Jeu de rôle équin
 
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EVENEMENT EN COURS POUR HALLOWEEN + NOUVELLE EDITION DE LA GAZETTE

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 « Bring me the past - PV »

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Anything Else

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MessageSujet: « Bring me the past - PV »   Jeu 26 Sep 2013 - 20:20

« Le silence est un aveu. »
La nuit était tombée. J'étais arrivée avant l'aube sur ces terres inconnues, "Horse-Wild" -à ce que j'avais entendu-, et Conscience m'avait dit qu'elle souhaitait y rester un peu. Alors je l'écoutais. Après tout, je n'avais pas le choix. Elle contrôlait le moindre de mes faits et gestes ; je n'étais qu'une marionnette, et elle tirait les ficelles. Je marchais lentement. Sous le faisceau de la lune, je distinguais les ombres géantes et immobiles de larges troncs. Je voyais l'enfant valser lentement. Elle faisait des pointes, riait, bondissait en avant... et disparaissait derrière un arbre. Je soupirai. Pourquoi m'embêtait-elle toujours ? Je m'arrêtai quelques instants et regardai autour de moi. Je cherchais un endroit où m'abreuver mais, visiblement, en cette forêt, il n'y en avait point. Je reprenais donc ma marche, calme et silencieuse. Je sentis quelque chose agripper une poignée de crins. Je tournais la tête. Le Petit Soldat y avait glissé ses petits doigts. Je le regardais dans les yeux. Il était si beau, si mignon. Il devait avoir douze ou treize ans, peut-être quatorze. Et il était si innocent...
Le soldat et moi marchions souvent ensemble, l'un à côté de l'autre... Nous avancions en cadence, et sa main était presque toujours posée sur mon encolure, ou bien mes crins étaient emmêlés autour de ses doigts. Je soupirai. Conscience n'aimait pas ces moments que je passais avec le soldat. Elle ne voulait pas que j'ai des amis, que je m'entende avec qui que ce soit. Mais je bravais les interdits, avec lui. Il ne parlait pas, et c'était peut-être mieux ainsi. Il n'y avait pas de plus beau mot que le silence. Je regardais les arbres. Si imposants... Lorsque je reportai mon regard sur le soldat, il n'était plus là. C'était Conscience, dans un costume de princesse, arborant son plus beau sourire, qui se tenait appuyée contre moi. Sa petite main potelée venait caresser mon encolure. Elle riait. Petite peste...
Je m'élançais au galop, fuyant l'enfant. Mais elle valsait si vite, si bien. Si souple et légère qu'elle était, elle semblait voler à mes côtés. Riant, riant, encore et toujours... Son rire éternel semblait voler dans le lointain, se mêlant et se joignant au bruit des battements d'ailes et aux cris d'oiseaux... J'accélérais, mais elle en faisait de même. Conscience était un cauchemar. Elle hantait ma vie, constamment. De jour, de nuit, de l'aube au crépuscule. Tout le temps, tous les jours, chaque semaine de chaque mois... Conscience était la pire chose, mais aussi la meilleure chose, qui ait pu m'arriver. Au fond, c'est elle qui m'avait sauvée de l'ignorance. J'avais fermé les yeux, perdue dans mes songes et mes réflexions qu'elle jugeait idiotes. Lorsque je les rouvris, je fonçais droit sur une silhouette. Je pilai net, et me trouvai nez-à-nez face à un autre équidé.
« Idiote », siffla Conscience à mon oreille avant de disparaître.
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Farandole
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MessageSujet: Re: « Bring me the past - PV »   Mer 4 Déc 2013 - 22:12

