Jeu de rôle équin
 
AccueilAccueil  S'enregistrerS'enregistrer  MembresMembres  GroupesGroupes  ConnexionConnexion  

EVENEMENT EN COURS POUR HALLOWEEN + NOUVELLE EDITION DE LA GAZETTE

Partagez | 
 

 « Ton Héritage. - L. »

Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Aller en bas 
AuteurMessage
Aarin
Bloubàà ~ La Tarée Attitude ♥

avatar

ÂGE : 18
PUF : Bloubalie
MESSAGES : 984

SEXE DU CHEVAL : Grand garçon
TERRITOIRE : Solitaire


Boîte à information.
Arbre généalogique:
Relations & Liens:
Relations & Liens:

MessageSujet: « Ton Héritage. - L. »   Ven 7 Mar 2014 - 21:46

« De toi, il ne me reste rien de plus que l'espoir de trouver refuge dans les bras de quelqu'un. »

Réfléchir. J'ai besoin de réfléchir. Je ne dois pas pleurer. C'est fini, je ne suis pas un enfant, je ne dois pas pleurer. Je me console seul, faisant les cent pas là où mes membres me portent volontiers. Je divague, comme emporté par les vagues. J'use de toutes mes forces pour ne pas m'écrouler, pleurer à nouveau. Je revois en flash cette pierre de marbre gris, qui luit encore de mes larmes et de ceux d'une vieille jument pie. Je veux fuir d'ici, partir au loin, trouver mon père. Mais lui, m'a abandonné à ma naissance. Lui, ne m'a laissé aucune chance de le retrouver, de le rejoindre. Je renonce à partir. Je ne peux pas. Je n'en ai pas la force, je ne suis même pas sûr d'en avoir l'envie. Ma mère m'a parlé de tant de choses, de tant de personnes. Océane, Opale, Hypocamp'... Ces trois juments, j'aurais bien aimé les trouver mais je suis sûr d'avoir vu leur nom inscrit sur des tombes lorsque j'ai fui le cimetière. Elle m'avait parlé de Cœur Noir, son étalon, son amour, mais il n'avait pas de territoire et j'avais donc peu de chances de le trouver à un endroit précis, surtout qu'elle ne l'avais pas vu pendant des mois. Elle avait aussi parlé de Jumper, son frère, mais m'avait dit de me méfier parce qu'il était très instable caractériellement. Elle avait souvent évoqué Ocëan Pearl, une de ses amies, et les Terres Trompeuses. Je ne sais pas où elles se trouvent, mais ma mère m'avait dit que ces terres étaient magnifiques. Elle avait parlé de gorges appelées Gorges de Galamus. Elle m'avait parlé d'un désert immense, un golf et des rocheuses...

Je devais trouver les Terres Trompeuses. Je devais trouver Ocëan Pearl...

J'avais séché mes larmes et je m'étais mis en marche vers ce qu'on appelait le Mont étoilé. Je me postais en haut, à la nuit tombée, observant les terres d'Horse-Wild. C'était réellement magnifique. Comme un rêve, vu en vrai. Le genre de chose qu'on ne voit pas tous les jours. Je secouai la tête. Je ne devais pas me perdre dans mes pensées, je devais trouver quelqu'un pour m'aider. Je reprenais mon observation et là, je vis un désert. Je vis un golf, non loin. Et même les rocheuses. Et je voyais même les gorges. Je retenais l'emplacement de l'endroit et me retournai, puis je vis une silhouette, non loin de moi. Je hennis doucement et m'approchai, lentement, pensif.

« Bonsoir. », soufflai-je en m'arrêtant à quelques mètres de l'autre équidé.

L'une de mes oreilles était tendue vers l'avant et l'autre vers l'arrière. Je fixai l'inconnu, perplexe quant à son identité, plissant les yeux pour mieux le détailler dans la noirceur qui couvrait l'endroit. Je ne le voyais pas bien, il n'était pas assez proche. Je secouai doucement la tête, mes yeux bleus cherchant à détailler chaque centimètre carré de peau de cet étranger...
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
Mélodie

avatar

ÂGE : 22
PUF : London
MESSAGES : 1876

SEXE DU CHEVAL : Une demoiselle
TERRITOIRE : Trompeuse


Boîte à information.
Arbre généalogique:
Relations & Liens:
Relations & Liens:

