divaguer son esprit vers des endroit lointain où ils passaient leur temps dans une voiture dans leurs corps d'empreints. Il accueille d'ailleurs avec grand plaisir le fait qu'Ocëan Pearl détourne son attention sur ses terres. Elle les juge vides, aussi vides que les siennes, les trompeuses. Perjury ne répond pas, mais n'en pense pas moins. Pour lui, c'est tout Horse-Wild qui est dépeuplé. Depuis son retour, il n'a pas vu âme qui vive, hormis celle de la pie. La même pie qui ressort des souvenirs qu'il pensait enfouis.

               - Tu sais... Il m'arrive encore de repenser à ce long voyage que nous avons fait lorsque nous étions prit au piège dans ces... dans ces corps. lui avoue-t-il, ses joues chauffant légèrement en se remémorant justement le-dit voyage.
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MessageSujet: Re: Surprendre une vieille personne   Ven 7 Juil 2017 - 22:30

don't let me fall out of love with you ♪
La mélodie est rouillée et entêtante dans son esprit, elle grésille comme l'autoradio dans la vieille Mustang -quel nom étrange pour une voiture- qui a accueilli leur détresse et leurs erreurs. Ocëan Pearl se souvient. Elle s'appelait Pearl à l'époque, et elle avait d'abord cru à un cauchemar. Tous ces instants, volés par le miroir, elle n'est pas encore tout à fait sûre qu'ils ont existé, tout en ne pouvant le nier.

Elle n'en a jamais parlé, et n'a jamais laissé ses oreilles traîner pour en savoir plus sur Perjury. La seule fois où elle a entendu parler de lui après ça, c'était pour un poulain noyé. Morbide, et ça l'arrangeait bien. La pie n'avait pas besoin de regretter un peu plus un passé avec lequel elle n'était pas tout à fait en paix.

Diégo a été son premier et seul amour. Elle n'a cependant pas connu que lui, et si la plupart pensent qu'elle fait référence à Crazy Love quand elle l'évoque, elle n'a pas oublié cet été là. Il n'y avait pas la clim dans la voiture, et elle pétaradait dans les chemins de campagne. Ils avaient cherché, désespérément et inlassablement, des paysages connus. Lutté pour retrouver ce qu'ils avaient toujours connu. Ils n'avaient jamais voulu quitter Horse-Wild après tout.

Les confessions du gris ne la surprennent pas, cependant. Elle en a assez vu. Elle repense à Nymarza, et se demande si il était malheureux avec elle. Si elle l'a quitté pour ces mêmes raisons. N'était-il pas parti à sa recherche ? Peut-être se pose-t-il trop de questions. A-t-il vraiment besoin de choisir après tout ?

« Je n'ai jamais trop suivi les ragots qui traînaient, j'avais d'autres chats à fouetter. »

Et c'est vrai. La période a été longue et sombre, jusqu'à ce qu'elle réalise qu'elle ne se battait plus tant pour protéger les terres de son compagnon que pour oublier l'absence de l'étalon. Elle avait été seule. Tellement seule. Et quelque part, ailleurs dans le temps et l'espace, elle avait redécouvert avec Perjury ce que Diégo n'était, déjà à l'époque, plus capable de lui donner. Toutes ces journées, passées aux côtés du gris, toutes ces paroles échangées... d'autres confessions que celle qu'il venait de faire, mais au fond semblables. Leurs angoisses, leurs doutes, leurs regrets. Ils s'étaient compris, peut-être parce qu'ils ne comprenaient pas le monde étrange et différent qui les entourait, ou peut-être parce qu'ils menaient des vies semblables là d'où ils venaient. A présent ils vont quelque part sur ces terres qu'ils ont à l'époque tant voulu retrouver, en quête d'herbes médicinales que ni l'un ni l'autre ne semble être capable de localiser.

« Et où trouve-t-on de la lavande mon ami ? Dans quelle direction ? »

Elle rit presque de ses grimaces et ses paroles empressées, mais préfère recracher ce qui reste de la mixture, conservant un goût vert sur la langue. Se remettant patiemment en marche, Ocëan Pearl laisse ses yeux dériver sur l'étendue de la Plaine. Elle sait très bien qu'elle est loin d'être aussi immense que la Grande Plaine Illuminée, mais ça ne l'empêche pas de grimacer à l'idée de la distance qu'il leur reste à traverser. Avec un peu de malchance la nuit va tomber et les envelopper de sa fraîcheur désagréable après la chaleur de la journée.

La voix de l'étalon perce le flot de ses pensées et elle se fige, surprise par la confidence. Lui aussi, se souvient de cet été là...

« C'était donc vrai. »

Elle soupire lourdement tandis que déjà, la température chute de quelques degrés. Ce soir encore, elle aura froid. Elle a eu froid la nuit, plus d'une fois. Elle a toujours froid, en l'absence de Diégo. Aux côtés de Perjury, il faisait toujours trop chaud.

« C'était un été bien étrange. Je ne comprends toujours pas pourquoi ils appellent ces choses des Mustangs. De toute façon les humains pensent qu'on n'est bons qu'à les porter sur notre dos, pas étonnant qu'ils donnent le nom d'une race de cheval à un appareil automobile ! »

Sa tirade la ramène bien des années en arrière et pendant quelques secondes elle est encore jeune, elle est humaine et étrangement belle. Belle à leur façon, celle des humains, avec sa lourde crinière -des cheveux, se souvient-elle- brune et ses yeux si bleus. Elle a une couronne de pâquerettes sur la tête et c'est ironique, vraiment, de l'avoir tressée quand elle était encore dans les bras de Perjury.

Elle tournoie dans un champ de pissenlit, si jaune qu'à présent la couleur lui crie le mot trahison dès qu'elle lui fait face, si jaune que cela rime avec tromperie. Il lui en avait offert un bouquet, des fleurs pour l'encourager et la féliciter, parce qu'ils survivaient, ensemble et maladroitement, dans l'espoir de s'en sortir, de guérir une fois que tout cela ne serait plus qu'un souvenir, et elle est en train de rire. Amèrement, Pearl doit avouer que son voeu a été exaucé.

« Tu te souviens du champ de pissenlit ? »

Sa voix est faible, brisée par le poids de la culpabilité qu'elle est pendant si longtemps parvenue à oublier.  
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MessageSujet: Re: Surprendre une vieille personne   Sam 8 Juil 2017 - 0:05

               L'atmosphère change d'un coup. Le vent se lève doucement et la température chute. Le soleil descend de plus en plus dans le ciel, le teintant de tons chauds allant de l'orange au rouge sang. Tiens, quel drôle de rappel à leur situation... Mais ce n'est pas le moment de relever les ironies de la nature, le temps risque de tourner rapidement et la nuit sera bientôt présente - la lune est déjà haute et brillante dans le ciel. Cette nuit s'annonce froide et la plaine aux trois primaires est un vaste espace plat... Ou presque.

               - Elle pousse comme une mauvaise herbe, on devrait bien finir par tomber sur un bosquet en marchant encore un peu. Et si je ne me trompe pas, il y a une bute biscornue, à quelques kilomètres, qui peut nous couper un minimum du vent froid de la nuit.

               L'étalon n'est plus vraiment d'humeur loquace. Tous ces souvenirs, qu'il pensait enfouit au fin fond de son cerveau, commencent à revenir le hanté. Ce fût une période heureuse de sa vie, où il s'était de nouveau senti jeune et insouciant. Avant le marquage au fer et toutes les emmerdes qu'il a pu avoir ensuite. Avant Horse-Wild qui, malgré l'amour que l'étalon lui porte, le lui rend très mal. Tout cela l'assaille d'un coup et il se sent tendu. Seul la réponse d'Ocëan Pearl réussi à la faire rire.

               - Parmi tous ce qui a pu se produire pendant cet été, tu restes encore tourmentée par la volonté qu'on les humains de vouloir nous rabaisser à un moyen de transport ? se moque-t-il.

               Il ne peut s'empêcher de la revoir assise sur le siège à côté de lui, pendant qu'il tentait de contrôler plus ou moins le fameux « cheval mécanique », pestant contre les hommes et leurs foutues idées à la con qu'ils peuvent se carrer au cul, s'il se rappelait bien...

               - Aller, tire pas cette tête, on va bien finir par rentrer chez nous... Et puis t'es moche quand tu fais la gueule ! ajoute-t-il en lui tirant effrontément la langue.

               La jeune femme tourne alors vivement la tête vers lui, le tuant sûrement vingt milliard de fois avec son regard. En même temps, même s'il veut simplement détendre l'atmosphère, il est bête de la chercher alors qu'elle n'est CLAIREMENT pas d'humeur. Mauvaise humeur qui ne tarde pas à dépeindre sur le conducteur. On pourrait entendre une mouche voler, tellement l'ambiance est morose... Perjury laisse passer encore quelque kilomètre avant de tourner brusquement sur un chemin de campagne et d'arrêter la voiture sur le bas-côté, à proximité d'un terrain jaune de pissenlits. Il sait très bien que c'est sa faute, mais il n'a jamais été très doué en excuse. Et puis à lui aussi, l'envie de rentrer chez lui lui pèse...

               A peine le moteur coupé, Pearl descend en claquant la porte. Le jeune homme se laisse tomber en avant, à bout, et son crâne heurt malencontreusement le klaxon, produisant un bruit horrible qui le fait sursauter. Pourquoi ne peut-il pas s'empêcher de jouer au con avec elle aussi ? Mais il sait très bien pourquoi... Ils ont passés beaucoup de nuit, incapable de dormir, à se confier l'un à l'autre, se racontant leurs désillusions et leurs rêves. Et il sait qu'elle est la seule à qui il ai confié tous ses secrets qui étaient, autrefois, bien gardé. Un soupire lui échappe tandis qu'il s'extirpe de la voiture et verrouille derrière lui, rangeant les clefs dans la poche de son jeans. Pearl avait eu le temps de s'enfuir loin de lui maintenant. Mais l'idée même qu'elle puisse l'abandonner seul ici lui cause une douleur inattendue, le poussant à se lancer à sa poursuite. Sait-il faire autre chose que de se lancer à la suite des juments/femmes ? Entre Nymarza et Pearl, c'était le pompon !

               Heureusement pour lui - et pour elle ? - Pearl n'a pas cherché à camoufler sa trace, laissant derrière elle des pissenlits injustement piétinés. Mais pourquoi lui courir après ? Qu'est-ce qu'il pourrait dire ou faire pour lui prouver qu'il n'a pas mauvais fond et que le plus important c'est de retrouver leur foyer ? Mais aussi qu'il tient drôlement beaucoup trop à elle pour la laisser partir de son côté... Alors subitement, comme un enfant, il eut l'idée de lui offrir quelque chose, malgré le fait qu'il ne possède rien. Et la seule chose qu'il trouve à la ronde, ce sont ces fameux pissenlits... Non mais sérieusement ? Rien de mieux ? Avec une grimace, il se met à en cueillir quelques-uns. Après tout, c'est l'intention qui compte non ?

               Après avoir marché pendant une dizaine de minutes, remarquant la distance considérable qui le sépare de la voiture et de toute trace de sentier, Perjury fini par retrouver La jeune femme. Et est assise parmi les fleurs, dos à lui. Nerveusement, il passe sa main dans ses cheveux brunâtre aux reflets gris, ses yeux noirs ne se détachant pas du corps devant lui. Il franchit les derniers qui les sépares et s'accroupit derrière elle, posant la main sur son épaule, la pressant doucement. Il avance le piteux bouquet devant son visage, le faisant apparaître à ses yeux. Oh mon dieu... ! Pourquoi a-t-il fait ça ?! Mais étrangement, la brune tourne ses yeux vers lui, son visage, autrefois boudeur, éclairé par un sourire... si beau ? Les fleurs s'échappent d'entre ses doigts, se répandant au sol. A deux mains, il agrippe le visage pâle de cette femme, autrefois jument, qu'il a l'impression de décevoir si souvent et plaque sa bouche contre la sienne, dans un baiser avide, pressant, presque de besoin.


               - Je me souviens du pourquoi du comment du bouquet, mais je t’avouerais que la suite des événements est un peu floue... menti-t-il, se rappelant exactement ce qu'il s'est passé ensuite.

               Mais est-ce uniquement pour ne pas la mettre dans l'embarras ou pour ne pas le gêner lui, d'avoir eu l'audace de les mettre dans cette situation ?
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MessageSujet: Re: Surprendre une vieille personne   Sam 8 Juil 2017 - 1:06

Un éclat sanglant tâche le ciel qui se grise avec la nuit venue et cela lui rappelle la robe de Perjury. La nature est bien moqueuse et elle a envie de lui faire un pied de nez, de rajeunir pour reconquérir. Tout. Les Terres Trompeuses et coeurs, comme le sien qui bat contre son poitrail encore fort, encore régulier après toutes ces années. Parfois elle se demande si elle mourra un jour.

La lune les domine et elle se surprend à se souvenir de nuits passées au sommet des Rocheuses comme si le ciel lui appartenait de la même façon que la montagne sur laquelle elle se dressait. Au loin la Montagne Sacrée est illuminée d'un peu de lumière argentée et elle se demande si Perjury a déjà gravi ses flancs escarpés, cherché ses propres limites parce que plus personne n'osait les lui imposer. Eux deux ont appris à se respecter.

« La mémoire te revient d'un coup on dirait, le charrie-t-elle gentiment. »

Il la fait rire et sa voix se joint à la sienne alors qu'elle ferme à demi les yeux, s'autorise à baisser sa garde un peu plus. Il la faisait rire, à l'époque aussi. Elle était insouciante, chevilles nues sur le tableau de bord et les cheveux au vent des fenêtres qu'ils ont brisées à défaut de parvenir à les abaisser. Quand elle ne pestait pas après le cheval mécanique elle chantait en coeur, cette chanson entêtante et hypnotique qui résonnait souvent à la radio, la berçait sur le trajet.

« Tu avais raison. J'étais plus jolie quand je souriais, concède-t-elle sans y penser. »

Lui aussi était beau, pour un humain. Il voulait bien faire, se souvient-elle dans un sourire tendre qu'elle efface d'une grimace honteuse. Marchant un peu plus vite, elle active ses muscles jusqu'à les réchauffer, apercevant finalement la bute non loin. Ça n'avait été qu'une ombre dans le lointain mais à présent elle reconnait la forme rassurante d'un abri pour la nuit, et laisse échapper une exclamation victorieuse en devinant un pied de lavande à côté. Avec un peu de chance, il y a des fleurs de pensée sauvage sur la bute. Elle hésite à trotter, se souvient qu'il est blessé et se contient.

La dernière fois qu'elle a couru loin de lui, c'est parce qu'elle s'en voulait de l'avoir rabroué si sévèrement. C'était étrangement grisant, de courir sur deux jambes. Ses pieds écrasaient les pissenlits sans effort et bien que lente, si lente par rapport à la normale, elle était endurante, bien plus que les autres humains. Elle se souvient encore de les avoir fui, la main de Perjury serrée dans la sienne. Ils courraient plus vite que le vent et derrière eux les humains s'effondraient un à un, exténués, jusqu'à ce qu'une de leurs fichues voitures ne finisse par les rattraper. Sans effort.

« C'est leurs fichues voitures qui nous ont valu un séjour dans leurs prisons, c'est aussi pour ça que je suis si rancunière. La couchette n'était vraiment pas confortable ! »

Il la lui avait laissée, dans un élan de galanterie. Les cellules du commissariat n'avaient rien de luxueux et l'espèce de matelas était dur comme du béton sous son corps d'humaine. Ils n'avaient pas pu s'y recroqueviller tous les deux lorsqu'elle avait exigé, capricieuse, qu'il la rejoigne. Elle n'avait pas beaucoup dormi cette nuit là, et lui encore moins. Vraiment, elle se souvenait de tout ce qui l'avait contrariée, et notamment le poste de police.

« Peut-être qu'il fallait bien ça pour revenir, ajoute-t-elle dans un murmure pensif. »

En vérité, c'est parce qu'elle préfère ignorer tout ce qu'elle voudrait oublier. Lui aussi, fait semblant d'avoir la mémoire courte. Ou défaillante. Elle ne peut s'empêcher de le railler, parce que si elle doit se souvenir, lui aussi.

« C'est ça. »

Qu'on essaye pas de lui faire croire qu'un étalon ne se souvenait pas d'une conquête. Surtout Perjury qui n'était pas réputé pour être un coureur. Le bouquet de fleur l'avait prise au dépourvue. C'était romantique, un geste réservé aux amants. Il n'aurait pas dû le brandir devant son visage boudeur. Cela faisait bien longtemps qu'on ne lui avait pas offert de fleurs. Elle n'avait pas pu s'empêcher de sourire, soulagée qu'il soit venue la chercher.

Peut-être qu'il y avait eu, le temps d'un été et de ce qu'elle ne pouvait pas appeler une amourette, tout ce qui lui avait manqué avec Diégo. Toute la passion, toute la détresse dont elle avait rêvée en nageant vers Horse-Wild. Lorsqu'elle avait sillonné les routes avec Perjury, tout n'avait été que confusion, un tourbillon douloureusement agréable qu'elle avait embrassé avec toute la force des lèvres de l'homme, autrefois étalon, plaquées contre les siennes.

« Si tu n'avais pas au moins une petite idée tu ne l'aurais même pas mentionné. décrète-t-elle avec fermeté. J'aimais Diégo, tu sais. Je n'ai jamais vraiment cessé. »

C'est cruel, de lui dire ça. Elle-même en souffre, parce qu'elle sait qu'elle a échoué, qu'elle a eu tort. Qu'elle a apprécié la passion passagère que lui a offert Perjury.

« J'ai tressé une couronne de pâquerettes après ça. Je t'ai même glissé une bague au doigt. Tu as pris soin de moi. C'était la première fois... »

La première fois que quoi ? Qu'elle lâchait prise ? Qu'elle trahissait son compagnon ? Qu'elle cédait à ses désirs sans réfléchir ?

« La première et seule fois que j'ai été heureuse qu'il ne soit pas là. »

Elle n'avait pas été malheureuse avec Diégo. Bien trop souvent sans lui cependant. Avec Perjury, il ne lui avait jamais manqué.

Ils atteignent la bute et elle s'approche du pied de lavande avec un air satisfait, s'attachant tout de suite à la tâche de préparer l'onguent. Elle demande au blessé de trouver des pensées au pied de la bute, quelques souvenirs lui passant devant les yeux. Elle aussi, a été blessée. C'est lui qui l'a soignée, cette fois là.

Elle s'était écorché les mains en essayant d'échapper à un homme envahissant dans une ruelle sombre. En train de faire les poubelles Pearl ne l'avait pas entendu arriver, et sa robe blanche à fleurs ne risquait pas de décourager l'individu qui l'avait malmenée. Elle ne s'était pas laissée faire, bien entendu, avait crié et griffé, repoussé l'humain et lutté jusqu'à ce qu'une silhouette tout aussi imposante n'apparaisse à leurs côtés et de jette l'homme à terre d'un vigoureux crochet du droit qui les surprit autant l'un que l'autre. L'arrivée inopinée de Perjury avait fait fuir l'homme et Pearl avait contemplé ses mains égratignées avec fascination, retrouvant bientôt la chambre d'hôtel miteuse qu'ils partageaient et s'asseyant au bord du lit à sa demande tandis qu'il disparaissait dans la salle de bain et pestait en cherchant un antiseptique.

Il avait manipulé ses mains avec délicatesse, veillé à n'oublier aucune écorchure tandis qu'elle fixait résolument les imprimés bleus de sa robe d'été. Un merci timide lui avait échappé quand il eut terminé. Il avait déposé un baiser plus léger qu'une plume sur ses mains. Tout aussi légers que ceux dont elle avait gratifié chaque parcelle de sa peau lorsqu'il s'était détaché, dans le champ de pissenlit comme au creux du lit qu'ils partageaient chaque nuit.


Dernière édition par Ocëan Pearl le Lun 10 Juil 2017 - 17:09, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: Surprendre une vieille personne   Sam 8 Juil 2017 - 18:45

               Au loin, entre les filets opaques de brume, le mâle gris aperçoit les pics menaçants de la montagne sacrée. Sans être particulièrement au courant, il connait les rumeurs qui courent sur cette montagne. Une histoire de rituels incas tellement horribles que personne ne sut jamais la vraie histoire. Seule la roche, traîtresse et parfois friable, en garde tous les secrets.

               Il se demande ce qui est le plus désagréable entre le sol rocailleux de la montagne sacrée ou celui, bétonné, de la prison profane. Les deux doivent sûrement être aussi durs l'un que l'autre. Mais contrairement à la terre ferme, être proche des cieux devait être particulièrement silencieux, vide de monde - calme. Il se souvient qu'entre les murs de barreaux, il y avait eu beaucoup de murmures, de gémissements, voir même de pleures et de lamentations. Cette nuit avait été tellement éprouvante, mais en même temps, il n'en vient pas à la regretter.

               La nuit s'annonce rude. Après toutes ces semaines passées à errer et à chercher comment rentrer chez eux, la réalité du monde des hommes les avait rattrapés. Malgré leur endurance étonnante, la voiture vrombissante et hurlante avait fini par leur barrer la route, les forçant à s'arrêter. Perjury ne peut s'empêcher de se masser les poignets en se souvenant douloureusement de la présence des chaînes d'acier sur ces derniers. Mais au moins, maintenant, ils n’avaient plus à courir… Leurs chances de rentrer étaient de plus en plus minces.

               - Tu ne vas quand même pas dormir à même le sol ?! proteste-t-elle encore pour la cinquième fois.
               - Quand vas-tu comprendre qu’il n’y aura jamais de place pour qu’on y dorme tous les deux dessus ? Autant que l’un d'entre nous se repose.

               Et il en va sans dire qu’il préfère nettement que ce soit elle qui en profite plutôt que lui. De toute façon, trop d’angoisse remontent dans ce lieu pour qu’il puisse ne serait que fermer un œil. Il a l’impression de revivre ce fameux processus qui lui aura, en parti, coûté sa hanche. Elle est maintenant tellement meurtrie qu’elle ne cesse de le trahir. Mais ce n’est pas cela qui le tracasse maintenant. Il repense à tous ce qu’ils ont partagé tous les deux durant ces quelques semaines, et ne peut s’empêcher de pressentir que la jeune femme viendra sûrement à le regretter. Un jour ou l’autre sa culpabilité finira par la ronger… Néanmoins, il se déplace en traînant ses fesses de façon à poser sa nuque contre le matelas – le plastique ne se déformant même pas sous le poids de son crâne – et pose sa main, paume en l’air, près de la joue de Pearl.


               - Si la couchette n'était pas confortable, imagine seulement l'état du sol ! rétorque-t-il en riant.

               Il ne se plaint que pour la forme, parce qu’en réalité, cela ne l’avait pas dérangé d’être assis par terre, tant qu’elle avait pu être un minimum à l’aise. De plus, même si à l’époque il ne le savait pas, ça avait été leur tout dernier moment d’intimité, malgré les présences qui grouillaient autour d’eux. Ce qu’il en vient presque à regretter.

               - C'est lorsque je vois ce qu'il me reste que je me demande si revenir était une si bonne idée, finalement... marmonne-t-il amèrement, son regard fuyant soudainement, regardant avec intérêt tout et n'importe quoi, du moment que ce n'est pas Ocëan Pearl.

               Il ne regrette pas vraiment d’être redevenu étalon. Son seul regret c’est d’être revenu seul. Cette solitude soudaine lui avait beaucoup pesé, à tel point qu’il avait décidé de partir de ses terres plutôt que de tenter de confronter la dominante devenu jument. Il s’était aussi senti coupable d’avoir vécu ces instants de bonheur alors qu’il venait à peine de perdre toute sa famille qui avait disparue loin de lui, sans dire un mot. Mais apparemment la vieille jument a elle aussi beaucoup de culpabilité. Il est vrai qu’elle avait trompé son compagnon avec lui.

               - Je le sais bien. Mais je pense que tu avais autant besoin de moi que j'ai eu besoin de toi. répond-t-il d'un ton plus dur qu'il ne l'aurait voulu, quelque peu blessé par cette pique lancé par la jument. Mais après tout, son seul tord était son absence. Le mien semble être ma présence.

               Pourtant, sa présence avait été grandement nécessaire à la jument, et il le sait très bien. Il le sait parce que sa présence à elle avait été d’une réelle nécessité pour lui, et il espère secrètement que cela avait aussi été le cas pour Ocëan Pearl.

               - Mais j’ai toujours chéri ses instants volés avec toi, chuchote-t-il, plus pour lui-même que pour qu’elle l’entende réellement. Et je te mentirais si je te disais que je ne me souviens pas de ce qu’il s’est passé après que je t’ai donné ce bouquet – passablement ridicule d’ailleurs.

               Oh que oui, qu’il se souvient des lèvres de la femme, autrefois jument, sur sa peau…

               Ils finirent par atteindre la bute qu’il avait mentionné toute à l’heure. La jument s’empresse d’aller cueillir la fameuse lavande, sûrement pour s’occuper le plus rapidement possible de sa blessure. Mais avant, elle prend le soin de l’envoyer trouver des pensées. Il profite de cet instant de solitude pour tenter de remettre de l’ordre dans ses pensées, à lui cette fois, qui se bousculent dans sa tête. Ironiquement, leur situation avait été inversé la dernière fois qu’ils étaient ensemble, c’était elle la patiente et lui le médecin.

               « Les dieux ont définitivement un curieux sens de l’humour… »  est la première pensée qu’il a en tant qu’homme, alors qu’il referme la porte de la chambre dans laquelle il vient de s’éveiller. Son corps d’humain était nu et il a ressenti le besoin irrépressible de le couvrir. En fouillant un peu partout dans la pièce, il avait fini par trouver dans une armoire, pendu à des cintres, un jeans gris foncé et un tee-shirt blanc. L’air dans la chambre à coucher était lourd et il était prêt à parier que cela était aussi le cas dehors, ces deux vêtements le couvriront bien assez, s’était-il dit. C’est donc habillé qu’il est sorti de la pièce et qu’il s’empresse de descendre les escaliers. Il parcourt d’un pas rapide le hall avant de pouvoir enfin retrouver l’air extérieur. L’air chaud fait onduler ses cheveux bruns pendant qu’il se mêle à la foule.

               A peine a-t-il fait quelques dizaines de mètres qu’il entend un cri dans une ruelle mal éclairée. Il ne sait pas s’il est prudent de s’y aventurer, mais son instinct le pousse à y aller. Et il se félicite d’ailleurs de l’avoir fait, car il y découvre un homme, d’une carrure imposante s’en prendre à une jeune femme. Malgré que cette dernière se débatte comme une tigresse, elle ne semble définitivement pas faire le poids. L’ancien étalon qu’il est s’avance alors, sentant sa colère poindre. Mais il se surprend lui-même en donnant un violent coup de poing à cet abruti, qui le fait chuter et tomber. Perjury dévisage quelque instant l’homme à qui il vient de faire manger la poussière avant de détourner son attention vers la jeune femme. La robe qu’elle porte est déchirée sur le côté et elle se tient les mains. Elle a sûrement dû se blesser en se défendant. Il s’approche doucement, paume en l’air et lui propose de la soigner. Sans savoir pourquoi, il sent que cette personne ne lui est pas inconnue.

               Il retourne dans la chambre miteuse qu’il vient de quitter avec la jeune femme blessée qu’il vient de trouver. Elle balbutie des choses qui semblerait étrange au commun des mortel, mais pas à lui. Elle parle d’Horse-Wild. De fils en aiguille, ils en viennent à se reconnaître, elle, Ocëan Pearl et lui, Perjury. Mais il n’a pas eu le temps de s’étendre sur les détails de la situation, il devait impérativement soigner ses mains. Qui sait comment le corps humain réagi aux blessures, même les plus infimes ? Elle s’assoie au bord du lit à sa demande tandis qu'il disparaissait dans la salle de bain et peste tout en cherchant un antiseptique. Il essaie tant bien que mal de manipuler doucement ses mains, pour ne pas lui faire mal davantage, mais il est tellement gauche dans ce corps d’emprunt. Lorsqu’il finit sa tâche, il embrasse délicatement ses paumes soignées, sans trop savoir pourquoi.


               Oh tient, des pensées.
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MessageSujet: Re: Surprendre une vieille personne   Sam 8 Juil 2017 - 22:26

Rien n'avait été confortable dans la prison qui leur avait, bien étrangement, permis de retourner de là où ils venaient. Une nuit froide et emplie de murmures, des fous furieux et d'autres qui se lamentaient tandis qu'elle fixait le mur face à elle, les deux mains refermées sur celle que Perjury avait posé près de ses lèvres. Elle y avait déposé un baiser quand la lune s'était levée, devinant peut-être déjà que leur temps approchait de sa fin. Le monde humain n'était pas plus heureux que le leur, avait-elle mentalement décrété. Mais Ocëan ne regrettait pas cependant. Ni le voyage, ni d'en revenir. Ce n'était pas elle qui avait le plus perdu, dans cette aventure.

Pearl avait eu besoin de lui, c'était bien vrai. Elle s'en était voulu, aussi. A présent, elle n'avait plus tant de scrupules, parce qu'elle n'avait pas l'âge de recommencer, et que si elle en croyait sa confidence, lui n'en avait aucune raison. Elle frémit à son souffle, n'osa pas répondre malgré le rire qui dansait sur ses lèvres, hésitant et timide comme elle l'avait été au début. Son baiser si entreprenant l'avait laissée surprise, sur le coup. C'était seulement après, qu'elle avait pris assez confiance en elle pour lui rendre la pareille dans le désespoir et l'abandon.

Terminant de mâchonner la lavande, elle rejoint Perjury penché au-dessus de pensées avec un air hagard, sûrement perdu dans les siennes. Il y avait de quoi. L'ignorant pour simplement ajouter les fleurs sauvages à la mixture qu'elle mastique un peu plus, elle fait signe à l'étalon de retirer l'onguent d'un mouvement de tête, l'aidant un peu de ses naseaux. Expirant prudemment en se faisant, sentant les souvenirs vibrer à la lisière de ses pensées, impatients de prendre le dessus, la jument applique le nouvel onguent en tâchant d'abréger l'opération. Ce n'est pas tant qu'elle est gênée mais qu'elle ne veut pas le blesser. Elle en a assez fait.

Elle s'écarte prestement, revient du côté de la bute qui les protège du vent et laisse ses épaules tomber, ses naseaux frôlant bientôt l'herbe sous ses pieds tandis qu'elle ferme les yeux, s'avouant vaincue.

« C'est l'un des rares bouquets dont je me souviens, et c'est ce qui fait sa valeur. Qu'il ait été ridicule donne juste plus de couleurs au souvenir. »

Ocëan Pearl soupire et entrouvre les yeux pour adresser un regard mélancolique à Perjury.

« Nous aurions été malheureux dans leur monde. Mais je ne regrette plus vraiment ce qu'il s'est passé. »

La nuit est tombée, les a recouvert de son manteau noir pour ne leur laisser que les étoiles. Elles lui permettent à peine de distinguer le gris et c'est douloureusement semblable aux mensonges dont elle s'est abreuvée pendant toutes ces années. Se souvenir sans jamais y revenir. Et à présent, en sa compagnie, elle se fait nostalgique.

« La seule qui était en tort c'était moi. J'ai profité de toi et de ta présence. On ne peut pas te reprocher d'avoir saisi une opportunité. elle le gratifie d'un coup de fouet joueur avec sa queue. Et puis c'est de l'histoire ancienne maintenant, on est trop vieux pour ça et si j'en crois tes révélations de tout à l'heure... »

Elle rit doucement, apaisée.

« Je ne t'ai jamais remercié pour tout ce que tu as fais. elle marque une pause, sensible. Merci. »


Dernière édition par Ocëan Pearl le Mer 19 Juil 2017 - 14:31, édité 1 fois
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Perjury
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MessageSujet: Re: Surprendre une vieille personne   Sam 15 Juil 2017 - 20:19

               Tant de souvenir pour une seule vie. C'est ce qu'il se dit tandis qu'il observe les fleurs - sans toutefois réellement les voir. Il se perd dans les méandres de ses réminiscences, qui deviennent de plus en plus vivace devant ses yeux grands ouverts. « C’est fou ce que l’on peut vivre en si peu de temps sur terre, non ? » Oh encore elle ! Avec sa voix doucereusement maladive. Le mâle s'ébroue, secouant tout son corps. La poussière se détache de son pelage en envahissant l'air, ce qui le fait éternuer. C'est à cette instant qu’apparaît la jument pie, mais le gris se tait, pas encore réellement près à parler de leur passé.

               A l'aide de sa langue, elle attrape les fleurs et les écrases entre ses ses dents pour les ajouter à la mixture sensé l'aider à guérir. Cela lui fait se remémorer cette dernière, qui se rappelle à lui en le lançant encore plus fort. L’onguent d'herbe était frais et gras, mais son effet à eu vite fait de se dissiper. Lorsque qu'elle lui fait signe d'enlever les restant d'herbe et de salive, il s'empresse de s'exécuter. Il passe sa langue sur la plaie rouge et chaude, enlevant les restes en recrachant par terre ce qu'il a dans la bouche. Ocëan Pearl se met à l'aider à coup de naseau, mais elle appuie sur la blessure. D'une lèche sur le nez, il la repousse doucement, mais lui fait signe d'appliquer rapidement l'onguent. La fraîcheur de ce dernier le fait soupirer d'aise.

               Malheureusement elle se retire rapidement après lui avoir appliqué le masque de lavandes et de pensées. Perjury la suit lorsque qu'elle se retourne sans un mot vers la butte. Mais hésite lorsqu'elle se couche. Il sait qu'il devrait se mettre en face d'elle, mais avec le froid qui commence à mordre ses naseaux, il aimerait se mettre contre elle pour avoir sa chaleur. Ne sachant que faire il préfère rester debout et l'écoute sans rien dire pendant un petit moment, sentant la nostalgie des souvenirs ramenés pointer le bout de son nez.

               - Je ne sais pas si j'aurais été si malheureux. Mais je ne pensais pas que ce que nous avons vécu t'avais hanté jusqu'à maintenant, constate-t-il avec un léger froncement de sourcil inquiet. Ça me semble si lointain, mais en même temps si frais dans mes souvenirs.

               Un petit rire lui échappe à lui aussi. C'est agréable de ressasser ses souvenirs avec elle. Surtout que ce sont des bribes de sa vie qui sont heureuses, ce qui ne le dérange pas d'en parler. Parce qu'il y a beaucoup de chose qu'il aurait aimé oublier ou pouvoir refaire - ou défaire -, mais son voyage avec Ocëan Pearl n'en fera jamais partie. C'était une parenthèse douce dans le long texte qu'est leur vie. Et il emportera cela avec lui, s'en que personne d'autre que la pie ne soient au courant de ces moments. Du moins il l'espère.

               - J'ai bien aimé que tu profites impunément de moi, réplique-t-il avec un petit sourire en coin. Tu sais, je ne sais pas vraiment ce que je ressens. Je pense que je m'intéresse plus à l'individu en lui-même qu'à son genre. J'ai vraiment aimé Nymarza, au point d'en perdre - littéralement - la tête. Je pense aussi que d'une certaine façon je t'ai aimé. Pas comme elle, mais tu as beaucoup compté pour moi. Je crois même que c'est toujours le cas. Mais j'ai aussi été très attiré par des étalons.

               Évoquer Nymarza le rend toujours un peu mélancolique. Il a donné et abandonné tellement de choses pour elle. Il s'était même battu pour elle. Ce qui lui fait ce dire qu'il n'était pas très sain dans sa jeunesse, à toujours régir au quart de tour. De plus, son esprit avait déraillé gravement quand elle la laissé, l'abandonnant lui et sa... sa fille.

               - Je pense qu'on s'est retrouvé ensemble pour s'aider l'un comme l'autre à remonter la pente, alors tu n'as pas à me remercier, lui dit-il, malgré que cette délicatesse de la jument le touche profondément. En plus les histoires de cœur ne sont plus importante à mes yeux pour l'instant. Comme tu l'as dis, on se fait vieux ! Et j'aimerais chercher ma fille, si elle est encore en vie.

               Il ne garde pas beaucoup de souvenir d'elle. Il sait juste qu'elle ressemblait tellement à sa mère, qu'avec sa folie qui l'engloutissait peu à peu, il l'avait prise pour elle et l'avait fuit. Mais elle n'était qu'une enfant à l'époque, elle n'avait que lui après le départ de sa mère qui n'avait emporté que son frère. Et elle n'avait pas pu compter sur lui. Mais qui aurait pu compter sur lui à l'époque ? Si elle vit toujours, elle doit tellement le haïr. A moins qu'elle n'était pas assez âgée pour garder de souvenirs ? Il ne ne sait plus. Il n'en avait eu rien à faire à l'époque.

               - Aello est la seule famille qu'il me reste. Et je m'en veux d'avoir été si cruel avec elle. Je l'ai laissé seule courir à sa perte...
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MessageSujet: Re: Surprendre une vieille personne   Mer 19 Juil 2017 - 14:52

Ocëan Pearl pense encore à la brève lèche sur les naseaux dont Perjury l'a gratifiée, n'ayant pas eu le courage de réagir sur le coup. Que dire ou que faire de toute façon ? Il était simplement aimable en lui disant de le laisser faire, et ils savent tous les deux qu'ils n'ont plus rien à tirer de leur courte romance de l'autre côté du miroir. Parfois elle se demande comment elle peut encore contempler son reflet. Elle a tant à se reprocher, et si peu cherché à se faire pardonner.

Bien sûr que non Perjury ne peut pas savoir que les souvenirs qu'ils partagent l'ont hantée toutes ces années. Elle n'en a parlé à personne, et ne l'aurait pas fait si elle ne l'avait pas croisé. Mais il en est l'acteur principal alors il est facile et agréable de les mentionner, de se noyer dans un autre temps à présent révolu. Ils en forgent étrangement des nouveaux, ce soir là, et Pearl ne peut se résoudre à ne pas l'apprécier.

Elle hoche lentement la tête à ses paroles, compréhensive, avant de détourner les yeux lorsqu'il mentionne ses sentiments pour elle. La jument ne sait pas comment qualifier ce qu'elle ressent pour le gris. Elle n'est même pas sûre que c'était de l'amour, parce que son coeur bat depuis trop longtemps pour Diégo. De l'amitié, ça elle en est sûre, mais à l'époque... Un cocktail explosif de désespoir et de passion, de gratitude et de reconnaissance. Ce n'est pas ça, l'amour, mais elle n'a pas le coeur à briser le sien.

« J'ose me dire que nous sommes de vieux amis, Perjury. »

Pearl ignore son refus vis à vis de ses remerciements, il est trop tard maintenant qu'elle les a prononcés, et laisse un sourire malicieux lui échapper à cette pensée. Il est cependant vite effacé par la suite alors que l'étalon fait mention de sa fille. Elle cherche dans son esprit, tâche de se souvenir du nom de cette dernière. Elle sait qu'il a eu des jumeaux avec Nymarza mais à cet instant sa mémoire lui fait défaut alors qu'elle reste muette pour ne pas faire de gaffe, contrariée par un mauvais pressentiment...

Aello. Avec le prénom soufflé par Perjury reviennent les souvenirs et elle ferme les yeux, submergée par des images de la pouliche palomino, maigre et fragile, abandonnée par tous. Trop grande pour boire un lait qu'Ocëan ne possédait de toute façon plus, trop jeune cependant pour survivre livrée à elle-même... Elle avait veillé sur elle. L'avait éduquée tant bien que mal, n'ayant aucun lien de sang avec elle et aucune raison de le faire aux yeux de tout à chacun. Mais la dette, le secret qui la liait à la fille du dominant devenu fou, l'empêchait d'abandonner la pouliche à son tour.

« Cela fait des années que je ne l'ai pas vue, mais je peux t'assurer qu'elle est vivante. J'y ai veillé. »

La révélation est presque cruelle alors qu'elle croise le regard de son vieil ami, étrangement honteuse. Il n'y a pourtant aucun reproche à lui faire, n'avait-elle pas sauvé son honneur en prenant Aello sous son aile à l'époque ?
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MessageSujet: Re: Surprendre une vieille personne   Lun 11 Sep 2017 - 10:54

               Le ressentiment est le fait de se souvenir avec aigreur de quelque chose ou le désir de se venger d'un tort, d'une injustice. Il ne pense pas qu'Ocëan Pearl puisse vouloir se venger de lui à cause de leur brève aventure, mais il est convaincu que les souvenirs de la jument sont corrompus par l'amour qu'elle a pu ou doit porter à Diego. Si elle avait pu être dans la même situation que lui, brisée par l'abandon de la personne la plus important de son monde, peut-être qu'elle aurait pu éviter de s'infliger cette torture. De toute façon, ce qui est arrivé ne peut plus être défait depuis longtemps, alors autant accepter ce qui a pu se produire.

               L'amour est un sentiment d'affection, d'attirance sentimentale et sexuelle entre deux personnes. La chose la plus importante que la mâle retienne de se périple de l'autre côté du miroir, c'est ce besoin constant qu'il avait eu d'elle. Il ne pouvait pas rester seul, il avait besoin de sa présence pour se sentir... normal ? Ce n'était pas de l'amour, elle était pour lui d'une nécessité important et il sait qu'il peut compter sur elle, peut important le moment.

               - Je le pense aussi, Pearl.

             A l'annonce de la jument, le gris ne sait comment réagir. Un mélange de pensées l'assaillit d'un coup : la panique, le regret, l'envie de repartir pour ne pas avoir à affronter ces erreurs, la peur, la panique encore... Il se met a faire les cents pas, ses membres tremblant tels des branches frêles durant une tempête horrible.  « Ne serais-tu pas entrain de resombrer ? » Il sais qu'il ne peut pas se permettre de reperdre le peu de contrôle qu'il a sur lui-même, mais la tentation de laisser couler et de ne rien ressentir est plus forte. « Laisse-toi glisser. »

             L'étalon claque l'un de ses sabots violemment au sol, coupant le moment le soufflé des voix tentatrices. Il ferme les yeux, une larme de rage roulant doucement du coin de l'un de ses yeux et tourne le dos a Ocëan Pearl. Encore plus doucement, il se met a porter son poids sur son antérieur gauche, puis sur le droit, se balançant doucement. Les mouvements répétitifs lui ont souvent permis de se calmer. Il s'en veut tellement d'être aussi faible.

               - Oh... commence-t-il d'un ton mal assuré. Je me dois sûrement de la chercher. A moins que ce ne soit une terrible idée ? Je ne sais même plus à quoi elle ressemble et je n'ai jamais eu le temps de la connaître...

               Une multitude d'émotions se bousculent et bouillonnent en lui : la honte que la jument sache qu'il est laissé sa fille pourrir à son triste sort et qu'il ne sache rien d'elle, la culpabilité de savoir que Pearl a du s'occuper d'Aello, l'espoir de pouvoir peut-être enfin réellement rencontrer sa descendance et le ressentiment qu'il s'inflige en pensant que la matriarche connaisse sa fille, alors que lui non.

               Il se sent soudain très vieux.
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MessageSujet: Re: Surprendre une vieille personne   Lun 11 Sep 2017 - 14:24

Ocëan Pearl regrette presque d'avoir dévoilé ce qu'elle sait. Peut-être aurait-elle dû garder pour elle les courtes années passées à veiller sur Aello. Divisée entre sa fille du même âge et la petite palomino, la pie avait souvent eu à courir derrière les fillettes pour s'assurer de leur bien-être. Elle aurait pu préserver celui de Perjury en gardant le silence. La révélation semble le bouleverser et elle s'en veut, elle qui vient de se dire son amie. Elle ne peut rien y faire, sait que le toucher empirera la crise et regrette de ne pas savoir comment l'aider. Ce n'est pas son rayon, elle-même essaye encore de refermer les plaies de son passé. Certains mots, certains gestes provoquent un déclic qui lui échappe et elle s'enferme intérieurement pour ressasser les origines de sentiments si sombres.

Il lui tourne le dos et c'est difficile à supporter tandis qu'elle baisse la tête, honteuse. Elle aurait dû se taire. Elle se souvient d'Aello, si gentille et pourtant si fougueuse, un feu follet doré qu'elle a laissé partir, quel intérêt de la retenir ? Elle reviendrait bien assez tôt. Ils avaient tous eu besoin de passer un peu de temps loin d'Horse-Wild à un moment donné, le sien avait été avant d'y arriver, simplement. Pearl ferme les yeux, se remémore la jeune jument telle qu'elle l'a vue pour la dernière fois et tâche de partager ce souvenir avec son ami d'une voix douce. Elle ne veut pas le brusquer, simplement le rassurer.

« Je ne peux pas te promettre qu'elle sera heureuse de te voir mais je pense qu'elle en a besoin. Vous en avez tous les deux besoin. La dernière fois que je l'ai vue elle n'était pas bien grande, palomino et fougueuse, je pense que tu la reconnaîtras facilement, comme on reconnait la bourrasque qui précède la tempête. »

Pearl n'est pas complexée par son âge, l'apprécie même parfois mais il lui arrive de sentir les années peser sur sa vieille carcasse lors de telles conversations. Quel âge a la nouvelle génération à présent ? A-t-elle déjà plus de vingt ans ? Elle contemple Perjury et refuse de croire que tant d'années sont passées depuis les évènements qu'ils évoquent avec mélancolie. Il n'est plus temps de regretter, décrète-t-elle pour elle-même.
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