« Le silence n'interdit pas les émotions. »
Les lueurs dorées du soleil l'avait quittée depuis longtemps lorsque Farandole se rendit compte d'une chose effrayante : elle était perdue. Sa curiosité enfantine l'avait poussée à s'engouffrer dans la Forêt de Baobabs. Quels arbres imposants ! Quelle végétation intéressante ! Quel grand labyrinthe ! A peu près ses pensées au fil de sa découverte. Les longues branches se tordant pour, unies comme une seule, donner naissance à un épais feuillage ne laissant un droit de passage aux rayons de soleil uniquement pour former des filets formant des lacs de lumières. Magnifique, entre toute la sombre obscurité qui flottait autour de Farandole.
Mais désormais que la lumière n'était plus et que cette obscurité eut prit le contrôle de la forêt, la panique pressait le coeur de la jeune jument entre ses doigts crochus. Chaque son lui offrait le plaisir de vivre une frayeur de plus. Les cris des singes, le bruissement des feuilles, le brisement d'une brindille, le sifflement d'un oiseau quelconque et le battement de ses ailes, tant de petits détails amusants le jour devenant cauchemardesques la nuit. Farandole détestait la nuit. Elle n'est belle que lorsque l'on entraperçoit la lueur des étoiles en levant la tête. Elle tout ce qu'elle voyait en redressant son regard, c'était... Des feuilles. Génial.
Le meilleur moyen de sortir de cette énorme forêt restait de marcher tout droit sans s'arrêter. Ce qu'elle se décida à faire. Mais le chemin parut plus facile qu'il n'en était vraiment. Les oreilles de Farandole se tournaient, se retournaient et se tournaient encore. Chaque bruit lui faisait faire un écart, de par la peur. Chaque écart la faisait se presser plus dans ses pas. Et bientôt, lorsque des vibrations se firent sentir dans le sol de terre battue, elle ne put s'empêcher de se mettre à galoper. Quitte à sortir de cet amas d'effroi, autant le faire au plus vite.
Au bout de son chemin, une présence, un bruit de galop, une silhouette, simplement quelqu'un. Et qui était-ce, peu importait, cette personne l'effrayait. Et fonçait sur elle. Aussi, elle freina brusquement, créant un petit nuage de poussière invisible de ses sabots. Elle recula de quelques pas puis préféra se déporter sur le côté. Au moins, elle ne frapperait pas de plein fouet ce.... Monstre des cauchemardesques nuits sans lumière.
Elle tremblait. Ses fines et longues jambes tremblaient. Sa peau tremblait. Tremblait de peur. Sa petite voix douce digne d'une enfant supplia :
« Ne me faites pas de mal... »
Ils n'en avaient que faire de ses pleurnicheries, les monstres, de toute façon.




Dernière édition par Farandole le Sam 28 Déc 2013 - 1:48, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: « Bring me the past - PV »   Dim 22 Déc 2013 - 13:28

« Qui nescit dissimulare, nescit regnare »

Le voile de dentelle cendrée couvrait la forêt et, sous la nuit profonde, seuls les chuchotements infernaux qui s'élevaient dans le ciel d'ébène. L'animal que j'allais percuter s'écarta. Tant mieux. Une voix douce, basse, suppliante, s'éleva. Elle était semblable à celle d'une enfant. Une malheureuse enfant. Je rouvrais les yeux avec effroi. « Ne me faites pas de mal. » Pourquoi ferais-je du mal à quiconque ? Le monde me persécute mais jamais, non jamais je n'ai eu d'idées vengeresses. Des envies meurtrières et monstrueuses ne m'avaient jamais effleurée. Jamais, non jamais. Pour l'éternité j'étais enfermée dans une cage. Flagellée le jour et laissée pour morte la nuit. Et, chaque matin, on pansait mes plaies, on me soignait. Puis on recommençait. On se moquait. Conscience ne cessait de me flageller. C'était une ronde infernale, une danse infinie. Et une douleur tellement importante qu'elle en était devenue presque inexistante. Je ne la sentais plus. Et dans toute cette histoire, le monstre était Conscience.
« Pourquoi vous ferais-je du mal ? »
Soucieuse, j'avais placé mes oreilles un peu en arrière, déplaçant lentement mes hanches pour faire face à la jument. Elle n'était pas trop petite, pas trop grande. Mince, frêle. Elle semblait si peureuse et si effrayée par ma simple présence que je me demandais comment elle survivrait avec Conscience. Le faisceau de lumière qui tomba sur la forêt à ce moment-là me permit de voir les taches alezanes qui couvraient la robe blanche neige de la jument. Je la trouvais très belle mais je n'en dis rien ; l'Enfant m'en voudrait terriblement. Mes yeux parcoururent les traits fins du visage de la jeune jument, ses muscles très finement dessinés, ses courbes bien tracées... Alors que je contemplais la jeune pie alezane, une ombre blanche passa en sautillant derrière elle et mes oreilles -qui s'étaient orientées vers la jument- se plaquèrent contre ma nuque tandis que je roulais des yeux. L'Enfant était là. Toujours. Elle me guettait. Elle me rendait folle. Folle. Ce mot résonnait dans ma tête comme le gong qui annonce le départ d'une course de lévriers ou de pur-sangs. Et c'est là que pour la première fois, j'ai dit non.
Relevant courageusement la tête, je regardais la jument et doucement, j'étirais mes lèvres en un sourire qui se voulait franc et gracieux. Il n'avait rien de gracieux, mais au moins était-il vrai. Pour la première fois depuis des années, j'osais sourire sans craindre les coups de fouets et la flagellation qui m'attendraient. M'efforçant de conserver l'élan de courage et de témérité qui sévissait en mon cœur, je demandais à la jument : 
« Comment vous appelez-vous ? »

« Et tel un corbeau claque du bec, Conscience grinça des dents et s'évanouit dans la nuit. »
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MessageSujet: Re: « Bring me the past - PV »   Sam 28 Déc 2013 - 1:49

« I don't know what I should do... »

Pourquoi ? Peut-être sous entendait-elle par là « Pourquoi une envie subite de vous frapper surviendrait-elle alors que l’innocence nous enveloppe encore vous et moi de son fin manteau ? » Si doux serait la couverture de l’innocence, un filet de pluie, un peu de neige, un brin de vent et perdu, le manteau ! Il ne tient à rien, à rien. Demain pourrait-il s’envoler de la peau de Farandole comme de cette inconnue et, pouf, inintéressante question que ce « Pourquoi ? » deviendra. L’on n’y répondra plus que « Et pourquoi pas ? » .
La peur entrainait Farandole dans des réactions étranges. Elle ne savait que faire, que répondre. Aussi resta-t-elle campée sur ses jambes, ne pipant pas un mot, ses prunelles brunes divagant de haut en bas, de droite à gauche, roulant dans leurs orbites, mais surtout, fuyant le regard de la jument. Elle graignait la Gorgone, elle-même. Un instant à fixer les yeux d’autrui et elle se verrait, elle-même et sa peur. Elle ne le voulait pas se regarder dans les yeux des autres. Peur de sa propre peur. Peur de se voir, peur de la réalité. Comme les enfants.
L’inconnue paraissait si forte, si courageuse… Avec sa masse de muscles et ce pelage si sombre – Farandole le supposait, étant donné la noirceur de la nuit – et ces longs crins ondulés retombant sur son énorme encolure comme une cascade et ces grands fanons qui lui crouvent ses sabots… Elle se sentait si frêle, de son côté, Farandole. Il aurait été si facile à cette jument de lui en flanquer une.
Comment elle s’appelait. Farandole, songea-t-elle. Oui, c’est ça. S’il suffisait d’y penser… Elle dut rassembler tout le peu de courage qu’elle trimbalait pour souffler aussi vite que possible :.
« Farandole. ».
Elle mourrait d’envie de connaître le nom de l’inconnue, mais elle n’arrivait pas à relever les yeux pour dire autre chose. Pourtant le besoin de savoir la rongeait. N’était-ce pas lorsque l’on connaissait le nom de la personne en face de soi que la peur s’atténuait ? Et dans la noirceur de cette froide nuit, cela lui était nécessaire..

[Oh ce texte pourri que je te donne >< xD ]
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MessageSujet: Re: « Bring me the past - PV »   Mar 31 Déc 2013 - 13:17

« Si d'aventure, je quittais terre »


Mes yeux vacillent dans la nuit comme la flamme d'une bougie qui frémit sous un souffle chaud qui émane des lèvres d'un enfant trop joyeux. Mon regard passe de l'écorce usée des arbres au corps frêle de la jument. Elle est si belle. Et si peureuse. Mes yeux épient chaque centimètre carré de son corps et de sa peau ; son poil lisse et bicolore luit sous le mince faisceau d'une lune claire. Les arbres ressemblaient à des Titans. Des géants qui écrasent les terres, qui franchissent les monts d'une enjambée et qui font s'envoler une nuée d'oiseaux en un soupir. Les arbres étaient hauts, était beaux, étaient grands. Ils étaient ce que sont les Rois de ce monde. Hautains et supérieurs. Je baisse les yeux et inspire tout doucement en écoutant la jument. Elle mit du temps à répondre mais le fit tout de même. Par politesse, peut-être, mais elle répondit. Farandole. Farandole était un nom qui respirait la fête, la joie et la couleur. Seulement, la jument qui portait ce nom ne respirait ni la fête, ni la joie. Cependant, sa robe colore collait à ravir avec son nom. Je m'attendais à ce qu'elle me demande quel était le mien, mais niet. Nada. Rien ne vint. Du moins, je ne l'entendis pas -si seulement elle l'avait demandé- et je laissais le silence s'installer entre nous. Un silence tellement gênant que je prononçais mon nom, juste assez fort pour qu'elle l'entende, comme s'il s'agissait d'un secret qu'elle ne devrait révéler à personne. Comme si j'étais hautement recherchée par le FBI, la police nationale et le CIA.
« On m'appelle Anything Else. »
Le hululement lointain d'un quelconque hibou ou d'une chouette parmi tant d'autres me glaça le sang. J'inspirai doucement l'air frais de la nuit et fermai les yeux. J'entendais le bruit du vent qui s'infiltrait entre les branches, les feuilles des arbres et qui s'insinuait doucement dans les buis... Je serrais les dents lorsque Conscience sifflait, mais lorsque sifflait le vent, je n'avais aucune autre réaction, que de me taire et d'écouter. Ecouter le souffle éternel de Mère Nature. Conscience m'avait mille et mille fois répété qu'il existait deux façons d'entendre Mère Nature. Crier dans une montagne ou dans une grotte, et écouter l'écho, ou écouter le vent. Le vent qui était parfois frais, parfois chaud, parfois doux, parfois frais. Et dans le monde éteint, on ne ressentait que ce souffle éternel. Sempiternel. Et au fond, dans la forêt sombre, grognaient de féroces fauves et de terribles animaux, vils voleurs ou violeurs. Je le savais, ça aussi, que le monde était mélancolique et malheureux. Et, que seule, je n'irais pas loin. Conscience me l'avait dit : « Tant que je suis là, n'aie peur que de moi, car il n'arrivera rien de pire que moi. » Et malgré ces terribles paroles, l'Enfant souriait. Angélique. Elle riait, comme une enfant normale. Mais elle ne pleurait pas, jamais. Elle ne s'écorchait jamais coudes et genoux en tombant, puisqu'elle ne tombait pas, jamais. Elle était diaboliquement angélique. Elle était à elle-même un jeu d'ombres et de lumières, un sombre paradis, un oxymore. Conscience était tout, sans n'être rien. Elle habitait le Néant et le constituait. J'agitai la tête lentement, cherchant à faire fuir mes peurs éternelles, puis je rouvris les yeux pour les poser sur Farandole.
« De quoi avez-vous peur ? De la grandeur titanesque des arbres, ou juste du silence et de la nuit ? Peut-être y a-t-il au fin-fond des bois sombres de terrifiantes créatures aux dents acérées qui ne veulent que se délecter de nos chairs. C'est ce que disait l'Enfant, il y a de cela un temps. »


« Conscience était le monstre. Conscience était la créature se terrant dans les bois sombres. Elle était le cauchemar incarné. »
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MessageSujet: Re: « Bring me the past - PV »   Mer 1 Jan 2014 - 21:06

« Sleep little girl. Sleep, and when you’ll wake up, I’ll be gone. »
Oh, ce silence. Ce silence gênant et effrayant. Dans l’obscurité la plus sombre que les nuits ne lui aient jamais montrée, ces deux yeux étranges la fixait, l’observait sous toutes coutures. Elle se sentait si fragile sous les coups de ces prunelles. Epiée par des centaines de pupilles roulant dans autant d’orbites, cachés dans les buissons et les feuillages des arbres… La peau de Farandole tremblait, et ses poils roux et blancs se dressaient, tandis que ses naseaux s’ouvraient pour respirer le plus d’air possible. Comme si seule une respiration aussi forte la tiendrait en dehors de la peur. Cette idée s’avérait fausse, puisque depuis que son pied se posa dans la forêt des géants arbres, l’effroi la tenait dans ses dents acérées.
Mais enfin la courageuse donna son nom, et dans un murmure qui rappelait à Farandole le sien, bien qu’il respirait l’assurance. Et ce fut comme un énorme soulagement, de savoir. L’inconnu effrait, le connu trahit. Anything Else, quel joli prénom à l’intonation uniquement. Farandole sourit, un sourire timide, bien sûr. Elle ne savait pas trop ce que ce nom signifiait, aussi osa-t-elle demander, doucement, dans un souffle :
« Que… Que cela veut-il dire ?... »
Un bruit. Ce hurlement de hibou, manifestement. Il suffit pour que Farandole recule d’un pas de peureuse et se braque, se referme sur elle-même. Elle baissa les yeux, et remarqua sa bêtise. Anything Else n’était pas tombée sur quelqu’un de bien intéressant, en cette nuit effrayante. Elle prit la parole, et Farandole releva ses prunelles noisettes sur elle avec intérêt.
Elle parlait de peur. Mais surtout de monstres. A ces mots, terrifiantes créatures, un frisson parcoura l’échine de la jeune jument. Elle les fuyait, et voilà que l’on lui révélait qu’ils s’en cachaient au fond de ces bois. Farandole ne put se résigner à répondre à cette question, « De quoi avez-vous peur ? », parce qu’elle n’en connaissait plus vraiment la réponse. Trop de choses l’effrayaient. Au lieu de cela, elle demanda en chuchotant pour que les monstres ne les entendent pas :
« Sont-ils vraiment là ? »
Ils n’étaient que dans ses rêves, pourtant, et elle le savait.
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MessageSujet: Re: « Bring me the past - PV »   Jeu 2 Jan 2014 - 4:36

« Dans le cœur un fil minuscule, Filament de lune »

Pourquoi ? De quoi avait peur cette si jeune jument ? Je l'observais sans gêne. Que savais-je de la gêne, de toute façon ? Rien. Rien parce qu'on ne me l'avait pas enseignée, cette gêne. Si Conscience était là, elle rirait du malheur de Farandole. Mais elle n'était pas là. Elle s'était volatilisée comme par magie, et ça ne me déplaisait pas le moins du monde. Je regardais avec attention la peau de la jeune jument qui frémissait doucement. Son poil bicolore s'était hérissé. Elle semblait réellement peureuse. Comme si un rien l'effrayait. Ses yeux roulaient furieusement, follement, comme deux billes noires. Je l'observais ainsi sans un mot, laissant le silence s'étendre tandis que la jeune jument semblait réfléchir à propos de mon nom. Ce n'était pas un langage courant, ici. Aussi avais-je tendance à attiser la curiosité des autres en me nommant ainsi. Anything Else ; qu'est-ce que ça voulait dire ? C'est ce que demanda Farandole en affichant un mince sourire. Un mince sourire timide. Comme si je l'effrayais. Mais allais-je tuer ? Non. Allais-je la tuer ? Non. Bien sûr que non. Je n'étais pas Conscience. Je n'étais pas folle. J'étais juste seule, perdue dans une pièce close sans fenêtres. Considérée comme folle, sans l'être. J'ai subi un mauvais jugement. Un mauvais traitement. Et me voilà ici, dans une asile. Avec pour camarade de vie une enfant aux allures de princesse et au cœur de démon. Qui était-elle ? Qui était Conscience ? Je baissais les yeux un instant et repensais à cette voix. « Viens, viens, suis-moi. Suis-moi jusqu'au bout du monde et tu sauras. Qui tu es, qui je suis... » Pourquoi ai-je voulu savoir ? Parce que je ne savais que vouloir. Je ne savais pas ressentir, pourtant. C'est ce qu'elle eût dit. Mais elle mentait. Elle mentait encore plus qu'elle respirait. Sans mensonges, qu'était-elle ? Une coquille vide, sans âme ni cœur, sans visage ni corps. Sans rien. Sans moi. Mais qu'étais-je ? Un objet. Un vulgaire objet manipulé. Ni plus ni moins qu'un malheureux pot de fleur qu'on pose devant la fenêtre. Ou peut-être étais-je telle une lampe ? On m'allume, on m'éteint. Ou une porte qu'on ouvre et qu'on ferme. Une horloge. Tic tac, tic tac. C'est le temps qui passe mais que je n'entends pas. Tic tac. C'est le temps que je perds mais que je ne ressens pas. Tic tac. C'est le temps qui a défilé sans que je ne l'aie jamais vu. Je ne suis rien. Rien de plus que cette foutue horloge que personne ne regarde, qu'on ne remet pas à l'heure. Je perds la boule, je perds le Nord. Mon regard d'ébène retombe sur Farandole.
« Autre chose. C'est ce que ça veut dire. Parce que je ne suis rien d'autre qu'un objet. Tu entends le temps ? Je suis l'horloge, mais tu ne me vois jamais. Je me tais un instant et me mords doucement la lèvre inférieure avant de regarder la jeune jument dans les yeux, un semblant de sourire étirant maladroitement mes lèvres. Et toi ? Pourquoi ce nom ? Pourquoi Farandole ? »
Le hululement lointain lui fait peur. Elle semble vouloir s'envoler à l'autre bout de la terre au même instant pour échapper à ce bruit infernal. Comme si c'était une Ode à la mort. Mais qu'est-ce que c'est vraiment, la mort ? Je cligne doucement des yeux et regarde le sol. Puis à ma dernière question, la jeune bicolore répond par une question. Terrifiée, comme une enfant. Comme une enfant qui aurait perdu sa mère. Et son regard me rappelle Conscience, sauf que celui-ci est vrai. Il est réel. Je lève doucement la tête pour mieux l'observer et mon sourire se perd dans une mine pensive. Je m'évade dans le monde et le domaine des rêveries. Le Lointain. L'Imaginaire. Je soupire en imaginant ces créatures dont je parlais. Mais elles ne se cachent dans les bois que dans les contes. Ici, dans la réalité, elle se cachent dans l’Éternité et le Rêve.
« Ne laisse pas le rêve être ton maître. Ne laisse pas l'imaginaire guider tes pas. Ne laisse pas l'oubli te gagner. Farandole, c'est coloré, joyeux, beau. Regarde-toi dans l'eau d'un lac, tu verras. Ton visage est décomposé par les vaguelettes et à côté de toi apparaît une enfant. Elle est petite et un peu potelée, de longs cheveux blonds ondulent sur ses épaules, encadrant son visage de poupée. Ses yeux de fauve te transpercent. Son sourire est faux. Et ses airs de Princesse ne font que cacher le monstre. C'est le seul monstre sur cette terre. Et si elle te montre un chemin, alors passe ta route et ne la suis jamais. Elle n'existe qu'en ton cœur. Seule elle pourra te dévorer. »
Je recule d'un pas pour tenter d'effrayer la jument mais je me rends alors compte d'une chose. Cette histoire que je lui conte ici, est mienne. C'est vrai. Il suffisait de la surmonter mais pour mon cas, je crains qu'il ne soit trop tard.

[Hum hum, c'est pas terrible mais bon :') ]
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MessageSujet: Re: « Bring me the past - PV »   Ven 14 Mar 2014 - 18:24

Le temps, Farandole n’en avait pas vu beaucoup passé, durant sa courte vie. Et elle cherchait à l’arrêter. D’autres auraient sûrement rêver revenir en arrière pour effacer une dispute, ou revivre un bon moment. Quels bons moments avait-elle pu bien vivre ? Aucun. Elle n’était que seule dans ce vaste monde, seule à se battre avec ses démons. Une mère folle qui la détestait, niait presque l’existence de son enfant, et un père invisible, dont elle ne connaissait même pas la trace. Seule à vouloir arrêter le temps, souffler un instant, se dire que sa vie ne sera peut-être pas si mauvaise demain… Mais la réalité revenait toujours, plus violente chaque fois : Tu es seule, lui soufflait-elle à l’oreille. Elle ne pouvait contredire ces mots, et c’est ce qui froissait son sensible cœur.
Aussi, entendre cette inconnue assurer être l’incarnation du temps la blessa un instant. Elle se rendit alors compte que l’affirmation se révélait forcément fausse. Anything Else ne pouvait être la raison de sa douleur, elle devait être… autre chose. Farandole répliqua doucement :
« Le temps est cruel. Si vous l’étiez, je ne serais pas près de vous. Les gens cruels m’effraient plus encore que les gens eux-même. » Et continuant, répondant ainsi à la question posée : « Parait-il que, si frêle que je fus à ma naissance, je semblais danser. »
Elle sourit à cette pensée. Le seul instant où elle et ses parents étaient réunis comme une famille, et elle se trouvait incapable de s’en rappeler. Après avoir vu une nouvelle vie naitre, ils avaient repris leurs occupations habituelles : lui, violer et se battre, elle, délirer et effrayer. A peine arrivée sur une planète qu’elle subissait cette seconde réalité : Tu n’as pas de famille, comme lui murmurait d’une voix suave et moqueuse ce temps.
Farandole se retrouva toute jeune enfant en y songeant, et garda cette sensation durant le monologue d’Anything Else. Elle l’écouta attentivement, tout comme un conte. N’en était-il pas un ? La façon dont elle en parlait ne le faisait que ressembler à une histoire, une histoire qui évoquait à Farandole de vagues souvenirs. Mon nom est joyeux, coloré et beau, se répéta-t-elle intérieurement. Elle eut l’impression de ne plus être seule, à ces mots. Mais la suite ne lui disait que le néant.
Alors elle saisit qu’Anything Else se perdait sûrement dans les méandres de ses souvenirs. S’interrogeant sur cette étrange petite fille, elle souffla :
« Qui est-elle ? » et enchainant : « Qui êtes vous ? »
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MessageSujet: Re: « Bring me the past - PV »   Ven 14 Mar 2014 - 21:41

To show you the monster would be a crime.

Mon sourire disparaît. D'un coup. Trop de joie dans son nom. Et je ne comprends pas ce qu'elle dit. En quoi un nouveau-né peut-il danser ? Conscience rit de moi. Elle se moque parce que je suis incapable de comprendre. Et je la crois. Ca ne sert à rien d'essayer de comprendre lorsque toute raison nous a quitté. Conscience veut souvent jouer. « Que sais-tu, Anything ? Dis-moi tout, tu sais que tu peux tout me dire. -Je ne sais pas. Je ne sais rien. -Oui, Anything Else, c'est bien. C'est de là de là que vient ton nom. Ton nom est si laid parce que tu ne sais rien. Tu n'es rien. » Et j'acquiesçais, chaque fois, comme une idiote. Que pouvais-je faire contre le monstre, après tout ? Rien. Je ne pouvais jamais rien faire, en réalité. Mais que savais-je de la réalité ? Je secouai la tête. A quoi bon chercher, lorsqu'on ne retrouvait rien ? La petite jument parla de la peur des autres, surtout de la peur des gens cruels. Elle aurait peur de Conscience, mais je ne veux pas lui montrer l'Enfant. Elle serait glacée du bout des sabots jusqu'au cœur. A jamais, enfermée dans un piège de glace qui la rongerait de l'intérieur jusqu'à envelopper tout son corps frêle. Frêle et dansant.

« Je ne sais rien de la peur, déclarai-je d'une voix sans émotion. Il en est de même pour la cruauté. Je ne sais pas ce que c'est. »

Le sourire de l'enfant dansante s'étira sur ses lèvres. Je la regardais, sans comprendre pourquoi elle souriait et sans savoir si ça m'intéresserait d'apprendre la raison de ce sourire. « Un rictus, peut-être », murmura l'Enfant. C'était un mot difficile à assimiler, pour moi. L'Enfant le prononçait souvent, mais je ne savais pas ce qu'il voulait dire. Un faux sourire, une grimace, qui veut dire que l'on ment. Mais je n'avais pas compris, parce que Conscience parlait de cacher des émotions et que savais-je des émotions, moi ? Rien. Je ne savais plus rien. La jeune jument pie me regarda et me demanda qui Elle était, mais aussi qui j'étais. « Fuis ! », me dit l'Enfant. Mais je n'en fis rien.

« Elle est la raison de mon existence, ma sauveuse. Tout ce que j'ai, même si c'est elle qui m'a au creux de ses mains. Je suis Anything Else, je croyais vous l'avoir déjà dit. »

Je la regardais, gravement, tandis que l'Enfant riait. J'avais dit la vérité, mais elle trouvait ma seconde réponse purement pathétique. Je savais bien qui j'étais, et je me souvenais bien d'avoir dit mon nom, et même sa signification, à la petite jument pie. Mais comment lui dire qu'autrefois, j'étais quelqu'un d'autre ? Comment dire que je ne suis plus qu'un pantin. Conscience est contente ; j'admets enfin que je lui appartiens complètement.
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