MessageSujet: Re: « Ton Héritage. - L. »   Mar 11 Mar 2014 - 17:18


" I, I follow, I follow you deep sea baby, I follow you"


Ses yeux se perdaient sur l'immensité qui s'offrait à elle. Du Mont Etoilé, on pouvait voir jusqu'aux frontières plus loin, celles qui délimitaient son territoire. Son territoire... Ce n'était plus ce que c'était et elle savait bien qu'elle ne serait jamais à la hauteur d'Ocëan Pearl. Only Hope avait la carrure. Only Hope avait le courage. Only Hope avait le sang. Mélodie n'avait plus, n'avait peut-être jamais eu l'âme d'une battante. La seule force qu'on lui avait donnée c'était celle d'être mère. Alors elle avait une raison, c'était facile. Mais dès son plus jeune âge, elle avait appris à s'écraser, à subir. La vie l'avait tellement écorchée qu'elle ne se défendait même plus. Peut-être qu'elle aurait dû rester sur les Terres Orpheline, près de son père, oublier Only Hope et cesser à jamais d'espérer une faveur. Elle se promenait souvent près des frontières, pour patrouiller certes, mais surtout pour regarder là-bas. Mélodie était l'enfant riche de Baudelaire qui regardait à travers la grille. Elle se souvenait du Petit Prince qui disait avec sa voix cristalline "On est jamais bien là où on est...". On rêve toujours d'ailleurs... Quand elle était chez les Orphelins, elle rêvait des Trompeurs... Maintenant qu'elle y était, elle voulait retourner près des Orphelins. Cette confusion en elle créait ce sentiment de n'appartenir à personne, de n'avoir jamais été attachée qu'à la liberté. Et alors qu'elle regardait le ciel, Mélodie sentait ce poids énorme sur le coeur.


C'est étrange comme tout peut basculer d'un coup. Un jour tout va bien, le lendemain tout va mal. Pourtant vous continuez... Pourquoi faites-vous cela ?
Elle s'acharnait à chercher une imperceptible lumière. C'était l'infime espoir de pouvoir se remettre de toutes ces épreuves. Envolé avec les dernières fleurs de l'été, les dernières feuilles d'automne, les derniers flocons de l'hiver. Envolé avec leurs âmes, celle de Symphonie, celle de Requiem. Envolé avec l'absence d'Only Hope. De toute façon, Mélodie n'avait jamais été prédestinée au bonheur, elle avait quelque chose dans le regard, comme une éternelle tristesse. Elle se souvenait de cet espoir de pouvoir revivre après. Son coeur de mauvaise chaire se déchirait rien qu'à entendre cette promesse qu'il avait déjà brisée. La lumière c'était lui, la rivière c'était lui. Elle l'aurait suivi jusqu'au bout du monde, mais lui ne voulait plus de cela. Alors à quoi bon ? Poursuivre une étoile filante ... Elle savait qu'il finirait bien par tomber quelque part, las de traverser toutes les couches de l'atmosphère.

"Bonsoir" dit une voix.

Seulement, elle ne serait peut-être plus là à l'attendre. Elle aussi était une étoile perdue, mais elle était depuis sa naissance et le serait jusqu'à sa mort.

"Bonsoir" répondit-elle, abandonnant ses pensées sur le ciel.

Elle tourna la tête vers l'inconnu. C'était un jeune étalon à la robe clair. Son regard noir était imprégné d'une lueur étrange, comme s'il était perdu. Mélodie avait l'impression de se revoir à travers lui. C'était ça ! C'était cette lueur dans le regard !

"Quelle brise de la vie vous a mené près de ces terres aussi noires que l'âme de ceux qui la dominent ... ? " demanda-t-elle à l'inconnu.
 

(Désolée j'ai un peu rouillé mais ça va revenir :p )


Dernière édition par Mélodie le Jeu 13 Mar 2014 - 14:16, édité 1 fois
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
Aarin
Bloubàà ~ La Tarée Attitude ♥

avatar

ÂGE : 18
PUF : Bloubalie
MESSAGES : 984

SEXE DU CHEVAL : Grand garçon
TERRITOIRE : Solitaire


Boîte à information.
Arbre généalogique:
Relations & Liens:
Relations & Liens:

MessageSujet: Re: « Ton Héritage. - L. »   Mer 12 Mar 2014 - 15:59

Ne perds pas espoir, tu trouveras peut-être la vérité ce soir.

J'avais donc tourné la tête pour détailler la silhouette qui s'avançait. Bien entendu, n'étant pas d'ici, je ne connaissais pas cette personne. Peut-être que ma mère, si. Ou peut-être que cette personne connaissait ma mère. Peu importe. C'était une jument. Blanche sous la nuit noire. Plus pâle que la lune, plus belle que les dunes. Je décalais lentement mes hanches pour lui faire face, et je l'observais d'un œil ouvert et attentif. Elle me salua, puis me demanda ce qui m'avait emmené ici. Je soupirai doucement et jetais un œil à la lune au teint blafard. Celle-ci semblait me sourire, du même sourire que ma mère. Vous savez, ce sourire qui vous réchauffe plus le cœur que n'importe quels bras qui s'enroulent lentement autour de vos épaules, qui vous réchauffe plus le cœur que n'importe quelle gorgée de boisson chaude après une dure journée d'Hiver. Ce sourire qui vous fait vivre de l'intérieur, qui allume des feux d'artifice dans votre cœur, qui vous fait sourire à votre tour. Et là, c'est exactement cela. Je souffle doucement des naseaux et, lentement, un sourire étire mes lèvres blanches. Elle était une très jolie jument, mais ses paroles ne traduisaient aucune joie, aucun contentement que mériterait toute personne. Ou presque. L'une de mes oreilles se décala quelque peu vers l'arrière, et je me redressai tout en prenant la parole à mon tour, de ma douce voix d'enfant.

« Je cherche les Terres Trompeuses et Ocëan Pearl. Je marquai une courte pause, cherchant mes mots, puis repris en parlant un peu plus lentement. Et vous, que faites-vous ici ? »

Tout en attendant sa réponse, je la détaillais. Elle était un peu plus grande que la vieille jument pie qui pleurait sur la tombe de marbre gris de ma mère, et semblait d'ailleurs plus jeune. Elle semblait tout aussi gentille, mais aussi moins triste. De ses joues ne dégringolaient pas des flots de larmes, capables de remplir mille lits de fleuves ou de rivières. Je clignai des yeux, me perdant dans mes pensées. Je jetai un œil furtif et rapide vers les terres qui entouraient ce mont sur lequel j'étais monté. C'était réellement magnifique, ici. Je reportai lentement mon regard sur la jument, et demandai doucement :

« Comment vous appelez-vous ? Je suis moi-même Aarin, fils d'Isba. »

Tout naturellement, je ne dis rien à propos de mon père. En effet, comment le pourrais-je ? Puis-je seulement parler de père ? Non, bien sûr que non. J'avais son sang, mais je ne tenais de lui que ses fanons et ses crins. Tout le reste était made in Isba. Je lui ressemble tant. Aussi blanc, aussi pur, les yeux aussi bleus. Je suis aussi beau qu'elle, oui, et j'en ai conscience. Je pointe mes oreilles en direction de la jeune jument blanche, mon sourire toujours scotché à mes lèvres, me prouvant alors à moi-même ce que je suis mais aussi ce que je ne suis pas.

Je ne suis pas faible.

[Tu as pas l'air rouillée, c'est super bien écrit t'en fais pas ! :) ]
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
Mélodie

avatar

ÂGE : 22
PUF : London
MESSAGES : 1876

SEXE DU CHEVAL : Une demoiselle
TERRITOIRE : Trompeuse


Boîte à information.
Arbre généalogique:
Relations & Liens:
Relations & Liens:

MessageSujet: Re: « Ton Héritage. - L. »   Jeu 20 Mar 2014 - 14:55


" Pourquoi on est si faible ? "

Quel beau sourire et quel insouciance ... Mélodie le regardait, ce jeune fougueux qui avait la vie devant lui. Pourtant ce sourire n'était pas en accord avec le regard qu'elle avait croisé pour la toute première fois. Elle se disait alors qu'il faisait partie de ceux que l'on ne cerne pas tout de suite, que l'on doit apprendre à connaître avant de se faire une idée... et la laisser filer ensuite pour se lancer sur une autre piste. Qui était-il, enfin ? Qui lui avait donné ce regard ? Mélodie ne pouvait savoir. Elle n'avait jamais rencontré Isba. C'était un de ses regrets. Elle ne savait d'elle que le lien familial qui faisait d'elle sa grand-mère adoptive, car elle était la compagne de Coeur Noir. Il lui parlait d'elle... Ocëan Pearl aussi lui parlait d'elle... Et l'autre jour elle avait aperçu sa tombe, près de celles d'autres trompeurs. Près de celle de Requiem. Quoiqu'il en soit, Mélodie ne pouvait pas le reconnaître.

Cela faisait plaisir, quelque part, de savoir qu'il y en avait encore qui savait sourire. Le nombre de sourire qu'avait fait Mélodie dans sa vie se comptait sur les doigts d'une main. Aujourd'hui, les seuls capables d'en provoquer chez elle étaient absent, l'un était mort, l'autre absent. Mélodie n'était pas prédestinée au bonheur, elle était jeune mais déjà vieille avec tout ce qu'elle avait vécu. C'est pourquoi son être entier n'inspirait pas la moindre joie, plus depuis qu'il avait rejoint Symphonie. Peut-être lui fallait-il de nouveau une étincelle pour enflammer le pétrole qui stagnait dans ses yeux.
« Je cherche les Terres Trompeuses et Ocëan Pearl. Et vous, que faites-vous ici ? » dit-il d'une voix qui trahissait son jeune âge.

"Je ne sais pas où se trouve Ocëan Pearl." répondit Mélodie qui sentait un frisson remonter son échine en imaginait ses yeux posés sur elle, revêtus d'un voile de déception peut-être même de dégoût pour ce qu'elle avait fait - ou plutôt ce que n'avait pas fait. "En revanche les Terres Trompeuses se trouvent par ici. On peut voir les frontières de là où nous sommes." ajouta-t-elle en pointant la direction qu'elle regardait depuis qu'il lui avait adressé la parole.


Sa question la laissait pensive. Pendant quelques secondes, elle garda un silence de veuve tout en posant sur le ciel un regard maternel. "Je viens souvent ici me recueillir. C'est l'endroit le plus proche des étoiles." finit-elle par avouer. "Sur les Terres Trompeuses nous n'avons pas de si grand mont. Ici, c'est parfait."

Elle reposa son regard sur le jeune étalon. Son sourire persistait, imperturbable. Mélodie admirait ce qu'il était capable de faire. Malgré tout le désespoir qui émanait de sa personne, elle avait encore les ressources de se battre et elle espérait voir fleurir un sourire - qu'il soit vrai ou légèrement faux - un jour sur ses lèvres, comme avant. Il faut être un grand menteur pour pouvoir endosser des sentiments plâtrés dans un masque. Malheureusement pour Mélodie, elle avait toujours été sincère et cela lui portait souvent préjudice. Depuis les horreurs que lui avait dites Only Hope, elle avait pris conscience que cela devait changer. De nouveau la voix enfantine vint rompre ses pensées. « Comment vous appelez-vous ? Je suis moi-même Aarin, fils d'Isba. »

"Isba, tu dis... " répondit-elle, en le tutoyant brusquement comme si ce nom faisait de lui un peu moins qu'un étranger à ses yeux. "Mes sincères condoléances.", elle garda le silence pendant quelques secondes et se risqua à lui demander "Coeur Noir n'est pas ton père, n'est-ce pas ?" Cela aurait fait de lui... Son oncle. Situation étrange. Avec tout cela, elle avait complètement oublié sa question. "Je m'appelle Mélodie, fille de Sorrow et Symphonie."

De nouveau ses yeux se posèrent sur la ligne imaginaire qui marquait l'entrée des Terres Trompeuses. D'une voix pensive, elle lui dit "Je suis la dominante des Trompeuses, je peux t'aider à les rejoindre si tu le souhaites. Mais tu devras chercher Ocëan Pearl sans moi..."
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
Aarin
Bloubàà ~ La Tarée Attitude ♥

avatar

ÂGE : 18
PUF : Bloubalie
MESSAGES : 984

SEXE DU CHEVAL : Grand garçon
TERRITOIRE : Solitaire


Boîte à information.
Arbre généalogique:
Relations & Liens:
Relations & Liens:

MessageSujet: Re: « Ton Héritage. - L. »   Jeu 27 Mar 2014 - 22:18


En ce soir mouvant, j'écoute le vent.

La jument ne souriait pas. Pourquoi donc ? Mes yeux balayaient l'horizon avec lenteur, s'attardant sur chaque détail, sur chaque endroit plus ou moins coloré, sur chaque arbre un peu plus haut que les autres. Je trouvais tout cela fort intéressant ; n'avait-on donc jamais vu d'endroit aussi beau que celui-ci ? Je comprenais ma mère, et la cause de mon abandon aussi, au fond : je n'étais pas voulu, et elle voulait retrouver sa famille. Pas la nôtre. De quelle famille pourrait-il donc s'agir, si j'en faisais partie ? Un père qui lui était juste inconnu et un enfant né d'une saillie involontaire, en quelque sorte. Sans quitter l'horizon du regard, je pointais une de mes oreilles vers la grande jument grise. Elle parlait d'Ocëan Pearl, mais ne savait malheureusement pas où elle se trouvait. Je soupirai doucement, un peu déçu. De toute manière, je n'allais pas poursuivre mes recherches de nuit, ça serait plutôt risqué pour un cheval de mon gabarit. Quoi que l'on puisse dire, je restais un poulain et ça, on y changerait rien du tout. La jument grise pointa doucement les terres Trompeuses de ses naseaux, et je hochai doucement la tête. Dès l'aube, je m'y rendrai. En attendant que le petit matin se lève, que le soleil s'éveille, j'espérais pouvoir passer un peu de temps avec la jument. Elle me donnait l'impression d'être moins seul au monde.

Elle parla de se recueillir, d'être proche des nuages. Je compris tout de suite de quoi elle parlait. Moi-même, je le faisais. Dans les hauteurs, je me sentais plus proche de maman. J'avais l'impression de voler à ses côtés, au milieu d'anges ailés et plus beaux que n'importe quelle chose au monde. J'avais l'impression de la faire revivre, de la voir parée de ses plus beaux bijoux, portant une belle et longue robe aussi blanche qu'une colombe. Mais la vision de la stèle de marbre portant en lettres dorées son prénom me ramène généralement à la réalité. Maman n'est plus là, et je sais une chose : je suis seul.

« Moi aussi, j'aime être proche du ciel et des étoiles qui y habitent. », murmurai-je.

Je m'efforçais de ne pas pleurer, de retenir les larmes qui menaçaient de couler. Je suis fort, je suis un grand. Je suis fort, je suis fort, je suis fort. Pleurer, c'est pour les filles, non ? Pour les filles et les enfants, non...? Je soupire et détourne un instant mon regard de la jument grise. Je cligne des yeux pour ne pas pleurer, et une fois que je me suis repris j'essaye de me concentrer à nouveau. Je fixe alors un point, sur une petite maison abandonnée au milieu d'une plaine, plus loin. Peut-être irai-je là-bas, un jour. Peut-être...

« Merci..., murmurai-je lorsqu'elle me présenta ses condoléances. Cœur Noir... Ma mère m'a tant parlé de lui... Je ne connais pas le nom de mon père. Je sais qu'il ressemblait à Cœur Noir, mais ce n'était pas lui. Je suis content de vous rencontrer, Mélodie. »

Replongeant dans mes rêveries et revoyant l'image de maman, galopant dans le ciel, galopant à jamais dans mon cœur, je m'y perdais. Je fermais les yeux, inspirant une grande bouffée d'air frais. Puis Mélodie me dit qu'elle était la dominante des terres Trompeuses, que je pourrais les rejoindre grâce à elle, mais que je devrais trouver Ocëan Pearl seul. J'acquiesçai doucement.

« Je souhaiterais rejoindre les terres Trompeuses, si ça ne pose pas de problèmes. Je chercherai Ocëan Pearl lorsque le jour se lèvera. »

Ma voix, qui était au départ un murmure, trembla un peu avant de s'éteindre. Je voulais savoir ce qu'il était arrivé à ma mère, ce qui se passera pour moi. Et pour ça, je sais que j'aurai besoin d'Ocëan Pearl... Je m'efforçai de sourire à Mélodie, et attendis sa réponse en silence...
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
Mélodie

avatar

ÂGE : 22
PUF : London
MESSAGES : 1876

SEXE DU CHEVAL : Une demoiselle
TERRITOIRE : Trompeuse


Boîte à information.
Arbre généalogique:
Relations & Liens:
Relations & Liens:

MessageSujet: Re: « Ton Héritage. - L. »   Sam 26 Avr 2014 - 13:52

" I don't believe it makes us real ... "


Il y avait quelque chose de solennel dans la douce mélodie du vent qui venait agiter les branches des arbres au loin. C'était comme un chant presque inaudible, le chant de la nature à l'unisson - n'est-ce pas ? -. De gauche à droite, de droite à gauche, les branches oscillaient sans se plaindre avec un fin bruissement de feuilles, léger bruissement pas plus bruyant qu'un battement d'aile. Peut-être était-il temps, se disait-elle, d'aller de l'avant. Ses yeux aile de corbeau scrutait toujours la ligne d'arbres qui semblait bouger à l'horizon. Au gré du vent... Elle était devenu silencieuse, l'espace d'un court instant, fascinée par la nature. Elle semblait attendre quelque chose qui, elle le savait quelque part, ne viendrait pas. Du moins, pas encore. Elle avait l'âme d'Orphée qui à la porte de l'enfer voit ses espoirs se briser un à un comme les cordes de sa lyre. Il en restait une à la sienne, alors elle attendait. Encore une minute, cela viendra. Mais rien ne venait à l'horizon et il fallait partir. Non, non, juste une minute, il arrive. Et c'était encore une minute de vie en moins, une minute qui associée à une autre minute et ainsi de suite, se perdait dans l'océan des Heures.

Les Heures... C'était trop tard pour eux - non ? -, pour recommencer. Trop tard. Elle entendait déjà les coups fatals, les cercles sonores se dissoudre dans les airs. Elle voyait le soleil pâlir donner ses derniers éclats au ciel pastel avant d'expirer lentement. Trop tard. Mais derrière ce crépuscule, il y avait la nuit et derrière la nuit une nouvelle aube pour qui voulait seulement la vivre. Lui, ne voulait pas. Elle, elle essayait. Il y aura toujours les années entre nous, toujours les heures...
Un soupir brisa l'harmonie solennelle. Mélodie venait de briser ses pensées en un souffle. La peine qu'elle ressentait s'apaisait dans son coeur. Le vent se lève ... Il faut tenter de vivre.

Aarin murmura une phrase qu'elle trouvait très juste. Pour Mélodie, les disparus se cachaient dans les étoiles, de façon à ce que les mortels puissent encore communiquer avec eux, les voir - et se sentir proche, qui sait ? -.
Mélodie voyait les larmes démesurément retenues par Aarin. Il était jeune, elle ne comprenait pas pourquoi il déployait tant d'effort pour empêcher l'innocence de ruisseler sur ses traits fins.

"C'était ou c'est toujours mon grand-père" expliqua Mélodie. Toujours les Heures... Elle ignorait s'il était encore en vie - quelle importance ? - où il était - au fond cela devait en voir - ... Elle chassa d'un mouvement de tête les parasites qui venaient ronger ses pensées anarchiques. "Je suis moi-même enchantée, Aarin." souffla-t-elle comme s'il s'agissait d'une confidence. Elle avait toujours ce trait de mystère qui lui venait de Symphonie. Les années avait dû accentuer cela, sans doute. Les années et les épreuves, même.

"Et bien allons-y" dit-elle en se mettant en marche pour les Terres Trompeuses. Un frisson lui glaça le sang tandis qu'elle fit un premier pas pour ouvrir la marche. Elle avait beau rentrer "chez elle", elle avait toujours la terrible impression de ne pas y être à sa place. D'ailleurs, on lui avait fait comprendre. Elle n'était pas auprès des siens - l'avait-elle été ne serait-ce qu'une fois d'ailleurs ? -.
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
Contenu sponsorisé




MessageSujet: Re: « Ton Héritage. - L. »   

Revenir en haut Aller en bas
 
« Ton Héritage. - L. »
Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Revenir en haut 
Page 1 sur 1
 Sujets similaires
-
» Que fera Préval pour protéger son héritage politique ?
» Célébrons la mise à jour 1.2 : Héritage
» Voyage vers Dol Amroth, l'héritage d'une lignée
» Héritage magique et dons
» L'héritage contesté de Michaëlle Jean

Permission de ce forum:Vous ne pouvez pas répondre aux sujets dans ce forum
Horse-Wild :: COMMENCEMENT. :: ARCHIVES [JDR]-
Sauter vers: