Jeu de rôle équin
 
AccueilAccueil  S'enregistrerS'enregistrer  MembresMembres  GroupesGroupes  ConnexionConnexion  

EVENEMENT EN COURS POUR HALLOWEEN + NOUVELLE EDITION DE LA GAZETTE

Partagez | 
 

 Break the mirror [Sorrow]

Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Aller en bas 
AuteurMessage
Invité
Invité
avatar


MessageSujet: Break the mirror [Sorrow]   Lun 16 Sep 2013 - 21:27

Musique ∞


Démarche lente, saccadée, empreinte de souffrance certainement, mais peut-être que certains peuvent y lire une sorte de grâce tirée de cet abattement singulier.
La mélancolie est à l'âme ce que le naufrage est au bateau.
Alors sûrement qu'Evernite sombre.
Mais il y a pire tragédie n'est ce pas ? Sa robe de jais n'est que banalité, ses traits fins utilisent une délicatesse trop usée, et son port altier est commun. Non, elle n'a rien de plus que les autres, elle est même moins, et c'est pour ça qu'elle vogue ainsi. Il y a quelque chose de grisant à se sentir libre et détachée de tout, mais liberté ne peut-il être conjugué avec l'attachement ?
La solitude est difficile à supporter, voilà tout.

Et le néant de son âme ne l'emmène que plus bas encore. Tristesse, tristesse, tristesse. Evernite ne s'attache à personne mais Evernite souffre. Certains Anges sont des paradoxes vivants. Elle est un peu pareil sauf qu'elle ne croit pas au Paradis et à toutes ces conneries. Et lorsqu'elle lève les yeux vers le firmament, vers les milliers de diamants qui scintillement, elle ne voit que l'infini et pas une quelconque présence. Même pas dans son cœur.

Ses membres cèdent et elle s'étend sur le sol, comme le jour où elle s'est éveillée et où sa vie a pris ce nouveau départ inexpliqué. Elle ne cherche plus à comprendre. Sa carcasse ébène se fond parfaitement dans la nuit et c'est d'ailleurs son propre royaume comme elle le pense parfois. Seules ses prunelles brillent, unique signe de vivacité. N'est ce pas se torturer davantage que de se laisser ainsi ? De toute façon, le sommeil la déserte. Tout comme la faim ou la joie. Peut-être est-elle simplement à bout. Si jeune.

Il doit approcher minuit, car l'astre lunaire est à son apogée. Elle aime bien plonger son regard dans cette sphère laiteuse, si lointaine et pourtant presque accessible. Elle n'a qu'à tendre la tête pour l'effleurer de ses naseaux. Elle le sait. Mais elle reste immobile.

Evernite ne pense plus à rien. Juste ignorer quelques instants ce battement lancinant qui la force à se trouver là.
Juste sentir les fleurs qui l'entourent et la protège, en l'effleurant de leurs pétales.

Juste s'abandonner.
Revenir en haut Aller en bas
Sorrow
ize of the world

avatar

ÂGE : 19
PUF : Chunsa.
MESSAGES : 3765

SEXE DU CHEVAL : Quéquette. 👀
TERRITOIRE : Concierge des Terres Orphelines à la retraite.


Boîte à information.
Arbre généalogique:
Relations & Liens:
Relations & Liens:

MessageSujet: Re: Break the mirror [Sorrow]   Jeu 26 Sep 2013 - 22:26


Some people create their own storms then get upset when it rains.

La nuit s'étendait comme le pelage velours d'une panthère atteinte d'une mutation génétique ; et les étoiles étaient comme brouillées par des nuages désespérés, hésitant à rejoindre le soleil dans son repos ou a frapper le sol sec d'un millier de petites larmes perçantes, édulcorées et indolores pour les esprits libres. Je me mêlais au paysage comme un gant de cuir sur la main fine et veineuse d'un étrangleur, mes pas étouffés par de petites fleurs d'été soupirant lentement sous la légère brise et éparpillant leurs derniers pétales sur un lit d'automne, cruel et encore invisible dans la nuit tombante. L'heure était avancée mais mon esprit somnambule me gardait éveillé, un insomniaque errant là où ses pas le menaient sans discuter sa conscience. Ma gorge était sèche, mais je n'avais pas soif ; et mon coeur, lui aussi, semblait empli de cet étrange vide assourdissant qui défonce le poitrail et laisse derrière lui un champ miné de côtes coupantes et entrouvertes, dévoilant un muscle palpitant faiblement un sang aussi fade que la pluie de début d'automne. Mes lèvres étaient serrées sur ce qui aurait pu être un sourire, mais qui s'apparentait plus à un étrange rictus lunatique, destiné à l'astre brillant et pendu dans le ciel. La Lune était pleine et ronde, comme alourdie par d'incroyables secrets, et s'entourait de son cortège de minuscules étoiles étincelant faiblement. Il est amusant de savoir qu'à l'heure où on les regardent, ces petits astres sont peut être morts depuis trois ans ; et il est encore plus hilarant de savoir que les nostalgiques les observant ont souvent déjà le coeur crevé depuis de nombreuses années.

Les alentours ne sont que des ombres menaçantes mais qui semblent presque familières, et j'effleure des buissons d'épines et passe à côté de branches tordues d'arbres foudroyées sans crainte. Le coin des Tourterelles n'entends plus chanter que le hululement presque sinistre des hiboux aux yeux luisants, et si dans le lointain on apercevait la silhouette d'un château hanté je me croirais entraîné dans les pages jaunies d'un roman gothique. Mais la vie réelle manque de ce thriller languissant et n'offre que la précipitation d'un élan d'adrénaline menant bien souvent à la mort grimaçante et enveloppée dans son suaire de pénombre, les mains pleines de poussière d'étoiles mortes qu'elle jette à la figure pour aveugler le voyageur d'un amour du mystère le menant à sa perte. Cette nuit pourrait être comme toutes les autres nuits, ou alors peut être pourrait elle me mener droit dans la gueule d'un loup égaré et sanguinaire, solitaire amoureux d'une Lune insensible. Je me souviens d'anciennes heures passées à me retourner dans tous les sens et à courir dans mon sommeil, tel une proie fuyant la meute de prédateurs, mais à présent cette éternité d'horreur est remplacée par mon errance indécise entre les bras de Morphée, froids et inhospitaliers.

Je baisse brutalement les yeux, et ils tombent sur deux étranges lueurs qui me stoppent avec lenteur, un embrayage en slow motion sorti tout droit d'un vieux film noir et blanc à l'étrangeté muette. Mes cils se baissent et effleurent mes pommettes alors que je plisse le regard afin d'apercevoir la forme allongée là, entourée par une petite bande de fleurs mutines et presque mourantes. Je reconnais finalement l'ombre d'un équidé, et m'arrête juste à côté de son visage comme absorbé par la lumière lunaire, définitivement féminin. Ses yeux semblent avoir capturé un million d'étoiles plongées tout au fond d'une mer de tourment, et quelques pétales se sont égarées dans sa robe de velours funéraire. J'hésite à poursuivre ma route et à laisser là l'éveillée, mais mon ombre reste immobile et j'obéis à son désir statique, préférant m'enquérir à voix basse :

Cherchez vous à disparaître dans la pénombre, ou est ce la nuit qui vous désire ?
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
Invité
Invité
avatar


MessageSujet: Re: Break the mirror [Sorrow]   Mer 8 Jan 2014 - 23:21

Qu'est-ce que le temps ? Souvent, Evernite le demande. Au ciel et à la lune, au vent et aux rivières. D'un simple murmure à un cri muet, parfois elle s'égosille alors qu'aucune parole ne franchit ses lèvres. Et lorsqu'elle se retourne pour observer le chemin parcourut depuis son réveil, elle ne voit que cette plaine stupide et sans intérêt. Au fond elle a mal ; est-ce qu'un jour cette sensation disparaîtra ? Et si elle le fait, est-ce que cela ne l'enfoncera pas un peu plus dans ce vide perpétuel. Au fond, peut-être que la souffrance est ce qui la raccroche encore au monde. Le jour où elle ne ressentira plus rien sera le jour où la planète comptera une ombre de plus en son sein. Jour maudit.

Mais la douleur reste sourde désormais, habituelle. Elle n'est plus qu'un picotement répugnant, accompagnée des diverses mélodies doucereuses. Au loin, un corbeau croasse et elle frémit. Peut-être que tout n'est pas perdu finalement. Vide vide vide. Elle a envie de sourire. Ce n'est pas comme si le néant la remplissait. Car il y a quoi, à l'intérieur ? Du sang, des organes et des os. Ossements qui ont peut-être été brisés un jour, mais elle ne s'en souvient pas. Liquide pourpre qui a pu être souillé un jour sans qu'elle ne puisse se le remémorer. Son amnésie est un nouveau départ. Mais elle a du mal à prendre ses repères. Elle n'a pas encore trouvé le moyen de se jeter à corps perdu dans la course folle de la vie. Le droit chemin connaît des bifurcations insoupçonnées. Sauter dans la gueule du loup les yeux fermés est plus difficile qu'il n'y paraît.

Le vent secoue les fleurs, les feuilles, les arbres et les nuages. Et elle inspire le souffle libérateur et pour un peu elle se sent planer, s'envoler au-dessus de cette petite vie minable et si elle prend assez de hauteur alors elle verra les choses, elle les comprendra, elle ne sera plus cette ignare sans goût et sans intérêt qu'elle est encore. Et elle est triste la sombre Evernite, parce qu'elle sait qu'elle est inintéressante au possible, mais elle n'est pas comme cette nouvelle mode qui consiste à paraître déprimé juste pour grappiller une compassion hypocrite d'un quelconque inconnu. Elle se fiche du reste et elle est égoïste à rester braquée sur elle-même, à sentir son cœur battre et à compter les pulsations. Ses naseaux se dilatent, mais le soupir ne fait aucun bruit ; et soudain elle repère ce parfum étrange, à la fois familier et totalement inconnu et elle comprend qu'il y a quelqu'un qui se trouve ici. Elle n'a pas peur mais il lui semble être secouée d'un frisson glacé tout à fait comme si elle venait de connaître une chute rapide et impitoyable. Une ombre jaillit alors sans bruit et elle braque sur lui ses prunelles éteintes. A part cela elle ne bouge aucunement, conservant sans dignité aucune cette position élancée sur le sol. Bientôt, elle a assez détaillé l'apparition et elle reprend la contemplation infinie du firmament. Est-ce que les étoiles dorment ? La voix rauque et basse du Baron tente de lui arracher un frémissement insidieux qui finalement meurt sans même être né. Elle ne répond pas immédiatement, passant lentement sa langue sur ses lèvres et préférant profiter du silence qui s'étend et s'étire.


« Ni l'un, ni l'autre ; je suis transparente et la nuit me repousse encore. »


Elle aussi murmure. Elle n'avait pas prononcé le mot depuis bien longtemps et sa gorge est enrouée. Elle reprend un peu de contenance en regardant la lune. Elle cille.


« Etes-vous l'Obscurité en personne ? »
Revenir en haut Aller en bas
Contenu sponsorisé




MessageSujet: Re: Break the mirror [Sorrow]   

Revenir en haut Aller en bas
 
Break the mirror [Sorrow]
Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Revenir en haut 
Page 1 sur 1
 Sujets similaires
-
» Connaissez-vous Prison Break ?
» .-. I break , I borrow , I live , I lose .-.
» In the twilight (PV Sorrow Life)
» Break It Down [Swann Neige]
» how to break a heart (avery)

Permission de ce forum:Vous ne pouvez pas répondre aux sujets dans ce forum
Horse-Wild :: COMMENCEMENT. :: ARCHIVES [JDR]-
Sauter vers: