Jeu de rôle équin
 
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 Mélancolie.

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Sorrow
ize of the world

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ÂGE : 20
PUF : Chunsa.
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SEXE DU CHEVAL : Quéquette. 👀
TERRITOIRE : Concierge des Terres Orphelines à la retraite.


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MessageSujet: Mélancolie.   Sam 17 Sep 2011 - 18:49



MÉLANCOLIE

Nom — Mélancolie.
Race — Jamais sang ne fut plus mélangé.
Sexe — Jument.
Âge — Quatre ans.

Souvenir, présent, avenir...

Son passé —
Je précise que ce personnage à un petit lien avec Envy, l'un de mes futurs persos. Il s'agit de l'étalon arabe de la fin.

« Dans mon pré vivaient des fleurs par centaines, des fleurs remplies d’insectes butineurs qui flagornaient parfois dans mes crins. Mon pré n’était pas qu’un carré d’herbe rasée par mes dents. Non, mon pré était vaste, si vaste que j’aurais pu m’y perdre. Mais les barrières de bois me ramenaient toujours à mon point de départ. Je les longeais d’un petit trot en jetant un regard au chemin caillouteux qui avoisinait mon chez moi, vide de toute présence. Personne ne venait jusqu’à mon pré, car seul moi et lui le connaissions, et quelques enfants qui au printemps venaient chatouiller mon nez avec de l’herbe folle tout en dévorant les mûriers qui poussaient contre mon enclos. Moi je ne pouvais atteindre les fruits. Parfois, une petite fille blonde m’en donnait. J’aimais les mûres.

Ma vie était simple, et l’avait été. J’étais née des cuisses d’une jument déjà âgée qui m’avait élevée plus comme une grand mère que comme une maman, avec un peu de distance entre nos deux âges éloignés. Mon père, j’ignore jusqu’à son nom, n’était qu’un étalon du voisinage qui, rendu fou par les chaleurs, avait sauté au dessus des barbelés et compté fleurette à tout et n’importe quoi.

Je n’avais pas de nom. Je n’en voyais pas l’utilité. Lorsqu’il venait, il m’appelait « La jument » en flattant mon encolure de sa main parcourue de veines, alors que je l’observais tendrement d’un regard de soie.

Il venait une fois par semaine, et je sentais à chaque fois qu’il s’approchait. J’entendais son pas pénible et son souffle difficile, je voyais le coin de son béret. J’attendais qu’il s’adosse à la barrière pour reprendre sa respiration et j’avançais, sortant de l’ombre d’un pommier, et prenait son couvre chef à carreaux entre mes dents, mon souffle chaud retroussant ses rares cheveux blancs sur son crâne chauve. Il levait son visage ridé vers moi, un sourire retroussé ses fines lèvres.

Mon maître s’appelait Monsieur Ernest. Au village on le respectait beaucoup, à ce que disaient les enfants, parce qu’il avait fait la guerre. La guerre ? Qu’est ce que c’était, la guerre ? Je ne savais pas, mais je les écoutais parler de ça, tandis qu’ils emmêlaient mes crins en les remplissant de marguerites. Je ronflais des naseaux et je leur offrait l’équivalent d’un sourire avec les yeux, puis ils s’en allaient en piaillant, voyant le ciel s’assombrir. A la fin, j’ignorais toujours ce qu’était la guerre mais je m’amusais, m’amusais de les voir me baptiser d’un nouveau nom à chaque fois qu’ils venaient, à les voir observer mon dos avec envie, à se demander s’ils oseraient un jour rentrer dans mon pré, puis à parler de l’école, un autre concept encore inconnu.

Il y’avait des colchiques et des lilas dans mon pré. J’aimais ces fleurs douces, j’en prenais soin. Jamais quiconque ne se serait avisé de les cueillir ou de les écraser en ma présence. Il s’agissait de mon petit potager floral, rempli de diverses espèces parfois toxiques, comme les gentils coquelicots si fragiles qui perdent leurs pétales au gré du vent.


Mon monde bascula en hiver. Il n’y a plus de fleurs en hiver, tout est blanc, et dans mon pré j’ai froid. A l’époque, là était mes seules préoccupations. Je ne voyais plus non plus les enfants, restés dans leurs villages pour confectionner des luges ou lancer des batailles de boule de neige. Je me suis dis que peut être il faisait de même.
Mais non. Au bout de deux semaines d’absence, j’ai commencé à m’inquiéter. J’ai appelé, j’ai henni, j’ai demandé aux tiges racornies de mes fleurs où il avait pu se cacher.

Mais ma prochaine visite ne fut pas la sienne. Non, c’était un camion brinquebalant qui s’engageait sur le sentier, blanc et crasseux, conduit par un homme aux lunettes sales qui fumait la pipe. A ses côtés se trouvait un gros homme moustachu qui sortit rapidement. Il grelottait, comme moi. Je les approchais, familièrement. Peut être pourraient ils me dirent où était parti Ernest ?

« Personne n’en veut depuis la mort du vieux…Faut bien s’en débarrasser de ses bestiaux pour éviter qu’ils soient malheureux, n’est ce pas ?

-Pour sûr, dommage parce que la bête était familière ! Regardez là qui nous approche sans crainte ! C’était un joli bout, dommage que l’Ernest ne l’ai pas débourrée, ça lui aurait évité ça…

-Sûr. Bon, sors le licol, on va la mettre avec les autres, les voilà qui commence à s’agiter ! »

C’est alors que j’ai entendu les trépignements, les grincements de dents, les hennissements étouffés dans l’immense camion. J’ai reculé d’un pas, mais j’ai laissé les deux hommes m’attraper, et me conduire docilement jusqu’au véhicule. Mais lorsqu’ils ont ouvert les portes, je ne voulais pas y rentrer.

Ils étaient tous là, l’air apeuré, certains maigres comme des clous, d’autre plus épais, tous avec cette lueur de panique dans l’œil qui donne envie de reculer et de s’enfuir. La pression sur la corde qu’on m’avait passée au cou se fit plus forte. Je renaclais, tentant de reculer d’un pas. Mais le deuxième homme était derrière moi. Il frappa ma croupe brûlante et je fus forcée de pénétrer dans cet enfer miséreux de mon plein gré, entendant la porte métallique qui se refermait sur moi.

Ils ne pipèrent mot. Tous m’observaient avec la même crainte, contemplant mon visage qui commençait à être lui aussi défiguré par la peur. Une odeur de mort plânait dans le véhicule, une odeur de terreur. Je tournais ma tête dans tout les sens, cherchant une présence, mais ne tombait que sur ces tristes faces vides, ces corps décharnés ou au contraire dodus, engraissés toute leur vie juste pour ça.

Mais je finis par tomber sur ce que je cherchais. Il était fin, de taille moyenne, son pelage resplendissait encore malgré l'hiver, ses yeux hargneux posés sur moi. L'arabe s'ébroua, sa crinière fluide et noire se secouant en cascade, et alors que je m'approchais de lui il ne bougeait pas, me contemplant encore de son regard félin.

Dès lors que je fus en face de lui, il parla :

-Il faut qu'on s'en aille d'ici. Et vite. Viens avec moi...

-Pour aller où ? ... Il n'y a pas de sortie !

-Il y'a l'entrée.

-La porte ? Elle est fermée !

-Il suffit de la défoncer. Ils roulent lentement à cause de l'hiver. Ce sera facile de sauter. Maintenant, VIENS !

Je me mordis la lèvre, avant de suivre le mâle jusqu'aux portes métallisées. Là, je l'observais qui ruait déjà contre les battants, y mettant toute la force de ses fines jambes. Fermant les yeux, je me cabrais, l'imitant, dans un boucan d'enfer qui résonnait dans mes oreilles et me vrillait le cerveau. Frappant, encore et encore, entendant à mes côtés d'autres chevaux qui nous rejoignaient et frappaient à leur tour, la cacophonie atteignant un pic qui me transperça le cerveau en deux. Je grimaçais, mais déjà les portes s'ouvraient en grand, défoncées, et la marée de libérés s'enfuyait loin de la prison.

Liberté.
Sa psychologie —
Naïve, douce, polie. Voici les trois mots d'ordre qui caractèrisent Mélancolie. Elle est l'innocence incarnée, refusant de voir en ce monde les défauts aussi humains que chevalins, vivant encore dans son grand pré sécurisé. Rêveuse, elle aime se déconnecter de la réalité, parler aux fleurs. Des étalons Mel' n'a aucune expérience, elle ignore totalement leur nature parfois dangereuse. L'amour l'indiffére lui aussi, car elle ne l'a jamais connu et n'a jamais été attirée par personne.
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