Jeu de rôle équin
 
AccueilAccueil  S'enregistrerS'enregistrer  MembresMembres  GroupesGroupes  ConnexionConnexion  

EVENEMENT EN COURS POUR HALLOWEEN + NOUVELLE EDITION DE LA GAZETTE

Partagez | 
 

 « Sweet Dreams. - PV. »

Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Aller en bas 
AuteurMessage
Aarin
Bloubàà ~ La Tarée Attitude ♥

avatar

ÂGE : 18
PUF : Bloubalie
MESSAGES : 984

SEXE DU CHEVAL : Grand garçon
TERRITOIRE : Solitaire


Boîte à information.
Arbre généalogique:
Relations & Liens:
Relations & Liens:

MessageSujet: « Sweet Dreams. - PV. »   Jeu 27 Mar 2014 - 18:40


J'ai l'impression que les rêves m'apportent un monde meilleur.

Le vent ne se déchaîne plus sur moi. Il fait moins froid, et je n'ai plus réellement besoin de chercher des cavités étroites dans lesquelles personne ne me trouvera pour m'y cacher le temps d'une nuit. Désormais, je peux dormir vraiment, et je dois bien avouer que le sommeil ne m'avait pas gagné depuis bien longtemps. Depuis que ma mère était partie, à vrai dire. Les seuls endroits où j'ai pu voir de la neige se trouvaient en haut de monts et pics. Mais je n'ose pas m'aventurer là-bas. Maman voudrait que je sois prudent. J'ai passé de nombreuses nuits au cimetière, collant mon corps frêle contre le marbre froid de sa stèle. Mais une petite voix me disait de me lever et de partir, de vivre. Alors j'ai écouté. Marchant lentement, tentant d'oublier que j'étais seul, je partais sur les chemins, cherchant à manger et à boire. Le lait maternel me manquait terriblement, et il en était de même pour la chaleur maternelle...

Ce matin-là, lorsque je m'étais éveillé au pied d'un grand arbre, je ne me souvenais plus réellement de la veille. J'avais tourné la page, je devais vivre avec ou sans ma mère. La nuit avait été douce, et j'avais vu de belles choses. J'ai l'impression que les rêves m'apportent un monde meilleur. C'est exactement cette phrase que j'avais dite à la terre légèrement humide à cause de la rosée, à mon réveil. Mais la terre n'avait pas répondu, elle n'avait pas souri non plus. Elle n'avait pas réagi. Et je m'étais rendu compte d'une chose. J'étais seul.

Alors, je me levai et partis au trot dans une direction aléatoire. J'évitais les endroits boueux ou froids, me contentant généralement de traverser des plaines et des vallons. C'était plus simple, et surtout plus agréable. Lorsque le soleil fut bien haut dans le ciel, j'aperçus une petite rivière au centre d'une plaine. Je galopais un peu dans la plaine, puis m'abreuvais. Finalement, je rentrais doucement dans l'eau. Il faisait chaud, la belle saison arrivait. Une odeur inconnue se fit sentir. Je pointais mes oreilles dans tous les sens et demandais doucement :

« Qui est là ? »

(Excuse-moi, c'est pas extraordinaire :/.)
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
Ossian
Anarchommuniste

avatar

ÂGE : 17
PUF : Nightfol.
MESSAGES : 480

SEXE DU CHEVAL : étalon
TERRITOIRE : solitaire, pour l'instant


Boîte à information.
Arbre généalogique:
Relations & Liens:
Relations & Liens:

MessageSujet: Re: « Sweet Dreams. - PV. »   Dim 6 Avr 2014 - 16:21

Toute la journée, Elyna avait marché. Comme la journée d’avant, et encore celle d’avant, et encore la précédente. Chaque matin, elle se rappelait qu’elle devait découvrir un endroit où l’eau coulait et l’herbe abondait, et finalement, chercher un nouvel endroit pour la protéger des prédateurs. Toutes ses marches n’étaient rythmées que par le son régulier de ses sabots se posant sur le sol, le doux bruisement de la brise, et les quelques sifflements d’oiseaux. Elyna en venait à se demander si sa vie ressemblait pour toujours à ça : fuir. Elle espérait bien que non, mais elle ne trouvait aucune solution.
Alors qu’elle avançait sur une terre pauvre en végétation, un bruit attira son attention. Elle s’arrêta, releva la tête et dressa les oreilles. Une rivière courait, non loin de là. Elle l’entendait. Alors ses pas suivirent ce mélodieux son, et bientôt, elle trouva un petit ruisseau. semblait s’élargir, plus bas. Là où l’eau passe en abondance, les plaines fleurissent. Elyna longea le ruisseau, jusqu’à ce que celui-ci devienne une rivière, et que l’herbe devienne plus verte. Et même, un arbre y était. L’endroit lui rappelait un souvenir.
Son frère était né dans un aussi beau lieu. Sous un arbre. Près d’un point d’eau. Les bruits lui semblèrent alors les mêmes, et son cœur se mit à battre plus vite. Y serait-elle revenue ? Et s’ils étaient là comme avant ? Il lui paraissait que le temps était remonté, et qu’elle n’était plus cette pouliche si seule. Elle fit le tour de l’endroit, observant chaque élément avec une attention digne d’un poulain. Certes, elle restait pouliche, mais plus rien ne l’étonnait vraiment, depuis qu’elle devait se montrer adulte avec elle-même. Elle ressentait à nouveau le bonheur.
Un autre bruit retentit, celui de quelqu’un qui jouait dans l’eau. Et son souffle s’accéléra. Tout lui semblait plus vrai que nature. Elle accoura jusqu’à la rivière, s’arrêta devant celle-ci et vit quelqu’un, un autre poulain. Mon frère ! songea-t-elle. Mais il était blanc crème. Son frère, elle se souvint, possédait une robe feu, et non pas neige.
Et son rêve éveillé s’arrêta. Elyna se rappela qu’elle était seule. Elle se rappela qu’ils n’étaient plus là. Qu’ils étaient tous partis. Sa joie s’envola, et une pointe de chagrin la remplaça, tandis que son cœur reprit un rythme banal. Pourquoi le passé était si beau, et le présent si laid ?
Même si elle se sentit terriblement seule, l’inconnu parla, lui rappelant alors sa présence. Elle hésita à répondre et dit :
« Seulement Elyna… »
Sa déception se ressentait dans sa voix. Qui d’autre aurait pû être avec elle, de toute façon ? Ses rêves et souvenirs uniquement prenaient son chemin, sans jamais devenir vraiment réels.
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
Aarin
Bloubàà ~ La Tarée Attitude ♥

avatar

ÂGE : 18
PUF : Bloubalie
MESSAGES : 984

SEXE DU CHEVAL : Grand garçon
TERRITOIRE : Solitaire


Boîte à information.
Arbre généalogique:
Relations & Liens:
Relations & Liens:

MessageSujet: Re: « Sweet Dreams. - PV. »   Ven 11 Avr 2014 - 20:20


J'ai traversé une contrée déserte, je sentais la terre sous mes pieds.

Les yeux de la pouliche qui se tient en face de moi me rappellent de vagues et lointains souvenirs. Ma mère, mon père, ma vie d'avant. Quand je n'étais pas seul, quand la neige ne m'arrivait pas encore jusqu'aux flancs. Quand je ne craignais pas le froid, ni les prédateurs, et encore moins la solitude. J'ai aujourd'hui l'impression d'être cet animal de laboratoire, coincé dans une cage, qu'on manipule, qu'on regarde, qu'on tâte puis qu'on repose. On me regarde, on fait mille et mille expériences sur moi, puis on me laisse tomber. De côté, comme je l'ai toujours été. J'ai besoin d'être loin de tout cela, peut-être. Et la pouliche qui me fait face semble aussi désespérée que moi. Lorsqu'elle m'a entendu demander si quelqu'un était là, je l'ai aperçue. Elle s'est précipitée, comme si elle espérait voir quelqu'un en particulier. Pour sûr, je n'étais pas cette personne. Son visage blanc semblait délavé, comme si des milliards de larmes avaient coulé pour faire disparaître ses couleurs. Et moi, j'étais là, idiot à la contempler. Mais pas si idiot que ça ; elle était vraiment jolie.

« C'est un beau nom, murmurai-je. Je suis Aarin. »

Es-tu seule ? C'est la question qui me démangeait. Je voulais la lui poser, mais n'était-ce pas indiscret, venant d'un inconnu surgissant de nulle part ? Je clignai des yeux, et posai mes prunelles bleues sur sa mine triste. Pourquoi une si jolie demoiselle était-elle triste ? Ça aussi, ça me démangeait. Je la regardai, compatissant, me disant que je la comprenais, que moi aussi j'attendais quelqu'un qui ne reviendrait jamais. Ça se lisait dans son regard, que c'était ça. Cette joie fugace qui était passée sur son visage pour s'éteindre soudainement, lorsque j'étais apparu dans son champ de vision. Elle attendait quelqu'un. Mais pas moi. Et visiblement, ce quelqu'un ne viendrait pas. Peut-être pas maintenant, peut-être dans longtemps, ou peut-être jamais. Comme moi. Ma mère était sans doute quelque part dans le ciel, à me guetter et à me guider. "Ne fais pas ça, Aarin, tu te brûlerais les ailes à voler trop haut dans le ciel." J'avais besoin de sa présence, mais désormais je devais m'en passer. Et pour Elyna, je voulais en ce jour une chose ; voir fleurir un sourire sur les lèvres roses.

« Pourquoi es-tu triste ? », demandai-je.

Cette question était réellement indiscrète, surtout qu'elle ne connaissait de moi que mon physique, ma voix et mon nom. Mais je voulais l'aider, la voir sourire comme moi-même je souriais. Il faut toujours faire du mieux qu'on peut, quelques soient les conséquences, ou le contexte. Et je voulais la faire sourire comme je savais faire sourire certaines personnes, comme maman, par exemple.
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
Ossian
Anarchommuniste

avatar

ÂGE : 17
PUF : Nightfol.
MESSAGES : 480

SEXE DU CHEVAL : étalon
TERRITOIRE : solitaire, pour l'instant


Boîte à information.
Arbre généalogique:
Relations & Liens:
Relations & Liens:

MessageSujet: Re: « Sweet Dreams. - PV. »   Ven 11 Avr 2014 - 22:02

Le jeune inconnu se tourna vers elle. Elle s’avérait trop déçue pour vraiment s’intéresser à lui. Mais il la complimenta. Elyna sentit la gentillesse et la bonté dans ces paroles. Elle releva son regard bleu et le posa sur l’autre poulain, et ses oreilles blanches se dressèrent en sa direction. Son pelage tout de neige, les prunelles de glace et la peau rose pâle, comme elle. Il demeurait plus musclé qu’elle, bien moins fin. Elle vit une sorte de puissance, bien qu’il semblait calme et gentil. Alors, il s’appelait donc Aarin ? Un joli prénom, lui aussi. Elle répondit :
« Merci. Aarin sonne très bien. »
Elle arbora un petit rictus de sourire forcé, complétant avec politesse ces paroles. Ainsi on lui avait appris à accompagner ses phrases de rencontre d’un sourire. Mais elle n’avait pas le cœur à s’en dessiner un véritable sur les lèvres. Aussi, elle ne fut pas tant surprise d’entendre la question d’Aarin. Elle se voyait surtout étonnée qu’il ait osé la poser. Comment lui expliquer ? Comment dire que sa famille s’était éteinte ? Qu’elle avait cru voir en lui son frère défunt ? Qu’un instant, sa faiblesse l’avait emporté sur son intégrité mentale ? En réfléchissant, elle laissa son regard divaguer, tandis que son expression de tristesse s’accentuait au fil de ses funestes pensées. Au final, elle se décida à avouer d’une voix cassée :
« Je suis seule. »
Elle jeta un léger coup d’œil à Aarin, presque honteuse de cette triste vérité. Mais elle se rendit compte qu’il n’y avait personne d’autres qu’eux deux. Il semblait pourtant avoir le même âge qu’Elyna. Serait-il, lui aussi, privé d’une famille ? Elle le fixa et demanda doucement :
« Tu es seul, toi aussi ? »
En songeant à cette possibilité, il incarnait presque une lueur d’espoir, la possibilité de partager sa douleur. Cela enchantait presque Elyna, qui portait ce lourd poids sur ses épaules, et voulait tant qu’on l’aide à le suporter… Mais elle n’était pas stupide : elle ne lui souhaitait pas de vivre cet enfer.
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
Aarin
Bloubàà ~ La Tarée Attitude ♥

avatar

ÂGE : 18
PUF : Bloubalie
MESSAGES : 984

SEXE DU CHEVAL : Grand garçon
TERRITOIRE : Solitaire


Boîte à information.
Arbre généalogique:
Relations & Liens:
Relations & Liens:

MessageSujet: Re: « Sweet Dreams. - PV. »   Sam 12 Avr 2014 - 12:26

Je connaissais le chemin comme la paume de ma main.

Aarin sonne bien. Je le savais, bien entendu. Je portais ce nom avec fierté, mais sans jamais m'en vanter. Je ne le mettais jamais vraiment en avant, n'osant pas le dévoiler en le clamant haut et fort, n'osant pas dire que c'est ma mère qui me l'a donné comme un secret dont je ne connais pas la signification ou la provenance. D'où vient-il ? De qui ? De quand ? Que veut-il dire ? J'ai l'impression que la vie est une sorte de question, elle-même. Pourquoi on vit ? Pourquoi on meurt ? Cette question me fait comme un pincement au cœur. Pourquoi maman n'est plus là ? Je ne laisse aucune de ces émotions passer sur mon visage, m'efforçant d'être bien moins émotif qu'habituellement. Ne pas être faible devant une fille. Sinon, ça peut faire mauvaise figure. Je remercie Elyna, puis remarque le sourire qui se dépose sur ses lèvres. Mais ce sourire n'éclairera pas ma journée ; il est faux. Elle m'offre un rictus, parce qu'elle semble ne pas pouvoir sourire réellement. Pourtant il fait beau, il fait chaud. Mais je me rappelle d'une chose qui me donne l'effet d'un coup de pied dans le ventre ; elle est seule. Elle aussi. Je hume l'air et ne sens pas d'autre équidé par ici. Je fronce un peu les sourcils et regarde autour de moi un instant, avant de reporter mon regard vers la pouliche claire. Elle se trouve sur l'autre berge. Seuls mes membres antérieurs étaient jusqu'ici immergés dans l'eau fraîche, et je me laisse aller en avant, mon corps se glissant dans la rivière. Je marche doucement, mes sabots glissant sur les roches lisses qui parcourent le fond de l'eau. Mes membres se prennent parfois dans quelques zones vaseuses, et je ralentis la cadence à ces moments-là. Je monte sur la berge, et me secoue doucement, prenant garde à ne pas mouiller Elyna.

Elle est seule. Sa petite voix se brise sur ces mots. "Je suis seule." Mes prunelles bleues se lèvent doucement vers elle et se posent sur ses yeux de glace. Elle est seule. Seule. Seule. Comme moi. Je le suis. Je suis seul, oui. J'aimerais tant qu'à cette simple pensée, maman arrive et me serre dans ses bras. "Poisson d'avril, mon fils, ce n'était qu'une blague, je suis là, maintenant." Mais j'oublie certainement qu'on est pas le premier avril. Je me mords la langue, et espère voir ma mère galoper là, dans ces prairies qui nous entourent, brouter l'herbe fraîche et même bondir dans l'eau du ruisseau. Mais je rêve, elle ne viendra pas. Le seul endroit où elle peut désormais galoper, c'est le ciel. Et la stèle de marbre gris où son prénom est gravé en lettres dorées en témoigne. Maman ne reviendra pas. Jamais, plus jamais non, jamais plus. J'essaye de me faire à cette idée, mais ça me fait l'effet d'un coup de poignard. Je suis seul, moi aussi. Je me souviens du vent qui faisait vibrer le cui-cui des oiseaux, emmenant leur chant dans le monde entier, et me rappelant que j'étais seul. Isba, Isba, Isba. C'était ça, qu'ils chantaient. Ils chantaient un adieu, un adieu pour la belle blanche. Je ferme les yeux, serre les dents. Je dois me détacher de mes souvenirs, ces terribles souvenirs qui me hantent en rêve ou en réalité. Toujours, cette blanche jument dont les yeux ont emprisonné la mer agitée par la tempête. Cette blanche jument qui me hante, et habite mon cœur. A tout jamais.

« Je suis seul. », articulai-je avec difficulté.

Je la regardai, un peu honteux de me montrer si faible. Si j'avais été seul, je me serais mis à pleurer. J'en suis sûr. J'aurais été faible. Pas devant les filles, jamais. J'aimerais avoir un père, à ce moment-là. Un père sur qui compter, un père qui m'apprendrait à devenir grand. Un père qui m'aimerait comme maman m'aimait. Parce qu'elle m'aimait, maman, n'est-ce pas ? Elle m'aimait, oui. C'est obligé, elle m'a mis au monde. Je m'en veux de ne pas avoir pris soin d'elle. Sinon, elle serait toujours là, non ? Non, peut-être qu'il était temps. Mais je ne veux pas le savoir, si on est obligé de mourir un jour. Je voudrais être éternel, et que mon monde entier le soit. Je vivrais dans mes rêves si doux, dans cet autre monde inconnu de tous. Quelque part que moi seul connaîtrait, et que je pourrais partager avec les orphelins comme moi. Les malchanceux. Ceux à qui la vie n'a pas souri. Ceux qui voudraient un père, une mère, une frère, une sœur. Comme moi. Comme Elyna.
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
Ossian
Anarchommuniste

avatar

ÂGE : 17
PUF : Nightfol.
MESSAGES : 480

SEXE DU CHEVAL : étalon
TERRITOIRE : solitaire, pour l'instant


Boîte à information.
Arbre généalogique:
Relations & Liens:
Relations & Liens:

MessageSujet: Re: « Sweet Dreams. - PV. »   Sam 12 Avr 2014 - 21:03

« Je sais que tu as souffert. »
Elyna l’observa traverser la rivière pour venir la rejoindre. Elle trouva son attention de ne pas la mouiller gentille. Il semblait vraiment sympathique avec elle. Une première impression qui la ravissait. Plus personne n’avait été attentif avec elle. La bonté revenait, aujourd’hui. Quoi de meilleur pour un nouveau jour ?
Lorsqu’il avoua être seul, elle le sentit honteux, comme elle. Elyna posa sur lui un regard compatissant. Elle était en présence de quelqu’un qui, lui aussi, ne possédait plus d’entourage. Elle connaissait cette souffrance intense, qui ronge l’esprit de quiconque en est atteint. Viens alors le moment où l’on se fiche de ce malêtre, où l’on oublie absolument tout. Et lorsque les souvenirs reviennent, tout réapparait, et la douleur est bien plus aigue. Elle savait ce qu’il avait enduré, parce qu’elle-même l’avait vécu. Comment ne pas être compatissant ? Elle se sentait presque proche de lui, de part ce point commun.
« Nous pourrions être deux. » suggéra-t-elle lentement, d’une voix douce.
Après tout, le vécu d’Aarin devait s’apparenter au sien. Ils ne pourraient que s’entraider dans la lutte contre cette souffrance, et peut-être, un jour, réussir à l’oublier. Un nouvel espoir se trouvait en la personne d’Aarin. Et cela dessina un véritable sourire sur ses lèvres, envolé depuis des mois pourtant. Il resta furtif, demeurant quelques secondes seulement. Son regard bleu glace posé sur son compagnon du jour, elle se perdit dans ses pensées et ses souvenirs. Elle avait perdu ses parents, sa seconde mère, et son frère. Une histoire différente appartenait à chaque personne différente. Et même s’ils se retrouvaient seuls, même s’ils arboraient la couleur neige et les yeux bleus, même s’ils étaient aussi jeune l’un que l’autre, même s’ils vivaient tout les deux dans une douleur constante, leurs passés différaient bien. Quel était celui d’Aarin ? Cette question secoua Elyna, qui, maladroitement, expliqua doucement, son regard se promenant lentement autour du magnifique lieu dans lequel ils se trouvaient :
« J’ai perdu mes parents et mon frère tour à tour. C’est ainsi que je suis devenue une âme seule et errante. » Elle s’arrêta, et ses yeux se tournèrent vers Aarin. Presque inquiète, elle demanda : « Que t’est-il arrivé ? »
Âme errante, quelle belle expression pour les qualifiés, eux, les oubliés du temps.
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
Aarin
Bloubàà ~ La Tarée Attitude ♥

avatar

ÂGE : 18
PUF : Bloubalie
MESSAGES : 984

SEXE DU CHEVAL : Grand garçon
TERRITOIRE : Solitaire


Boîte à information.
Arbre généalogique:
Relations & Liens:
Relations & Liens:

MessageSujet: Re: « Sweet Dreams. - PV. »   Sam 12 Avr 2014 - 21:58


Je me suis assis près de la rivière et j'étais parfaitement heureux.

J'avais avoué avec difficulté être seul. Forcément, je me sentais un peu bête de ne plus m'en plaindre alors que certains en souffraient du plus profond de leur être, comme Elyna. Je baissais les yeux, et lorsque je les relevais, elle me regardait. Nos prunelles d'un bleu glacé se rencontrèrent, et son regard se fit compatissant. Le mien aussi. J'avais l'impression d'être un copié-collé d'elle-même, d'être son image miroir, d'être son reflet à la surface de l'eau. Mais j'étais réel, et elle aussi. Je n'étais pas une image, et elle n'était pas un dessin. Nous étions réels, et nous étions face à face, avec la réalité. La réalité, vraie, réelle, pure et complexe. Sa voix douce mit fin au silence gênant qui s'était installé. Mon regard était retombé sur mes sabots, et je regardais ceux-ci avec gêne ; que dire à une orpheline aussi seule que moi ? Nous pourrions être deux. Oui, moi qui pensais à mon monde, je pourrais l'y accueillir. Nous serions toujours seuls, mais ensemble face à la solitude. Ce serait une solitude différente, notre petit secret à nous deux, un monde qui n'appartiendrait à personne. Personne d'autre que nous, du moins. Une cavité extrêmement étroite dans la roche d'une montagne ou une grande caverne au bord de la mer. Peu importe, tant que notre solitude était différente. J'avais besoin de sentir quelqu'un auprès de moi, puisqu'au fond de mon être, je restais un enfant. Un enfant incapable de survivre seul. Et il devait certainement en être de même pour elle.

Était-elle une enfant ? Depuis combien de temps était-elle seule ? Je me mordais encore la langue pour me forcer à me concentrer sur mon interlocutrice, et relevais mes prunelles de glace vers elle. Le soleil éclairait sa robe blanche. Je savais quel serait notre monde.

« Oui, nous pourrions..., murmurai-je. Nous serions deux dans un monde de conte de fées. Tu sais, là où il y a mille et mille créatures légendaires. Des dragons qui crachent du feu, des écureuils plus rouges que roux, des chats qui sourient, des poneys multicolores, des méchants sorciers et des belles princesses, et aussi des crapauds qui deviennent des princes si on les embrasse. Mais un monde de conte, sans tout ça. Sans tout cet imaginaire. Je reprends mon souffle puis affiche un petit sourire enfantin. Un monde aux prairies verdoyantes, au ciel toujours bleu et aux mers toujours belles. Tu sais, le genre de monde sur lequel on écrirait des millions de beaux vers, un monde magique dont nous serions les rois. Une solitude différente. »

Je la regarde, une lueur d'espoir traversant mes yeux. Ce genre de monde irréel mais dont on rêve toujours, malgré tout. Je l'accomplirai un jour, et si ce n'est pas demain, alors ce sera un autre jour. Peut-être dans longtemps, mais un jour, ça arrivera. Ce jour-là, même la solitude différente disparaîtra. Ce jour-là, il n'y aura plus que ce monde, moi, et Elyna si elle accepte d'y venir. Ma mine est rêveuse et enfantine, je rêve de ce monde depuis toujours. Ma mère m'avait promis qu'un jour, elle m'y emmènerait ou du moins, que j'irai là-bas. Elle disait que ça ressemblait à Horse-Wild, en mieux. En plus beau, plus lumineux, plus clair, plus fabuleux. Plus irréel. C'était un monde de rêve, tout simplement.

Elyna me parla un peu de son passé. Elle avait perdu ses parents et son frère, tour à tour. Je murmurais un petit "désolé" qu'elle n'entendit peut-être pas tant il était bas. Puis elle me demanda ce qu'il m'était arrivé. Comment lui dire que j'étais un accident ? Comment avouer au monde que j'étais né d'un malentendu, que j'étais moi-même un malentendu ? Un fichu quiproquo, parce que ma mère était devenue presque folle. Folle à lié, au point de confondre son étalon avec un autre. Et je n'avais même pas connu mon père. Il m'a juste dit qu'il ne fallait pas être faible. Pourtant, ma mère l'avait été. Elle ne galopait presque jamais, et on avançait à une lenteur hallucinante vers sa terre promise. Horse-Wild. Elle voulait que je sois en sûreté, mais je n'ai jamais su pourquoi. Jusqu'à ce que je la perde. Elle savait, oui, qu'elle n'avait plus beaucoup de temps. Et moi je m'amusais, innocemment, bêtement, pendant qu'elle dépérissait comme un fruit sous un soleil cuisant. Comment résumer tout ça sans faire une thèse ? Comment lui avouer ça, à elle, pauvre Elyna ? J'inspirais un grand coup et déclarais :

« Mon père est parti dès ma naissance, et ma mère est partie sur Horse-Wild pendant mon sommeil. J'ai suivi son odeur jusqu'ici, et je n'ai trouvé d'elle que sa tombe., soupirai-je. C'est depuis ce moment-là que je suis seul. Trop seul. »

Je baisse les yeux, puis quand je les repose sur la pouliche blanche, je lui lance un regard compatissant. Je la comprends et je sais que c'est réciproque. Enfin quelqu'un pour comprendre mon ressenti, et la misère qu'est ma vie. Enfin quelqu'un d'autre qui le vit. Je me sens alors égoïste à cette pensée. Je le suis peut-être, qui sait ?
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
Ossian
Anarchommuniste

avatar

ÂGE : 17
PUF : Nightfol.
MESSAGES : 480

SEXE DU CHEVAL : étalon
TERRITOIRE : solitaire, pour l'instant


Boîte à information.
Arbre généalogique:
Relations & Liens:
Relations & Liens:

MessageSujet: Re: « Sweet Dreams. - PV. »   Jeu 17 Avr 2014 - 0:43

Elyna écouta attentivement les murmures d'Aarin. Il lui fallut peu de temps pour se laisser emportée par son imagination. Accompagnée des merveilleuses descriptions du poulain, elle parcourut son monde irréel. Tantôt, elle se figurai de grands dragons, non pas affreux aux dents pointues, mais majestueux et gracieux, volant dans un ciel plus bleu que jamais, le soleil faisant luire ses écailles aux multiples couleurs vives. Tantôt, de superbes princesses au coeur d'or, et des crapauds gluants et laids qui se métamorphoseraient en princes à la générosité sans limite si on leur adressait une attention particulière à leur esprit, et non pas à leur apparence. La beauté est agréable, mais celle du coeur l'est encore plus. C'est ainsi qu'Elyna pensait.
Et, alors, fixant le sourire d'enfant d'Aarin, elle supprima tout ces êtres magiques de ses pensées. Que resterait-il ?
Elle.
Et lui.
Elle ne serait pas seule, non, car ils seraient ensemble. Ils seraient ensemble, et s'imaginer un nouveau monde ne leur serait d'aucune utilité. Leur nouveau monde était leur rencontre. La simple évocation de sa solitude lui sembla alors bien lointaine. De quoi avait-elle besoin, maintenant qu'une âme semblable à elle-même se relevait doucement, tout juste tombée du ciel ? Un grand sourire se dessina sur son visage, et ses yeux bleus se remplirent d'étoiles. L'espoir ne lui suffirait plus, elle goûterait bientôt à un nouvel univers. Reine et Roi, ensemble, gouvernant leur monde. Plus de morts, plus de solitude, si ce n'est qu'ils la vivraient tout les deux. D'une voix remplie de merveille, elle affirma :
« Notre bateau nous emmènera loin de ceux qui ne se soucient pas de nous, et notre château resplendira sous la lumière de nouvelles étoiles. Celles de notre bonheur. »
Quel meilleur avenir pour elle ?
Elyna abandonna un instant sa joie naissante pour écouter l'histoire d'Aarin. Sans père. Ainsi, il ne pouvait croire qu'en sa mère, et ne voir sa vie qu'en elle. Elle avait eu la chance de vivre avec un père, même s'il s'était révélé extrêmement ravagé par le chagrin lorsque son aimée l'avait quittée pour les cieux. Mais celui d'Aarin, lui, l'avait laissé avec sa mère, seuls contre tous. Comment pouvait-on déserter sa propre famille ? Elle comprit alors combien il avait pu être dur pour Aarin de vivre jusqu'ici. La mort de sa mère avait dû le poignarder en plein coeur, pour couronner le tout. Les yeux d'Elyna ne cachait pas son inquiétude et la sorte de tristesse qu'elle ressentait pour le passé du poulain, mais elle tenta tout de même de ne pas rester dans cette constante inquiétude : les gens n'aiment pas être tristes bien longtemps. Aussi, elle sourit, un sourire franc, et déclara :
« Oublie donc ton malheur d'hier, demain sera bien plus beau et chargé de nouveaux horizons à explorer. »
Elle savait pertinemment que ces blessures d'antan ne quitteraient jamais ses pensées, mais elle espérait bien qu'ils arriveraient à se défaire de leur tristesse. L'amour reste quand la douleur s'en va, après tout.
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
Aarin
Bloubàà ~ La Tarée Attitude ♥

avatar

ÂGE : 18
PUF : Bloubalie
MESSAGES : 984

SEXE DU CHEVAL : Grand garçon
TERRITOIRE : Solitaire


Boîte à information.
Arbre généalogique:
Relations & Liens:
Relations & Liens:

MessageSujet: Re: « Sweet Dreams. - PV. »   Mar 27 Mai 2014 - 18:03

Et où que nos pas nous portent, nous resterons ensemble, les doigts liés peut-être à tout jamais.

Le vent soufflait doucement, caressant les brins d'herbe avec douceur, puis les faisant s'agiter doucement. Un sourire rêveur vint se poser sur mes lèvres comme un fin voile de dentelles sur des épaules engourdies. Des étoiles pleins les yeux, des papillons me rongeant de l'intérieur, je poussais un petit soupir d'apaisement. J'avais l'impression qu'Elyna et moi étions désormais seuls au monde, un peu comme si une immense bulle de savon s'était emparée de nous, nous emprisonnant en son sein et nous liant comme un frère et une sœur de cœur. Pas comme si le sang nous liait, non, c'était bien plus fort que ça. Plus qu'autre chose, Elyna était désormais devenue mon amie. Mon unique amie. Et elle me suffisait bien. J'embrassais d'un regard sans émotions les prairies verdoyantes et le ruisseau qui suivait paisiblement son cours, l'éternel son de l'eau s'écoulant tranquillement entre les roches minérales et s'éloignant en aval me parvenant en même temps que le bourdonnement d'un quelconque insecte. Je secouai vivement ma queue pour chasser celui-ci, qui ne tarda pas à s'éloigner.

Je me perdis dans mon imagination, décrivant un monde idéal aux yeux de tous. Mais à Elyna et moi, il ne fallait qu'une chose. Nous. Juste nous deux et notre solitude partagée. Ou, non, encore mieux ; pas de solitude du tout. Après tout, lorsque l'on est deux, peut-on encore parler de solitude ? Non, non, certainement pas. Quand j'étais avec maman, même quand elle ne faisait pas réellement attention à moi, je n'étais pas seul puisqu'elle était là, physiquement. Mais donc, cela veut-il dire que si je reste aux côtés de sa tombe, seul dans le cimetière, je ne connaîtrai pas de solitude ? Je cligne deux fois des yeux ; mes pensées sont idiotes, insensées, je ne peux pas me laisser dépérir. Maman ne le voudrait pas. Elyna se met à parler. Je pointe mes oreilles dans sa direction et mes pupilles bleues glissent jusqu'à elle. Un immense sourire éclaire désormais son visage. J'aime la voir sourire. Elle a un très joli sourire. D'ailleurs, elle est très jolie, tout simplement. Je souris. Je dois avoir l'air un peu bête. Ce n'est pas grave, puisqu'il y a Elyna. Et elle me parle de notre bateau, de nos étoiles. De notre bonheur.

« Nous vivrons au jour le jour, lâchai-je. Tu seras la Reine des étoiles, et moi le Roi du soleil. Nous serons heureux, nous mangerons des fruits exotiques et inconnus de tous. Nous serons peut-être idiots, à croire qu'on ne connaîtra pas de malheurs. Mais au moins on sera plus seuls, plus du tout. Plus jamais. »

Je la regarde dans les yeux, et à nouveau j'ai comme l'impression de me voir dans un miroir. Elle est étonnante, cette fille. C'est étonnant, une fille. Elle me fait sourire en me parlant de ses rêves qui deviennent miens. Je m'empare d'une partie de ses problèmes, je les serre contre mon cœur. Je veux juste ça, vivre mes rêves, nos rêves, avec elle. Juste elle. Juste moi. Juste notre monde. Un monde fantastique, peut-être tropical ou un peu médiéval, avec des combats à l'épée entre deux duellistes. Et là-bas, sur la colline, un preux chevalier qui tue le dragon qui garde une belle princesse comme prisonnière, derrière un imposant barrage de feu. Et moi, je voudrais être son preux chevalier, à cette belle princesse qu'elle est, Elyna. Je souris, bête, idiot, stupide même. Le monde féerique qui nous entoure n'est qu'une image immobile à mes yeux, un vulgaire décor cartonné et mal fait. Parce que j'oublie tout ça pour ses beaux yeux et son beau sourire. Ma rêveuse, c'est elle.

« Tous ces horizons, je veux les voir. Faire de mes rêves, ma réalité. Faisons ça ensemble, tu veux ? Accomplir nos rêves, nos buts... »
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
Contenu sponsorisé




MessageSujet: Re: « Sweet Dreams. - PV. »   

Revenir en haut Aller en bas
 
« Sweet Dreams. - PV. »
Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Revenir en haut 
Page 1 sur 1
 Sujets similaires
-
» ? ? Sweet Dreams [Sacha] [x]
» [1750] sweet dreams[Adrix]
» Sweet dreams are made of you ? Dalia
» Sweet dreams always burn - Alpina Docharty
» (Tear) sweet dreams are made of this.

Permission de ce forum:Vous ne pouvez pas répondre aux sujets dans ce forum
Horse-Wild :: COMMENCEMENT. :: ARCHIVES [JDR]-
Sauter vers: